‹ L'Univers; histoire et description de tous les peuples (volume 2)Chapitre 47 sur 66 · SIS · texte numérisé non relu

SIS

HOURRITUMS,

La nourriture du peuple taîtien congistait principalement en poisson, en coquillages, taro,fniiUderarbreàpaio, bananes et cocos. La chair de porc, réservée pour les chefs , n'arrivait aux tables du peuple que de temps en temps , aux jours solennels. Les vivres étaient cuits dans des fours en terre , et rarejnent rôtis. Outre ces produits , on avait encore , pour servir d'aliment, ia châtaigne ûHnocarpus, l'igname ou ouM, la patate douce ou oumara, une autre racine nommée paiera , la racine éupiay dont les Anglais font aujourd'hui d'excellent arr(nioroot, les fruits du tpondia dulcis ou evi. ceux d'un eugenia ou oAta, quelquefois ceux du vwnnda ou JwnOy et les jeu nés pousses du pohoue ou corwalvulus brasiliensis, et d'une grande fougère nommée no" che. On n*avait recours qu'en temps de disette à ces derniers aliments, ainsi qu'aux tiibercules de l'arum rumphii.

Comme tous les prétendus sauvaaes, les Taîtiens n'avaient pas d'heures fixes pour prendre leur nourriture; ils mangeaient quand la faim les pressait, et lis maneeaient souvent. Anderson irous apprend que leur principal repas était pourtant dans la soirée.

MAmÈRB D'APPaÉTER LIS AUMBN TS.

Leur manière de faire cuire la viande était assez ingénieuse: ils produisaient du feu en frottant le bout d^un morceau de bois sur le côté d'un autre; ils faisaient ensuite un creux d'un demi-pied de profondeur et d'environ trois pieds de circonférence ; ils en pavaient le fond avec de gros cailloux unis; ils faisaient du feu avec du bois sec, des feuilles et des noix de cocos. Lorsque leurs pierres étaient assez chaudes, ils séparaient les charbons et retiraient les cendres sur les côtés; ils couvraient le foyer d'une couche de feuilles vertes de cocotier, et ils y plaçaient l'animal qu'ils Toulaîent cuire, après l'avoir enveloppé de feuilles de plane. Si c'était un petit cochon, ils l'apprêtaient ainsi sans le dépecer; ils le coupaient en

morceaux, s'ilétait gros. Lorsqu'il était dans le foyer, ils Te recouvraient de charbons, et ils mettaient par-dessus une couche de fruits à pain et d'ignames, également enveloppés dans des feuilles de plane; ils y répandaient ensuite le reste des cendres, des pierres chaudes et beaucoup de feuilles de coco; ils revêtaient le tout de terre, afin d'y concentrer la chaleur. Ils ouvraient le trou après un certain temps proportionné au volurne de l'animal qu'il contenait; alors ils en tiraient la viande, qui était tendre, pleine de suc, et beaucoup meilleure que si elle avait été apprétéed'uneautre manière. J'ai vu quelques Tatares employer une méthode assez semblable à celle-ci, qui est encore en usage chez la plupart des habitants de Taîti. J'ai mange quelquefois, suivant cette métiiode, dans plusieurs tles de rOcéanie, et, je l'avoue, ces rôtis m'ont paru supérieurs à ceux de nos meilleures tables. Le jus des fruits et l'eau salée formaient toutes les sauces. Ils n'avaient d'autres couteaux que des coquilles avec lesquelles ils découpaient très-adroitement, et dont ils se servaient en mille occasions. Les sauvages caraïbes et les Hurons des environs du lac de Niagara ignorent (également l'usage de vases ou de poteries qui supportent l'action du feu ; ils n'ont aucune idée de l'eau chaude ni de ses effets, et comme ils n'ont aucun ustensile pour la contenir et la soumettre à la chaleur ignée, ils ne conçoivent pas

{)Ius qu'on puisse écliaufler l'eau que a rendre solide.

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