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longé, ayant la faculté de se remplir u’air, «se gonfle en respirant à la surface de l'eau; son ventre devient très-volumineux, et, le poids du dos venant à l’emporter, l’animal culbute et demeure renversé sur le dos, ayant l’apparence d’un globe hérissé d'épines; celles-ci servent à sa défense, comme au hérisson de terre. Le jahaka vient en Égypte avec les eaux de l'inondation; le débordement le jette dans les terres, où le Nil l'abandonne en se retirant; toute la population des campagnes attend ce moment avec impatience; elle ramasse les fahaka avec empressement et y trouve une nourriture abondante ; les oiseaux les recherchent aussi; enlin les enfants y trouvent le sujet d’un divertissement très-désiré; ils les observent et les promènent sur les eaux , les lançant comme des billes de billard; après la mort de l’animal, ils gonflent et vident sa peau à volonté; desséchés sous leur forme sphéroïde, les fahaka ont la faculté, de conserver l’air dont ils sont remplis et peuvent long-temps servir de ballon après leur mort. On dit que ce poisson a de la voix. Les habitants de l'Egypte connaissent aussi le silure tremblant, qui est un poisson électrique; les Arabes le nomment rautl ou raasch , le tonnerre , n’ignoçant pas les propriétés électriques qui rendent ce poisson si remarquable. Ils croient que la couche de graisse qu’on trouve sous sa peau , et qui est son appareil électrique, est un remède infaillible contre beaucoup de maladies; on la brille sur des brasiers et on expose le malade au contact du gaz produit par la combustion.
Le système général des oiseaux de l'Égypte comprend des ordres et des familles très-variés, tels que, parmi les oiseaux de proie, les vautours, les éperviers, les chouettes; parmi les grimpeurs, les couas et les coucals ; parmi les passereaux , l’hirondelle , la mouette, le merle, la fauvette, le roitelet, l’alouette, le moineau, le bouvreuil; parmi les passerigalles, les pigeons et les colombes ; parmi les échassiers, le pluvier, le vanneau,
le héron , l’ibis blanc et l’ibis noir, le rhyncéc du cap de Bonne-Espérance , les chevaliers ; enfin parmi les palmipèdes, les hirondelles de mer, le cormoran et les canards.
Le Nil a de grandes tortues d’eau douce , comme tous les autres grands fleuves des pays chauds ; on a trouvé, en effet, des trionyx, ou grande tortue du Nil , dans les rivières de la Géorgie, de la Caroline, du Sénégal, de la Perse et de l’Inde, et toutes ces tortues se ressemblent par des caractères essentiels. Les trionyx ont leur mâchoire garnie de véritables lèvres mobiles; elles tournent sur elles-mêmes en nageant, de sorte que lorsqu’elles sont a fleur d’eau, on voit alternativement leur dos et leur ventre. C’est ce que font aussi les cétacées qui allaitent leurs petits, et qui leur procurent ainsi le moyen de venir puiser à la surface de l’eau l’air nécessaire à leur respiration. Les trionyx du Nil ont jusqu’à 3 pieds de longueur.
Parmi les reptiles du Nil on distingue aussi le tupinambis, qui vit sur les bords du fleuve et y va chercher sa nourriture au fond dés eaux. Ce lézard, de 3 à 4 pieds de longueur, jouit d'une très-bonne réputation parmi la population égyptienne; on ne l’appelle que la sauvegarde , le sauveur, le monitor : on prétend, en effet, que lorsque des hommes se trouvent, à leur insu, menacés par le crocodile, le tupinambis s'empresse de les avertir, par ses sifflements, de la présence du redoutable amphibie, te sifflements sont en effet des cris d’alarme , par lesquels le tupinambis exprime son propre effroi à la vue du crocodile, qui est pour lui un ennemi très-dangereux. Le rnonitor n’a point les pattes palmées comme les autres reptiles nageants; sa queue est comprimée latéralement et surmontée d une crête longitudinale très-prononcée. Il y a aussi un tupinambis dudésert; il ressemble à celui du Nil; seulement sa queue n'a point de crête et elle est presque exactement ronde; Hérodote désigne celui-ci sous le nom de crocodile terrestre , et les bateleur* du Kaire l’emploient assez ordinaire- S.
jgle
ment clans leurs parades publiques , mais ils savent aussi qu'il n'y en a pas après toutefois avoir arraché les dents en n’en approchant pas à une cerà cet animal très-carnassier. En cap- (aine distance; la vipère se contente de tivité, il refuse toute nourriture . et lessuivreduregard,aprèsavoirdressé c’est par la violence qu’on parvient à sa tête. Les bateleurs du Kaire parlui en faire avaler. viennent cependant à apprivoiser ce
Les espèces des couleuvres sont as- redoutable reptile; après lui avoir arses nombreuses en Égypte; on a donné raché les crochets venimeux, ils le la description des cinq principales; In dressent à un grand nombre de tours plus jolie de toutes est la couleuvre à qui charment la population de l’Égypte capuchon, remarquable par la dispo- et charmeraient aussi sans doute celle sition très-gracieuse de ses couleurs , la de l'Occident. La vipère hajé se change brièveté de sa queue et celle desoncorps en bâton , contrefait le mort , etc. Pour entier, qui ne dépasse guère un pird. en faire un bâton , le bateleur crache Une grande tache noirâtre, oui couvre dans la gueule du serpent , le contraint le dessus de sa tête , depuis le bout du à la fermer, lui appuie la main sur museau jusqu’à l’occiput, et qui figure la tête, et aussitôt le serpent devient un capuchon, a fait donner à cette roide et immobile; il semble tombé en couleuvre le nom qu’elle porte. Le catalepsie, et ne se réveille que lorsque scy thaïe des Pyramides, qui ressem- les bateleurs saisissent sa queue et la ble beaucoup à la vipère , a comme roulent fortement dans leurs mains, elle des crochets venimeux; il parvient Ceci rappelle tout ce que l’antiquité rarement à une longueur de deux nous a dit des psylles, ou individus pieds; il est très-redoùté au Kaire et qui ont le dondecharmer les serpents dans les environs des Pyramides; c’est et de guérir leurs morsures, contre lui surtout qu’on invoque la Plusieurs auteurs ont attesté la véscience et le pouvoir surnaturel des rite de leur science sur ce point ; il pa-
psylles , dont nous parlerons tout à raît que les psylles d'Égypte étaient les
l’heure. La vipère céraste , ou cornue, plus célèbres ; ils y formaient une cor-
n’est pas moins redoutable; au-dessus poration qui s’est perpétuée jusqu’à
de chacun de ses deux yeux naît une pe- nos jours. Les psylles actuels atlir-
tite éminence ou petite corne , de 2 a 3 ment que tout homme qui ne descen-
lignes de hauteur, s’inclinant un peu draitpasd’un psylle de pure race psylle,
en arrière; c’est de. là que le céraste a tenterait en vain d’exercer leur 'protiré son nom. La vipère hajé est égale- fession ( car c’en est une , parce qu’ils
ment tres-connuc des habitants de l’É- sont habituellement appelés pour pur-
gypte ; elle n’a pas moinsde cinq pieds ger les habitations des serpents qui s’y
de longueur, et trois pouces de tour, introduisent très -fréquemment ). On
Cette vipère a la faculté d’élargir en chasse les couleuvres comme on chasse
manière de disque la partie la plus les souris de nos demeures, sans en
antérieure de son corps, en le retires- être effrayé , quand on les rencontre
sant et paraissant marcher sur le reste, dans les chambres, ou sur les lits et
Oès qu’on l'approche, elle dresse sa autres meubles. On appelle un psylle
tête pour veiller à sa défense; sa mor- pour se défaire des serpents dange-
sure est très-dangereuse; la plus petite reux. Les psylles figurent, en Egypte,
quantité de venin, placée par incision dans les fêtes et promenades reiigieu-
tfans la cuisse d’un pigeon, détermine ses, et en sont un des plus curieux
chez lui des vomissements abondants, ornements : ils portent rémotion du
de violentes convulsions, et il meurt peuple au plus haut degré d’énergie,
au bout d’un quart d’heure. Cette vi- bans les principales rues du Kaire,
itère est très-repnndue en Égypte, dans les psylles y paraissent presque nus,
les fossés, et plus souvent dans les affectant des manières d’insensés, et
champs; les cultivateurs connaissent portant des besaces assez vastes , afin
le danger d’une pareille rencontre, d'y rassembler un plus grand nombre
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üe serpents. Ils se font un mente d'avoir Je ces animaux enlacés autour d’eux, enveloppant leur cou, leurs bras et toutes les autres parties de leur corps. Pour exciter davantage l'intérêt des spectateurs, ils se font piquer et déchirer la poitrine et le ventre par les serpents, et réagissent avec une sorte de fureur sur eux , affectant de les manger tout crus. Dans 1rs jours ordinaires , les plus pauvres J'entre les psylles se dévouent au métier de bateleur dans les carrefours et lieux très-fréquentés : ils emploient les serpents Je toutes les fa- \-ons, variant tous leurs tours, au moyen desquels ils espèrent exciter une extrême surprise , et jusqu'à de vifs sentiments de terreur. Le serpent qu'ils préfèrent est la couleuvre haji.
Les gens riches qui craignent les serpents s'adressent aux psylles pour en préserver leurs maisons : mais c’est le plus petit nombre qui agit ainsi par prévoyance, les psylles étant peu nombreux, et très-exigeants quant à leur salaire. Le spirituel Dcnon raconte qu'étant un jour chez le général en chef Jlonaparte, au Kaire, on y introduisit des psylles , et on leur fit plusieurs questions relativement au mystère de leur secte et à la relation qu'elle a avec les serpents, auxquels ils paraissaient commander; ils montraient plus d'audace que d'intelligence dans leurs réponses. On en vint à l’expérience :
Pouvez-vous connaître, leur dit le général, s'il y a des serpents dans ce palais? et, s'il y en a, pouvez-vous les obliger de sortir de leur retraite ? Ils répondirent par une affirmation sur les deux questions: on les mit à l’épreuve, ils se répandirent dans les appartements ; un moment après, ils déclarèrent qu'il y avait un serpent.
Ils recommencèrent leur recherche, pour découvrir où il était: ils prirent quelques convulsions en passant devant une jarre placée à langlc d'une des diambres du palais, et indiquèrent que l'animal était là ; effectivement on le trouva : ce fut un vrai tour d’adresse, et les spectateurs convinrent que ces psylles étaient fort avisés. Il parait
qu'ils placent leur confiance dans un appel qui imite le cri d'amour du serpent. L'habileté consiste à en bien contrefaire la voix , par un sifficment tantôt sonore comme le mâle, tantôt plus étouffé comme celui de la femelle, et ce n’est effectivement qu’à cette condition que le serpent peut entrer en émoi, et se déterminer à quitter sa retraite.
Avec de jolis serpents, il y a aussi en Égypte de jolis lézards. Ces animaux sont en général de forme élégante , parés de couleurs très-vives , et d'une extrême agilité; ils ont quelque intelligence et sont d’un naturel doux et timide. Mais, s’ils se défendent, ils montrent à la fois du courage et de l’adresse. Une fois accouples , les deux individus restent ensemble pendant toute la saison; le mâle se bat avec acharnement pour conserver sa femelle.
Le plus connu , à juste titre , de tous les lézards d’Égvpte, est le crocodile.
Sa férocité , sa structure monstrueuse, sa taille de 30 à 40 pieds, l’ont toujours fait remarquer ; les anciens observèrent ses habitudes , et la relation qu'en a écrite le père de l'histoire, Hérodote , est encore vraie en scs points principaux. » Je vais parler, ditil , des mœurs du crocodile. Pendant les quatre mois d’hiver, ces animaux ne prennent aucune nourriture. Le crocodile , quoique quadrupède , vil également à terre et dans l’eau ; mais il pond toujours ses œufs sur le sable, où ils éclosent. Il passe la majeure partie du jour à sec, et la nuit tout entière dans le fleuve , dont l’eau- a une température plus chaude que n’est alors celle de l'air et de la rosee. De tous les animaux que nous connaissons , le crocodile est celui sans doute dont l’accroissement est le plus extraordinaire. Scs œufs ne sont pas beaucoup plus grands que ceux d'une oie, et il en sort par conséquent un animal proportionné ; cependant cet animal en grandissant atteint jusqu’à 17 coudées de. longueur, et quelque fois davantage. Il a les yeux d’un cochon , les dents saillantes en dehors ,
et très-grandes dans la proportion de son corps. Il est le seul de tous les animaux qui n’ait point de langue , le seul aussi dont la mâchoire inferieure ne soit pas mobile, et nui fasse au contraire retomber la mâchoire supérieure sur l’inférieure. Il a des ongles extrêmement forts, et une peau écailleuse qui est impénétrable sur le dos. Il voit mal dans l'eau, mais, en plein air, sa vue est très-perçante. Comme il se nourrit particulièrement dans le Nil , il a toujours l’intérieur de la gueule tapissé d’insectes qui lui sucent le sang. Toutes les espèces d'animaux terrestres ou d'oiseaux le fuient; le trochilus, seul, vit en paix avec lui, parce que ce petit oiseau lui rend un grand service : toutes les fois que le crocodile sort de l’eau pour aller sur la terre, et qu’il s’étend, la gueule entr’ouverte (ce qu’il a coutume de faire en se tournant vers le vent du midi), le trochilus s’y glisse et avale tous les insectes qui s’y trouvent : le crocodile, reconnaissant, ne lui fait aucun mal.
« Il y a plusieurs manières de chasser ces animaux ; voici celle qui parait la plus remarquable. Après avoir attaché a un hameçon le dos d'un porc , et l'avoir jeté au milieu du fleuve, les chasseurs se placent sur la rive , et frappent un petit cochon qu’ils ont apporté avec eux. Le crocodile, entendant les cris de l’animal , se dirige vers le lieu d’où vient la voix , et , rencontrant dans son chemin l’appât qui a été tendu, l’avale avec l'hameçon.
Alors les chasseurs le tirent à eux , et lorsque le crocodile arrive sur la terre, un d'entre eux, avant tout, s’avance et enduit les yeux de l’animal d’argile délayée qu’il a préparée ; avec cette précaution , on vient facilement à bout du reste; autrement, il eu coûterait lieaucoup de peine. »
Voilà ce qui se disait en Egypte sur le crocodile, du temps d’Hérodote. Les observateurs modernes ont rectifié, en certains points, une telle narration.
Ainsi , dans le cas où*, au commencement des choses, le crocodile passait quatre mois sans prendre de nourri-
ture, comme on l’a raconté aussi des crocodiles de l’Amérique, il mange aujourd’hui durant toute l'année. Il y avait autrefois des crocodiles dans la Basse comme dans la Haute-Égypte.
Au contraire, on remonte, de nos jours, cent lieues du Nil, depuis son emlxnichure, sans en apercevoir : il parait que c’est l'élévation de la température qui retient le crocodile dans la Haute- Egypte. Il est habituellement cruel , farouche, inquiet, audacieux , prudent et rusé. Il guette les femmes qui viennent puiser de l’eau au Nil, et les enlève s il le peut. Un Albanais dormant dans sa tente, près du Nil, fut saisi par une jambe et entraîné dans le Nil. Ceci se passa près d’P.snéh en 1820.
Le crocodile vit dans l’air, mais il préfère l'eau, pour laquelle il est plus particulièrement organisé. C’est la chaleur solaire qui fait éclore scs œufs; M. Cailliaud , dans son voyage en Nubie, recueillit des œufs de crocodile, les déposa dans sa barque , qui , un matin, fut envahie par autantde petits crocodiles; ils étaient éclos bien naturellement. Lestupiriainbis,dont nous avons déjà parlé, et l’ichncumon , détruisent un grand nombre d'œufs de crocodile, lorsqu'ils se rendent, dans le jour, en troupes, sur les rivesdu Nil, l’un d'eux fait le guet, en appliquant l’oreille sur le sol , afin d’enlenürc le moindre bruit. A l’égard de sa langue, la vérité est qu’il en a une , mais peu épaisse , et engagée dans des téguments. Il est vrai aussi que la mâchoire inférieure n'est presque pas mobile, et c’est la mâchoire supérieure qui joue sur elle; mais la mâchoire supérieure ne forme qu'un sèul tout avec sa tête entière.
C’est de cette manière que les anciens ont, en effet, représenté le mouvement de la mâchoire supérieure du crocodile, notamment sur les médailles romaines de la colonie de Mmes.
La dureté de la peau du crocodile est aussi une vérité incontestable ; les IkiIles de calibre , tirées à une distance moyenne, glissent sur scs écailles, et le réveillent à peine, s’il est endormi. C’est un petit pluvier qui nettoie sa gueule des innombrables insectes qui
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l'assiègent, et dont le défaut de langue mobile ne lui permettrait pas de se débarrasser. Enlin, on a apporté en France plusieurs momies de crocodiles très - artistement embaumés. Quand le mâle approche la femelle, il la tourne sur le dos, et s'il oublie, ou s'il est empêché de la retourner, quand il la quitte , elle ne peut changer sa position par ses seuls efforts, et devient ainsi la proie des chasseurs. On porte à cinq le nombre des espèces de crocodiles qui vivent dans le Nil.
Parmi les autres animaux dont il nous est venu d’Égypte un grand nombre de momies , on doit surtout remarquer i'ibis, dont les Égyptiens connurent deux espèces, le blanc et le noir, qui vivent d'insectes, de vers aquatiques, et même de poissons. Les anciens ont attribué la sépulture que les Égyptiens accordaient a l'ibis, a leur reconnaissance fondée sur ce que l’ibis détruisait les serpents. Il est connu aujourd'hui que l'ibis ne fait point la guerre à ces reptiles. Les ibis ne nichent point en É'.gyptc, et ils y arrivent des que le Nil commence a croître; ils disparaissent avec l'inondation.
L'ibis était consacré au grand dieu Thôth, l’inventeur des sciences et des lettres, et il est figuré très-fréquemment sur les monuments antiques. On attribue aussi à cet oiseau l’invention des clvstères ; on raconte que lorsqu'il est malade, il s'injecte de l'eau dans l'anus, au moyen de son bec et de son cou , qui sont fort longs. Les ibis se voient en Nubie, où les voyageurs les ont plusieurs fois observés; on les trouve egalement dans toute l'Afrique.
Les chauve-souris sont très-abondantes en Èpypte , il y en a huit genres distincts ; elles habitent l’intérieur des temples abandonnés, les tombeaux et les autres édifices ruinés. Les unes poursuivent leur proie dans les airs, les autres la saisissent sur les arbres. Celle qu’on appelle la roussette n'a presque pas de queue, et on a observé que sa face ressemblait à celledu chien ; on trouve les roussettes en grand nombre, surtout dans les chambres de la grande pyramide. On sait que les rous-
settes sont susceptibles d'éducation; qu’elles s'attachent aux personnes qui en prennent soin; on les accoutume aussi à être caressées par tout le monde; elles lèchent comme les chiens, et en ont toute la familiarité. D’autres fois, elles témoignent une affection particulière pour leurs maîtres, en mordant ou en égratignant les personnes qu’elles ne connaissent pas. On est, toutefois, peu disposé à élever des roussettes, à cause de leur odeur et de celle de leurs urines.
L 'ichneumon est aussi un animal assez timide pour être susceptible d'éducation ; on en achète de jeunes , qui font la chasse aux rats et aux souris dans les maisons. Il devient doux et caressant en domesticité ; il distingue la voix de son maître, et le suit presque aussi fidèlement qu'un chien. K mange dans le lieu le plus retiré et le plus obscur, et il ne faut alors rapprocher qu’avec beaucoup de précautions. Il lape en buvant, et lève une jambe de aerrière en uissant; il a à la fois des habitudes du chien et des grands carnassiers. 11 vit de rats, de serpents , d'oiseaux et d'oeufs. Lorsque l’inondation le pousse vers les villages , il y détruit les poules et les pigeons ; mais le renard lui fait la guerre, et surtout le lézard nommé tupinambis , très-friand aussi des œufs de crocodile, mais plus adroit et plus agile ue l’ichneumon. Les anciens ont it que , pour attaquer un serpent , l’ichneumon se roule dans la vase, qu'il la fait sécher au soleil , pour s'en faire une espèce de cuirasse, qu’il préserve son museau en repliant sa queue autour, et qu'ainsi armé, il se jette sur les plus grands serpents.
Quant aux grands quadrupèdes , on trouve aussi en Égypte la célèbre hyène d'Orient ; elle y vit dans les lieux lès plus reculés, et sur la lisière du désert ; les terrains déchirés lui servent aussi d'asile. Elle inspire peu de terreur . et n’attaque que les troupeaux ou les animaux isolés. Le srhataé est le loup d'Egypte ; il est également très-rusé, très-hardi, et vit des proies qu’il se procure par tous les moyens
connus. On peut dire qu'eu général, les animaux d'Egypte ont moins de férocité qu'en d’autres climats ; le crocodile meme y est plus timide.
L’hip|>opotame linbite les régions plus méridionales du Nil ; il ravage les récoltes , . mais n'attaque pas l'homme. On le repousse dans le Nil avec des feux allumes et beaucoup de bruit.
Si , à cette nomenclature des animaux les plus remarquables parmi ceux qui se trouvent en Egypte, on voulait ajouter la liste de ceux qui furent connus |>ar les anciens Égyptiens , et qui sont ligures par la peinture ou par la sculpture dans leurs monuments, il faudrait nommer les principaux animaux de l’Afrique et de l’Asie , des oiseaux ; surtout des quadrupèdes. On a trouvé un tomlieau très-antique entièrement peint de figures d'oiseaux différents, au nombre de plus de cent, et tout autant de quadrupèdes, en partie étrangers à l'Égypte, entre autres, uue espèce de eongoro , l'élépliant , et un ours brun mené par des bateleurs , en compagnie d'un singe. On voit aussi sur les monuments sculptés, des singes de l’intérieur de l’Afrique, des perroquets au plus riche plumage , des éléphants, et même la girafe, ligures parmi les tributs payés par les peuples vaincus. Il parait également certain que les anciens rois d'Egypte emmenaient avec eux à la guerre un lion apprivoisé, qui les secondait et les gardait dans le combat. On a parlé aussi en d'autres temps de quelques lions apprivoisés; Méhémet- Ali , vice-roi actuel d'Égypte , en a un dans son palais, et assis habituellement auprès de lui.
Parmi les végétaux observés eu Égypte , les uns y sont indigènes , d’autres v arrivent par les vents ou par le Nil. Éntre les arbres particuliers à la Haute-Égypte, il faut compter le palmier, le /Inuni et le sayal. L 'acacia nilotica est un des arbres qui appartiennent à la Haute et à la Basse- Égypte ; d’autres ne viennent que par la culture , et tels sont le sycomore et le tamarinier, originaires de l’intérieur
de l'Afrique, le cordia myxa, l'acacia lebbeek et le cassia listula, originaires de l’Inde. Dans la Basse-Égypte, facilement inondée, croissent lés roseaux, deux espèces de nymphaia ou lotus, et enfin le papy rus, autrefois très-commun , aujourd'hui très-rare dans cette contrée. Il y a quelques végétaux dans le désert. On sème dans les terres arrosées le trèlle et plusieurs autres plantes de la classe des légumineuses ; on cultive le riz , le froment , les fèves, l'orge, le blé, la laitue, les lupins, la gesse, les pois chiches, les lentilles et le blé de Turquie; le pavot, le tabac et le cluinvre y sont abondants ; on n'y connaît ni le seigle ni l'avoine. La canne à sucre , le coton et l’indigo y viennent très-bien. Il n'y a en Egypte ue du blé barbu , et on en a retrouvé ans des tombeaux , où il était dépose dès la plus haute antiquité. .
De toutes les plantes d'Egypte , le papyrus , ou byulos , fut une des plus utiles dans les temps de la prospérité de cet empire. Il servait depapierdans l’Orient , dans l'empire romain , et la France méinc jusqu’au XI’ siècle. Le papyrus, très-rare aujourd’hui , croissait dans les lacs et dans les marais; il s’élevait à dix pieds de haut environ ; sa tige porte au sommet une chevelure qui n'est d'aucun usage. Pour faire du papyrus à écrire avec cette tige, on retranchait les deux extrémi tés, on coupait la tige en deux jiarties égales dans sa longueur, et on séparait successivement, avec une pointe, les tuniques , au nombre de vingt environ, qui forment cette tige, dont le diamètre est de deux ou trois pouces. La blancheur des tuniques croissait à mesure qu’on approchait du centre. On les étendait séparément; chacune d'elles formant une feuille , et après diverses préparations, on collait deux feuilles l'une sur l'autre, mais placéesde manière que leurs fibres se croisassent ; la feuille prenait par-là une suffisante consistance. On battait , pressait et polissait chaque feuille, et avec plusieurs, collées à la suite l’une de l'autre, on faisait des pièces de papier de toutes longueurs. On enduisait ensuite ce