CHAPITRE IV
ABMÉB DE TEBBE. — UABIMB.
inthoductios de lu txctiqüe europSesse.
— ISFARTERIE. — CAVALERIE. — ARTIL- LERIE. — AR8E.VAIIX. — éCOLES. — ÉTA- BLISSEMENTS MILITAIRES. — COSTUMES DU NIXAM. — armement. — SOLDE ET TAIM.
— ADMINISTRATION DE L'aRMÉE. — MODE DE RECRUTEMENT. — ÉtAT MORAL DU NIZ VM. — TVBI.EVU DES fORCES DE l’armée
RteULltoC, BZS TSODPËS IRBÉCULlèRES ET
DE LA CARDE RATIOHALE. — HABIHE. —
ARSENAL DR LA aARniE. — ÉCOLE NA- VALE. — TABLEAD DE LA MAR0C.
A sa première campagne Méb^et- Ali fut rais en présence de troupes organisées d’après un système dont 1m Orientaux n’avaient aucune idée. A la vue de ces beaux régiments, dociles comme un seul homme , agissant avec un ensemble qui décuplait leur force , son esprit, naturellement observateur, fut saisi d’une admiration profonde, et ce sentiment s’enracina de jour en jour par l'expérience fâcheuse qu’il fit des desordres et de l'impuissanee d’une horde indisciplinée. Il comprit bientôt que le seul moyen de repousser les attaques de ses ennemis, et d’établir un ordre durable, était la création d’une armée régulière.
Avant rétablissement de l’autorité de Méhémet-Ali, l’Égypte avait été en proie à l'anarchie. Une milice turque et albanaise faisait peser sur les habitants un joug de fer. Souvent, exaspérées par les violences de cette soldatesque sans frein, les populations se révoltaient, pour être comprimées un instant et se révolter de nouveau , avec aussi peu de succès. D’ailleurs, la puissance militaire elle-même était un foyer de discordes. Des rivalités, des intrigues , des luttes, des guerres iotestinM, absorbaient la plus grande part de l’activité des chefs, et ne laissaient entre les mains du gouvernement qu'un effectif très-variable.
Abandonné à ses propres ressources, le pacha n’aurait pu accomplir les grands projets qu’il avait conçus. Il lui fallait avoir recours à la science des Européens ; il appela auprès de lui des officiers français et italiens, oui enseignèrent à ses sujets la discipline militaire, le maniement des armes, les manoeuvres et les évolutions. On dut ensuite pourvoir à la formation d'un corps d’officiers, fonder des écoles où les jeunes gens pussent puiser toutes les connaissances théoriques nécessaires. A mesure que l’armée régulière grossissait, on fut obligé de construire (les casernes ; et successivement la nécessité fit créer des manufactures d’ar-
mes, et des fabriques pour subvenir à l’habillement et a l’âiuipement des troupes. C’est ainsi que des travaux considérables furent exécutés en peu de temps. Mais, il faut le dire, ce fut souvent avec plus d’ardeur que d’intelligence. L’impatience du pacha lui Ht quelquefois tenter des entreprises chimériques, impossibles; maint projet sans consistance reçut un commencement d’exécution avant d’avoir été étudié suffisamment.
Ainsi, en ]830, le pacha ordonna la construction de vingt-cinq salpétrières; elles devaient être elevées dans le Saïd , sur les monticules formés par les ruines dM villes anciennes. Pour bâtir ces fabriquM on démolit les temples antiquM d’alentour : quatre à Karnack , un à Erment, un à Denderah, un à Edfou.
En 1838 les constructions étaient achevées ; ce fut alors seulement qu’on s’avisa de faire l’essai des terres, et on reconnut qu’elles n’étaient pas propres à donner du salpêtre.
C’est ainsi qu’en 1840 Méhémet-Ali, préoccupé des préparatifs d’une défense désespérée, envoya aux moudirs, entre autres ordres, celui de faire planter des saules destiné à procurer le charbon nécessaire à la fabrication de la poudre. Le firman fixait impérieusement le nombre de saules que les sujets du pacha devaient cultiver sans retard; la seule province d’Esnée était taxée à 50,000 arbres, et l’arrondissement de Thèbes à 7,000; or, tout le Moudirié à cette époque comptait trois saules seu lement ,
ui se trouvaient placés dans le jardin
U consul de France à Luxor!
Sans aucun doute la nécessité d’organiser rapidement une armée fit entreprendre simultanément de mnds travaux, et donna subitement à l’Egypte une apparence d’activité et d’industrie; la face du pays fut changée en quelques années : mais que de pertes de temps et d’argent on se serait épargnées avec quelques études préalables!
Comme nous l’avons dit , ce furent dei officiers européens, surtout des Français et des Italiens, gui firent l'éducation de la nouvelle milice ( Nizam- Djeddyd ) , et qui formèrent les divers établissements nécessaires à la nouvelle organisation militaire. On ne lira pas
fiGYPTE MODERNE.
tSI
sans intérêt, sans doiitp, quriqiifs détails sur les principaux de ces oflimers , et sur les difGcultés qu'ils rencontrèrent en Egypte. Parmi ceux qui ont rendu au vice-roi les services les plus signalés, on doit en première ligne nommer M. ^ve (et non Selves), ancien aide de camp des maréchaux Key et Groucby, plus connu aujourd’hui sous le nom de Soliman- Pacha. Mé à Lyon en 1787, entré à douze ans dans rartillerie de marine, il quitta ce corps en 1807, et s’enrôla dans Ie3‘ r^imentde hussards; il fut nommé sous-lieutenant en 1813 , et passa lieutenant, puis capitaine en 1814. M’ayant pas été confirmé dans ce grade de capitaine parla restauration, il donna sa oémission, et vint en 1816 chercher fon* tune en Égypte, où ses talents incontestables , mis en lumière et secondés par les circonstances, l’ont élevé au poste qu’il occupe. Après la conquête de la Syrie, il fut nommé pacha et général de division (mai 1834); ses appointements furent portés à 35 bourses par mois (4,375 francs). Mébéinet-Ali, n’osant ouvertement élever un renégat à cette dignité , fit savoir au conseil de la guerre qu’il voulait nommer pacha celui de ses généraux qui lui avait rendu les plus grands services. Soliman réunit toutes les voix du divan, qui ne s’était pas mépris sur le candidat tacitement présenté par Mchémet-Ali.
Apres b tentative de 1815, mentionnée dans le 1" chapitre, et la révolte qu’elle causa, et qui fut une des péripéties les plus redoutables de la vie de Méhéinet-Ali, ce prince n’osa donner suite à ses projets de réforme qu’avec les plus grandes précautions. En 1816 il choisit cinq cents hommes d’elite parmi ses mameluks, et confia à M. Sève le soin de les former au maniement des armes et à la discipline européenne.
Une ca>erne spacieuse, construite avec les matériaux des templesd’Eléphantine, s’éleva rapidement à Assouan, près de la première cataracte, et reçut le faible détachement sur lequel reposaient de si grandes espérances.
M. Sève avait bien compris l’importance extrême du rôle qu’il avait à remplir; s’il réussissait, les préjuges du pays étaient détruits en grande partie, l’opposition contre les changements
aux coutumes invétérées était vaincue sans retour, et l’armée nouvelle avait un noyau; s’il échouait, le dessein de Méhémet-Ali était compromis pour longtemps, et son pouvoir même pouvait s'en ressentir. Mais, quoique l’habile officier edt bien prévu les difficultés de toutes sortes, et qu’il se fût armé de fermeté et de patience, il était loin de prévoir quelles haines sou entreprise allait soulever parmi ses élèves. Il lui fallait initier aux connaissances militaires une race ignorante, paresseuse, et pleine de vanité. Il vit bientôt que pour dompter la mollesse, l’apathie, les répugnances opiniâtres de ses soldats, il fallait être sans cesse sur le qui-vive , et déployer autint de bravoure et de vigueur que de persévérance et d’adresse. C’était pour ces jeunes musulmans, avides de jeux et de plaisirs, un véritable supplice de garder pendant les manœuvres un silence absolu, d’obéir à une règle inflexible; il leur semblait surtout odieux d’être soumis aux ordres d'un infidèle, d'un chien de chrétien. Aussi employèrentils tous les moyens pour dégoûter leur clief; ils allèrent même jusqu'à tramer des complots contre sa vie. Un jour, pendant l’exercice à feu , Sève entendit une balle siffler à son oreille : • Vous êtes desmaladroitsi « leur cria-t-il; visez mieux. » Et de nouveau il commanda le feu. Ce trait de courage.et de sangfroid imposa aux mécontents ; et comme il eut le tact, ou la générosité, de ne pas faire rechercher les coupables , on lui sut gré de sa clémence; et il ne fut plus question ni de révoltes ni de complots. Il ne négligeait rien d’ailleurs pour se concilier l’affection de ses subordonnés; il partageait leurs jeux et leurs exercices, et y excella bientôt luimême. Enfin, son dévouement intelligent fut récompensé; il vit unesalutaireémulation s’éveiller dans l’école ; et au bout de trois ans il put annoncer au pacha ue l’instruction du bataillon modèle tait terminée. Dans le courant de cette période de temps on avait successivement envoyé à Assouan d’autres détachements de mameliichs , donnés par les hauts fonctionnaires et les courtisans du pacha. Ce n’était donc plus cinq cents, mais mille jeunes gens instruits
qui sortnient de l’école pour former les premiers ca(ire.s des régiments de la nouvelle armée. Quant aux soldats, il eût été téméraire de les prendre parmi les Turcs et les Albanais; et, d'autre part, les indigènes n’offrant aucune garantie de bonne volonté et d’intelligence , on préféra faire venir du Kordofan et du Sennaar trente mille nègres, qui complétèrent l’effectif des six premiers régiments. Ces malheureux, changés de climat et de régime, peu propres aux fatigues de la guerre, et fort maltraités à cause de leur inaptitude, furent attaqués par toutes sortes de maux, et périrent en masse. Il essaya alors de recruter l'armée parmi les Arabes; tentative hardie, devant laquelle le pacha reculait le plus possible, et qui ne réussit qu’à force d'énergie, de ténacité, et même de rigueurs , au milieu des perpétuelles rébellions d’une nation protomiement irritée.
Pour achever ce qui concerne l’infanterie, il nous reste à parler de deux antres personnages , dont les soins concoururent O perfectionner l’œuvre si bien fondée par M. Sève. L’un est le lieutenant général Boyer , qui, sur la demande du pacha, quitta Paris, et débarqua en Egypte à la lin de 1834. Il alla aussitdt rejoindre le Nizara, campé pour le moment à Kanka. Les officiers qu'il avait sous ses ordres étaient le colonel Gaudin, M. A Tarlë, chef d'état-major, et deux aides de camp. A peine était-il installé dans ses fonctions, que les intrigues s’agitaient autour du lieutenant général. Celui-ci, fatigué par les manœuvres ténébreuses dont on l’enveloppait, envoya sa démission au pacha, en lui détaillant les motifs de cette détermination. On tenta vainement de le retenir : en août 183Ü il était de retour en France. Le peu de temps que le général pas.sa au milieu de l’armée égyptienne fut marqué par de véritables progrès dans la discipline et dans l’administration. Les troupes étaient alors aussi instruites qu’aujourd’hui , mieux tenues, et payées avec plus de régularité.
Après le départ de M. Boyer, le colonel Gaudin devint instructeur en chef de l’armée. Le temps qui ne se passait pas en inspections nuériles était employé à extraire de divers ouvrages des
leçons de tactique élémentaire pour les instructeurs inférieurs. Malheureusement M. Gaudin ne sutni se faire aimer des soldats, ni se faire respecter des officiers subalternes; et il dut bientôt quitter TÉgypte.
Il y avait longtemps que l’infanterie avait reçu sa nouvelle forme, lorsqu’on songea à établir aussi un corps de cavalerie régulière. Le pacha n'avait pas
fiensé qu’il y eût avantage à appliquer a tactique européenne aux mouvements de la cavalerie. Ce fut Ibrahim-Pacha ui accomplit la réforme de cette partie e l’armée. A son retour de l’expédition de Morée, où la supériorité des manœuvres européennes lui avait été révélée, il s’occupa activement d’introduire parmi les troupes à cheval des changements analogues à ceux de l’infanterie.
Aidé par les conseils expérimentés de M. Paulin de Tarlet, il se mit à l’œuvre sur-le-champ. On fit venir des instructeurs français ; et des régiments de chasseurs, de dragons, de cuirassiers, etc., furent promptement organisés. Méhémet-Ali subvint d'abord aux dépenses de la monture en exigeant que tous les hauts fonctionnaires lui fournissent des chevaux. Mais, au bout de quelque temps , cette ressource étant épuisée , les chevaux furent pris partout où l’on en trouva; et les cavaliers eurent dans leurs rangs, pêle-mêle, des chevaux grecs, dongolahs, syriens, égyptiens.
Après la fameuse épizootie de 1843 et 1843, les chevaux vinrent à manquer en Égypte pour les travaux de la terre, et on lut obligé de prendre ceux de la cavalerie; plusieurs régiments se trouvèrent ainsi démontés ; et depuis ce moment ils sont restés à pied, tout en conservant leur uniforme et leurs armes spéciales.
L’armée avait été élevée par des instructeurs étrangers. Méhémet-Ali voulut qu’elle se perpétuât par l’action de ses propres membres; et il fonda des écoles spéciales pour l’infanterie et pour la cavalerie. La première est à Damiette; elle reçoit quatre cents élèves. On y enseigne l'arabe, le turc, le persan, la comptabilité militaire, l’exercice et la tactique. En sortant de cette école les jeunes gens entrent dans les corps en qualité d'officiers ou de sous-otllciers.
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Un réfugié piémontais , M. Bolognino, dirige rétablissement.
L’école de cavalerie a été formée en 1830; elle occupe l'ancien palais de Mourad-Bey, à Giseh, près des Pyramides. Trois cent soixante jeunes gens y apprennent l’exercice à pied et les manœuvres de la cavalerie, l’escrime, le dessin, et la comptabilité. Elle est dirigée par un officier français, M. Varin, chef d’escadron , ancien aide de camp du maréchal de Gouvion-Saint-Cyr. La précision des manœuvres, la régularité du service intérieur, et l’extrême propreté de ce petit escadron excitent l’admiration de tous ceux qui visitent l'établissement. Les élèves de M. Varin ont été les premiers à porter le pantalon à sous-pieus et les bottes de la cavalerie européenne.
L’artillerie éveilla également la sollicitude de Méhémet-Ali. Un ancien officier de la Jeune garde, M. Gonthard du Veneur, fut nommé instructeur.
Cet homme distingué inventa un système d’artillerie applicable à l’Égypte, où le sol sablonneux gêne les évolutions de l’artillerie ordinaire; mais les intrigues de ses compatriotes empêchèrent M. du Veneur de faire adopter cet utile projet. Il mourut abreuvé de dégoût et de chagrins.
Une école d’artillerie a été établie à Torrah ; on y reçoit de trois à quatre cents jeunes gens. En 1825, un colonel d’artillerie, M. Rey, arriva d’Europe avec des modèles de tous les calibres et de tous les genres de bouches à feu , quatre pièces de campagne, quatre caissons et une forge. C’était un cadeau du roi de France à Méhéinel-Ali. Le colonel, à la prière du pacha, visita l’arsenal égyptien, et lit sur cet établissement un rapport dans lequel il exposait dans le plus grand détail les abus et les désordres à réprimer, et les améliorations à introduire. A cette époque, l’arsenal n’avait plus d’ouvriers européens; le directeur, homme ignorant et présomptueux, comme le sont en général les Turcs, les avait tous congédiés avant qu’ils eussent formé des élèves en état d’exécuter des travaux de précision.
M. Rey visita ensuite la manufacture d'armes. C’était l’œuvre d’un Francis, M. Guillemain, ancien contrôleur ne la
fabrique d’armes de Versailles, homme instruit et plein d’intelligence. Malheureusement il n'était pas resté assez longtemps à la tête de sa création. La manufacture, presque abandonnée à elle-même, allait de mal en pis, lorsque la direction éclairée du colonel Rey vint la relever. Depuis ce moment les deux établissements ont prospéré, et il en est sorti un bon matériel de guerre fait sur les modèles français.
L’école d’état-major fut fondée en 1824 par M. J. Planat; dirigée d’abord par des professeurs français , elle semblait devoir donner de bons* officiers à l’armée; mais les chefs de l’école, qui n’avaient pu acquérir que des connaissances superâcielles , craignaient d’être surpassés par des élèves, s’attachèrent à entraver le développement de l’instruction.
L’école contenait environ deux cents eunes hommes. C’étaient des mameuks ou des Turcs envoyés de Constantinople. Quelques Arabes y furent admis par grâce spéciale; mais ils n’y obtinrent jamais le moindre grade ( les Turcs entraient dans l’école avec le grade de lieutenant), et on défendait même aux professeurs de les porter sur les cadres de l’examen. Cette école fut plus tard réorganisée par les soinsd’Ibrahim- Pacha.
L’uniforme des ofDciers du Nizam est en drap ponceau bleu de ciel ; il consiste en une veste ou justaucorps appelé entéri, et un pantalon très-large de la ceinture au jaret, et collant comme une guêtre sur la jambe jusqu’à la cheville. Une ceinture de soie, rayée d'or* sert à joindre les deux parties de ce costume. Le tarbouche est la coiffure de l’officier comme celle du soldat; les officiers sont chaussés de pantoufles rouges. L’ensemble de cet uniforme ne manque pas d’élégance.
Les grades sont indiqués par des broderies d’or et par dep décorations d’arent, d’or et de diamants, en forme ’étoiles ou de croissants ^’on applique sur la poitrine.
Les sous-officiers sont habillés aussi de drap ; leurs insignes sont des ornements d’or faux, lies soldats sont vêtus de serge rouge l’hiver, et de toile blanche l’été. Leur ceinture est de cuir
rouge; ilg n’ont point de broderies ni d’ornements . mais seulement des parements et des liserés d'une couleur tranchante.
L'équipement de l'infanterie se complète par un havresac de peau noire , attaché à la manière de celui des soldats français , et sur lequel est roulée une capote à capuchon. En marche , le soldat porte une bouteille de cuir suspendue en bandoulière.
La cavalerie est vêtue d'un entéri bleu , qui est de drap pour les officiers et les sous-officiers , et de serge pour les soldats; mais au lieu d’étre fermée par une simple rangée de boutons, comme pour l'infanterie, cette veste se joint sur la poitrine par des brandebourgs, dont l’étoffe varie selon les
f;rades. Pendant les premières années de eur organisation les cavaliers avaient aussi un pantalon de la même forme et de la même couleur que celui de l'infanterie ; et quand il s'agissait de monter à cheval ils se contentaient de mettre
Ïtar-dessus la partie étroite du pantaon de larges bottes molles à l'orientale; depuis quelque temps ce costume a été légèrement modifie : la cavalerie a adopte le pantalon européen et les bottes comme l’avaient déjà fait les élèves de l'école de Giseh; les régiments reçoivent successivement le nouvel uniforme, au fureté mesure des vêtements usés. Le tarbouche est resté la coiffure générale. Ibrahim-Pacba avait fait faire des casques et des cuirasses pour un régiment de cuirassiers ; le casque était le timbre sarrasin , célèbre comme la coiffure de guerre portée de temps immémorial par les mameluks. Bien
que ce casque filt beaucoup moins lourd que celui des cuirassiers français , les soldats orientaux ne purent s'accoutumer à son poids et à la gêne qui en résultait; au bout de auelques revues, le généralissime se vit aans la nécessité de reléguer dans l'arsenal les cuirasses et les casques du régiment modèle.
Le gouvernement égyptien donne annuellement au soldat :
3 costumes complets,
2 tarbouches,
4 paires de souliers,
3 chemises,
2 caleçons,
1 capote.
L’arme principale de l’infanterie est le fusil français de 1791; cependant quelques corpsontdes fusils anglais, qui, comme on le sait, diffèrent des nôtres en ce qu'ils n’ont point de capucines; les troupes à pied ont aussi le petit sabre appelé briquet. Les officiers portent le sabre courbe des orientaux. Les armes de la cavalerie sont celles des différents corps européens auxquels correspondent les corps de l’armée égyptienne; ainsi la cavalerie légère a un grand sabre recourbé, et la grosse cavalerie un sabre droit et la carabine.
Il ne faut point s’attendre à voir dans chacune de ces divisions de l’armée cette propreté qui caractérise un régiment européen : les buffieteries ne sont jamais blanchies , les armes sont mal entretenues , et le soldat a une tenue négligée et un aspect misérable qui prévient peu en sa foveur. Parcompensation, sans doute, les officiers affectent un luxe extravagant. Le tableau ci-joint indique la solde des divers grades.
ÉGYPTE MODERNE