ÉGYPTIENNE
Les anciens Égyptiens jouissaient d’une longévité remarquable; les inscriptions funéraires en font foi ; et l’auteur du Crania ægyptiaca remarque que sur cent crânes qui lui furent envoyés, et qui avaient été pris au hasard , il en trouva deux de soixante à soixante-dix ans, trois de soixante-dix à quatre-vingts, et deux de quatre-vingts à quatre-vingtdix ; la proportion est de beaucoup plus forte que celle des populations de l’Europe, où l’on ne trouve pas sur mille individusdeux personnes âgéesdequatre-vingtdix ans. D’autre part, soit que les enfants fus-ent embaumés d’une manière particulière, ou qu’on les dépo.sât dans des tombeaux non encore retrouvés, on rencontre comparativement peu de momies d’enfants. En rahscnce de renseignements , nous serions porté à croire qu’une grande salubrité et une sage entente des soins nécessaires à l’enfance diminuaient alors considérablement la proportion de la mortalité pendant les premiers temps de la vie.
Aujourd’hui le contraire a lieu en Égypte, et la mortalité y est effrayante parmi les enfants. L’époque du passage de l’enfance à la puberté est aussi fort dangereuse et fort meurtrière; mais ces deux terribleséprcuves passées, les Égyptiens sont fondés à espérer une longue carrière. Cependant si le climat de l'E-
gyptn , ilans une condition normale, est favorable à la population indigène, il paraît complètement nuisible aux peuples étrangers.
Ainsi les Nègres , qui dans leur patrie parviennent à un â^e fort avancé, s’usent et meurent rapidement en Égypte , quoique les conditions climatériques n'y présentent pas des différences extrêmes, ^'ous nous gardons bien de prendre à la lettre, dans cette appréciation, ce que les Nègres eux-mêmes racontent, et ce que disentlaplupartdesvoyageurs.ÉnOrient
f)ersonne ne sait son âge; et parmi es tribus sauvages , souvent vagabondes, c’est seulement par une estimation approximative «uc l’on parvient à connaître la durée de la vie. Il résulte d’une série importante de témoignages qu’il existe au Darfour beaucoup d’individus ayant toutes les apparences d’une vieillesse très-avancée. Or, tous les voyageurs savent qu’on voit en Égypte, au contraire, les Nègres les plus vigoureux s’étioler et s’étemdre en très-peu de temps.
Du reste , la faculté d’acclimatement est en raison directe de la perfection des organes. Les sauvages n’endurent point impunément le moindre changement de lieu, de vie et d’habitudes, tandis que l’homme civilisé supporte facilement des variations considéraules de température, et des révolutions radicales dans ses habitudes et son alimentation. Ainsi les noirs du centre de l’Afrique périssent en deux ou trois années dans les colonies anglaises de la Cête d’Or , tandis que les Européens supportent dans la Haute- Égypte une chaleur de 46°, et dans l’Amérique du Nord un froid de 56°, extrêmes qui présentent la différence énorme de 104°.
Mais cette faculté congéniale ne peut se transmettre au même degré à des enfants conçus et élevés dans un milieu formé d’éléments sans analogie avec les principes constitutifs du sol originaire; et c’est par là qu’on pourrait expliquer comment les races étrangères de la population de l’Égypte sont affectées diversement par'l’influence fâcheuse du climat. Pour les individus appartenant h des races perfectionnées l’action est médiate; ils vivent en Égypte aussi longtemps que dans leur propre pays , et leur
santé y est aussi bonne; mais à la première génération , la nature du pays reprend ses droits , surtout quand le moindre mélangé avec des races inferieures place l’enfant dans d’autres conditions que le père. — Pour les individus issus de races sauvages ou barbares , l’action est immédiate : dès leur séjour en Egypte ils souffrent , et s’il se prolonge ils meurent.