‹ L'Univers; histoire et description de tous les peuples (volume 2)Chapitre 56 sur 66 · SI · texte numérisé non relu

SI

LUNIVERS.

Quoi qu*ll en soit, on pourrait conclure que longtemps avant Varrivée de quelques vaisseaux européens , ces insulaires avaient cette maladie ou quelque autre qui lui ressemblait beaucoup, car Gook entendit parler de Polynésiens morts avant cette époque, d^une maladie qu'il a jugé être la maladie vénérienne. D'ailleurs elle n'est pas moins répandue qu'elle ne l'était en 1779, quand ce voyageur visita ces îles pour la première fois (Cook, t. I, p.

460). Ce qu'il y a de constant , c'est qu'en 1767 cette maladie n'avait pas pénétré chez les habitants de Taiti, car, selon Cook, aucun homme de ses équipages n'y contracta la syphilis.

Ck>mme les Anglais eurent commerce avec un grand nombre de femmes , il paraît évident que cette maladie n'était

rB encore répandue dans l'Ile, a C'est M. de Bougainville ou à moi, dit Cook, à l'Angleterre ou à la France qu'il faut reprocher d'avoir infecté de cette peste terrible un peuple heureux ; mais j'ai la consolation de pouvoir disculper d'une manière incontestable, et ma

Satrie, et moi. » Cet aveu est établi sur es listes et des journaux soigneusement tenus , des malades et des morts qu'ont occasionnées différentes maladies. La copie est déposée à l'amirauté d'Angleterre, et signée par les convalescents.

On y voit ou'excepté un malade renvoyé en Angleterre sur une flotte, le dernier enregistré pour maladie vénérienne, est déclaré, parla signature et par le rapport du chirurgien, avoir été guéri le 37 décembre 1766, près de six mois avant l'arrivée du navigateur anglais à Taîti , où il débarqua en juin 1767; et que le premier inscrit pour la même maladie au retour, a été mis entre le» mains du chirurgien en février 1768, six mois après que ce célèbre marin eut quitté l'Ile, d'où il partit en juillet 1767. Puisque le capitaine Gook, dans son voyage sur l'ATtcfeofTOMT, trouva cette maladie établie dans cette lie; puisque le voyage de Bougainville a été antérieur au sien , il est aisé de conclure, mal^ les dénégations du navigateur firançais, qu'au lieu d'ap-

peler la syphilis la maladie anglaise , ces insulaires pourraient l'appeler plus justement que ne l'ont fait les Espa-

gnols, les Portugais et les Napolitains, » maladie française.

OPéRATIONS CRniimGlCALBS.

Leurs connaissances en chirurgie étaient assez étendues ; il n'y a presque point de naturel, tel blessé qu'il tût, oui ne parvînt à guérir. MM. Banks et Solander citent une occasion dans laquelle un matelot anglais s'étant mis une écharde dans le pied , en souffrait extrêmement. Un vieux Taîtien , présenta cette scène, examina le pied du matelot ; il alla sur le rivage prendre un coquillage qu'il rompit avec ses dents, et au moyen de cet instrument, il ouvrit la plaie et en arracha l'écharde, dans l'espace d'une minute. Il avait apporté une espèce de gomme qu'il ap-

Sliqua sur la blessure ; il l'enveloppa 'un morceau d'étoffe, et en deux iours le malade fut parfaitement guéri.

Bougainville nous apprend que les Taîtiens pratiquaient la saignée, mais ce n'était ni au bras ni aupied. Un taoaa^ médecin ou prêtre inferieor, frappait avec un bois tranchant sur le crâne du malade; il ouvraitpar ce moyen la veine sagUUUe^ et lorsque le sang en avait coulé suffisamment , il ceignait la tête d*un bandeau qui assujettissait l'ouverture ; le lendemain , on lavait la plaie avec de l'eau.

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