‹ L'Univers; histoire et description de tous les peuples (volume 2)Chapitre 31 sur 66 · TATOUAGE · texte numérisé non relu

TATOUAGE

L'opération du titouage se fait avec un instrument qui a la forme d*un peigne simple. T^orsqu'il s'agit de la pratiquer, on trempe l'extrémité des dents dans un mélange d'eau et de poudre de noix de coco brdlee, puis on les introduit dans la chair, en les frappant avec une pièce de bois qui fait rolïice de marteau. On sent que cette opération ne laisse pas que d'éire fort douloureuse; mais tel est fem^iire de la mode, que ( eux qui se soumettent à ce supplice se font attacher au sol sur lequel ils sont étendus, aGn que les tortures qu'ils éprouvent ninterrompeut pas l'exécuteur.

On conunence le tatouage chez les hommes, dès qu'ils sont susceptibles de supporter la dotileur, ce qui a ordinairement lieu à dix-huit ou vingt ans, et l'opération n'est jamais achevée avant une quinzaine d'années.

Elle commence ( hez les fenunes au même âge; mais l'opération est moins longue, parce que l'embellissement tant

Iliva, une cargaison entière de bois de sandal pour dix drnis de hali-lno , vi ci'la d'auiant plus fncilcinent que les naturels ne s'épargneraient aiirnne peine pour aller le ron|t('r dans les districts les plus rectd('*.s cl pour le trifnsporter jusqu'au lieu de reinhaniiienirnt. Or, une cargaison de colle c»|îcre, ajoute -l -il, peul se vindre en Chine à peu près un million de dollari (cinq millions de fi>ancs).

désiré est limité aux bras, aux mains et aux jambes, aux lobes de Toreflle et des lèvres; il est du reste toujours exécuté avec un soin et une délicatesse extraordinaires (voy. pi, 1.35).

Chaque tribu est tatouée d'une manière différente, et chaque ligne a sa direction fixée, laquelle donne certains privilèges dans les fêtes à celai qui la porte.

Les chefs et les membres de leurs familles, et les grands prêtres sont les seuls qui se tatouent fe corps de la tête aux pieds; le visage, les veux même et la partie de la tête où \es cheveux ont été rasés ne sont pas exempts des ornements qu'exécute le plus habile tatouetir. Les guerriers s'en couvrent aussi. Mais comme les individus des classes inférieures sont peu tatmés, et que plusieurs ne le sont même pas du tout, nous pensons que le tatouage est un privilège des hautes classes, et qu'il se compose d'hiéroglyphes intelligibles aux c<astesdes chefs et df^ prêtres, dans la plus grande partie des lies de l'immense Polynésie.

Quoique le tatouage n'ait jamais de conséquences bien graves , il n'en est pas moins vrai que le patient n'est gijéri que plusieurs semaines après To* pération.

LeSiNouka-Hiviens se rasent la tête; leurs barbiers se servent pour cela d'une dent de requin, d'une coquille, mais plus souvent d'un morceau de cercle de fer tellement aiguisé que l'opération se fait presque sans douleur.

Ou brille quelquefois les cheveux avec un tison. La barbé des jeunes gens et le poil qui se trouve sous les aisselles 'des personnes des deux sexes s'en!-- ve avec (les coquilles, et les fenmies, dans certaines partiesdu corps que fa nature a voi <»es à dessein , ne resjjectent nullement son ouvrage. Dans quelques occasions, les femmes se couvrent les cheveux ; dans d'autres elles les laissent tomber ou elles les cou|)eut très-cou rLs, et quelquefois même elles les rasent:

mais les voyageurs qui ont visité ÎSouka- Hiva n'ont pu nous en apprendre l.i cause. Leurs genres de coimires sont excessivement variés; mais celui qui

est le plus en usage consiste à séparer les cheveux en deux parties que Ton rejette de chique côté de la tête, où elles sont maintenues par une bande d^étoffe blandie^ avec un soin et une élégance <loQt il serait bien difficile à nos coiffeurs d'approcher.

Le capitaine Chanal et le chirurgien Roblet , tous deux appartenant à rexpédition de Marchand, rapportent, comme constant et commun à tous les habitants mâles de cette île, un usage dont les voyageurs espagnols et anglais n'ont pas fait mention , et qu'on sait être pareillement pratiqué par les peuplades de la Nouvelle-Zeeland , celui de faire â Textrémité d'une certaine partie de leur corps une ligature qui prouve qu'ils ne sont pas soumis à la circoncision. Si elle n'a pas pour objet de préserver de la piqilre des insectes la partie la plus sensible de l'animal, et de- b mettre , par l'enveloppe que forme cette ligature, à l'abri de toute atteinte, on pourrait croire, d'après la connaissance que l'on a acquise de leurs penchants au libertinage, que cet usage n'est chez eux qu'un raffine.nient de volupté , qui n'a d'autre but que de conserver a la partie toujours couverte la plus erande irriLabiiité quand elle cesse de Vétre.

Les Nouka-Hiviens sont singulièrement enclins à la paresse. On voit à la \énté d'assez nombreuse^i traces de culture, des pfantations de ujâriers à papter, de racines detaro et de kava, mais elles ne s..nt pas proport ion n nées à la population, ainsi que le prouvent la disette de tnro et la snnpiicitéde leurs habillements. L'arbre à pain , le bananier et le cocotier ne demandent aucun soin. La pêche est né^licée et même méprisée , et la construction de leurs c.:banes est ce qui leur denrande le plus de travail; celle des armes n'abèorbe que peu de moments : aussi passent- ils la majeure partie de leur temps couchés sur des nattes. Les femmes ont plus d'occupations. Ce sont elles qui fabriquent les éventails et les étoffes dont elles s'habillent. Il y en a de deux sortes : l'une grossière et épaisse, qu'elles fabriquent

avec l'écorce d'un arbre, et qui est destinée aux ceintures et aux tchiabous; on la teint en jaune. La seconde, faite des fibres du mûrier à papier, est très - forte et d'une blancheur éblouissante : elle sert aux femmes riches pour leur coiffure et leurs vêtements. Cette étoffe est toutefois beaucoup moins ample et moins solide que la première.

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