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RELIGIONS

Lorsque Méhémet-Ali arriva au pachalik d’Égypte, il eut soin, en politique adroit, de dévelopiier les germes de tolérance lais.ses par l’invasion française. Les chrétiens devaient être utiles â ses desseins : il les protégea. D.ins son œuvre de réforme, Méhcmet- A li eut d’ahonl à combattre le fanatisme des ulémas et des cheiks. Tantôt il employa le despotisme pour détruire des préjugés religieux, tantôt il feignit de se soumettre aux représentations des chefs du culte musulman , éludant ensuite par une négligence calculée l’exécution des mesures qu’il était forcé de prendre. Ce fti ainsi qu'il gagna du temps, et le temps créa l’habitude; les musulmans s'accoutumèrent peu à peu ;t voir des chrétiens porterdes turbans semblables aux leurs, des pantoufles rouges ou jaunes , et à les rencontrer à clieval dans les rues. A ce propos, nous rappellerons la requête adressée par les musulmans de Damas à Ibrahim-Pacha lors de l’expédition de Syrie : les dévots de Damas demandaient qii’il fdt défendu aux chrétiens d’aller à cheval , afin que les musulmans fussent toujours au-dessus d’eux. Le pacha répondit que si les musulmans voulaient garder leur position supérieure, ils pouvaient monter des dromadaires, ce que les chrétiens se garderaient bien d'imiter.

Toutes les religions jouissent en Égypte, non pas d'une faveur égale, mais d’une paix assez' constante, et d’une liberté que la conscience a souvent réclamée en vain dans des empires que l’on regarde comme beaucoup plus civilisés.

L'Égypte a subi successivement l'influencc des trois religions principales

vOglc

ÉGYPTE MODERNE. 117

<ta'on y retrouve encore aujourd’liui.

Sans avoir jamais été juive, ses rapports avec \e peuple de Dieu ont dû avoir une influence sensible sur ses moeurs et sa morale religieuse. L’Égypte entière fut chrétienne sous la domination romaine et sous l'empire d’Orient; mais, quoi- (pie si voisine de l’Église d'Afrique, l'Église égyptienne n'eut jamais la ferveur et l’éclat du berceau des Ambroise et des Augustin.

Les juifs d’Orient regardent le Talmud comme d’origine divine. La seule différence qu’ils font entre ce livre et le Pentateuque est que le Talmud a été communiqué verbalement à Moïse, tandis que le Pentateuque lui a été donné. Leurs cérémonies religieuses, et les moindres formalités du culte , de la vie civile, ou des relations domestiques, sont les mêmes en Orient que partout ailleurs.

Les caraïtes sont une secte de la religion juive; en Turquie ils sont placés sous la protection de la Russie ou de l’Autriche; mais en Égypte ils forment une communauté nombreuse. Les caraïtes rejettent le 7'a/mu(f et tous les commentateurs. Chacun d'eux est obligé de transcrire le Pentateuque une fois en sa vie , et ils en prennent à la lettre toutes les prescriptions avec une exactitude scrupuleuse. Ces sectaires admettent la polygamie; mais il est rare qu’ils épousent plus d’une femme. Les raboins prétendent que l’hérésie caraïte est née vers le milieu du huitième siècle de l'ère chrétienne; mais les hérésiarques font remonter leur origine jusqu'à une époque antérieure à la destruction du premier temple de Jérusalem; les juifs orthodoxes et les caraïtes se portent la haine la plus violente.

Les mahométans regardent les juifs comme leurs ennemis les plus acharnés.

On lit dans le Koran : « Tu trouveras que les plus violents ennemis des vrais croyants sont les juifs et les idolâtres ; et tu trouveras que les plus portés à aimer les vrais croyants sont ceux qui disent ; • Noue sommes chrétiens. > Une locution proverbiale, fort usitée parmi les musulmans, qualifie de haine juive une inimitié irréconciliable : lia pour moi une haine juive, disent-ils.

Les coptes jacobites ou schismatiques, nom que l’on donne ordinairement aux sectateurs de l’Église d'Alexandrie, forment la chasse la plus nombreuse parmi les chrétiens. On en compte environ cent soixante mille, répandus dans les provinces de la Haute et de la Basse-Égypte; au Caire, ils occupent deux des quartiers les plus populeux. Attachés aux anciens usages, observateurs rigides des préceptes de leur fÿlise, les coptes obéissent sans contrainte aux commandements de leur patriarche, qui réside au Caire, quoiqu’on lui donne le titre de patriarche tt Alexandrie et de Jérusalem. Outre le baptême des enfants, qui doit avoir lieu à l’église , ils pratiquent aussi la circoncision; mais c'est plutôt pour eux une coutume nationale et une mesure de propreté qu’une cérémonie religieuse.

Les coptes admettent la confession auriculaire, et communient sous les deux espèces. Le clergé copte nomme le patriarche , qui , comme nous l'avons dit, a un pouvoir illimité. Nul ne peut recevoir la prêtrise s'il n’est marié, et pourtant tout individu marié en secondes noces est inhabile au sacerdoce. La manière de sacrer les prêtres est remar-

auable : le postulant est amené de force evant le patriarche, qui, malgré les protestations d’indignité du candidat, persiste à lui conférer l’ordination. Contrairement aux conditions exigées pour les fonctions cléricales de la classe séculière, le célibat est obligatoire pour l’état monastique; mais aussi ceux qui choisissent cette profession sont privilégiés , car c'est exclusivement parmi les moines qu'on choisit les hauts dignitaires de l’Église copte. Les oflices sont célébrés en langue copte , bien que les prêtres, excessivement ignorants, ne comprennent point un mot de cette lanue antique; ils lisent l’Évangile dans es termes qui sont pour eux lettre close, et que le plus souvent ils défigurent; le dernier membre d(i clergé copte ui ait possédé la connaissance de l'iiome dans lequel sont écrites la parole divine et la liturgie est mort dans le courant du dix-huitième siècle.

Les coptes possèdent environ cent églises ou monastères, dont la plupart ont été placés dans des lieux d'un accès

ilifllcile, et à l'aliri des invasions des üedouins, toujours disposés au pillage et a la destruction. Ils iio s'allient qu’entre eux, et forment, au milieu de la population égyptienne , une nation à part, avec ses mœurs et ses usages liarticuliers. Le nom de jacobites leur vient de /aco6 Baradal ou Zauzalus, moine syrien, qui, au sixième siècle, parcourut In Syrie et la Mésopotamie pour réunir en une seule Église les mouuphysites dispersés.

Les coptes doivent baptiser leurs fils lorstiu’ils ont quarante jours, et leurs lilles à uuatre-vingts Jours; ils pensent que si l'enfant meurt .sans baptême, il sera aveugle dans l'autre t vie; en outre, l'inobservance de cette prescription est un péclié grave pour les parents; cependant les gens de la classe pauvre, (|ui se trouvent quelquefois fort éloignés des églises, diffèrent souvent cette ceremonie pendant une année entière.

Le baptistère est tout simplement un des coins du temple; les fonts baptismaux consistent le plus souvent en un large vase de terre, mais quelquefois nn tlonne cette destination à un chapiii'au antique, grossièrement creusé. Le baptême copte se fait par immersion; l'enfant est plongé trois fois dans une eau tiède où le prêtre a jeté avec le pouce un peu d'huile sainte; les prières (|ui accompagnent cette cérémonie sont dites en copte.

Il est digne de remarque que les prières quotidiennes des coptes tiennent a la fois de celles des juifs et de celles des musulmans. Ils sont astreints à prier sept fois par jour, et peu s'abstiennent de cette pratique. I..6S premières dévotions se font au point du jour; les .secondes, à la troisième heure; on accomplit encore cet acte religieux à la sixième heure, à la neuvième, à la onzième et à la douzième, qui est celle du coucher du soleil ; la septième oraison se fait à minuit. Pour ceux qui savent lire, la prière se compose de quelques-uns des psaumes de David ( formant à peu près la septième partie du Psautier), et d'un chapitre des saints Evangiles ; le touten arabe. Ensuite on répète quarante et une fois, en arabe ou en copte : «OSeigneur! ayez pitié de moi! »

Dr peur d'omettre une de ces invo-

cations , on se sert d'un cliapelet ayant quarante et un grains, ou bien on compte attentivement sur ses doigts; enfin l'acte religieux se termine par une courte prière en copte. Ceux qui ne savent pas lire répètent sept fois la prière dominicale chacune des sept oraisons de la journée; ils y ajoutent aussi quarante et une fois : « OSeigneur! ayez pitié de moi ! »

Avant de prier, soit en commun , soit en particulier, les coptes se lavent le visage, les mains et souvent les pieds* en priant, ils se tournent vers l'est.

En vaquant à leurs affaires ou en se promenant iis répètent souvent leurs prières habituelles, ou du moins l'oraison dominicale.

Les grandes églises des coptes sont divisées en cinq" compartiments. Le heykel ou chœur contient l'autel, et occupe le centre du compartiment qui forme la partie supérieure du vaisseau; il est séparé du reste de l'église par une cloison en bois , au milieu de hiquelle se trouve une porte voilée par un rideau. Le second compartiment est destiné aux prêtres qui lisent les oraisons, et aux enfants qui leur servent d'acolytes , ainsi qu'aux principaux membres de la con- ^égatiun ; cette partie est séparée du reste de l'eglise par un lattis de huit ou neuf pieds de haut, ayant une ou plusieurs ouvertures. Les membres inférieurs de la congrégation occupent les deux autres divisions de l'église ; celle qui se trouve près de l'entrée est réservée ordinairement aux femmes, qu'un épais treillage de bois cache entièrement aux regards indiscrets ; dans quelques temples pourtant elles occupent une petite galerie fermée par une draperie ; dans d'autres leur place est dans les ailes latérales du bâtiment. Dans tous les cas, elles sont toujours complètement isolées des hommes. L’église ne contient aucune statue, mais les murailles sont revêtues de quelques images de saints rossièrement peintes. Les hommes tent leurs souliers en entrant dans l'église, mais ils gardent leur turban.

Pieds nus sur les nattes qui tapissent

Îiartout les dalles , ils se rangent ciebout, es uns à côté des autres, et s’appuient pendant l'office sur une espèce de béquille ayant de quatre à cinq pieds de

J iitzeoo';

ogle

EGYPTE MOI*ER^E

longueur; ce support n’est pas inutile, car on ne se sert point de siège, et l'office dure de trois à quatre heures. Dans leurs génufle.sions, les coptes inclinent la tète jusqu'à terre, comme les musulmans, et le prêtre les bénit alors avec une petite croix d’argent.

On ne se sert pas de cloches pour appeler les fidèles à Teglise; l'heure du service divin est annoncée par les sons éclatants de cj’mbales d’une iftrande dimension. Les prêtres qui officient dans le heykel sont revêtus de robes magnifiques ; ceux qui les assistent seulement portent leur costume de ville. Comme nous l’avons dit, l'office se fait en copte; tout autre langage est interdit dans le heykel-, mais ceux des ecclésiastiques qui sont placés dans la seconde division de l’église, la face tournée du côté du chœur, lisent et chantent des paraplirasesarabesou coptes. Leur psalmodie est à peu près la même que celle des musulmans qui récitent le Koran. Les prêtres ne doivent pas s’asseoir pendant qu’ils officient ; mais comme le service est très-long, ils l'interrompent plusieurs fois pour s’asseoir durant quelques minutes, et dans c«s intervalles de repos des cymbales de différents tons remplissent l'églised'un bruit assourdissant, jusqu’à eeque la cérémonie recommence.

Pendant la célébration de l'office, un prêtre sort de temps à autre du heykel, et vient encenser et bénir, par l’imposition des mains, chacune des catégories de fidèles. L’usage d’inonder fréquemment l’édifice des flots d'une fumée odorante n'est pas une vaine cérémonie dans ces églises basses, sombres et pleines des miasmes putrides qui s'échappent des tombes. La communion se fait sous les deux espèces; on trempe le pain dans le vin pour les fidèles , les pretres seuls boivent le vin. Le prêtre omciant communie toujours seul, et cet acte est accompagné d’une foule de cérémonies mystérieuses; en terminant, il lave d’abord les vases sacrés, puis ses mains, enfin il boit l’eau qui a servi à ces divers lavages; prenant de Teau bénite à deux mains , il en asperge tous les assistants , et en mouille la barbe de ceux d’entre eux qui s’approchent de lui. Une distribution de pain bénit est alors faite , et le peuple est congédié.

Les coptes observent des jeûnes longs et sevères. Une semaine avant le grand carême a lieu un jeûne de trois jours , en commémoration de celui de Minive. Le grand carême dure cinquantecipq jours; il y en a encore trois autm: un de vingt-buit jours, avant la Nativité; un second qui dure depuis l’Ascension jusqu’au cinq du mois ébed : on l’appelle te jeûne des apôtres ; et un troisième de quinze jours , qui précède l’Assomption (le jeûne de la h'ierge). Les mercredis elles vendredis sont des jours d’abetiiience pendant toute Tannée, à l’exception des quinze jours qui précèdent Te grand carême.

Le calendrier religieux des coptes compte sept grandes l'êtes : la Satioité {id et Miladj ; le Baptême {Id el Gheetas) ; V Annonciation {idelBesharali); lesBameaux ou les Palmes lid esh Sltaanen) ; la Résurrection {el id el Aebeei-) ; C Ascension {id es Sooud); ta Pentecôte {id el Ansarah). Pour la première et la cinquième de ces fêtes les offices sont célébrés pendant la nuit qui précède la solennité. A chacune de ces époques on se pare de ses plus beaux habits , et on fait des aumônes. Le jour commémoratif du baptême de Jésus-Christ est consacré à un usage bizarre. Tous les hommes , vieux ou jeunes , se baignent soit dans un réservoir établi à ce dessein près des églises, et béni par les prêtres, soit dans une rivière quelconque, où l’on verse préalablement un peu d’eau bénite; et pendant que Tun d’eux se baigne, les autres lui disent : > Baigne-toi , comme ton père et ton grandpère se sont baignés, et chasse l’islamisme de ton cœur. > Néanmoins , cette allocution n'est rapportée que par les Arabes musulmans.

Le jour des Palmes ((/t'mancAe des Rameaux ) le prêtre récite les prières des morts pour toute la congrégation ; et si quelque membre vient à mourir entre cette époque et la fin du khumasin { la période de Tannée où la peste est le plus redoutable), on ne répété point les prières sur son corps. Cette triste appréhension d’une grande mortalité produit toujours un effet profond sur un peuple si souvent décime par la peste. Les coptes tiennent beaucoup à faire le pèlerinage de Jérusalem; mais il.

ne peut être accompli que par les personnes de la classe aisée. Il se fait pendant la semaine sainte.

Les coptes haïssent beaucoup plus les autres chrétiens que les musulmans eux-mêmes, et on voit parmi eux beaucoup de conversions à l'islamisme.

On évalue à cinq mille le nombre des coptes orthodoxes, c’est-à-dire qui sont en communion avec Rome ; leurs moeurs, leurs usages, sont à peu près ceux des coptes jacobltes ; la seule différence notable qui existe entre eux se trouve dans les cérémonies extérieures du culte. Toutefois le clergé copte latin est moins ignorant que celui des jacobites, et la secte entière participe a cette 'supériorité d’instruction. Ils ont au Caire un évêque et des prêtres du rite latin.

CBECS SCHISBàTIQIIES.

On compte en Égypte environ trois mille cinq cents Grecs schismatiques ; il refusent, comme on sait, de reconnaître la suprématie du pape comme vicaire de Jesus-Christ , et rejettent le dogme qui fait procéder le Saint-Esprit du Fils aussi bien que du Père. Ils permettent le mariage des prêtres, et communient sous les deux espèces. Leur chef est le patriarche de Constantinople, et ils ont au Caire trois édifices religieux : le couvent de Saint-George, celui de Sainte-Catherine , et une église dédiée à Saint-Nicolas.

On trouve encore en F.gypte une autre secte de schismatiques grecs, qui depuis quelques années s'est soumise à un patriarene particulier, résidant en Égypte; ceux-ci ne sont guère plus nombreux que les précédents.

ARIiélllE.-«S.

Les Arméniens sont environ au nombre de deux mille; ils reconnaissent un petit nombre de fêtes , et rejettent le culte des images.

Le Credo arménien n'admet qu’une seule nature en Jésus-Christ , ou plutôt il ne nie pas la nature humaine, comme Apollinaire; il ne confond pas les deux natures comme Kutychès , et il ne les divise pas absolument comme Nestorius; mais il enseigne que les éléments divins et humains sont unis

inséparablement, comme l'àmc et le corps sont unis pour former un être vivant.

Les Arméniensfont remonter leur culte au temps même de la vie de Jésus-Clinst. lisse sont séparés de l’Église catholique en 525 de l’ère chrétienne, quatre-vingtuatre ans après le concile de Chalcéoine, qui avait rejeté la doctrine d’Eutychès , et quarante-quatre ans après qu’un synode d'évêques eut excommunie cet hérésiarque. La séparation avait été résolueen 520 dans un concile tenu à Tavin , sous le patriarche Nercet II; elle fut quinze ans à s’accomplir. En 551, sous le patriarcat de Moïse I", les hérésiarques adoptèrent une ère, d’après laquelle ils comptent encore. Les Arméniens ont cinq patriarches principaux :

le premier est celui de Constantinople, qui représente les rayas arméniens répandus dans tout l’empire ottoman ; sa nomination doit être confirmée par le sultan.

Cette secte chrétienne est d’une extrême sévérité dans l’observance des pratiques religieuses. Outre, le grand carême, elle en a institué dix autres de cinq jours chacun. Si l'on ajoute à ce nombre tous le mercredis et les samedis, qui sont également des jours d’abstinence , on trouve dans l’année deux cent deux jours de jeûne, pendant lesquels il faut s’abstenir de viande, de poisson, de beurre, d'huile, de lait et ne vin. Les prêtres ont, de plus, deux autres carêmes de cinquante jours, l’un avant Noël , l'autre avant la 'fransfiguration.

Il y a quelques années, le patriarche arménien tenta de réformer son Église.

Il voulait supprimer la confession auriculaire et mettre en vigueur ce précepte de l’Écriture, si souvent violé par les diverses religions issues du christianisme ; •Tune feras peu de Dieu à ton image. • La proscription complète des images, tant de la divinité ue des saints, trouva une opposition es plus vives chez les Arméniens, et le patriarche copte intervint même, et fit comprendre au patriarche iconomaque la dangereuse inconvenance de ses idées ; la réforme en est restée là pour le moment.

Quelques Arméniens, mais ru petit

ioglc

ÉGY1>ÏE MOUERNK.

nombre, onl adopté le culte catholique; ils possèdent un temple spécial pour la célébration de leurs cérémonies religieuses.

Des nestoriens et des maronites se trouvent aussi en F^pte, où ils ont des chapelles, des églises, et d’autres étahlissements religieux. Comme les coptes, les prêtres maronites peuvent se marier.

CATHOUQDS8 LATISS.

La population européenne Oxée en Égypte forme l’Église catholique du rite latin , dont les différents temples sont desservis par les Pères de la terre sainte, religieux de l’ordre de Saint - François.

Conformément aux ordonnances de François I*’ et de Louis XIV, qui s’en déclarèrent les défenseurs, les établissements religieux du catholicisme en Égypte sont restés sous la protection spéciale de la France.

Ces diverses sectes chrétiennes , jalouses les unes des autres, ont souvent offert aux musulmans le spectacle de déplorables conflits, et cela pour les causes les plus légères.

Ainsi, les grecs purs, les arméniens et les coptes s'entr’égorgeaient parce que les premiers faisaient le signe de la croix avec trois doigts; les arméniens, avec deux ; et les coptes, avec un seul.

Aujourd’hui que le vice-roi protège toutes les religions sans distinction, et ne permet pas qu’une d’elles opprime les autres, ces haines intestines n’ont d’autre effet que d'augmenter le mépris (|ue le musulman professe héréditairement pour les hommes qui ne sont point de sa religiou.

éTABLISSEaKM DE L’iSLABISUE E.V éGTPTE.

Séduit par lapositionpolitique et les richesses de ce pays. Mohammed avaittoujours rêvé la conquête de l’Égvpte;mais ce fut seulement sept ans après sa mort que cette conquête fut accomplie; le troisième successeur du prophète fut appelé à la réaliser. I^es Égyptiens , dont la foi religieuse avait été fortement ébranlée par des scliisines nombreux , n’opposèrent qu’une faible résistance , lors-

que le lieutenant d'Omar, Âmrou-ISpnél-Aàs, se présenta pour leur imposer des lois et une croyance nouvelle ; d'un christianisme sans unité ils passèrent facilement au mahométisme.

rtVES ET RITES RELICIFDX.

Nous ne tracerons point ici l’histoirede Mohammed et des premiers califes; car cette partie a été traitée à fond dans un autre volume de l’Univers Pittoresque.

(Voy. YArabie par M. Noël Desveigers.)

Les puriCcations on ablutions, qui forment une des obligations principales de l’islamisme, sont un usage oriental dont l’oriqine se perd dans les temps les plus recules. D’ailleurs, on ne doit y voir que des pratiques hygiéniques, indispensables à ODserver "dans des climats chauds, et Mohammed les a revêtues d’un caractère sacré pour que personne ne s’en dispensât. Le croyant ne peut se livrer à aucun acte religieux avant de s’être préalablement lavé de toute souillure corporelle. Il y a trois espèces de puriGcation: le ghast, ou lavage pour les souillures matérielles du corps, de l’habit, ou du lieu où l’on prie; el oudhouou, ou l’ablution, qui consiste à se laver le visage, la barbe, les mains, les bras jusqu’au coude et les pieds jusqu’à la cheville; enfin le ghousl, lotion obli-

fpatoiro après l’acte vénérien, pendant es pertes périodiques de la femme, les couches, etc.

Afin d’offrir en tous lieux aux vrais crovants une eau pure pour les ablutions, Moliammed a conseillé aux femmes de prier dans leurs maisons; rien n’est plus rare que de voir une femme dans la mosquée, bien que l'entrée lui en soit permise. Le pèlerinage de la Mekke n'est pas non plus obligatoire pour les femmes; mais dans aucun cas il ne leur est accordé de monter seules au sommet du mont Arafat. Si elles nesout l>oint mariées, elles prennent un époux, afin d’accomplir cette pieuse cérémonie, après laquelle ce mariage éphémère se trouve dissous de droit.

Comme lejudaTsme et le christianisme, la religion mahométane met la piété au-dessus des autres vertus, et en fait le complément indispensable d’une vie méritoire et agréable à Dieu.

L’homme pieux doit préserver de

L’UMVERS.

toute souillure ses sept membres, qui sans nette précaution peuvent devenir pour lui les sept portes de l'enfer. Les sept membres sont : les oreilles , les yeux , la langue, les mains, les pieds, le venlre et les parlies sexuelles.

[.es oreilles ne doivent entendre aucun instrument de musique. Elles doivent se fermer au mensonge, à la médisance , aux discours obscènes.

Les yeux n’ont pas moins de choses h fuir. Il e.st défendu à tout croyant de regarder un homme du nombril au genou. Les femmes "ne peuvent jamais jeter les yeux sur cette partie du corps, quel que soit le sexe de la personne quelles ont devant elles. Quant aux hommes, la prescription est la même pour les femmes qu'ils ne peuvent épouser; et pour celles dont ils pourraient faire une épouse la loi est encore plus sévère. Les femmes légitimes et les esclaves sont placées en dehors de ces règles. L’œil ne peut sans péché épier furtivement les actions d’autrui. Il faut aussi se garder de jeter un regard de mépris sur un musulman. Les riches êt pieux musulmans établissent sur le bord des routes, dans le voisinage des villes, ou à l’entrée des deserts, des fontaines ou des réservoirs construits arec plus ou moins de luxe. Souvent ces fontaines sont entourées d’cdilices pour que les musulmans puissent accomplir à l’ombre leurs devoirs religieux ; si , malgré ces fondations pieuses, le musulman manque d'eau, il peut puriGer son corps en le frottant de sable, de terre, de poussière nu de toute autre substance pulvérisée et sèche, pourvu que nulle chose impure n’y soit mêlée; cette cérémonie symbolique , fondée sur l’exemple de Mohammed , s’appelle teyemmoum, et l’origine de son institution s'explique assez par la nature aride et sablonneuse du pays où fut institué l’islamisme.

La prière est un précepte de toutes les religions. La loi de Mohammed prescrit au üdèle cinq prières par jour : une avant le lever du soleil, une à midi, une entre midi et le soir, une au coucher du soleil, et une à l’entrée de la nuit. Les heures de la prière varient suivant les saisons : celle de l’aurore, par exemple, doit se faire au moment où l’on peut distinguer un Gl blanc d’un Gl noir.

Ceux qui n ont point accompli leurs dévotions dans la première partie de la journée peuvent effacer leur faute en priant plus que les autres pendant le reste du jour. T.«s heures de la prière sonttoutes annoncées par les muezzins, dont la voix grave et solennelle appelle les fidèles du haut des minarets.

Les prières peuvent être faites en particulier, dans la maison, ou en plein air, ou bien en commun dans une mosquée, sous la direction d’un iman. L’assemblée suit alors scrupuleusement les mouvements du pontife, et répond amen à la récitation de chacun des versets qui font partie de la prière. Le salat-el-gouma ( la prière du vendredi ) se fait toujours sous la conduite d’un iman.

Pour que la prière soit efGcace , la loi musulmane exige :

r L’état de propreté; 2® la décence dans le vêtement; 3® la direction du corps vers le temple delà Mekke, l’éternelle Caaba; et 4° la volonté ou l’intention.

Le musulman qui veut être dans la première de ces conditions doit faire les ablutions suivantes avec de l’eau pure, chaque fois qu’il se dispose à prier :

Laver les mains jusqu’au poignet.

(Ter.)

Laver ou rincer la bouche. {Ter.)

Laver les narines. (Ter.)

Laver le visage. (Ter.)

Laver le bras droit jusqu’au coude, (/’er.)

Laver le bras gauche jusqu’au coude. {Ter.)

Ensuite passer la main droite mouilh-e sur le front , à la racine des cheveux ; introduire les deux doigts index dans les oreilles; passer les pouces derrière les oreilles; passer le dos des mains sur le cou. {Une fois.)

Laver le pied droit jusqu’à la cheville. ( Ter.)

Laver le pied gauche Jusqu’à la cheville. {'Ter.)

En Gnissant les ablutions, on prononce la profession de foi ;

T atteste qu’il n’y a de dieu que Dieu, et que Mohammed est son serviteur et son prophète.

L’ablution faite , le musulman se place

KGYI'TE MOnEUNE.

sur la natte qui couvre le sol de sa demeure, ou bien il étend dans le lieu où il se trouve un petit tapis destiué à cet usage; ce tauis s’appelle en arabe sedjadeh. A défaut de natte ou de tapis, ilôte un de scsvêtemeuls, l’étale à terre, et commence la prière.

D’abord il se tient debout, dans un recueillement respectueux, la face tournée du câté de la kiblaU, petite niche qui, dans toutes les constructions consacréesau culte, sert à indiquer la direction du temple de lu Mekke; cette niche est ornée d’arabesques et de sentences tirées du Koran. Dans cette position, le fidèle fait en ces termes un neuf ou vœu :

« Je veux offrir à Dieu deux rikats, qui forment la prière du matin , ou bien quatre rikats, qui forment la prière du .soir. »

Puis il élève ses deux mains, les doigts entr’ouverts, en portant les pouces vers la partie inférieure des oreilles; la femme ne doit élever les mains que jusqu’à la hauteur des épaules, afin de ne point se découvrir : ainsi placé, le musulman dit:

Jllah-hou akbar!

Dieu est grand!

Ensuite il pose les mains sur le nombril, la droite sur la gauche, les doigts un peu détachés les uns des autres, les yeux fixés sur la place qu’il touchera en se prosternant, et il récite le sourateél-fatihat, c’est-à-dire le chapitre d’introduction , et un autre chapitre du Koran à son choix.

I.,es différentes prières se composent de plusieurs rikats; la prière la plus courte , celle du matin , n’a que aeux rikats.

Dans les écoles du Caire, avant de retourner à la maison paternelle, les enfants musulmans récitent chaque jour, à l’asr (soir), et le jeudi seulement au dour ( midi ) , une prière appelé khezb. Cette prière n’est pas récitée dans les écoles des mosquées.

En voici la traduction :

■ Je cherche près de Dieu un refuge « contre Satan le maudit. Au nom de « Dieu le compatissant , le miséricor- « dieux , le clément.

« O Dieu! protège l’islamisme, ré- < pands la parole de vérité, soutiens la

• foi, en conservant ton serviteur et

• le lils de ton serviteur, le sultan des

• deux continents, et le souverain des

• deux mers, le sultan, lils de sultan, « Abd-oul-Medjid Khan. O Dieu ! pro-

• tège-le, protège ses armées et toutes

• les forces musulmanes.

« Seigneur de toutes les créatures, « ô Dieu! détruis les infidèles et les

• polythéistes, tes ennemis, les eniie-

• mis de la religion. O Dieu! rends « leurs enfants orphelins. .Souille leurs

• habitations, fais que leur pied glisse.

• donne-les, eux, leurs familles, leurs « ménagas, leurs femmes, leurs en- «fants, leurs parents par alliance, « leurs frères, leurs amis, leurs pro- « prietés, leurs races, leurs fortunes » et leurs terres, comme butin, aux

• musulmans, 6 souverain Maître de

• toutes les créatures. •

I.es docteurs musulmans , qui sont entrés dans des détails minutieux à l’égard des prières, ont établi un certain nombre de règles disciplinaires.

Ainsi, tant que l’on est debout, on ne doit regarder que le tapis, et, dans la position du tainjetou, on ne doit jamais mouvoir le pied droit lors même qu’on veut accomplir le sidjout ou prosternation. En faisant les salutations, le regard ne doit pas s’étendre au delà des épaules ; enfin , on doit éviter soigneusement de bâiller pendant la prière, parce que le démon en profiterait pour s'insinuer dans le corps du croyant.

Indépendamment de ces prieras quotidiennes que tout musulman doit faire isolément, soit dans sa demeure, soit dans les lieux où il se trouve accidentellement, soit dans les édifices cons-acrés au cuite, les croyants doivent s’assembler le vendredi pour prier en commun , y assister à une céréjnotiie hebdomadaire appelée le khotbak :

c’est, à proprement parier, une espèce de sermon qui se tient dans ies mosquées principales de chaque ville et dans celles qui ont été fondées par les califes. Ce sermon prend régulièrement place après les prières ordinaires de midi; en le prononçât, l’iman loue Dieu, célèbre la mémoirede Mohammed ; et du temps des califes , qui réunissaient

L’UMVERS.

h la fois les fonctions de souverain pontife et d'empereur, on y ajoutait des voeux , des prières et des acclamations pour la prospérité de celui qui régnait, pour la longue durée de sa puissance, ainsi que pour le bonheur et la gloire du prince désigné comme devant hériter de l'empire. Cet honneur, qui était un des attributs de la souveraineté, fut e.xclusivement réservé aux califes et à leurs successeurs présomptifs Jusqu’en l'aii 305 de l'Iiégire ( 820 de l'ère chrétienne). Quelques ouvrages religieux portent aussi pour titre le nom de khotbah.

Avant rétablissement de l'islamisme, le Jedne religieux existait déjà chez

f)lusieurs peuples, entre autres chez es Juifs et les chrétiens ; et si ce n’était point une pratique religieuse pour les anciens habitants de l’Egypte, c’était au moins une mesure hygiénique généralement usitée chez eux. Mohammed dénatura cette institution en la rendant trop sévère. Le jeûne du ramadan, pendant lequel on doit s’abstenir de tout aliment, depuis l’aurore jusqu’au coucher du soleil , sans qu’il soit permis même de fumer ou de prendre un verre d’eau, dure un mois lunaire. Une abstinence aussi rigoureuse , maintenue pendant si longtemps , peut affecter la santé des individus obligés à des travaux pénibles.

Comme les musulmans ne font usage que du calendrier lunaire , il arrive que le ramadan est célébré successivement dans chacun des mois de l'année pour revenir tous les trente-trois ans a la même époque.

•A ce long Jeûne succède une fêle uui dure trois jours, pendant lesquels les fidèles se dédommageut , selon la mesure de leurs moyens , des privations qu'ils se sont scrupuleusement imposées. Cette fête .s’appelle le Pelit-Bairam. Le Crand-Bairam ou Courbam- Balram a lieu soixante-dix Jours après le petit, et dure quatre Jours, f.e Courbam- liai ram a été institué en mémoire du sacrifice d’Abraham.

Toutes les religions ont recomm.Tndé l’aumône, comme une vertu.

L’islamisme en a fait une loi dont il a réglé l’exécution. Tout croyant doit donner , chaque année, aux pauvres mu-

sulmans, au moins deux et demi pour cent de son revenu. Cette espèce de redevance peut se payer en argent, en bétail , en grains, en fruits ou en marchandises. Néanmoins, pour s’y trouver obligé il faut Jouir d’une certaine aisance.

Le pèlerinage de la Mekke et les cérémonies pratiquées autour de la Caaba étaient des dévotions suivies par les Arabes bien des siècles avant Mohammed. Tout musulman, fidèle observateur de la loi du Koran , doit , au moins une fois dans sa vie, visiter la ville sainte.

Chaque année, des milliers de pèlerins se réunissent pour accomplir ensemble ce pieux voyage. La caravane part du Caire vers le 37 du mois de cheival, quelques Jours après la procession du mahmll. Le mahtnil est une cai.sse en bois qui contient la voile de la Caaba, et quelquefois deux exemplaires du Koran, destinés au temple de la Mekke ; cet envoi se fait régulièrement tous les ans. La sainte caravane emporte avec elle, outre le mahmil, le trésor envoyé par le sultan à la Mekke et les divers dons faits (>ar les princes, les villes ou particuliers. Les pèlerins se partagent en trois troupes -. l'une suit la route du désert ; le voyage par terre dure environ quarante Jours : les deux autres troupes s'embarquent à Suez ou à Kosséir. C'est pendant les fêtes du Courbam-Balram que les pèlerins, venus de tous les points de l’Orient, doivent se trouver rassemblés dans la ville qui a vu naître leur prophète.

Autrefois la ville sainte était visitée par de nombreuses caravanes, venues de tous les points de' l’Orient, pour déposer de pieuses offrandes; mais aujourd’hui la ferveur religieuse s'est fort attiédie, même en Arabie; et, soit indifférence, soit par suite de la crainte qu'inspiraient les brigandages des Wahahytes, les pèlerinages , et surtout les duos, deviennent de plus en plus rares. Toutefois , les hadjU ( [lèlerins) sont toujours fort considéré,», et ce titre confère une sorte de sainteté.

Le musulman qui déserte la loi de Mohammed est condamné à mort; on donne ordinairement trois Jours de sur-

EGYPTE MODERNE. 125

sis à l'apostat pour rénécbir et abjurer son idolâtrie. Et si à l’expiration de ce temps de miséricorde il ne vient pas à résipiscence, on l'envoie devant Dieu implorer un pardon refusé par les hommes : Allah peut être clément, nuis le fanatisme est inexorable.

Tdut individu qui abandonne un autre culte pour embrasser l'islamisme devient le fils spirituel ou adoptif du prophète; ce qui lui donne le droit de porter le turban vert et des vêtements de la même couleur, privilège exclusivement réservé aux descendants de Mohammed; mais cette noblesse est purement personnelle , et ne se transmet pas aux enfants du converti.

Les renégats, dont la profession de foi a été déterminée par quelque calcul d'intérêt, n'obtiennent aucune considération ; et môme ils sont le plus souvent en butte à toute espèce de dédains et d’injures de la part do leurs nouveaux coreligionnaires.

Quant aux Orientaux ou aux Européens dont la conversion a lieu dans des circonstances favorables, dont la détermination, pure de tout soupçon de bassesse et d'intrigue, a eu manifestement pour cause unique une conviction sincère, lorsque leur vie est du reste probe et noble, que leurs mœurs sont irréprochables et qu’ils se conforment strictement aux prescriptions du Korati, ils sont traités, en toutes occasions , avec les plus grands égards ; leur qualité les investit d'une sorte de sainteté, qui leur attire le respect et la vénération générale.

Selon quelques auteurs, les juifs qui veulent entrer dans le sein de la religion musulmane sont obligés de se faire d’abord baptiser comme chrétiens. Cette assertion est inexacte : pour apostasier ils ne sont soumis à aucune formalité spéciale, et peuvent passer sans profession intermédiaire du judaïsme à Tislainisme.

SECTES ■CSCLMSSES.'

L’islamisme a vu s'élever beaucoup de sectes dans son sein ; cependant les docteurs musulmans afGrraent que leur nombre n'a jamais atteint soixantetreize.

Les deux principales , celles qui par-

tagent encore les musulmans de nos jours, sont celles des sonnites ou orthodoxes, et àe&schyytes ou hérétiques.

Cette séparation remonte à peu detemps après la mort du prophète.

Les sonnites reconnaissent l’infaillibilité d’Aboubekr, d'Omar et d'Osman ; ils admettent toutes les explicntion.s thcologique.s , toutes les décisions légales de ces différents chefs. Pour eux, la sonna , vaste compilation de traditions qui sert de complément au Koran , a la même autorité que la loi orale chez les Juifs; delà leur nom de sonnites.

Les schyytes, au contraire, prétendent que le véritable successeur de Mohammed est Al}[, sou gendre et son lils adoptif, désigné par lui comme héritier de l’empire. Toutes les explications du Koran , données par d'autres , sont autant d’hérésies pour eux. Ils nient la prédestination absolue, et ne veulent point admettre l’incréation du Koran. Les schyytes révèrent Hussein et Aly comme des saints, et même quelques-unes des divisions de cette secte importante, les nossairis et les mitoualis, qui habitent une partie des hauteurs du Liban , sont persuadés qu’Aly a été revêtu d’un caractère divin, et lui rendent une sorte de culte.

Les sonnites eux-mêmes se sont subdivisés en quatre catégories : Les hanbaliles, les sc/taféites, les matékites et les hanéfiles , ainsi appelés du nom de leurs fondateurs Ilanbal, Schaféi, Malek et IJabou-lIaniJa; mais comme ces sectaires ne diffèrent entre eux que sur des questions peu importantes , ds sont regardés comme également orthodoxes.

Les musulmans orthodoxes occupent l'empire ottoman, plusieurs parties de l’Afrique , les Iles de la mer des Indes et de l’Égypte. C’est la doctrine de Schaféi qui domine dans cette dernière contrée. En Perse etdans la Tartarie on trouve beaucoup de schyytes.

Les habitants du oesert, Arabes nomades ou Bédouins, forment une autre catégorie de musulmans ;'on ne les regarde point comme dissidents , quoiqu'ils s’exemptent de toutes les pratiques minutieuses et s’inquiètent peu des subtilités dont les docteurs ont enveloppé les dogmes de l'islamisme. Pour justifier leurs infractions perpétuelles

LUKIVERS.

lïG

aux prescriptions relij^ieuscs , ils disent :

• ISous ne récitons pas les prières ,

« parce que nous n'avons pas d’eau pour

• faire les ablutions ; nous ne faisons « pas l’aumône , parce que nous som>

« mes pauvres ; nous n'observons pas « le ramadan, parce que nous jeûnons « toute l’année; et nous n’allons point ■ à la Mekke, parce que le temple de « Dieu est partout. » Et les musulmans acceptent tacitement ces excuses, au moins fort spécieuses.

Au milieu des populations chrétiennes et musulmanes, il e.xiste une autre secte dont on ignore la véritable origine : ce sont les yétidis, qui habitent les montagnes voisines de la ville de Singar. Ces sectaires, dont quelques dogmes présentent de l’analogie avec ceux du christianisme , reconnaissent un bon et un mauvais génie ; mais , persuadés que le mauvais génie n’est qu’un ange déchu, et qu’un jour il doit rentrer en grâce auprès de Dieu , ils redoutent sa vengeance, et c'est à lui surtout que s'adressent leurs prières et leurs hommages.

Ce fut au commencement du dix-huitième siècle de l'ère chrétienne et du douzième de l'hégire qu’Abd el-Wahab commença à prêcher une doctrine nouvelle dans les mêmes lieux où Mohammed avait établi sa religion. Il voulait ramener l’islamisme a sa pureté primitive, et le purger de toutes les superstitions. A ses yeux, le Koran n’est point un livre créé par l’inspiration divine, ou apporté par l’ange Gabriel ; Jésus- Christ , Mohammed et les autres prophètes, ne sont que des sages aimés du Très-Haut; c'est à Dieu seul que doit s'adre»ser la prière.

Voici quels sont les principaux dogmes des wahabis :

Prier cinq fois le jour ; jeûner le mois de ramadan.

]\'e point faire usage de boissons spiritueuses.

Ne point tolérer les prostituées.

Prouiber les jeux de hasard et la magie.

Donner en aumônes la centième partie de son bien.

Punir sévèrement les pédérastes et les faux témoins.

Kmpêchcr l'usure.

Faire nu moins une fois le pèlerinage de la Mekke.

Ne point fumer de tabac et de touinbak , cet usage étant une chose futile et de pure vanité.

Ne point permettre que les hommes se vêtissent d’étoffes de soie : l’or et la parure n’appartiennent qu’aux femmes, dont ils relevent la beauté.

Ne point élever de dômes et de mausolées. Abattre ceux qui existent; cette pompe favorisant l'idolâtrie.

Cette secte, dont la doctrine semble si sage, coûta des ûots de sang à l’empire ottoman. Le fanatisme le plus féroce animait les wahabys ; ils attaquaient , ils égorgeaient sans pitié les musulmans qui refusaient d’admettre leur réforme, et brisaient les chapelles sépulcrales élevées en l’honneur des cheiks et des imans réputés saints parmi les croyants. Leur nombre étant devenu considérable, ils s’emparèrent d’une partie de la Mésopotamie , prirent Médine , la Mekke et Djedda, pillant et rançonnant les caravanes qui apportaient à la ville sainte les dons précieux des pieux musulmans, leur puissance s’accrut si rapidement, qu’ils menacèrent un instant de changer la face du monde oriental.

Ce fut alors que le pacha d’Égypte , Méhéniet-Aly , fut chargé par là Sublime-Porte de leur faire une guerre d’extermination. T.a lutte fut longue et opiniâtre; mais les troupes égyptiennes, mieux disciplinées et nourvnes d’artillerie, devaient inévitablement triompher.

Les xvahabys, vaincus, furent refoules dans leurs déserls , et le 17 décembre 1818 Abd-Allah-F.bn-Sououd, leur dernier chef , futdécapité .i Constantinople, sur la place de .Sainte-Sophie.

Dès les premiers temps de l’islamisme, plusieurs des nouveaux convertis se vouèrent à une vie austère, solitaire et contemplative. Ces religieux furent désignés sous le nom de so/ys ou de faquin; plus tard, lorsqu’ils se furent constitués en communauté, ou leur donna le nom de dereis ou derrkiies.

Aujourd'hui on en compte dans IVnipire ottoman trente-deux ordres prindpaux, ayant leurs réglés, leurs staluls. leurs pratiques et leur.s costumes particuliers. Tous habitent des couvents,

■ EGYPTE MODERNE. 127

que les fldèles enricliisseat de leurs bienfaits ; les mieux dotés aident les autres.

Dépravés par le fanatisme, et queluefois excites par l'ambition et le désir e se faire une grande réputation de sainteté, quelques-uns se livrent à des actes étranges, bizarres, puérils, incompréhensibles; les uns, tenant entre leurs dents on fer. rouge ou un charbon ardent, tournent sur leurs talons avec une effrayante rapidité. Les autres s'agitent dans d'horribles convulsions , on s’enfoncent dans les oreilles ou dans d'autres parties du corps des instruments acérés, jusqu'à ce qu'ils succombent sous la fatigue et la douleur D’au-

tres pratiquent des jeilnes interminables, pendant lesquels ils restent debout en prières sans remuer aucun de leurs membres.

Les derviches aiment à suivre les expéditions militaires; ils animent le soldat par des invocations et des allocutions . fanatiques; quelquefois même ils s'élancent dans la niêlee, et contribuent de leur valeur personnelle à la défense de l'étendard de Mohammed.

Ces moines sont en grande vénération auprès des musulmans, etbeaucoupd'entre eux profltent de l'autorité attribuée à leur caractère pour exploiter la ^crédulité de gens ignorants et superstitieux, soit en interprétant les songes , soit en vendant des remèdes et des talismans; beaucoup aussi ont des mœurs dissolues, et couvrent du manteau de la sainteté les plus honteuses débauchés.

Le supérieur général de tous les ordres de derviches établis en Egypte est un descendant en ligne directe' du premier calife Abou-Bekr; cet éniiuent personnage, regardé comme le représentant de son illustre ancêtre, porte le titre de Esh-Cheik-èl-liekri. Omar, le second des califes, a aussi son représentant parmi les cheiks des derviches; c'est le chef des Enaniyeh ou Owlad- Enan. Osman, n'ayant point eu de postérité, n’a pas de représentant. Aly est représenté par le cheik-ea-nadat , ou cheik des seijyids on chéri fs. titre moins important que celui de mackib des chétif s , qui est aussi l'apanage du successeur d’Abou-Rekr. Chacun de ces trois cheiks est appelé /e possesseur du

sedjadeh du prince son aïeul , de même qu’on appelle le cheik d’un ordre te possesseur du sedjadeh du fondateur de l'ordre (Sahkeb sedjadeh). Le sedjadeh est le trône de la grandeur spirituelle.

Il y a quatre grands ordres de derviches en Egypte.

Les rifadiyeh ont des bannières et des turbans noirs; quelquefois les turbans sont en étoffe de laine bleu foncé, ou en mousseline d’un vert très-sombre. Les traditions populaires attribuent à ces derviches une foule d'actions merveilleuses, qui leur ont conquis une grande célébrité; ils se subdivisent en plusieurs ordres : les <fvxtniyeh Jouissent du privilège de s'enfoncer des pointes de fer dans les yeux ou dans toute autre partie du corps sans éprouver aucune douleur; ils se passent des épées au travers du corps , et criblent leurs joues d'aiguilles sans u’on puisse voir ensuite aucune trace e blessures. Ils portent aussi de grosses pierres sur leur poitrine, et accomplissent encore beaucoup d’autres miracles.

L,ts saadiyeh , autre subdivision des n- Jadyeh, ont pour insignes des bannières vertes et des turbans verts ou bleu sombre, comme la presque totalité de l'ordre auquel ils se rattachent. Ceux-ci ont le don de manier les serpents venimeux sans danger, et quelques-uns même s'en nourrissent. Le cheik des saadiyeh a la prérogative d’être l'acteur principal dans une cérémonie fort étrange, qu’on appelle le doleh, et qui se pratique dans les grandes occasions , comme à la fête de la naissance du prophète. Il monte à cheval , et galope sur le corps de ses derviches, et même sur celui d'autres personnes qui viennent, par pieté, se jeter sous les pieds du cheval, et qui n’en reçoivent jamais aucun dommage.

Le second ordre est celui des ckadiriyeA; leurs bannières et leurs turbans sont blancs. La plupart de ces derviches sont pécheurs, et dans leurs proce.ssions religieuses ils portent, sur de longues >erches,des blets verts, rouges , jaunes, lianes, etc

Le troisième ordre, celui des ahkmcdiyeh, est très - nombreux et fort respecté; les bannières et les turbans de ses membres sont rouges. 11 se sub-

L’UNIVKIIS.

divise en beipoumiyeh, shaaratveijeh, shinawhjeh , etc., etc. Ces derniers ont coutume de faire jouer à un âne un sinulierrôledans les cérémonies de la fête e leur patron : l'ûne entre seul dans la mosquée , et s'en va droit à la tombe du saint, où ils'arréte; alorsia foulese presse autour de lui , et chacun lui enlève un peu de poil qui acquiert la vertu d'un talisman; la pauvre bête reste immobile et se laisse épiler jusqu’à ce que sa peau soit devenue nue comme la paume de la main. Une autre subdivision desa/iAme- , diyeh se compose de jeunes hommes u’on nomme owlad-noo/i/i-, ils portent e grands chapeaux , turtours, surmontés d'une tuutfe de morceaux de drap de diverses couleurs, des épées de bois, et une niasse de chapelets; ils tiennent à la main un fouet fait d'une épaisse tresse de cordes et qu’on a\>\k\\6 Jirckilled.

EnGn, le quatrième ordre, les basahiineh ou bourhamiyek , porte des bannières et des turbans verts, il y a encore beaucoup d’autres classes de derviches; mais elles rentrent presque toutes dans l’une ou l’autre des catégories de ces quatre ordres.

Il est impossible de faire connaître toutes les réglés et les pratiques de ces diverses communautés, d'autant plus que beaucoup de leurs statuts, comme ceux des francs-maqons, ne sont pas révélés à tous les inities. La réception d'un derviche se fait a peu près de la manière suivante dans tous les ordres :

Le candidatou moored s'assied à terre en face du cheik , assis également sur le sol; ils entrelacent leurs mains droites, qui sont recouvertes par lu manche de la robe du cheik, et le moored récite les formules de l'admission ratifiée par le supérieur. Voici quelles sont ces formules : • Je demande pardon à Dieu le Grand ( /ois) , le seul Dieu, le Dieu vivant, éternel; je reviens à lui plein de repentir , et lui demande sa grâce, son pardon, et l’exemption des peines de l'enfer. « Le cheik dit alors : « Viens - tu a Dieu plein de repentir? » Le moored répond: « Je reviens à Dieu plein de repentir ; je me jette dans le sein de Dieu , j’éprouve un violent chagrin de mes fautes passées , et je suis résolu à n’y plus retomber. » Il dit ensuite, après le cheik : <> Je

demande la faveur de Dieu le Grand et du noble prophète; et je prends pour cheik et pout guide auprès de Dieu, mon maître.... » (Suivent lès noms et qualités du chef de l’ordre dans lequel on entre. ) « Je-iie veux ni changement, ni séparation; que Dieu le Grand soit notre témoin ! » Ce serment est répété trois fois ; puis l’adepte dit également à trois reprises : k U n'y a pas d’autre Dieu qu’Allah. »* Ensuite le cheik et le moored récitent ensemble le fatihat, et le nouveau derviche termine la cérémonie en baisant la main de son supérieur.

Les exercices religieux des derviches consistent principalement dans la récit.ntioo des zikrs. Assis ou debout , ils se placent les uns auprès des autres de façon à former un cercle ou un ovale , ou bien sur deux Gles disposées face à face, et chantent ou crient : La ilaha illallah! ou toute autre invocation, jusqu’à ce que leurs forces soient épuisées; ils accompagnent leur chant ou leur cri de mouvements de la tête , du corps , ou des membres. L’habitude de ces exercices fatigants leur permet de les continuer pendant un temps beaucoup plus long qu'on ne pourrait se l’imagiuer; souvent leur chant est soutenu par des musiciens qui jouent d’une sorte de Gilte nommée nay, ou d’une espèce de musette appelée arghoot, et par des dévots qui entonnent des hymnes religieux. Quelques derviches jouent eux-mêmes d'un petit tambour (oaa) ou du tambourin; enGn quelques-uns dansent en vociférant leurs zikrs.

Parmi les rites des derviches , il y en a qui sont d’un usage commun à tous les ordres, et d’autres qui sont particuliers à une classe de ces religieux. Au nombre des rites spéciaux on doit citer ceux des kha/wetis et ceux des shazilis , qui diffèrent entre eux par la Gxation du moment de la prière du matin.

La prière des khalwetis se dit avant l’aurore et s’appelle wird-sa/iar ; celle des shazilis se fait après le point du jour et s’appelle hhezb-esh-shazUi ; en outre, les khalwetis pratiquent des réclusions temporaires, d’où est venu leur nom (.klialweh, cellule)-, il arrive souvent qu’un khalweti se conGne solitairement dans une cellule, et y reste

f.CYPTK MODERNE.

pendant quarante jours et quarante nuits, jeûnant depuis le lever jusqu’au coucher du soleil durant tout ce temps. Quelquefois un certain nombre de ces derviches vient se renfermer dans les cellules de la mosquée du cheik Eddimurdashi, et y reste trois jours et trois nuits à l’occasion de la fête de ce saint; pendant ce temps ils mangent seulement un peu de riz le soir et boivent une coupe de sorbet; ils passent leur temps à répéter des prières inconnues au\ profanes, et ne quittent leurs cellules que pour se réunir au.x fidèles aux heures des cinq prières quotidiennes. Si quelqu’un prend la liberté de leur parler, ils se bornent à répondre : « Il n'y a pas d’autre Dieu qu^Allah. ■>

Presque tous les derviches de l’Égypte sont négociants, artisans ou agriculteurs, et assistent seulement aux cérémonies de leurs ordres respectifs; néanmoins , il y en a qui n’ont d’autre fonction que d’accompiir des zikrs dans les fêtes religieuses, ou de chanter dans les processions funèbres ; ceux-là sont appelés foockura, ou fackirs, nom donné aux pauvres en général , et spécialement aux pauvres religieux. Quelques-uns vivent en vendantde l’eau aux paysans, et à ceux qui viennent pour assister aux solennités du culte. Outre les derviches qui font métier de charmer les serpents, il yen a d’autres qui mènent une vie errante, et voyagent en Égypte pour expioiter une superstition ridicule dont nous allons citer un exemple. Un saint fort honoré, appelé Si- Daoud-el-Azab , qui vivait à Telahineh , village de la Basse-Égypte, avait un veau, qui le suivait partout, lui portait son eau , etc. Depuis la mort de ce religieux , les derviches de son ordre achètent des veaux dans le village de Tefahiueh, et leur apprennent à monter des escaliers, à se coucher au commandement. Quant il est dressé, ils parcourent le pays avec leur élève, et vivent des aumônes que l'animal sacré leur procure auprès des musulmans superstitieux. Ce veau, qu'on nomme egf-ef-.-fcafti le veau d’el Azab), est ordinairement garni de deux grosses sonnettes, dont l'une est suspendue à son cou par un collier, l’autre attachée à son corps par une ceinture. Eegl-el-dzab doit attirer la

9""* Livraison. (Éovpte MODEnNE.

bénédiction de Sl-Daoud-elrJzab sur les maisons où il est appelé.

Il y a aussi en Egypte une grande quantité de derviches errants, qui sont Perses ou Turcs; ils sont beaucoup plus importuns que les Égyptiens qui mènent la même vie. Pendant la prière du vendredi, on voit de ces religieux entrer dans la mosquée de Hhasaneyn, la plus fréquentée par les musulnians étrangers; et quand l’iman récite le premier khootbeh,iis passent entre les rangs des fidèles, et leur mettent sous les yeux une petite bande de papier sur laquelle se trouve quelque sentence du Koran; par exemple; « Celui qui fait l’aumône sera pourvu. • D’autres inscrivent sur leur supplique cette phrase, plus explicite : « Le pauvre derviche demande une aumône; » ou toute autre formule analogue. A l’aide de cette pratique ils ramassent souvent dans la mosquée une somme assez considérable. Les derviches perses demandent l’aumône en présentant une espèce de tasse de métal , ou une sebille de bois ou une noix de coco ; ils mettent aussi leur nourriture dans ce vase, auprès duquel figure généralement une cuiller de bois. Us sont vêtus de costumes variés; mais on ies distingue surtout des Égyptiens par la coiffure, qui est le plus souvent un chapeau de feutre en forme de pain de sucre ; le reste de leur habillement se compose d’une veste avec de larges pantalons, ou bien d’une sorte de tunique attachée par une ceinture et recouverte d'une iongue robe ou d’un manteau d'étoffe grossière. Les Turcs sont encore plus hardis que leurs confrères : ils s'insinuent partout, et, grâce à leur saint caractère, le succès couronne presque toujours leurs demandes.

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