‹ L'Univers; histoire et description de tous les peuplesChapitre 92 sur 122 · ILES ÉLOIGNÉES DE L'OCÉANIB ET QUI DOIVENT T ÊTRE COMPRISES · texte numérisé non relu

ILES ÉLOIGNÉES DE L'OCÉANIB ET QUI DOIVENT T ÊTRE COMPRISES

lïous avons placé la terre de Ker^ guelen et même les Ue* de SoM-Pierre ou Amsterdam , de Saint-Paid et de Ch€igoSj dans notre carte de POcéa^ nie* et dans nos divisions de cette cinquième partie du monde, parce que les géographes ne savaient trop où les placer. D'ailleurs Kerguelen étant située à une distance à peu près égale de l'Australie et de l'Afrique ; les îles Saint- Pierre et Saint-Paul étaut plus rapprochées du premier continent que au second , et les lies Chagos étant plus voisines de la Malaisie, elles appartiea*.

pent doDO toutes, en quèlqike sorte, à rOcéanie, d'autant plus qu'elles sont le siège de la pàshe des phoques et des éléphants marins, qui semble particulièrement a£fectée à cette partie du monde,

TERAK DK KElIfiVELElf OU ILB HB IJk DÉSOLATIO!^.

La terre de Kerguelen y ainsi nommée du noin du navigateur français qui la découvrit en 1772, et nommée plus tard par Cook lie de la Désokh tioiiy lorsqu'il la visita en 1779, est une contrée déserte d'environ quarante lieues de longueur et de vingt de lar-

5eur. Elle est située par le 48° 41' 16'* e latitude sud , et 66*" 42' 0'' de longitude est (havre de INoèl). Sa superficie est d'environ treize cent cinquante lieues carrées, de vingt-cinq au degré*

Les rochers arides environnés de ^la* çons , l'absence prescjue totale de ve^zétation, ne doivent point avoir leur cause dans la rigueur du dimat, mais plutôt dans l'éloignemeut de toute terre assez étendue pour écliauffer par son voisinage, et pour développer dans le sein de cette île la puissance végéta-, tive. Elle n^est guère fréquentée que par des phoques et des éléphants qui viennent y déposer leurs petits , et par des canards , des noouettes et autres oiseaux de mer. Elle possède plusieurs ports ejjcellents , qui pourraient procurer d'immenses avantages aux intrépides baleiniers.

Cook fit une courte reUcbe au havre de ?ioël, et Anderson, soi} chirurgien, profita de ce séjour pour examiner le pays sous tous les rapports. L'Ile Q*a peut-être p«^ Sté explorée dej^is, si ce n'est par un capitaine baleinier américain de nos amw.

HISl'OIRE M ATHULLE.

Aucune des terres découvertes jusqu'ici dans l'un et l'autre hémisphère à la même hauteur, n'offre peut-être un champ moins vaste aux recherches des naturalistes que VWt de Kerguelen.

osouNim.

Les rochers de eette lenre aride

tco

sont peo élerës; et cependant Gook trouva la plu|)art de leurs sommets couverts de neige, à cette saison de l*année qui correspond à notre mois de juin. Le pied ou les flancs de gueiques-uns de ces rochers lui offrirent une quantité considérable de pierres, entassées d'une manière irrégulièrè.Les flancs des autres rochers , qui formt^nt du côté de la mer de nombreux escarpements, en sont séparés par des Assures , et ces parties sont d'autant ^lus prêtes à tomber, qu'il y a dans les cre- \asiies des pierres aune crosseur énorme. Anderson croit qu'ilfaut recourir aux tremblements déterre, ou 1 d'autres commotions violentes, pour expliquer l'état de bouleversement où se trouvent ces rochers.

il doTt presque toujours pleuvoir sur cette t.e ; car les lits des torrents qu'on apen^oit de tous côtés, sont trèsvastes, et le pnys, même sur les col« lines, n'est presque qu'une fondrière et un sol marécageux, où l'on enfonce à chaque pas.

Les rochers qui servent de base aux collines sont composés principalement d'une pierre très-dure, d un bleu foncé, entremêlée de quelaues particules de mica ou de quartz. Il semble que cette pierre est une des productions les plus universelles de la nature , car elle remplit toutes les montagnes de la Suéde y de V Ecosse, des îles Canaries, et du cap de Bonne-Espérance, Une autre

Ïâerre cassante, et de couleur brune, orme, dans llle de Kerguelen. des rochers considérables; une troisième, qui est plus^noire, et qu'on trouve en fragments détachés , renferme des morceaux de quartz ^ossier. On y rencontre aussi de petits morceaux de grès, d'un iaune pâle ou couleur de pourpre, et d'assez gros morceaux d'un quartz demi-transparent , qui est disposé irrégiUièrement en cristaux polyèdres, de forme pyramidale, et qui offre de longues libres luisantes. On voit dans les ruisseaux de petits morceaux de la pierre ordinaire, arrondis par le frottement; mais aucun d'eux n'a assez de dureté pour résister à la lime. L*acide nitrique oe mord pas

sur les autres pierres , et f aimant vt

les attire point.

On n'a rien découTert dans cette 1k ui eût l'apparence d'un minerai n] 'un métal.

PHTTHOLOGIB.

I^ verdure qu'on aperœit àKcrf»

len, lorsqu'on est à peu dedistaoïtè la côte, donne l'espoir d'y trooferni assez grand nombre de végétaox; bm on est trompé par l'apparence, l'oepe tite plante, peu différente de quei^ espèces 6e saxifrage, produit cetteifr dure ; elle croit en larges touffesdaflsa espace qui s'étend assez loin sur ta flancs des collines, et forme une»

face assez grande. On la renrootit sur de la tourbe pourrie, dans laqodk on enfonce à chaque pasd'uo piédsi deux. On pourrait, au besoin, séte cette tourbe et la brûler : c'est la«ik chose qu'on y a trouvée propre à «i usage.

Il y a une autre plante assez àtr dante sur les fondrières de la croqt des collines : sa hauteur est de pra^ deux pieds , et elle ressemble be»

coup a un petit chou qui est monte a grames. Les feuilles des enfirow* la racine sont nombreuses, lar^fl>^ rondies*. elles se montrent piusél* tes à la base, et elles forment ij petite pointe à l'extrémité; celles*»

tige sont beaucoup plus |)etites< oni^ gués et époiotées ; les tiges, dort* compte souvent trois ou quatre, on»

de' longues têtes cylindriques, conf^ séesde petites fleurs. Cette p'afl^'J parence et même le goût acre (ksp tes anti-scorbutiques ; mais elle^^ essentiellement de toute cette fa»

et elle est comme une prodiictiofll^ ticulière à la terre de i^^'P**^^ quipage de Cook la mangea sotm»

crue, et sa saveur approchait alw^* celle du cochUariade laNoorelte-i* land ; mais elle semblait aoquénri^ odeur trop forte quand on la ^ bouillir; quelques marins n^*'*3* cevaient pas néanmoins i ^^ » *| valent bonne dans cet état. Si çj" transplantait en Europe, il «*< 21 semblable qu'elle deviendrait meul^

OGÉANIE.

Ui

Mir la culture, ftt qu'elle augmenterait la liste des plantes de bonne quaité qu'on emploie dans nos cuisines, dais tes graines n'étaient pas assez nûres pendant le séjour des Anglais x>ur les conserver , et Anderson dut renoncer au désir qu'il avait d'en porter en Angleterre.

Les marins cueillirent, près des ruisseaux et des fondrières , deux autres petites plantes qu'ils mangeaient m salade : la première ressemble beaux>up au cresson de nos jardins, et rile est .très-âcre ; la seconde est trèsiouce. Cette dernière, qiJoique petite, sst digne d'attention ; elle offre nonseulement des mâles et des femelles, mais elle est quelquefois androgyne, c*est-à-dire qu elle a deux sexes.

L'herbe grossière, propre à nourrir le bétail , est assez abondante en certains coins de terre qu'on trouve sur les côtés du havre de NoéL On y voit lussi une autre sorte d'herbe plus petite et plus rare. On rencontre sur les plaines une espèce de pied- d'oie {*) , et uie autre petite plante qui lui ressem- [>le beaucoup. En un mot , la flore de a terre de Kergueien ne va pas à plus le seize ou dix-huit plantes; encore ^ut-il y comprendre quelques mousses it une jolie espèce de lichen^ qui croît nir les rochers, à une hauteur plus p*ande que les autres productions végétales. On n'aperçoit pas un seul arbrisseau dans toute l'Ile.

ABSKNCE D'ANIMAUX TERRESTRES.

Les animaux y sont moins rares que les plantes ; mais à parler rigoureusement, on ne peut pas les dire habitants ie i'He, car ils sont tous marins, et , en général, ils ne vont sur la côte que pour f faire leurs petits et s'y reposer.

Page 1