LE TABOU A KOUKA-HIVA
L'une des coutumes singulières qu'a engendrées la religion des Nouka-Hiviens est celle du tabou ^ que les chefs même n*oseiif enfreindre. Il s'ensuit, dit Krusenstern, du respect que les insulaires ont pour ce mot, que son oriîsîncdérive pour eux d'un sentiment dont la source est hors d'eux-mêmes.
Les prêtres seuls peuvent prononcer Un tabou général; mais chaque particulier a le pouvoir d'en attacher un à sa propriété, ce qui se fait tout simplement en annonçant que Tespi it d'un chef ou de toute autre personne y repose, et personne n'ose plus y toucher. L*bomnie assez imprudent [)Our violer un tabou est appelé kikino,
et les kikinos sont ceux qui , dans les batiilles, tombent toujours les premiers. Du moins on s'arrange pour cela, et les prêtres ne paraissent pas étrangers à cette cruelle jonglerie, La personne d'un chef et celle des membres de sa famille sont tabous de naissance. Le blanc est la couleur ou le symbole de la paix ; un drapeau blanc iiidique les lieux taboues et dont l'accès est interdit à la multitude, ainsi que dans toute 1a Polynésie.