WEN-TI
Cette époque de l’histoire chinoise , que l’on pourrait nommer celle de la
(*) Voyez son portrait,/;/. 45, n° 4. Ce vieillard qui, lors de la proscription des livres , avait déjà un grand renom comme lettré, occupait un des premiers emplois de la littérature. Il était né dans un village qui porte aujourd'hui son nom et où il s'était retiré pendant la persécution des lettres. Il avait caché dans l’épaisseur d’un mur de sa petite maison un exemplaire du Chou-king, et quelques autres livres qu'il jugeait mériter le plus d’ètre conservés.Ces livres, gravés avec un |>oinçon de fer ou de bois dur sur des planchettes de bambou ou d’autre bois lisse et très-uni, pouvaient se conserver bien plus facilement ainsi cachés, que nos livres modernes. Les critiques chinois ont recueilli les détails les plus minutieux, les circonstances les plus indifférentes en apparence concernant le recouvrement de leurs anciens livres, et la statistique qu’ils ont établie des livres ou fragments de livres ainsi sauvés d’une destruction déplorable, ne peut laisser aucun doute dans l’esprit de l’Européen le plus difficile à persuader. On peut consulter à ce sujet les Mémoire} sur les Chinois , 1. 1, p. 64 et suiv. ; t. II, p. 65, 66 et »o3; t. III, p. 3o3 etsuiv.; et surtout la Dissertation insérée dans le premier volume de la traduction latine du Y- king, par le P. Regis, 1. 1, pi 79 et seq.
renaissance des lettres , fut assez paisible. A part quelques incursions des Hiouna-nou dans les provinces septentrionales, l’empire jouit d’une grande prospérité due en partie aux bonnes qualités de l’empereur Wen-ti.
Ce souverain avait succédé à la première femme qui ait régné en Chine, sous le nom de Liu-héou, femme barbare et cruelle, et qui périt avec toute sa race. Wen-ti témoigna tant d’intérêt pour le peuple, qu'il lui lit remise des droits établis sur le sel, et de la moitié des impôts ordinaires; il ordonna en outre que les vieillards pauvres de chaque province, qui auraient plus de 80 ans , fussent nourris et entretenus à ses dépens, c’est-à-dire sur les revenus consacrés à pourvoir aux besoins de sa famille et de l’état. Il s’efforça d’introduire l’économie dans son empire, d’où elle avait été bannie par les magnificences et les prodigieuses superfluités du superbe Thsin-chihoang-ti. Il en donna le premier l’exemple, en ne permettant pas qu’on fît le moindre changement dans ses meubles, ni qu’on le servît dans des plats d’or ou d’argent, et il défendit a ses femmes, même a l’impératrice, de porter des étoffes de différentes couleurs, et ornées de broderies.