DANSES LASCIVES
Durant toute la dur^ des relâches de VÂstrolahe à la baie des Iles, les trente ou quarante filles esclaves , qui s'étaient établies à bord pour y trafiquer de leurs charmes, donnaient régulièrement tous les soirs à l'équipage une représentation de leurs danses d'amour. Rien de lubrique, d'obsoènc comme leurs mouvements, leurs gestes et leurs attitudes; il est vraisemblable que les chants qui les accompagnaient étaient pour le moins aussi lascifs.
Une des danses lascives des Nouveaux-Zeelandais estconsacrée à Ouré:
cet Quré nous paraît être le Mendès des £g}*ptiens.
CROYANCBS RRUGIEDSES.
,Ces peuples n'adorentjamaîs desdieox en bois ou en pierre.CesefGgies hideuses que l'on observe entre leurs mains, ainsi
Î[u'aux portes de leurs cabanes ei de eurs tombeaux (*), ne sont quedes emblèmes, des signes mystiques qui ne peuvent pas être considérés comme de vraies idoles , pas plus du moins mie les effigies des saints vénérés par les rites de la religion catholique (**).
Il en est de même de ces pomiamous qu'ils portent au cou, et dont ils font un grand cas; sans doute ils y attachent quelques idées superstitieuses, mais ils ne leur accordent aucun culte positif (***). Forster avait considéré < pierres comme des amulettes, et il conta qu'elles étaient connues sous le nom de tiki chez les Zeelandais ; aussi
C) B. Wood ; d'Urville, t. IH, p. aa6 ç Kendail; d'Urville, t. III , p. 246; Max». dea ; d'Urville, t. III. p. 44a; Quoy; tfCrville, t. II, p. a 8 5.
(*•) Crozel ; d'Urville, U IH, p. 69.
{***) Missionary Register ; d'Urville 9 t. UI , Pi aao.
OCÉAKIE-
ksoomparait^l aux tH des Tdîtiens (*).
Il est possible qu*à Totara-NotA ces emUèmes port^^nt le nom de UM; mais M. dlJrville ne croit pas que cette désignation soit en usage chez les peu-
Ïes dtt lïord de la Nouvelle-Zeeland.
fiait observer, en outre, que Uki signifie aussi voir, et qu'il peut y avoir eii confusion.
Suivant quelques indigènes , Maoui- MouaetMaoui-Potiki, leurs deux prin* dpales divinités, étaient deux frères dont le premier tua et mangea le cadet ; d'où dériverait leur habitude de mai^er leurs ennemis tués dans le
, oombat.
Suivant M. Tïichola^ , le premier des
I dieux, le véritable Jupiter des Zeelandais. serait Maoui-Rauga-Rangui, dont le nom signifie littéralement Maoui, ha*
I bitant du ciel. Hpoko^ dieu de la co-
f 1ère et de la mort , marche immédia* tement après lui. Conune le plus redoutable, c'est lui qui aurait le plus de part aux hommages des morteis. 7*owaJdy suivant d'autres TavariM (* *) (peut^treplus exactement Tau-JfVati)^ comme maître direct des éléments, jouerait aussi un rôle important. Cest ao courroux de ce dieu que sont dus les orages et les tempêtes. Dans un eoupde vent violent qu'essuva M. NicfaoMS dans la baie Chourakf, les naturels décidèrent que le dieu de Houpa était fiotti nmd kacUdi, très-courroucé contre ce chef (^**).
Aprte ces trois divinités seulement, marcheraient Maoïd-Moua et Maoui" PoHki,' dont le premier n'a guère eu d'autre emploi que de former la terre tant qu'elle est restée au-dessous des eaox, et de la tenir toute prête à être attirée à la surface au moven d'un hameçon qui la tenait attacnée à un immense rocher. Mamd'PoWd la reçut ainsi préparée des mains de son frère, Fentralna à la surface de l'eau et lui donna la forme qu'elle a aujourd'hui.
Ce dieu préside en outre aux maladies
O Foralcr; dtJrnlIe. t III, p. ai.' " (*^Mtnden; d'UrrilIe, t. lU, p. 353 ; VidkoUf; d'Urville, t. III, p. 5Si.
(***}Nîdiolai,t I,p.39o;
61* iJpraUcn, (Océâhis.) t. m.
bumsunes, et le plus important de privilèges est de pouvoir donner la vie que THpoko seul peut retirer(*). Quand on le nomme seulement Maoïd, ce dieu joue un très-grand rôle dans les opinions superstitieuses de ces peuples; car on conçoit facilement que les fonctions des trois Maoïds peuvent se confondre et se réunir sur un seul et même être dans leurs idées. Suivant Forster (**), Maoui était aussi adoré aux tles de la Société ; suivant M. Ellis, Maoui n'aurait été qu'un prophète très-célèbre dans ces mêmes tles (***). Enfin , selon Mariner, Maoui, nouvel Atlas, supportait la terre, et ses mouvements occasionnaient les treooblements de terre (****).
HekO'Toro. dieu des charmes et des enchantements, perdit jadis sa femme.
Il alla la chercher en plusieurs endroits inutilement, et ne la trouva enfin qu'à la Nouvelle-Zeeland. Au moyen d'une
Kirogue suspendue au ciel par les deux outs, ces deux époux rejoignirent leur demeure céleste, où ils brillent encore sous la forme d*une constellation.
Serait-il vrai que lesZeelandaiscroient que le premier homme fut créé par le concours des trois Maouis , que le premier eut la plus grande part à cstte oeuvre, et au enfin la première femme futforméea'une des côtes de l'homme?
Ce serait un rapprochement bien singulier avec la tradition de la Genèse.
Ce qui rendrait cette analogie plus remarquable encore, serait le nom &I(nd que ces insulaires donnent aux os en général, et qui pourrait bien n'être
au'une corruption du nom de la mère u ^enre humain , suivant les écrits de Moïse, ainsi que le pensent I^icholas et d'Urville.
L'histoire de jRona. qui tomba dans un puits, s'accrocha a un arbre, et fut ensuite transporté dans la lune, où on le voit encore aujourd'hui , est moins
n Nîeholas; d'Unrilte, t. m, p. 58f.
(••) Cook , a* voyage, t. V, p. i43.
(••*) W. Ellis, Polynet. Research. , t. H, p.^ 53 et suiT.
.(****) Mariner fAocoant of Tonga, t. II,
p. IIO.
^èi
vnmYEKS.
i*emàt4ùab1é^ È]Ié i^ppeffe cependant fes contesrde bôânes femmeà, accrédités en certains pays« touchant Thomnie de Il hine Or et démontre qu'aax deux bouts du diamètre de fa terre , l'esprit humain a \e même' penchant aux faoles )es pfu8 ridicules, aux croyances les plus absurdes. Ce serait petrt-étre le meilleur argument à opposer au système de ceux 4tii veulent que la rare humaine ait eu autant de berceaux distincts que de nuances marquées dans sa coiïiitjtùtion et ddns son organisa:ttonph;^sique(**). ,
Les naturels ont des dieux qui président à cert^fhes localités , comme celui qui habite la caverne Manavaïaoui r***),celui quipréside aux deux rdchersaétlembouchureduChouki-Anga, etc. r****j. M. Msrrsden nous apprend de quelle manièrece dernier atoua, offensé par les marins du VossaA^ se vengea de Toutrâge commis envers les rochers sacrés , .en cauftëot la perte de ee navire (***•*).
La première fois qoe les Zeelandals virent les Ëurorféens, ils Içs prirerit aussi pour des divinisés ou des esprits orraésdtJtonneVréetd€tiécla»rs(******).
Ces insulaiires désignent tous le^ Euhrpéens, ou plutdt tous les blancs, 80US le nom géniérfqtie de Pahekai Je n'ai jamalk pu savoir, dit d'UrvIlTe^ d'où ce nom tirait son origine; ce qui m*a surprît, c'est qu^'il m^asembté adopté sur lesr dfVèY*â^1nts de la Nouvelle- Zeeland, é, cela dôrnie lieu de croire que cette dénomination existait même avant les voyages de Cook. Les Nouveamx-Zeelandais avaient donc depuis longtemps connaissance d'une raee d'hommes distincte >i^ celle àlaqueHe ils appartenaient (*******).
M. MaVsden'demanclait un joàr à
(•) SdTBgé, inoMev{ne,/N^1ioyas , dTr-
VuW, etc. .
(-) D'Urvîlle, ibid.
(••*) KeiidAll ; d^Urvillf^, tin,f.a36.
(••**) Mandûn; a'UryiHe , t. III, p, 34a.
5 Moreach; d'Urviflej^. III, p. 475.
(••'••*) BlbsseviHe; dTJrvifle, t. III, p.
^JJJ^nid'UryiJIe, UUT^p. 706 et 709.
••0 H'tnrilTe.
un insulaire comment il se %prû Tatoua. Celm'-d répondît: «Comme une ombre immortelle {*). » QoaiMl M. d'Urville adressait la même qontH»
à Touai , ce chef disait que ritowi était un esprit, un souffle toat-poissant , en larissant éehapper toot dcvcement son haleine pour niirax «primer sa pensée.
Cependant les Zeef andais croient que Tatoua revêt quelquefois une forme matérielle. Par exemple, ils sont convaincus qti'ube personneattaquée (f ud« maladie mortene est laissée au pooToir île Tatoua qui s'est introduit dans «m corps. sous la forme djun lézard, et qui lui ronge les entrailles (**), sans qu'il soit possible à aucun pouvoir bumain de fui résister (**•). Engénér»), Taspect du lésard impose à ces hommes une frayeur superstitieuse trèsremarquable ; et, pour rien au monde, ils ne voudraient toucher à œ reptile (****)•
La présence de Tatoua s'annonce le plus souvent , dit^m , par un sifflement bas et sourd. Du moins, c'est •ainsi que celui de Kaï-Para révélait son approche, au dire du prêtre Moudi- Arou (**•**). On sait que la même opinion régnait à Taîti.
Les roulements du tonnerre lenrins^ pirent une terreur religieuse. Ce broit présage les batailles (*' v*). Les naturels s'imaginent que Tatoua, sous ia forme d'un immense poisson, prodoit ce bruit ; et ils lui adressent des prièrfs pour le supplier de ne point leor faire de mal, non plus qu*à leurs amis.
Cette opinion n^urait-elle pas soooii-
g'ne dans les explosions volcaniqu^*^ équentes sur leur fie, surtout su*
*(*) Marsden ; dTTnrîBe, t. ITI, p. rg^-
(•*)Niebolas; d^Urvilie, t* HI, p.<îi1:
Cniise; d'Urville, I. RI ,' p. 66a; lLvM\ d'Urvîlle, t.m, p. tS*. • . .: •
(*••) Nicbatoi, t. II, p. «S; Xtigh; d't> ville, l. lU, p, 49*. .
(•***) Nichola», t. II, p. laS; Cnii^o, p. 3ao. • C^'^O^arsdcn; d'Urvillct ID, p. 44'
(***♦*•) H. William» jtovflle, tUI.
OCÉANIE
Pouhiari'ff^ahadi, située aa milieu des eaux ; et , dans cette fable , on retrouverait encore le germe de celles gui furent jadis accréditées chez les Grecs , sur Encelade. TyphoUy Briorée, etc. Le nom et Ik(Mia-Maoui y pour llle septentrionale , semble avoir trait à Fexistence du poisson monstrueux. A cette fable se rattache sans doDte l'opinion bizarre qu*ils se sont formée relativement à Toriginedu pounamou, le jade vert quMls emploient à la fabrication de leurs outils et de leurs ornements les plus précieux (*}.
Déjà Cook avait appris qu'on le ramassait dans un grand lac situé à une ou deux journées des bords du canal de la Reine-Charlotte. Il provient , disait-il, ^un poisson (]u'on harponne et qu^on traîne au rivage, où il se change, par la suite^ en pierre. Ce lac se nomme Taval-Poimamou , et ce serait ce lieu oui aurait donné son nom à nie méridfionale(**). M. Nicholas, trente années plus tard , trouva la même opinion parmi les habitants de Moudi-Wenoua (***).
REUGION.
Les dieux principaux de la Nouvelle- Zeeland sont : Dieu le Père , Dieu le fUs et Dieu V Oiseau ou P Esprit. Dieti le père est le plus puissant, et se nomme NotA-AUma^ le maître du monde. Tontes les autres divinités lui ^nt subordonnées; mais chaque naturel à son atoua^ espèce de divinité secondaire, qui répond assez exactement à fange garaien des croyances chrétiennes. L^ prêtres se nomment ArUds , et parfois on les désigne par les noms de Tahé-Tohonga ^ ou hommes savants ; et leurs femmes , qui remplissent les fonctions de prétresses, sont les fVahiné'ÂrUzi^ ou fVahiné- Tohonga^ on savantes femmes. Chaque pâ ( village ) possède une cabane ; plus grande que celle des habitants , qui se nomme H^aré-Atoua , ou Mai-
(•) DUrviliê. :
rt Cook , 3^ Torage » 1 1, p. 177.
r*) NichoUf; d'UrviUe, t HI, p. 617.
son de Dieu, çp\ est destinée à recevoir la nourriture sacrée, a 0 hàU tou , et dans laquelle on fait des prières , karakia (*).
Les cérémonies religieuses les plus ordinaires sont accomplies par les arikis, dont la voix implore haute-:
ment et en public la protection de Vatoua, Ils ont la plus ferme croyance aux songes, quUls pensent leur être envoyés par la Divinité , et toutes les affaires se décident par des prêtres , seuls chargés d'interpréter les volontés célestes. Les diverses tribus , dans leurs ferres continuelles, ne se livrent jamais aux hostilités sans avohr interrogé Oai-Doua^ ou l'Esprit saint, par une solennité nommée Karakio TVzn^a.Ils semblent consacrer par des cérémonies relip'euses les époques les plus marquantes de la vie ; c'est ainsi qu'à la naissance des enfants, les parents se réunissent pour faire de cette circonstance une fête de famille , dans laquelle ils prononcent des sentences, et tâchent de pronostiquer un heu»
reux horoscope. M. Kendall , à qui on doit ces détails , croit trouver dans cette cérémonie , nommée tôlnga , le baptême des chrétiens , et il va même jusqu'à dire qu'on asperge les enfants avec une eau sacrée , ouai tapa ou oualtoî (eau baptismale). Leur mariage re^it en soi une sorte de sanction religieuse , et leur mort est entourée de prières. Les naturels pensent qu'il y a une grande différence entre notre dieu et le dieu de la Nou* velle-Zeeiand ; mais ils se contentent de considérer qu'il est fort bien à nous d'observer les ordres de notre Dieu , et qu'ils doivent rester soumis à la juridiction du leur (*•).