PIROGUES ET CANOTS
Les canots ont généralement quarante pieds de long , treize pouces de large et dix-huit de profondeur. Ilssont construits avec des morceaux d'arbre à pain , taillés en forme de plaache^, réimîes les unes aux autres au moyen de fibres du brou de la noix de coco. Les coutures sont recouvertes à l'intérieur et à Textéripur de bandes de bambou fixées à rextrémité de chaque planche et garnies d'étoupe formée de Lrou de noix de coco; ce qui ne les empêche pas de faire assez d*eau
rur donner constannnent de Tou vrage une ou deux |)ersonnes, afin de Ten retirer. T^ quille est d'un seul morceau régnant d'un bout à l'autre du canot, dont elle prend la forme , et auquel . elle imprime une tension continuelle.
Trois morceaux de planche divisent le canot en quatre parties , et le maintiennent dans la torme qui lui a été donnée. Pour Tempécher de verger, ce qui pourrait lui arriver souvent, vu son peu de largeur, on place en travers, à l'arrière , au milieu et à Tavant, trois pièces de bois assemblées par deux autres, qui forment ainsi une sorte de cadre divisé en deux parties, et qui sert de balancier. La partie ornée du canot est une proue plate, dont la surface, grossièrement sculptée, représente la tête de quelque animal. On y joint quelquefois une petite planche
supporté^c par une figurd d*liomme, sculptée dans le même genre. L'arriére forme une projection qui s'ivaoce de huit pieds. Les nagaies sont fort artistement faites , d'un bois noir et dur, auquel on donne le plus grand poli. Le manche en est court, et le plat d une forme ovale , plus large dans sa partie inférieure qui se termine en bec de faucon. Ces embarcations ne portent jamais de voiles.
Les canots de guerre diffèrent peu de ceux que nous venons de décrire , si ce n'est dans leurs dimensions ; Us sont aussi richement ornés. l..eur longueur est d'environ cinquante pieds, leur largeur de deux, et leur profondeur proportionnée. Chacune aes pièces qui entrent dans leur construction, sans même Cii excepter les pagaies , a son propriétaire. A Tun appartient la longue pièce qui se projette de l'arrière, à Tautre celle de l'avant, et lorsqu'un canot est démonté , ses morceaux se trouvent ainsi disséiiiinés dans tout un canton , et entre les mains quel(iuefois de vingt familles. Cliacun peut disposer delà pièce qui lui appartient comme il l'entend , et lorsqu'il s'agit de les réunir, il l'apporte avec tout ce qui est nécessaire pour la fixer. Et cependant cela se fait toujours avec le même ordre et la même régularité que mettent les naturels dans toutes leurs o|>eraCiohs. Au reste, les canots de guerre n'appartiennent qu'aux familles riches, et ne servent que dans les expéditions , dans les céréinon^es, ou lorsqu'un chef en personne va rendre visite à un autre. Dans ce cas, on les orne en profusion de tou'fes de cheveux humains, entremêlés d^outres touffes de po'ls de barbe gme. Ils font beaucoup de cas de ces objets, et ces derniers surtout sont aussi estimés parmi eux que les plumages les plus riches parnu nous. Le patron du canot, paré de plumes, est assis sur un siè&:e embelli de feuilles de palmier et d'étoffes blanches. Quant au cb^f , il est placé sur une élevatfon au milieu du canot, et un autre individu (X)stumé fantastiquement , et portant divers ornements en coquilles à perles
OCEANIE.
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pendus à des branches de cocotier, se tient sur le bord de l'avant. Les pagàieurs sont assis deux à deux , et manœuvrent avec beaucoup de régularité; de temps à autre, ils jettent quelques cris pour s'encourager et donner dé l'ensemble à leurs mouvements. Une flotte de ces canots de ç;aerre avec ses rameurs, s'animant de kurs cris perçants , a quelque chose ^esplendide et de Tordre et delà pompe militaire (voy. pL 137).
Les canots de pèche sont d'un modèle plus grand encore que les canots de guerre, ayant souvent six pieds de large et une profondeur égale. Les pagaies ont la forme de nos rames et se manœuvrent de même « mais perpendiculairement.
Ils ont des canots plus petits, et qui ne sont même très-souvent que des quilles creuses de grands canots dépourvus de leurs garnitures; on s'en sert pour pécher aux environs des |)orts. Quant aux canots que l'on emploie pour passer d'une île à une autre, ils sont semblables aux plus grands canot de pèche, mais réunis deux à deux, ainsi que^ l'indique leur nom de doubles canots; leur durée à la mer paraît assez longue. Ils sont earnis d'une voile faite de nattes et semolable à celle appelée par nos marins voile iriançulaire lacée { mais elle est placée dans une position inverse, c'est-à^ dire que l'hypoténuse en forme la base. Pendant le calme, ils naviguent à la pagaie. Les bâtiments avec lesquels on va à la découverte des terres nouveUes, sont construits d'une manière encore plus ^solide, quoique gréés de même.
Ce que nous venons de dire n'embrasse que les principales embarcations , aussi nombreuses que variées parmi les habitants de Nou&a-Hiva.