‹ L'Univers; histoire et description de tous les peuples (volume 2)Chapitre 57 sur 66 · NUMÉRATION · texte numérisé non relu

NUMÉRATION

Leur numération ressemblait à celle d'Haouaî. Ils comptaient par oin'ou, dizaine; rau, centaine; mono, mille; mano tiniy dix mille; rahouj cent mille; jusau'à tou, un million. Les poissons, les fruits d'arbre à pin et les cocos, se comptaient autrefois par couples. Ce peuple, du reste, a toujours eu de la faci ité à calculer; et la classe d'arithmétiaue, au dire des missionnaires, est celle où ils obtiennent le plus de succès.

ils comptaient de un à dix, nombre des doigts des deux mains, et quoi-

OCÉÀNIE.

zu

qa*\\s eussent pour chaque nombre un nom différent, ils prenaient ordinairement leurs doigts un à un, en passant d*une main à loutre, jusqu'à ce qu'ils ûissent parvenus au nombre qu'ils vou* laient exprimer. Quand ils comptaient au delà de dix, ils répétaient le nom de ce nombre, et y ajoutaient le mot pkts; dix et un de plus signifiaient onze, dix et deux de plus signiflaient douze, et ainsi de suite. C'est l'expression verbale des signes d'algèbre. S'ils arrivaient à dix et dix du plus, ils avaient une nouvelle dénomination pour ce nombre. Lorsqu'ils, calculaient dix de ces vingtaines, ils avaient un mot pour exprimer deux cents. On ne sait s'ils avaient d'autres termes pour Texpression de plus ^ands nombres, et il ne paraît pas qu'ils en eussent besoin; car deux cents, dix fois répétés, montaient à deux mille , quantité si forte pour eux qu'elle ne se rencontrait presque jamais dans leurs calculs.

Les Mexicains avaint une méthode encore plus simple de désigner les nombres; ils avaient inventé pour cela des caractères ou signes de pure convention. La figure du cercle représentait l'unité : elle se répétait pour exprimer les petits nombres; des signes particuliers exprimaient les nombres plus grands, et il y en nvait pour désigner les nombres cardinaux depuis vingt jusqu'à huit mille. Ils divisaient l'anuM en dix-huit mois, chacun de vinçt jours, qui tous ensemble font trois cent soixante jours. Ayant observé ensuite que le soleil ne faisait pas sa révolution tout entière dans cette période, ils ajoutèrent cinq iours a l'année. Ces cinq jours intercalaires étaient appelés d'un nom synonyme de surnuméraire ou perdus; et comme ils n'appartenaient à aucun mois, pendant toute leur durée on ne se livrait à aucun travail et on ne célébrait aucune cérémonie religieuse. Si une différence si rapprochée entre l'année des Mexicains et I année vraie prouve que ces peuples ont porté auelque attention à des recherdies et a des spéculations astronomiques, on peut en déduire à peu près le même principe à l'égard des TaltienSi

relativement à leurs oonnaissaooes; d'où l'on peut conclure que rorigine de ces peuples n'a pas été un état de barbane.

Les Taltiens connaissaient encore moins l'art de mesurer les distances que celui de former les nombres. Ils n'avaient qu'un terme qui répondît à notre brasse; lorsqu'ils parlaient de la distance d'un lieu a un autre, ils s'exprimaient, comme les Asiatiques, par le temps qu'il fallait pour la parcourir. Il y a dans le midi de la France quel-

3ues départements où l'on exprime par es heures la distance des lieux.

DESCRnOION D'UNE FLOTTE TAITIERNB.

Les bâtiments de guerre consistaient en une infinité de doubles pirogues de quarante à cinquante pieds de long, bien équipées, bien approvisionnées et bien armées. Les cheifs et tous ceux qui occupaient les plates-formes de combat étaient revêtus de leurs habits militaires , c'est-à-dire «d'une grandequantité d'étoffes, de turbans, de cm'rasses et de casques. La longueur de quelques-uns de ces casques embarrassait beaucoup ceux qui les portaient; tout leur équipage semblait mal imaginé pour un jour de bataille, et plus propre a représenter qu'à servir. Quoi qu'il en soit, il donnait de la fraudeur à ce spectacle, et les guerriers ne man-

auaient pas de se montrer sous le point e vue le plus avantageux. Le vêtement de ces guerriers était très-bigarré ; il consistait en trois grandes pièces d'étoffes trouées au milieu, et posées les unes sur les autres : celle du dessous était la plus large et la plus blanche; la seconde était rouge, et la plus courte brune. Leurs boucliers ou cuirasses étaient d'osier, couverts de plumes et de dents deaou/ti. Il y avait des casques d'une grandeur prodigieuse, ayant jusqu'à cinq pieds de haut. C'étaient de longs bonnets d'osier cylindriques : la partie antérieure était cachée par un demi-cercle plus serré et qui devenait plus large au sommet; il se détachait ensuite du cylindre de manière à former une courbe. Ce fronteau, de la

ne

largeur de quatre pieds, était revéta partout de plumes luisantes bleues et vertes d'une espèce de piseon , et d'une assez jolie bordure de plumes bleues; uu nombre étonnant de longues plumes de queues d'oiseaux du tropique divergeaient de ses bords en rayons, ce qui ressemblait à Tauréoledont les peintres ornent communément les têtes des atiges et des saints. Les principaux commandants se distinguaient par de lonëues queues rondes, composées de mgues plumes vertes et jaunes qui l^udaient sur leur dos, ce qui les faisait ressembler aux pachas turcs. L'amiral en portait cinq, à Textrémité desquelles flottaient des cordons de bourre de coco entremêlés de plumes KMiges; il ne portait point de casque, mais un turban. Des pavillons, des banderoles, décoraient les pirogues, de sorte qu'elles formaient un spectacle maiestueux. Des massues, des piques et des pierres, composaient les instruments de guerre. Les bâtiments étaient rangés les uns auprès des autres, la proue tournée vers la cote; le vaisseau amiral occupait le centre. Entre les bâtiments de guerre il y avait encore des doubles pirogues plus petites qui portaient toutes un pavillon peu spacieux , et un mât et une voile, ce dont manc^uaient les pirogues de guerre. Ces bâtiments étaient destinés aux transports et à ravitaillement; car les. naturels ne laissaient dans les pirogues de guerre aucune espèce de provisions. Cliaque

Eirogue contenait environ quarante ommes, ce oui donnait sept mille sept cent soixante hommes pour les trois cent trente bâtiments dont cette flotte était composée (vov. pL 148). Le spectacle d'une pareil le flotte augmente encore les idées de puissance et de richesses que Ton a de cette île, et Ton est dans un étonnement extrême en pensant aux outils dont se servaient ces peuples pour leurs travaux , et Ton admire la patience qu'il leur fallait pour abattre des arbres énormes, pour couper et polir ces arbres, pour couper et polir leurs branches, et enfln pour porter ces lourds bâtiments à un si haut degré de perfection. C'était simplement avec uue hache

de pierre , un dseau , un morceau de corail et une peau de raie, que ces habi* tants industrieux produisaient de pareils ouvrages. Une étoffe blanche était placée entre les deux becs de chaque pirogue, ce qui tenait lieu de pavillon, et le vent l'enflait comme une voile.

D'autres portaient une étoffe bariolée de rayures routes, oui servait à reconnaître les divisions de chaque commandant. Ces pirogues allaient à la rarae ooiimie à la voiie. On remarauait dans chaque bâtiment des amas oe pierres et de gros tas de piques et de longues massues, ou des haches de bataille dressées contre la plate-forme, et chaque guerrier tenait à la main une pique ou une massue. 11 y avait aussi des amas de grosses pierres. Sur quelques-unes des petites pirogues on apercevait une assez grande quantité de feuilles de bananes ; c^était le lit sur lequel l'on déposait les morts : ils donnaient à ces bâtiments le nom de f^waa-notentoua, ou pirogues de la Divinité C).

MANIÊRB DE COMBATTRE.

Ces insulaires avaient beaucoup d*a-

§ilité dans les différentes manières e combattre corps à corps. Ils paraient fort adroitement les coups que leurs adversaires essayaient de leur porter. Ils faisaient un saut en l*air pour éviter les coups de massue qu*ils tâchaient de s'appliquer sur les jambes; et, afin d'éviter ceux qui menaçaient leur tête, ils se courbaient un peu , et sautaient de cdté, de manière que le coup tombait à terre. Ils paraient les coups de pique et de dard à Taide d'une pique qu*ils tenaient droite devant eux ; ils s'inclinaient ensuite plus ou moins, suivant la partie du corps qu'attaquait leur ennemi , et qu'ils voulaient garantir. Ces champions étaient presque nus.

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