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que vous aurez montrée à notre égard en cette occasion , afin que cette stèle conserve éternellement la mémoire de la grâce que vous nous aurez accordée. Cela étant fait , nous serons , nous et le temple, en ceci comme nous le sommes en d’autres choses , vos très-obligés. Soyez heureux. »
Cette supplique, gravée en grec sur un socle en granit, a été découverte en Kgypteen ISIS ; la traduction qu’on vient de lire a été publiée par M. Letronnc en 1823. Il explique en même temps les attributions des divers fonctionnaires désignés dans l’inscription, et il considère le stratège comme le commandant civil d’un nome, celui dont tous les autres olliciers relevaient; les épistates étaient vraisemblablement des inspecteurs des finances; les thébarques.chargésdehautes fonctions
soit dans Thèbes , soit dans son nome ; les greffiers royaux étaient aussi des agents supérieurs, iispouvaientexercer leur fonction dans deux provinces à la fois; les épistates du corps commis a la garde des frontières egvptiennes vers la Nubie, étaient chargés de la comptabilité et de l’administration de ce corps. C’est ainsi qu’un seul monument authentique fournit instantanément plus de notions certaines que bien de pénibles recherches. Les historiens, ceux de la Grèce, n’ont pas d ailleurs pris la peine d’indiquer le mode d'administration que les rois grecs introduisirent en Égypte. Cette supplique nous l’apprend : on y voit aussi que deux autres fonctionnaires du pays, N'uménius et Loclius, sont des parents du roi, c’est-à-dire cil portaient la qualification : celle de parent comine celle d’ami , que nous avons déjà rencontrée, était en effet, à la cour des Ptolémées , un titre honorifique commun à tous les fonctionnaires d un rang déterminé dans la hiérarchie politique.
On voit dans les deux textes qui viennent d'être cités les titres de plusieurs fonctionnaires d’ordres différents. De ces titres , les uns désignaient des magistratures , les autres étaient purement honorifiques , et, en
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ce dernier point , le protocole des Ptolémées n’a pu encore être égalé dans les cours modernes : les courtisans pourraient y puiser l’idée de quelques innovations heureuses, utiles du moins a leurs intérêts. Le roi et la reine étaient quajifiés de dieux; le roi donnait à la reine le titre de sœur , leurs enfants étaient princes. Parmi les personnages attachés au service du souverain ou du palais , les uns avaient le titre de parents du roi , d’autres étaient du nombre des premiers amis , d autres ensuite, des amis seulement; il y avait auprès du roi.destroupesd’ébteappelées"o/Y/e.f-<///-eor/j.r, et, parmi es grands fonctionnaires , on comptait
I es rom ma n dan ts îles gardes ,1e grand-
veneur , Yépistolographe , ou secrétaircdu cabinet. A veccette profusion de titres, les décorations ne pouvaient pas être oubliées ; le roi décernait donc à ses principaux officiers une agrafe ou un collier d’honneur : ceux qui avaient le titre de parents le recevaient de droit; les monuments ont conservé les noms de quelques-uns de ces officiers décorés , et ces noms sont tous d origine grecque. Les magistratures de tout ordre étaient , en général , déférées à des Grecs. Quoique les formes de l'administration fussent un mélange d’anciennes coutumes égyptiennes et de coutumes grecques introduites par la conquête , on trouve cependant des Égyptiens admis par les f tournées h des emplois publics , civils ou militaires; le mélange des usages des deux nations pouvant rendre ce mélange d’employés fort utile, si même il n’était nécessaire, line seule ville fut toute grecque, celle de Ptolémaïs , fondée par les Ptolémées. Son administration municipale fut calquée sur celle même des villes de la Grèce, Corinthe, Rhodes, etc. Il v avait un sénat, et un prytane comme premier magistrat.
Après les Ptolémées vinrent les Itomaïus : Jules-César et Antoine acceptèrent l’affectueuse alliance de Cléopâtre et respectèrent sa couronne.
Auguste dédaigna cette faveur et lui ravit ses états : elle se donna la mort,
iO L’UNIVERS.
et le royaume d’Iigypte fut inscrit dans la liste des provinces romaines :
les centurions de César commandèrent, l'épée à la main , dans le palais des Pharaons. Le nouveau vainqueur introduisit dans la législation égyptienne de nouvelles modifications. Auguste ajouta , pour ainsi dire, l’Égypte asesdomaincs, en la déclarant province impériale. Un préfet en eut l'administration supérieure, mais ce préfet ne pouvait être ni sénateur ni patricien de marque. Il fallait à la politi-
3 ne de l’empereur un instrument plus ocile et que sa main prit briser en un instant. I.'Égypte eût été redoutable, soumise à l’autorité d'un homme puissantpar son nom, son crédit ou sa capacité. Auguste, ni ses premiers successeurs ne s'y trompèrent nullement, et des changements très-fréquents, des punitionssévères jusqu’à la mort, pour des fautes légères, avertirent les préfets de l’instabilité et des dangers de leur titre. Pour l'Égypte elle-même, la succession des préfets ne fut qu'une nouvelle dynastie de monarques; le pouvoir d'un seul était la base du nouveau comme de l’ancien gouvernement. Auguste respecta tous les autres usages civils ou religieux des Égyptiens, il les abandonna nu temps; il ordonna toutefois deux choses importantes , et qui révélaient hautement le secret de ses vues : la première, qu’un noble égyptien ne pouvait aller à Rome, ni être admis dans le sénat; la seconde, qu'un sénateur romain ou un chevalier distingué ne pouvait sc rendre en Egypte sans l’agrément de l’empereur. Le préfet, véritable viceroi temporaire, donnait scs ordres aux gouverneurs des nomes, et plusieurs légions gantaient les frontières méridionales et l’intérieur du |>avs.
L’administration s'occupa de réparer les désordres des derniers règnes des Ptolémées : des temples ruines furent rétablis en l'honneur des mêmes divinités égyptiennes. On comprit bientôt que (’Égypte devait être la nourrice de Rome ; on tourna tous les soins vers ce grand but , et il fut atteint avec un plein succès. la; mélange de la popu-
lation romaine avec les populations grreque , égyptienne , juive . arabe, nubienne , était comme l'emblème vivant des fortunes si diverses que l’Égypte avait déjà subies. L’in/luence romaine la poussa vers sa décadence; elle partagea les destins de l’empire.
Ainsi la décadence de l’Égypte affaiblie s’accomplit à mesure qu’elle se vit arracher par les vainqueurs étrangers ses lois , ses coutumes et sa religion : elle n'exista plus quand elle eut perdu les primitives institutions dont nous avons tâché de réunir ici quelquesuns des traits les plus remarquables.