‹ L'UniversChapitre 9 sur 42 · KG VIT K · texte numérisé non relu

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papier d'huile de cèdre, comme trèspropre à le préserver de la corruption.

On possède , écrites sur papyrus d’Kcvpte , des chartes de rnis dé France, d'empereurs et de papes; des livres en grec ou en latin , qui remontent aux premiers temps de la monarchie française ; mais l’antiquité de ces monuments écrits ne peut entrer en considération à côté des papyrus égyptiens découverts en Egypte , dans des jarres d’argile , hermétiquement scellées , et déposées dans les tombeaux. Ces papyrus sont de tonte nature ; il v a des rituels ou livres de prières pour les morts, des registres de comptabilité , de simples lettres , des dossiers de procès, et surtout des contrats passés entre particuliers pour achats et ventes , et autres conventions civiles- Ouelques-uns de ces contrats en caractères égyptiens remontent même aux temps antérieurs à Moïse, et n’ont pas à présent moins de 3500 ans d’antiquité; ils sont bien conservés, grâces à la salubrité des lieux où iis ont été déposés, et vraisemblablement aussi à (a bonue préparation de cette espèce de papier, dont aucun de nos papiers modernes n'égalera jamais la solidité et la durée. Les anciens se servirent de plusieurs sortes de papyrus ; le plus lin et le plus beau était le papyrus royal , et papyrus augustus sous les Romains; venait ensuite le papyrus hiératit/ue , servant aux écritures et aux livres qui intéressaient la religion ; on l’appela plus tard liviu. », pour flatter Livie, la femme d'Auguste. Ces dénominations varièrent dans lasuite, quand on fabriqua du papyrus à Rome et en d’autres villes de l’ancien monde, là où la naturedu sol favorisait la végétation de cette plante aquatique. L’Égypte en cultiva cependant plus que toute autre contrée. Saint Jérome dit que, de son temps , l’usage du papyrus était général ; aussi on avait grevé cette production et cette industrie d’impôts tellement considérables, que Cassiodore félicita ,par une épitre bien ronmie , le genre humain tout entier sur In diminution opérée par Théodoric , ■Ions le tarif de l'impôt existant sur

une production aussi utile. L’invention des papiers de coton et de chiffes a fait négliger la culture du papyrus ; on ne le trouve presque plus en Egypte. Du reste, ou jieut voir au musée égyptien du Louvre et à la Bibliothèque royale de beaux manuscrits sur papyrus d’Égypte et de toutes les époques.

Pour compléter ce qui vient d’être dit dans ce paragraphe relativement aux productions naturelles de l’Égypte , il est nécessaire de rappeler avec quel soin les anciens Egyptiens les étudièrent , et le fréquent usage qu’ils en tirent dans leurs institutions publiques. J.es animaux et les végétaux les plus connus en Égypte furent en effet consacrés à des divinités diverses , et employés comme symboles religieux ou ornements sacrés dans les temples et les cérémonies du culte. Le nombre des êtres divins était considérable dans la croyance égyptienne ; ils représentaient’ individuellement les diverses qualités du grand dieu qui les renferme toutes ; on consacra donc à chacun de ces êtres divins l’animal à qui les Egyptiens attribuaient de posséder essentiellement ces mêmes qualités; chaque animal était donc un symbole religieux , et il est employé comme tel dans les représentations nombreuses qui nous restent du culte égyptien.

C’est pour cela qu’il nous est parvenu un si grand nombre de figures, en toutes manières, représentant les mêmes animaux, tels que le bélier, le schakal , le chat, le singe, le crocodile, l’épervier, l’ibis, le taureau, le scarabée, le bœuf, le vautour, diverses espèces de ser]>ents , quelques insectes et quelques arbres, arbustes et plantes. Pour faire comprendre les motifs du choix de chacun de ces symboles , nous citerons quelques exemples des idées qui guidèrent res prêtres et philosophes de l’Égypte. Ils consacrèrent le cynocéphale (espèce de singe) à la lune , parce que le cynocéphale, nourri dans les temples , était privé de la vue pendant les conjonctions du soleil avec la lime; l’épervier était le symliole du dieu soleil , parce que cet

oiseau avait la faculté de User ses yeux sur un tapis de pourpre ! » Tous les sur cct astre; le scarabée était aussi sanctuaires de l’Egypte renfermaient consacré au soleil, parce que le sca- en effet un animal vivant; ce n’était rabée a 30 doigts comme le mois so- pas l'animal qu’on adorait, mais la laire a 30 jours; le vautour était aussi divinité dont il était le symbole vivant l’emblème de la déesse-mère, parce et consacré. Les exclamations de qu’il n’y avait que des femelles parmi saint Clément sont donc sans objet, cette espèce d’oiseau ; l’ibis était eon- Les Égyptiens pensèrent qu’il était sacré à la lune, parce que cet oiseau plus digne de leurs dieux, de les ados’occupe de ses oeufs pendant la durée rer dans des symboles animés de leur de la croissance et de la décroissance souffle créateur, que dans de vains siée la lune. L’ibis représentait le grand mulâtres de matières inertes ; ils Hermès ou Thôth , particulièrement croyaient d’ailleurs que l’intelligence adoré en Égypte , parce que cet oiseau des'animaux les liait de parenté avec marche avec mesure et gravité , que les dieux et les hommes, son pas était un étalon métrique , et

qu’il avait inventé la science des nom- ix. population.

bres. On disait aussi qu'une espèce de

cynocéphale connaissait la valeur des L’opinion selon laquelle l'ancienne lettres ; il était en conséquence le population de l’Égypte appartenait à symbole du dieu Thôth, l’inventeur la race nègre africaine, est une erreur des sciences ; on figure, en effet, cet qui a long-temps été adoptée comme animal tenant dans ses pattes une ta- une vérité. Les voyageurs au Levant, blette d'écrivain. Le bélier fut le sym- depuis la renaissance des lettres, peu bole de la prééminence, d’Ainmon-Ra, capables d’apprécier avec exactitude le grand dieu de l’Egypte , parce que les notions que les monuments de l’Ésa principale force est dans sa belle gypte fournissaient sur cette question tête et qu'il est toujours placé en avant importante, ont contribué à propager du troupeau pour le conduire. Le cette fausse idée, et les géographes chat, le crocodile, des serpents étaient n’ont guère manqué de la reproduire, aussi des emblèmes d’autres dieux de même de notre temps. Une grave aul’ Egypte. Chacun de ces animaux torité s’était aussi déclarée pour cette était nourri avec beaucoup de soin, opinion, et avait, pour ainsi dire, renet selon ses goûts, dans le temple du cette erreur populaire. Tel fut l’cfronsacré au dieu dont il était l’em- fet de ce que le célèbre Yolney publia blême, et soigneusement mis en mo- sur les diverses races d’hommes qu’il mie après sa mort. S. Clément d’A- avait observées en Égypte. Il dit dans lexandrie rapporte que les temples son Voyage , qui est dans toutes les égyptiens étaient de magnifiques édi- bibliothèques , que les Coptes sont les lices, resplendissants d’or, d’argent et descendants des anciens Egyptiens; des pierres précieuses de l’Inde et de que les Coptes ont le visage' bouffi, l'Ethiopie : <■ Les sanctuaires, ajoute- l’œil gonflé, le nez écrasé, et la lèvre t-il, sont ombragés par des voiles tissus grosse comme les mulâtres ; qu’ils rcsd’or; mais si vous avancez dans le fond semblent au sphinx des pyramides, ledu temple et que vous cherchiez la quel est une tète de nègre très-caracstatue, un employé du temple s'avance térisée, et il en conclut « que les and’un air grave en chantant un hymne « ciens Egyptiens étaient de vrais en langue égyptienne, et soulève un « nègres de l’espèce de tous les naturels peu le voile, comme pour vous mon- d’Afrique. » A l’appui de son opitrer le dieu ; que voyez-vous alors? nion, Volney invoque celle d’Héroun chat, un crocodile, un serpent m- dote qui, à propos des habitants de la digène,ou quelque autre animal dange- Colclude, rappelle fque les Égyptiens reûxl Le dieu des Égyptiens parait!... avaient la peau noire et les cheveux C’est une bétc sauvage , se vautrant crépus. Mais ces deux qualités physi-

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que* ne su/lisent pas |>our caractériser la race nègre, et la conclusion Je Volnéy, relative à l’origine nègre de l’ancienne population égyptienne, est ividemment forcée et Inadmissible.

Les faits observés la contredisent trèsdirectement.

Il est, en effet, reconnu aujourd’hui, (yue les habitants de l’Afrique appartiennent à trois races , dans tous les • temps très-distinctes l’une de l’autre : 1» les Nègres proprement dits, au centre et à l’occident ; 2” les Cafres , sur la côte orientale, qui ont un angle facial moins obtus que celui des nègres, et le nez éleve, mais les lèvres épaisses et les cheveux crépus; 3° les Maures, semblables par la taille, la physionomie et les cheveux , aux nations les mieux constituées de l’Europe et de f Asie occidentale , et n’en différant que par la couleur de la peau qui est brume par le climat. C’est à cette dernière race qu’appartenait l’ancienne population de l’Egypte, c’est-à-dire à ta rdceblanc/ie. Pour s’en convaincre, d suffit d’examiner les ligures humaines représentant des Égyptiens sur les monuments, et surtout le grand nombre de momies qui ont été ouvertes ; à la couleur près de la peau , qui a été noircie par la chaleur du climat , ce sont les mêmes hommes que ceux de l’Europe et de l’Asie occidentale; les clieveux crépus et lanugineuse sont les véritaulçs caractères de la race nègre; or, les Égy ptiens avaient des clieveux longs et de la même nature que ceux de la race blanche d’occident. Le docteur Larrey lit de curieuses recherches sur cette question , en Egypte même; il dépouilla un grand nombre de momies , en étudia les crânes, en reconnut les principaux caractères, chercha à les retrouver dans les races diverses vivant en Égypte, et y réussit ; les Abyssins lui parurent les réunir tous, à l'exclusion surtout de la race nègre. If Abyssin a les yeux grands , le regard agréable , l’angle interne en est incliné ; les pommettes sont saillantes; les joues forment avec les angles prononcés de la mâchoire et de la bouche un triangle régulier ; les

lèvres sont épaisses , sans être renversées comme chez les nègres; les dents sont belles, peu avancées; enfin, le teint est seulement cuivré: tels sont les Abyssins observés par M. Larrey, et qui sont plus généralement connus sous le nom de Serbe rs ou Sarahras , habitants actuels de la Nubie. M. Cailliaud, qui les a vus dans leur pays, nous les dépeint comme des hommes laborieux, sobres, d’un tempérament sec; au-dessus de la liasse-Nubie , ils sont plus robustes , leurs membres mieux proportionnés; leurs cheveux sont a demi crépus , courts et bouclés, ou bien tressés comme les anciens Égyptiens et habituellement huilés ; les Berbers sont, au Kaire , ce que les Suisses sont à Paris ; leur fidélité les fait employer dans les charges de confiance. Voilà , selon les meilleurs observateurs, le type et les descendants de l’ancienne race égyptienne ; telle est aussi l'opinion de Champollion jeune, qui a étudiéà la fois, sur les lieux, et les anciens et les modernes habitants de l'Egypte. « Les premières tribus qui « peuplèrent l’Égypte, dit-il, c’est-à- « aire la vallée dû Nil, entre la cata- « rarte de Syène et la mer, vinrent de « l’Abyssinie nu du Sennaar. I.es an- " eiens Égyptiens appartenaient à une « race d’hommes tout-à-fait semblables « aux Kennous ou Sarabras , balii- « tants actuels de la Nubie. On ne re- « trouve , ajoute-t-il , dans les Coptes » de l’Égvpte aucun des traits ra- « ractérisfiques de l’ancienne popula- « tion égyptienne. Les Coptes sont le « résultat du mélange confus de toutes « les nations qui, successivement, ont « dominé sur l’Egypte. On a tort de « vouloir retrouver chez eux les traits « principaux de la vieille race. » Et ce fut après son retour de la Nubie, que Champollion le jeune consigna cette opinion dans le mémoire historique sur l’Égypte , qu’il écrivit pour le pacha, et qu’il lui remit à Alexandrie en 1829.

Cette opinion est conforme en tout aux rapports de l'histoire. Diodore de Sicile nous a conservé une tradition absolument analogue à celte opinion

ijiii est fondée sur l'observation des faits.» Les Éthiopiens, écrit Diodore, afllrment nue l'Egypte est une de leurs colonies; le sol lui-même y est amené par le cours et les dépôts du Nil; il y a des ressemblances frappantes entre les usages et les lois des deux pays; on V donne aux rois le titre de dieux; les funérailles sont l’objet de beaucoup de soins ; les écritures en usage en Ktbiopiesontcelles mêmesde l’Egypte, et la connaissance des caractères sacrés, réservée aux urètres seuls en Égypte , était familière à tous en Ethiopie. Il y avait, dans les deux pays, des colleges "île prêtres organisés dé la même manière, et ceux qui étaient consacrés au service des dieux , prati-

3uaut les mêmes règles de sainteté et c pureté , étaient egalement rasés et babilles de même; les rois avaient aussi le même costume, et un aspic ornait leur diadème. Les Éthiopiens ajoutaient beaucoup d’autres considérations pour prouver leur antériorité relativement à l'Egypte, et démontrer que cette contrée est une de leurs colonies. »

L’état physique des lieux témoigne en faveur "de cette prétention des Ethiopiens. Il est certain qu’à une époque dont l’ancienneté échappe à tous les calculs raisonnables , le Nil était arrêté parla montagne granitique à travers laquelle il s’est ouvert , ou bien il lui a été ouvert par un accident quelconque, le passage qui forme aujourd’hui la cataracte de Syène. A cette même époque , la mer 'Rouge était jointe à la Méditerranée; alors il n’v avait |>as d’Égypte. Le Nil gagnait fa Méditerranée à" travers le désert Libyque , et une mer de sable , monument d’un état physique antérieur changé aussi par l’effet des révolutions naturelles, occupait l’étroit espace qui s’étend entre les bords de la mer Rouge à l’est, et les chaînes de montagnes parallèles à l'ouest. Le fleuve trouva enfin un libre passage dans sa direction vers le nord, et la vallée, de quelques lieues de largeur, encaissée entre les monts Arabiques et les monts Linyqncs depuis Syène jusqu'à Mem-

phis , offrit aux eaux un large lit de sable inculte, etd'une pente régulière; il y déposa son limon, et il en sortit l'un des plus florissants empires del'univers. Au-dessous de Memphis, ses atterrissements créèrent une seconde contrée, égale à la surface même de la vallée primitive ; aucun homme,-' sans doute, ne fut témoin de cet autre miracle opéré par le Nil : mais l’état physique des lieux et une tradition constante eft rendent un éclatant témoignage. La Basse-Égypte futajoutée à la Haute; la mer Rouge, par des atterrissements successifs, se sépara de la Méditerranée ; et l’état actuel de cette portion de la région du Nil devint dès lors un état normal auquel il ne manquait que la présence de l’homme.

Il y descendit de l’Éthiopie avec le fleuve miraculeux qui forma d’abord l’Égypte et qui est encore, apres des milliers d’années , la cause unique et nécessaire de son existence , et de ses prospérités. I.’antiquitédes Éthiopiens, de leur empire de Méroé, l’antique civilisation des plateaux d’Axum et de Gondar qui en était issue , et au fond de ce tableau pittoresque des conquêtes de l’intelligence humaine, l’Inde aussi vieille que l’Égvpte, sont dans les souvenirs de l’histoire comme ces fossiles nombreux , découverts dans des régions diverses, et qui ne témoignent que descatastrophes qui les bouleversèrent.

Il reste encore en Ethiopie des traces manifestes des origines égyptiennes. Les Barabras y arrangent leurs cheveux comme les monuments de l’Égypte nous montrent que les simples particuliers égyptiens arrangeaient les leurs, et de belles perruques antiques, tirées des tombeaux , ne sont pas autrement agencées. Ils font encore usage de sandales tissues de feuilles de palmier, en tout semblables à celles qu’on découvre daus les sépultures égyptiennes. La plupart des animaux sacrés selon la religion égyptienne sont étrangers à l’Égypte proprement dite , et existent encore dans la Nubie, tels sont les ibis, blancs ou noirs , que tous les voyageurs y ont retrouves,

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comme habitants du pars, et qui ne paraissent en Egypte qu'avec l’inondation du Mil ; ils la quittent quand le lleuve est rentré dans son lit. On trouve sons la tête des momies un hémicycle en bois , prenant le contour delà tête, et posant sur un pied de quelques pouces , pour la relever. L’usage de ce meuble est inconnu dans l'Egvpte moderne; il est commun en Nubie, et M. Cailliand en a rapporté de tout neufs, comme objets de comparaison. L’ancien goilt égyptien . les principaux caractères du style habituellement employé dans la fabrique des meubles de petites proportions, se remarquent encore dans les meubles , les objets de parure, armes et autres ustensiles des habitants de la Nubie.

Les coutumes changent bien rarement dans des pays où la population est habituellement isolée et vit bien loin de l’influence des idées nouvelles ou de la perfection graduelle des arts. L’inlluence réciproque de l’Ethiopie et de l’Égypte, dans l’antiquité, ne peut donc être contestée ; les faits que nous venons de citer corroborent les traditions de l’histoire: la population de l’Égypte y est descendue de l’Éthiopie avec le Nil; la Haute-Égypte a été, en effet , bien plus tôt habitable que la basse, qui tut long-temps inondée, même après que le Nil et la mer ne s’y rencontrèrent plus ; une population venue de l’Asie n’aurait pu pénétrer dans la vallée du Nil qu’à travers ces mers ou ces marais , egalement impraticables pour les hommes , à ces époques reculées.

On voit par la figure d’homme, N’ 1 de notre première planche , comment les Égyptiens se représentaient euxinémes sur leurs monuments, et il est impossible de retrouver sur cette figure aucun des traits qui caractérisent la race nègre. L’angle facial est beau, les traits sont réguliers , les lèvres prononcées mais bien jointes , et le reste des habitudesdu corps tellesqu’on les reconnaît dans les individus de la race blanche. Cette même figure de f l’Égyntien est répétée un million de fois (fans des monuments de tout or-

dre . de proportions colossales comme de très-petites dimensions; ce sont toujours les mêmes caractères et la même physionomie. Le teint des Égyptiens était bruni par le climat; cette particularité a été exprimée dans les monuments , en donnant à la face des figures d’homme une teinte rougeâtre, et à celle de femme, qui paraît avoir été moins brune , une teinte jaun itre.

Ces deux teintes pouvaient assez exactement indiquer la nuance générale du teint des deux sexes de la population égyptienne. On a ouvert un grand nombre de momies dans divers pays , et on n’a reconnu, dans l’examen d'aucun de ces nombreux corps égyptiens, de caractères physiques de la" race nègre; et cependant ces corps sont conservés , pour la plupart, en entier; la peau est intacte, les cheveux, parfois artîstement arrangés, sont à leur place, et adhèrent à la tête avec une solidité surprenante. On voit sur notre seconde planche deux tètes de momies exactement figurées : l’angle facial très-prononcé , le nez long et arqué , les cheveux longs et non laineux , éloignent toute idée d’origine africaine , et sont ici un témoignage de plus en faveur des traditions historiques que nous avons d ja rapportées.

Les Egyptiens connurent très-bien la rare nègre, et ils l’ont figurée dans leurs monuments avec une rare exactitude. Notre première planche ne contient que des figures tirées de ces mêmes monuments. C’est dans les tombeaux des rois , à Biban-el-Molouk , près de Tlièbes, qu’on retrouve la représentation desdiverses races d’hommes qui furent connues des Égyptiens.

Il faut conelurede l’exactitude de ces représentations, qui remontent au moins au XVI' siècle avant l’ère chrétienne , qu’à rette époque l’Egypte connaissait très-bien l’ancien continent, les races diverses qui habitaient l’Europe, l’Afrique et l’Asie , et les peuples principaux de ces deux dernières contrées.

Ile longqes guerres avaient mis en contact l’Egyptcavcc l’intérieur de l’Afrique ; aussi distingue-t-on sur les monuments égyptiens plusieurs espèces

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