TOMBEAU BB THSIN-CHI-HOANG-TI
Cet empereur choisit pour sa sépulture le mont Li. Ce choix seul indiquait déjà une pensée accoutumée aux jouissances illimitées de l'orgueil et de la puissance souveraine. « Il le fit creuser* en bas , dit un écrivain chinois , jusu’aux trois sources , et en haut il fit lever un mausolée qui pouvait passer pour une seconde montagne. Il était élevé de cinq cents pieds , et il avait au moins une demi-lieue de circuit.
Au dedans était un vaste tombeau de pierre , où l’on pouvait se promener aussi à l’aise que dans les plus grandes salles. Au milieu était un ricne cercueil. Tout autour brûlaient des lampes et des flambeaux entretenus de graisse humaine. Dans l’intérieur de ce tombeau étaient, d’un côté, un étang de vif argent sur lequel on voyait des oiseaux d’or et d’argent; de l’autre, un appareil complet de meubles et d’armes, et mille bijoux les plus précieux. Enfin , il n’est pas possible d'exprimer jusqu’où allaient la magnificence et la richesse, soit du cercueil et des tombeaux , soit des bâtiments où il était placé. Non seulement on y avait dépensé des sommes immenses, mais encore ils avaient coûté la vie à bien des hommes. Outre les gens du palais qu’on y avait fait mourir, on comptait par dix mille les ouvriers qu’on y avait enterrés tout vivants. On vit tout à coup les peuples, qui ne pouvaient plus supporter le ioug courir aux armes au premier signai de révolte. Et ces ouvrages du mont Li n’étaient pas encore achevés que Tchéoutchang vint camper au pied; et bientôt après Hi ang-yu rasa ces vastes enceintes, brûla ces beaux édifices , pénétra dans ce superbe tombeau , en enleva toutes les richesses, et fit de cette sépulture un lieu d’horreur, et n’y laissa que le cercueil. Un berger , en cherchant une de ses brebis égarées, y laissa tomber du feu ; ce feu s’alluma et consuma le cercueil. »
Ainsi finissent toutes les vanités humaines !