‹ L'Univers; histoire et description de tous les peuples (volume 2)Chapitre 35 sur 66 · STO · texte numérisé non relu

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avoir lieu dans un mpinent plus oppor* tun. Dix-neuf enfants existaient maintenant sur l*tle; ils étaient âgés de sept à neuf années. Si on les avait laisses suivre leurs propres inclinations , ils auraient pris des habitudes qu'il edt été fort difficile de déraciner. A cet flee où les enfants reçoivent plus fa* cnement la direction qu'on leur donne, Adams vit le succès surpasser ses espérances. Il en fut de même pour la conversion des femmes taîtiennes, qu'il avait considérée avec raison comme de la plus grande influence dans Taccomplissement de ses projets. Les enfants étaient même devenus pressants dans leur désir de connaître l'Écriture sainte, et plus d'une fois le pauvre Adams se trouva embarrassé pour répondre à leurs questions. Aujourd'hui ils forment une société régulière; ils ont d'excellents principes et d'excellentes habitudes, et ils contractent des mariages entre eux. Certes, la conduite coupable d' Adams se trouve assez honorablement réparée par d'aussi heureux résultats, dus, pour la majeure partie, ù ses efforts.

En décembre 182a, le total de la population de Pitcairhétaitde soixantesix individus, dont trente-six mâles.

En 1831 , cette population était augmentée; les maisons étaient bien tenues, et il y avait une belle école.

Voici ce qu'on lit sur cette intéressante colonie dans le Journal asiatique et les Mémoires de la Société géographique de Londres j années 1832 et 1833..

«John Adams, le patriarche de l'île Pitcairn , craignant qu'à une époque future l'eau qui s'y trouvait ne put suffire aux besoins de la population ,, dont l'accroissement était très-rapide , remit à un capitaine de navire une lettre adressée au gouvernement britannique; il demandait, au nom de tout son monde , à être transporté ailleurs.

« Un des missionnaires des Iles de Taïti se trouvait en Angleterre , lorsque cette requête parvint. On le consulta pour qu'il indiquât le lieu le

Clus convenable pour y déposer les abitants de l'île Pitcairn ; il recom-

manda TaTti , dont 11 représenta les mtmrels comme le peuple le plus vertueux du monde.

« En conséquence , des ordres fmsX expédiés aux autorités de ^'ew-Soalh- "Wales d'envoyer à Pitcairn des vaisseaux pour y prendre les colons. La Comète et le navire de transport Z.ircy- Jnn partirent de Sidney le 13 octobre 1830, touchèrent à la Nouvefle-2èe* land, puis continuèrent leur voyage, A l'arrivée de ces yaisseaux.ks colons semblaient avoir changé d'arâ; ils montrèrent naturellement une g;rand« répugnance pour quitter l'tle où prèsuue tous étaient nés et avaient été élevés.

a Ils parurent aux équipages comme des hommes dont réaucation morale et religieuse avait été très-soignée; oe qui frappa d'autant plus les marins de la Comité au'à la Kouvetle-Zedand, ils avaient observé absolument le contraire; car le plus grand relâchement de mœurs y régnait, et toutes les tentatives des missionnaires pour y répandre de bonnes semences avaient été inutiles.

« Après un court séjour, les deux navires embarquèrent toute la population de rîle^ qui se montait à quatrevingt-sept personnes. Tout ce monde fut heureusement débarqué à Taîti:

la reine avait préparé de grandes concessions de terrain pour ces nouveaux venus. On doit se rappeler que les hommes de Téquipage du Bounty^ en partant pour Pitcairn, avaient emmené des femmes de Taîti. Deux d'entre elles revinrent au Heu de lear naissance ; leur entrevue avec leurs parents présenta une scène comique.

«Un contrat fut passé avec des nabitants de Taîti pour fournir à ceux de Pitcairn des vivres pendant les f>remiers six mois; mais ces derniers furent tellement déboutés parlespec* tacle de la dépravation des premiers, qu'ils refusèrent de s'en laisser appro* cher.

uTout ce que voyaient ces hommes paisibles leur faisait horreur. Dans leur affiiction extrême d'avoir été déous par les faussetés qu'on leur avait dé-

OCÉANIE

vn

bitées SUT le caractère moral des Taîtiens, plusieurs tombèrent malades; douze moururent de chagrin , et douze s'embarquèrent sur une petite coélette pour retourner dans leur île. Il en décéda deux dans la traversée. Le ^ reste a été ramené à Pitcairn par un brick américain, après avoir été obligés, pour payer leur passage, de se aéfaire des couvertures de laine que le gouvememeot britannique leur avait données. »

DlSCRIPTIOIf DE LXB PITCAIlUf.

Presquedépourvue d'eau, sans aucun port et même sans aucun bon mou if* lagé , elle D*a qu'un triste débarcadère (Yoy. p/. 140); nie Pitcairn est d'ailleurs si petite , selon le capitaine Sain* derland , qu'elle ne peut sufGreà nourrir seulement 400 habitants. On ne pourra jamais y établir un commerce avec les étrangers. Il serait donc fort à propos, aujourd'hui que la population est peu nombreuse, de transporter ailleurs ses habitants; mais ceux-ci sont trop passionnés pour leur pays , et d'ailleurs ont conservé des souvenirs trop défavorables des mœurs et du séjour de Taïti, pourquitter Pitcairn facilement.

Le pays est assez riche ; ses paysages sont variés et offrent des beautés pittoresques ( voy. p/. 1 4 1 ). On y trouve beaucoup de végétaux , de cochons , de volaille et de poisson.

MQBimS DE SES HABITANTS ACTUELS . FILS DES RÉVOLTÉS.

Le capitaine Waldegrave nous ap-

Erend dans son journal, qu'en 1830 i population de Pitcairn s'élevait en tout a 7^ habitants, dont dix-neuf hommes, vingt et une femmes, trentesix enfants et trois vauriens anglais, dont l'un, nommé Noobs, aspirait à la succession du digne John Adams, comme chef des insulaires. Le respectable Adams était mort en 1829 (voy.

son portrait/»/. 142). Bien que ceux-ci montrassent beaucoup d\iffection pour l'Angleterre, dont ils souhaitaient d'ê-

tre regardés comme sujets, îl était pea

Ï probable que les prétentions de Noofas iissent couronnées , parce qu'ils étaient peu disposés à se donner un maître.

Dans le cas où ils consentiraient à accepter un supérieur, ils le prendraient parmi eux, et probablemeni ce chef eût été pris dans la famille de Christian, s'il s'jr était trouvé un homme capable. Le capitaine Waldegrave dit que ces insulaires sont épiscopauz décidés.

M^f reemantle , capitaine de navire anglais, vient de visiter Pitcairn dans le mois de janvier 1833 ; il a rapporté

Î[ue ses habitants ont un peu perdu de eur simplicité et de leur pureté de caractère , depuis qu'ils sont revenus de Taîti. Il a vivement conseillé d'éloigner de ces insulaires trois déserteurs anglais, hommes corrompus, qui leur ont fait le funeste présent d'une liqueur spiritoeuse, distillée de la racine d'une plante, et encouragé ainsi l'ivrognerie, malgré les efforts que faisait pour déraciner ce vice, un Anglais , M. josué UitI, remplissant à Pitcairn les fonctions de ministre ecclésiastique et de surintendant. Ce pasteur semble être le digne continuateur de l'œuvre d*Adams.

Le récit suivant donnera une idée des dangers auxquels s'exposent les bâtiments qui font la pèche de la nacre dans quelques fies de la Polynésie, et spécialement aux lies Heîou ou de la Harpe.

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