‹ L'Univers; histoire et description de tous les peuplesChapitre 67 sur 122 · ATTACHEMENT PROFOND D'UN PERROQUET · texte numérisé non relu

ATTACHEMENT PROFOND D'UN PERROQUET

Voici un fait curieux ^ue Cunningham nous fait connaître a l'égard des perroquets :

« Les perroquets sont capables d\ittadiements profonds et durables, autant que les hommes , et, entre autres {>reuves, j'en citerai un que je recueillis ors d'un de mes retours en Angleterre. Un passager possédait un perroquet des montagnes Bleues , plus un beau petit perroquet qui lui avait été donne tout récemment éclos, et par conséquent incapable de se nourrir.

L'autre perroquet se chargea de ce soin, et pourvut à ses besoins avec une grande affection. L'attachement était réciproque , et semblait croître avec le temps; car la plus erande partie de la journée était employée par eux à des causeries et à de tendres caresses. Ils joignaient leurs becs et leurs cous avec toutes les apparences de l'amour, et de temps en temps l'aîné étendait ses ailes frémissantes sur son petit adoptif, comme pour le tenir de plus près contre lui. Cet échange de tendres sentiments devint cependant si bruyant et si continuel , que pour épargner de l'ennui aux passagers, on les sépara.

Toutefois, après deux mois environ de séparation , le petit perroquet réussit à s'échapper, et ayant reconnu la voix de son camarade , vola tout droit vers lui , et se cramponna aux barreaux de la cage. Ces deux petits êtres étaient là caquetant et se béquetant à travers le grillage : il y avait eu tant d'affection dans leur entrevue , que leur proprié*

taire ne voulut plus les s^rer. Cèpe»

dant, au bout d'une quinzaine, le grand perroquet mourut , et dès ei moment son petit compagnon né U plusses gambades joyeuses, mais il fui triste et morose jusqu'à notre arrivci à Bahia , où il mourut aussi. »

Page 1