ÉLOGR ET DÉFENSE DES AUSTRALIENS
M. Cunningham dans ses jugements sur les Austrdliens montre assez d'impartialité; M. Laplace est très-sévère sur leur compte, ainsi gue sur les Nouveaux-Zeelandais. Mais il est consolant de trouver de temps en temps un témoin oculaire, instruit des faits, qui , après avoir longtemps vécu avec eux , prend la défense de ces enfants de la nature, et dépose en faveur de leur aptitude à participer aux bienfaits de la civilisation. M. Robert Dawson est da petit nombre de ces véritables philanthropes. Placé dans les circonstances les plus favorables pour observer les habitants primitifs de TAustralie, et apprendre à connaître leur caractère, il les dépeint d*une manière très- intéressante ; son ouvrage d'ailleurs renferme des détails très-instructifs sur le pays, et des avis utiles pour ceux qui veulent aller s'y établir.
M. Dawson se rendit à la Nouvelle- Galles du Sud en 1825, comme agent principal de la Compagnie australienne»
charge d'organiser la petite colonie du Port-Stephen : il y resta trois ans; en qualité de directeur de cette station, il se trouva continuellement en contact avec les indigènes, et, dans ses voyages à l'intérieur du pays, il eut occasion de les connaître encore plus à fond.
a Plusieurs voyageurs, dit -il, qui ont visité des peuplades encore sauvages, n'ont trouvé parmi elles que barbarie et férocité. Quant à moi , l'ai eu le bonheur de trouver parmi les habitants du midi de la Nouvelle-Galles du Sud, des êtres qui, (]uoique élevés dans la plus parfaite ignorance, et étrangers à tout ce que l'on peut appeler civilisation, renferment pourtant dans leur cœur le germe de tout ce qui est bien L'état de ces pauvres aborigènes n'inspire nul intérêt aux colons qui forment le projet d'aller s'établir dans la Nouvelle-Galles du Sud. Pour
tu
pe procurer les renseignements dont ces colons croient avoir besoin, ils s^adressent communément au premier venu qui leur dit avoir visité la Nou- Telle-Calies : souvent il se trouve que celui-ci n*est jamais sorti de Sidney, et ne connaît d'autres indigènes que les Diisérabies pervertis par leurs relations avec les Européens, qui infestent les rues de cette ville. Il n en juge pas moins du peuple tout entrer d'après quel(]ues individus qui n'en sont que la lie, et en fait un portrait aussi faux que repoussant. » '
M. Dawson paraît croire que toutes les tribus de l'Australie appartiennent au même peuple, quoiqu'il reconnaisse qu'elles cfllfèrent entre elle^ sous le rapport de la langue et des mœurs. Jadis on supposait que les indigènes habitant à 1 ouest des montagnes Bleues, étaient d'une autre race que ceux qui vivent sur la côte; mais notre auteur s'est convaincu qu'ils avaient tous une origine commune, quoiau'il se trouve des différences essentielles dans leur langage. Une observation digne de remarque, c>st que M. Dawson n'a pas trouvé le moindre vestige d'anthropophagie parmi les tribus qu'il a visitées; quoiqu'il ait souvent entendu les Européens, ou les indigènes les en accuser ; mais c'est qu'ils voulaient , par ce reproche, avilir leurs ennemis aux yeux des blancs. Ses investigations lui ont prouvé que ce repruclie n'était nullement fondé; une accusation individuelle de ce genre, qui dunna lieu à des perquisitions juridiques, se trouva n'être qu'un fiiensonge hiventé pour fortifier d'odieux préjuges contre ces malheureux (*).
(^e peuple sauvage n'a nulle idée de gouvernement ou d'organisation sociale. Les tribus ({ue M. Dawson a visitées n*ont pas même un chef unique.
Chaque tribu se subdivise en familles indépendantes qui habilent le même district, mais qui ne reconnaissent aucun chef commun. Les families qui
(*) Néanmoins nous avons prouvé que le GRnuibalisme existe chez quelques Iribus ItusU^eones.
appartiennent à la même tribu n réunissent quelquefois pour célchrar certaines fêtes, ou pour délibértr sur des intérêts conimuns ; mais à roniinaire chaque famille vit isolée et m s'oQcupe qm de son eutretien particulier ; elles ne s'associent que pour les grandes chasses au kangarou, dout le produit se répartit parmi toutes les litmilles de la tnbu. L absence de tout gouvernement est compensée |iar Tautorité des chefs de famille qui exercent une domination patriarcale. Tant que le père vit, il conserve son influence sur ses enfants mariés ou non mariés, et s'il vient à niourir, la mère succède à tous ses droits. Lorsque tous sei enfants se marient de son vivant, celle-ci va demeurer chez l'un d'eui et y conserve toujours Tattitude de chef de famille. Les parents sont pleins de tendresse pour leurs enfants; ceui-ei de leur coté témoignent à leurs parents le plus grand respect et le plus grand dévouement. »J'ai vu, dit M. Dawsoo, j'ai vu à Port-Stéphen un iudigèiie oui , à la Gn de chaque journée , avant ue toucher au 'frugal repas qu'il avait gagne à la sueur de son front, faisait encore plusieurs milles pour aller le porter à sa mère et le partager avec elle. ^
« Les aborigènes de la Nouvelle^aliei n'ont presque point d'idées religieuses.
Ils croient que ceux qui meureut vont dans un autre pays, y sont traQsf(U^ mes en hommes blancs, et reviefr nent plus tard dans leur patrie. Cette doctrme de la métempsycose, quelque peu développée qu'elle puisse être ciieï eux, est gravée si profondëiuenl dans leur imatjination , que toutes les foK qu'ils croient remai^uer une sorte « rt'ssem. lance entre un homme blanc et un de leurs amis qu'ils ont perdjii ils sont persuades de leur identité. 1» attribuent cette transformation à un être malfaisant qu'ils appellent Coi/Mt qui, disent-ils, est l'auteur du tonnerre, des inondations et des malauifr Du reste ils ne savent autre clwse * cet être, sinon qu'il a la forme humaine, et qu'il se plaît à tourmenter»
à effrayer les noirs : ils n'ont aucune
OCÉANIE
id^ d'une divinité bienfaisante {*). »
A la mort d*an indigène de la P^ûuveile-Gailes, ses parents et ses amis survivants s'enduisent le visage et toute ia tête, de terre glaise, en signe de deuii; et les femmes se font à la cuisse des brûlures assez fortes pour gêner leurs mouvements pendant quelques jours.
Ils enterrent leurs morts en secret, et choisissent une place rapprochée du lieu de leur -naissance; ils ne permettent à aucun homme bkinc d'assister à Tenterrement. Jamais ils ne prononcent le nom de leurs amis décédés , et s'ils y font allusion, c*est toujours avec une expression de tristesse et de douleur.
On sait que les sauvages, en sénéral, sont assez enclius au vol et à la dissimulation avec les étrangers. Quant à ceux de la Nouvelle-Galles, M. Dawson avoue qu'ils ne sont pas absolument étrangers à ces vices; mais il assure
2ue lorsqu'on leur montre de la conance, ils sont pleins de probité, et il cite des faits qui déposent en faveur de leur désintéressement et même de leur véracité.
Un autre trait de leur caractère, qui les distinguerait avantageusement de la plupart des peuplades sauvages, c'est la délicatesse et la décence qui se manifestent, selon leur avocat, dans les rapports entre les deux sexes. M. Dawson cite plusieurs exemples
3ui prouvent jusqu'à quel point les inigénes sont sensibles aux bons traitements, et susceptibles de reconnaissance. Dans un de ses voyages de Sidne^ à PortrStéphen , il rencontra au milieu d'une forêt un homme et une femme , tous les deux assis près de leur feu -, la femme souffrait de violents maux d'entrailles; le mari en paraissait fort occupé, la soutenait dans ses bras, et lui faisait à tout moment changer de position , afin de lui procurer un peu de soulagement.
M. Dawson lui Jonna une potion qui lui fit du bien , et continua ensuite son
(*) M. Cunningham cite au contraire un l>OD esprit , qu'il nomme Coyan , et ie mau- •y9^ efpri^ seloo lui, est appelé Potojan,
voyage. Un an plus tard , il arriva un jour près d'un camp d'indigènes.
Aussitôt il vit accourir à lui ce( homme et cette femme qui lui rappe-* ièrent le service qu'il leur avait rendu, et tout le camp I entoura avec des démonstrations ae reconnaissance et d'affection. «Les Australiens, dit M. Dawson , ne connaissent point le sentiment de la vengeance, et quoique souvent maltraités par les Européens , ils sont toujours disposés à leur pardonner. »
Cette assertion nous paraît trop partiale.
Comme ils dépendent pour leuj:
nourriture de ressources' très- précaires, ces indigènes sont souvent danç le cas d'éprouver la faim; lorsnu'iU ont des provisions abondantes , us se livrent à leur voracité naturelle. Cependant , M. Dawson assure qu'il leK a toujours trouvés prêts à partager leur repas avec lui , et à lui donner même les aliments qu'ils aiment le plus, tels que le miel sauva[;e et U gomme de mimosa. Jamais il ne les a vus manger de la viande crue ou de la chair des animaux tombés en putréfaction.
Les détails que donne sur le caractère des Australiens aborigènes, leur noble défenseur, et les faits qu'il racoi)te,montreraient jusqu'à l'évidence que c'est un peuplepaisible, enjoué, sociable, innocent et susceptible d'être civilisé, pourvu qu'on le traite avec douceur et bonté. Mais comment l'a -t- on traité jusqu'à présent? Quels sont les moyens employés par les colons pour développer son caractère? M. Dawson nous raconte que les déportés, lorsqu'ils se trouvent à de grandes distances du chef- lieu de la colonie , considèrent ces malheureux noirs comme des bêtes féroces , et les tuent â coups de fusil pour le moindre motif.
Un ministre protestant a conGrmé le blâme de IVl. Dawson en rendant compte de sa visite pastorale à Van- Diemen. « Il est affligeant, dit- il, qu'après un demi -siècle de relations suivies avec un peuple chrétien , ces malheureux soient encore dans le même état d'ignorance et de dégénéra-
tion où ils étaient primitivement ; je crains même que T influence de notre établissement dans le pays n'ait em-
{nré leur condition. Leur contact avec es Européens leur a fait [)erdre peu à peu les qualités qu*ils avaient auparavant, et leur a fait contracter nos vices. Uien aussi n'est, plus révoltant
Eour les voyaseurs nouvellement déarqués que de voir ces malheureux Australiens réduits à un état voisin de la brute, par Tusage immodéré de Feau-de-vie, auquel les Européens, poussés par une sordide cupidité, les encouragent, au lieu de les en détourner. » *
En voyant les expressions hostiles dont se servent les colons de la ISouvelle-Galles du Sud, et du pajs de Van- Diemen , en parlant des habitants primitifs de ces contrées , on peut juger de leurs dispositions envers ces êtres infortunés. Oxley parle fréquemment de h féroce perfidie des Australiens fiauvages. Les çazettes de Sidney, il y a quelques années, faisaient allusion à un projet d'empoisonner les aborigènes qui vivent sur les bords du lac Hunter, comme un moyen eflicace de se débarrasser de ces voisins incommodes.
Dans le pays de Van-Diemen , on traite les indigènes comme s'ils étaient mis hors la loi. Le Tïmes colonial disait dans son numéro du 6 juillet 1827 : « La semaine dernière , les colons établis au delà de la seconde ligne de l'ouest ont tué un nombre immense de noirs. On les avait cernés pendant qu'ils étaient assis autour de leurs feux, et on les canardait à une distance de trente yards. » Mais rien ne donne une idée plus frappante de la manière dont les colons envisagent les noirs , que le plaidoyer d'un savant avocat , le docteur Wardel , qui défendait un Anglais , traduit devant les tribunaux pour un meurtre commis avec préméditation sur un indigène. Se fondant sur l'autorité de lora Bacon , de Puffendorf et de Barbeyrac , lavoo^it osa prétendre qu'un sauvage ou anthropophage (on soutenait que l'indigène en question l'était) se trouvait proscrit par la loi naturelle, et que par conséquent
un meurtre commis sur lui fit pottvait pas être considéré comme no crime ! ! !
Les Anglais repoussent peu à pen les habitants primitifs dans l'intériear, il en résulte de temps en temps des conflits sanglants. Dans la TasmaDie les colons sont en guerre ouverte avec les noirs papouas de cette Ile, plus intrépides que ceux de l'Australie, mais qui n*en succomberont pas moins à la longue, vaincus par la tactique des Européens qui se sont emparés de leur pays. Un Anglais qui , à lui seul, avait tué pour une bagatelle dix indigènes sur les bords de la rivière Karuah, poussait Tatrocité jusqu'à s'en vauter auprès de ses camarades. Faut-il s'étonner si , après de tels excès, les naturels cherchent à se venger surtout Européen qu'ils soupçonnent appartenir au parti de leurs oppresseurs? ft est-il permis de donner lenomdebaiiures, de perfides à des êtres qui ne foot autre chose que suivre l'instinct leplos naturel à l'homme, celui de sa propre conservation ? « Il est allligeant, dit M. Dawson , de voir d'anciens colons de la ^ouvelle-Galles calomnier le caractère et les dispositions naturelles des indigènes, et les juser d'après quelques familles dégénérées , qui tîvent d'aumônes dans les établissanents de la colonie, et qui , en contact avec les Européens , ont échangé leur simplicité primitive contre Tivrognerieet autres vices des peuples civilisés. Ce ne sont pas là les véritables Australiens ; pour les connaître et les app^^ cier au juste ^ il faut pénétrer dans l'intérieur du p^iys , loin des établissements britanniques. »
MOYENS EMPLOYitS KT A EMPLOYER ««> CIVILISER LES ACSTAAUENS HOIRS.
La Providence a-t-elle ju^é à propos de n'accorder à une partie du geort humain qu'une dose d intelliçenoe tellement faible, que les individus dort elle se compose ne puissent s'élever aadessus de I instinct animal ? La Providence a-t-elle donné à une nation civilisée le droit d'eulever à un peup^*
OGÉANIE.
moins intelligent que les Européens , le sol qu*elle lui avait assigne pour y trouver sa subsistance ? Quand même on répondrait afGrmati\ement aux deux questions , encore resterait - il à
Frouver que les habitants primitifs de Australie, quoique appartenant en effet à une race inférieure en intelligence, n'appartiennent pas à Thuma- Dite.
Jadis c'était la mode de considérer les noirs africains comme incapables d'ac-
auérir la civilisation ; et cette manière e voir, combinée avec la cupidité mercantile , donna naissance à la traite et à Tesclavage des noirs en Amérique et aux Inde-s orientales. Aujourd'hui , tout en avouant ' leur infériorité , nous devons rendre justice à Tintelligence et au caractère des Africains; mais les malheureuses conséquences dé Tancienne erreur subsistent encore, du moins en grande partie.
Que le passé serve donc de leçon pour l'avenir, et que l'on se garde de rendre hommage par des motifs d'intérêt à une théorie dont les résultats pourraient devenir aussi funestes f>our l'Australie, qu'ils l'ont été pour e nouveau monde.
Nous avons dit que, jusqu'à présent, on n'a rien fait pour la civilisation de l'Australie; bien plus, les relations des colons européens avec les habitants primitifs n'a eu pour ceux-ci que des résultats funestes. Bigge^ dans son rapport ofGciel , fait un triste tableau des fruits que le mauvais exemple des Européens a produits parmi les peuples de l'Australie et de la Polynésie, et reproche avec raison aux blancs d'abrutir les noirs par l'exemple ûts boissons , de la débauche et de la violence.
M. Buxton a appelé dernièrement Tattention de la chambre des cominunes sur les exactions qu'exercent les colons anglais à Féeard des naturels du pays qui forment les colonies de la Grande-Bretagne : « Nous les dépouillons, a dit Torateur, de leurs terres, de leurs biens, et petit à petit nous les exterminons. La chambre pourrait se rappeler que la vie et la fortune de qua-
tre à cinq millions d'âmes ont été ainsi sacriûées autrefois aux Indes orientales; qu'au cap de Bonne-Espérance la population des indigènes s'élevait à un million d'habitants ; que l'Australie et la Polynésie en comptaient plus de deux millions. Eh bien, partout ou l'influence britannique s'est manifestée, la population des naturels a beaucoup diminué.
En 1803, l'Angleterre prit possession de nie de Van Diemen , et, depuis , la population indigène a été détruite. La dernière acquisition faite par l'Angleterre au cap de Bonne-Espérance, n'a« vait pas plus de deux arpents d'étendue, et maintenant, à force de porter la destruction parmi les naturels , elle y possède cent vingt mille lieues carrées. »
Il est hors de doute pour nous, que les Australiens sont susceptibles d'être civilisés; nous croyons pourtant que l'œuvre de leur civilisation doit rencontrer de grands obstacles : le plus difficile à vaincre , est sans doute l'espèce de charme que la vie errante et vagabonde a pour un peuple étranger aux jouissances de la vie sociale. Pour y réussir, il faudrait d'abord empêcher tout contact entre les indigènes et les déportés , gens disposés à la violence , et dont l'exemple est fait pour exercer une influence funeste ; ensuite il faudrait tâcher de gagner peu à peu leur confiance , et de les préparer ainsi à recevoir des leçons de civilisation; mais il ne faut pas se dissimuler que plus d'une génération devra disparaître, avant que les Australiens échangent leurs habitudes sauvages contre celles des nations civilisées.
Si autrefois TAngleterre a fait de grandes fautes , si on peut lui reprocher des crimes dans l'Inde comme aux Espagnols dans l'Amérique , si les reproches que lui adresse l'honorable M. Buxton sont vrais, à l'égard des indigènes de l'Australie et de la Tasroanie , il faut convenir qu'aujourdMiui elle est entrée dans une meilleure voie , et que les indigènes sont mieux traités. Il ne faut pas confondre quelques hommes sans humanité avec un gouvernement et une nation. D'ait-*
tiê
leurs, on a commencé à faire participer la population indigène à la civili- Éatlon au moyen des missionnaires.
Rous croyons que Tunique moyen de Salutpour eux, c'est de l'adopter, sinon, fis s'éteindront peu à peu devant les tnîaïïts de r£urope.
ESTAIS OB tnriLISATlON.
Il y a à Port- Jackson , dit Cun* taingham, une institution où les enfants des naturels étaient élevés, et d'où ils sortaient à l'âge de puberté, sachant très -bien lire et écrire; mais comme ils restaient agglomérés sans contact avec les Européens, ils conservaient intacts leurs instmcts et leurs idées premières, et* ils reprenaient leurs vieilles habitudes dès qu'ils étaient rendus à la liberté.
Depuis, on a préféré, avec raison, les séparer; les garçons sont placés dans Fasile des orpnehns blancs , et les fllles dans Tasîle aes orphelines. Là, mêlés avec une nombreuse population blanche, ces enfants prendront graduellement les manières de leurs compagnons.
Parmi les bienfaits que les Australiens devront à la nation anglaise, nous mentionnerons une somme annuelle de cinq cents livres sterling , destinée à Tentretipo de deux missionnaires que la société des missions de Londres a dhargés naguère de prêcher TÉvangile aux indigènes de cette Immense contrée , et de leur faire connaître les avantaî^es que leur assure la morale évangélique. Le gouvernement emploie de nouveaux procédés et un meilleur traitement envers les convicts et les planteurs; aussi a-t-il acquis la certitude de faire valoir des terrains que l'on avait dédaignés jusque-là à cause de leur mauvaise qualité.
En effet , chaque concession est déjà changée en un jardin , garni de fleurs et de légumes; leurs plates -bandes entourent la maisonnette , oi^, en attendant qu'il ait fait construire une demeure plus digne de lui , le propriétaire vient le dimanche se reposer (te ses fatigues.
« Mais , dit M. Laplaoe, ft fioot mtout les fonctionnaires qui sont deT^ DUS possesseurs de terres obtenues à dei conditions ordinairement très-aTantageuses. Aussi s'oocupent-ils beaueoop plus de leurs intérêts présents et à v» nir, que de ceux delà métropole. Déddés pour la pin part à s'établir en Âastralie ou à Van-Diemen, commeot oseraient-ils défendre franchement le pouvoir contre des colons turbulents?
Gomment des hommes qui sont destinés à retomber dans l'obscurité s'ils mmnent en Europe à l'expiration de leur charge, manqueraient-ils l'occasion de faire leur fortune aux déuens d'un gouvernement qui senfible les encourager à l'abandonner? On ne doit donc pK s'étonner que les gouvernants rencontrent tant de difficultés dans rexe^ cice de leurs fonctions. Ils ont souvent pour adversaires des gens qui Javeitlc encore étaient les conseillers, etdorf l'opposition est en raison du besdo qu'ils éprouvent de se faire pardoui»
par les habitants leur autorité jBSSft La cour de Londres, si prudente ordinairement, paraît avoir oublié, dans cette circonstance , qu'aux colonial plus qu'en Europe peut-être, les dépositaires de son autorité doivent ncfiseulement être intègres, desintéresstf et ne viser qu'à servir loyalement l«r pays , mais encore occuper une position tellement indépendante de toute espèce d'influence de la part des adn»nistrés, que jamais aucun motit « puisse les porter à trahir la cause da gouvernement. » Nous croyons à iJ justesse dei cette observation.
MÉTHODE DK Là COLONISATION AKCIi» RÉFLEXIONS k CE SCJET.
Pour bien comprendre la colonis^ tion anglaise de la Nouvelle-Galles, q« nous pouvons étudier avec fruit, nooi ferons connaître quelques règlemeo»
utiles sur les conditions des concessions de terres accordées aux coiot».
sur les traitements des employés» pI*J les avantages accordés aux mîlitairesfl même aux déportés,ainsi que les moytf| qu'emploie le gouverncmeot angi»
OCÉANIE
en Australie. Mais, tout en considérant le gouvernement et la nation anglaise comme plus habiles qu'aucun peuple et qu'aucun gouvernement en matière de colonisation , nous ne prétendons pas dire comme certains de nos compatriotes, aue nous n'y entendons rien nous-mêmes. On peut blâmer sans doute nos tâtonnements et nos fréquents changements de systèmes administratifs dans la partie dé TAfri- |ue septentrionale que nous possédons et qu'on nonmie Algérie inexactement, car le nom exact géographiquemeiit et historiquement serait celui de Mauritanie. Le plus grand mal , c'est qu'on n'a guère envoyé que des hommes qui crurent connaftre les moeurs des Arabes par les journaux et les revues, où nous ïvons si souvent lu les choses les plus étrangement erronées, au lieu de con- Qer Padministration du pays à des lommes qui avaient vécu longtemps ivec les Musulmans. Mais en remontant plus haut, nous trouverons que le zrime de Pesclavage et de la traite, qui Stait chose ordinaire en ce temps-ia , îomme il l'est malheureusement encore dans la plupart des colonies, et a prospérité des établissements des français au Canada, à la Louisiane et uirtoutà Saint-Domingue (aujoi>rd'hui État indépendant sous le nom d'Haïti), sont le meilleur argument en faveur ie l'opinion, que nous aussi nous poui^ions coloniser habilement un pays , 3uisque nous l'avons déjà fait, nien ivant les Anglais; et à ceux qui se plaignent des cent millions que nous îodte Alger, il faut apprendre que l'Australie a coâté plusieurs milliards, ivant que les recettes surpassassent les dépenses.
Quoi qu'il en soit, nous allons extraire les règlements du gouvernement je la colonie de la r^ouvelle-Galles, à regard de la manière d'administrer ce pays. C'est le seul moyen de comprendre les nombreux rouages de cette immense machine. ^
Il a été décidé, par le gouvernement britannique , qu'à l'avenir aucune terre de la couronne ne sera concédée anitrement qu'en vente publique.
La totalité du territoire de la colonie sera divisée en comtés, cantons et paroisses, de manière que, lorsque cette division sera achevée, chaque paroisse comprendra une surface de vingt-dnq milles carrés environ.
Tous les terrains qui jusqu'ici n'ont pas été concédés, ou ne sont pas employés à quelque service public, seront mis en vente^; le prix dépendra de Ift qualité de la terre et de sa situation; mais, dans aucun cas, il ne pourra être au-dessus de cinq schellings par acre.
Les personnes se proposant d'acquérir des terres dont la vente n'est pas annoncée, en feront au gouvernement la demande par écrit, dressée suivant un modèle particulier, qui leur sera délivre par I ingénieur en chef, moyennant un droit de deux schellings six pences.
Ces personnes pourront choisir, dans les limites déterminées, la portion du sol qu'elles désirent acheter de cette manière. Alors cette portion sera mise en vente pendant trois mois, puis concédée au plus offrant , pourvu toutefois que le prix offert ne soit pas audessous de cinq schellings.
L'acheteur aevra déposer, au moment de la vente, le dixième de la valeur totale de la concession , et payer le reste un mois après, à compter du jour de l'adjudication , à moins qu'il n'ait pas été mis en possession de sa propriété. Dans le cas où le pavement n'aurait pas eu lieu au terme fixé , le marché sera déclaré nul et le dépôt confisqué.
Au payement complet de la concession, un contrat, dressé sous la forme d'un fief absolu , à la rente nominale d'un grain de poivre, sera donné à l'acquéreur (}ui , préalablement, aura paye un droit de quarante schellings au secrétaire colonial pour préparer l'acte, et un autre droit de trois schellings au receveur de l'enregistrement.
Les terres seront mises généralement en adjudication par lots d'un mille carré ou six cent quarante acreà: des lots moins considérables pourront cependant être achetés dans certaine»
circonstances ; mais alors on adressera rantles que lui et sa famille résiderait au gouvernement une demande conte- au moins sent années dans rétablisseliant l'explication bien claire des mo- ment, et il aevra aussi pourvoir aw tifs qui font désirer une aussi petite frais de son passage et de celui de sa surface de terrain. famille, d'Europe dans la colonie.
La couronne se réserve le droit Les officiers de la flotte et des
de construire des ponts et des routes troupes de la marine jouiront de os
partout où rintérét général Fexigera , mêmes avantages et aux mêmes conài-
ainsi que de prendre des arbres indi- tions.
gènes , des pierres et d'autres maté- Soldats congédiés.
ripux fournis par le sol, pour rentre- « Les bas ofGriers (sous-officiers) et
tien ou la réparation des ouvrages les soldats congédiés du service, (fou
publics. Elle se réserve encore la pro- rinteiition de s^établir dans la cofe*
priété de toutes les mines de charbon nie, recevront des concessions gratoi-
et de métaux précieux. tes dans les proportions suivantes :
Le gouvernement de Sa Majesté Sergents 300 acres.
ayant jugé convenable de substituer Caporaux et soldats. . 100 de nouveaux règlements à ceux en vi- Le 6 mars 1832 , Son Excellence gueur jusqu'ici , touchant la vente des le gouverneur Ht savoir que le gouTe^ terres, il est devenu nécessaire de mo- nement a modifié le système descoodifier les mesures qui ont rapport aux cessions de terre dans les colonies bricolons militaires , et dont le coniman- tanniques, en Amérique et en Aostradant en chef a donné connaissance à lie , de manière à garantir aux offiden l'armée parles ordres du jour, datés de Tarmée, désirant devenir ooloos, de juin 1826, mai 1827, et août 1827. des avantages calculés d'après iesr
Sa Majesté avait été priée de vou- grade et leur temps de service,
loir bien déclarer que les avantages A Ta venir, les offîciers militaire
accordés aux ofQciers de Tarmée par qui achèteront des terres confonuè-
ces ordres du jour, seraient mainte- ment aux règlements suivis dans (%sco-
nus, et que même, dans le but de faire lonies, auront droit , suivant leur grade
jouir chaque officier, en particulier, qui et leurs services , à une remise sur le
voudrait aller s'établir à la Nouvelle- prix d'achat, d'après l'échelle suivante»
Galles du Sud et à Van-Diemen , des en présentant toutefois des certifiai
bénéfices provenant de la commission du général commandant en chef,
des terres, les mesures suivantes se- opficiebs supebieubs.
' raient adoptées. Vingt-cinq ans de service et
Les officiers qui désireront deve- au delà, en tout SOOl.st-
nir colons ne pourront, de même que Vingt ans 260
tous les autres individus, se procurer Quinze ans 200
des terres qu'aux ventes publiques; capitaines.
mais ils auront droit à une remise sur Vingt ans et au delà , en tout 200
le prix d'achat, dans les proportions Quinze ans et au delà .... 150
au-dessous , pourvu toutefois qu'ils officiebs subaltebnes.
S résentent un certificat de bonne con- Vingt ans et au delà , en tout \50
uite et d'un caractère sans tache, si- Sept ans au moins, en tout. 100
gné du commandant en chef. Les officiers de la flotte et des troi'
Les officiers ^ui ont vingt ans de pes de la marine auront droit à des
service et au delà auront une remise remises semblables , suivant Fassioû-
de 300 1. st. lation de leur grade et leur temps de
Quinze ans et au delà. . 250 service.
Dix ans et au delà. . . . 200 Bureau du secrétaire cohmaL
Sept ans et moins de dix. 1 50 sîAmj, o mai iiit.
Chaque officier qui voudra jouir Règlements d'après lesquels Jtf
de cette faveur devra donner des ga- 30us-o{Gders et les soldats Uceaao
OGÉANIE.
des régiments servant à Test du cap de Bonne-Espérance recevront des concessions (Te terres à la Nouvelle-Galles du Sud.
Les sous -officiers et les soldats désirant s'établir dans la colonie, pourront acheter des terres aux ventes
f>ub]igues, et recevront une remisç sur e prix d'achat dans les proportions suivantes :
Sergents, 50 liv. sterl. ; caporaux et soldats , 25 liv. sterl.
Les sous-officiers et les soldats qui se proposeront de s'établir aux conditions ci-dessus , devront s'adresser au bureau du major de brigade à Sidney , par une demande imprimée, Inquelfe, étant dûment remplie, sera déposée au bureau du secrétaire colonial. »