MARIAGES
Le mariage chez ces peuples n'était qu'une convention entre iJiomme et la femme, dont les prêtres ne se mêlaient point; c'était cependant un engagement pour la vie. Dès qu'il était contracté, ils en observaient les conditions; mais si les parties se séparaient d'un commun accord, dans ce cas le divorce se faisait avec aussi peu d'appareil gue le mariage. Montesquieu dit à ce sujet : « Il y a cette différence entre le divorce et (a répudiation, que le divorce se fait par un consentement mutuel à l'occasion d'une incompatibilité mutuelle , au lieu que la répudiation se fait par la volonté et pour 1 avantage d'une (tes parties, indépendamment aa la volonté et de l'avantage de l'autre. » La coutume du pays n'accordait au souverain qu'une seule femme; mais
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L'UJUIVERB.
tlle kii laiuait la (ibèrt^ ûb je dieliîr «n oertain nombre de ooâeubinei.
KPteB BB oipcoiHasioir.
' Qaeiqu'il n'y edt pas de taie fixée par les prêtres au sujet du mariage 4 tBUx seuls aTaient le privilège de œr* laines cérémonies dont ils retiraient des avantages considérables. Une d'el>ies provenait de Fusage de se piquer la peau; l'autre, de Tusagede se fen^ dre la partie supérieure du prépuce, pour empêcher qu*il ne recouvre le
gland. La dernière opération n'est pas )utà fait la même que la circoncision, qui est une amputation circulaire in* connue de ces peuples ; et comme c'était le plus ffrand désnonneur de n'en pas pOBter Tes marques, cette cérémonie était très -lucrative aux prêtres, en proportion des facultés et du rang des parties.
CÉKÊMOHUI BBLATIVB AUX MAIOAGBS.
n était d'usage dans 111e de Taiti que les premiers moments destinés au mariage fussent employés publique* ment. En conséquence, les nouveaux époux sacrifiaient «1 Vénus devant une nombreuse assemblée, sans paraître attacher aucune idée d'indécence à leur action : ils ne s'y livraient au contraire que pour se conformer à l'usage. Parmi les spectateurs il y avait plusieurs fein* mes distinguées, et celle qui présidait à la cérémonie donnait à la victime des instructions sur les différentes épreuves qu'elle devait subir. En général, Quoique les filles qui passaient par ces épreuves fussent jeunes, elles ne pa* raissaient pas toutefois avoir besoin de conseils. Cette cérémonie singulière peut servir à l'examen d'une question qui a été longtemps discutée par les philosophes. La honte qui accompagne certaines actions que tout le monde regarde comme innocentes en elles-mêmes , est-elle imprimée dans le coeur de l'homme par la nature , ou pro- ]tient-e1le de l'habitude et de l'usage? '8i la honte n'a d'autre origine que la coutume des nations , il ne sera peut-
être pas facile de remonter k Ia source de cette coutume, quelque générale
âuelle soit ; si cette honte est une suite e l'instinct naturel , il ne sera pas plus facile de découvrir comment elle est anéantie ou sans force parmi ces peuples, chez qui 00 n*en tropve pas la moindre trace. Cependant, en considérant rhonmie sauvage dans ses actions et ses habitudes, on aperçoit que la honte ne doit pas exister dans Vétat de pure nature , parce qu'il ne peut y avoir de honte où il n'y a point de crime : elle n'est donc pas imprimée dans le cœur de l'homme par la nature, mais par l'influence des lois, qui sont encore relatives à des raisons de climat. Dans les régions glacées, où les habitants ont toutes les parties du corps constammentcouvertes, paraître nu comme les sauvages polynésiens serait regardé comme un acte très-indécent et trèshonteux. Il y a des pays civilisés où les femmes montrent leur buste entier; dans d'autres elles le cachent précieusement. C'est un crime énorme à une femmediinoise de montrer son pied ; en Europe, les femmes emploient Fart pour faire paraître leurs pieds dans toute l'élégance de leurs formes. Diaprés cela, on peut conclure oue la honte n'est que relative; qu'elle n'est pas dans la nature de l'homme, puisqu'il lui faut des lois pour lui faire connaître et réprimer les excès qui sont les principes de cette honte.
COHHàlSSÂirCBS NATimiU.tS.)
Les TaTtiens étaient doués d'une sagacité étonnante pour prévoir le temps 3ui devait arriver, ou au moins le coté 'où soufflerait le vent. Ils avaient plusieurs man ières de pronostiquer cet événement. aLa voie lactée, disaient-ils, est toujours courbée latéralement, tantôt dans une direction, tantôt dans une autre, et cette courbure est un efifel de l'action que le vent exerce sur elle, de manière que si la courbure continue pendant une nuit, le vent soufflera le lendemain. » Ce principe s*oppose diamétralement aux idées que nous avons de la voie lactée, sur laquelle il est
OCÉAHIE.
aofisi impossible que les vents aient de rinnuence, que sur la puissance qui la dirige. Mats il sufSt de dire que quelque méthode qu'ils employassent pour prédire le temps, ou au moins le vent qui sou/lierait, ils se trompaient rarement. Dans leurs plus grands voyages ils se dirigeaient sur le soleil pendant Je jour, et sur les étoiles pendant la DUit. lis distinguaient toutes les étoiles 5éparément par des noms ; ils connaissaient dans quelle partie du del elles devaient paraître, à chacun des mois où elles étaient visibles sur Thorizon ; ils savaient aussi, avec plus de précision qu'on ne le pourrait croire , le temps de Tannée où elles commençaient à paraître et disparaître. Ils divisaient le temps par meihama ou par lunes : ils comptaient treize de ces lunes, et recommençaient ensuite par la première de cette révolution ; ce qui démontre qu*ils avaient une notion de Tannée solaire.
Il est impossible de connaître comment 'ils calculaient leurs mois de façon que treize de ces mois avaient vingt-neuf Jours, en y comprenant un de ces jours dans lequel la lune n'était pas visible. Ils ne se trompaient guère sur le temps g. i devait régner dans chacun de ces mtis, pour lesquels ils avaient des noms particuliers. Ils donnaient un nom génénil à tous les mois pris ensemble, quoiqu'ils ne s'en servissent aue lorsqu'ils parlaient des mystères e leur religion. Le jour était divisé en douze parties, avant les change ments introduits par les missionnaires.