AUSTRALIE OU NOUVELLE- HOLLANDE
APERÇU GÉMÉAAL.
OS0GBA,rBri PHYSIQUE.
L'Australie ou Nouvelle - Hollande est la plus vaste partie de l'Océanie qui nous reste à d&rire. Sous ce nom , on désigne la plus grande île de ces régions, île qui peut être considérée comme le continent de la cinquième partie du n)onde, en général , et de la Mélanésie en particulier. Nous évaluons sa surface aux quatre cinquièmes environ de celle de l'Europe, puisque ses limites sont en latitude le tV et le 39* degré de latitude méridionale, et en longitude, le 11 1* et le 152* degré de longitude, à l'est du méridien de l'observatoire de Paris, et qu'elle a en conséquence mille lieues terrestres de longueur, sur une largeur moyenne de quatre cent cinquante. Elle est séparée au nord , de la Papouasie parle détroit deTorrès;au sud,delaTasmanieparie détroit de Bass ; à l'est , de la Nou velle- Zeeland et de la Nouvelle-Calédonie par un canal de trois cents lieues de lar^e: à l'ouest, les abîmes de l'océan Indien s'étendent entre l'Australie et l'Afrique.
L'Australie se distingue du reste de l'Océanie et des autres contrées du slobe» par l'aspect stérile et monotone de ses cotes , par ses habitants d'un noir fuligineux , grêles , hideux , et placés au dernier degré de l'abrutissement de l'espèce humaine, par la singularité du règne végétal et du règne animal , par ses productions extraordinaires et généralement peu utiles. C'est la seule région où l'on voit des cygnes et des kalatouas noirs, les phaloscomes, le nhilédon à la langue en pinceau , le korbi-kalao au crâne cuirassé, les émus sans casque , l'échidné qui res*
L'UMVfiRS.
semble à la fois au familier et à
SOD I et rornythorinque « animal étrao-
§e , qui tieat à la fois du quadrupède , u reptile, de l'oiseau et du pois- HQn 'y là virent des arbres gigantesques croissant dans le sable pur, et qui pourraient couvrir de forets ver- 4pyan(es les iléserts de ta Syrie et de rËgypte, et jrendre à la vie le sol épuise de contrées jadis fertiles; là on trouve des bois ronges, blancs, veinés de toutes couleurs ,. offrant à Fébéniste ses plus précieux trésors.
Il eiiste au nord de Livérpool un volcan qui, par une particalarité unique , et digne de la plus grande at- .&ntion, brûle sans jeter de lave. Mais sur cette terre des aiwmalies, où les orties et les fougères s'élèvent à la hauteur de nos chênes, la plupart des plantes, malgré leur variété et leur élégance, y ont un caractère unique, c'est celui de posséder un feuillage sec, rude, grêle, aromatique, à feuilles presque toujours simples ; et les forêts de ce continent réprouvé ont quelque chose de triste et de brumeux qui fatigue la vue.
Assis , pour ainsi dire , sur ie tropique de l'hémisphère austral , ce continent endure à une extrémité les ardentes chaleurs de Téquateur, tandis qu'à l'autre il jouit de lia frakheur des ïones tempérées. Au premier abord , on serait porté à attribuer à cette Taste étendue de sol des avantages extraordinaires ; on penserait qu'il doit y .exister des fleuves proportionnes à sa grandeur , et que les plus riehes pro- •duetions des régions intertropicales tenopérées y sont en abondance.
Telle fut en effet la première impression de Banks et de ceux qui touchèrent ses cdtes méridionales. Ils y furent ibiouis par la variété de ses productrons tégétales, et furent émerveilles pendant duelquesjovrs de ta doueeur ravissante de ce climat ; mais tes vives espérances des premiers expk>rateurs ne paraissent
ras devoir se réaliser. Les rivières de Australie, tombant rapiden^nt dés montagnes où elles ont leur faible touree, dans un pys plat et extrêmenent bas, et n*j étant presque alimen-
tées par auetm tributaire , se perM naturellement avant d^arriver i b o^te , et s'épuisent en marais oi n lacs; ou bien, arrivées au ritage, elles sont si faibles qu'elles ne peuvent cobserver libre et navigable leor eroboocbure , ou disperser les bancs de sabk que les marées y entassent 0*
Nous donnerons une rapide esqoi»
des traits physiques de tout ce continent ; qnoique , de la vaste supfffià sur laquelle se déploient ses nvagK.
il n'y ait que la partie orientale fi soit oomplétement explorée, il a ét^neonna que la proportion du maufë sol , relativement au bon , esttrj»
considérable : on a attribué la détémration de la terre aux ravages du fti, auxquels l'Australie en général est»
Jette. Les naturels, qui sont noroièf comme les tatars, ont rhabitode lf^ claircir le pays devant eux en f»
cendiant , et , en détruisant ainsi i haute futaie et les broussailles, fli»
lèvent au sol tout principe féeondiot D'ailleurs, la nature des dois de r.A»' tralie n'est pas favorable, et lois à rendre plus féconde la terre parlein débris, ils détruisent la petite vegéUtîon , ainsi que nous j expli()ua^ plus bas.
Durant le cours de ses redien^ dans l'intérieur, te capitaine Sto; fut frafipé de la cohnexiié qui eo* en apparence entre la géologie^" végétation de cette terre. Ce rapi** est en effet si juste , qu'après 0* très - courte expérience il n'éjH^ aucune difficulté à ju^er de la oll^ du rocher sur lequel il mardiait'ifif l'espèce d'arbre ou d'herbe q« «•* vrait le sol dont il était revêtu, l*'*^ califptxts pulvery espèce d'eucaKpt^j feuille de couleur gtau<|ue, ^^^ rabougrie, annon<^it invariables»
la pierre de saWe sur laquelie il ^ sait. Les parties découvertes, few^ ment boisées comme un pare^ c^j^ doyantes , caractérisent ks cfja»* secondaires de granit et de po'iTj; Sur les terrains <réHte , TangiJf^
(*) Sturt , Voy. dans l'iotcrieiir de fA»" tralie méridionale.
OCÈANIK.
laneeelata •t Veuoalyptui mamm^ra décèlent la qualité du sol qui les produit, tandis que le cttprêftSHi eafy' iris semble occuper les crêtes sablonneuses avee le casuarina. Les c^ies de l'Australie sont empreintes d^un caraetère d'aridité; cependant h certains intervalles , le sol et la végétation sont d'une qualité supérieure.
A Illawarra , par exemple , la conti- ^}i\té des montagnes et de la cdte ne laisse pas de place pour cette ceinture de sable; mais les débris de cette zone gagnent la plage m^me. Et alors , soit par feffet de la chaleur réfléchie, soit par le résultat de quelque autre particularité, la végétation d*Illawarra est tout à fait d'une nature intertropicale, et ses fourrés abondent en oiseaux étrangers au comté de Cumberland. Il n'est point de -région en Australie où la gent emplumée soit plus belle et plus variée. Le pigeon le plus magnifique que le monde produise peut-être , et Voisetjm^cUin h Tœil si doux , se nourrissent là des baies du Jrcus ( figuier sauvage ), ou d'autres arbres , tandis qu'une tribu nombreuse d'éperviers f)lnne sur ses épaisses et spacieuses f^ rets. La li^ne ae sable s'interrompt encore à Brocken-Bay, à Newcastle, et plus haut , dans le nord , au port Mfirquarie ; c'est sur cette place que le lluntèr , le Hawkesbury et le Hastings débouchent à part : ce serait donc un excellent point pour rétablissement [voy. pi. 267). Dans l'intérieur, entre I9 baie Jervis et la baie Bateman , et dans la direction du sud , sur le versant occidental de la chaîne qui les sépdre , des voyageurs récents ont décourert de riches et vastes contrées. Les vallées que MM. Hume, Howell, Cunningham et autres explorateurs >nt traversées, étaient diçnes d'atteo- WoTi . et les rivières qu'ils passèrent t gué étaient bordées de plaines vastes rt riches. Le plus beau Détail qui apirovisionne le marché de Sidney est lourri sur les prairies grasses et dans es verdoyantes vallées d^ 1(1 Moroumndgi (•)•
(*) Sturt.
Cependant , outré Quelques rlvlèi^s médiocres récemment explorées , telles que Paterson , Clarence, Brisbane, Garibbi, Kany, Peel, Bounierang, Hunter, Gwidir, Darlinj^ , etc. , plusieurs autres assec considérables découlent des montagnes Bleues , entre autres la Maccjuarie, la Lacblan, la Murray, la Hastmgs, la Moroumbidgi . la Clyde, la Grose et la t^epean sur laquelle est le joli bassin de Norton (Vov.p^. 270), et le grand torrent dt Gfen-Brook- Creek, prè^de la baie Broken, au nord et près ou Port- Jackson (voy.jp/. 272).
Il est probable que la population sauvages de l'Australie n'exoed^ pas cent cinquante mille individus, vivant la plupart à dix ou douze milles ()e la cot^, dans un état de dégradation physique ^t morale t>icn digne de nous humilier et de nous aflliger, car ces malhe|ireui^ n'en sont pas nmins nos frères ,
{)uisque ce sont des hommes. I^algré 'identité incontestable d'orisine et la similitude de caractères 6t de mœu^ des diverses tribus de l'Australie, cette grande terre compte autant d'idiomes que de peuplades, quoiqu^on pe pijisse expliquer cette étQnnaptip diversité :
bien plus, aucun de ces id jonoes n'offre la moindre ressemblance avec ceux qu'on parle dans les Iles de l'immense Polynésie , qui sont le plui rapprochées de r Australie.
Un grand nombre d'tles 40 diverses grandeurs sont disséminées sur les cotes de l'Australie, surtout dans la partie septentrionale, où elles forment souvent une barrière continuelle sondée par des brisants , au devant de la grande terre. Les plus importantes de ces lies sont : au nord , les lies du t^rince de Galles, >Vçllefi|ey, Groole et Melviile; à l'ouest, les îles Pampiar, Barrowy Pirck-Heitichs et Rottenest ; au sud , les îles de la Aecbef* che , Nuyt7 , KangaroM , Kiog tt Graot ; enfin t a l'est , jea {les Moreton, Capricorn , Northiimberland et Cumberland. te taste golfe de Carpentarid, 3ui n'a pas moins de cent trente lieues e profondeur sur cent dix de large, échancre considérablement l'Australie vers le nord* Les autres enfonce^
ments les plus remarquables sont : le
§olfe de Van-Diemen , de Cambridge, 'Exmouth, la baie des Chiens marins, les golfes Spencer et Saint-Vincent, les baies de Glass-Bouse et d'Uervey.
Les côtes de ce continent offrent encore une quantité de bons mouillages, capables de* recevoir et d*abriter de nombreuses flottes, comme Port-Jackson, Botany-Bay , le port Western, le port Philips, le port du Roi George, et enfin la magnifique baie Jervis, si spacieuse et si sûre. (*) ,
CUMAT.
Sur une terre aussi vaste, il est facile de comprendre que la nature du climat doit varier dans les diverses zones , suivant leur élévation en latitude. Sur toute la bande septentrionale les chaleurs sont brûlantes et presque continuelles. Dans sa partie moyenne, tlu 23' au 80' de latitude sud , le climat se tempère déjà. Enfin, sur toute la bande méridionale Tannée peut se diviser par saisons, les étés et les hivers offrant toutes les alternatives ordinaires de chaud et de froid , de pluie et de sécheresse. Ces saisons n'y sont pas toutefois nettement dessinées comme dans nos climats d'Europe.
Des observations faites avec soin, en 1822 et 1823, à Parramatta, ont donné pour le grand froid, en hiver, 8' duthermomètre centigrade , et 41' en été. Cependant les mêmes observations démontrent qu'en hiver la température moyenne vane de 10* à 11*, et en été de 22* à 23*. Les variations de température sont d'ailleurs brusques et tré- Î|uentes ; on a vu plus d'une fois dans a même journée le thermomètre osciller de 12* à 16* dans ses indica* tions (**).
La salubrité du climat de la I>7ouyelle-Galles doit être d'une haute importance aux yeux de tout émigrant européen, quand il compare ce pays à tant d'autres. Les fièvres rémittentes, intermittentes et scarlatines, le ty-
{•) D*UrTiIl«.
(••) Idem.
phus, ta petite vérole , la rougeole , U coquelucne et le croup y sont inconnus. La dyssenterie est TaffecUon la plus répandue et la plus fatale maladie que Ton y connaisse, et oéanmoins elle cause rarement la mort aui gens qui vivent sobrement. Dans les parties basses et chaudes du pays, il y a beancoup d'affections d^estoaiac, nuis l'air des hautes terres les guérit. Les enfants, arrivés à l'âçe de puberté, sont exposés à la phthisie, par suite éelear rapide croissance à cette époque; mais la phthisie que l'on y apporte d'Europe est toujours guérie, ou du moins soilagée , dès que Ton met le pied dans le pays.
L'Australie étant située dans IIkmisphère austral, les vents du sod sont par conséquent ses vents froids , ^ ceux du nord sont ses vents chaiids- Les vents du sud-est sont parlicuiiéreinent piquants ; et quand ils passeï^ tout à coup du brûlant nord-oçieâli cette région glacée , un surtout bis . boutonné est un meuble très-nécessaire. Les sou f fies ardents du nord^uest sont produits par une longue (bM de montagnes de sable nu qfji s'éUS' dent dans cette direction , et qui soel échauffées parles rayons du soleil d'été, qui y tombe perpendiculairemeat, aa même degré que les sables des dé* serts d'Afrique, et le vent, dont k souffle le^ traverse , y laissant to(il| humidité, arrive avec une cbaljcttr qà dessèche les animaux et les végéUaiL Il y eut, en 1826, cinq mois oooséoh tifs sans pluie; et il n'en tombe, tei0 moyen, que dans cent jours de TaBiiée»
■Il y a souvent d'énormes chutes k pluie sur les montagnes de l'inCérlear, tandis que sur les terres basses deb côte , il n'en tombe pas une goutte. U saison humide, pour les contrées à Yd des montagnes Bleues, se déclare o^ dinairement pendant les mois d'hiver, tandis qu'à 1 ouest de ces montagnes elle arrive en été.
Les rosées sont très -abondantes
quand les soirées sont calmes et seiffnés, et elles tombent, dans les nuits de chaleur d'été, comme une pi"^ fine. Quant aux orages de grêle, i»
OCÉANIE
sont très-fréquents en décembre et en janvier, qui correspondent aux mois d'avril et de juillet en Europe. Plus on avance vers le tropique , plus les grêlons semblent acquérir de grosseur , et ressemblent à des morceaux de glace irréguiiers. Il y a de ces gréions qui ont percé jusqu'au milieu des melons et des citrouilles.
Quelque forte qu'y paraisse la chaleur de Tété, leclimatde la Noavelle-Oalles du Sud n'a pas cette action délétère sur la constitution , qui rend le séjour de llnde, de l'Egypte et de l'Arabie souvent insupportable. A midi , on peut se coucner sous le premier arbre dont Tombre vous invite, et y reposer tout aussi tranquillement que dans son lit , sans redouter ni les fraîcheurs , ni les piq^ilres des insectes malfaisants; on jouit d'un sommeil aussi profond que réparateur, et on se lève rafraichi afin de poursuivre son voyage. Le frais délicieux du matin et la température caressante du soir sont véritablement indicibles sur les animaux mêmes ; en effet les chevaux et les bestiaux y sont d'une docilité remarc[uable ; et Ton peut croire que ce climat a, jusqu'à un certain pomt, ces heureux effets sur les êtres endurcis que le vieux monde y transporte. Quant I la saison froide, M. Martin, colon inglais, a prouvé que les hivers y sont orès-doux.