‹ L'Univers; histoire et description de tous les peuples (volume 2)Chapitre 8 sur 66 · IIS · texte numérisé non relu

IIS

fnSf Ëar,Khielap, Mograog , Losieppe et Eoa, qui correspoodent aux Hes Leto, Fataray, Falalep, Patagarus, Yaor, Loxeleu, et, gue les Carolins de relâche aux Mariannes comnmoiqaèrent aotrefois à Seirano, jésuite espagnol.

Le grou]^ Elivî, ou Oulutby, ou £f oy, miOolevi, long dedix4iuit> vingt niiUes An notd ao sud, avec une largeur à pen près égale de Test à Touest, oomprend une vingtaine d'tles basses et boisées, toutes de petite dimension.

L^ plus grandes, comme Falalep, Mogmog et Patangaras, ont à peine un mille de long sur un demi-mille de \xm. Leur latitude est du 9» 4' au t(y> 6' «e Itftitude nord; leur longitude du 1)7» 8' au 137* 28' longitude est.

Si Ton en croit les vieilles relations espagnoles, le roi de ce groupe résidait à Mogmog. Les missionnaires ajoutent gae, dès que les barques qui naviguenlt dans ce golfe sont en vue de Mogm(^ , on amène les voiles , comme marque de respect et de soumission des insulaires via-a-vts de leurs seigneurs.

GBOCP£ DB HOGOLSn OU PLUTOT DE ROUO.

Ce groupe est Je plus important de la Polynésie, après les tles Péliou. Ses hautes terres sont entourées par un véritable atoUe ou groupe d'ilôts très-bas.

Le capitaine américain, B. Morrell^ ayant visité à diverses reprises le groupe de Hogoleu , qui n^est connue des naturels que sous le nom de Roug et qu'il nommegroopede Bergh , y mouilla et j séjourna trois jours, à la fin du mois d*août 1830. Nous avons pensé que le lecteur serait satisfait de trouver id ce que M. Morrell a écrit touchant ces lies. Bien que ce récit, qu'un de ses amis m*a assuré avoir été écrit et brodé par madame Morrell, nous paraisse exagéré, il donnera du moms une idée passable de ce groupe (*)

De tous les insulaires gue j'ai pu visiter, ceux-ci sont certainement les plus actifs, les plus aimables et les plus intéressants. L'adresse avec laquelle ils manoeuvrent leurs pirogues est vraiment étonnante; mais elle ne

(*} Une partie de œ chapitre est tiré du vojafe deMorreO.

le cède en rien à ^habileté qu^ib ap«> portent â leur construction et à leur gréement

La plupart de ces piro||;ue8 sont Ion»

eues et portent de quinze à trente nommes. Le fond se compose d'une seule pièce de bois, ayant générale^»

ment de trente à dnqnante pieds de long, et taillée en forme de pirogue^ sans autres instruments que ceux qn'ils fabriquent avec des coquilles, etc; Chacun des côtés est formé par une seule planche de quatorze à dix-huit pouces de largeur; l'un est perpendi«> culaire à la sunace de l'eau, taudis que l'autre est un peu incliué par rapport à cette surface. Ces cdtés sont solide^ ment joints avec le fond, au mo3ren de fortes cordes en écorce d'arbre, ainsi au'à la poupe et à la proue qui sont élégamment sculptées.

Ces pirogues allant souvent à la voile, et le côté incliné se trouvant toujours au vent, on supposera naturellement qu'elles seraient exposées à chavirer. Une ingénieuse invention supplée à cet inconvénient. Une plate^ forme, nommée balander, s'étend horizontalement, à la distance de huit à dix çieds , en deliors du bord dbliquede la pirogue. Le poids de cet appareil empêche l'embarcation de s'abattre sous le vent, tandis que la forme aplatie de la partie sous le vent l'empé^me de dériver ; en même temps , le flotteur du balancier s'oppose à ce qu'elle puisse chavirer du coté du vent. Telle est la forme des pirogues simples qui cin^

gent avec une grande rapidité, soit è pagaie, soit à la voile, soit avec ces deux moyens à la fois.

Leurs doubles pirogues sont construites précisément ue la même manière, à l'exception du balancier, qui cesse d'être nécessaire. Les deux piro* eues sont fixées parallèlement l'une à rautre avec des traverses eu bambous.

£lles ont ordinairement nuarante pieds de long, et leur intervaUe eÉi de huit à dix pieds; les bambous qui les nnlis^ sent sont placés à deux pieds d*inteiv valle, et fortement attachés aux platsbords avec des liens en corde d'éooroe; de petits morceaux de bamboiB wot

L'UNIVÏRS.

attachés sur ces traverses, de manière à former une plate-forme de vingt à vingt-cinq pieds de longueur, sur huit ou dix pieds de large. Les naturels font agir les pagaies sur les deux bords des pirogues, et les font marcher avec une surprenante rapidité, beaucoup plus vite que nos baleinières à six avirons, armées par nos plus vigoureux matelots. Ce sont là leurs pirogues de

Î;uerre, et plusieurs d*entre elles ont eur arrière et leur avant sculptés avec beaucoup de goût, à peu près à la manière des Nouveaux-Zélandais. Leurs pagaies ont communément quatre pieds de long, avec des pelles de six pouces de large, et sont très-habilement travaillées.

Leurs voiles sont, ainsi que leurs vêtements, fabriquées avec une belle et longue herbe, qu'ils ont le talent de tisser pour en éiire une étoffe solide propre à toutes sortes d*usages. ht mât, haut de douze à dix-huit pieds, est tout à fait perpendiculaire et placé au milieu de la pirogue; à la tête de ce mât se hisse une vergue de vingt-cinq à trente-cînq pieds de long,, et, quand elle est his^ en tête du mât, le bas tombe sur le plat-bord de la pirogue.

Ces voiles sont taillées de manière que les pirogues n'ont jamais besoin de venir dans le lit du vent en louvoyant; car dans celles-ci les deux extrémités peuvent également se trouver en avant.

Quand les naturels veulent passer de raatre bord, ils 'laissent porter tout d*un coup, jusqu'à ce que rarrière de la pirogue devienne Tavant , et se range au plus près du vent; en même temps on relève le point de la voile qui servait d'abord d'amure, et on baisse l'autre que l'on amarre à l'autre bout de l'embarcation. Ainsi, celle-ci peut tour à tour serrer le vent sur les deux bords , sans venir précisément dans son lit(voy.p/.W).

J'ai vu de ces pirogues filer jusqu'à huit milles, à quatre pointes du vent; jnais, en courant grand largue ou vent arrière, je ne doute pas qu'elles ne pussent atteindre à la vitesse de douze ou treize noeuds avec une mer calme.

En touchant seulement à la voile, avec

le vent du travers , ces pirojgues passent et repassent entre deux Iles, chaque bout servant alternativement de proue, avec une grande rapidité et sans avofr besoin de virer de bord. Les Yoiles, comme je l'ai observé, sont faites avec la même étoffe que les habillements; mais elle est beaucoup plus forte, et préparée par petits morceaux de trois pieds en carre que Ton coud ensemble. En coupant la voile pour lui donner sa forme, les pièces qu'il faut retraiicber d'un c6té vont de l'autre, ce qui fnit

Sue les drisses se placent sur le milieu e la vergue.

Ces piroeues servant principalement pour la pécne, nous allons mentionner les ustensiles nécessaires à cet objet.

Leurs filets et leurs seines sont ea fil retors, qu'ils fabriquent avec une écorce d'arbre. Les mailles ont environ un pouce carré, et la longueur de la seine varie de quinze à vingt brasses, avec une largeur de quinze à dix-huit pieds. En place de flotteurs en liège.

Us emploient de petits nœuds de bambous, et, pour taire plonger le filet, ils se servent de petites pierres pesantes et unies au lieu de plomb. Leurs hameçons et leurs lignes sont très-ingénieusement travaillés; les premiers sont en nacre de perle et en écaille de tortue. La nacre de perle est très-

Kropre à cet objet, attendu que les ameçons de cette espèce n'ont point besoin d'appât; car l'edat de la nacre attire et sféduit le poisson qui l'avale sur-le-champ. Leurs lignes sont de la même matière que leurs filets, proprement tordues et d'une grande force.

Comme ces gens passent une grande partie de leur vie a la pêche, ils consî* aèrent comme un jeu d'aller a quarante ou cinquante milles à la recherche dd leur proie , et reviennent dans la soiréo du même jour. J

Lors de notre première visite, f ai rapporté qu'une ceintured'environ qua* rante petites lies en environne plu-i sieurs autres plus grandes , dont quatre avaient environ trente milles d«i circonférence. Les îles de l'intérieufl sont seules habitées et contienneai une population d'environ trente-dn^

OGEANIE.

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mffle Ames, dirisée en deux races distioctes. Les deux principales tles de Fouest, avec ^elques-unes des petites, sont peuplées par la race indienne de couleur cuivree, tandis que les deux Iles <»ientale8 , avec leurs dépendances, contiennent une race bien plus voisine de celle des nègres. Us se font fTéqatemnient la guerre, ainsi que je TaiiÎHÎs des deux partis, bien qu'us iîissient alors sur le pied de paix. Les Ifoirs sont les plus nombreux , étant au nombre d'environ vingt mille, tands que le nombre des Iiâiens ne dépasse pas quinze mille. Je vais essayer de décrire brièvement chacune des deux tribus, en commençant par la noire qui occupe les deux fies de Test.

Pour la stature, les hommes ont environ ànq pieds dix pouces anglais de hauteur; ils sont bien proportionnés , musculeox et actifs; leur poitrine est lai^e et saillante ; leurs membres bien tournés ; leurs mains et leurs pieds petits. Leurs cheveux sont beaux et bien frisés , sans être semblables à ceux des Africains. Leur front est haut et droit, leurs pommettes saillantes, leur nez bien dessiné et leurs lèvres assez minces. Us ont les donts belles et blanches, le menton large , le cou court et éo^is^ les épaules larges et les oreilles petites et un peu plus ouvertes que les nôtres. Leurs yeux sont noirs, vi£s, brillants et perçants avec des cils longs et relevés. L'expression habituelle de leur physionomie annonce un caractère fier et entreprenant.

A la ceinture et sur les reins , ils portent une natte fabriquée en écorce d*arbre élégamment tissue , et ornée avec goût d'une quantité de figures de couleurs diverses. Us portent aussi sur la tête des ornements du même tissa, agréablement ornés de diverses espèces de plumes ; cette coiffure ressemble à un turban surbaissé, surmonté d'une frange riche et élégante.

Les diefs eut le lobe inférieur des oreilles fendu , de manière à présenter une ouverture sufiBsante pour y introduire de^ morceaux d'un bois très-léger, qui sont souvent aussi gros que

le poignet. Cet ornement est en général enrichi d'une variété de belles plumes, de dents de requin, etc. Ils portent aussi au cou des colliers en écaille de tortue et en nacre de perle, et une toufife de belles plumes. Leur corps est couvert de tatouage, et cette opération est généralement exécutée d'une manière tout à fait agréable à l'œil, présentant l'aspect d'une armure. Us se teignent les cheveux en rouge, et la figure en jaune et en blanc, excepté lorsqu'ils vont à la guerre; car , dans ce dernier cas , ils se peignent le visage en rouge pour se donner un air plus féroce.

Les femmes sont [petites, douées de iolis traits et d'un œil noir et étincelant qui respire la tendresse et la volupté. Elles ont la goree arrondie et bien fournie, la taille élancée, de petites mains et de petits pieds , les jambes droites et la cheville du pied peu saillante. En un mot, elles semblent, à tous égards, admirablement formées pour les plaisirs de l'amour. En mettant de côté nos préjugés touchant certaine complexion , les attraits personnels de ces femmes sont d'un ordre très-distin^é; néanmoins, elles ne négligent pomt l'aide étrangère de la toilette, car elles se décorent des plumes et des coquilles lés plus riches qu'elles peuvent se procurer par l'affection de leurs parents et de leurs frères, ou de la galanteriede leursamants ou de leurs maris. Elles portent autour de la tête et du cou diverses sortes d'ornements faits avec des dépouilles d'oiseaux et de poissons ; leurs bras et leurs jambes sont décorés de la même manière, tandis que leur gorge est tatouée légèrement , mais avec ^oût. Elles portent également un petit tablier de huit pouces de large et de douze pouces de longueur, orné sur les bords d'une manière très-ingénieuse , et enrichi , dans le milieu, d'un ornement en petites coquilles de choix. Par-dessus le tout, elles portent un manteau ou tunique fabriquée avec une belle herbe soyeuse, tissue avec beaucoup de goût et d'habileté, et quelquefois bordée d'une frange élégante. Cet habillement a huit pieds environ de longueur, sur

lis

sii'de large t avec un trou dans le milieu, tout Juste assez grand pour laisser passer la tête ; (1 rassemble beaucoup au poncho des Améneains du Sud.

Les devoirs . et les Occupations des femmes consistent dans la fabrication d(» toutes les étoffes, des lignes de pêche et des filets, dans te soin de la c\iisine et dans celui d'élever les enfants. Elles s'acquittent de cette dernière tâche avec une attention et une t^dresse exemplaires. Elles sont douces et affectionnées envers leurs mari«, et à leur tour ceux-ci traitent leurs femmes avec une délicatesse et des égards qui jpourraîent faire rougir beaucoup de chrétiens. En un mot, elles paraissent dignes de ré[K)ndre aux euorts des missionnaires qui attacheront plus de prix à la pratique de la religion qu'à sa théorie.

Les deux îles de Touest , comme je l'ai déjà dit, sont peuplées par environ quinze mille Indiens de couleur de cuivrf , qui sont un peu inférieurs pour la taille à la tribu des Koirs que je vien^ de décrire. Les hommes n'ont en général que cinq pieds huit pouces, mais ils sont plus torts, plus vigoureuse , plus athlétiques et mieux constitués pour là guerre et pour les faticoes, que la peuplade de couleur plus foncée. Ils sont très-actifs et d'une force remarquable. Parmi eux, j'en ai vu plusieurs qui ue pesaient pas plus de cent cinquante livres chacun^ et aui soulevaient notre petite ancre de bossoir, pesant plus de six cents livres, en apparence avec autant de facilité que j aurais enlevé un poids de cent livres; pourtant ils vivent de fruits et de poisson , sans excitants d'aucune espèce. Ils ont le corps, droit et arrondi, la poitrine saillante, les mains et les pieds bien conformés.

Leur teint est d'une couleur de cui- Tre très-pâle; leurs clieveux, longs et noirs, sont en général proprement véunis au sommet de la tête. Ils ont le front élevé et proéminent, indice ordaiaice des £icultés intellectuelles. Au tes drœtte partie, spécialement chez les femmes, règne une paire de longs

cils soj^eux, noirs comme M ^b el fortement arqués. On dirait d'une draperie ou de rideaux sous lesquels leur âme sort de son palais, au ^ven du cristal de deux yeux noirs et brillants. Leurs visages sont arrondis, pleins et potelés, et les pommettes sont moins saillantes qu'on ne resserve ordinairement parmi les nations sauvages. Ils ont un beau nez , modérément élevé , une bouche bien proportionnée et une double raneée de dents plus blanches que rivoiraleplus pur. Les joues à fossette et itt doubles mentons sont communs bus \es jeunes gens des deux sexes. Les hommes ont le cou court et ^is, et généralement couvert par devant d'une loneue barbe noire au on laisse croître seulement à partir ou menton. Cepei|dant quelques-uns de leurs principaux chefis portent de très-grandes moustaches. Ils ont de grandes oreilles, et leur partie inférieure est percée d'une ouverture assez grande pour recevoir un ornement de la grosseur d'un œuf d'oie. Cet ornement est souvent décoré avec des dents de diverses sortes de poissons , des coquilles , des bec^ et des plumes d'oiseaux , et des fleurs des vallées. Ils portent aussi des colliers de la même nature. Ils ne sont guère tatoués que depuis le bas du cou jusqu'au creux de Vestomac. Souvent, sur la poitrine des chefs « cVst un tatouage non interrompu, représentant une foule de ligures fantastiques, exécutées avec beaucoup de goût et de délicatesse. L'habillement des deux sexes est semblable à celui de leurs voisins de l'est, et il ne s'en distin-

guepar rien d'important. Ils portent es bracelets en écaille de tortne aux bras , et en nacre de perle aux jambes et à la cheville du pied. Pour la propreté personnelle , ces insulaires pourraient défier tout autre peuple de la terre. Ils sont naturellement gais , affectueux , joyeux , vife et actif? , extraordinairemeht doux et affectionn(>s envers leurs femmes et leurs enfants ^ et pleins de déférence et de respect pour la vieillesse.

En général, leurs femmes sont îi

pta nrts d6 la méa» taille cpe les odtres; leurs formes sont délicates, lear taille srelte et leur buste admirabJement moulé; leurs pieds et leurs mains ne sont pas plus grands que chez nos enfants de Tâge de douze ans , et j'ai souvent enfermé dans mes deux mains la taille des filles de dixfaait ans. Elles sont nubiles à Tâfie de oent cinquante lunes, envirotf douze âOB. Elles ont la tête petite, le front élevé, les yeux grands et noirs, les joues pleines et potelées, le nez bien fait, la bouche petite, et, ce qui ne manque jamais dans cette partie du monde, des dents superbes, ce qui ajoute mille attraits à chacun de leurs sourires enchanteurs. Leurs onfilles sont petites et leur cou trèsnlélica* tement formé; par derrière flottent leurs longs cheveux noirs , quand ils ne sont point réunis sur la tête. Elles sont extrêmement modestes et d'une grande sensibilité touchant certains cliapitres. Souvent , on voit la rougeur percer sur leur visage à travers leur teinte foncée. Leur maintien annonce constàfriment le contentement et la vivacité ; leurs mouvements sont élas* tîqiies et comnarables à ceux des syl* phides. Les Virginiennes pocahorUaSf Sous le rapport des attraits personnels et des diarmes du caractère , seraient êclii»ées par les fîemmes séduisantes du groupe de Bergh.

La diasteté et la fidélité dans le mariage semblent être des sentiments inr^ chee ces peuples , et Ton conçoit h peine la possibilité de TÎoler ces vertus. Par conséquent leurs liens conju* faux sont presque toujours heureux.

Jne femme ne parle jamais de son mari qu'avec un sourire de contentement, et, dans tous mes rapports arec eux , je n'a! jamais vu un homme parier durement ou insolemment à une femme. Les affections sociales sont aussi très-fortes, et, chez eux, les relations de parenté les plus éloignées semblent être plus sacrées que les rapports les plus intimes parmi les Améncains civilisés. Ils sont amis fidèles , bons voisins, et montrent une obé&sance Implicite aux lois et aux

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coutumee sous Pempire desquelles ils ▼ivent. Les actes d^injustice et d'oppression sont à peine connus chez euxj mais la chanté, l'humanité et la bienveillance y régnent dans toute leur étendue. Ils coiimattront vaillamment pour la cause d'un ami ; mais ils ne conserveront ni haine ni rancune pour toute injure qui leur sera personnelle. Les disputes individuelles sont très-rares , et quand elles ont lieu, leur conduite est toujours basée sur les règles de l'honneur et de la loyauté.

Un homme n'attaquera jamais son voisin* quelle que soit 1 offense reçue, sMl n'est assuré auparavant que sous le rapport de la force physique son ennemi ne lui est point inférieur, attendu qu'il aurait horreur d'abuser de sa faiblesse. Pour l'industrie , l'activité, la gaieté et la persévérance, aucune comparaison ne peut être établie entre ces naturels et ceux d'aucune des lies de l'océan Pacifique que j'ai eu l'occasion de visiter. Les hommes , les femmes et les enfants sont tous en mouvement depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher, occupés à la pêche ou à la fabrication des armes, des ustensiles de pêche, des étoffes, des habitations et des pirogues. Tout ce âu'ils font est exécuté avec beaucoup egoût et d'adresse, bien qu'ils n'aient à leur disposition que des instruments en coquilles, ep pierres et en dents de poisson. Par leurs lois, il leur est exti^memeot défendu de rester cou^ chés après le lever du soleil , excepte en cas de maladie ou d'infirmité corporelle; aussi, la dyspepsie, les maladies de foie et les mille et un maux qui affligent les races civilisées , sont inconnus aux naturels de ces heureuses tles.

En décrivant les vertus et les aimables qualités de ces insulaires, je ne prétends pas faire entendre qu'il n'y ait point d'exemples , ni de circonstances isolées où les lois ne puissent être violées. Un état parfait de la société n'existe point et peut-être n'existera jamais sur ce globe si riche eft anomalies. La nécessité même des lois ^ iwiique le contraire. Frapper une

feinme est à juste tftre considéré par les naturels du g[roupe de Bergh comme une action mhumaine et barbare , guclie que soit sa faute. Mais al une lemme devient rebelle et désobéissante envers son mari , qu'elle le maltraite, et que les moyens de la douceur ne puissent la faire changer, elle est transportée sur une petite tle du groupe , où nul nliabite que des femmes ; Thomme qui se permettrait d'enlever l'une d'entre elles sans la permission du gouvernement, serait mis à mort. Des punitions encore plus sévères sont infligées à l'homme qui maltraite sa femme. Pour les tours de force , d'adresse et d'agilité , quelques* uns de ces naturels laisseraient oien loin derrière eux les hommes qui se dorment en spectacle chez nous. Ils feront avec rapidité une foule de pirouettes en avant et en arrière, sans avoir rien d'élastique sous leurs pieds; ils sont également habiles à courir, sauter , grimper et lancer des masses pesantes, etc. Ils monteront à la cime d'un cocotier haut, droit et poli comme le mât d'un navire , en apparence avec autant d'aisance et d'aèilité qu'un marin monterait le long des enflechures des haubans quand elles viennent d'être reprises. Ils excellent aussi dans l'exercice de la natation , et semblent aussi à leur aise dans l'eau que les requins et les tortues. Ils plongent à la profondeur de quinze toises, et rapporteront une demi-douzaine d'huîtres perlières avec autant de facilité que ^elques-uns de nos meilleurs nageurs iraient à trois toises pour rapporter quelque chose du fond.

A l'ésard des idées religieuses de ces insulaires « le peu de renseignements qu'il m'a été possible d'obtenir peuvent être exposés en quelques mots.

Ils pensent que tout a été créé par un certain être sage et puissant qui dirige et gouverne tout, et dont la résidence est au-dessus des étoiles ; qu'il veille sur tous ses enfants et sur toutes les choses animées avec un soin et une affection paternelle; qu'il pourvoit à la subsistance des hommes, des oiseaux, des poissons et des insectes.

le plus petit animal étant destiiié à servir de pftture au plus grand, et tous devant servir au soutien du genre humain; que le créateur arrose ces fies de ses propres mains, en laissant tomber d'en haut les pluies en temps opportun; qu'il a planté le cocotier, l'arbre à pain et tous les autres arbres, ainsi que les buissons, les plantes et les touffes d'herbe; que les bonnes actions lui sont agréables , mais que les mauvaises actions l'offensent; qu'ils seront heureux ou misérables par la suite, suivant leur conduite en cette vie; que les bons vivront alors sur un groupe dties délicieuses , encore plus belles et plus agréables que les leurs, tandis que les médiants seront séparés des bons et transportés dans quelque tle rocailleuse et désolée, où il n'y aura ni cocotiers , ni arbres à pain , ni eau firatche, ni poisson, ni aucune trace de végétation. Ils n'ont ni tein-

Sles, ni églises, ni formes extérieures e culte; mais ils disent qu'ils aiment l'Être suprême à cause de sa bonté envers eux.

Ils regardent le contrat du mariage comme une obligation sacrée, et il doit être célébré en présence do roi , ou de l'un des principaux officiers de Sa Majesté, dûment autorisé et délégué à cet effet. Avant qu'un contrat semblable «oit formé, aucune restriction n'est imposée aux deux sexes , et les femmes non mariées peuvent accorder leurs faveurs à qui leur convient, sans encourir aucuns reproches, et sans éprouver aucune sorte de remords. Mais une fois mariées, un faux pas deviendrait une infamie.Unefemme enceinte, qu'elle soit mariée ou non, est considéréeavechonneuretrespeGt;ellemême, justement fière de sa fécondité , est bien loin de prendre aucune précaution pour cacher son état. Un jeune naturel, en recherche d'une épouse , accorde généralement la préférence à celle qui a déjà donné une preuve si authentique de son aptitude a se former une famille.

Leurs cérémonies funéraires ont aussi quelque chose de singulier. A la mort d'un proche parent, on s'abs-

tient de toute espèce de nourriture durant quarante-nuit heures ; et durant un mois on ne mançe autre chose que des fruits, en se privant entièrement de poisson , qui est la plus orande friandise du pays. Pour la perte d'un père ou d'un épioux, on se retire en outre dans une solitude sur ks montagnes l'espace de trois mois. Mais la vérité me fera ajouter une autre circonstance que, pour l'honneur de la nature humaine , je voudrais pouvoir passer sous silence. La mort du roi ou d'un chef est toujours célébrée par des sacrifices humains!...

Plusieurs hommes, femmes et enfants sont dioisis pour lui servir de cortège d'honneur dans le monde des esprits , et ils sont fiers de cette distinction , car ils sont enterrés dans le même tombeau que lui!... Dans ces occasions, et durant les deux mois qui suivent les funérailles d'un chef, il n'est permis à aucune pirosue de flotter sur l'eau. Un petit nombre de missionnaires auraient bientôt dissipé ces ténèbres superstitieuses.

rai déjà dit que la race polynésienne, qui habite les deux ties de l'ouest , et la race noire , qui occupe les deux îles de l'est, sont souvent en guerre; mais je n'ai pas encore mentionné leur manière de commencer et de poursuivre ks hostilités. D'après tout ce que j'ai pu apprendre, voici la marche ordinaire de leurs opérations :

Si les insulaires de l'ouest ont reçu ou croient avoir reçu de leurs voisins de Test quelque injure, par un agent ddment autorisé pour cette mission, ils envoient aux agrespieurs l'avis que dans cinq jours, à partir de ce moment (car ils procèdent toujours par avis de cinq jours), à telle heure et dans. tel endroit, un certain nombre de guerriers débarquera , d'un nombre désigné de pirogues, sur leur territoire, armé et équipé de telle et telle manière; enfin , que des négociations seront entamées au temps et au lieu indiqués, relativement aux explications à donner et aux réparations à exiger.

Le débarquement, la conférence et la négociation, tout a lieu en consé-

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quence; et si le sujet de la querdle est arrangé à Tamiable, l'affaire se termine par un festin, et les deux partis sont satisfaits; mais si Ton ne peut tomber d'accord , on a recours à la voie des armes. Un nombre égal de guerriers vient se mesurer avec les plai- Snants, et la raison du plus fort en écide. Durant une demi-heure ils combattent comme des tigres furieux, distribuent la mort et les blessures sans réserve et sans pitié; puis ils se séparent, comme a'un commun accord, et se reposent le reste du jour. Les deux partis restent près du champ de bataille , occupés à enterrer leurs morts et à soigner leurs blessés.

Le jour suivant, quand les deux troupes ont déclaré qu'elles étaient prêtes, le combat recommence avec une nouvelle ardeur, et dure deux fois plus longtemps que la veille, à moins qu'un des partis ne quitte la place, et ne cède la victoire à l'autre. Dans le cas contraire, au bout d'une heure d'un combat opiniâtre, ils se séparent de nouveau, mettent de côté leurs armes, et s'aident mutuellement à enterrer leurs morts et à panser les blessés, de la manière la plus amicale. Le troisième jour le sort de la campagne est décidé. Ils commencent le combat le matin , et le continuent jusqu'à ce que l'un des partis succombe. Si ce sont les assaillants, ils abandonnent leurs pirogues et leurs armes aux vainqueurs, qui sont obligés de donner un festin aux vaincus et de les ramener en sûreté sur leurs tIes, où un traité de paix est ratifié par un nouveau festin qui dure deux jours. Les deux peuples sont ensuite en deuil pendant gumze jours, en l'honneur de leurs amis tués dans le combat. Après cela , les relations d'amitié sont renouvelées, et les insulaires des deux tribus vont et viennent, comme de coutume, les uns chez les autres.

D'autre part, si les assaillants sont victorieux, les autres acouiescent à leurs demandes, et font ic traité le plus favorable que les circonstances puissent leur permettre, toujours ratifié par un festin qui dure deux jours*

Les pîMmaîeirs faits dans l'action i^ partiennent aux individus qui les prennent « si leur parti remporte la victoire ; autrement, ils sont rendus aux vainqueurs : mais les hommes du parti qui cède ne sont jamais considérés ni traités comme prisonniers ; ils sont traités honorablement et reconduits chez eux »

comme on l'a déjà dit.

Les armes qui servent dans les combats consistent en lances d'un bois très4éger, et armées de pointes en silex ou en os de poisson; ils ont aussi des lances d'une autre espèce, en bois trèspesant, d'environ quinze pieds de lon- §ueur, terminées en pointes acérées et urcies au feu. Us envoient ces lances à la distance de trente ou quarante verges, dans un but de la taille d'un homme, et ne le manquent jamais; mais ils le frappent ordinairement près du centre. L^ pointes de leurs armes ne sont point empoisonnées , et je ne saurais dire si c'est par un sentiment d'honneur ou bien par défaut de movens. Leurs casse-tetes sont fabriques avec une espèce de bois qui ressemble beaucoup à notre fustic; ils ont six ou huit pieds de longueur, sont de la grosseur au poignet à chaque extrémité , mais un peu plus minces au milieu, et sont bien travaillés, bien polis, et quelquefois éléjçamment ciselés. Ces sauvages les tiennent par le milieu , et s'en servent de la même manière qu'un Irlandais fait de son shilaleh. J'ai vu un homme, avec cette arme, en tenir une demi-douzaine à distance. Les frondes, avec lesquelles ils commencent d'ordinaire le combat, sont faites avec les fibres de l'écorce d'un arbre, et ont environ trois pieds de longueur quand elles sont doublées.

Au centre est proprement pratiquée la poche pour recevoir la pierre, qui est d'ordinaire de la grosseur d'un œuf d'oie, et ils peuvent la lancer à cent ou cent cinquante verges avec assez de précision.

Les habitations de ces insulaires sont bien conçues et ingénieusement exécutées. Four la grandeur, elles varient de vingt à soixante pieds de longpieur, et de dix à trente pieds de lar-

0eur;eUe8n'ontqueIereft4eKiiaiias^i avec des toits an^laires propremeot recouverts de feuilles de oecotler m d'autre palmier, qui les rendent complètement impénétrables à l'eau. Dorant la saison pluvieuse, les côtés de la maison sont garnis de larges nattes , que l'on met en place à la fm de novembre et que l'on enlève vers le premier février, pour les serrer sous le faiite du toit, dans un heu destiné à cet objet. Aussi, durant près de dix mois , l'air circule librement au travers de toutes les parties de la maison^ la nuit comme le jour. Quand on en\ève, en février, les nattes à Tépreuve de l'eau, on les remplace, pour la belle saison, par des nattes à mailles ouvertes , ressemblant , pour l'aspect , aux filets de bastingage ou des voiles d'étaî d'un vaisseau , qui servent très-bien de

Ser$iennes. Les planchers sont tapissés e nattes grossières, qui sont réçulièrement lavées une fois par semaine au bord de la mer.

Leurs lits sont des nattes souples et molles, mais très-bien travaillées, et les plus délicats en ont plusieurs empilées l'une sur l'autre; quelquefois les femmes qui sont mères ont des corbeilles ou berceaux en osier, suspendus au toit de la maison pour servir de couchettes aux jeunes enfants. Ils ont aussi une espèce de lit ou plutôt de litière très-ingénieusement imaginée pour les malades : c'est une grande natte forte, étendue sur un diâssis de bambou , élevé d'environ dix-huit pouces au-dessus du plancher, et garni sur les bords de filets. Ces nattes sont

Sourvues dans le milieu d'un trou^ afin e permettre au malade, quand il est très-bas , de faire ses besoins sans être dérangé. Sur ces litières sont suspendus de grands éventails en feuilles de palmier, que le patient peut facilement mettre en mouvement au moyen d'une ficelle. Ils ont çussi des nattes trèsbien travaillées, destinées particulièrement aux repas, que l'on lave chaque fois qu'elles ont servi. En un mot, sous le rapport de la propreté person* nelle et domestique , ces insulaires l'emportent de beaucoup sur tous les pm*

OCÉANIE

plêB ffàèfaà jamais yos; et ma femme me dit souvent ^e, pour son instruction dans la science du ménage, elle est redevable aux leçons qu'elle a reçues des dames du groupe de Bergh.

Leurs maisons sont disposées par groupes ou petits villages, rangées ré* fîulièrement, et séparées par oes rues de cinquante toises environ de large.

Cftaque maison a un verger spacieux qui en dépend , entouré d*une palissade en bambou , ^i permet la libre circulation de Fair. Âu centre de chaque village, est la résidence d'un chef qui dirige toutes les affaires en qualité de magistrat. Toutes les querelles locales sont souinises à son jugement; mais on a le droit d'appeler de sa sentence à celle du roi ou du principal chef de la tribu.

Ces Iles sont d'une élévation modérée; chacune d'elles est haute au centre , et le sol s'abaisse par degrés , pour se terminer en belles vallées et prairies fertiles qui s'étendent de toutes parts le long des rivages; partout on voit couler vers la mer des torrents d'une eau limpide. On concevra facilement mi'un groupe d'îles ainsi placé près de 1 équateur, couvert d'un terrani profond et peu compacte, sous l'influence du soleil des tropiques, doit offrir une végétation rapide et perpétuelle. En efinét, on peut observer sur le même arbre, et souvent sur la même brandie, des fleurs et des fruits mûrs, mêlés avec des firuits dans toutes les phases de leur croissance. Chaque feuille qui tombe est presque immédiatement remplacée par une nouvelle, tandis que les fruits , parvenus à leur maturité , sont obligés de céder la place à de nouveaux germes. Là, le printemi)s, l'été et l'automne se disputent continuellement l'empire de la nature.

L'hiver apparaît à peine un instant dans cette lutte, et se retire avec un sourire viviflant, plus doux encore que celui des autres saisons.

Si les habitants de ces lies possédaient quelques petites connaissances en agriculture, et qu'ils voulussent y consacrer une étincelle du talent et de rbabileté qu'ils déploient dans leurs

ouvrages habituels d'une moiodre im* portance, ces Iles pourraient bientdt devenirlesplus beaux jardinsdnmonde.

J'ose me flatter de l'espoir d'avoir pu contribuer à fonder les bases d'une ré* volution aussi désirable. Jeteur ai donné, à cet égard , Quelques instructions pen-* dant notre séjour, à l'aide d'interprètes , dont le dialecte naturel était si semblable au leur, qu'ils pouvaient converser ensemble sans là moindre difficulté. Je leur procurai aussi diverses sortes de graines, qu'ils promirent de planter et de cultiver suivant mes ins-< tructions. Dans ce nombre étaient des pommes, des poires, des pêches, des prunes, des melons, citrouilles, ignames, pommes de terre, oignons, choux, betteraves, carottes, panais, haricots, pois, etc. Je n'hésite pas à croire que le café, le poivre^ la canne à sucre et les épices de diverses espèces réussiraient facilement et peut-être sans culture sur ces Iles.

L'abondance et l'épaisseur des forêts est une preuve évidente de la richesse du sol qui couvre la surface de ces belles tles. Je sais que les terrains élevés produisent du bois de sandal , mais je ne pourrais affirmer en quelle quantité. Partout on trouve un grand nombre et une variété de belles plantes , non-seulement dans les plaines et les vallées, mais'encore sur les hauteurs et jusque sur leurs cimes. Plusieurs étaient étrangères pour moi, et Il y en a , je pense ,' qui ne sont pas bien connues dans ce pays. Les cocotiers et les arbres à pam viennent ici d'une taille énorme, et leurs fruits sont trèsgros et très-savoureux.

Les naturels du groupe de Bergh sont favorisés de l'eau la plus pure, qui descend en torrents limpides des sources de leurs montagnes ; mais ils la boivent rarement sans ^'elle ait monté dans les veines invisibles du cocotier, et qu'elle se soit déposée au centre de son délicieux fruit.

Ici le climat est délicieusement tem^ péré ; les bois abondent en oiseaux de diverses espèces , tous agréables à la vue, et la plupart doués d'un diant mélodieux. J^ai vu plusieurs reptiles

iu

de la famîWe dçs lézards, mais ps un serpeut. Les insectes sont nombreux, brillants , mais pas un n'est importun.

Nous n'aperçûmes aucun minéral digne d'être remarqué. Les eaux, à l'intérieur du récif qui environne le groupe entier, abondent en excellent poisson de tout genre, qu'on peut prendre en quantité, soit à la semé, soit à l'hameçon. Des coquillages de différentes sortes se trouvent sur les récifs, les bas-fonds et les rivages. Quelques-uns offrent des échantillons qui surpassent tout ce que j*ai jamais rencontré en aucune partie du monde. Je ne sache point d^endroit où le naturaliste et l'amateur puissent se procurer une collection de coquilles rares, curieuses et Ïirécieuses, plus riche que dans ces les. Les huîtres perlières sont communes, et celles aue nous obtînmes des naturels sont ae la même espèce que celles de Soulou. La tortue verte est commune; mais je pense que la tortue à tête pointue est très-rare, attendu que nous en vîmes très-peu dans l'eau, et que l'écaillé se trouvait en petite quantité entre les mains des naturels.

La biche de mer (holothurie ou tripang des Malais) s'obtient ici en grande quantité et d'une qualité très-supérieure, pourvu (]ue Ton puisse compter sur les dispositions amicales des naturels; autrement, le temps et la peine qu'on se donnerait pour cette pêche seraient en pure perte. Si les circonstances étaient favorables , on pourrait £aire ici plusieurs cargaisons de cette denrée, et la majeure partie s'en vendrait à un prix fort élevé, si les échantillons que nous observâmes peuvent servir de règle pour juger dersa qualité en général. Quelques-uns de ceux que nous trouvâmes avaient deux pieds de longueur et dix-huit pouoes de circonférence; leur chair, une fois les intestins enlevés, pesait encore de sept à neuf livres. C'est une dimension bien supérieure à celle de tous les mollusques de ce ^enre que j'aie jamais vus aux îles Fidgi, Nouvelles-Hébrides, Bougainville, Nouvelle-Zeelande, Nouvelle-Bretagne , Nouvelle-Guinée , Nou-

velle-Hanovre, et même aux fies ia

Massacre (*).»

Il sera curieux de comparer Télo»

Ê>mpeux qu'a fait des insulaires de ogoleu le capitaine Morreil, avec le peu de mots qu'en dit M. d'Urviile dans son ioumal inédit de la Comàlle, par suite des communications qu il eut a la voile avec ces sauvases , en Juin 1824. Voici littéralement de quelle manière il s'exprime sur leur compte :

« Quelque étendu que paraisse être ce ^oupe au premier abord, par le fait il se réduit à peu de chose et doit être médiocrement peuplé; aussi n'avons-nous jamais vu plus de douze ou quinze pirogues à la rois, bien que durant les deux premiers jours «ous ayons mis plusieurs fois en panne pour communiquer avec les naturels. Ces insulaires n'ont rien de remarquable; ils sont d'une taille médiocre, plusieurs sont difformes ou afiSig^ de maux dégoûtants. Leur intelligence paraît bornée, et je crois cette race mférieure à celle d'Ualan. Pour le bon ton et la dignité, les iamol de Hogoleu ne valent nullement les icros et les ton d'Ualan, bien qu'ils aient les mêmes dispositions au vol. Tout porte à croire qu'ils ont souvent vu des Européens, et rien dans le navire ni sur nos personnes ne paraissait vivement piquer leur curiosité ni exciter leur admiration. Leurs maros et leurs ponchos sont fabriqués avec un tissu solide et bien travaille. Leurs pros sont bien faits, mais leur manœuvre est loin d'être remarauable, ni pour la simplicité ni pour l'avantage de la marclie.

Nous n^avons point vu entre leurs mains d'armes ni de haches en pierre.

Seulement , j'ai remarqué deux frondes en bourre de coco, dont j'ai fait l'acquisition. Nous avons cru reman|uer que l'autorité des chefs sur leurs inférieurs était assez ^ande, et ceux-ci ne manquaient jamais de remettre aux premiers ce qu^ils venaient de se procurer en présent ou par échange.

Quelques-uns sont tatoués, d'autres ne le sont point du tout. Déjà indififé-

(*) Nous parlerons plas tard de ces iles.

OCEANIÊ.

mts à réçàrd des clous et même des couteaux, ils ne paraissent convoiter que des haches qu'ils appelaient sarau.

m ne se souciaient point de miroirs, et ne donnaient que des bagatelles pour des hamej^ns. Ils portaient aux oreilles des cylindres en i)ois assez volumineux, au cou des colliers de diverses grosseurs, faits avec de petits disques en noix de coco et coquilles entremêlées. Leurs étofifes étaient teintes en rouge, en noir et quelquefois en blanc. »

M. d'Urville ne put obtenir qu'un petit nombre de mots de leur langue, qui lui iHururent fort douteux quant à leur vraie signification.

GEOUPBS HAC-ASKILL ET DUPERRBT. ILES KAMODLOUK, «OUGOUOR. btc.

Le petit groupe de Mac- Askill fut découvert par le capitaine de ce nom et revu par MM. Duperrey et Lùtke.

Il comprend trois tlots bas et boisés, Pelelap, Tougoulou et Takaî. Position : 6" W latitude nord ; 158" 28' longitude est (îles du nord).

Le groupe Duperrey, découvert en 1824 par ce navigateur, se compose , d'après ses cartes, de trois îlots bas et boisés, nommés Mongoul, Ougaî et Aoura. Position : 6"* 39' latitude nord, 157» 30' (partie nord-ouest.)

Les deux petites Iles marquées sur les cartes d'Arrowsmith par le 5* 12' lat.

et 19d<*5' long, ouest, et les îles Musgrave marquées sur la carte de Krusenstern par 6» 12' lat. et 200*' 45' long. ouest, ont été cherchées en vain par Lûtke.

Les îles Namoulouk ont été découvertes par le capitaine Lûtke, en janvier 1828, et revues en mai 1830 par Morrell , qui les nomma Skeddy^s grouj). C'est un groupe de six milles de circuit , contenant trois îles basses et boisées, ayant environ chacune un demi-miUede long. Morrell assure que ses habitants sont semblables à ceux de Hogoleu , et que le' sol des îles est presque entièrement couvert de cocotiers et d*arbres à pain. Position :

latitude nord 5* 53'; longitude est 160* 67'.

Nous ne donnerons guère que la position des îles qui suivent, parce que la plupart n'ont pas été décrites. Voyons d'abord l'île Saint-Augustin, découverte par le capitaine Tompson en 1773.

Ile basse avec un récif. Position : 7» 25, latit. nord ; 153° 45'longit. est. (pointe nord). Lùtke ne l'a pas trouvée, mais le savant d'Urville soupçonne qu'elle est identique avec Tîle Bordelaise , décou- Terte par le capitaine Saliz, le 18 juin 1826 , qui lui donna le nom de son navire. La Bordelaise est une petite Ue plate, unie, de un ou deux millesd'étendue, et de quatre-vingts pieds de hauteur. Position : 7» 38' latitude nord ; 1520 45' longitude est.

L'île San-Rafael, découverte en 1806

ir Monteverde , qui lui donna le nom e son bâtiment. Petite île basse,, de trois ou quatre milles de circuit , avec un brisant. Position : latitude nord 7» 17' ; longitude est 151» 32.

Les îles Mouriieu, découvertes le 2 avril 1826 par John Hall ; explorées par Lûtke en novembre 1828. Ces Iles se composent de deux groupes distincts; le premier, NamoUpk^any Fananou ou Falalou aquarante milles de circuit, et compte treize petites îles basses, dont les plus grandes ont à

feine un mille d'étendue, celles-ci sont kop, Fananou et Namouïne; l'autre groupe Mouriieu^ qui est à l'ouest du premier, a quarante-cinq milles de circuit, et compte neuf îlots bas. boisés et tous fort petits. Les principales sont Mouriieu , Roua et Namorousse. Limites géographiques : en latitude , 8** 27' et 8** 48' nord; en longitude, 149*" 24' et 150" 2' est. Ses habitants sont d'habiles et entreprenants navigateurs.

Orolous est à l'est de ces îles.

Les îles Faieou (orientales), découvertes le 2 avril 1824 par le capitaine John Hall; reconnues par Lûtke en 1828. Deux îlots contigus, bas, boisés , ayant au plus deux milles d'étendue avec leurs récifs. Position : 8"* 34' latitude nord; 149*' 5' longitude est.

L'île Onooup, découverte en 1801 par Ibergoïtia , qui la nomma Jnonyme; explorée en 1828 par Lûtke. Ile basse.

tM\ ' '- UUNIVERS.

boisée , ioague de deux miHes et demi du nord au sud, à peine large d'un tiers de. mille. Position : 8" 87' latitude nord ; 147* 30 longitude est.

Les ilôts Maguir et Maghirarik, découverts par le capitaine Bunkey en 1824, qui les nomma Iles Ramp; explorés en 1828 par Lùtke. Tous deux sont bas et boisés. Position : 9** l' lat. nord; 147» 55' longitude est (celui de Test). Ils sont reunis par un récif sous-marin. L'tlot Onooun est situé à Tangle occidental de ce récif.

Les Iles Pisserar^ découvertes en 1824 par Bunkey, qui leur donna son nom ; explorées en 1828 par Liitke.

Deux petits groupes composés chacun de trois ou quatre tlots petits , bas et boisés. Ounaliky le plus grand, a tout au plus un mille de long. Position ; 8» 39' latitude nord, 148* 7' longitude est : de plus les Ilots Pilipat et Amitideu.

Les trois atollons précédents réunis forment le groupe total de NamonoMoAt Lùtke, qui a environ cent milles de circuit. Maguir et Pisserar furent vues par l*ÉcUpse le 11 avril

Les tles Poulouot (Poolousonk) et Alet, découvertes parle capitaine Mortlock en 1795, revues en 1799 et 1801 par Ibergoltia ; explorées en 1819 par Freycinet. Deux îlots bas, boisés et

niés 2 ayant quinze ou seize milles rcuit , en y comprenant les récifs.

Ce sont les Iles Kata des anciennes cartes espagnoles. Position : 7' 19' latitude nord; 146" 55' longitude est (celle de Test.)

L'île Sooug, probablement la San- Bartolomé de Quiros, découverte en 1696 ; vue par Musgrave du Sugar-Cane en 1793 , par Ibergoïtia en 1799 et 1801 ; reconnue par Freycinet en 1819. Ilot bas, boisé et inhabité , de cinq ou six milles de circuit, entouré par un hautfond très-étendu. Position : 6"* 40' latitude nord ; 147* 5' longitude est.

L*ÎIe Bigali, découverte le 3 Juillet 1824 par Duj)errey ; revue en lévrier 1828 par Lùtke, qui la nomme Piguele. Ilot bas , boisé , désert, de deux cents toises de large, environné d'un

récif. Position : S* IS htitnde 1 145* 18' longitude est.

L'Ile Lidia, découverte en 1801; vue [»r t Océan en 1804. Sans docte identique avec l'Ile. FaroAs; vue par MorreU en mai 1830. Ilot inhabité , bas et couvert de broussailles, de trois milles de circuit. Position : 8* 37' latitude nord; 144* 51' longitude est.

L'île Faieou (Occidentale), retrouvée par Lùtke en 1828. Ilot bas et boisé, de deux cents toises au plus d'étendue, avec un brisant de près de cinq milles d'étendne. Position : 8** 6' latitude nord; 144* 32* longitnde est.

Près delà est l'îlot Phigella,puis Itlot Fanadik. Celui dePig est entre les deux.

L'île Satarval , découverte en 1797 parWilson, qui la nomma Tucker ; reconnue en 1824j)ar Duperrey , et en 1828 par Lùtke. Elle est petite, basse et habitée, et a à peine deux milles de circuit. Ses habitants sont de hardis navigateurs et vont presque éhaque année faire une course à Gouaham.

Position : 7» 22^ latitude nord ; 144« 46 longitude est.

Les îles Namourrek , vue en 1797 par Wilson , qui les nomma tles Sweae ; reconnues en 1828 par Lùtke. Elles se composent des tles Lamottrek ou Lamorsek de différents navigateurs et des anciennes relations des missionnai res , (]ui forment une chaîne de brisants de six milles de longueur, avec trois îlots très -petits, bas, boisés et peuplés. Position: 7** 30' latitude nord; 144» 10' longitude est (pointe sud-est). On y trouve les îles Normoliaour au sud, et à l'occident les tles Élato. Chaîne de brisants de six ou sept milles d'étendue, contenant sept îlots bas, boisés et peuplés. Position : 7*" 26' latitude nord ; 144" longitude est (pointe sud).|

Les îles Olimirao , découvertes par Lùtke en mars 1828. Groupe de biût ou neuf milles de circuit, qui ne contient que deux îlots bas et boisés. Latitude nord 7» 45; longitude est 1420 37».

Les îles Farroilap, découvertes en 1827, et nommées alors Gardner ; explorées par Lùtke en mars 1828.

Groupe de quatre ou cinq milles de

OCEAIVIË.

dreoitt «ree trois Hots bas et boisés. Position : 8« 37' latitude nord ; 144* 16' longitude est suivant Cantova ; ▼ues dès 16d6 par Juan Rodriguez.

Les lies Ifeiouk» déc(Mivertes en 1797 par Wilson, qui les nomma Twthislands; reconnues par Lûtke en 1828. Groupe de trois ou quatre milles de circuit , composé non de deux Des, mais de quatre Ilots bas et boisés, à savoir : Ifalouk, Moaî, Ella et Fararik. Ce groupe est assez bien peuplé.

Position : 7** 2S' latitude nord ; 142'' W longitude est.

Les îles Eouripîg , d'après la carte d'Arrowsmith , découvertes en 1791 ; vues par Saliz en 1828; reconnues par Lutke la même année. Trois tiots^ oas et fort petits. Position : 6"» 46' latitude nord ; 140» 59' longitude est.

Les deux petites îles Philiip , découvertes par le caoitaine Hunter en i79i. SoroTj de la carte de Lûtke.

Position: 8* 6' latitude nord; 138* 34^ lonsitude est.

Les îles Pigtdram: c'est un groupe indiqué sur la carte de Lûtke. Par 2« SO' latitude nord , et 15r 37' longitude est. Selen, tamol ou chef de Longounor, lui apprit que leurs habitants étaient anthropophages.

Les Iles Nougomr ou Monteverde^ découvertes en 1806 par le capitaine Monteverde , qui leur donna son pom.

Cest un groupe de plusieurs petites lies basses et habitées, ayant dix milles du nord-est au sud<ouest. Lat. nord 8* 27'; longitude est 153« 25' (milieu). Il dit avoir visité ces fies en 1830.

Les naturels sont grands, bien faits et actifs. La taille moyenne des hommes serait de six pieds deux pouces anglais (cinq pieds neuf pouces), et quelques-uns d*entre eux pèseraient jusqu'à deux cent cinquante livres.

Leur teint est olivâtre , leur nez plat; ils ont les cheveux noirs et frisés , de six ou huit pouces de loug; les pommettes saillantes; de petits yeux noirs, très-vifs et très -perçants; le front élevé , et les dents blanches et régulières. Après le mariage , le vêtement des deux sexes consiste en une sorte 4e tabUcar qui descend jusqu'à la moi*

tié des cuisses; avant le mariage , les deux sexes vont entièrement nus. Après avoir lié connaissance avec les Américains par divers échanges, les insulaires invitèrent leurs nouveaux amis à se rapprocher de terre*, en leur promettant d'aller leur chercher des huîtres perlières, de l'écaillé de tortue et des tri[>angs. Une cinquantaine de grandes pirogues se rassen^èrent en peu de temps ; mais Morrell reconnut bientôt avec sa lunette qu'au lieu des objets promis, les braves négociants embarquaient en toute hâte force lances , casse-têtes , et qu'en outre ils se barbouillaient la face de peinture rouge , preuve non équivomie de leurs dispositions hostiles. En erfet, quand tout fut prêt, ces pirogues, montées chacune par quinze ou vingt guerriers , s'avancèrent en bon ordre, sur deux divisions, pour prendre YAntarctic des deux bords en filant huit noeuds. Alors, sans les attendre, Morrell fit serrer toutes ses voiles , et fila grand largue au taux de dbc nœuds,, laissant les naturels de Nougouor ébaliis de la marche supérieure de la grande pirogue, qu'ils s'imaginaient déjà tenir en leur pouvon*. Morrell assure que les récifs de ces îles sont littéralement couverts d'huîtres perlières, de tripangs et de tortues.

L'île Oidrosa. découverte en 1595 par Menaana; elle n'a pas été retrouvée. L'amiral Burney oyant c^kîulé In route du bâtiment espagnol, supposait la longitude de l'île envuron 206« ouest. (Chronoloaical histon/y ii , 179.)

L'île d'IJrville ou Louasape, et Tile Dunkins, d'après la carte debuperrey :

ce serait un groupe découvert en 1824, situé par 4» fat. nord et .152<» 12^ long, est (pointe sud). Mais il est possible que ce soit seulement un double emploi avec le groupe précédent ou bi^n avec le suivant.

Les Iles Ngarik^ découvertes en 1773 par Tompson, Espagnol, qui les nomma hs yahentes; revues en 1703 par Musgrave, du Sugar-Cane ^ qui les nomma les Sept-Iles; puis en 1794 par le navire DrUannia , qui les £4^pela Raven-Iilandsi vues par Don

Joachim Lafita, en 1803; explorées enfin en 1828 par Lûtke. Groupe de vingt ^milles de circuit et d'une torme triangulaire, contenant onze tlots bas , boisa et peuplés^ le plus ^rand n'a pas un mille d'étendue. Position : 6 49^ latitude nord; 155* 15' longitude est (pointe est). L'île Arao, au sud de cette fie , est situé le bas grou[>e de Taroa , si nous en croyons le récit du sauvage Kadou qui n'a pu en déterminer la position.

L'atoUon de Sotoan, ou Young William, découvert en 1793 par le capitaine Mortlock, qui lui donna le nom de son navire, le Jeune Guillaume ( Yoimg 9VUUam ) ; exploré par Lûtke en 1828. Groupe d'une soixantaine d'Ilots bas, boises et bien peuplés, ayant environ quarante milles de circuit. Voici ce qiren dit d'Urville : « Le plus grand de ces tlots , nommé Ta y a cinq milles de long sur trois cents toises de largeur au plus.

Suivant Morrell, qui visita ces lies en 18S0, deux de ces tlots auraient environ quinze milles de circuit, et seraient élevés d'une centaine de pieds au-dessus du niveau de la mer. Les naturels l'ayant invité à se rendre à terre , il céda à leurs désirs ; il y fîit accueilli très - amicalement par des hommes, et surtout par quelques jeunes filles, dont il fait à son ordinaire le portrait le plus séduisant : à Ten croire, c'étaient de jeunes nymphes de seize ou de dix-sept ans, aux yeux de gazelle, aux dents d'ivoire, aux traits les plus délicats qu'il eût jamais rencontrés. Leur taule était petite; mais leurs mains et leurs pieds l'étaient encore plus à proportion; elles avaient des cheveux noifs, et puis des yeux étincelants comme des grains de jais au milieu d'un émail Bquide; de petites joues rondes et fraîches , un njenton à l'avenant , des lèvres appelant les baisers; des cous minces et des corsaees nus gu'on eût embrassés avec les aeux mams. A ce portrait enchanteur, ajoutait-il naïvement, il était forcé d'opposer une ombre: leur jpeau était d'une couleur légère de cuivre. Les preuves réité-

rées d'amitié que les habitants de Sotoan donnèrent à Morrell ne servaient pourtant gu'à cacher un piégc : ao moment où il voulut se rembarquer, ils allaient fondre sur lui , lorsque st% camarades, à l'aide de leurs armes à feu , mirent en fuite les assaillants. A peine étaient-ils de retour à bord ,

Sue VAntarctic se vit sur le point 'être environné par une centaine de {>irogues, qui accouraient de tontes es îles pour lui livrer l'assaut. MorreU | se voyant, dit-il, dans l'altemative ou de voir leouel pourrait faire le i plus de mal à l'autre, ou de tourner le dos aux insulaires, adopta ce dernier parti comme le plus humain.»

Les limites géographiques de œt atolle sont en latitude b* 15' et ST W nord; en longitude 151* le* ci 151* 38' est.

ILES LOUGOmrOB OD MORTLOK . OU LRS LOUGODLLOS SB DON LUIS DBTORRÂS.

Entre les 5» 17' et 5» 37' de latitude nord, et les 206» V et 206» 23' de Iongitude ouest, sont situés trois groupes de corail, très-bas, sur lesquels on compte jusqu'à quatre-vingt-dix îlots de diverses grandeurs. Ces îles, y compris Fais et Étal, vues pour la première fois par le capitaine anglais Mortlok, en 1795, sont marauées sous son nom dans Tatlas de ramiral Krusenstern et sur cdal de l'amiral Lùtke. Le plus oriental de ces groupes, Lougounor, est de forme ovale , et a dix-nuit milles de tour. L'He de Lougounor, qui en occupe l'angle oriental, se recourbe en fer à cheval, et forme un très-bon port, appelé port ChamissOj en l'honneur du savant voyageur qui donna, le premier, sur cet archipel, quelques notions di-

fnes de foL La largeur de Ole , dit lûtke, est d'une demi-verste (*} ; son milieu , élevé au-dessus du niveau de l'eau d'environ sept pieds, est couvert d'arbres à pain , et sur ses rivages croissent particulièrement les cocotiers et les vaquois , dont les cimes, chargées de fruits, du côté de la lagune, pendent

(*) La vente est un i,o668 de

OCÉAIHIE.

souvent au-dessus de Teau. La partie méridionale de 111e est sablonneuse; mais vers le nord se trouve beaucoup de terre végétale , sur laquelle sont disséminées les plantations d'arum , qui esisent absolument un terrain humide , et dans leur voisinage sont toutes les habitations des insulaires. Ces planjtat\ons sont entrecoupées de canaux étroits, destinés à fournir de l'eau à toates les parties , et servent en même temps , à ce qu'il paraît , de bornes entre les profirlétes des différents chefs. Le bois qui les entoure forme un magnifique panorama, où des jplantes de toutes espèces et d'une variété infinie, entièrement à découvert, se présentent sous le point de vue le plus avantageux, pour donner une idée générale des productions des îles basses. Ltle n'a naturellement d'autre eau douce que l'eau de pluie qui s'amasse dans les fosses et dans une autre espèce particulière de réservoirs, formes par des trous que l'on creuse exprès pour cela dans les troncs des cocotiers dont la

Position est inclinée. On ne trouva eau que dans des fosses sales et de mauvaise odeur. Cette faible provision suffit aux habitants, parce que d'abord ils boivent très-peu, et qu ensuite cet élément, indispensable pour nous, est remplacé pour eux par cette boisson délicieuse que la nature leur prépare dans les fruits du cocotier : c'est la véritable source de vie, ajoute Lûtke, jaillissant d'un coup de baguette à Tordre du Tout-Puissant.

Les Lougounoriens sont hospitaliers, bons, r^rvés, et ont des manières agréables. Sans avoir la confiance enfantine des bons Ualanais , parce qu'ils connaissaient mieux la mauvaise roi et la cupidité des Européens, la bonne intelligence ne fut pas interrompue entre eux et l'équipage de l'expédition russe. Ce peuple est habile à trafiquer; il. tâche de recevoir le plus et de donner lé moins possible; mais, pour atteindre ce but, il n'emploie ni la fraude ni le vol. Ils ne sont même pas trèsavides; ils se montrèrent hospitaliers et serviables envers les hommes du Semavine. Les jeunes gens , au premier 34* Livraison, (Océanie.) t. ti.

signe, grimpaient sur les arbres pour cueillir des noix de coco, portaient les bocages sans rien demander pour cela, et ils étaient toujours contents de ce qu'on leur donnait. Si quelques-uns, même {)arnii les plus raisoimables, ne craignaient pas de demander, l'excuse en est dans leur extrême pauvreté, et dans le désir bien naturel de se procurer des objets qui leur étaient nécessaires, et qu'ils n'avaient pas le moyen de payer,

« Une des preuves du bon coeur d'un homme, dit Lîitke, c'est lorsqu'il s'attache facilement avec un autre homme dont il attend de la réciprocité, et les Lougounoriens sont tout à fait des gens de cette espèce. Chacun de nous avait son ami particulier. Le mien était Selen, avec qui. en témoignage d'amour, je dus cnanger de nom. Cet usage est aussi commun ici que dans les autres ties de la Polynésie. En formant ce genre de lien , on se prend par la main, qu'on tire avec force en sens opposé, comme pour resserrer les nœuds de l'amitié. Leur excessive jalousie nous 6ta la possibilité de les voir dans leur vie domestique; mais ils nous parurent très-attachés à leurs femmes et à leurs enfants, et il n'est pas impossible que le soin de leur sûreté ne fût le motif qui les portait à les renfermer. Ils nous demandaient souvent des cadeaux pour leurs femmes et pour leurs enfants ; et s*ilr recevaient de nous quelques douceurs, comme du sucre, des biscuits, etc., ils les cachaient dans leurs ceintures pour les leur porter.

« r^ous n'eûmes pas occasion de connaître en détail la oase et l'étendue du pouvoir des tamals. Mon ami Selen s'efforça de me faire entendre qu'il était le chef de tout le groupe; que Peseng , Taliaour et les autres , quoique tamois, étaient cependant ses poioks.

Il paraît que ce mot signifie <tc6ordonnéy parce qu'à Ptamolouk, un tamol demanda aux officiers s'ils n'étaient pas pouîks, relativement à moi en qualité de tamol. Personne cependant ne montrait du respect à Selen, et il ne semblait pas plus riche que les autres.

L*UNlVEtlà

La seule distinction des chefs, c'est qu'ils ont plusieurs maisons ; ils en ont une à part pour les femmes, une autre pour leurs grandes pirogues. »

En général, les Russes ne remarquèrent point ici des traces d*un pouvoir exclusif sur la terre et sur ses productions, comme à Ualan; il leur sembla que chacun avait sa proinriété.

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