OISEAUX QUI SERVENT D'HORLOGE
Il y a dans la Nouvelle -Galles des oiseaux qui observent la marche du temps pour appeler les habitants à leur tâche matinale, et les avertir de la fin du jour. Le bruit élevé et discordant de celui qu'on appelle laughing-Jackas , et aussi horloge du planteur, quand il va se jucher sur la oranche morte des plus hauts arbres, annonce que le soleil vient de se plonger derrière les montagnes, tandis que les plaintes du courlis et les cris sinistres de Técureuil volant , qui va effleurant les branches , préviennent qu'il est temps de se retirer dans la chambre à coucher. Le matin, le chant monotone du rohirohL ainsi nommé par imitation de»
ces deux mots qu'il répète sans cesse à intervalles aussi réguliers que ceux du balancier d^une pendule , annonce gu'il faut ouvrir les ^eux et penser aux affaires de la journée, car l'aube doit paraître au bout d'une demi -heure. A.lors recommence le rire bruyant du oui -oui y qui annonce que le matin commence a briller sur les montagnes le Test de la Nouvelle-Galles.
Mais on n'y entend, ditCunnlngham, ailes douces notes du merle dans les taillis, ni les gazouillements fantasti- |ues de la grive sur les jeunes arbres, ni e chant joyeux de l'alouette, quand on Kircourt de bonne heure la campagne.
Le babil du perroquet tient lieu des aosents mélodieux du rossignol. Il y a bien me alouette, mais son aspect et son rhant sont la plus misérable parodie de e charmant oiseau d'Europe. Cette Jouette s'élance bien de la terre et Qonte droit dans les airs avec quel- [ues-unes des notes de l'alouette euroléenne; mais à peine a-t-elle atteint ne hauteur de trente pieds au plus, u^elle retombe tout à coup muette, t se cache dans les grandes herbes ,
comme si elle était honteuse de ses efforts.
lÊGBlDNÉ ( AKIM AL BIZARRE }.
L'échidné'est une de ces espèces intermédiaires qui exerceront longtemps les recherches phvsiotogiaues de l'homme. Il ressembfe au nerisson et au fourmilier : comme le premier il a le corps couvert de piquants et possède la faculté de se rouler en boule ; comme le second , il a le museau long, grêle, terminé par un petit bec , et est armé d'ongles fouisseurs qui lui servent à s'enterrer promptement. Il n'a pas de dents, et sa langue (ort extensible saisit et retient facilement les inseqtes, à l'aide de petites épines qui hérissent cet organe et dont la pointe est dirigée en arrière: mais sa piqûre a été regardée à tort comme venimeuse. Ce monotrème se divise en deux espèces : Véchidné épineux et Véchidné soyeux^ qui ne ciiffèrent que par le plus ou moms de piquants.
PHOQUES, REPTILES, CROCODILES, POIS-' SONS« sTc.
Il y a trente ou quarante ans, la plage méridionale de r Australie offrait encore de nombreuses troupes de phoques, surtout de ceux qui rentrent dans le genre otarie; mais les poursuites incessantes des pécheurs qui les tuaient pour en extraire l'huile et pour en avoir les précieuses fourrures, ont singulièrement diminué leur nombre.
Certaines espèces ont même entièrement disparu , soit qu'elles aient été totalement détruites, soit qu'elles aient eagné d'autres Iles. On soupçonne que le douyong habite certains points de la cote occidentale.
Les lézards sont très - nombreux et d'espèces variées , et quelques-uns ont jusqu'à quatre pieds de long. Ils servent de nourriture aux oiseaux de proie. L'un d'eux , découvert par Cunningham sur la côte nord-ouest, long de deux pieds, est paré d'une large meml)rane sur le derrière de la tête et autour du cou , et cette espèce d'écharpe lui donne un aspect tout à fait extraordinaire.
Les gouanas sont en général d^uo
fUWIVERS.
brun sate, et txeèâent rarement quatre pieds de long. De même que Tespèce plus petite, lelézavd, iii renf^ourdisiiept «n bivert et dans cette saison on Jes trouve étendus aur les chemins , iK)miT)e morts. Les indigènes les prennent en cet état , et ils sont déjà à demi l^é^s quand ils sortent de leur torpeur. . Les grenouilles sont d'un beau irert mat , avec des bandes jaunes tout le long du dos, qui est tacheté de noir ; elles grimpent aux branches , et souvent se glissent dans les appartements, où elles montent après les rideaux des lits ou les corniches, jusqu'au plafond. Il n'est pas rare d'être réveillé le matin par les rauques coassements d'une de qes visiteuses.
La tortue verte existe sur plusieurs points.
Les rivières abondent en poissons; la perche et l'anguille surtout y foisonnent et l'on y trouve aussi des chevrettes et des moules qui ont quelquefois six pouces de long , et trois pouces et demi de large. Il y a des crabes bleus de la plus grande beauté. Les crocodiles sont fort grands et nombreux dans quelques canaux, mais moins que dans le nord de TAustralie. Parmi les céticés on trouve les dauphins et les marsouins ou cochons de mer {sus maris). Le reflux laisse quelquefois sur la grève un poisson étrange qui , à l'aide de ses fortes nageoires , saute comme les grenouilles.
On a recueilli sur les plages une foule decoquilles inconnues, tort recherchées
Sar les amateurs, ainsi que de granes éponges, de zoophytes et polypiers curieux, communs à la côte nord de l'Australie.