RÉVOCATION DES DÉCRETS DE PROSCRIP- TION
Ce fut seulement sous le règne de son successeur, IIoeï-ti (f empereur bienveillant , généreux, de 194 à 188 ans av. J.-C., 20 à 25 ans après l’événement) que les décrets contre les anciens livres furent révoqués. Toutes les révolutions qui avaient passé depuis un siècle sur les anciennes institutions féodales de la Chine, en avaient assezeffacé les empreintes pourqu’elles ne fussent plus à craindre. Aussi la recherche des livres où elles étaient proclamées ne parut plus dangereuse; et la nouvelle dynastie ne vit dans cette mesure réparatrice , dans cette réaction littéraire, qu’unemission glorieuse pour elle. Le zèledes lettrés qui avaient survécu à la terrible proscription se manifesta avec d’autant plus d’ardeur
qu’il avait été long-temps comprimé , et de toutes parts on se mit à la recherche des anciens livres qui avaient
Îiu être dérobés à l'incendie. On fouilla es chaumières, les tombeaux, les murs en ruine, et on fut assez heureux pour recouvrer des fragments considérables des anciens ouvrages et même des livres entiers. C’est avec des matériaux ainsi recouvrés, et avec le secours d’un vieillard nommé Fouseng (*), que l’on parvint, à la à‘ année du règue de Wen-ti ( l'empereur lettré, ou ami des lettres), à rétablir le Livre des Annales (le Chou-king, dont nous avons cité un grand nombre de passages dans cet ouvrage), tel à peu près qu’il existe encore aujourd’hui.