‹ L'Univers; histoire et description de tous les peuplesChapitre 38 sur 122 · SS · texte numérisé non relu

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très y qui se retirèrent au plus vite. On vit aussi beaucoup de gens sur le rivage, qui criaient et hurlaient de toutes leurs forces : Bou, bou^ bon!

Le capitaine leur avait précédemment demandé des cpchons et des poules , en leur disant : fVaka en omo^ mais il parut qu'ils ne savaient ce que c'était, ou qu'Os n'entendaient pas ce langage.

Comme on n'avait point trouvé de tob mouillage, on remit la chaloupe de^ dans, et l'on se dirigea vers le sudouest pour gagner plus facilement le sud , où Ton espérait faire des découvertes; d'ailleurs la mer brisait si fort contre cette île, qu'il n'aurait presque pas été possible a'aller au rivage, où l'on ne voyait que des rochers élevés, verts par le haut, et des terres noires avec aes cocos et de la verdure. Il y avait sur la côte des maisons en divers endroits et un çros bourg; l'île était montueuse, mais les montagnes n'étaient pas fort hautes. »

Le petit groupe DuFFqui se compose de onze petites Iles découvertes par le capitaine AVilson, en 1797. Sa latitude sud est par les 9** 30*, sa longitude est par le 164* S0'. La plus grande de ces îles, qu'il nomma DisappoirUmenty a douze lieues de tour. Sur la partie orientale du groupe est un rocher ressemblant à un obélisque. Les naturels sont grands, bien faits, d*un jaune cuivré, et appartenant n la race polynésienne mêlée.

L'Ile Kennedy, au nord-est de l'ar* cfaipel Nitendi ou Santa-CruXy par 8»

17' de latitude sud, et 165« de longitude orientale. Elle est fertile et bien peuplée.

L'île Hunier y nommée, en 1828, Oracusb par son découvreur, le capitaine Hun ter du navire Dona Carme* lila. Latitude sud 15» 81', longitude ouest 178» 86'.

A peu de distance dans le nord-est, ou est- nord-est des îles Duff se trouve peut-être Taumako, découverte par Quiros, le 7 avril 1606, si toutefois elle n'est pas identique avec les îles Duff elles-mêmes, ce que nous pensons, grâce aux rapports frappants de position et de configuration. D'Urville croit qu'il est plus sûr de rapporter

Taumako à une île Matou-ltl, déoou- 'Verte, en 1801 , par le capitaine Kennedy du NautUwty et que celui-ci sî- Snale comme une terre oien peuplée et 'une certaine hauteur. Elle a été platée par 8* 40' latitude sud , et 165* 4fy iongitude est. En 1828, d'Urvilie l'a cherchée dans cette position sans la retrouver; aussi soupçonne- t-ll qu'on l'a plaoée trop loin dans l'est. Dans ce doute, nous croyons -qu'il est important de ressuscite^ le vleut récit de Siuiros, comme point d'indication et é comparaison pour les navigateurs futurs qui tenteraient de la retrouver.

Voici la traduction de ce récit espagnol devenu excessivement rare :

«Tfous courûmes jusqu'au 7 avril 1606, laissant des terres à bord et à tribord, autant que nous pûmes en juger par la quantité d'oiseaux et de rochers de pierre ponce que nous apercevions. L'après-midi , le grand navire vit à l'ouest-nord-ouest une terre noire et brûlée comme un volcan. On mit en panne durant la nuit, de crainte des basses. En s'avançant le lendemain matin vers la terre , on trouva douze ou quinze brasses de fond pendant deux heures de bonne route, puis une mer sans fond. Il fallut encore différer au lendemain 9. Le pilote Torrès s'avança dans le petit vaisseau, longeant la bande du sud-ouest dans un canal entre deux petites îles, où il aperçut, non loin du rivage, diverses cabanes parmi les arbres. On mouilla sur vingt-cîna brasses entre la grande île et les deux flots ; les barques allèrent à terre, d'où dies rapportèrent au navire quelque eau douce, des patates, des cocos, des palmettes, des cannes douces et autres racines, pour montrer des productions du pays.

On prit là-dessus le parti d'envover cinquante ou soixante hommes traiter avec les insulaires. Les nôtres, peu après leur départ, découvrirent, au milieu d'un îlot entouré de chaussées, un monticule de pierres vives, qui paraissait fait à mains d'hommes, audessus duquel il y avait une soixantaine de cananes couvertes de palmiers et garnies de nattes au dedans. Mous apprîmes depuis que c'était une forte*

OCÉÀNI&

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resseon les insulaires se retirent quand 3s sont attaqués par leurs voisins, qu'ils attaquent souvent eux-mêmes, ayant de bonnes et grandes pirogues, avec lesquelles ils font canal en toute sûreté. Nos gens prirent terre et commençaient à marcher vers ce lieu , lorsqu'ils aperçurent près de la côte quel- 3ues-unes de ces pirogues pleines 'Indiens. Ils apprêtèrent aussitôt leurs armes à feu et se mirent sur la défensive; mais c'était inutile, car les insulaires désiraient la paix autant que nous. Ils se mirent dans Teau jusqu'à la ceinture pour ga^r plus promptement la terre, et vinrent de notre côté en nous saluant d'un air jftyeux, et marchant vers Thabitation, comme pour nous y guider, seyant a leur tête un capitame qui portait un arc au lieu d'un bâton. La vue de tant de gens robustes continuait cependant à nous tenir en crainte; nous nous ra[>> procfaâmes du rivage, de peur surtout qu'ils ne vinssent a submerger notre canot , si nous nous en éloignions.

« Nous fîmes des signaux , pour avoir du renfort, à la barque de la capitaine, et même à nos vaisseaux mouillés à portée de vue; et, quand nous nous vîmes en force, nous commençâmes à marcher vers l'habitation. Tous ces mouvements de notre part avaient fait disparaître les Indiens. Nous marcha* mes en bon ordre, avec de grandes précautions, regardant autour de nous de tous côtés, pour voir s'il n'y avait point d'embuscades auprès des cabanes; mais, n'y trouvant plus une âme vivante, il fallut regagner le rivage, où nous élevâmes en l'air un linge blanc en signe d^ paix. Les Indiens revinrent alors à nous d'un air de gaieté; leur chef tenait en main un rameau de palme qu'il offrit à Paz de Torrès en l'embrassant. Ses compagnons en firent de même, et les nôtres ne se sentaient pas de joie de se voir si bien reçus dans un pays où ils trouvaient de l'eau et du bois, dont l'équipase avait tant de besoin. Deux vieillards, survenus dans ces entrefaites, posèrent leurs armes à terre sur le boni de la rivière, et nous saluèrent d'une manière sou-

mise. Nous comprîmes, par les sestei des insulaires, que Tun d'eux éuit le père ou l'oncle de leur chef, nommé Talikou. Nous nous arrêtâmes ensemble sur une petite esplanade au-devant de la forteresse. Si ces insulaires admiraient nos armes et nos vêtements, de notre côté nous étions surpris de les voir si bien bâtis , si agiles , si robustes. «Quand nous nous vtmes bien en sûreté, et que le chef des Indiens eut disposé son monde de côté et d'autre, ne gardant autour de lui que deux insulaires et un petit garçon , nous résolûmes aussi de prendre un peu de repos après tant de tatigues. On posa deux corps de garde, l'un sur la côte, l'autre dans l'habitation, et le reste de nos gens s'étant désarmés se répandirent par la forêt, où ils cueillaient des fruits, tandis que les sauvages ame> naient dans leurs pirogues du bois et de l'eau pour l'escadre.

« C'était le jour de Pâques fleuries; on célébra la messe dans une cabane, où la plupart des gens de l'équipage firent leurs dévotions. Nous restâmes sept jours dans cet endroit. Le besoin qu'on avait, pour le reste de la route, de quelques insulaires qui connussent ces parages et entendissent la langue, nous fit prendre la résolution d'en enlever quatre en partant. Leur chef, au désespoir, vint lui-même au vaisseau avec son fils pour les réclamer. N'ayant rien pu obtenir, il s'en retournait fort triste, lorsqu'il aperçut le canot dans lequel on emmenait nâr force ce& quatre malheureux , qui , des qu'ils virent leur chef, se mirent à pousser des cris lamentables. Celui-ci, déterminé à risquer sa vie pour leur liberté, venait de donner le signal à ses pirogues, quand le bruit d'un coup de canon san$ boulet, que nous tirâmes du vaisseau, les effraya tellement, que le chef, faisant un geste aux captiis pour marquer au'il n'était pas en son pouvoir de les élivrer, s'éloigna d'eux, les larmes aux yeux. Le lendemain un des insulaires sauta dans la mer. Ce qui nous obligea de veiller sur l'autre que nous avions à bord; car on en avait mis deux sur chaque vaisseau. Cependant nous né

pûmes si bien faife qae celui-ci ne se jetât encore à la nier le 21 avril, comme nous étions en vue d'une belle côte située au sud-est , pleine de bois , de verdure, de palmiers et de terres cultivées. C'était vers le IS*" de latitude : nous envoyâmes donner avis de notre perte au vaisseau amiral , ce qui n'empéclia pas qu'un de leurs prisonniers n'en fit autant; et, si le quatrième ne suivit pas le même exemple, c'est qu'il était leur esclave, et qu il se trouvait mieux traité parmi nous au'il ne l'avait été chez ses maîtres de l'île Tau-

mako. »

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