‹ L'Univers; histoire et description de tous les peuplesChapitre 64 sur 122 · ZOOLOGIE · texte numérisé non relu

ZOOLOGIE

Au temps de la découverte, il n'y avait sur le continent aucun quadrupède qui rappelât Taiicien monde, si ce n'est le chien. Les autres étaient des espèces nouvelles qu'il fallait classer presque toutes dans la famille des marsupiaux ou animaux à poche.

Le chien du pays a de l'analogie avec le renard, quoiqu'il soit un peu plus grand, ayant environ deux pieds de hauteur sur deux pieds et demi de longueur. Sa tête ressemble à celle du

(*) D'Unrille, Yoyage pittoresque.

renard , ses oreilles smit dreiies, n couleur est variable, bien que le phil souvent elle soit d'un brun roogeâtre.

Il hurle d'une manière lugubre ooi aboyer. Cet animal donne la cbasie aui brebis et aux volailles, et en faitH»vent un grand carnage. Sa monon

fiasse pour être mortelle aux trouprattL I est extrêmement vivace, et fort di^ ficile à tuer.

On assure qu'on a trouvé desdt* syures à l'ouest des montagnes Bleues; mais il faut en douter, et jusqu à présent, ils paraissent limités à la tamanie.

ORMTHOU>GlE.

Les oiseaux offrent un bon nooibn d'espèces. Il faut citer d'abord : rnsi ou kasoar, que nous décrirons a il Nouvelle-Galles du Sud; les pélicans, les cygnes noirs, les céréopsis, les ménuras à queue lyriforme et diaprée des plus riches teintes d'orange et d> gent; les aigles, les faucons , les kakatouas noir, blanc, et gris; les perroquets et les perruches aux phi* mages nuancés de toutes les couleurs; les hérons , diverses espèces d'oiseauï et de canards, des corbeaux, d« lna^ tius-chasseurs et pécheurs. Mutent d'une forte taille; puis encore des pigeons, des tourterelles, des perdriXi des huUriers, des philêdons , des pi»* grièches, des korbis-kalaos, des coucals, des cassicans-causeurs,(1es{:obfr mouches, l'admirable loriot prince régent, l'éclatant épimaque royal, des cailles et des traqnets, oiseaux tout petits mais au plumage jaspé et riche enr^ts éclatants (*). Pour ne pas nous répétefi nous renvoyons nos lecteurs à la Nouvelle-Galles pour compléter l'histoire naturelle de l'Australie.

MOJSOTRÈMI'lS. MORlinS F.T HABITUDES M LORNITUORHYKQUE.

Nous renvoyons à l'histoire natorelie de la îNoûvelle-Galles du Sud. « description de réchidné, être sinj^ulier, qui a quelque ressemblance avec lefou^ milier, et qui, avex; l'ornithorliriiquj» forme les deux genres de la faniil»

des monotrèmes.

(*) D'Urville, hc. àt.

OCÉAWIE.

Nôfi leeteursont pu déjà connaître las Iscussiotis (]U*a soulevées F Académie Bs sciences de Paris sur la nature en- 3rt problématique des ornithorJivnues, rangés par quelques-uns parmi les vipareSj par d'autres parmi les mam- 1 itères , enfin , par une troisième opiion, dans une classification complexe, *où il résulterait qu'il est également V ipareetmammifere.il s auront pu lire gaiement Ce que nous avons dit à ce ujet tome I" de VOceaniey p. 61 et 62.

Maintenant M. Bennett, savant voyaeur, et auteur d'un mémoire présenté

la société zoolo^ique de Londres à ce jjet , n*a pas décidé cette question , lais les nouveaux détails qu'il donne ur rhistoire naturelle de Tomitho^ liynque offrent un grand intérêt.

I>es recherches de M. Bennett sur e singulier animal ont été faites dans intérieur de TAusIralie et même dans s Nouvelle -Galles méridionale. Il ommença par une description de la ihysionomie extérieure de ce monorème, tel qu'il l'a observé à l'état viant. Il paraîtrait, selon lui, que le Itis ou moins de dezré de nudité de 1 surface inférieure de ta queue dépend !e l'âge, et qu'il résulte probablement le l'habitude qu'il a de laisser traîner a queue à terre. La surface extérieure [e la mandibule supérieure est, chez m anima! récemment retiré de l'eau , Tun noirsaieet grisâtre, couvert d'inlombrahles petits points , et la surface xterne de la mandibule inférieure est Manche cliez les jeunes sujets, et tachetée chez les plus âgés , tandis que es surfaces internes dès deux mandi- )ules sont roses ou couleur de chair.

Les yeux de l'ornithorhynque sont ïrillants et d'un brun clair. î.es orifices îxtérieurs des oreilles que Ton découvre diflRcilement après la mort, sont 'aciles à apercevoir sur l'animal vivant, ]ui a la laculté de les ouvrir et de es fermer à volonté. Lorsqu'on le )rend et quand il est encore mouillé , 'ornithorliynque a une odeur parti- ;ulière de poisson produite probablement par une sécrétion huileuse. Les laturels le mangent volontiers ; ils l'appellent nuUangong ou tambrit.

M. Bennett fait quelques remarques sur la grande dilatabilité des téguments, en sorte que les empailleurs qui ne connaissent pas bien la struc* ture de cet animal , courent grand risque de lui donner une taille à laquelle il n*atteint jamais.

Les observations faites sur quinee ornithorhynques, tués ou pris vivants , ont donné les résultats suivants ; la longueur moyenne des mâles est d'un pied sept à huit pouces (mesure anglaise) ; la femelle est d'un pied six a sept pouces. Un mâle tué près de la rivière Moroumbidgi avait un pied, onze pouces un quart , et une femelle tuée le même jour dans la même partie de la rivière, avait seulement un pied quatre pouces. M. Bennett commença ses observations le 4 octobre 1832, 'à Mendouna, sur la rivière Yas ou York.

Les ornithorhynques , appelés par les naturels taupes (Veau , fréquentent de préférence les parties de la rivière couvertes de plantes aquatiques , et où les rives escarpées et ombragées leur facilitent l'excavation de leurs terriers. Ils sont facilement reconnaissables à leurs corps fonces qui se montrent au niveau des eaux , au-dessus desquelles s'élève légèrement la tête, et aussi aux cercles que forme, autour d'eux dans l'eau , le mouvement de leurs pattes, en nageant.

Ils s'enfuient au moindre bruit, et restent d'ailleurs rarement plus d'une ou deux minutes à la surface, mais ils plongent vivement la tête en avant pour reparaître à quelque distance plus loin. Leur action est si rapide et leur sentiment du danger si vif, que le mouvement seul du fusil suffit pour les faire disparaître promptement. Ce n*est donc qu'en les surveillant attentivement quand ils plongent, et en ajustant à l'endroit où l'on pressent qu ils doivent reparaître , qu'on peut espérer les atteindre aveo la balle.

Un jour M. Bennett fit tirer un coup de fusil sur un ornithorhynque, qui fut atteint par la balle, et retiré de 1 eau par un cnien. Au bout de quelques minutes , il revint à la vie, et s«

mit à courir, cherchant instinctivement à regagner Teau ; mais il ne survécut pas plus de vingt-cinq minutes.

M. Bennett fit plusieurs expériences sur cet individu, qui était un mâle, pour vérifier ce que Pon prétend au sujet des effets nuisibles des blessures produites par les ergots de Tornithorhynque. cependant il ne put, en aucune façon, déterminer ranimai à se servir cie ses ergots comme moyens d'attaque ou de défense , quoique , dans ses efibrts pour s'échapper, ses mains fussent légèrement égratignées par les griffes de derrière et même par les ergots. De^ expériences faites sur les sujets qui n'étaient pas blessés eurent le même résultat. Du reste, les naturels ne craignent jamais de saisir les mâles vivants.

ITne femelle fut tuée peu de temps après : elle fut disséquée ; les glandes mammaires étaient a peine perceptibles. L*ovaire gauche* contenait trois œufs de la grosseur d'un plomb à lièvre ; l'ovaire droit était moins développé, offrait moins de v^sculations , et ne contenait pas d'oeufs.

Le jour suivant trois ornithorhyn-

?|ues furent tués, un mâle et deux emelles : chez le mâle les testicules n'étaient pas plus gros que des petits pois , et le même phénomène fut observé chez un autre sujet, tué sur la Moroumbidgi, tandis que chez les premiers ils étaient de la grosseur des œufs de pigeon. Il paraît difficile de rendre compte de cette différence dans la même saison. L'ovaire gauche de l'une des femelles contenait deux œufs, et celui de l'autre un seul de la grosseur d'une chevrotine. Aucun œuf n'était dans l'ovaire droit.

M. Bennett alla ensuite explorer les bancs de la rivière pour voir le terrier d'un ornithorhynque , où les naturels avaient pris des petits l'année précédente. Le terrier était situé sur une ?>artie escarpée de la rive, et son enrée cachée parmi les longues herbes.

L'introduction d'un l)âton indiquait la direction du terrier. Il suivait un cours sinueux et avait environ vin^t pieds <}9 longueur. C*est dans ce qid

3u*un indigène avait, Tannée préeéente, pris trois petits de six à huit pouces de longueur, et couverts de poils.

Outre l'entrée dont nous avons parlé, les terriers en ont en général une seconde , sous la surface de l'eau , communiquant avec l'intérieur immédiatement dans l'ouverture supérieure.

Le contenu des poches et des estomacs consistait toujours en insectes de rivière, en très- petits poissons, mêlés avec de la boue et du era\ier, qui servent probablement à aicter la digestion. M. fiennect n'observa jamais que les herbes aquatiques fussent ajoutées à leurs aliments. Cependant on assora

Sue dans des endroits où les insectes 'e^u étaient rares on avait tué des ornithorhynques dont Testomac renfermait des plantes aquatiques.

Dans un autre terrier on prit une femelle vivante qui fut placée dans oa tonneau avec de l'herbe , de la boue et de l'eau : il ne lui fallut pa$ longtemps pour paraître parfaitement réconciliée avec sa captivité.

M. Bennett espérant maintenaol qu'il aurait le moyen de déterminer la

Question tant controversée sur la nature e l'ornithorhynque, si la femelle qu'il possédait se trouvait pleine, partît pour Sidney, le 13 octobre, emportant sa captive dans une petite botte couverte avec des barreaux de bois , entre lesquels on ne laissait que de fort petits intervalles.

Le lendemain matin il attacha une longue corde autour de la jambe de l'animal et le plaça au bord de la rivière, pour lui laisser prendre un bain. Lorsque l'ornithorhynque plongeait profondément dans l'eau claire, on pouvait facilement suivre ses mouvements; il se précipitait rapidement jusqu'au fond, nageait là pendant un court espace, et puis revenait à la surface.

Les mouvements des mandibules de cet animal étrange sont absolument semblables à ceux du canard.

^près avoir mangé, il s'étendait quelquefois sur l'herbe du rivage, puis, le corps à moitié dans l'eau , se nettoyait, et faisait sa toilette avec les pattes de derrière. Cette oocupa-

OCÉAÏÏIE.

tion donnait beaucoup de lustre à son poil. Après son second bain , il fut replacé dans sa boîle , qui ne fut pas ouverte avant le lendemain matin , lorsqu'on trouva quMl s*étdit échappé.

M. Bennett retourna à Mandouna , où la veille on avait tué une femelle dont les organes utérins prouvaient évidemment que les petits venaient d'être expulsés. Les glandes abdominales étaient développées , mais on ne put en extraire du lait ; le poil recouvrait encore la portion des téguments où venaient se terminer leurs conduits , et il n'y avait aucune apparence de mamelon. Du reste, on n'avait fm en découvrir même dans des cas où a sécrétion du lait était évidemment démontrée.

Le 8 décembre , M. Bennett quitta Brlandouna , pour aller sur les rives du I^loroumbidgi et près de Jagionjj. Ce fut sur cette dernière rivière qu'il eut occasion de voir un terrier contenant trois petits qui paraissaient nés depuis peu de temps. Ils étaient couverts d'un poil i^er, et avaient en longueur un pouce sept huitièmes. Aucun fragment de coquille ne s'observait dans le nid , et rien ne pouvait faire supposer que les petits eussent été enveloppés dans un œuf, après l'expulsion. Malheureusement on ne put transporter ces petits à Sidney , faute d'alcool pour les conserver.

Le 28 décembre , l'auteur visita une

f partie de la rivière Wollondilly , dans e voisinage des plaines de Gouiburn , appelées par les naturels Koroa , aûn d'explorer un terrier qui y avait été découvert. L'extrémité de ce terrier était à trente-cinq pieds de son entrée, et M. Bennett assure qu'on en a observé de cinquante pieds de longueur.

Celui-ci renfermait deux petits , dont le corps avait dix pouces de longueur depuis le bec jusqu'à l'extrémité de la queue. Le nid était fait de plantes aquatiques et de l'épiderme des joncs.

Peu d'instants après , on prit sur les bancs de la rivière une vieille femelle , que l'on conjectura être la mère \ mais on ne put extraire des glandes abdominales que peu de lait, comme on

devait s'y attendre , d'après l'âge des

f petits. La mère mourut à Millagong , e 1" janvier.

M. Bennett nous donne des détails intéressants sur les habitudes des ornithorhynques dans l'état de captivité et sur leurs diverses attitudes à l'état de repos. Il laissait les petits courir dans la chambre; mais la mère était si inquiète, si remuante, et endommageaittellement les murs en cherchant à- y creuser un terrier , qu'on fut obligé de l'enfermer dans une boîte. Pendant le jour elle restait tranquille et jouait avec ses petits ; mais la nuit elle s'agitait beaucoup^ et cherchait à s'échapper. Les petits mettaient dans leurs jeux beaucoup de vivacité et de grâce. Ils paraissaient prendre beaucoup de plaisir à se baigner dans de l'eau bourbeuse. Ils ne restaient dans l'eau guère plus de dix ou quinze minutes, à la fois.

. Quoiqu'ils semblassent préférer la fraîcheur et l'obscurité du soir à la chaleur et à l'éclat du jour , leurs mouvements étaient si irréguliers" gue M. Bennett n'osa pas décider s'il fallait les ranger parmi les animaux nocturnes. Ils dormaient beaucoup, et il arriva souvent que l'un dormait pendant que l'autre jouait, et cela à toutes les heures du jour.

Leur nourriture consistait en pain trempé dans de l'eau ^ en œufs et en viande hachée très-menue. Ils ne semblaient pas préférer le lait à l'eau.

MALACOLOGIE, btc.

On a recueilli sur les côtes de cette grande terre une foule de coquilles inconnues qui furent , dans les premiers temps de la découverte, grandement recherchées des amateurs, Les phasianelles abondent sur les côtes occidentales; les térébratules au port Western. Péron et Quoy trouvèrent sur cette plage la trigonie vivante, coquille qui n'était encore connue qu'à l'état iossile. Les poissons de mer sont trèsabondants et presque tous fort bons.

Malgré leurs petites dimensions, les rivières y sont aussi très-poissonneu* ses. Divers cétacés de toutes les tailles

fréquentent les cotes australiennes.

Les naturalistes- voyageurs ont fait de nombreuses découvertes parmi les mollusques et les zoophytes, propres à ces parages (*).

Après avoir esquissé Taperçu général de l'Australie, voici Tordre que nou9 suivrons pour décrire cette immense région : nous commencerons par la Nouvelle-Galles du Sud , la plus intéressante division de TOcéanie , et qui à elle seule formerait un vaste £tat : nous ferons connaître sa géographie physique , son climat , son histoire naturelle, ses villes, les moeurs de ses habitants, les colonies spéciales , composées de déportés et d'hommes libres, et les institutions. Nous gagnerons ensuite la partie méridionale de l'Australie, puis la partie occidentale; là nous décrirons des colonies composées seulement d'hommes libres , et après avoir décrit le nord de cet étrange continent, nous terminerons ces descrip- .tioris au cap York, c'est-à-dire , au point par lequel nous avons cru devoir commencer.

KOCVEIXE - GALtES DIT SUD, OIT MÉRIDIOIVALE, OU AUSTRALE.

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