‹ L'Univers; histoire et description de tous les peuplesChapitre 16 sur 122 · CÉ4.KIE · texte numérisé non relu

CÉ4.KIE

tipQi|» agréaUe pour nous d*ex9miaer les ornements à mesure qu'on les ap-

rirtait. Nous les admirâmes ainsi un un y jusqu'au moment où, pour dernier raffinement, on yersa des flots d*huile de cocb parfumée de bois de sandal sur leurs têtes, sur leurs épaules, sur leur cou et sur le reste du corp. Ces femmes nous parurent modestes, mais afïables. La fille de Parton présidait à Tune des danses, sa sœur à Tautre; c'étaient deux charmoites créatures de quinze ans environ. Le toul-tonga présida à Tune des danses d'hommes; son fils, enfant de onze ans, à unfs autre. Il faut de la Tîgueur pour danser et chanter en i^me temp, surtout vers la On des figures. J essayai d'accompagner le cnant durant un quart d'heure , et j'en fus fatigué , quoique assis. Les hommes étaient vêtus uniformément, à part les chefs de bandes. Us n'avaient de découvert que les bras; le reste était entouré d'étoffes. La quantité de tapa enroulé autour de la ceinture était si considérai, qu'elle se projetait de six pouces au dehors, et masquait entièrement les formes. A onze heures et demie^ la danse cessa. «

De Tonga-Tabou , Waldegrave se dingea sur Vavao, et descendit à terre pour y prendre des renseignements sur deux navires baleiniers qui avaient été attaqués naguère par les indigènes de Tonga. U demanda raison aux chefs du pafs de l'insulte &ite au oavillon Iv^DnJque. Écoutons la fin de sa refatÎDtt:

«On me conduisit, dit-il, dans une

paode maison à kava, où je trouvai le

m assis. Un Anglais nommé Brown

à sa gauche; de cbaoue coté se

les principaux (^efs , et en

les moins élevés en rang. Autour

4i la maison, sur la pelouse, entre le

tgtaka du feu roj et la maison du

[ tora , se groupaient trois mille hommes

4n peuple. Le roi me pria de m'asseoir.

BcBoat devant lui , avec mon chapeau

la tête , ainsi que mes officiers , je

épondis : « Le roi Georges m'envoie

poar vous demander, Fînau , pourquoi

flMi9 9vex massacré le capitaiue de

VEUsabeth et les baleiniers du Rambler f puis-je m'asseoir jusqu'à ce que vous m'ayez dit pourquoi vous ave^ commis ces horribles meurtres? » Ji ces mots , Finau se mit à trembler autant de crainte que de colère. C'était la première fois qu'on l'interrogeait de la sorte devant son peuple, a Voyez ce prêtre (un missionnaire), ajoutai-je^ il vous dira que je ne suis pas v^u pour punir, mais pour informer sur ces actes. » Alors Fînau déclara, d'un son de voix fort bas , que le maître du Rambler et lui avaient commercé fort amicalement, quand deux hommes de l'équipage vinrent à déserter. Au lieu, de les lui demander à lui, le roi de file, le maître voulut obtenir raisoa par la force, et fît feu sur les hommes du rivage. Les déserteurs furent rendus; mais le capitaine ayant commis ensuite l'imprudence de revenir à terre | le peuple se souleva et le massacra, ainsi oue , l'équipage de son canot.

Quant a V Elisabeth y suivant Finau , ses premières relations avec le rivage avaient été si amicales, que le maître charpie lui avait promis le don d'un mousauet; mais , au moment de partir, le maître refusa le mousquet Alors Finau se prit à réfléchir : « V Elisabeth ^ comme le Rambler, se dit-il à lui-même, va faire feu sur le peuple; il vaut mieux le devancer, et il tua le maître et quelques matelots. Du reste, il ajouta qu'il était très-fâché d'en avoir agi de la sorte, et qu'il ne recommencerait plus. — Bien , répliquai-je à cette explication; j'informerai le roi Georges de ce que vous me dites. — Pardonnezvous, insista Finau? — Je n'ai pas le droit de pardonner; je suis venu pour informer seulement. — Boirez-vous le kava? » Je me découvris et m'accroupis à ses cotés. Le peuple salua cet acte par une vive acclamation; le kava fut apporté et j'en pris ma part; puis, Finau m'ayant invité à passer la nuit à terre, j'en délibérai avec mes officiers et j'acceptai l'offre.

A Apres le kava, nous nous retirâmes dans une case remarquable par sa prooreté et sa jolie apparence; une do unie natte de fibres de coco couvrait

le plandier. Le roi me pria de faire sortir mes officiers, et pendant trois heures il me répéta Fhistoire du massacre, et me Renouvela ses regrets.

Après le dîner, il voulut me rendre témoin de son adresse : il prit un fusil , manqua tous les oiseaux sur lesquels il tira , et finit par tuer une malheureuse poule^ oui fut plumée, rôtie et mangée sur-le-champ. Un autre kava eut ensuite lieu. Pendant qu'il durait, Finau me demanda mon chapeau avec tant d'instance que je le lui donnai. Le soir nous eûmes une danse dans la grande maison du kava; et, après deux nouveaux soupers , nous gagnâmes la case où nous devions passer la nuit. Le jour suivant, après le déjeuner, je lui proposai de venir à bord avec moi; il y consentit; mais son ministre vint me prier de donner ma parole qu'il serait

Îermis au roi de retourner à terre, 'offris un otage, et j'ajoutai : « Mon chirurgien va à quatre milles d'ici , dans l'intérieur de Tile, pour visiter votre neveu favori; mon chapelain l'accompagne; les laisserais-je entre vos mains si /avais l'intention de vous maltraiter? Le roi Georges me pendrait si je vous faisais du mal après avoir engagé ma parole. — C'est bien, allons-nous-en, dit-il. » Nous nous embarquâmes sur deux canots, accompagnés de vingtneuf personnes. Gomme nous passions à travers les pirogues, les naturels poussèrent un cri de joie. Lorsque Finau fut monté à bord , il vit manœuvrer les soldats de marine, et on lui servit deux fois du vin , ainsi qu'aux chefs de sa suite. Il parcourut tout le navire, nomma chaque chose, et essaya de soufiOer dans le sifflet du maître d'équipage. Entendant le tambour qui annonçait le dîner des officiers, il suivit les domestiques et alla s'asseoir à leur table. Quand il eut dîné avec eux , il les quitta et vint dans ma chambre, où il s'assit aussi pour prendre part à mon dîner. Les soldats de marine manœuvrèrent de nouveau durant une demiheure , et les naturels enchantés poussèrent encore un cri de joie. A trois heures et demie de l'après-midi , Finau et sa suite quittèrent le navire dans la

chaloupe; et, à neuf heures, celle-ci revint chargéie d'ignames dont il nous faisait présent.

« Finau est un roi absolu ; ses ordres sont scrupuleusement et à l'instant exécutés; il a moins de trente ans; c'est un païen. Il a deux enfants et trois femmes; il ne peut épouser que des filles de grands chefs : son héritier est l'enfant de celle de ses femmes qui provient de la plus noble famille; ses concubines sont nombreuses. »

Le dernier voyageur qui ait visité Tonga est M. Bennett; le navire qui le portait, était en \ue de l'Ile Tonga- Tabou le 26 juillet 1829, à la distance d'environ quinze milles; Theure avancée et les difficultés du passade ne permirent point d'entrer dans la ; baie, et il fallut louvoyer jusqu'au lendemain. La scène la plus belle et | la plus pittoresque s'offrit à ses rc- ' gards aussitôt que le navire fut dans ! le port, dont rentrée était fort resserrée par un grand nombre d'îlots clair-semés, et par des récifs à fle<ir d'eau très-étendus, et présentant de grands dangers. Quand ils eurent traversé le port dans toute sa longueur, la côte leur offrit une grande ressemblance avec celle de Ceyian , et ils virent poindre de côté et d'autre les habitations des naturels, à travers la feuilles des cocotiers , et d'autres arbres qui abondent dans le voisinage.

On ieta l'ancre à environ un mille de la cote. Bientôt on vit s'avancer vers le navire plusieurs canots aux fonnes élégantes , et en peu d'instants il fut entouré de tous côtés par une multitude de naturels apportant divers articles d'échange. D'après M. Bennett, les habitants de Tonga-Tabou sont généralement bien faits; leurs formes sont musculaires, et les traits de leur visage sont réguliers ; ils aiment à porter les cheveux longs, et les laissent tombtf sur leurs épaules ; quelquefois ils les ramassent en touffes sur la tête.

Ces insulaires, dit-il, ont généralement le teint cuivré ; quelques-uns sont très-noirs et ont les cheveux frisés, a qu'il faut attribuer sans doute à leur mélange avec les naturels de quelques-unes

des tles Vit! ou Fidgi; car ces deux peuplesTirent dans la plus parfaite intelligence, et Ton distingue particulièrement, à Tonga-Tabou, un chef qui sait parler la languedeViti. Leschefsont un enobonpoint remarquable; néanmoins ce sont de très-beaux nommes; une forte corpulence est si générale parmi Varisiocratiey qu'on peut dire ^'elle est toujours un signe de dignité. Le capitaine en second, M. Jones, qui était excessivement gros, fut constaiilment regardé, à Tonsa-Tabou et dans toutes les autres îles de la Polynésie, comme le chef, et l'on eut toujours pour lui pJos d'égards et de respect que pour le capitaine en premier, qui était maigre et de taille moyenne. Les femmes sont modestes, réservées, et belles généralement. Leur costume est un simple jupon d'étoffe du pays, qu'elles attachent autour de la ceinture, et qui tombe jusqu'à la cheville; la partie supérieure du corps reste toujours nue.

Les femmes ont aussi le teint généralement eiûvré; elles se frottent le corps avec l'huile de la noix du coco, parfumée avec du bois de sandal oui leur vient des tles Viti, ou avec aes fleurs odoriférantes, comme le jasmin et letato, qui sont indigènes. Les femmes portent les cheveux très-courts; cette coutume est très-défavorable à leur beauté; elles parurent ainsi moins intéressantes à M. Bennett, accoutumé à ces étoffes et à ces boucles gracieuses ouï donnent tant de charmes au visage ■es Européennes. Elles ont coutume de se parer avec des kalnfa^ ou bou- Qoets de fleurs qui répandent une odeur Jéiicieuse ; elles attachent ces bouquets sarkxxt gorge nue, ou les tressent en counMines, qu'elles posent gracieusement sur leur tête. Ces femmes aiment à parer les étrangers de ces bouquets , et le goût et le sentiment président toujours à l'arrangement des fleurs dont elles les composent.

Lcroi,nomméToubou,etMM.Turner ci Cross, missionnaires qui résident dans cette Ile, vinrent à bord aussitôt que le navire, que montait M. fiennett, eut jeté l'ancre. Le [)ort et les maDières du roi étaient pleins de di-

gnité, et la bonté était empreinte sur son visage; il était ^ros, mais sa taille était proportionnée a son embonpoint.

Son costume consistait en une simple chemise blanche, et un petit jupon d'étoffb du pays attaché autour des reins. Toubou s'empressa de dire que le sloop de guerre le Satellite ^ capitaine Laws , avait visité son fie peu de temps auparavant, et il parut tm-satisfait des honneurs qu'il avait reçus de cet ofRcier ; car, à son arrivée, il l'avait salué de sept coups de canon , et avait fait ranger ses soldats sur le pont.

C'est le seul^ vaisseau de guerre, a)outa Toubou , qui ait relâché à Tonga-Tabou depuis la visite du capitaine Cook.

M. Bennett descendit à terre avec les missionnaires. En avançant dans le pavs , il remarqua que les maisons des habitants étaient disséminées; chaque case était garnie d'une haie qui entourait aussi le jardin , planté d arbres de toutes sortes, et surtout de cocotiers et de légumes exotiques. Le papayer {carica papaya) y est de la plus grande beauté; mais les naturels ne font nul cas de son fruit; il ne sert au'à la nourriture des cochpns. Les teuilles d'un grand nombre de cocotiers étaient dévorées par une espèce de moustiques de couleur verte, qui commettent de grands ravages , et sans doute les naturels n'éprouvèrent point de regrets en voyant ce voyageur serrer dans son

ÏiortefeuiJle (juel(]ues-uns de ces inseces. La végétation lui parut du reste extrêmement riche ; V hibiscus UHaceus, owfauy en pleine fleur, Vcdeurites tri^ loba, ou arore à chandelle (le toui-tatd des naturels), croissaient en abondance de tous côtés.

M. Bennelt accompagna les missionnaires à leur demeure; tout auprès est la petite chapelle de la mission. Les maisons de ces messieurs sont déchois, comme celles des naturels; elles ont plusieurs appartements , et des roseaux servent à former des cloisons; elles sont couvertes de feuilles depandanus ou de cocotier.

Ce voyageur visita, le 29, la mafanga, lieu d'un aspect très-pittoresque , et situé non loiQ de l'ancrage du

navire qui le portait. Laraafangaest le eiinetîèredes chefs. La plus grande tranquillité règne en ce lieu déisert , et des arbres de cttsuarina eyidsiUfoUay aux branches flexibles et inclinées vers la terre , en augmentent encore la triste solennité. M. Turner, l'un des missionnaires, lui dit qu'il avait assisté tout récemment à l'enterrement de la femme d'un chef qui était allié du roi. Le corps, enveloppé avec des nattes, fut placédans un tombeau. On couvrit le tombeau d'une pierre ; puis des naturels s'avancèrent portant aes corbeilles de fleurs qu'on répandit sur la tombe; d'autres portaient des corbeilles de sable qui recurent la même destination.

Alors quelques insulaires vinrent au bord de la tombe et se coupèrent les cheveux, en poussant des cris et des sanglots, et donnant des marques de la plus vive douleur. On a coutume d'élever sur cette sépulture des maisons de petite dimension. Les cimetières sont entourés d'une forte haie ou d'un mur de coraux ; ils sont soigneusement entretenus et présentent un aspect agréable.

Il remarqua ch^ presque tous les naturels de Tonga-Tabou une étrange mutilation au petit doigt de la mam gauche ; et, chez un grand nombre, cette mutilation existait aux deux mains. La plupart de ces insulaires avaient perdu la première phalange seulement , d'autres deux, et quelques-uns n'avaient même plus de trace du petit doigt, ni 9 la main droite ni à la main gauche. Il apprit que les naturels ont coutume dfi se couper ime phalange du petit doigt lors d'une maladie grave ou à la mort d'un parent chéri , ou d'un chef révéré, et de l'offrir en sacrifice à l'fis^it de ces eontrées. Cette coutume superstitieuse se retrouve, selon M. Bnreheli, chez la tribu des Bochmans, dans l'Afrique méridionale, oomme on en voit la preuve dans l'extrait suivant de son Voyage : « Une « vieilie femme de la tribu , sachant « que ie désirais avoir les informations « les plus amples possible sur les mœurs a des Bochmans, se présenta devant «moi, et, me présentant ses deux

« mains, me fit observer qn^elle af»t « perdu deux phalanges au petit doigt « de la main droite, et une plialan»

« à la gauche. Cette femme dit qu'elle ft s'était ainsi mutilée à trois rejnriis a différentes, en signe d'affliction etde « deuil, à la mort de ses trois filles.» En considérant ensuite avec plos d'attention les naturels, je vis gu^onnraod nombre de femmes , et mâme beaucoup d'hommes étaient mutilés de là même façon ; mais c'était toujours an petit doigt qu'avait lieu la mutilation, parce que l'absence de ce doigt ne cause sans doute aucune eéne.

On trouvedans l'îleTonga-TabouBue place de refuge, qu'on appelle l'Aoïf/a»ga. Un individu menacé de la peine capitale y trouve un asile inviolable; il est sacré dès qu'il amis le pied dans cesanctuaire. L'noufanga est une petite maison défendue par un mur d'enceinte ; tout alentour, le sol est couvert de gravier;, et des arbres cnga^ nissent les avenues.

M. Bennett , en sa qualité de d(M^ teur, visita ensuite, à la prière da missionnaires, plusieurs naturels, e( des enfants qui étaient atteints de maladies graves. Les affections viscérales lui parurent très-communes.

« Le magnifique j^tott ou hart^ tonia. dit M. Bennett, croissait en abondance près de notre mouillage. 1/ fruit de cette plante sert à la dest^l^ tion du poisson , ainsi qu'un autrefetit arbuste nommé kova-ho-ko. Um naturels emploient l'écorce quaïidUil)* cine du kava est rare ; ils la préparent de la même manière que le kava ; scsiement ils ont soin de n'en boire qu'une petite quantité, à cause du poison qu'elle contient.

a Les naturels donnent à leurs massues des formes élégantes. Les femmes font des peignes avec les tiges flexibles du cocotier. I^urs instruments de musique sont le fanghou-fanghou ou la Hâte nasale, le mimia, le na^a ou tambour, qui est un petit bloc de bois creusé.

Les reptiles qu'on rencontre à Tona- Tabou sont le serpent aux cent pieds, un très-beau lézard vert, plusieurs autres animaux de la même espèce ) e(

0CÉAMIE4

«M floqlMfie aquatique qui se tient iou¥fnit «ur les arbres, au bord de la ner : cette couleuvre est d'une belle eooleiir bleue • avec des bandes noires drcalaires autour du corps ; elle est ij^lée tahourari par les naturels.

K Notre vaisseau fut largement approvisionné de fruit à pain , d'ignames, etc., en échange ae haches, de coton t de drap , et de bouteilles pour rbaile qu'ils retirent de la noix de eooo. Le fruit à pain est très-bon, mais il est cependant bien inférieur à la pomme de terre.

• Le 30 juillet, je visitai l'observa* tûire de Cook; renrichis ma collection botanique de plantes rares, et je par- Tios a abattre quelques pigeons ; mais les oiseaux sont rares dans cette' tle.

Le 31 , j'accompaçnai le capitaine dans une visite <ni*il nt à un chef nommé Fatoo DU Pauou, résidant au district de Takama-Tonga, à quinze milles environ de notre ancrage. Fatou était absent; mais sa femme et sa fille nous firent unaoïueil très-poli. Celle-ci était uaetrès4ielie personne; elle s'appelait Toobooa-fiaA, et était lîancée au roi de Vavao ; sa chevelure , d'un très-beau noir, tombait sur ses épaules ; mais il n'est permis aux femmes de porter les Gheteia longs que jusqu'au jour du Jiiariage. Pendant qu'on préparait notre reiMasv nous fîmes une excursion dans I iatérieur de l'île, et nous visitimes le lieu sacré où Ton suppose me réside la divinité ; c'est une maison dechétive apparence, et entourée d'une forte haie. Aux jours de malheur et f afitiction , les naturels viennent déen cse lieu leurs offrandes et les fnuts de la saison.

«Les principaux personnages des riliiges que nous traversâmes vinrent aoQs présenter du kava, des ignames, etc. Chaque village a une maison desthiée à la réception des étrangers.

Itoos étions suivis d'une multitude de naturels qui portaient volontiers nos fusils et notre bagage, et jamais nous ne nous aperçûmes du moindre vol.

Toi^boua*Han , la fille de Palou, m'offrit ^irès dîner un fort joli bouquet ; elle — dit qu'il était composé d'hetala^

poa^ ietûfoj ohif langakaU* coy ocM^ chialéy nouni et pipi-howi, qui sont des fleurs indigènes. La nuit, on étendit par terre des nattes, sur lesquelles nous dormîmes assez bien; et, au point à^ jour, nous retournâmes k bord.

«Quand un inférieur se présent^ devant la femme ou la fille d'un chef , ou avant de commencer le repas ei^ leur présence, l'étiquette commande de les toucher légèrement au pied.

Cette coutume est aussi observée aux Iles Hapaî , Vavao et Samoa. Ce témoignage de respect est également donné par un inférieur, auand il parait devant un chef, et par les chefs euxmêmes, quand ils se trouvent en présence du touT ou roi , de ses frères ou de ses parents.. Le touî et les autres chefs doivent toucher aussi au pied le grand prêtre , qui est ordinairement un grand chef, et possède plus de puissance que le touî lui-même.

« Les naturels de Tonga-Tabou ont des canots doubles, unis par une espèce de plate -forme, sur laquelle ils construisent une petite maison.

Ces canots peuvent contenir environ de cent cinquante à deux cents hommes. J'en vis un qui pouvait avoir quatre-vingt-seize pieds anglais de longueur. On construit ordinairement ces canots aux îles Fidgi (Viti); car à Tonga-Tabou on ne trouve pas de bois propre à ces constructions. »

C'est à la visite de M. Bennett que finit pour nous l'histoire intéressante de l'archipel de Tonga.

GROUPE DB KERMàDBC.

Nous venons de quitter la Polynésie intertropicale , et avant de décrire les grandes terres de la IVouvelIe-Zeeland , nous passerons rapidement en revue les petites îles connues sous le nom de groupe de Kermadec (compagnon de d'Ëntrecasteaux.)

Ce groupe, situé au nord de la IVouvelle-Zeeland , se compose des îiey Raoul , Macauley, Curtis et Espérance, Sa position est du Sd*" 20' au 31° 2H' de latitude sud , et du 178» 4Z' au 179" 36' de longitude est. Curtis et Alacauley furent découvertes , en 1788 , par

Wats , capitaine du Penrhyn. Raoul et Espérance furent découvertes, en 1793, par d'Entrecasteaux. Les Anglais ont donné le nom de Sunday à l'île Raoul. Le capitaine d'Urville reconnut, en 1827, ces fies, ou plutôt ces rochers, qui sont plus ou moins couverts de bois et de broussailles, sauf nie Espérance, qui n'est qu'un rocher aride et élevé. Elles sont privées d'habitants; mais il est probable qu'elles ont servi de point de relâche aux pirogues qui , de .Tonga , ont dû amener une population polynésienne à la Nouvelle-Zeeland^

NOUVELLE-ZEELAND.

Transporté maintenant nar la pensée vers cette partie du globe qui nous est diamétralement op[)osée, nous décrirons cette terre, qui est l'antipode de quelques parties de la France ; cette terre qui jouit de l'été quand l'hiver attriste nos climats, que le soleil réjouit quand la nuit commence à s'étendre sur nos villes, où les plantes potagères sont en floraison quand chez nous elles ont cessé de produire. Ses peuples, livrés au cannibalisme, ne nous inspireront dIus longtemps l'horreur et l'effroi :

la sainte morale de l'Évangile y a déjà touché le cœur de quelques cnefs. La Nouvelle-Zeeland a eu un grand nombre de héros. Leurs sièges et leurs guerres sont pleins de faits glorieux.

Aucun peuple ne surpasse en force physique, en courage, en constance, en intelligence naturelle, ce peuple intrépide. Pourquoi donc ne jouit- il pas de la célébrité qu'il mérite? C'est que de beaux faits ne sufBsent pas à un peuple : il lui faut un historien qui en consacre le souvenir.

GÉOGRAPHIE

La Nouvelle-Zeeland est une grande terre composée de deux fies, et qui^ offre une bande de quatre cents lieues de longueur sur une largeur moyenne de vingt-cinq à trente lieues. Elle s'étend dans la direction du nord-est au 6ud-oucst, et est interrompue vers je

milieu par le canal de Gook, espèce d'entonnoir dont la bouche est tooroée vers la mer Occidentale, le goulot vers la mer Orientale, et dont la largeur varie de quatre à vingt-cinq lieues. La circonférence des deux fies réunies n'est guère inférieure à celle des fies britanniques.

L'île septentrionale se nomme Ikana-Maouï, et celle du sud Tavaî-Poonamou. M. d' Ur ville nous apprend que le premier nom signiGe poisson de MojonAy fondateur de ce peuple, et ({ue le second indique le lac où se recueille le pounamou ou jade vert.

L'tle du sud n'a iamais été explorée avec soin, à cause de sa conformation montueuse, et du peu de sûreté qu'un petit nombre de ports offrent aux navigateurs.

L'île septentrionale , au contraire, est pourvue par la nature de ports niagninques et de havres habités.

Les ports fréquentés sont la baie Chalky, la baie Dusky, labaieîasman, la baie de T Amirauté , le canal de la Reine-Oiarlotte , la baie Cloudy, le port Otage et |e havre Molyneux sur l'île Tavaî- Pounamou; la baie Mounou-Kao, le havre Kaï-Para, labaie Tara-Naké, la rivière Chouki-Anga, la baie Nanga-Ourou , la baie Oudoadou, la baie Wangaroa, les baies Taoue-Roa, Hawke et des Iles, le golfe Gbouraki et ses havres nombreux.

Parmi les îles qui sont des dépendances géographiques de la Nou^e^^ Zeeland, on remarque l'île Stewart, où Ton trouve le port Marion, le port Facile et le port Pégase , deux fies du nom de Résolution, l'île d'Urville, les îles Pain de Sucre {Sugar-Loof), Tou houa , Tea-Houra , Pouhia-i-Wakadi , Otea , Choutourou , les îles Mercure, les fies de la baie Chouraki, les îles Manaoua-Touî ou les Trois-Rois, les Iles Motou-Koaou, et enfin les îles Taouiti-Rahi.

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