‹ L'Univers; histoire et description de tous les peuplesChapitre 18 sur 122 · ANSE DE L'ASTROLABE · texte numérisé non relu

ANSE DE L'ASTROLABE

Volet comment l'anse curieuse découverte par dlJrviUc (*), et qui porte le nomdeV jéstrolabe, est décrite dans son Voyage :

« Dans l'anse de l'Astrolabe, vers midi , un canot de pêche s'étant dirigé sur une grande plage de sable située au sud de notre mouillage , j'en profH tai pour me faire débarquer de nouveau. Une lisière d'un tc-rrain uni et couvert de quelques herbes occupe le bord de la grève; puis , au delà , règne une forêt majestueuse, d'un abord facile. Au milieu coule un large torrent à travers de gros blocs de granit, et ces blocs forment parfois, sur la pente du sol, des cascades diarmantes, surmontées par des voûtes d'une vexdore

(*) Nos compositeurs ont oublié une note k la page loS , a« colonne de ce m* volume , dans laquelle nous avertissions nos lecteurs que le texte, depuis cette colonne josu'à la page 1 16, est emprunté au narrais u Voyage pittoresque de M. d'UnriUe.

OCÉAIVIE.

tst

admînble. Sous mb ombrages s'étattaieot une fbale d^oîseauz, dont le chant animait cette scène, aussi virante, aussi gaie que celle de la veille t*était montree triste et morne. A quelque trente ou quarante toises plus , haut, ma chasse tut abondante; car ! aucune de ces esfjèoes emplumées n'a- Tait eyioore appris à craindre le fusil du chasMur; parmi ces oiseaux, je remarquai plus particulièrement une colombe à reflets métalliques , le glauoope cendré , et un étoumeau , tous les deux revêtus de caroncules rougeâtres, le gros perroquet nestor au plumage soimnre , le phelédon avec sa jolie crarate de phimes blanches recoquillées ; autour du cou , de petites perruches i îertes presque semblables à celles de I Fiustralie, des tourterdles, des fauvettes , des mésanges , etc. Il faut citer encore un grimpereau d'une couleur brune, si familier qu'il vient se poser tout près dés passants. L'un d'eux eut Faudace de venir se camper sur le bout même du canon de mon fusil , d'où il me regardait avec on air de curiosité oomrausante.

« Revenu sur le rivage, j'y tuai encore quelques huttriers et chevaliers , Si sont un gibier excellent; puis isistai à la fevée des filets , oui revenaient poar la troisième fois cnargés de superbes poissons appartenant surtout aux genres scombre , serran et labre. Ce rat là notre adieu à cette baie.»

CAHALISATIOH.

Le baron de Thierry a conçu un irojet de canalisation de l'isthme de hâamàj destiné à raccourcir laoominnmcation avec l'océan Pacifique ^ et fo*il rattache à un projet de canalisation de la Nouvelle-Zedand. Il en est* question dans un Journal de la Jama!-

I que, dont nous atons le passage sui-

I vaut :

«La Noovelle-Zeeland a jusqu'à entent été gouvernée par ses cbefii

I udigèoes (appelés arikis ou rois), et

I ^cst de ces che& quei le baron do îlnerry a acheté, il y a quinze ans enidnm, planeurs d^Kaineries^ en yertu

desguelles II a été reconnu par eux cher souverain des possessions qu'il a acquises.

« La vive amitié qui s*est établie entre lui et les puissants chefs de la Nouvelle-Zeeland qui ont visité l'Angleterre, a engagé M. deThierry à céder aux pressantes sollicitations qui lui ont été faites de gouverner ce pays avec le titre de chef des chefs j et de lui procurer les bienfaits de la civilisation et de la prospérité sociale. »

POPDLÀTIOir.

Nous ayons trouvé, dit M. d'Urville, deux cent mille âmes pour Ikana-Maouî, et cinquante mille pour Tavaî-Pounamou. Mais il est bon d'observer que les guerres d'extermination occasionnées par l'introduction des armes à feu doivent réduire ce diififre de jour en jour; et, siouelqoe circonstance heureuse et imprévue ne vient brusquement couper court à ce funeste fléau, il eSt probable que cette population décroîtra de plus en plus, jusqu'à ce qu'elle arrive à une extinction complète.

Quant à nous, nous aimons à croire que l'extinction de tant de guerres , la destruction successive de la féodalité et de l'anthropophagie , et un plus grand soin des enfants nouveau-nés, augmenteront cette population qui, si nous ne nous trompons, acquerra on nom distingué dans l'histoire des hommes.

Deux races existent dans laNouvelle- Zeeland. Les individus de la première sont d'une taille qui dépasse cinq pieds

guatre pouces; leur teint est sônblale à celui d'un habitant des Algarves ou de Malte, et leurs dieveux sont plats, lisses, noirs ou châtains. Ceux de la deuxième sont plus petits, trapus, vélots, couleur de mulâtres, et' aux cheveux crépus. Les che6 appartiennent à la première race, les nommes du peuple à la seconde ; mais tous les Zeelandais (*} sont robustes et ont.

(*) Nous propotost d'appeler Iêê Nonveaux -Zedandaïf Mfaome/u, dn non da /JU-iM-MAOïn qui cet Tlle pincipale.

tu

LTNÏVERS.

Ijpsmasdçs fermes et souples. Sans être pourvus d'embonpoint , ils portent la ^^ haute ,ies épaules effacées, et leur port ne manquerait pas d'une certaine nerté, sans lliabitude de vivre accroupis dans leurs cabanes. Cette posture accoutume leurs jarrets h une flexion qui détruit la grâce de la démarche.

Ces hommes sont fiers et braves. Leurs traits , fortement prononcés , offrent beaucoup de rapports avec la belle race juive, dont on voit de si beaux types à Constqntinople , à Damas et à tiagdçid , saqf le tatouage ou rooko en usage parmi les diefe. « La plupart de ceux que nous vîmes , dît M. Laplace , avaient la face presque entièrement couverte d^un tatouage symétrique, gravé aveo un §[oût et une'finesse ad* roirables. Ces stigmates, dont ils sont ^orieux, sont un brevet de valeur guerrière ; aussi remarquâmes-nous que les hommes d^un âge mûr étaient seuls décorés du tatouage complet, tandis que les jeunes gens n'avaient encore que quelques dessins légers sur les ailes du nez ou vers le menton. Les guerriers portent là chevelure relevée et nouée sur le sommet de la tête.

Cette ooifftire, d*un beau earaetère, est souvent ornée de quelques plumes d^oiseaux marins. Ils aiment à se parer de pendants d'oreilles ou de colliers composés communément de petits os humains ou de quelques dents , tro^ phées d*une sanalante victoire. La peau de ces insulaires est brune, et l'ocre dont ils se frottent souvent, leur imprime une teinte rougeâtre qui n'est point désagréable. Les nattes dont ils sont revêtus contractent par le frottement une couleur semblable. Ces vêtements, tissus du lin soyeux que le sol de oes contrées produit en abondanoe, sont de véritables ohcfs-d'œu* vre d*art et de patience , si l'on songe à la simplicité des moyens que les na* twels employent pour leur Aibricatlons. B £q général, ces Ht

ftvt longtemps.

tissus durent

nous PftOFftBS.

Lee Bems propres des Nouveaux*

Zeelandafs, eomme ceux des aaeleM Grecs , sont presque tous sipificatift, et expriment tantôt un animal, une plante, un poisson, tantôt quelque qualité du corps et de Tâme; Quelquefois enQn ils rappellent un exploit, une circonstance remarjjuaWe pour Tindividu qui le porte. Voici de nombre»

exemples de oes diverses aortes de désignations :

TtiîVa, espèce d'arbre; Kouâi, autre espèce d'arbre; Ngararay reptile; Kiwij espèce de casoar ; Kantm^ pou; Tara, oiseau de mer; /*a, poiason; ManoUf oiseau; H^e, chenille; etc.

Kara-Tété, irascible; CAoiirfl*i,qui marche vite ; DoudoUy caché; iMy en colère; /^tdï, qui tremble de fureur; Tourna^ oui regarde d'un air menaçant ; Kahi^ qui foule aux pieds; Ah^ /bu, cri d'un certain oiseau, etc.

mpirOf nom d'une certaine plage; PakH-Koura^ arraché d'une terre rouge (le père de cet individu avait été tué au moment où il arrachait delà racine de fougère sur une terre rouge); Tau- Tatdy néla première année du mariage ; TauNga OudoUj né la deuxième année du mariage; rani», borgne; HM, rayons du soleil ; Kal Aoionmi, qui mange les membres de son ennemi; Dotta Tara, tombe fréquentée wrto oiseaux de mer ; TepaM, le vaiMean; f^are OumoUy maison pour «lire te« vivres; Moudi f^aî^eau situéeàl'cïtrémité; Patou Onéy combat sur la plage; etc.

C'est comnaettre la phis grave insulte envers une personne, que d'appliquer son nom à quelque olyet qoe ce soit. Quand cela arrive, et que »

personne offensée en- a le pouvoir, elle ne manque jamais de s'en venger «a détruisant ou en pillant les objets qui ont reçu le nom ainsi profané, Chos-

§ui détruisit un jour tous les cochoji e Wangaroa , parce quhin nalurd, dans sa colère , avait donné le non de Cbongui à un de ces animaux.

M. Clarhe , se rendante la Nouvel»* Zeeland sur la corvette française n CoqfdUe, en 1824, avait eu ta h^ taisie de donner à un beau ebîen qe » avait, le nom de JNmare; mais 1»*

Wanga le prévint que les amis de Pomare ne manqueraient pas de tuer son chien, dès qu'ils auraient connaissance de cette profanation. Alors M. Clarke donna à cet animal le nom de Pabi , l'esclave attaché à Taî-Wan^a. Tout odave qu'était Pahî , il était fadJe de voir que cela ne lui plaisait nullement, et gu'il ne voyait pas d'un boa (gil ranimai qui portait son nom.

Un esclave ayant donné le nom de Tapa-Tapa , femme du chef Tekoké , aox patates de Rawa-Kawa. les habitants de cet endroit tremblèrent dans la brainte que leurs voisins ne vinssent leur enlever leurs patates.

Ce dernier exemple donnerait lieu de penser que, dans un pareil cas, Doo-seulement la personne injuriée, mais encore tous les étrangers ont te droit de punir un semblable délit. Sans doute ils sont persuadés qu'une telle

Profanation est un crime grave envers atoua , et qu'on ne saurait trop en prévenir les conséquences (*}.

coKsrinrnoN politique.

Rifo ne rappelle mieux les anciens dans d'Ecosse ou les sêptes de Tirlande que les peuples de la Nouvelle- Zceiand (^*). Chaque tribu n'est, en quelque sorte, qu'une grande famille, qui reconnaît un chef f***) auquel tous les autres membres prêtent plutôt déférence et respect qu'une véritable obéissance. Les rangatirns ou cliefs sont très* fiers de leurs prérogatives; ils ne manquent jamais d'instruire les Européens de leur propre dignité en les abordant C^***), et demamient ensuite aux étrangers quel est leur ran^. I] était curieux de voir, dit M. d Ur- TÎIle, avec quelle promptitude, avec quel discernement ils savaient établir, parmi les personnes de notre équi-

(*)Kendall, Williams «t d'Uniltc.qui ft «xtzaii cet article et autres qui suivent des écrits de divers voyageurs.

!•*) Savage, pag. a6.

•*•) Cook , a* voyage, t, ITI , p. 37r. (— •) Nicholas, t H, p. t>i6; d'UrviUe, Tojage de VJstrotâbe, t. m , p. 68i.

page, des assimilations aux dirers ordres de la société chez eux. Le capitaine était le HangaHra-rahi; le second , le Rangatira-para-parao ; les divers officiers, Hangatira.Lts autres personnes de l'état -major sans autorité , les élèves et les maîtres , Rango' HroriUy et les autres hommes de l'équipage, Tangata, Tangata-iH, rangato-U'art^etiTott^/, suivant qu'ils étaient officiers, mariniers, matelots , ou domestiques. Ils s'efforçaient d'a« bord de conserver leur rang , en affectant une supériorité grotesque à l'égard des Européens des dernières classes ; mais comme ces Européens, tout inférieurs qu'ils étaient aux yeux des cliefs pour le rang, leur montraient bientôt des objets qui étalent pour eux de véritables trésors, ces orgueilleux rangatiras ne tardaient pas à dépouiller leur fierté, et à déroger en se familiarisant avec les simples matelots. Toutefois, dès qu'ils se retrouvaient à terre, et parmi leurs sujets, ils reprenaient toute leur importance, et, dans ce cas, il était rare qu'ils eussent voulu comi promettre leur dignité avec des Européens trop au-dessous d'eux.

Les chefs de la Nouvelle-Zeeland sont si chatouilleux sur l'article de la pré^ séance et du rang (*) , qu'ils vivent (fana une rivalité continuelle, dans un état de jalousie poussée h Vexcbs les uns à l'égard des autres. I^ médisance , la calonmie, les mensonges les plus grossiers ne leur coiUent pas à Végard de leurs rivaux, et ils excitent sans cesse le courroux des Européens contre eux.

C'est un fait qui a été observé par une foule de voyageurs (**).

Ce fut cet odieux sentiment qui porta Tara et Toupe à accuser, près des Anglais, leur rival Tepahi d'avoir d>rigé l^ttentat commis sur le Boj/dy accusationqui lui devint si funeste, amsi qu'àson peuple(***). Les chefs de Houa- Houa i et Cnakl à leur tête, employé-

(*) NicUolas; d'Urxille, t. III, p. 6oa et

(♦•) Cçok , 3* voyage, 1. 1 , p. 159; Wî. cholas , t. I , p. 296.

(**•) Nicholas, tll, p. 76.

tu

LnffNIVERS-

renttoate sorte de moyens poar porter M. d*Urville à massacrer des chefs étrangers qui étaient venus lui rendre visite (*). Scrupuleux observateurs du cérémonial , ces naturels n'abordent jamais un chef qu'en le traitant de ran- §atira ; mais ils apostrophent un homme u commun par fépithète de tangata^ homme, et plus souvent horOy jeune sar^on. Il était plaisant de voir à bord les jeunes filles esclaves courir après les personnes avec lesquelles elles s'étaient familiarisées, en répétant à chaque instant : E horo (£ est le signe de rappellatif).

Lia guerre est aux yeux des Nouveaux - Zeelandais l'état le plus ho* norable pour l'homme ; et leurs pensées sont presaue toutes dirigées vers les moyens ae la faire avec succès ( ** ). Le motif ordinaire , ou du moins le prétexte apparent de toutes leurs guerres, est toujours de réclamer de leur ennemi une satisfaction , outoUf pour une offense réelle ou supposée de la part de cet ennemi (***).

S'iLconsent à donner cette satisfaction , l'agresseur se retire (****) ; sinon les fureurs de la guerre continuent jusqu'au moment où l'un des partis est complètement défait et exterminé.

Quand les deux partis viennent à faire la paix , il est bien rare que l'un des deux n'offre pas un dédommagement à l'autre en guise de satisfaction , et ce gage ou oiUou parait seul susceptible de consolider la paix d'une manière stable. Après la guerre que Chongui et Semarangai eurent ensemble en 1820 , et où le premier perdit vingt pirogues, son ennemi» en faisant Ta paix , lui offrit une pirogue de guerre en guise d'outauj pour sceller leur réconciliation (*****).Dans leurs disputes avec les Européens, et mftne après

(*) DlTrvîIle, t II, p. xoo et siûv.

(••) Cruiie;d'Urville, p. 640.

(•••) D»Urvillc, t. m, pag. aSS/agS, 3i6, 414.

(•*••) Manden; d*Urville, t HI, p. 336; J. King; d*tJrville, t. III, p. 393 ; madame WiUiams ; d'Urville, t. IH, p. 493.

(•••••) Cruiie , p. 58.

qu'elles sont terminées, on les voit prêtque toujours réclamer l'ovtou comme une chose qui leur est due.

Les Zeelandais poursuivent avec une constance .opiniâtre leurs projets de vengeance : un fils ne pardoime jamais 1 iniure faite à son père; la nécessité seule pourra le forcer à la laisser impunie pendant un temps; mais il en tirera satisfaction dès qu'il le pourra (*). Avec de pareilles'dispoMtions ces peuples ne peuvent jamaii vivre dans un état paisible (**}; aussi sont-ils continuellement sur leurs ga^ des (***) , et Ton trouvebien rarement < un guerrier zeelandais qui ne soit arme de toutes pièces.

Ces gens ne peuvent concevoir qoe les Européens n'aient pas les mêmes opinions (****) ; et Taara se refusait à croire que les Anglais eussent re* nonce à toute idée de vengeance oon* tre lui en punition de l'attentat qu'il avait commis sur le navire anglais le Boyd (****•).

Les fréquentes guerres où ces peu* pies sont engagés, et la faiblesse des tribus sont cause qu'elles se réunissent d'ordinaire plusieurs ensemble pour former d^s ligues offensives contre leurs ennemis (****»♦). Jadis les tribos de la baie des Iles et celle de Cbooki- Anga s'unissaient habituellement avee celles du Chouraki pour aller ravager les peuplades de lai>aie d'Abondance et du cap Est. Dans les dernières années , les deux premiers peuples aliafent combattre chaque année contre «ox du Chouraki et du Waî-Kato ligués ensemble (*******). Dernièrement les guerriersdelabaiedeslles en sont venus aux mains avec ceux du dx)uki-Anga.

Enfin on a vu des tribus combattit isolément l'une contre l'autre, comitt quand Chongui alla attaquer les babi-

(*) Manden ; d'Urville , t. m , p. 4?^ * O Miisionoary regixter; d'Urtilk, i. m» p. 5^9.

(••*) Cook, 3' voyage, 1 1, p. i74.i75'

(*•••) W. WiUiama ; dUiville, L ffl, p. 547.

(•**••) Mandeo; d'UrTilkï,tni,p.4«5.

^•••••) Quoy; d'Umlle, L H, p. «B4.

►♦^•♦•j D'arviUe, t H, p. i65.

OCÉANIE

taots de Wangaroa, quand Temaranni entra sur les terres de Kidi- Xidi (*), quand Moudî-Waî etMatangui eurent querelle ensemble (**)•

Dans les guerres importantes, où il s'agit du sort de plusieurs tribus réunies, avant d^entrer en campagne, I tous les chefs d*un certain rang se réunissent en an conseil solennel , et délibèrent gravement sur les avantagés et les inconvénients de la guerre {***), Ils parlent Tun après Tautre avec noblesse et dignité , debout et en marchant, et leurs discours sont toujours écoutés dans le plus profond silence (*'**). Ces conseils durent queluueù)is des journées entières ; ils ont lieu en plein air : les chefs sont accroupis sur leurs genoux en formant le cercle, et se tiennent dans un grand recueillement (*****). Les prêtres y sont apeés , et y exercent souvent une grande luence.

On a reproché à ces insulaires leur perfidie ^ leurs ruses pour tâcher de surprendre leurs ennemis. Il est cependant certain qu'un dief se met rarement en campagne sans avoir envoyé à ses ennemis des messagers pour lein* signifier ses intentions, pour leur exposer les motifs qui lui -ont fait prendre les armes, et leur demander s'ils sont disposés à lui donner satishdkm de l'injure ou du grief oui leur est imputé, ou bien s'ils veulent en venir à un appel aux armes {******). De la réponse faite aux envoyés dépend ordinairenaent le parti que prendra fassaillant.

Quand la guerre a été déclarée suivant U» formes requises, et que l'ennemi s'est refusé aux réclamations qui loi ont été adressées, les assaillants se dirigent, par mer ou par terre, vers les contrées qu'ils veulent attaquer.

Pjr. Butlcn dlJrTille, t ni, p. 394.

) Biarden; dUnriUe, t. Œ, p. 33i et

On a VU, dans les dernières années, les peuples du nord dlka-na-Maoui lever des armées de deux ou trois mille combattants , Quantité prodigieuse eu égard à la faible population de diaque tribu, aux distances à parcourir, et au peu de ressources dont les troupes pouvaient disposer dans le chemin (*}.

Lorsque ces troupes sont en marche , elles campent sous des huttes en branchages et en fougères , que diaque tribu construit pour son usage; ou bien les guerriers se couchent sur la terre , et en plein air quand ils sont favorisés par le beau temps {**). Le poisson sec .et la racine de fougère sont à peu près les seules provisions dont ils font usage en ces circonstances , comme les plus faciles à se procurer et à transporter. Quand ils sont vainqueurs , ils se dédommagent aux dépens des vaincus de la diète forcée à laquelle ils ont été assujettis.

Quelquefois des bandes nombreuses d'esclaves sont employées à porter à de grandes distances les provisions nécessaires C**) ; puis on les renvoie dans la tribu qweina on n'a plus besoin d'eux.

LB NAPOLÉON OB LA. NOTrVBLU-ZBBI.ANn.

Les indigènes de la Nouvelle-Zeeland ont upe si haute idée de la valeur ^errière, qu'ils considéraient Napoléon ^comme le premier homme du monde. Ainsi la mémoire du premier capitaine des temps modernes étaitelle populaire parmi des sauvases I)lacés presque à nos antipodes. Hini, e plus célèbre guerrier des troupes de Chongui , reçut le surnom de Na-

S>ulon et de Ponapati ( r^apoléon et onaparte). Ce Napoléon de la Nouvelle-Zeeland avait été ainsi nommé par Touai , chef zeelandais, qui avait eu l'honneur de voir l'empereur des

C**) Savage, p. aS.

(«*^ Marsden; d'UrviUe, t. IH , p. 3aa ; ^nUiaou , dUrrUle, t m, p. 559.

(•••••) Mandeo-.d'Urville, LHI, p. 409.

(••••^) Manden; d'Urville, t in,p. 3o8.

679; Rutherford} dlJrviUe, t. m, p. 754.

rUNIVERS.

Français à Sainte-Hélène, et qui considérait ce jour comme le plus élorieux de sa vie. Le brave et sage H mi s* est noyé il y a peu d'années dans les eaux du Waï-Tamata, pendant qu'il combattait comme un lion contre les habitants de Chouruki.

JUGEMENT SUR LES CHEFS ZBELAIfDAIS.

Un capitaine de navire, dît M. Laplace (*), est à chaque instant obsédé pai'' une foule de prétendus grands personnagesqui, pourappuver leurs droits à ses libéralités, se parent de titres et de noms plus baroques les uns que les autres.

Ils affluent à bord , avec leurs femmes, de tous les cantons d'alentour , s'installent sans façon sur le gaillard d'arrière, et y dwneurent jusqu'à ce qu'ils aient obtenu , par leur importunite , de la poudre , des balles ou quelques galettes de biscuit ; puis ils s'en vont , après avoir toutefois prévenu officiellement les officiers de leur prochain retour. Il est difficile de reconnaître dans ces mendiants suspects , couverts de haillons et remplis de vermine, ces princes, ces nobles guerriers, ou ran^ gatiras , dont les voyageurs nous racontent les visites avec tant de complaisance. Cependant la plupart des rois ou des héros qui figurent si brillamment dans l'es plus récentes relations , se trouvaient à Karera - Keka pendant le séjour de M. le capitaine Laplace. Les uns avaient pris une part très-actîve aux massacres épouvantables commis pendant les dernières guerres ; les autres , plus jeunes , mais non moins féroces, se disposaient à venger leurs pères ou leurs oncles rôtis ou mangés par Tennemi. Tous , vétérans ou conscrits, donnaient une bien triste idée de ceux qui n'existaient

Ï)lus. Il reçut, à son grand chagrin, a visite de Bomaré, neveu d'un fameux chef, que les habitants de la Rivière- Tamise, canton naguère très-florissant, et situé au sud de la baie des Iles, avaient dévoré avec ses deux fils Tan-

(*) Ce chapitre est extrait du Voyage de la Favorite autour du monde.

née précédente. Ce sauvage, déjà Wt doute par son courage et s« inclinations sanguinaires, poufait être considéré comme le véritable type da rangatira. En effet, sa taille élevée, sa large poitrine, ses membres pleitw, musculeux, et terminés par de larges pieds et de grosses mains, dénotaient une vigueur peu commune ; un front haut et découvert, des yeux jaunâtres, enfoncés, à demi ouverts, et qui lançaient des regards Inquiets et sinistres; un nez a<juilin, dont les ailes 8C^ valent, pour ainsi dire, de point d'appui à deux spirales tatouées en noir, qui, après avoir fait le tour des joues et des yeux , se réunissaient au milieu de son front, tandis qu'un ornement semblable, entourant la bouclie en guise de moustaches, et cachant le menton ainsi qu'une partie du cou, faisait ressortir un dentier d'une blancheur éclatante ; enfin une chevelure longue et malpropre , et quelque chose de mobile et de traître dans rensemblc des traits achevait de rendre effrayante la physionomie de ce Bomaré. Sonfeabillement, de même que celui de ses compatriotes, se composait de deux grossiers paçnes de formîum dont la couleur, jadis blanchâtre, avait dis-

{)aru sous la saleté. L'un de ces pagnes, ixé par une ceinture au milieu du corps, ne dépassait pas lesg«'noux; l'autre, plus épais et bariolé de couleurs rouge et noire , symétriqnenipnt disposées, était attnch^ autoiirdurou, et pendait par derrière jusqu'aux U- Ions. Si à ce magnifique habillement on ajoute des pendants d'oreilles etim collier de dents d'animaux, une petite figure plate de jade vert, suspendue sur la poitrine au moyen d'un cordon et presque aussi bien modelée que le bon homme de pain d'épicedont chez nous se régalent les enfants, plusnn casse-téte de pierre très -dure, couleur émeraude , espèce de hachoir long de dix -huit pouces et tranchant des deax côtés , on aura une idée de la mine.

de la tournure et du costume d'un grand seigneur nouveau-zeelandais.

La détestable réputation de celuif parmi les Européens et que son air

OCÉANIE

ISQ

! ne justifiait que trOD, m^engagea, dès te premier abord , a le traiter, ainsi que son Pilade Rewi-Rewi , vieux chef aussi méchant et plus rusé que lui, avec une déûance qui , au grand désappointement des deux princes et de leurs adhérents , restreignit beaucoup i ma générosité à leur égard.

Leurs membres , leurs traits semblaient agitée d*un mouvement con- Tulstf , leurs yeux brillaient d'une ardeur féroce , leur main droite saisissait le redoutable casse-téte. Je pouvais alors comprendre ce que sont de pareil hommes, lorsaue, entièrement oas, barbouillés delà tête aux pieds ' d*hui]e et d^ocre rouge, la figure renversés par les plus horribles contorsions , ivres de race et hurlant leurs diansons guerrières , ils se précipitent sur Tennemi. Nos batailles ne ressemblent nullement à ces furieuses mêlées.

lii lame garnie d'arêtes de poissons , le javelot plus court, mais non moins meurtrier, la terrible hache d'armes dont le large tranchant et le Ions; manche sont laits de la même pièce de bois, jonchent bientôt le champ de Intailie de morts et de blessés, que les femmes des vainqueurs achèvent à coups de poignard, traînent ensuite dans un lieu &arté et préparent pour rhorrible festin qui suivra le combat.

Mais comment se représenter sans frémir l'épouvantable spectacle que doit offrir pendant la nuit, la réunion de ces cannibales groupés autour d'immenses brasiers où cuisent les cadavres des vaincus tués durant l'action , et ceux des captives choisies pour augmentoi la pâture de ces abominables monstres? Le reste de ces infortunées créatures, aussi bien que les enfants destinés comme elles à un esclavage éternd « ou bien à satisfaire plus tard l'appétit de leurs nouveaux maîtres, sont entassés pêle-mêle à peu de distancé, et entenoent avec eftroi les chants de tncmphe de leurs bourreaux.

Que nos misanthropes parcourent les arâiipels de la mer du Sud, qu'ils viennent à la Nouvelle-Zeeland , et ils verront si les natifs y avaient attendu

l'exemple des Européens pour se livrer à la superstition et à tous les genres d'iniquités! Ils trouveront les plus exécrables usages établis parmi eux de temps immémorial. Une multitude de malheureux sacrifiés^u génie du mal, puis dévorés en cérémonie; les mères obligées souvent de détruire ellesmêmes leurs filles nouveau-nées ou leurs fils contrefaits, comme des êtres également à charge à la famille ; le meurtre presque toujours impuni ; le droit du plus rort tout à fait consacré ; enfin les indigènes partagés en deux' classes bien distinctes, dont Tune , exclusivement adonnée à la guerre et au {>iliage, maîtresse du sol et des priviéges, tient l'autre dans une dure servitude, lui fait cultiver les terres, l'assujettit aux plus pénibles travaux, et la traite, en un mot, comme dans l'Europe du moyen âge les barbares traitaient les vaiiîcus.

Quelle ressemblance y a-t-il entre le pana et le brame? ou, pour établir un rapprochement plus analogue aux mœurs et aux habitudes des Nouveaux-* Zeelandais, quelle similitude existait-il, chez nos ancêtres les Gaulois , entre les fiers leudes exercés dès Tenfance au métier des armes , et le misérable reste de la population ?

Cependant, il faut l'avouer, l'air humble du wari , ses membres grêles, ainsi que sa laide figure, privés de Thonneur du tatouage, et noircis par le soleil, ses inclinations basses et abjectes, tout, jusqu'à son habillement, composé de deux paillassons, dont l'un couvre ses épaules, tandis que l'autre cache à peine le reste de son corps, dénote qu'il est d'une autre race que le rangatira. Celui - ci en effet paraît né pour lui commander. Son attitude martiale, les dessins bizarres, mais élégants , oui décorent sa figure et sa poitrine , aes traits prononcés , «n re*

Îiard assuré et une haute opinion de ui-même, annoncent l'homme libre 3ui ne connaît d'autre joug que celui e la nécessité: aussi est-il orgueilleux, violent, susceptible, inconstant, jaloux de toute espèce de supériorité, et capable de se porter, par ven^

séance, aux atrocités les plus révol- Uintes.

Quelques v<^ageurs, entraînés par leur imagination , ou désireux de faire valoir leurs amis de la Nouvelle- Zeeland, prétendant que les raugatiras rachètent ces défauts, conséquences naturelles, disent-ils, de l'état sauvage, par du désintéressement, de la loyauté, de la délicatesse, et cent autres belles qualités que les marins qui les fréquentent ne leur accordent certainement pas. Quant à moi , je demanderai si c*est par désintéressement que ces insulaires, non contents de dérober tout ce qui leur tombe sous la main à bord des navires où ils sont bien accueillis, en égorgent et dévorent les équipages quand ils le peuvent, puis s*emparent de la careaison ? si c'est par loyauté qu'ils calomnient lâchement lêursrivaux auprès des capitaines des bâtiments armés, aûn de satisfaire leur animosité sans aucun risque ? enfin , si c'est par délicatesse que la plupart d'entre eux vendent sans hésiter, aux Européens , les faveurs de leurs filles pour de la poudre et des fusils ? Ne pouvant disconvenir de ces faits, les prôneurs deà Nouveaux-Zeelandaîs cherchent à nous persuader que, chez eux, du moins, les femmes mariées sont d'une fidélité à toute épreuvie, et nese livrent jamais aux étrangers; sur ce point encore , je ne suis point encore de leur avis, et je crois (]ue la fidélité des Nouvelles-Zeelandaises provient non d'un excès de retenue , mais tout bonnement de la difficulté de trouver des chalands. Tout observateur impartial , qui verrait ces prétendus dragons de vertu avec leurs figures tatouées, leur énorme bouche ornée d'une pipe , et leurs regards sans expression , qui examinerait de près leur gorge flétrie,

I)endante et sillonnée , de même que es autres parties du corps, de profondes cicatrices, et qui, de plus, sentirait l'odeur insupportable d'huile de poisson qu'exhalent leurs pagnes, cet observateur, dis-|e , conviendrait sans peine de ce que j'avance ; et l'aristocratie femelle de la baie des Iles lui piurattrait; Gomoie elle a paru à mes

plus intrépides jeunes gens , tout à tait a l'abri de la séduction.

Ces vilaines créatures, cependant, pouvaient passer, dans leur jeunesse , pour d'assez jolies filles ; leur taille, il est vrai, était courte et ramassée, mais elle n^était pas sans grâce ; elle avait même un air de volupté, que rendaient plus attrayant encore des seins bien placés et moelleusement arrondis, ainsi que de petites mains et des pieds bien tournés ; leurs traits réguliers, leurs yeux doux et caressants, une bouche bien meublée, leur donnaient une pbvsionomie fort avenante : alors elles étaient sûres de plaire, surtout lorsqu'au temps des chaleurs les bains avaient restitué à leur peau sa fraîcheur et son velouté , et que , nouvelles sirènes, débarrassées de tout vêtement superflu , elles allaient pr troupes, à la na^e , visiter les navires depuis le soir jusqu'au matin.

Mais comment ces charmes auraientils résisté , je ne dirai pas aux travaui pénibles , partage du sexe le plus faible chez les peuples barbares, mais seulement aux cruelles privations qui , d'a- Srès les coutumes des Nou veaux-Zedanais, précèdent et suivent l'enfantement ? Reléguée , durant sa grossesse, loin de ses amies et de ses parents , sous une hutte temporaire , que le vent et a pluie percent de toutes parts , la pauvre femme attend ainsi plusieurs semaines le moment de sa délivrance , et ne r^ couvre la liberté oue lorsque son nouveau-né, réchauffé sur son sein, a bravé, pendant quelques jours, les intempéries de la saison. Que d'enfants doivent succomber à ces privations!

Quelles souffrances , quels tourioents pour celles qui leur donnent le jour!

et doit -on s'étonner que plusieurs d'entre elles renoncent au bonheur d'être mères , et se dérobent, nar des moyens violents, aux suites de leur f^ condité !

nANÇAILLBS.

Quant à la cérémonie du mariap en elle-même , les opinions sont divisées sur ce chapitre. La plupart des voyageurs ont assuré qpie rnofflmepeQt

MÊLANÉaiK.

OCÉANIE

choisir parmi toutes les jeunes filles qaà sont libres ; et le consentement des j^us proches parents de celle-ci lui suffit, quelles que soient d'ailleurs les dispositions de la future (*). Le jeune homme en est quitte pour faire les cadeaux d'usage aux parents; puis il emmène chez lui celle qui a fixé son choix.

Cette manière de choisir et d'emmener sa future est un peu cayalière , et ne ressemble guère à ceque M. d'Urville apprit de M. Kendall , touchant la cérémonie. Souvent , disait ce missionnaire , le jeune homme choisit sa future tandis qu elle est encore fort jeune, et va la demander à ses parents. Si ceux-ci consentent à Tunion, il applique la main sur l'épaule de sa future, en signe d'engagement ; ce qui correspond parfaitement à ce que nous nommions jadis fiançailles. Lorsque la jeune fille est nubile , l'époux, accompagné de ses amis , Ta la chercher au logis de ses parents, et l'emmène chez lui. Deux ou tro^ parentes de la future sont désignées pour l'accompagner et veiHer sur eiJe jusqu'à la consommation du mariage. Alors c'est à Tépoux à obtenir, par adresse ou par persuasion , les fiTeurs de sa belle; pour éprouver l'amour de son mari , celle-ci le fait soupirer des jours et des nuits entières , dil-on. Dès qu'il est heureux, il appelle les gardes de la jeune fille , qui , après s'être assurées du fait, se retirent ; leurs fonctions cessent , et elles 5*» retournent chez elles. De ce moment seulement le mariage est définitivement ratifié.

La rersion deDoua-Tara aurait quelque rapport avec la précédente , sans supposer cependant une délicatesse aussi rai&hee. Il disait simplement mie l'amant doit se procurer d'abord le consentement des parents de sa fu-

are. S'ils le donnent^ et que la jeune le ne pleure point a la proposition qui lui est faite , le mariage a lieu surle-champ; mais, si elle pleure la première fois qu'il fait sa visite , et qu'elle

(*} Gruûe, Savage et Rutherford, Irad.

d coBip. par d*Urville.

persiste dans ses refus à la seconde et a la troisième visite, le galant est obligé de renoncer à ses desseins (*).

Probablement c'est cette façon de se marier que M. Kendall a désignée, dans sa Grammaire , sous le nom de cuiou kanga, épousailles par serment, de adouy faire la cour, et kanga. serment. Touaï assura à M. d'Urville que c'était ainsi qu'il avait été obligé d en agir pour obtenir la main de sa femme Enidi , et qu'il avait en outre fait présent à ses parents de trots fusils , de deux esclaves, de trois canots, et d'une portion de terre.

Déjà Banks avait fait, touchant la conduite à tenir envers les jeunes filles ,et les égards qu'il fallait leur témoigner pour obtenir leurs faveurs, une observation qui donnerait lieu de penser que les assertions de M. Kendall et de Doua-Tara ne seraient pas dénuées de fondement (**).

Peut-être ces égards extraordinaires et cette délicatesse extrême pour des sauvages, mentionnés par M. Kendall , ne s'observent-ils qu'envers les femmes' d'une haute naissance ; tandis que, pour les autres, la demande et les présents aux parents de la future suffisent tout sim|)lement pour obtenir sa main.

Siuoi qu'il en soit, il est certain que, ans le choix de leurs femmes , surtout de la principale , les chefs font beaucoup plus d attention au rang et à Tinfliiencé de la famille à laquelle ils appartiennent, qu'à sa jeunesse et à sa beauté. La femme queTouaî chérissait tendrement, appartenait à Tune des plus nobles familles dé la Zeeland. Chongui avait aussi beaucoup d'affection et de considération pour sa première femme, qui était aveugle et dépourvue d'attraits personnels , mais qui était d'une naissance illustre.

Page 1