‹ L'UniversChapitre 19 sur 42 · Mandouschopsch , idem · texte numérisé non relu

Mandouschopsch , idem

c. Rhamsès - Maithmou, prophète des dieux Phré et Athmou;

7. Rhamsès- A monhischopsch, sans autre qualification que celle de prince;

s. Rhamsès-Méîamoun, idem,

I.cs trois premiers, après la mort de leur père Rhamsès-Méîamoun,

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étant successivement montés sur le trône des Pharaons, leurs légendes ont dtl être surchargées pour recevoir les cartouches prénoms ou noms propres de ces princes parvenus au souverain pouvoir. Il faut remarquer aussi , à propos de cette liste intéressante, qu'à cette époque le nom de Khamsès était devenu en quelque sorte le nom même de la famille , et (lue le conquérant avait concentré dans les membres de sa maison les postes les plus importants de l’année, de l'administration civile et du sacerdoce. Les noms propres des lilles du roi n’ont jamais été sculptes.

Knlin, la muraille nord de la même I artie du palais de Médinet-liabou est couverte de tableaux sculptés et peints, qui suffiraient presque pour nous faire connaître dans leurs principaux détails les éléments essentiels des institutions militaires de l’Égypte, et sur terre et sur mer. La description de ces belles sculptures nous en apprendra bien plus a ce sujet que de minutieuses et méthodiques relations.

Deux campagnes du meme Khamsès- Méïamouu y sont figurées : la première est contre des peuplades nommées les Maschausch et les Robou.

Dans le premier tableau , l'armée égyptienne se met en marche, trompettes en tête, et conduite par le char où reposent les insignes d’Ammon, la divinité protectrice. Le sujet du deuxième tableau est une bataille sanglante : les Maschausch prennent la fuite ; le roi et les quatre princes égyptiens en font uu horrible carnage.

On voit, sur le tableau suivant, Rliainsès-Méïamoun debout sur un trône, haranguant cinq rangs de chefs et de guerriers égyptiens qui conduisent une foule d'ennemis prisonniers, et ces chefs font une réponse au roi. En tête de chaque corps d'armée, on fait le dénombrement des mains droites coupées aux ennemis morts sur le champ de bataille , ainsi que celui deleurs phallus, sorte d'hommage rendu à la bravoure des vaincus. L’inscription porte à 2,535 le nombre de ces trophées sur autant d'ennemis courageux et vaillants.

La seconde campagne est plus détaillée : elle eut lieu contre les F'ekkaro, les Schakalascha et autres jicuples de même race, a physionomie hindoue.

I" tableau. Le roi Khamsès-Méïamoun , en costume civil, harangue les chefs de la caste militaire agenouillés devant lui, ainsi que les porte-enseignes des différents corps ; plus loin , les soldats debout écoutent les paroles du souverain qui les appelle aux armes pour punir les ennemis de l’F.gvpte :

les chefs répondent a l'appel du roi en invoquant les victoires récentes, et protestent de leur dévouement à un prince qui obéit aux paroles d'Amon- Rn. La trompette sonne, les arsenaux sont ouverts ; les soldats, divisés par pelotons et sans armes, s'avancent dans le plus grand ordre guidés par leurs chefs, on leur distribue des casques, des arcs, des carquois, des haches de bataille, des lances et toutes les armes alors en usage.

2' tableau. Le roi, tête nue et les cheveux nattes, tient les rênes de ses chevaux et marche à l’ennemi : une |>artie de l’armée égyptienne le précède en ordre de bataille ; ce sont les fantassins pesamment armés ou oplites : sur le flanc, s'avancent par pelotons les troupes légères de différentes armes; les guerriers montés sur des chars ferment la marche. Une des inscriptions de ce bas-relief compare le roi au germe de Mandou, s’avançant pour soumettre la terre entière a ses lois; ses fantassins, à des taureaux, et ses cavaliers ou cbars, à des éperviers rapides.

X tableau. Défaite des Kckkaro et de leurs alliés. Les fantassins égyptiens les mettent en fuite sur tous les points du champ de bataille ; Méïamoun, secondé par ses chars de guerre, en fait un horrible carnage; quelques chefs ennemis résistent eucore, montés sur des chars traînés soit par deux chevaux, soit par quatre boeufs : au milieu de la mêlée et à une des extrémités, plusieurs chariots, traînés par des 1 (oeufs et remplis de femmes et d'enfants, sont défendus par des Fekkaro ; des soldats égyptiens les atta-

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quent et les réduisent en esclavage.

4* tableau. Après cette première victoire, l’armée égyptienne se met en marche, toujours dans l'ordre le plus méthodique et le plus régulier, pour atteindre une seconde fois l'ennemi ; elle traverse des pays difficiles infestés de l)étes sauvages : sur le flanc de l'armée, le roi, attaqué par deux lions, vient de terrasser l'un et combat contre l'autre.

&* tableau. Le roi et ses soldats arrivent sur le bord de la mer au moment où la flotte égvtienne en est venue aux mains avec’ la flotte des F’ekkaro, combinée avec celle de leurs alliés les Schairotanas, reconnaissables à leurs casques armés de deux cornes.

Les vaisseaux égyptiens manœuvrent à la fois à la voile et à l'aviron : des archers en garnissent les hunes, et leur proue est ornée d’une tête de lion. Déjà un navire fekkarien a coulé, et la flotte alliée se trouve resserrée entre la flotte égyptienne et le rivage, du haut duquel Hhamsès-Méïamoun et ses fantassins lancent une grêle de traits sur les vaisseaux ennemis. Leur défaite n’est plus douteuse, la flotte égyptienne entasse les prisonniers à cote de ses rameurs. En arrière et non loin du Pharaon on a représenté son char de guerre et les nombreux officiers attachés à sa personne. Ce vaste tableau renferme plusieurs centaines de ligures.

6' tableau. Le rivage est couvert de guerriers égyptiens conduisant divers groupes mêlés de Schairotanas et de fekkaro prisonniers ; les vainqueurs se dirigent vers le roi , arrêté avec une partie de son armée devant une place forte nommée Mogadiro. Là se fait le dénombrement des mains coupées. Le Pharaon , du haut d’une tribune sur laquelle repose son bras gauche appuyé sur un coussin, harangue ses fils ët les principaux chefs de son armée, et termine son discours par ces phrases remarquables : « Amon- « Ra était à ma droite comme à ma « gauche; son esprit a inspiré mes « résolutions-, Amon-Ra lui-même, • préparant la perte de mes ennemis,

« a placé le monde entier dans mes « mains. » Les princes et les chefs répondent au Pharaon qu'il est un soleil appelé à soumettre tous les peuples du monde, et que l'Égypte se réjouit d'une victoire remportée par le bras du fils d’Ammon, assis sur le trône de son père.

7* tableau. Retour du Pharaon vainqueur à Tlièbes après sa double campagne contre les Robou et les Fekkaro : on voit les principaux chefs de ces nations conduits par Kbamsès devant le temple de la grande triade thébaine, Amon-Ra, Mouth et Chons.

Le texte des discours que sont censés prononcer les divers acteurs de cette scène à la fois triomphale et religieuse subsiste encore en grande partie. En voici la traduction :

« Paroles des chefs du pays de Fek- « karo et du pays de Robou qui sont

• en la puissance de S. M., et qui glo- « rifient le dieu bienfaisant , le sci- « gneur du monde, soleil gardien de « justice, ami d’Ammon : Ta vigilance

• n’a point de bornes ; tu règnes « comme un puissant soleil sur l’É- » gypte ; grande est ta force ; tou « courage est semblable à celui de « Boré (le griffon) ; nos souffles t’ap-

• partiennent, ainsi que notre vie, qui « est en ton pouvoir à toujours. »

« Paroles du roi seigneur du mon- « de, etc., à son père Amon-Ra, le roi « des dieux : Tu me l'as ordonné ; j'ai « poursuivi les barbares ; j'ai coin- « battu toutes les parties de la terre ; « le monde s’est arrêté devant

« moi ; mes bras ont forcé les

« chefs de la terre , d’après le com-

• mandement sorti de ta bouche. »

« Paroles d'Amon-Ra, seigneur du

• ciel , modérateur des dieux : Que « ton retour soit joyeux ! tu as pour- « suivi les neuf arcs ( les barbares) ;

• tu as renversé tous les chefs ; tu as

• percé les cœurs des étrangers et « rendu libre le souffle des narines de

• tous ceux qui.... (lacune). Ma bou-

• clie t’approuve. »

Ces tableaux retracent les principales circonstances de deux campagnes du conquérant égyptien dans la XIe

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année de son règne; ils arrivent jusqu’au second pylône du palais : de ce point jusqu’au premier pylône, les sculptures n’abondent pas moins; mais plusieurs tableaux sont enfouis sous des collines de décombres. On peut distinguer deux bas-reliefs faisant partie d'une troisième campagne du roi contre des peuples asiatiques, avec les légendes en très-mauvais état. L’un représente Rhamsès-Meïamoun combattant à pied , couvert d’un large bouclier , et poussant l’ennemi vers une forteresse assise sur une hauteur. Dans le second tableau, le roi, à la tête de ses chars, écrase scs adversaires en avant d'une place dont une partie de l’armée égyptienne pousse le siège avec vigueur ; des soldats coupent des arbres et s’approchent des fosses, couverts par des mantelets ; d'autres, après les avoir franchis, attaquent à coups de hache la porte de la ville; plusieurs, enfin, ont dressé des échelles contre la muraille et montent à l'assaut, leurs boucliers rejetés sur leurs épaules.

Sur le revers du premier pylône, existe encore un tableau relatif à une campagne contre la grande nation de Skhetà ou Chéto ; le roi, debout sur son char, prend une (lèche dans son carquois fixé sur l’épaule, et la décoche contre une forteresse remplie de barbares. Les soldats égyptiens et les officiers attachés à la personne du roi marchent à sa suite, rangés sur quatre files parallèles.

Ces grandes sculptures méritent bien le titre d’historiques, par le nombre considérable de noms de peuples et de nations asiatiques ou africaines qu’on peut y recuedlir, et qui ouvrent un nouveau champ de recherches à la géographie comparée ; ce sont de précieux éléments pour la reconstruction du tableau ethnographique du monde dans la plus antique période de son histoire , et il parait possible de rapprocher ces noms égyptiens de peuples avec ceux que nous ont transmis les géographes grecs, et ceux que contiennent les textes hébreux et les mémoires originaux des nations asiatiques.

On peut y recueillir aussi des noms plus modernes et qui n’en sont pas moins utiles à l'histoire, qui ignore souvent les faits que nous révèlent ces monuments. C’est ainsi qu'au temple situé au nord d’ Ksneh, et sur les sculptures duquel se trouvent successivement les noms de Ptolémée Évergète I", de sa femme Bérénice, de Philopator, et des empereurs Hadrien , Antonin et Vérus, le soubassement extérieur de la partie gauche est occupé par un tableau représentant une série de captifs où sont figurés les peuples vaincus par Ptolémée Évergète 1", selon toute apparence. Chacune des figures porte attaché à sa poitrine un bouclier sur lequel le nom de sa nation est tracé, et on lit très-distinctement, dans la liste des peuples que le vainqueur se vante d’avoir soumis, les noms de l’Arménie, de la Perse, de la Thrace et de la Macédoine; peut-être aussi ces conquêtes furent-elles faites par un empereur romain.

Il est toutefois indispensable de faire remarquer à ce sujet , que les scènes militaires relatives aux guerres des Ptolémées ou des empereurs romains sont d’une extrême rareté sur les monuments de l’Égypte; au contraire, les scènes religieuses du même temps y sont fort communes : l’antique rituel égyptien avait jusque-là conservé toute son autorité, et l’accomplisseinent des devoirs envers Dieu élait pour le roi d'Égypte la plus solennelle comme la plus importante de ses obligations.

Ces tableaux si multipliés des campagnes de l’armée égyptienne donnent nécessairement une grande idée de l'état militaire de l'Égypte. On a estimé à 180 mille hommes de toutes armes les forces de cette nation habituellement sur pied ; mais cet état dut être successivement augmenté quand l’Égypte entreprit des conquêtes quelquefois très-lointaines, et qui exigèrent un très-grand développement de moyens militaires, sous le règne de Sésostris, par exemple.

Son nom est un ups plus fréquents dans les légendes historiques de l’É-

île

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gyptc, surtout dans les bas-reliefs qui représentent des sièges, des combats, des allocutions, des marches militaires, des passages de neuves. Il pénétra dans les pays éloignés de l'Égypte, et il est, sur d'autres tableaux , l'objet des hommages de peuples vaincus ou captifs, dont la couleur et le costume n’ont rien de commun avec les Egyptiens figurés sur ces mêmes reliefs ; il pénétra dans l’intérieur de l’Afrique, et on le voit dans de riches sculptures recevant en présent des productions propres à cette région, telles que des girafes, des autruches, et diverses espèces de singes et de gazelles.

Les prêtres dirent à Hérodote que Sésostris fut le premier roi d’Égypte qui, s’embarquant sur une flotte composée de vaisseaux longs, partit du golfe Arabique, et soumit les peuples habitant les côtes de la mer Krythrée.

Ils ajoutaient , qu'en poursuivant sa route , il parvint à une mer où il lui fut impossible de naviguer à cause des bas-fonds, et qu’il se vit forcé de revenir en arrière. De retour en Egypte de cette expédition maritime, il se mit à la tête d’une armée nombreuse, et fit une invasion sur le continent, soumettant par la force des armes toutes les nations qu’il trouva sur son chemin. Dans le cours de ses conquêtes, toutes les fois qu’il avait eu à se mesurer contre des peuples valeureux et combattant avec énergie pour leur liberté, il faisait élever sur leur territoire, quand il s’en était rendu maître, des colonnes portant une inscription ui contenait seulement son nom , celui c sa patrie , et le détail des forces qu’il avait été obligé d’employer pour soumettre cette contrée.

Sésostris traversa ainsi tout le continent ; passant ensuite de l’Asie en Europe, il soumit les Scythes et les Thraces. I.e pays habité par ces peuples est, dans l’opinion d’Hcrodote, le point le plus éloigné que l’armée égyptienne atteignit, puisqu’on y voit encore, dit-il, des colonnes élevées par cette armée, et que l’on n’en trouve pas au-delà. A partir de ce point, Sésostris revint sur ses pas, et arriva !l* /Jerairon. (Égypte.)

aux bords du Phase. De ces colonnes militaires élevées par Sésostris dans les diverses contrées qu’il soumit, la plupart ne subsistaient plus du temps d’Hérodote. « Cependant, dit l’histo- « rien, j’en ai vu moi-même dans la « Syrie Palestine, sur lesquelles était » gravée T’inscription dont j’ai parlé.»

On voit aussi, ajoute-t-il, dans l’Ionie, deux figures de Sésostris sculptées en pierre; l’une sur le chemin qui va d’É.phèsc à Phocée, et l’autre sur celui de Sardes à Smyrne. Chacune représente un homme de la grandeur de quatre coudées et demie, tenant une lance dans sa main droite et un arc dans la gauche, avec le reste de l’habillement répondant à cette armure, c’est-à-dire moitié éthiopien, moitié égyptien ; et on voit sur la poitrine de chaque figure, allant d’une épaule, à l’autre, cette inscription en caractères égyptiens : «C’est moi que ces puissantes épaules ont rendu maître de ce pays. »

Les témoignages de l’historien grec au sujet des victoires de Sésostris fin Orient et dans l’Europe même avaient soulevé, beaucoup de doutes , et le scepticisme moderne, par paresse ou par vanité , ne voyait dans ces narrations que la suite d’un orgueilleux mensonge de la part des prêtres égyptiens abusant de la crédulité d’Hérodote. Il paraîtrait aujourd'hui que des voyageurs de notre temps auraient vu aussi dans la Syrie Palestine quelquesunes des colonnes commémoratives du passage et des victoires de ce grand roi. Un voyageur anglais a découvert le premier," à Nahhar-el-Kelb , en Syrie, non loin de Beyrouth ( l'ancienne Berythus), une inscription qu'il dit être bilingue , tracée à la fois en hiéroglyphes égyptiens et en caractères cunéiformes, et contenant le cartouche royal de Sésostris. Plus récemment encore, un officier de l’armée française, M. C. Callier, capitaine d’étatmajor, a revu ce même monument de Beyrouth . et c’est d'après une note dont je dois la communication à son obligeance, qu’on en trouvera ici une idée plus exacte.

tt

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A trois heures environ au nord de Béryte, en allant vers Tripoli, la route coupe un contre-fort de roche calcaire qui s'étend jusqu'à la mer, et au pied duquel coule l'ancien Lycus , nommé aussi par les Arabes, Nanr-el-Kclb, Fleuve tlu chien. Le rocher, taillé pour faire place à la route, a été ensuite aplani avec soin sur le côté, et des bas-reliefs encadrés y ont été sculptés. Ces tableaux sont de deux à deux au nombre de six ; d’autres sont complètement isolés , et le style de la sculpture comme le caractère des inscriptions leur donnent évidemment deux origines et deux é|ioqucs. Les plus anciens sont de style égyptien, et pour le travail et poiir le sujet : ils occupent les places les plus commodes et les surfaces les mieux polies. Leur sculpture est au simple trait, et quoique trèsdégradés , on y reconnaît les types essentiels des représentations égyptiennes. Dans un tableau , le Pharaon offre des prisonniers au dieu Ammon; dans un autre, le roi parait châtier des rebelles ou des coupables. Dans l’une de ces représentations, plusieurs caractères hiéroglyphiques se distinguent facilement,' séparés entre eux par des espaces oblitérés par le temps; enfin, parmi les caractères visibles, on remarque le commencement du cartouche de Sésostris . comme l’a assuré à M Callier un artiste qui a travaillé plusieurs années en Égypte. Il nous faudra donc bientôt croire aux campagnes lointaines et aux mémorables victoires de Sésostris dans l’ancien monde ; victoires qui élevèrent l’Égypte au plus haut degré de sa puissance politique et de sa splendeur intérieure.

Si les rapports de l'histoire ne nous trompent pas, Sésostris comptait au nombre des contrées qui lui étaient soumises, ou tributaires de F Égypte, la Nubie entière, l’Abyssinie, le Seiinapr, une foule de contrées du midi de l’Afrique , toutes les peuplades errantes dans les déserts de l’orient et de l’occident du Nil , la Syrie , l'Arabie où les plus anciens rois d’Égvpte possédèrent des établissements dont on a reconnu les traces à l)jebçl-el-Moka-

teb, cl-Magara et Sel>outl>-cl-Kadim, où paraissent avoir existé des usines pour le cuivre; les royaumes de Balivlone et de Ninive, une grande partie de l’Asie mineure, l’Ile de Chypre, plusieurs Iles de l’Archipel, et les’ pays qu’on nomma ensuite la Perse . rien n'égala jamais tant de puissance et tant de splendeur.

Sésostris avait ramené une foule innombrable de captifs de ious les pays u’il avait subjugués. Il les occupa à e grands ouvrages d'utilité publique ; ils tirèrent des carrières les immenses matériaux employés par son ordre dans la construction du temple de Plilha ; ils creusèrent une grande quantité de canaux destinés par la

firévoyance du roi à porter sur tous es points habités l'eau potable du Nil. C’est ainsi que les plus utiles améliorations intérieures et une prospérité universelle légitimèrent, eu quelque sorte, les fruits glorieux de la victoire.

Us avaient contribué à établir des communications régulières entre l'empire égyptien et celui de l’Inde son contemporain. Le commerce entre les deux pays avait alors une grande activité : la découverte fréquente, dans les vieux tombeaux égyptiens , de toiles et d'étoffes de fabrique indienne, de meubles en bois des Indes, et de pierres dures taillées, venant certainement du môme pays, ne laissent aucun doute sur l’état prospère des relations commerciales entre l'Inde et l'Égypte, à cette époque où les peuples européens et la plupart des nations asiatiques étaient encore opprimées par la barbarie; et c’est ainsi que Tlièbes et Memphis se montrent comme les premiers centres du commerce, avant que Babylone, Tyr, Sidon et Alexandrie, héritassent successivement de ce beau rivilége. Les triomphes des armées gyptiennes assurèrent à leur pays toiis ces avantages. Qu’on ne répète donc pas que l’Egypte ne fut pas guerrière ; son sol est couvert d'indestructibles trophées. Germanicus, parcourant les bords du Nil , visita les vénérables débris de la grandeur de

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l'antique Tbèbes , et il interrogea les plus âgés parmi les prêtres, sur le contenu des inscriptions hiéroglyphiques dont ces déhris étaient couverts ; et les prêtres lui répondirent qu'on y lisait des notions sur l'état ancien de l'Égypte, sur ses forces militaires et ses revenus ; que ces notions se rapportaient particuliérement à l’époque où le roi Rhainsès fit la conquête de la I.ibve, de l'Éthiopie, de la Syrie et de l’Asie ; qu'il y avait alors sept cent mille hommes' en âge de porter les armes, et qu’à leur tête ce roi avait pénétré chez les Mèdes, les Perses, dans la Bactriane, la Scvthie, en Arménie , en Cappadoce , et avait soumis à la fois la terrcet les mers. Des monuments encore debout nous tiennent aujourd’hui un semblable langage. De vieux prêtres égyptiens nous rediraient les memes paroles que celles que Germanicus entendit sur les ruines de Tbèbes, et que Tacite nous a fidèlement conservées.

A ces notions générales, tirées des fastes militaires de l’Égypte, il nous reste à ajouter quelques détails propres à compléter, au moins autant que nous le permettent les faits isolés qui nous sont parvenus, ce qu'il est possible de bien savoir aujourd’hui sur les institutions militaires de cette illustre nation.

Le roi , chef de l’armée de terre et de mer, s'en réservait le commandement supérieur, et déléguait à de grands officiers celui des divisions, des provinces et des places d’armes. On a vu plus haut, pag. 157, les titres et fonctions militaires des trois filsdu Pharaon Rhamsès-Méïamoun, et à la p. 1 13 les grades accordés aux fils de Sésostris. Les autres chefs militaires, faisant le service auprès du roi, étaient appelés des oeris , et leur tête était ornée d'une plume d’autruche. Les officiers de divers grades étaient reconnus à certains signes extérieurs. On y ajouta des décorations honorifiques’, enfin des titres qui l'étaient également, et qui étaient ceux de cousin, de parent ou d’ami du roi.

Chaque province ou nome était sous

l’autorité d’uu commandant militaire:

les inscriptions grecques du temps des Ptolémées et des Romains mentionnent les noms et les qualités de quelques-uns de ces hauts fonctionnaires royaux ; et si l’on voulait réunir des notions certaines sur la répartition des garnisons militaires dans l’Égypte des Pharaons et dans l’Égypte des Lagides, on pourrait avec succès prendre pour guide l’état de ces répartitions consigné dans le précieux opuscule latin connu sous le titre de Notice des dignités de l’empire romain. L’état physique de l'Égypte n’admettait pas de variations sensibles dans son système de défense, tant que le système des armes ne changea point. Au midi, on gardait Éléphantine, Syène et les lies voisines ; a l’est, Péluse et Daphné; à l’ouest, Maréa et autres points vers la chaîne libyque.

L’Égypte eut "des possessions audelà de'Svène et de la première cataracte. Plusieurs monuments élevés par les anciens Pharaons y subsistent encore , et des inscriptions votives ou dédicatoires prouvent , sans nul doute , que l’autorité militaire y était confiée par les Pharaons, à des princes même du pays et aux enfants de ses familles les plus distinguées.

On n’a trouvé, en effet, sur les monuments de la Nubie, que des noms de princes éthiopiens et nubiens , comme gouverneurs de ces pays. La Nubie était donc si intimement' incorporée à l’Égypte, que les Pharaons confiaient à des personnages nubiens le commandement des troupes dans leur propre pays.

On voit, en effet, à Ibsamboul, sur les rochers, une stèle sculptée, dans laquelle le nommé Mai, qui porte le titre de commandant des troupes en Nubie, et qui est né dans la contrée de Ouaou, l'un des cantons de la même contrée, célèbre les louanges de Rliamsès-le-Grand sur un ton" très-emphatique. D’autres stèles désignent divers autres princes éthiopiens comme employés militaires de Sésostris en Nubie.

Une des excavations de Maschakith,

dans la même contrée, est «ne chapelle dédiée à la déesse Anoukè (Vesta) et aux autres dieux protecteurs de la Nubie, par un prince éthiopien, nommé Pohi , qui était gouverneur de la province pendant le règne du même Sésostris : il supplie la déesse pour que ce conquérant foule les Libyens et les Nomades sous ses sandales , à toujours.

Dans un autre tableau, sculpté sur les rochers d'Ibsamboul , un autre prince éthiopien présente au même roi Sésostris l'emblème de la victoire, et on y lit la légende suivante : Le royal fils d’Éthiopie a dit : Ton père Ainon-Ra t’a dote, Ô Rhamsès, dune vie stable et pure ; qu'il t’accorde de longs jours pour gouverner le monde et pour contenir les Libyens , à toujours.

Ibrim, l'ancienne Primis des géographes grecs, en Nubie, est remarquable par un certain nombre de spéos ou excavations faites de main d'homme dans le rocher. Champollion le jeune, qui les a vues, en donne la description suivante :

Le second spéos, sculpté et peint, appartient au règne de Morris, dont la statue, assise entre celles du dieu seigneur d’Ibrim et de la déesse Saté (Junon) dame de Nubie, occupe la niche du fond. Cette chapelle, aux dieux du pays, a été creusée par les soins d'un ponce nommé Nahi, grand personnage, portant dans toutes les legendes le titre de gouverneur des terres méridionales, ce qui comprenait la Nubie entre les deux cataractes. Ce qui reste d’un grand tableau sculpté sur la paroi de droite, nous montre ce prince debout, devant le roi assis sur un trône, et accompagné de plusieurs autres fonctionnaires publics, présentant au souverain, à ce que dit l'inscription hiéroglyphique (malheureusement trèscourte)" qui accompagne ce tableau, les revenus et tributs en or, en argent, en grains, etc., provenant des terres méridionales dont il avait le gouvernement. Sur la porte du spéos est inscrite la dédicace que le prince a faite du monument.

le troisième spéos d'Ibrim est du règne suivant, d'Aménophis II, successeur de Moeris, sous lequel les terres du midi étaient administrées par un autre prince, nommé Osorsaté. Sur la paroi de droite, ce roi Aménophis II est représenté assis, et deux princes, parmi lesquels Osorsaté occupe le premier rang, présentent au Pharaon les tributs des terres méridionales et les productions naturelles du pays, y compris des lions, des lévriers et des scliacals vivants, comme porte l’inscription gravée au-dessus du tableau , laquelle spécifiait le nombre de cliacun des objets offerts, comme, par exemple, •10 lévriers et 10 schacals vivants ; l'état de dégradation du texte n'a pas permis d’en tirer autre chose que les faits généraux. Au fond du spéos la statue du roi Aménophis le représente assis entre les dieux d'Ibrim.

Le plus récent de ces spéos, le quatrième, est encore un monument du même genre et du règne de Sésostris, Rhamses-le-Grand. C est aussi un gouverneur de la Nubie qui l’a fait creuser en l'honneur des dieux d'Ibrim, Hermès à tête d’épervier et la déesse Saté, à la gloire du Pharaon dont la statue est assise au milieu des deux divinités locales , dans le fond du spéos. Mais, à cette époque, les terres du midi étaient gouvernées par un prince éthiopien, dont on retrouve des monuments à lbsamboul età Ghirsché.

Ce personnage est figuré dans le spéos d'Ibrim, rendant ses respectueux hommages à Sésostris, et à la tête de tous les fonctionnaires publics de son gouvernement, parmi lesquels on compte deux hiérogrammates, plus le grainmate des troupes , le grammate des terres, l’intendant des biens, et d’autres scribes sans désignation plus particulière; et il est a remarquer, à l'honneur de la galanterie égyptienne, que la femme du prince éthiopien Satnouï sc présente devant Sésostris immédiatement après son mari , et avant les autres fonctionnaires. Cela montre, aussi bien que mille autres faits pareils, combien la civilisation égyptienne différait essentiellement de

Dit

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celle de l’Orient, et se rapprochait de la nôtre.

11 y a aussi sur les rochers qu’on trouve de Philce à Syène, un grand nombre d'inscriptions* commémoratives d’actes relatifs à des militaires.

On y voit des sculptures représentant des princes éthiopiens rendant hommage à Sésostris, ou à son grand-père; une inscription mentionnant une victoire remportée sur les Libyens, par le roi Thouthmosis 1er, l’an vu de son règne, et le 8 du mois de phamènoth ; une autre inscription du successeur de ce roi , d’Aménophis III (Mepinon), et en quatorze lignes, rappelant que ce Pharaon venait de soumettre ies Éthiopiens , l'an v' de son règne, et que, passant dans ce lieu, il v a tenu une panégyrie.

Un des speos de Silsilis est encore plus remarquable par l’ensemble des sujets militaires dont il est orné, et il remonte aux premiers temps de la XVIII* dynastie égyptienne. C’est encore aux narrations île Champollion le jeune que la description qui suit est empruntée :

Le plus important des monuments de Silsilis est un grand spéos, ou édifice creusé dans la montagne , et plus singulier encore par la variété des époques des bas-reliefs qui le décorent. Cette belle excavation a été commencée sous Horus de la XVIII' dynastie; on en voulait faire un temple dédié à Anmion-Ra d'abord, et ensuite au dieu Nil, divinité du lieu, et au dieu Sevek (Saturne à tête de crocodile), divinité principale du nome Ombite, auquel appartenait Silsilis. C'est dans cette intention qu'ont été exécutés, sous le règne d'Horus, les sculptures et inscriptions de la porte principale, tous les bas-reliefs du sanctuaire, et quelques-uns des bas-reliefs qui décorent une longue et belle galerie transversale qui précède le sanctuaire.

Cette galerie , très-étendue , forme un véritable musée historique. Une de ses parois est tapissée, dans toute sa longueur, de deux rangées de grandes stèles ou de bas-reliefs sculptés sur un roc , et , pour la plupart , d’époques

diverses ; des monuments semblables décorent les intervalles des cinq portes qui donnent entrée dans ce curieux muséum.

Les plus anciens bas-reliefs, ceux du roi llorus, occupent une portion de la paroi ouest : le Pharaon y est représenté debout, la hache d’armes sur l'épaule, recevant d’ Anmion-Ra l'emblème de la vie divine, et le don de subjuguer le nord et de vaincre le midi. Au-dessous sont des Éthiopiens , les uns renversés , d’autres levant des mains suppliantes devant un chef égyptien qui leur reproche, dans la légende, d’avoir fermé leur cœur à la prudence et de n’avoir pas écouté lorsqu’on leur disait : « Voici que le lion s’approche de la terre d’Éthiopie (Kousch). » Ce lion -là était le roi Horus qui fit la conquête de l’Éthiopie, et dont le triomphe est retracé sur les bas-reliefs suivants.

Le roi vainqueur est porté par des chefs militaires sur un riche palanquin, accompagné de flabellifères. Des serviteurs préparent le chemin que le cortège doit parcourir ; à la suite du Pharaon viennent des guerriers conduisant des chefs captifs ; d’autres soldats, le bouclier sur l’épaule, sont en marche, précédés d’un trompette; un groupe de fonctionnaires égyptiens, sacerdotaux et civils, reçoit le roi et lui rend des hommages. ’

Fa légende hiéroglyphique de ce tableau exprime ce qui suit : » Le dieu gracieux revient (en Égypte), porté par les chefs de tous les pays (les nomes) ; son arc est dans sa main comme celui de Mandou , le divin seigneur de l’Egypte ; c’est le roi directeur des vigilants. qui conduit (captifs) les chefs de la terre de Kousch (l’Éthiopie), race perverse; ce roi, directeur des mondes, approuvé par Phré, fils du soleil et de sa race, le serviteur d’Ammon, Horus, le vivifleateur. Le nom de sa majesté s’est fait connaître dans la terre d’Éthiopie que le roi a châtiée conformément aux paroles que lui avait adressées son pere Ammon. »

Un autre bas-relief représente la conduite , par les soldats , des prison-

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niera (lu- commun en fort grand nombre ; leur légende exprime les paroles qu’ils sont censés prononcer dans leur humiliation : « O toi vengeur ! roi de la terre de Kémé (l’Egypte), soleil des Niphaïat (les peuples libyens), ton nom est grand dans la terré de Kouscli (l’Éthiopie), dont tu as foulé les signes royaux sous tes pieds ! »

'Enfin , nous indiquerons encore les monuments de Beit-Oually, en Nubie, comine formant un tableau complet des circonstances et des suites d'une campagne militaire, de scs résultats pour l’Egypte et pour le pays subjugué , et comme un témoignage de la sagesse des Pharaons dans l'usage de la victoire, dont aucune pratique barbare ne ternissait l’éclat, le prince ne cessant d’étre inspiré dans ses résolutions par la prudence de ses conseils et l'intérêt bien compris de son pays , nu'il n'oubliait pas d enrichir des productions des provinces conquises.

Nous avons déjà décrit ces sculptures de Reit-Oually ( pag. 152). Nous devons ajouter que les bas-reliefs sont des plus remarquables par leur exécution, et qu’ils donnent une idée vraie de la perfection de ce genre de travail en Egypte ; dans ces scènes variées , les physionomies varient aussi selon les circonstances qui dominent le sujet représenté.

Mais ce n’est pas dans les temples seulement que l'historien doit chercher des données positives sur la caste militaire en Égypte; comme pour toutes les autres parties de ses annales, pour cellc-ci les tombeaux récèlent des documents plus précieux et plus complets que n’auraieut pu l'être les plus minutieuses narrations écrites. Des tableaux sculptés et peints parlent plus vivement à l’esprit que les phrases les plus parfaites , et cc ne sera pas sans obtenir, nous l'espérons, l’approbation des lecteurs, que nous aurons préféré jusqu ici la simple description de ces tableaux si expressifs, à des déductions nécessairement incomplètes dans leurs détails. L’Égypte, clle-méine, a tracé pour nos yeux ce que nous désirons d’apprendre ; laissous-la donc nous

dire, elle-même, par ses tableaux, ce qu'elle fit durant des siècles et avec une persévérance dans ses coutumes, qui proclame bien haut toute la certitude de la science qui les établit.

Beni-Hassan, plus au midi que le Kaire, a dans son voisinage un certain nombre de grottes décorées de peintures d’une parfaite conservation, toutes relatives a la vie civile, aux arts et métiers, et , ce qui est plus rare, il la caste militaire. Les deux hypogées les plus reculés au nord surpassent tous les autres par leur étendue et par la perfection de leur décoration. L’un des deux est le tombeau d’un chef administrateur des terres orientales de l'Heptanomidc, nommé Néhôthph , au IX* siècle avant l’ère chrétienne.

Les peintures qui décorent cet hypogée, dit Champdlion le jeune, soiit de véritables gouaches d'une finesse et d’une beauté de dessin fort remarquables ; les animaux , quadrupèdes , oiseaux et poissons, y sont peints avec tant de finesse et de vérité, qu’ils ressemblent à nos beaux ouvrages d’histoire naturelle. C’est dans ce même hypogée qu’existe un tableau du plus haiit intérêt : il représente quinze prisonniers, hommes, femmes ou enfants, pris par un des fils de Néhôthph, et présentés à ce chef par un scribe royal, qui offre en même temps une feuille de papvrus sur laquelle sont relatés la date de In rise , et le nombre de captifs . qui tait de trente-sept. Ces captifs, grands et d’une physionomie toute particulière, à nez aquilin pour la plupart, étaient blancs comparativement aux Egyptiens , puisqu’on a peint leurs chairs en jaune roux pour imiter ce ue nous nommons la couleur de chair, os hommes et les femmes sont habillés d’étoffes très-riches, peintes (surtout celles des femmes) comme le sont les tuniques des dames grecques, sur les vases grecs du vieux style : la tunique, la coiffure et la chaussure des femmes captives peintes à Béni -Hassan ressemblent à celles des dames grecques des vieux vases . et on voit sur la robe d’une d'elles l’ornement enroulé si connu sous le nom de tjre c.que , peint

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en rouge, bleu et noir, et tracé verticalement.

Les hommes captifs, à barbe pointue, sont armés d’arcs et de lances, et l'un d’entre eux tient en main une lyre grecque de vieux style aussi. Sont-ce des Grecs ? Je le crois fermement , mais des Grecs ioniens, ou un peuple d’Asie-Mineure , voisin des colonies ioniennes et participant de leurs mœurs et de leurs habitudes : n’est-ce pas une chose bien curieuse que des Grecs du IX' siècle avant J.-C., peints avec fidélité par des mains égyptiennes? J’ai fait copier ce long tableau en couleur avec une exactitude toute particulière :

Pas un coup de pinceau qui ne soit dans original.

Il parait aussi , par plusieurs monuments d’un autre genre, que comme les autres citoyens de l’Egypte, les militaires accomplissaient les devoirs ordonnés par la religion : ou les reconnaît dans les cérémonies publiques : ils exigèrent les mêmes soins pour leur sépulture, et des proscvnema, faits en leur nom ou par eux-mêmes, se trouvent dans divers lieux de dévotion, habituellement honorés ou visités par les fidèles durant les prospérités du culte égyptien. L’Ile de Beghé, voisine de celle de Miilæ, était un de ces lieux saints et sacrés, et le but de pieux pèlerinages ; il y subsiste encore une vingtaine d'inscriptions attestant que des personnages de considération y sont venus faire leurs dévotions , et parmi eux est nommé un basilico - grammate, commandant des troupes sous AménophisIIIou Memnon.En Égtpte, les sentiments religieux étaient une des conditions essentielles du véritable patriotisme.

Nos musées renferment des armes de toute espèce, semblables à celles que les monuments nous font connaître : arcs en bois , garnis d’une corde de boyau ; flèches et javelines en bois, barbelées, armées de pointes en os ou en bronze, et celles de chasse, en jonc, armées en silex; sabres, poignards, iiaehc recourbée , masse , etc. , etc. , ainsi que des tambours , des flûtes droites ou traversières , et autres ins-

truments à l'usage des troupes. Récemment encore on a découvert un char tout entier en bois, démonté, mais qu'il eût été facile de reconstruire. Destiné au musée du Louvre, ce morceau précieux lui a été soustrait par l’infidélité d'un intermédiaire en

Plutarque dit que. les anneaux des membres de la caste militaire avaient pour cachet la figure du scarabée , et llorus Apollo en donnait cette raison: que le scarabée désignait l’homme parce qu’il n’v a pas de femelle dans cette espèce d'animal. Rien n’est plus commun , en effet , que les scarabées en toute matière , montés ou non montés en bague , et portant gravés, sur leur partie plate, les sujets les plus variés. On y distingue la figure du scarabée même, des armes diverses, et même des hommes en armes.

Il y ava;t aussi «les emblèmes consacrés à l’usage de la caste militaire • le vautour et l'épervier étaient celui de la victoire. C'était une opinion commune en Égypte, que le vautour, en temps de guerre, marquait et circonscrivait, sept jours d’avance, le lieu où l'on devait combattre. On ajoutait que le même oiseau présageait in défaite d’une des deux armées, en se tournant du côté de celle qui devait être vaincue et souffrir la plus grande perte ; c’est pourquoi les anciens rois, dit la tradition, avaient coutume d’envoyer des inspecteurs pour examiner et leur rapporter de quel côté du terrain occupe par les combattants le vautour se tournait. Ce qui est certain, c’est que, dans toutes les représentations de combats recueillies sur les monuments égyptiens, le roi combattant sur son char ou bien à pied, est accompagné du vautour, qui plane au-dessus de sa tête ; son vol est dirigé vers les ennemis, et il tient dans ses serres l’emblème de la victoire (voyez pl. 6).

Il en était de même dans les combats sur mer : la même protection et les mêmes présages accompagnaient te roi. Des monuments authentiques nous montrent la flotte égyptienne

combattant celle d'un ennemi non moins avancé dans l’art naval. Les navires sont conduits à la rame et à la voile : ceux des deux partis s’approchent le plus possible ; les soldats rivaux s’attaquent et combattent d’un bord à l’autre ; des cordages armes de crocs sont lances pour saisir l’embarcation ennemie ; on monte à l'abordage; l’équipage et les troupes sont égorgés ou faits prisonniers ; dans la mêlée, quelques navires sont renversés, et ils sont submergés avec les hommes qui les montent. La forme et l'armement de ces navires ne permettent pas de supposer qu’ils fussent propres à des navigations de long cours; mais les mers d’Égvpte n’étaient pas très-difficiles ; des vents périodiques dirigeaient le navigateur le long des côtes de. la mer Rouge ; et du détroit qui l'unit à l’Océan indien, sa distance n’était pas considérable jusqu’à la presqu’île en deçà du Gange. Aussi a-t-on reconnu pour des indiens, à leurs physionomies, le peuple auquel les Égyptiens livrent un combat sur mer.

Le combat figuré sur le monument de Médinet-Habou appartient au règne de Rhamsès-Méïamoun qui remonte au XV* siècle avant l’cre vulgaire. Il nous reste encore d’autres preuves de l’antiquité de l’emploi d’une marine régulière en Égypte comme force de Pétât ; et nous’ indiquerons comme unedes plus curieuses et des plus importantes pour l’histoire, un hypogée creusé dans la chaîne Arabique, au voisinage de la ville d’Éléthva, et qui fut le tombeau d'un grand personnage nommé Ahmosis, fils des Obschné, et chef des nautoniers. Une grande inscription de plus de trente colonnes est gravée dans ce tombeau , et le défunt, qui s’adresse à tous ceux qui la liront, leur fait sa propre histoire, dont voici les traits principaux : après avoir exposé qu’un de ses ancêtres tenait un rang distingué parmi les serviteurs d’uu des anciens rois de la XVI" dynastie, il annonce qu’il est entré liiimême dans la carrière navale, dans les jours du roi Ahmosis le dernier

de la XVII* dynastie ; qu'il est allé rejoindre le roi à Tanis ; qu’il a pris part aux guerres de ce temps , où il a servi sur l’eau ; qu’il a ensuite combattu dans le midi , où il a fait des prisonniers de sa maiu ; que dans les guerres qui eurent lieu la sixième année du règne du même Pharaon, il a pris un riche butin sur les ennemis, qu’il a suivi le roi Ahmosis lorsqu’il s est rendu par eau dans l’Éthiopie pour lui imposer des tribus; qu’il se distingua aussi dans cette guerre ; et qu’enfin, il a commandé des bâtiments sous le règne du roi Thouthmosis I", après quoi il mourut.

Cest là sans aucun doute le tombeau d’un des officiers de la marine qui combattirent sous le roi Ahmosis contre les Ilykshos à l'époque où ils furent enfin expulsés de l'Égypte, qui vit le succès couronner ses efforts et ceux de ses princes, et reçut de Thouthmosis I", qui rétablit l'ancien ordre de choses en Égypte , la récompense que méritaient plusieurs siècles de bons services rendus à l’état par scs ancêtres et par lui-même. Nous trouvons, de plus, dans le reste de l’inscription funéraire du marin Ahmosis, un témoignage contemporain de la restauration de la monarchie égyptienne par rétablissement de la XVÏI1* dynastie, un peu plus de 1800 ans avant l’ère vulgaire, les faits relatés dans l’inscription s’accordant avec les fragments qui nous restent des récits des mêmes événements par l'historien Manéthon. C'est ainsi que chaque monument vient à son tour concourir à étendre les certitudes de l’histoire égyptienne, depuis les derniers règnes de la XVII* dynastie.

Ajoutons, enfin, que la gloire militaire des Pharaons était célébrée par tous les arts à la fois, et tandis que la sculpture et la peinture ornaient les monuments publics des représentations multipliées de leurs grandes actions guerrières, l’éloquence les célébrait de son côté dans le style le plus élevé et en des termes très-propres à exciter l'amour et la reconnaissance des peuples. Il nous est parvenu un de ces

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panégyriques , à peu près complet , et qui déjà a obtenu quelque célébrité.

C’est le rouleau de papyrus possédé par M. Sallier, d'Aix en Provence, et que Champollion le jeune, qui le vit en 1828, annonça au monde savant en ces termes :

« J’ai reconnu dans un paquet de papvrus égyptiens non funéraires, 1° un Ions manuscrit en fort mauvais état, qui m'a paru contenir des thèmes astrologiques en belle écriture hiératique ; 2“ deux rouleaux contenant des es|>èces d’odes ou litanies à la louange d’un Pharaon ; 3” un rouleau dont les premières pages manquent, mais qui contient les louanges et les récits des exploits de Rhamsès-Sésostris , toutà-fait en style biblique, c’est-à-dire sous la forme d'une ode dialoguée entre les dieux et le roi.

« Ce manuscrit est de la plus haute importance, et le peu de temps que j’ai donné à son examen m’a convaincu que c’est un vrai trésor historique.

J’en ai tiré les noms d'environ douze nations vaincues, parmi lesquelles sont spécialement nommés les Ioniens , louni, et les Lyciens, i.otika ou Louki ;

lus les Éthiopiens, les Arabes, etc.

I est parlé de leurs chefs emmenés en captivité, et des impositions que ces pays ont supportées. J’ai relevé avec soin tous ces noms de peuples vaincus, qui, étant parfaitement lisibles et en écriture hiératique, serviront à faire reconnaître ces mêmes noms en hiéroglyphes sur les monuments de Thèbes et a les rétablir s’ils sont effacés. Inexistence de ce manuscrit est un fait immense, et il porte la date de l’an IX, au mois de paoni, du régné de Rhamsès-le-Grand. »

A son retour d’Egypte, le voyageur français revit à Aix cette prccieuse relation historique, et la revit avec un noqvel intérêt, ayant reconnu ce même texte du manuscrit hiératique , tracé en caractères hiéroglyphiqes sur la paroi extérieure sud d'un des palais de Thèbes, toutefois fort mutilé dans plusieurs passages.

On a recueilli à Aix , de la bouche de Champollion, l’énoncé du plan de cct

antique poème historique en prose.

« Les Schéto (ou Scythes) s’exhortent à attaquer les Égyptiens; dénombrement de leurs rnefs et des diverses nations leurs alliées dans cette guerre; un grand nombre de peuples de l’Asie occidentale y sont dénommés, et particulièrement ceux de l’Asie mineure, tels que les Lyciens et les Ioniens. — Dénombrement des forces égyptiennes.

Le roi les harangue pour les exciter au combat : c'est Rhamsès lui-même ui rappelle cette circonstance et le iscours qu'il prononça : « Et moi , dit « le texte, j’adressai mes paroles à mes « fantassins ainsi qu'aux cavaliers, di- « sant : Préparez-vous , préparez vos « cœurs , ô mes fantassins, ô mes cava- « liers ; - et les guerriers répondirent à sa majesté, dont la vie soit heureuse; à leur bon seigneur, dont la vie soit heureuse; et ils promettent de se montrer dignes de l’Égypte le jour de la bataille ; ils supplient lé roi de les abandonner à leur ardeur, et ils s’écrient, en terminant leur discours : Donne la liberté au souffle de nos bouches ! — Le roi reprend ensuite la parole, et après quelques nouvelles exhortations , il met l'armée en marche et s'approche contre la plaie de Schéto. — C’était la sixième rencontre ; et le roi , semblable à un dieu, se précipite sur eux et en fait un grand carnage. — Au milieu de l’action, le roi ne cesse d’exciter ses combattants ; enfin la victoire se déclare pour Sésostris ; elle est complète.— Sésostris annonce à ses troupes qu’il vient de serrer la main du chef ennemi , et arrête le massacre des vaincus. — Récit du combat. — Les troupes de toute arme célèbrent la gloire du roi, et lui défèrent les titres les plus pompeux. — Le chef des vaincus vient haranguer Sésostris; réponse du roi ; nouvelle harangue à l’armée; humble soumission de la mauvaise race de Schéto. ■ Tout annonce que cette mémorable bataille fut livrée sur les bords de l’Oxus et qu’elle fut suivie de la prise de Bactres , principal établissement des Scythes , et l’une des plus anciennes villes du monde.

On sait avec quelle attention l’É*

eypte s'atlaclia à la conservation des documents de son histoire nationale.

L’existence de l’ouvrage que nous venons de faire connaître n’a donc rien de surprenant ; il nous prouve aussi uc les grands princes trouvèrent de ignés historiens, et les hommes distingués de la caste militaire, d’éloquents panégyristes. L’éloge des vertus militaires et de la science des combats fut donc aussi pour la civilisation égyptienne une nécessité sociale.

Nous avons presque épuisé l'ensemble des notions historiques qu’il nous a été possible de réunir sur l’état de la caste militaire en Egypte , et nous pensons en avoir assez dit pour faire reconnaître son importance dans l’Etat, les règles générales de son organisation et son influence sur les brillantes destinées de l’Egypte. Implantée dans le sol, elle était indestructible comme les monuments qui la couvraient de toutes parts ; sa dotation territoriale était la garantie de sa durée, de son aisance et de ses services; les produits de plusieurs provinces lui appartenaient, et si l’on se souvient que quelques villes importantes, telles que Sais et îléliopobs, étaient plus spécialement la résidence de la caste sacerdotale, que l’anapolis est désignée comme particulièrement habitée par des ouvriers en lin et des tailleurs de pierre , peutêtre ftiudra-t-il aussi tirer une conséquence de plus de ce qui vient d'être (lit des possessions de la caste militaire , et considérer les provinces dont les revenus lui appartenaient , comme étant aussi sa résidence ordinaire et celle des familles qui en faisaient partie. Enfin, on pourra peut-être aussi conclure de tous ces faits rapprochés, que l’Egypte était divisée en villes royales, villes sacerdotales, villes militaires et villes industrielles. Les Hébreux, élèves des Egyptiens , n’eurent-ils pas aussi leurs villes royales et leurs villes léviliques?

On raconte qu'un roi, nommé Séllion par Hérodote, négligea beaucoup l’ordre des guerriers, présumant qu’il n’aurait pas besoin de leurs services, et qu’il soublia jusqu'à les priver des

douze aroures de trrre labourable concédées à chaque individu de la caste par les rois ses prédécesseurs et choisies parmi les meilleures terres. Mais peu de temps après, l'Egypte ayant été attaquée par une armée nombreuse d'Assvriens, aucun soldat ne voulut marcher. La classe des artisans , des marchands et des ouvriers , se rangea autour du roi : la protection des dieux vint à son secours, et l'Egypte ne fut point envahie ; son salut fut ainsi l’ouvrage de ceux que la loi ne chargeait pas de sa défense.

Ce fait peut déjà faire pressentir la décadence d’une antique et puissante institution. On a raconté, plus haut, l'émigration des garnisons du midi de l'Egypte, sous le règne de l’samméticlius, parce que ce roi ne ies avait pas relevées à l'époque prescrite par la constitution de la caste. La décadence était donc alors plus avancée, et elle pourra prouver qu'une institution militaire , telle que celle qui fut créée en Ep’pte, n’assurera jamais à l’Etat inin patriotisme conditionnel, qu’un évouement préalablement soldé. Du reste , l’histoire est là avec ses dépositions pour éclairer les recherches du philosophe sur les avantages ou 1rs inconvénients des privilèges héréditaires, des corporations incommutables, propriétaires territoriaux, et nous aurons peut - être fourni quelques données à la solution de cette question, par les détails sommairement réunis ici sur une des plus anciennes institutions de ce genre, la caste militaire égyptienne.

Il nous reste a parler du peuple, qui était aussi une caste à laquelle on avait fait ses droits et ses devoirs ; mais on a compris d’avance que partout les premiers diminuent et les seconds s’accroissent pour chaque caste, selon qu’elle est plus bas plaoéetfur l’échelle des institutions publiques :

comme partout ailleurs , la caste populaire était la dernière des trois en Égypte.

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S xvi. df. ià ci.assk populaire. et sa renommée s'affaiblirent dans l’opinion; une imprécation contre son Toute la portion de la population nom fut tracée en caractères sacres libre qui n’appartenait ni à la caste sa- dans le sanctuaire même du temple cerdotale, m a la caste militaire, com- d’Ammon à Thèbes. Ce ne fut pas le posait en Égypte le troisième ortlre de peuple qui porta ce jugement contre l’état, la caste populaire. L’agricul- le roi; mais il le confirma par une tature, l’industrie et le commerce lui cite adhésion. Il nous reste d’ailleurs furent spécialement attribués par les des preuves plus concluantes de l'autorèglements généraux et par un usage rité redoutable que la constitution que fortifièrent le temps et l’habitude, avait déférée à la caste populaire en Le peuple néanmoins exerçait une au- Égypte, et des témoignages de l’usage torité politique dans deux des occasions qu'elle ne manqua pas d’en faire à Pèles plus importantes pour l’état , à l’élec- gard de ceux de ses souverains qui, tion et à la mort aes rois. L’élection oubliant ou méprisant leurs devoirs, ne fut pratiquée qu’aux plus anciens s’étaient justement attiré l’animadvertemps de la monarchie; pour les épo- sion publique.

ques postérieures, tout au plus aux « C’est dans la vallée de Biban-elchangements de dynastie; et à cet Molouk , à Thèbes, dit Chainpollion le égard les rapports "de l’histoire nous jeune, que sont les tombeaux des rois laissent dans une profonde incertitude, de la XVIII* et de la XIX” dynastie. Au contraire, l’autorité populaire à la J’y ai visité ces princes dans leurs demort des rois s’exerça aussi long- meures funéraires; ces appartements temps que dura l’antique constitution y sont couverts de sculptures et de de rempire égyptien. Après l’expira- peintures , pour la plupart d’une étontion du temps prescrit pour la durée, liante fraîcheur ; maisj’yai vu untomdu deuil public , la momie royale était beaude roi, martelé d’un bouta l’autre, portée en grande pompe à l’entrée du excepté dans les parties où se troutombeau ; elle y restait exposée aux re- vaieut sculptées les images de la reine grets ou aux malédiction ; du peuple as- sa mère et celles de sa femme , qu’on semblé ; chacun avait la liberté de repro- a religieusement respectées, ainsi que cher hautement au roi mort ses fautes leurs légendes. C’est, sans aucundoute, et ses mauvaises actions. Un prêtre ve- le tombeau d’un roi condamné après sa liait ensuite prononcer le panégyrique mort. » I,e même voyageur a vu , dans du prince, rappeler ses services et ses la vallée d’El-Assassif, territoire de bienfaits. L’assemblée prononçait alors Thèbes, un édifice où une légende rovale un jugement sans appel; des applau- a été systématiquement martelée dans dissements nombreux accordés au pa- une foule de bas-reliefs de ce temple , négyrique absolvaient le roi de tout et il a reconnu que cette légende fut reproche, et les suffrages du peuple celle d’un Aménenthé, tuteur du roi accompagnaient sa dépouille dans le Morris pendant sa minorité, et en qualieu préparé pour son éternelle de- lité de mari de la soeur du roi, ap-

meure. Si la désapprobation populaire pelée par son fige à précéder son frère

condamnait la mémoire du rui, il était sur le trône de leur père; et que, par-

privé de funérailles pompeuses, et l’an- venu à sa majorité, Morris, a qui In

torité du juge s'étendait jusqu'au droit mémoire et l’autorité de son tuteur de faire effacer des monuments et des étaient odieuses , fit effacer son nom annales nationales le nom du roi frap- des monuments publics, avec le conpé par ces solennelles condamnations, cours de l’autorité, qu’on invoquait Long-temps après la mort de Menés, dans ces solennelles circonstances. De fondateur de la monarchie égyptienne, notre temps, il y a de cela plus de sa mémoire fut proscrite , a cause du 3600 ans.

grand luxe qu’il avait introduit dans On voit aussi au musée de Turin une les habitations domestiques. Sa gloire statue eu très-beau grès rougeâtre ,

d'environ quinze pieds de hauteur ; c’est celle d’un Pharaon debout , dont le nom sc lit sur l'agrafe de la ceinture qui lui serre sa tunique sur les reins. Il tient de la main gauche une grande enseigne sacrée, et son nom est encore gravé en beaux hiéroglyphes sur le bâton de cette enseigne ; il se lit jusqu’à sept fois sur les diverses parties de ce même colosse. Une autre statue du même roi est au musée britannique; un second colosse, semblable à celui de Turin, a été acheté à Rome et transporté au musée égyptien du Louvre ; c’est toujours le nom de ce même Pliarnon qui se trouve répété sur les statues de Londres et de Paris. On l’a remarqué aussi sur les differentes portions du palais de Karnac a Thebcs ; on le retrouve enfin sur le bel obélisque de la porte du Peuple à Rome : ce nom est celui du Pharaon Mandouéi, de la XVIII' dynastie égyptienne; mais partout où ce nom existe, soit sur les images de ce roi , soit sur les édifices qu'il éleva, ce nom est soigneusement tnarlelé, effacé, quoiqu'il soit exprimé par la figure même du dieu Nandou , dont le Pharaon portait le nom. J.a suppression systématique du nom de ce roi sur tous les monuments publics ne peut être expliquée que comme l’effet d'un de ces jugements sévères portés par le peuple égyptien contre ses méchants rois , au moment de leur mort.

Sur le palais de Louqsor, le nom du roi éthiopien Sahaco a été également proscrit et martelé; celui de Taraka, autre éthiopien, fut également martelé à Medinct-llabou. Sous la domination romaine, cet usage subsistait encore, et l’autorité qui avait succédé à celle du peuple, succéda aussi à ses attributions dans le jugement du mérite des princes. Ce n’était plus, il est vrai, l'intérêt national qui s'exprimait dans ces solennelles circonstances : les passions de l'empereur remplaçaient les doléances du peuple. On lisait sur le temple d’Esnéh les noms des empereurs Septimc-Sévère et Géta; Caracalla fit assassiner son frère Géta; sa mémoire et son nom furent proscrits par l'autorité impériale dans toute l'é-

tendue de l'empire; cette proscription les atteignit jusqu’au fond de la Thébaîde : les cartouches contenant le nom propre de Géta sur le temple d'Esnéh sont aussi régulièrement martelés.

L'autorité morale du peuple égyptien sur la renommée de ses rois né saurait donc être mise en doute, et peutêtre peut-on dire que quelque sagesse se révélait dans cette institution politique, parce que tous les citoyens en jugeant et maudissant le roi mort sur le seuil de son tombeau , étaient appelés à exercer sur le roi vivant, sans l'embarrasser, une influence qui ne pouvait être dédaignée.

On ne saurait dire à quelle époque des annales de l'Egypte se rattache cette singulière institution politique , ni par quelle voie la caste populaire réussit à conquérir ces privilèges.

Je gouvernement théocratique repoussait de sa nature la concession d'un pareil avantage; le prêtre était tout uans cet ordre de choses, et le peuple n’avait à montrer que de la piété et de l’obéissance. Ce privilège indiquerait donc un temps où des circonstances critiques auraient porté le sacerdoce égyptien à octroyer au peuple cette part morale dans les affaires publiques; et comme l'histoire n’a conservé le souvenir d’aucune lutte entre l'autorité théocratique et toute autre autorité rivale , si ce n’est celle où Ménès força la tiare à s’abaisser devant l’épée, époque où le gouvernement, de sacerdotal qu’il était, devint inopinément civil et militaire, il est permis de conjecturer que Ménès , pour consolider les immenses résultats de sa périlleuse entreprise, s’allia avec le peuple , en se livrant à lui après sa mort ainsi que tous les rois ses successeurs, et s'en fit un utile auxiliaire au moyen d’une concession toute nouvelle qui investissait la caste populaire d’une intervention puissante , propre peut-être à la garantir des mauvaises passions des rois et des mauvais conseils de leurs ministres. S’il en était ainsi , ce ne serait qu’un exemple de plus, bien ancien à la vérité , de. la bienveillance attentive des barons de tous les pays

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pour les pauvres ce /mutines quand ils avaient besoin d'elles pour lutter avec succès contre la couronnnc. Quoi qu'il en soit , le droit attribué à la caste populaire , de juger les actes des rois , de condamner leur mémoire, et l'inévitable effet de ces jugements , ne sauraient être mis en doute : toutefois l'histoire a trop négligé les preuves qu'on aurait pu recueillir pour l'utilité de tous, de l'ancienneté et de l'efficacité de cette singulière institution politique de Ja vieille Égygte.

La fertilité extraordinaire de la terre, un climat bienfaisant, de lionnes lois que l'expérience avait élaborées , et que le temps sanctionna-, une administration active et bienveillante sans cesse occupée à établir et à consolider l’ordre public dans les champs comme dans les cités ; l’influence inévitable de la religion sur un peuple naturellement pieux , d'un caractère facile, et qu' Hérodote considère comme les plus religieux des hommes, permettent de penser qu’en Égypte la classe populaire fut heureuse, et que, occupée et laborieuse , modérée dans ses mœurs et dans ses vœux , elle trouva dans son travail les sources d'une aisance générale, et qui fut de longue durée.

Les familles y étaient habituellement nombreuses ; ou voit dans les monuments les plus simples , peints sur un panneau de bois ou sculptés sur une dalle de pierre calcaire , et représentant les devoirs funèbres rendus aux chefs d’une famille par tous ses enfants , que leur nombre pour les deux sexes s’élève de huit à douze et parfois au-delà ; et si le luxe de ces monuments désigne des familles plus distinguées et des classes supérieures, ils rendent à l’égard de ces familles le même témoignage quant au grand nombre des enfants qui appartenaient h chacune ; les tableaux sculptés a Thèbes nous donnent la liste de neuf descendants miles de Rhamsès-Méiamoun , et d’un nombre encore plus considérable de filles. L’ancienne société égyptienne différa en ce point essentiel de l'état des sociétés modernes.

La classe populaire avait générale-

ment pour vêtement une courte tunique de lin , nommée Calasiris , serrée par une ceinture au-dessus des hanches , ayant parfois de courtes manches et garnies ne franges par le bas. La chaussure était en papyrus ou en cuir, mais elle était vraisemblablement réservée aux classes supérieures. La tête était habituellement découverte; la chevelure était frisée ou nattée; un manteau de laine était parfois jeté sur la tunique , et ils le quittaient à l’entrée des temples. Lesfemmes portaient avec la tunique d’amples vêtements en lin ou en coton, a larges manches, unis ou rayés, blancs ou de couleur unie; leur chevelure était artistement soignée; leur tête, leurs oreilles et leurs mains étaient ornées de bandeaux , de boucles et d’anneaux. Une chaussure légère enveloppait leurs pieds ; elles sortaient le visage .découvert, accompagnées de quelques femmes de service, qu’elles avaient en assez grand nombre dans leur maison. Habillées aussi avec d’amples robes d’étoffes rayées, les suivantes avaient leurs cheveux tressés et tombant sur leurs épaules ; elles portaient de plus un large tablier de même étoffe que leur robe, point de bijoux ni autres parures, et se tenaient dans une situation très-respectueuse en présence de la dame de la maison. Les filles sorties de l’âge de l’enfance étaient habillées comme leur mère , h l’exception des ornements de la tête ; et les enfants des deux sexes n’avaient pour tout habillement ou parure, durant les sept à huit premières années , que des boucles d’oreilles.

La race était belle, d’une haute taille, un peu grêle en général, et vivant long-temps, comme le prouvent celles des inscriptions funéraires où l’âge des défunts dépasse quatrevingts ans. Du reste, toutes les exceptions â ces données générales se rencontraient dans la population égyptienne comme dans toutes les autres :

nous ne réunissons ici que les traits principaux de sa constitution physique, d’après les monuments d’accord avec les récits de l'histoire. Du reste. Hérodote , qui a vu l'Égypte avant sa

décadence entière, assure qu'après les Libyens , les Egyptiens étaient en général les plus sains des hommes. Le grand nombre de momies d’hommes ou de femmes , qui ont été ouvertes , corrobore ces divers témoignages.

L’intérieur des familles dénote des moeurs douces et des habitudes d'affection. On voit un de ces intérieurs peints dans un des tombeaux de Gournah. Une mère de famille reutre chez elle avec ses trois filles d'âges différents , suivies d’un vieux serviteur et d’une servante d’un âge mûr. Après avoir traversé une première pièce, elles se trouvent dans la seconde, qui en précède plusieurs autres ; trois jeunes femmes de service viennent au devant d’elle, et lui présentent respectueusement des fruits et des rafraîchissements; dans l’antichambre, une des trois filles se désaltère , pressée par la soif, tandis que la servante distribue des llcurs et des joujoux à une petite fille et à un petit garçon sans vêtements, accourus vers la porte a la rencontre de leur mère. L’autorité paternelle fut toute-puissante en Egypte par les mœurs plutôt que par les lois : la vieillesse était vénérée; lorsque des jeunes gens rencontraient un vieillard, ils lui cédaient le chemin et se rangeaient de côté. De tels sentiments ne "révèlent-ils pas une culture attentive des affections de l’aine? Les habitudes qu’elles imprimaient se réalisaient surtout dans l’intérieur des familles.

Ile que nous en savons à l'égard des Egyptiens nous montre cet intérieur en possession de tous les biens qui peuvent faire croire au bonheur, rliarmer l'homme fidèle à ses devoirs sociaux , et le consoler parfois des peines qu’ils peuvent engendrer.

Les habitations particulières étaient vastes et à plusieurs étages. I.es chambres qui les composaient avaient des destinations analogues aux usages modernes. Un voit, d’une part, de grands approvisionnements de comestibles variés, empilés sur des tablettes; d’un autre côté , le sol est couvert par une natte tressée en joncs de couleurs diverses ; de petites fenêtres grillées

éclairent les pièces du rez-de-chaussée; et au premier étage, habitation pour la nuit, on ne voit, comme on l’observe aujourd'hui dans toutes les villes d’Egypte, que de très-petites croisées.

Les couleurs de la peinture qui nous fournit ces détails indiquent que ces fenêtres étaient à deux vantaux , garnis de carreaux en verres de couleur.

Un grenier ouvert sur les côtés et une terrasse découverte terminaient ce bâtiment. Un jardin était une dépendance des maisous de cet ordre ; des arbres fruitiers en plein vent, et parmi lesquels on distingue le grenadier et le citronnier ; des arbres d'agrément de forme pyramidale, des bosquets de verdure et’dcs berceaux en vigne, en faisaient une possession à la fois utile et agréable. Ces vignes étaient régulièrement arrosées; on vendangeait pour cueillir les raisins que la consommation journalière avait épargnés; le raisin coupé était transporté avec des paniers dans une cuve placée entre deux palmiers ; le raisin y était immédiatement foulé par des hommes qui se soutenaient à une corde tendue d'un palmier à l’autre. On emportait aussi du raisin pour l'approvisionnement de la maison; on prenait note du nombre de paniers; on infligeait une bastonnade au domestique qui, durant les vendanges, n’avait pas été sobre et fidèle. Il y avait dans la maison des pièces destinées à serrer toutes sortes de provisions en fruit , vin , pains et gâteaux ; en poisson . volaille et gibier salés. Les viandes fraîches de bœuf, de chèvre et de mouton , étaient d'un usage général. La viande de porc était proscrite; cet animal était considéré comme immonde , au point, dit Hérodote , que si un Egyptien touche en passant un de ces animaux, même seulement par ses vêtements , il court sur-le-champ vers le fleuve et s'y plonge. Aussi était-il interdit aux gardiens de porcs d'entrer dans les temples, et ces hommes, rejetés même des rangs les plus infimes de la société , ne trouvaient à se marier qu’avec les filles de leurs pareils. L’interdiction religieuse de la viande de porc

ÉGYPTE

fut une mesure diététique et sanitaire assez répandue en Orient, et ce ne sont pas les Égyptiens seuls qui , pour pette raison , auraient refusé de baiser un Grec sur la bouche, ou de se servir de son couteau , de sa broche ou de sa marmite : de tels scrupules subsisteul encore de nos jours ; des pratiques utiles seulement en Orient servent encore en Occident de symboles religieux , et témoignent' de quelque fidélité a un culte particulier, dans un pays qui les respecte tous.

1/usage des' lèves était aussi expressément défendu; on n’en semait point, et les plants qui pouvaient naître par hasard étaient soigneusement arrachés. Ce légume était déclaré impur.

Hérodote rapporte que les Egyptiens prenaient leurs repas hors de leurs maisons ; mais il ne reste sur les monuments connus aucune preuve d’un tel usage.

la nourriture ordinaire de la population entière était le pain lait avec la farine du grain qu’Hérodote nomme sorgho , et qui est le doura , espèce de mais dun usage encore général dans l'Égypte moderne. Hérodote ajoute que les pains faits de sorgho étaient appelés Cyllètes; il nous est parvenu quelques-uns de ces pains, recueillis, comme tant d'autres objets, dans les tombeaux ; ils sont d'espèces et de formes différentes ; on en voit des figures non moins variées sur les monuments.

Outre les viandes et les poissons, le miel et plusieurs sortes de fruits entraient aussi dans la nourriture habituelle des Égyptiens ; de ce nombre étaient le raisin, la grenade, les dattes, la figue , la banane , plusieurs especes de melons et de pastèques , l’oignon et les autres légumes dont le climat liermettait la culture. On voit aussi dans nos musées quelques-unes de ces productions, qui nous sont parvenues, après avoir séjourné bien des siècles dans les sépultures; on y remarque le fruit du palmier doum,"les mvrobalans ou belanites, les raisins de hamas et de Corinthe, le fruit du lotos qui, selon Homère , faisait oublier leur patrie aux étrangers oui en godtaient,

le citron et la grenade , le mimusops el engi, originaire de l’Inde; le ricin

3ui fournissait une huile à briller; les attes du palmirr ordinaire; le fruit de l’acacia hétérocarpe; le blé commun ; la figue du sycomore , et parmi les autres productions d’un emploi fréquent dans les lisages domestiques , la cire, la gomme résine, le vernis, composé avec la résine du ccdre , le baume funéraire, qui est un mélange d'asphalte ou bitume de Judée avec des substances aromatiques , analogues au gingembre et à l’amomum ; la gomme arabique conservant encore toutes ses propriétés; enfin ic beurre de muscade ou cinnamonium des anciens. Le feu et l'eau étaient aussi , comme de notre temps, les grands agents pour la composition des mets variés , produits de l’art culinaire en Égypte. Ses artistes, qui semblent s’étre attachés à ne rien omettre dans leurs ouvrages de ce qui se faisait dans leur pays , n’ont pas dédaigné la représentation des détails intérieurs des cuisines, et du service des repas selon les formes rceues dans les classes auxquelles la richesse, ou au moins une grande aisance , permettait de rechercher toutes les commodités et toutes les satisfactions que procurent la variété des mets . le luxe du mobilier , et des serviteurs habiles et nombreux.

Du temps d’Hérodote , une sorte de vin tiré de l’orge était la boisson ordinaire des Égyptiens; l'historien ajoute

Îu’i! n’y avait pas de vignes en Égypte. ,es monuments démentent cette dernière assertion d’Hérodote; non seulement l’offrande du vin aux divinités est très-fréquemment figurée dans les représentations religieuses , ce qui prouve que le vin n’était pas fort rare, mais encore ou retrouve très-fréquemment, parmi les travaux des champs et ceux de la récolte , la culture de la vigne, la vendange et la fabrication du vin , qu'on enferme ensuite dans de grandes jarres qui sont bien bouchées et rangées dans des caves. On voit aussi sur les monuments la fabrication du vin cuit ; le raisin est déposé dans un grand vase placé sur un fourneau al-

luiné; lorsqu’il a suffisamment bouilli, grande pureté; qu’elle paraît trèsle moût et son marc sont mis dans une bonne pour la préparation des aliments, toile, d'où le vin clarifié s’échappe dans et même pour les arts chimiques, où des vases , au moyen d’une forte tor- elle peut remplacer l'eau de pluie, dont sion donnée à cette toile avec des le- le pays est privé , et l’eau distillée , vicrs mus à force de bras d’hommes, difficile à obtenir en grande quantité Il est très-vraisemblable que la bière dans un pays où les combustibles sont de grains était d’un usage plus ordi- rares. Elle" est surtout bienfaisante et naire dans la classe laborieuse; il en salutaire pour l’espèce humaine; elle était là comme dans toutes les autres est peut-être la plus saine de toutes les sociétés assez policées pour être divi- eaux de la terre ; et sans lui attribuer sées en classes de condition inégale; les vertus surnaturelles dont une Ionla meilleure ou la plus agréable nour- gue tradition , à peine éteinte, la dotait riture était et devait être non pas un sans hésitation , d’unanimes louanges droit, mais un privilège pour la for- lui sont accordées pr ceux, soit étrantune. gers , soit naturels , qui en ont fait

Du reste, l’eau du Nil était d'un usage dans toutes les saisons, et l’on usa^e universel , et si les anciens di- croira sans pine qu’il en existe à vinPsèrent le lleuve comme le créateur Constantinople un approvisionnement et le père nourricier de l’Égypte, ils pour l’usage du grand-seigneur et celui ne lui devaient ps moins de gratitude de sa famille.

pour les qualités essentiellement bien- Les anciens Égyptiens ne négligèfaisantes de ses eaux. Cette précieuse rent pas de chercher le moyen de propriété était connue de tous dès la rendre toujours potable cette eau si plus haute antiquité; Hérodote avait necessaire, et que les effets de l’inonappris que lorsque le grand roi , celui dation rendent , pendant trois mois de de Perse, se mettait en campagne, on l'année, trouble, rougeâtre , épaisse, amenait pour lui, outre les approvi- a force d'être chargée de limon, et réelsionnements en viandes et en grains lement dégoûtante, toutefois moins au nécessaires à sa consommation poi son- goût qu'à la vue. Ils y prvinrent, et nelle, l'eau même dont il aurait be- découvrirent que pourclarifiercetteeau soin pour toute la campagne; que à toutes lesépoques de l'année , il suflicette eau était tirée du Choaspe, qui sait de frotter aveedes amandes amères traverse la ville de Suze ; que c était la broyées, les bords ou les parois intéseule dont le roi fît usage , et qu’un rieiires du vase où l'eau est contenue, grand nombre de chariots à quatre C’est le même procédé que les F.gyproues , tirés par des mulets , portaient tiens de nos jours emploient au même dans des (laçons d’argent cette eau, effet, et avec un succès constate par qu’on avait fait bouillir auparavant, quelques milliers d’années. Rien n est On ignore si les Pharaons, clans leurs plus commun dans les représentations voyages ou leurs guerres hors de l’É- des usages antiques de 1 Egypte , que cypte et loin du Nil , faisaient apporter d’y voir, dans I intérieur des habitanvec eux leur approvisionnement d’eau tions. comme au milieu des champs, de leur fleuve sacré ; ce qui est certain, dans les jardins . aussi bien que dans c’est la juste renommée dont cette eau les lieux de travail, des jarres remplies n’a pas cessé de jouir depuis les pre- d’eau , posées sur des trépieds eu bois, miers temps historiques jusqu’à nos dans les coins les plus abrites des haiours. Les voyageurs anciens et mo- lutations, a l’ombre d un arbre dans dernps sont unanimes sur ce point ; et la campagne ou eu plein air, rafraîchies tous nos contemporains y ajoutent leur par des serviteurs qui agitent 1 air ausuffraae d’une expression non équivo- tour avec des éveutails. On ne peut nue. L’analyse chimique a donné les douter, au surplus, que les anciens raisons d'un tel phénomène, et a fait n’aient devancé les modernes dans une reconnaître que l'eau du Nil est d’une précaution si indispensable pour 1 ap-

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provisionnemcnt (l’e.ni dans les villes situées à quelque distance des bords du Nil, au moycndequelqu’unedeses branches ou de scs canaux : l’inondation était régularisée en effet de telle sorte que le lleuve, soit par son élévation, soit par des canaux, allât rcmplirlesciterncsdestinées à cet approvisionnement usuel; et si l'on se souvient de la forme singulière de la vallée du Nil , sa superficie étant semblable à celle d'un dos d’âne, dont le lleuve occupe le point le plus élevé, on voit dès lors avec nuelle facilité, et presque sans travail dans un terrain limoneux, les eaux du Nil pouvaient être conduites dans les lieux habités les plus éloignés des limites où parvient l'inondation , et comment ce fleuve, répandant ses bienfaits sur toute l’Égypte , fécondant son sol, pourvoyant avec largesse à l’une des plus impérieuses nécessités pour la vie des hommes, ce lleuve célèbre mérita les autels et le culte qui lui furent décernés par la reconnaissance d’une nation illustre et puissante.

Tous scs monuments nous révèlent cette puissance par le luxe des habitations particulières, et celui du mobilier dont elles étaient garnies. Outre l’intérieur déjà décrit plus haut {fil. 53), on voit dans un autre tableau [teint la façade d'une de ces habitations {pl. 54) : c’est un pavillon fort élevé, flanqué à droite et à gauche de deux corps de bâtiment, comitosés de deux galeries l’une au-dessus de l’autre, soutenues par des piliers à chapiteaux , qui en font des salles à jour dans toute leur hauteur ; des tables chargées de fruits, des trépieds garnis de jarres d’eau, y sont symétriquement placés. Ces galeries, ouvertes sur le devant, pouvaient servir de salle à manger; et c’est peutêtre ce qui aura fait dire à Hérodote , comme on l'a vu plus haut, que les Kgvptiens prenaient leurs repas en pu6fic.

Si nous insistons sur ces détails domestiques , que le lecteur nous le pardonne ; c’est la partie la plus nouvelle de l'histoire ancienne de l’Égypte. Il n’y a pas long-temps encore qu’un des écrivains les plus distingués ae l'Alle-

I2r Ijrraison. (Égyptr.)

magne, M. de Hceren , disait à ce sujet : « Si Phistorien s’enquiert des bas reliefs historiques ou ethnographiques, et des scènes domestiques ou sont peintes les représentations des moeurs et des usages de la nation , il demande précisément les objets qui sont le moins éclaircis. « Les détails dans lesquels nous entrons sur cette partie de l’état civil de la nation égyptienne satisfont donc à un vœu généralement exprimé, remplissent une lacune généralement remarquée; et ce sont les matériaux recueillis avec un admirable discernement dans l’Égypte entière par Champoliion le jeune, qui servent a enrichir l’histoire de ces faits, réellement nationaux à l’égard de chaque peuple ancien ou moderne, les plus propres aussi à nous faire apprécier l'intelligence, la raison et le godt de chacun d’eux , non moins décisifs enfin que des batailles et des conquêtes.

Un vaste jardin était une dépendance ordinaire d'une habitation égyptienne complète {pl. 55). Il était carré; une palissade en bois formait sa clôture; un côté longeait le Nil, ou unde ses canaux, et une rangée d’arbres taillés en cônes s’élevait entre le Nil et la palissade. L’entrée était de ce côté, et une double rangée de palmiers et d’arbres de forme pyramidale ombrageait une large allée qui régnait sur les quatre faces. Le milieu était occupé par une vaste tonne en treilles, et le reste du sol

Rar des carrés garnis d’arbres et de eurs , par quatre pièces d’eau régulièrernentdisposées, qu’habitaientaussi des oiseaux aquatiques ; par un petit

Kavillon à jour, espèce de siège omragé; enfin, au fond du jardin, entre le berceau de vignes et la grande allée, était un kiosque a plusieurs chambres .

la première fermée et éclairée par des balcons à balustres; les trois autres,

?|ui étaient à jour, renfermaient des ruits , de l’eau et des offrandes. Quelquefois ces kiosques étaient construits en rotonde à balustres surmontés d’une voûte surbaissée.

Des peintures à fresque décoraient l’intérieur des habitations ; leur composition , toute d’ornement , était ex-

trêmemcnt variée ; les couleurs les plus brillantes , habilement mariées , formaient des dessins d’une variété infinie, et que le goût moderne adoptera sans répugnance.

Les meubles en bois communs , en bois rares et exotiques, en métaux ornés de dorures ou ciselés (pl. 23 et 57); les étoiles unies, brochées, brodées, teintes et (teintes, en lin, en coton ou en soie, produits des manufactures nationales ou étrangères, contribuaient à l'agrément des maisons égyptiennes et aux commodités de la vte intérieure. Les lits, garnis de matelas, avaient extérieurement la forme d'un lion, d'un schacal , d'un taureau ou d'un sphinx debout sur leurs quatre pieds ; la tête du quadrupède, plus élevée, servait de dossier pour le chevet, et l'imitation minutieuse de ses divers membres donnait l'occasion d'ajouter au bois , outre les couleurs, l’or et l'émail. On fabriquait avec le même soin les marche-pieds, les lits de repos à dossier et à chevet, les divans, fes canapés , les armoires à deux portes, les buffets, tablettes , cassettes et coffrets , et tous les objets de cette nature nécessaires au service de la famille. Les fauteuils à bras , garnis et recouverts de riches étoffes, étaient aussi ornés de sculptures très-variées , religieuses ou historiques : des ligures des pasteurs vaincus soutenaient le siège en symbole de leur servitude. Un tanouret était semblable pour l'étoffe et les ornements au fauteuil dont il était l’accessoire. A des sièges pliants en bois, les pieds avaient la forme du cou et de la tète du cygne. D'autres fauteuils étaient en bois de cèdre , incrustés d’ivoire et d’ébène , et les sièges en jonc solidement tressé. Des guéridons, des tables rondes, des tables de jeu , des boîtes de toute grandeur répondaient par leur matière et leur belle exécution a l’éclat du reste du mobilier. Des nattes et des tapis en couleurs vives et variées, et quelquefois historiées, ou bien des peaux d’animaux sauvages préparées, couvraient l'aire des appartements ou des portions les plus habitées; et des vases en or, en matières précieuses, en

métaux dorés ( pl . 44), ornésd’émauxon de pierres fines, d'une élégance et d'une variété de formes que les peintures qui nous les ont conservées peuvent seules révéler à notre esprit , après tous les chefs-d’œuvre de l'art des Grecs, complétaient le mobilier d'une maison égyptienne ; et d'après elle on peut juger de la magnificence des palais.

Sans doute ce luxe et cette magnificence étaient inconnus au laboureur, à l'artisan, à la majorité, delà population : mais à l'égard de l’Égypte comme de quelques autres contrées, pour que cette opposition soit moins sensible, considérée surtout dans ses rapports avec les besoins réels de l’homme, avec tout ce qui peut être propice à sa nourri ture, à sa santé, ajouter à son existence les choses qui llattent ses goûts, plaisent à son esprit et lui aident a reconnaître et à soutenir sa propre dignité, il ne faut pas oublier qu'un très-haut développement du luxe dans les classes supérieures ne dénonce pas toujours une grande misère dans les classes inférieures ; que s’il peut en être ainsi dans les pays dont les fortunes ne reposent que sur les capitaux et les produits de l'industrie, ou en un jour et par l’effet d'un seul événement la fortune se joue si cruellement de ses plus habituels favoris, et semble élever pour eux de la même main les hôpitaux et les palais; il en est tout autrement dans les contrées où la richesse publique et celle des citoyens sont fondées sur les bienfaits périodiques de la terre; et aucune ne fut jamais plus régulièrement prodigue de ses biens que la terre d’Égypte. Cette fécondité sans pareille, l'excellence du climat malgré l’ardeur du désert voisin, une hygiène publique à laquelle 'es convictions de l’expérience avaient imprimé une grande autorité, et ce que les profils de l'industrie ou du commerce ajoutaient à tous ces biens essentiels, nous autorisent à considérer la population égyptienne comme ayant été généralement pourvue du nécessaire, et chacune de ses classes comme étant en possession, selon sa place sur l'échelle des richesses, de toutes les commodités etde

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tous les agréments de la vie. Les palais avaient un superllu qu'ils déversaient sur de nobles industries qui honoraient aussi le génie de l’homme, et la maison du laboureur ne manquait jamais du nécessaire ; l'argile plus ou moins façonnée ou émaillee y remplaçait la porcelaine peinte pour le service de la table du riche; mais ceci n'intéresse pas de très-près le régime général d’une nation, ses mérites ou sa puissance, et nous savons ce qu'a fait le peuple égyptien avec scs assiettes de terre vernissée , ses corbeilles de ionc , sa simple tunique de lin et sa chaussure de papyrus.

Pour compléter ce curieux tableau des usages domestiques et de la vie intérieure des Égyptiens , nous croyons à propos de présenter, comme en étant la plus précise description, une liste abrégée des meubles, ustensiles, objets d'habillement ou de parure, qui, tirés des tombeaux et provenant des fouilles fajtes dans divers lieux antiques de l'Égypte , se montrent à nous comme des révélateurs naïfs des plus intimes usages de la plus illustre des nations anciennes. Les faits nombreux et importants qui résultent de tels monuments sont les seuls à l'abri des incertitudes ou des passions de l'histoire : in variété des matières , soigneusement indiquées, n’étonnera pas moins que la variété même des objets énumérés. On s’y fera aussi une idée de l’étonnante perfection de l’industrie égyptienne , qui savait mettre ces matières en œuvre bien des siècles avant le temps que notre Europe assigne avec tant de confiance aux plus utiles ou aux plus rares inventions dans les arts ; et nous n’indiquons dans cette nomenclature, véritablement historique au plus haut degré , que les objets que nous avons eus sous les yeux.

Objets d'habillement. — Tuniue en toile de coton très-fine, avec es ourlets et des reprises selon l'usage moderne. — Toile de lin. Grande pièce de toile, ayant pu servir de manteau , terminée, aux deux extrémités, par des franges en cordelettes. — Idem. Pièce de toile frangée à effilés , ayant servi

au même usage que la précédente.

— Cuir maroquiné. bandelettes et ornements, avec des sujets frappés sur gomme jaunâtre et représentant plusieurs noms de Pharaons. — Feuille de palmier ou jonc. Chaussures nommées fabtehs en langue égyptienne , espèce d’espardilles en feuilles de palmier tressées, arrondies par le bout, imitaut In forme de la plante des pieds , avec les restes cl es cordons destinés à les fixer. — Tabtebs terminés en pointe. Deux paires sont faites avec des feuilles de palmier teintes en rouge. —Tabtebs terminés par de longues pointes qui, se recourbant sur lecoude-pied,servnientdc défense naturelle aux orteils. — Feuille de palmier ou jonc. Tabtebs, avec ou sans pointe, ayant un quartier et les parties latérales de l’empeigne. — Cuir oucuirmaroquiné rouge. Sandalesd’enfant. — Gomme odorante et cuir maroquiné vert; cuir maroquiné rouge.

Soulier d'enfant avec quartier et empeigne. — Cuir peint. Soulier de femme avec ornements peints en jaune. — Cuir maroquiné pourpre. Paire de pantoufles doublées en maroquin rose, rosettes dorées sur le coude-pied et entrc-seinciles de papvrus. — Cuir. Sandales d’homme.— Gomme odorante et cuir. Sandales de diverses grandeurs.

—Une paire de demi-bas à jour. Sabot en bois avec une bride en fer.

Ustensiles de toilette.— Bronze et bois. Miroirs en métal poli , avec manche en bois imitant une (leur de lotus. — Bronze. Miroirs de métal , dont le manche représente, soit une femme la tête surmontée d'une fleur de lotus, soit la déesse Hathdr (Vénus) tenant une colombe dans sa main gauche. — Bois. Peignes simples. L’un d'eux est orné d’une gazelle agenouillée. — Grands et petits peignes doubles. — Perruques en cheveux , volumineuses , tressées et nattées. — Diverses portions de chevelures, parmi lesquelles on remarque plusieurs tresses parfaitement conservées. — Ivoire ou os. Épingles à cheveux , terminées en forme de grenade ou par un urcus dressé. — Bois. Épingles à cheveux plus communes. — Bronze. Épingle

L’UNI VKRS.

ordinaire conservant des restes de dorure. — Petit panier renfermant de petites olives en terre glaise enfilées et groupées de manière à imiter une masse de cheveux. —Serpentine et albâtre oriental. Vases à collyre, de grandeurs diverses, destinés a renfermer de l’antimoine en poudre, ou toute autre préparation analogue au surmé des Orientaux. — Terre «maillée , bois dur, serpentine et albâtre. Étuis a collyre de diverses formes, ou composés (Je plusieurs canons de roseaux réunis par une bandelette de toile. — Bois, hématite et bronze. Styles pour l'application du collyre sur le prolongement de l’angle externe des yeux. — Basalte et albâtre. Molettes et pierres à broyer le surmé ou autres cosmétiques.—Bronze. Instruments pour la préparation des collyres et autres cosmétiques. — Terre émaillée, émail et albâtre oriental de diverses nuances.

Vases unguentaires destinés à contenir des huiles, onguents ou parfums liquides. — Albâtre et brèche. Petites amphores et vases ansés de diverses formes. — Terre émaillée, émail et albâtre oriental. Vases balsamaires avec ou sans oreilles (masdi), et de formes variées. — Terre émaillée, émail, albâtre et bronze. Vases ampulloïdes, ou ampoules destinées à contenir des parfums liquides, ou des huiles parfumées; parfois avec une inscription hiéroglyphique. — Terre émaillée et albâtre.

Vases en forme de gourdes, avec ou sans anses. Il y en a dont le goulot est formé par une fleur de lotus, et les anses par deux singes accroupis , avec des inscriptions hiéroglyphiques sur la panse , telles que celles-ci : Que le dieu Phtha accorde d'heureuses années au possesseur de ce vase ! Que le dieu Ammon et la déesse Mouthis accordent d’heureuses années ! Que le dieu Phtha et la déesse Koht accordent d’heureuses années ! etc. — Albâtre oriental et terre émaillée. Vases de formes diverses, ayant servi à contenir différents genres de cosmétiques.

Il y en a avec des légendes royales.— Verres et émaux de couleur. Petits flacons et vases destinés au même usage

que les précédents, mais remarquables par la variété des verres de couleur entremêlés dont ils sont formés. — Terre émaillée, albâtre et lapis. Petites coupes et tasses de formes variées, et petits ustensiles à transvaser ou à préparer des parfums liquides.

Bijoux et objets db parurb. — Ornements tC oreilles-— Coquilles fixées à un cordon , et ayant servi d'ornements d’oreilles.— Or. Boucles d’oreilles terminées par des têtes de bœuf, de lion ou de gazelle. — Argent et bronze. Boucles d’oreilles, dont une est terminée par une tête de boeuf. — Boucles et pendants d’oreilles en or, verre doré, or et saphir d’eau , bronze doré et verres de couleur. — Pendants d’oreille en bois, terre émaillée, émaux ou verres de couleur. — Ornements d’orei Iles formés de grains de verroterie ou de cornaline, d’anneaux d’ivoire et de petites grenades en terre émaillée verte. — Ornements d'oreilles formés d'un cordon passé dans divers amulettes en terre émaillée, et représentant le poisson latus, une grenouille, une espèce de chenille, des scarabées ou des têtes symboliques de la déesse Hathér. — Ornements d’oreilles formes de fleurs variées en terre émaillée. — Ornements d’oreilles enterre émaillée, cornaline et lapis, représentant des grenouilles, le poisson latus, des scarabées, une sauterelle, une mouche, des cygnes, des cynocéphales, un lion, des'hippopotariies, des gazelles, un lièvre, des ehats, un hérisson, des têtes humaines, ou des têtes symboliques de la déesse Hathér.

Colliers. — Collier formé de eoquil lages naturels. — Bois. Olives striées et peintes en rouge, provenant d’un collier. — Colliers formés d’annelets d’ivoire ou cntremêlésde grains de cornaline. — Colliers ou portions de colliers formés de lentilles, petits disques, grains ou olives et demi-olives en terre émaillée. — Colliers ou portions de colliers formésde petits disques en terre émaillée ou en émail de diverses couleurs , alternés ou entremêlés. — Autre formé de scarabées portant gravés sous leur base des ornements variés ou des

EGYPTE

symboles. — Autres formés de petits chats, d’un petit naos renfermant l'image de la déesse Buhastis, de petits yeux symboliques en terre émaillée, ou de plaques carrées portant le nom hiéroglyphique d’Osiris. — Terre émaillée. Lentilles, disques , annelets, cylindres etamulcttcs provenant decolliers. — Autres formés de globules en terre émaillée, montés en or. — En grains d’émail vert pomme ou bleu céleste. — De grains et d’olives en pâte d'émail , en émaux et en verre de couleur.— Grains, olives, perles et autres pièces en émail mosaïque , provenant de colliers, et très-remarquables sous le rapport du travail et de la variété des couleurs. — Colliers formés de pièces de corail pâle ; — ou en grains et cylindres de spath vert ; — ou en prime d’améthyste; — ou en cornalines , d’une forme variée , et entremêlées d'amulettes de diverses manières.

— Grains, olives et perles en jaspe, agate, chalcédoine, lapis, grenat, sardonyx , granit, etc. , provenant de colliers.— Autre collier formé de perles hexagones en argent massif ; — formé d’une baguette de bronze plaquée en argent, et dans laquelle sont passées des sonnettes eu argent , ou des amulettes en bois ou en cornaline; — composé de petites pièces en argent représentant des yeux symboliques entremêles de perles d’argent doré et de petits amulettes en terre émaillée ; — formé de plusieurs centaines d’annelets en argent de 2 lignes et demie de diamètre sur un tiers de ligne d’épaisseur. passés dans une tresse de cheveux ; — en argent , composé d’amulettes représentant la partie supérieure du coquillage nomme porcelaine ; — imitation en or du coquillage nommé porcelaine. — Pièce en or imitant la partie supérieure du même coquillage, et veux symboliques en cornaline. — Colliers et portions de colliers formés de petites pièces d’or en forme d’olives, d’annelets, de perles, perles à jour, sauterelles , grenades , etc. , etc. , entremêlées de petits amulettes en cornaline ou de scarabées montés en or.

— Collier complet à trois rangs : le

Sremier formé d’olives en or; le second e vases à libations, de fleurs de lotus, de lézards et de poissons latus , alternés et également en or ; le troisième rang est composé de grains d’agate, avec une plaque représentant la tête du bélier symbolique. — Collier en or formé d’une double chaîne en gourmette, garni d’un fermoir à trois chaînettes, portant une fleur de lotus et deux poissons binni. — Collier en or de meme travail, mais plus finement exécuté; dans la chaîne est passée une bélière à laquelle on a suspendu une plaque représentant des deux côtés un épervier vu de face et travaillé à grains. — Or. Fermoir d’un collier à six rangs.

— Or. Fermoir d’un collier orné de deux chaînons terminés par deux poissons latus. — Email. Franges de fermoirs de colliers.— Or. Fleur de lotus, jadis incrustée d’émaux, provenantd’un collier. — Œil en lapis monté en or, provenant d’un collier.

Anneaux et bagues. — Bague avec chaton carré en bois doré. — Email et terre émaillée. Anneaux portant au chaton des images de divinités en relief, telles que Àtmou , Phtha , Horus, Hathôr, etc. — Bagues portant au chaton des images en relief de divers animaux sacrés, des fleurs de lotus; des yeux symboliques ; des figures d’uraeus, de nilomètre, de divinités ou des légendes hiéroglyphiques. — Bagues avec, chaton, ornées de sujets variés travaillés à jour. — Doubles bagues portant au chaton des bustes en relief de Neîtli , d’Isis et du dieu Khons. — Bagues à chaton carré avec inscriptions exprimant un souhait d’heureuses années. — Bronze. Bagues portant des inscriptions hiéroglyphiques ou des images de divinités gravées en creux sur le chaton. — Bague en fer. — Argent massif. Bagues à chatons ovales portant des inscriptions pieuses ou des noms de rois. —Argent. Bagues portant des têtes symboliques. — Electrum. Chaton de bague avec inscription hiéroglyphique.— Or. Anneau travaillé à jour "et orné d’amulettes en matière dure, enchilssés dans le métal.— Or massif. Bagues è chatons portant les

noms , les titres et les symboles tic plusieurs divinités. — Doubles bagues à doubles chatons offrant l'image d’une jeune fille adorant successivement Osiris, Isis et Nepbtys. Ces bagues sont des bijoux funéraires provenant des momies. — Or. Doubles bagues portant sur leurs chatons les images de dieux gravées cncreux.— Bagues à chatons décoréesd’ornements incrustés en émaux de couleur. Il y a sur un chaton deux petits chevaux de plein relief et d’un travail très-fin. — Bague à triple anneau avec un chaton orné d’une demi-olive en cornaline. — Or. Anneaux portant au chaton des yeux symboliques en cornaline , un scarabée , nu une grenouille, soit en pâte d’émail, soit en terre émaillée. — Serpent roulé en spirale pour servir de bague. — Hague à triple anneau portant en chaton les bustes en relief d'Osiris, d’Isis et de Nephtys. — Idem. Bagues à chatons ronds ou carrés sans gravure. — Lapis. Bague à chaton carré sans gravure.

Bracelets. — Bracelets tressés en feuilles de palmier; en corne ou en écaille; en ivoire de diverses grandeurs; en bronze; en papillon aoré; en fer; fragments de bracelets en argent; en feuilles d’or, ornes de deux yeux symboliques.— Or. Bracelet d’enfant décoré d’ornements gravés en relief. — Bracelets en or combiné avec de petits anneaux de beaux lapis ; en or décoré de bououets de lotus des deux espèces, et d'un lion assis, travaillés à jour, et dont tous les détails intérieurs étaient incrustés de lapis et de pierres ou d’émaux de diverses coilleurs; en or d'un travail analogue à celui du précédent , orné d’un griffon et de. bouquets de lotus; en or massif, formés chacun de deux serpents entortillés et affrontes.

Bijoux île formes variées. — A rgent.

Petit étui avec couvercle à bélière. — Plaque d’or. la vache symbolique de la déesse Hathôr, nourrissant un enfant. Bijou funéraire. -Argent. Petite égide à la tête de lionne. — Plaque d'or. Une femme vêtue de la ralasiris, adorant la déesse Hathôr Bou-

céphale. — Argent doré. Figurines représentant un dieu. — Argent. Bijou représentant un petit contre-poids de collier, terminé par une tête de déesse. — Or. Un lion en repos. — Plomb , étain et bronze. Petits éperviers, les ailes éployées. — Or. Deux grappes de raisin , de travail égyptien. — Argent.

Un petit aigle. — Or' Battants de porte d’un petit naos, décorés d’une figure de femme debout , portant des fleurs et des offrandes.

USTF.VSILES DOMESTIQUES. — l'a-

ses. — Bois. Forme de vase à anse en bois. — Terre cuite. Petits vases de formes diverses, enduits d’un vernis de couleur, peints ou non vernissés.

—Terre cuite peinte. Bardaques d’une forme encore usitée en Égypte. — Grands vases d’une forme analogue à celle des bardaques, avec cols plus ou moins évasés. Ornements peints en bleu.— Terre cuite pcinte.Grands vases en forme de pomme de pin , décorés d’ornements ou de fleurons de couleur bleue, rouge ou noire. — Idem. Vases à deux anses, ornés de palmettes et feuillages tracés en noir. — Grandes amphores en terre cuite. — Vases à huile . avec couverte en jonc natté. — Vases domestiques de formes variées en serpentine , calcaire blanc , granitbrèche et granitelle.— Albâtre oriental.

Grand vase balsamaire à anses, avec couvercle. — Idem. Vases en forme de cornet, et bu genre nommé cadus par les anciens Romains. — Bronze. Vases de diverses formes et autres ustensiles domestiques. — Vase en verre blanc, orné de cordons. — Coupes en terre émaillée bleue, ou bleu perse, ornées d’étoiles, de bouquets de lotus, ou de poissons binni tracés en noir.— Coupes en albâtre oriental. — Coupes en bronze, d’un métal très-remarquable par la bonté de son alliage, et le son pur et prolongé que rendent ces coupes lorsqu’elles sont frappées. Le pourtour est quelquefois décoré d’une inscription hiéroglyphique. — Coupc en or, dont le fond est orné de poissons binni se jouant parmi des fleurs de lotus.

Sur le pourtour, une inscription lue roglvpluquo. — Grands bassins en al-

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bâtre oriental.— Bassin en verre blanc, avec le panier qui le renfermait dans un tombeau de Thèbcs, où il a été trouvé. — Albâtre oriental. Cassolettes à puiser des liquides , imitant la forme du poisson latus. — Patères et simpuhim en bronze.

Meubles. — Bois dur. Fauteuil à pieds de lion, avec dossier orné de marqueteries en ébène et en ivoire d’hippopotame. Le siège était formé par un treillis en cordelettes qui existe encore en partie. — Bois. Dossier de fauteuil, avec scène d’adoration peinte.

— Bois. Tabouret dont le siège est recouvert en jonc natté. — Coffrets décorés d’ornements peints de diverses couleurs, couvercle à charnière, avec inscription hiéroglyphique. — Paniers de formes variées en jonc ou en feuilles de palmier. — Paniers de formes variées , tressés en jonc coloré. — Nattes en jonc et autres objets de varnerie.

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