I.ÜYI'ÏK MOÜEUNE
ni indÎRO bl.inc, et qu'il se dissout sous celte forme à la faveur de l’ainmoniaque développée par la fermentation.
Peut-être parmi les agents qui favorisent la conversion de l’indigo bleu en indigo blanc faut-il compter le glucose.
Quoi qu'il en soit, quand tout l’indigo blanc e.st dissous à la faveur de l'ammoniaque , si on ajoute un excès d’eau de cbaux, on détermine la précinitation de la combinaison insoluble de enaux et d’indiço blanc. Celle-ci , en absor'bant l’oxygène, passe peu à peu au bleu.
La chaux devient donc libre, cl se trouve redissoute par l’eau ou convertie en carbonate par l’acide carbonique des eaux de lavage et de l'air.
Les qualités supérieures des indigos d'Égypte sont des surtins et lins violets bleus. Ils sont légers. Cependant la pâte n’en est pas très-fine , et souvent ils contiennent du sable. Les carreaux en sont un peu plus plats que ceux de Bengale.
Il existe aujourd’hui des indigoteries suivant les procédés américains à Cboubrab, dans les provinces de Cliorkyeli et de Kelyoul), à Menouf, à Aciimoun , à Mehallet-el-Kebir, à Birket-el-Kassab, à IMansourah. Il en existe aussi dans la province de Gizeb , au Fayoun et dans quelques cantons du Sayd. Elles appartiennent au gouvernement , qui les fait valoir pour son compte. Dans chacune d’elles, il y a un nazer ou inspecteur, chargé de surveiller les travaux et de payer les ouvriers.
A mesure que l’indigo est confectionné, on l'expédie au Caire où est le dépôt général: ensuite il est vendu a des négociants, qui l’envoient sur différents points d’Asie et d’Kurope. En 18331a récolte s’estélevéeà 77,300okes.
I.a première se vend à soixante-quinze piastres, et la seconde à cinquante; la troisième, dont la couleur est plus terne i|ue les deux autres qualités, trouve à peine des acheteurs au prix de trentecinq piastres. Un sixième de la récolte est réservé aux besoins des fabriques.
Cvlture de la garance ( rubla tinctorum, L. ). La garance est, comme on sait, une matière colorante très-précieuse par la multitude de nuances qu’elle peut fournir quand on combine ses prin-
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cipes colorants divers aux mordants que le teinturier met en usage, et par la solidité remarquable des couleurs qu’elle donne.
Ce n’est guère que depuis une quinzaine d’annees qu’on cultive en Égypte la garance, que l'on tirait autrefois du I.evant et particulièrement de l’Ile de Chypre. Un Grec a enseigné aux fellahs la manière de la cultiver ; elle diffère d£ celle qui est usitée dans quelques départements méridionaux de la France.
La terre destinée aux semis de garance reçoit, après la retraite des eaux, un premier labour; on la laisse reposer Jusqu'au mois de février, puis on lui donne deux autres labours croisés, et l’on fait passer dessus un rouleau attelé d'un neeuf, ou bien on se sert de la houe pour concasser et niveler le sol.
Ensuite un semeur Jette à la volée les graines, qu’il rerouvre de terre en même temps. Cette opération finie, on divise le terrain en carrés, et on y pratique de petites rigoles pour faciliter les arrosements , qui commencent sept Jours après qu’on a semé ; on les continue pendant le même espace de temps, excepté l’hiver. La plante s’élève d’un pied environ. Chaque année, au mois de mars , on la coupe lorsqu’elle se dessèche , pour en extraire la semence. Après quatre ans révolus, on fait dans la terre de profondes excavations pour en arracher les racines, qui sont longues et bien fournies; une bonne terre donne de grosses racines ; une terre médiocre, froide, produit des racines grêles, pauvres en principes colorants.
Lorsque la garance est bien sèche , on la porte au chef-lieu du canton dans le dépôt des produits. Les agents du fisc la font peser, et en donnent reçu au cpitivaleur. Le prix est escompté sur le payement des contributions. Il en est de même de la semence qu’il verse ch.vque année dans les dépôts.
Il faut douze okes de graines pour ensemencer un feddan ; le produit varie de. trente à quarante okes, suivant la (|ualité du sol. La récolte de la garance est toute destinée aux besoins des fabriques ; rien n’est exporté ni vendu dans le pays. En 1833 on a semé dans le Saïd trois cents feddans de garance, et cinq cents dans 1.1 Basse- Égypte.
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Culture du safranon (.carlhamus tinctorlus). Le carthame est indigène en Egypte. Sa fleur l'ournit une belle matière colorante rouge, et sa graine une huile grasse. On le sème après la retraite des eaux. Le semeur le jette à la volée sans que la terre ait reçu aucune préparation, et le recouvre ensuite avec le rateau. Quand la terre est trop sèche on lui donne un labour. Dans ce cas, les semeurs en répandent dans les sillons tracés à la charrue. Cette manière est plus avantageuse, mais moins économique. Le carthame, pendant sa croissance, n’exige aucun soin. La récolte se fait au mois de mars. Chaque matin, au lever, et avant le coucher du soleil , des femmes et des enfants arrachent les fleurs, jusqu’à ce que la plante n’en produise plus. Il y a quelques années , les fellalis mêlaient à ces fleurs de la farine de pois chiche pour colorer le safranon et lui donner plus de poids; mais ils n’osent plus faire ce mélange depuis que le vice-roi s’est emparé de cette branche de commerce.
Après la récolte , on broie les fleurs sur un moulin semblable à celui où l’on écrase le plitre , puis on les presse dans les mains, et on les étend au soleil pour leur donner une couleur plus foncée, avant de les mettre au sac, et de les transporter dans les magasins du gouvernement.
Les lellahs laissent sécher la plante sur pied; ils arrachent ensuite les tiges , dont ils font sortir les graines en les frappant avec de longs hâtons. Un feddan exige un demi-ardeb de semence ; >1 en produit deux et demi, et deux quintaux de safranon , si l'on sème à la volée; en semant dans les sillons sur les traces de la charrue, il donne deux quintaux et demi et trois ardebs de semence. L'huile qu'on en extrait sert à l’usage du peuple. I.«s liges sont employées comme combustible.
C'est principalement dans les provinces de Benisouef , de Gizeh et de Kelyoub que le carthame est le plus cultivé. Cette culture est avantageuse, lorsque les vents de khamsin ne brûlent point les fleurs, ainsi que cela est arrivé eu 1821.
Culture du henné ou tamar-henné (lawsonia inermis). On cultive cet arbrisseau dans les provinces de Charkyeh et do Kélyoub. Avant de le planter , la terre reçoit deux labours ; on enfonce ensuite verticalement, à la distance de trois pieds , des scions taillés et disposés symétriquement. Les arrosements commencent aussitôt; ils se répètent aussi souvent que pour les cannesà sucre. La plantation se tait au mois d’avril ; un an après l'arbrisseau est déjà élevé. On commence à détacherlesfeuilles, quel’on broie après les avoir fait sécher. Lm femmes font de ces feuilles réduites en poudre une pâte dont elles se servent pour teindre en rouge orangé leurs ongles et la paume des mains.
Culture de Fopium. L’opium de la Thébaîde était jadis si renommé, qu’on désigne encore aujourd’hui l’extrait d'opium des oflicines par le nom A'extrait thibalque. Le vice-roi voulut donner un nouvel essor à celte culture , depuis longtemps oubliée. A cet effet, il Qt venir de Smyrne des Arméniens habitués à là culture de l’opium. A près divers essais, qui donnèrent des résuliats satisfaisants, on adopta la méthode suivante.
Vers la fin d’octobre, après la retraite des eaux , on donne deux labours à la terre , qui doit être de bonne qualité, forte et de couleur jaunâtre; ensuite, on dépose dans les sillons tracés par le second labour des graines de pavot mêlées avec une portion de cette même terre pulvérisée. Ce mélange sufQt pour enterrer les graines , et l’on est dispensé de passer la herse. Quinze jours après qu’on a semé , la plante commence à germer ; en s’élevant elle forme une tige de la grosseur d’ub chalumeau ; en deux mois cette tige a atteint sa hauteur naturelle, d’environ quatre pieds; elle est couverte de feuilles larges et ovales dans toute la longueur ; son fruit, d’une couleur verdâtre , a la grosseur d'un petit citron ; il y a des liges qui en portent jusqu'à Quatre , placés à distance; cela dépend de la qualité de la terre. Chaque matin, avant le lever du soleil, un lait de légères incisions ; le fruit jaunit et blanchit en se desséchant.
Quelquefois on sème la graine dans
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ÉGYPTE
des terres qui n’oot pas reçu les eaux du fleuve; on y suppléé par des arrosements avant et apr^ avoir semé ; mais la plante ne vient pas aussi bien; elle a moins de grosseur et d’élévation ; son fruit est maigre, petit, et rend peu de sue. L'opium de la Thébaide est meilleur que celui de l’Asie-Mineure; il obtient sur les marchés de l’Europe un avantage de vingt pour cent. Avec la graine, on fait de l’huile bonne à brûler; ses tiges servent de combustible. En 1833 la récolte de l’opium s'est élevée à 14,500 okes, dont chacune a été vendue 1 10 piastres.
CuUuredu lin. On cultive le lin {llnum usttatissimvm , L.) de deux méthodes différentes : suivant l’une, la terre n’a besoin d’aucune préparation ni avant ni après 1rs semailles. Aussitôt après la retraite des eaux, lorsque le sol est encore fangeux, on y jette la graine.
D’après l’autre méthode, les fellahs labourent le sol en deux sens , puis ils traînent le rouleau pour briser les mottes, ensuite ils le divisent en carrés d'environ huit pieds de largeur sur uinze de longueur. Cette opération nie , ils sèment à la volée. Quelquefois un homme passe avec un rateau pour enterrer les semences; souvent on néglige cette précaution , qui n’influe en rien sur la réussite des procédés de culture : on se contente alors d’arroser une seule fois. La terre ainsi ménagée donne jusqu’à trois quintaux et demi de lin par feddan , et trois ardebs de graines. Lorsqu’un ne donne aucune culture à la terre, le rapport du feddan est de quatre ardebs de graines et de deux quintaux de lin, parce qu’alors les tiges deviennent grosses et ligneuses sans être bien fournies de Qlasse. Dans ces deux cas, le feddan n’exige qu’un tiers d’ardeb de semences.
Quand le germe s’est développé et ue la végétation commence à produire es brins, on couvre le champ de terre alcaline, comme pour le doura indigène ; ensuite on arrose à mesure que la terre commence à sécher, pendant la croissance des tiges et jusqu’à leur maturité, qu’elles atteignent au mois de mars; alors les fellahs arrachent les tiges, et les étendent pour les faire
sécher, en ayant soin de les remuer souvent. Quand la dessiccation est faite, ils les lienten petites gerbes, qu’ils transportent dans un endroit près du village pour en extraire les grhines.
Dans la Basse-I^pte, cette opération se (ait en froissant les sommités des tiges. Dans le Saîd, un homme tient dans ses mains un paquet de plantes, dont il frappe l’extrémité sur un vase de terre placé devant lui ; il a soin de s’environner de gerbes pour empêcher les capsules de jaillir de tous côtés.
Après le battage , le même homme ramasse toutes les capsules , et les passe dans une espèce de moulin, semblable à celui dont on se sert pour conc.asser les fèves : ce sont deux petites meules placées l’une sur l'autre; celle qui est dessus tourne par le moyen d’un manche qui lui est adapté , et que l’ouvrier tient à la main en lui donnant le mouvement de rotation; une ouverture pratiquée dans le milieu reçoit les capsules qui, tombant sous la presse, se trouvent assez froissées pour détacher les graines de leurs balles, et pas assez pour les écraser, ce qui arriverait si le poids supérieur n’était pas en terre durcie au soleil , pour être plus léger. L’opération Gnie , on lie en bottes bien serrées les tiges dégarnies de leurs graines, on les expose de nouveau à la rosée et au soleil , et quand elles sont bien sèches, on les porte dans des mares ou dans des canaux où l’eau se conserve une partie de l’année. Là, elles sont placées verticalement les unes à côté des autres ; ou les charge de pierres pour qu’elles ne surnagent pas. On les laisse dans cet état jusqu’à ce que le lin soit bien roui. La submersion est ordinairement de vingt-cinq jours. On retire les tiges , et on les expose au soleil pour les faire sécher. Lorsque la dessiccation est bien faite, on les brise en les frappant sur la pierre avec un bâton raccourci; puis on secoue le lin, que l’on bat avec une espèce de palette pour le dégager des fragments de tiges ooiit il est mêlé. Il n'a besoin d'aucune autre préparation : on le passe seulement a travers les dents d’un peigne.
Culture de la canne à sucre. Les l'gypiiens consomment beaucoup de
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sucre, par le grand usage qu'ils font des sirops et des confitures. On en distingue deux qualités, le >JOi/Aorrar, qui est compacte et bien cristallisé, et le kasr, qui est plus poreux. On cultive la canne à sucre ( saccAorum officinale, L.) dans une partie de la Ilaute-Égypte, et particulièrement dans la province de Minieh. On laboure {ilusieurs fois la terre dans différentes du'ections , puis le cultivateur trace des sillons dans lesquels il couche de biais des cannes fraicheiiient coupées, de manière que le bout reste à découvert, pour faciliter la végétation. La plantation a lieu dans les mois de mars et d’avril; les arrosements commencent de suite, et continuent jus- (|u'à la récolte. On consomme en vert les coupes mal venues. La coupe s'eu fait au mois d’octobre. Lorsqu’elles sont destinés à la fabrication du sucre, on les coupe en janvier et février. Les plantations de l’année suivante se renouvellent avec des Jets produits par la souche des cannes laissées sur pied.
La machine dont on se sert pour extraire le suc de la canne est composée de deux rouleaux de bois placés à côté l'un de l'autre; ils tournent au moyen d'une roue dentée.,, mise elle-même en mouvement par une autre, qui porte à son axe vertical un levier auquel est attelé un bœuf. On met plusieurs cannes à la fois entre les deux cylindres, qui les pressent fortement et les écrasent. Le suc qui en découle est reçu dans un bassin construit en ciment;‘puis il est transporté dans des jarres disposées à cet effet ; ensuite on le met dans une grande chaudière sur le feu, où il reste environ vingt-quatre heures, jusqu'à ce qu’il ait subi une première coction. De là on dépose le sirop dans des cônes de terre cuite, sous lesquels on a pratiqué une issue pour l'écoulement de la mélasse , qui est reçue dans un autre vase. Ces cônes sont placés dans un endroit chaud et environné de paille.
Cette première qualité de sucre se nomme khâm. La seconde opération, sur le sucre appelé khaouâmy , se fait comme la première. On met les pains, u’on a retirés des cônes , dans la chauière avec de l’eau , pour hâter la liquéfaction. Pendant le temps de la cuisson, qui est à peu près le même , on a soin
d'enlever rcuiiiic que l'ébullition a formée à sa surface.
On continue les mêmes procédés pour le kasr. Cette fois , comme les précédentes, un ouvrier jette dans la chaudière des raclures de savon ou des blancs d’œufs , pour clarifier le sirop, et précipiter les corps étrangers. Cette qualité entre dans la consommation ; c'est celle dont on fait le plus d’usage. Le kmr donne le nioukarrar , en suivant les mêmes procédés; et, par luxe, on raffine ce dernier , qui prend alors le nom de moukarrar el-moukarra. On ne le voit pas dans le commerce; il est réservé à la classe opulente.
Les procédés pour raffiner le sucre diffèrent de ceux qu'emploient les indigènes. Ou jette dans la chaudière une quantité d'eau de chaux pour précipiter les matières albumineuses; et lorsque le sirop est versé dans les cônes on met à la surface une couche d'argile, qui hâte la cristallisation. Le sucre est blanc , compact, mais il a ungoQtfade provenant de l'alun mêlé à l'argile. Son prix et sa qualité ne le rendent pas propre à l'exportation. Au Caire, on préfère le sucre fait pur les habitants; il convient mieux au godt des consommateurs.
Café. L'Égypte n’aurait rien à envier aux colonies d'^Amérique si l’on pouvait y naturaliser le café. On a vainement essayé, dans quelques endroits de la Haute et Moyenne Égypte, de cultiver le caféier derYémen, qui donne lecafé connu sous le liom de Moka ; ces essais ont toujours été infructueux. A peine arrivé à la hauteur de deux pieds, l’arbuste se dessèche et meurt. La fraîcheur de l'air et les pluies sont-elles absolument necessaires au développement de ce végétal ? Ne pourrait-on pas remplacer les conditions naturelles par des moyens artificiels.’
Les mêmes observations s'appliquent aussi à la culture du thé, qu'on n'est pas encore parvenu à naturaliser en Égypte.
Culture du tabac. On sème le tabac au mois de décembre , à la volée , dans des terrains près du Nil. Deux mois après, lorsqu’on transplante les pieds dans une autre terre fraîchement labourée, on les espace de cinq à six pouces. Les
Diq !,.-cd dy Coojçlc
ÉGll’TE .MüUER.\F,.
fellahs jpllenl dans les iatervallcs de la lienle de mouton, pour donner au td)ae une rouleiir verdâtre. Ils ont soin de sarekr les herbes parasites, tpii nuisent à la croissance des plantes. On fait la récolte au mois d'avril, en détachant les feuilles de leur tiite , puis on les passe dans une Ocelle pour les e.\ poser au soleil et les faire sécher. Ensuite, on émonde les sommités des tiges que cette opération rend productives. Quarante jours après on fait une seconde récolte, en suivant les mêmes procédés ne dans la première, mais le tabac est 'une qualité inférieure. Le travail fini, on met les feuilles desséchées dans des sacs recouverts de nattes. Dès lors elles entrent dans la consommation.
Quand à l'époque de l'inondation les eaux n'atteignent pas les plantes qu’on a laissées sur pied, elles donnent une troisième récolte, beauconp inférieure aux deux autres. Dès qu'on les coupe on recueille les graines pour semer l'année suivante. — Le feddan donne ordinairement dix quintaux de tabac dans les deux coupes, mais la première est toujours plus abondante; la qualité inferieure de ce tabac en rend le prix trèsmodéré; il sert uniquement j l'usage du fellah.
Culture dei'oüvier . La culture de cet arbre utile était depuis longtemps négligée : les fellahs , habitués à rester stationnaires dans l’art agricole , ne savaient point donner d'extension à cette culture. L’olivier llorisvait seuletnent dans les ehamps du Fayoïim et dans (pjelques jardins des environs du Caire. Mais depuis plusieurs années le- viceroi a ordonné des plantations d’oliviers d.uis le Saîd et dans la Ba.-se-Égypte; elles sont maintenant en plein rapport.
Ibrahim-Pacha, secondant les vues de son père, a couvert d’arbres les champs de ses vastes possessions. On y compte plus de quatre-vingt mille oliviers. Trois ans après avoir été plantes, ces arbres portaient déjà des fruits. Une telle précocité n’existe pas dans d'autres climats. Ils sont plantés en ligne, espaces les uns des autres de vingt à vingt-cinq
f lieds de distance, ce qui donne la faciité de faire passer la charrue dans les intervalles et d’y semer de l'orge, des
fèves ou du blé. Les arrosements artilicii'lsse renouvellent souvent ; ils hâtent la croissance de l’arbre et la maturité de son fruit; mais on cesse d’arroser l’olivier parvenu à sa hauteur naturelle; il ne reçoit plus de l’eau que pendant l'inondation.
L’olive égyptienne est charnue sans être onctueuse; son noyau est rond; d’un volume égal à la pulpe. On sale les olives vertes , et lorsqu’elles sont noires, après qu’elles ont passé à la saumure , on les met en barils avec une préparation d'huile.
Ce fruit bien conlit a du godt; on en fait une grande consominatton.
Culture du rosier. Les terres du Fayoum sont les seules propres à la culture des rosiers. Au mois de mars , on donne deux labours à la terre destinée .à ce genre de culture; on la divise en carrés, puis on y dépose, dans des trous pratiqués ,à la distance de deux pieds et demi W uns des autres , des scions que l'on recouvre de terre; cette operation linie , on arrose souvent , pour que le sol soit toujours humide jusqu'à la pousse des rosiers; à cette époque les arrosements diminuent, et les rosiers atteignent peu à peu leur hauteur naturelle, d'un pied et demi environ.
A la lin de décembre, on coupe les plants à la surface de la terre, puis on recommence à donner de l'eau pendant trente à quarantejours, temps nécessaire pour la pousse des boutons et pour faire éclore les roses. Alors, chaque matin, avant le lever du soleil, pendant que les ruses sont encore humides de la rosée , un les cueille et on les met tout do suite dans l’alambic, pour empêcher qu’elles ne sèchent et ne s’échauffent en restant trop longtemps sans passer à la distillation. On distille les roses en mettant une couche de sable au fond de f alambic pour qu’elles ne brûlent pas : la distillation dure environ six heures.
L’eau de rose est blanche en sortant de l’alambic ; celle que l’on voit dans le commerce a une teinte jaunâtre; eette couleur provient du mélange d’un produit de combustion.
Un feddan donne six à sept quintaux de roses. En 1833 on a recueilli huit
cents quintaux; par le déchet de cinquante pour cent qui résulte de la distillation , ers huit cents quintaux ont été réduits à quatre cenis, qui ont donné quarante mille rôties d'eau de rose de trois qualités différentes. La première qualité se vend sept piastres la bouteille, contenantuii rôtie ; la seconde qualité est 6xée à cinq piastres, et la dernière h trois piastres. Un feildan planté en rosiers codte soixante piastres environ de culture et d'impôt; il produit, après déchet, trois quintaux de roses ; ces trois quintaux donnent trois cents bouteilles, qui, vendues au dernier prix de trois piastres , rapportent neuf cents piastres nettes de tous frais.
Cette branche si lucrative de l'industrie compte aussi parmi les articles du monopole. Personne ne peut distiller des roses ; ceux qui les cultivent sont obligés de les vendre à bas prix aux agents du gouvernement.
CuUvre du chanvre. On avait cru que le climat sec de l’Égypte n’était pas
^0 la culture du chanvre; mais !-roi, qui avait besoin de cet article, voulut tenter des expériences (I). En 1827, il chargea un Français de Grenoble d’enseigner aux fellahs la manière de le cultiver et de le préparer. On fit des essais dans quelques villages riverains de la province de Gerbieh et à Mansourah.ou les temps humides de l’automne et de l'hiver favorisent la croissance des plantes. Ces essais réussirent assez bien. Depuis ce temps, on a étendu la culture du chanvre, que l’on emploie avec avantage dans la marine.
Culture du mûrier; vers à soie. Les môriers prospèrent très-bien en Égypte.
Us commencent à boutonner en janvier, et sont en plein développement vers le
(I) Pieiro délia Valle croyait que le kachiche, qu’on prépare avec le chanvre, pourrait Itien être le rupenlhès d'Homère ( Voyez Jour, nal dn Savants, 1829, p. 86, et 1825, p. 176 1. M. Ampère parait adopter cette opinion ; maia n'esl.ll pas plus simple d'admettre qnc ce >ieprntkà n'était autre chose que l'opium, dont la culture était Jadis fort commune en Egypte, particulièrement aux environs de Thèhes, C'est pourquoi l'extrait d’opium s'appelle encore aujourd'hui extrait Ikibalque.
10 ou 15 février. C’est au commencement du mois de mars que les vers éclosent, et même plutôt, si on n’a pas la
firécaution de tenir la semence dans des ieux bien frais. Dans l’espace de dix jours tous les vers ont pris naissance. L’intervalle entre la naissance et la première venue n’est pas fixe; cela dépend du degré de chaleur; on peut compter de dix à quinze jours. On calcule douze jours entre la première et la seconde , douze à quinze jours entre la seconde et la troisième , et quinze autres jours entre la troisième et la quatrième. Il y n soixante jours environ entre la naissance des vers et le moment où ils commencent à filer les cocons. Un excès de chaleur, la poussière et la rosée dont les feuilles sont quelquefois imprégnées , occasionnent des maladies aux vers à soie; mais en les soignant bien on évite ces accidents. Il est aussi très-nuisible de les tenir serrés dans les paniers et de ne point échanger les feuilles; l’odeur des feuilles mâchées est malsaine. La maladie qui altère le ver est produite par le vent chaud du midi. Les maladies épidémiques des vers sont inconnues en Egypte.
Une once de semence donne sept mille deux cents cocons environ; chaque cocon pèse d’une demi-drachme à une drachme.
Pour conserver la semence en hiver on place les sacs qui la contiennent dans des lieux frais, en ayant soin d’éviter la poussière. A cet effet , on en met une partie dans des caisses, que l’on descend dans le fond des puits; à la citadelle du Caire, on les descend dans le puits de Joseph. Au moment de la ponte des papillons, la semence reste, déposée sur une toile que l’on tend exprès; ensuite on la détache en la frottant légèrement; puis on la met dans des sacs pour la conserver. En Égypte, les mâles s’accouplentd’eux-mémes avec les femelles, sans qu’on ait besoin d’y songer. On ne connaît point l’usage de lever les semences dans le vin ou dans l’eau.
La chaleur fait souvent développer les semences avant la pousse des feuilles, ce qui donne de l’embarras pour trouver de la nourriture aux vers; quelues précautions que l’on puisse prenre, on ne peutobvieràcetinconvénient.
L’intervalle de la métamorphose du
EGYPTE MODEUNKf
ver est ordinoirement de quinze à vingt jours. Vinj:t jours sufGsent pour que le coron soit parfait. Pour faire une livre de douze onces, il faut deux cents à deux cent cinquante cocons, suivant la grosseur.
Sitame. Cette plante (lesamum orientale) de la famille des bignoniacées, est de tout temps cultivée en Egypte, à cause de ses graines oléagineuses. On en extrait l'huile par le moyen de presses appelées tirgué. Ce n'est que dans l'intérieur du Caire que l'on en fait usage Le nombre de ces sirgués est de soixante; elles peuvent presser mille huit ardebs par mois. l.e produit d'un ardeb est de cent trente rôties d'huile. Les habitants en consomment beaucoup dans leurs cuisines et pour l’éclairage de leur maisons.
Culture detcéréaletetd autres denrées.
Froment (blé). Les procédés de culture du blé diffèrent suivant les localités. Vers les dernières provinces du Said , on sème aussitôt après la retraite des eaux, lorsque la terre est encore fangeuse. Quelques jours après, dès que l’état de sécheresse le permet, on laboure pour enterrer les semences.
Dans la Basse-Égypte , on donne deux labours, l'un avant de semer, l'autre après avoir semé; cette pratique remplace l'usage de la herse. Ce second labour sert à couvrir les semences, et à rendre les terres plus productives. On ne chaule point le blé avant de le semer ; on le confie à la terre dans l’état où il se trouve, sans enlever les vesces ni les autres corps étrangers.
Chaque feddan reçoit un oniizième d’ardeb, et en rend ordinairement de quatre à sept. Les meilleures terres en produisent jusqu'à huit; les plus chétives n'en donnent pas plus de deux. Lorsque le blé commence à germer, il arrive (|uelqiiefois, dans certains cantons, ue les vers en piquent les chaumes et étruisent le produit de plusieurs feddans. Dans ce cas, on laboure et on sème de nouveau , ou l’on laisse la terre pour le maïs. Pendant la végétation, des enfants arrachent à la main les herbes parasites qui empêchent le blé de prospérer.
Dans la Basse-Égypte, les semailles sont achevées à la lin de novembre, et les récoltes dans le courant de mai.
Dans le Saïd, elles ont lieu un mois plus tôt, la température y étant plus chaude et le temps des semailles moins tardif. La tige du blé ne s’élève pas à plus de deux pieds et demi; mais le chaume a de la solidité; l'épi est long, épais et bien rempli. On ne se sert pas de la faucille pour couper les blés; la sécheresse du sol , rempli de gerçures, permet d'arracher à la main les chaumes. dont on fait des gerbes que l'on transporte, à dos d'âne ou de chameau , sur une aire disposée près du village.
Ces gerbes sont placées les unes sur les autres de manière à former une meule autour de laquelle on étend le blé; ensuite on fait passer dessus un traîneau , appelé noreg, supporté par trois rouleaux où sont adaptées des rondelles de fer saillantes; ce traîneau, attelé de deux bœufs et conduit par un fellah assis dessus, passe sur les gerbes jusqu’à ce que le grain soit sorti de l’epi , et que la paille soit hachée. A mesure que le noreg tourne, un autre homme, armé d’une fourche, ramène sur faire les chaumes que les bœufs en écartent en marchant. Lorsque le travail est Gni, on entasse le tout ensemble, et on place de nouvelles gerbes pour continuer l’opération. I..es fellahs emploient pour vanner le blé une fourche à deux dents , au moyen de laquelle ils le jettent en Pair pour séparer le grain d'avec la paille , puis ils passent le blé par un crible à claires voies qu’ils tiennent à la main; mais cette opération ne le sépare pas de la racine des chaumes, ni des menues pailles; il faut encore le laver et le nettoyer, pour le rendre propre à la mouture.
Orge. A l'époque des semailles, lorsque les terres ont reçu Peau du fleuve , on jette un ardeb d’orge d.ms chaque, feddan, après avoir donné un léger labour à la terre; ensuite on y fait passer des bœufs pour enterrer les semences. Dans quelques provinces , on se sert du râteau de même que pour les fèves. La récolte se fait avant celle du blé ; un ardeb de semence en produit depuis quatre jusqu’à quinze. Les procèdes sont les mêmes que ceux que l’on emploie pour le blé.
L’UMVIiRS.
Doura balady ( Iloktis sorgkum, Linn.)' Les habitmits l'ont une grande consommntion de cette céréale, qui sert, dans toutes les provinces, à la nourriture des fellahs. On sème le doura a la Pin de mars, ce qui lui f.iit donner le nom de sfiyfy ( été ). On consacre 5 celte culture une partie des terres où l'ôu a fait la récolte du trefle. Ces terres sont arrosées par le moyen des puits à roues ou de la machine appelée châdoiif
Après avoir dégagé la terre de toutes les herbes parasites, et notamment du halfeh ( poa ojonosuroides ) , qu’on brûle pour la rendre plus féconde, on lui donne un seul labour. Uans plusieurs villages, elle ne reçoit aucune préparation. I..es feilahs déposent trois et quatre grains dans des trous faits à la pioche, a trois pouces de profondeur; après les avoir recouverts, ils divisent le terrain en carrés de quatre h cinq pieds , fermés par de petites digues autour desquelles ils font couler l’eau .'sortant des rigoles d'irrigation, puis ils conduisent cette eau dans des sillons tracés avec le hoyau. Lorsqu’un carré a reçu l’eau suffisante, on le ferme et on fait entrer l'eau dans un autre carré. Dans les terrains éloignés du Nil, et où il n’y a pas de puits a roues , on transporte de l’eau à force de bras. On se contente alors d’en verser dans les trous, après y avoir déposé la graine; de cette manière, il n’est pas besoin de diviser la terre en carrés. Le doura n’est pas toujours arrosé pendant sa croissance ; cette manière est moins dispendieuse, mais aussi la récolte est moins belle; le grain est plus écorne, les épis sont moins fournis que ceux dont les tiges ont conservé une humidité bienfaisante. Vingt Jours après avoir semé, on répand dans le champ une légère couche de terre alcaline pour exciter et hiter la végétation. La plante croit rapidement, et s'élève jusqu’à huit à dix pieds.
I>a récolte du doura se fait dans le courant de juillet; on coupe les tiges à la faucille ou avec un instrument tranchant, après en avoir .séparé les épis, que l’on met en tas pour les faire sécher, en avant soin de les remuer souvent; ensuite on les coupe en deux par- > tics dans leur longueur, et on les place sur une aire où des bœufs les foulent
aux pieds jusqu’à ce que la séparation des grains soit faite. Ceux qui ont de fortes récoltes .se servent du noreg pour netloyer le doura ; on le jette en l’air, et on le met sous le toit après l’avoir criblé.
Les tiges servent de combustibles dans les fours à chaux, ou bien sont employées à couvrir les allées des jardins, a elever des cabanes, à former des cloisons et à couvrir des terrasses.
.Vais ou düura cAdmy. On donneau maïs le nom de châmy ( étranger), originaire de la Turquie, pour le distinguer du doura belady (doura indigène); il est appelé aussi nily, parce qu’on le cultive à l’époque de la crue du Nil. Son grain est jaunâtre et plus gros que celui du doura indigène, qui se distingue par sa couleur blanche.
Vers la lin de juillet, lorsque les eaux du fleuve commencent à s’élever, on donne un seul labour à la terre que l’on de.stiue à être ensemencée , apres avoir préalablement couvert sa surface de terre alcaline. Le semeur suit la charrue, et répand dans les sillons des grains de maïs, que le soc recouvre de terre; ou bien il emploie les mêmes procédés que
fiour le doura indigène; puis il divise e terrain en carrés, afin de le préparer a recevoir l’eau que l’on y fait entrer. Le germe se développe, la végétation commence, et l'on continue les arrosements. On a soin de sarcler les herbes parasites que l’humidité fait croître autour des plantes.
Avant que le maïs soit arrivé à son point de maturité, les fellahs coupent chaque jour les épis qu'ils veulent faire griller pour servir à leur nourriture.
A cette époque , on a soin d'éloigner à coups de fronde (ainsi que cela se pratique lorsque le doura indigène commence à mûrir) les nuées de pigeons et d’antres oiseaux qui détruiraient les récoltes.
Dans les villages situé.s autour du Caire, les Itabitanis sèment au commencement de l’été quelques feddans de maïs qu’ils reservent pour leurs besoins. Les épis grillés sont vendus a la classe indigente.
Lorsque l’inondation est grande , les eaux atteignent les plantes , et l’exe.ès d'humidité les noircit. Pour les en pre-
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ÉGYPTE MODERNE
server, on élève des digues nutour des channps; mais souvent ces précautions sont inutiles; il n'y a pas longtemps u’une partie de la récolte fut perue par cette cause.
Des que les plantes sont en maturité, ce qui a lieu dans le terme de soixantedix jours complets, on les coupe et on les transporte, liées en gerbes, sur un terrain disposé à cet effet auprès du village ; on les étend pour les faire sécher; ensuite des femmes et des enfants détachent les épis et les séparent de leurs enveloppes. Quand on veut réduire le maïs en farine , on le faire entrer dans le commerce, on froisse les épis entre les mains, et les grains desséchés s’en détachent aisément.
Diz. On sème le riz au mois d’avril.
Avant de le confier au sol on le laisse tremper dans l’eau , jusqu’à ce que le grain soit assez amolli ; puis on l’étend sur des nattes que l’on couvre de trèfle ou de paille. Lorsque la chaleur a fait développer le germe, on met le riz en terre. Avant cette opération . on couvre la terre d’eau pendant plusieurs jours; après quoi elle reçoit deux labours croisés ; dans cet état, on la laisse reposer. Ensuite elle est de nouveau labourée et submergée. Dès qu’elle est suffisamment arrosée , deux hommes font p.asser dessus une espèce de râteau pour unir sa surface; ainsi préparée, elle reçoit le riz , qu’on y jette à la volée. Il s'enfonce de son propre poids, et par le mouvement que lui (tonne le semeur.
Il faut un sixième de dâreh pour ensemencer un feddan a Rosette. Un dixième dedàreb est la quantité que l’on donne ordinairement aux terres de Damiette. Celles-ci , suivant leurs qualités, produisent de deux à einq dârebs; le rapport des autres est de quatre à six.
Après trois jours, on recouvre d’eau la terre ensemencée. On laisse séjourner celte eau pendant le même temps , puis on la fait écouler pour inonder de nouveau. Les arrosements se répètent jusqu’à la maturité du riz. Pemiant la v^étation , on ne néglige pas de saref r les mauvai.'ies herbes, qui nuisent à la croissance des tiges.
C’est au mois de novembre que se fait la récolte du riz. Les fellahs le cott-
pent avec la faucille, elle lient en gernes, qu’ils transportent sur une aire où le grain est séparé de sa tige par le moyen d'un traîneau , fait à peu près comme le noreg , que deux bœufs promènent pend.int plusieurs heures sur les gerbes déliées. Ensuite on jette le riz en l’air avec de.s fourches ne bois, comme on vanne le blé.
Cette opération 6nie, on l’expose au soleil jusqu’à ce qu’il soit bien sec. Pour le détacher de sa balle, on le met dans des mortiers à Heur de terre , et on le fait pas.ser à trois reprises sous des pilons cylindriques de fer creux, dont il reçoit la percussion par le moyen d’un manche mobile Q.xé verticalement à ces pilons sur un essieu placé au-dessus de leurs sommités. Le mouvement de bascule a lieu , et se répète par la pression successive sur l’extrémité du m.inchc de plusieurs montants , qui se rattachent à une traverse horizontale servant d’axe h une roue dentée ; celleci reçoit le mouvement d’une autre roue plus grande, portant à son axe vertical une flèche où l’on attache un bœuf si la machine a deux pilons, et deux quand elle en a quatre: la première se nomme oud, et l’autre dâyre/i.
Les bœufs sont changés de deux heures en deux heures; l'ouvrier préposé au travail prolite de ce moment de repos pour retirer le riz des pilons , et le nettoyer des balles détachées ; il le remet ensuite dans les mortiers, et l’opération continue jusqu’à ce qu’on amène un autre relais. Le riz est criblé de nouveau, puis il est remis sous les pilons avec la quantité de sel équivalant à la diminution qiï’il a éprouvée pendant son blanchiment : elle est d’un cinquième environ.
A Damiette le dâijreh blanchit un ardeb et demi par jour ; conséquemment, le oud n’en blanchit que la moitié. Les moulins de Rosette ont une forme .semblable, et portent les mêmes noms. Les procédés (Je culture , de récolte et de préparation, ne diffèrent en rien. Le produit journalier d’un moulin à un nu deux bœufs est le même qu’a Damiette.
T.e vice-roi achète des cultivateurs le riz en orge, qu’il fait blanchir dans ses moulins; le travail est plus .accéléré, l'opération est moins soignée; le riz, ne
restant pas sons les pilons le temps qui lui est nécessaire pour qu'il se dépouille entièrement de ses balles, conserve une teinte rougeâtre. Cette méthode , nuisi* ble à sa qualité, jointe à la forte portion de sel qu’on y Mit entrer et à la poussière des grains brisés provenant de la percussion , lui a fait perdre cette ancienne réputation dont il jouissait h si juste titre lorsqu'il était bien blanchi et convenablement préparé.
Culture des légumineuses. On cultive les fèves dans toute l’Égypte, surtout depuis qu'elles sont devenues un objet de spéculation pour l'Europe. Ce légume sert autant à la subsistance des fellahs et des citadins, qu’à la nouiTiture des bestiaux. A la Un du mois d’octobre , après la retraite des eaux , on laboure la terre , puis on sème les fèves à la volée ; on les recouvre ensuite en y faisant passer une seconde fois la charrue.
Dans plusieurs villages, on enterre les semences avec une espèce de râteau traîné par deux hommes sur toute la surface du champ. Pendant la croissance , on a soin d’arracher les mauvaises herbes et les avortons.
La récolte se fait un mois avant celle du blé. Au moment de la maturité , des nuées de pigeons et d’etoumeaux viennent fondre sur les champs de fèves; il faut que des gens continuellement éveillés les éloignent à coups de fronde; ils les tuent avec autant d'adresse que le ferait un chasseur armé de son fusil. On coupe les fèves avec la faucille, et on les transporte en gerbes sous le noreg , pour en retirer la graine et sécher les tiges , que l’un donne aux bestiaux.
La culture des lentilles n'est pas bieu étendue; la récolte ne va jamais au delà de cent cinquante ardebs dans toute l’Egypte. Les fellahs sèment les lentilles en novembre , sans faire subir à la terre aucune préparation. Elles sont en maturité au mois de mars. On arrache les plantes, et on les place sous le noreg comme les autres graines.
On sème les pois chiches au mois de novembre. Les fellahs se contenteut d’un simple labour. La récolte se fait au mois de mars. Deux tiers d’ardeb sufGsent pour chaque feddân , dont le produit varie de trois à sept. Les habi-
tants consomment beaucoup de pois chiches en vert. On laisse sécher sur pied ce qui reste des plantes , puis on les arrache et ou les transporte sous le noreg. On étend ensuite les graines au soleil, afin de les faire bien sécher, puis on les passe au crible pour les nettoyer. Le peuple mange les pois chiches grillés ; mats le marchand ne les expose en vente qu’après les avoir trempés dans l’eau et passés à la chaux, et après les avoir aspergé.s d'huile de graine de lin.
La culture du htpin est la même que celle des lentilles. Les tiges, trop ligneuses, ne peuvent servir à la nourriture des bestiaux ; on les emploie comme combustibles.
Quand elles sont desséchées, on les frappe avec de longs bâtons pour en extraire les graines , que l’on mange après les avoir souvent trempées dans l’eau ^ur leur dter un goût d’amertume.
On suit les mêmes procédés pour le fenu-grec (helbeh). On le sème après la retraite des eaux, quand la terre est encore humide. Lorsqu’il est bien sec, on l’arrache au lieu de le couper. La récolte se fait trois mois après les semailles. On le ramasse en gerbes , que l'on étend sous le noreg. Quand il a subi cette opération , on le jette en l’air avec la fourche, pour séparer les graines d’avec les tiges Itachées, qui deviennent la nourriture des chameaux seulement.
Telles sont les productions les plus utiles qu’on cultive aujourd’hui en Égypte. Il serait intéressant de comparer l'agriculture actuelle avec celle d’autrefois. On arriverait à ce résultat curieux que même les productions naturelles , qu’on devrait supposer immuables, changent avec le temps , au gré des institutions civiles et religieuses, ainsi que d’après les modifications que le sol peut éprouvera la longue. Ainsi , les marais qui restaient après l’inondation étaient jadis beaucoup plus fertiles en plantes aquatiques comestibles, qu'ils ne le sont aujourd'hui. Le lotus ( nymphæa lotus ou nymphxa cœrulea) y était assez abondant pour permettre aux habitants de faire du pain avec les graines de son fruit et de se nourrir de ses racines épaisses (1).
(I) Le nymphéa InUa ou alba, qni croit
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ÉGYPTE MODERSE.
Ee fruit du nymphéa ( nymphæa ne- /uinbo, Linn.; nelumbium tpeclotum, DeiilOf aujourd'hui très- rare, servaitéga* lement de nourriture. Ce fruit, aemblable à la pomme d'un arrosoir , est comparé par Hérodote (II, 93) (1) aux gâteaux de cire des abeilles. Strabon ( lib. XVll) lui donne le nom de ciborium (xi£ûyu>«).
* Ce fruit , ajoute Hérodote , renierme plusieurs graines de la grosseur d'un noyau d'oIive, bonnes à manger fralclies ou séchées. > Cest sans doute cr.s graines aue Diodore et d’autres auteurs appellent févet <T Égypte, (Âi-jûnrioi xûo- |xoi. ) (3) Hérodote nous apprend , en outre, que les Égyptiens mangeaient certaines espèces de papyrus. C'est probablement du cypenu esculentv» que l'historien parle; sa racine est , en efut, fécuJente et comestible. Suivant Diodore , ils recherchaient surtout l’oprostis, • plante remarquable par sa saveur douce et par la nourriture suftisante qu'elle offre h l'appétit de l'homme ( 1 , 43 ). » Nous avons des raisons pour croire que Vagrotti* de Diodore était la canne à sucre.
Aujourd'hui , la plupart de ces plantes palustres , dont se nourrissaient les anciens habitants de l’Égj'pte , ont disparu ou sont beaucoup moins abondantes; elles ont été remplacées par la culture du riz, du doura (3) et d’autres céréales.
Il est à regretter que les auteurs anciens ne nous apprennent rien sur l’administration t^ricole ou les règlements de l’autorité pour favoriser le développement de la première des industries humaines, l'économie rurale. La nature de la propriété en Égypte a toujours été une question obscure ou du moins très-controversée.
dans In caax stagnanta de le Seine et de la Marne , peut donner une Idée du lotoe égyptien : il appartient au même genre; son Truit ressemble a celui du pavot, et ses radnes sont remplies de fécule.
(I) Le numphaa lotus et le nelumbium speeiosum élalenl vulgalremenl connus sous le nom de lis d'eau. La Oeur di^dernler ressem* Liait, suivant Uérudote, à tnie rose.
(1) Il ne faut pas confondre celle fève avec celle dont parle Uérodole l II , 37 ) , et qui était considérée comme un légnme Impur. Celle-ci était iufaba major {lève des marais), dont la fleur est marquée d'une tacbe noire.
(3) La culture do doura ( hotcus sorghum ) est fort ancienne en Egypte. I^oyez Hérodote, Il , 36.
Lorsque Ainrou s’empara de l’Égypte, sous le califat d'Omar , il fut convenu que toutes les concessions précédemment faites seraient maintenues.
Les premières transmissions de propriétédateotdecetteépoque;ellesavaient lieu moyennant une rétribution que l’on payait au prince. Ces mêmes usages furent conservés sous les califes et sous les sultans mameluks. Rien ne fut changé dans l’administration des terres conGees aux Coptes depuis les temps les plus reculés ; il ne convenait pas à cette nation derieninnover ;les changements, quels qu'ils fussent, auraient nui à leur considération, à leurs intérêts. Les Coptes étaient aussi chargés de l’arpeutage et de la tenue des écritures. La différence de leur idiome avec la langue arabe, devenue familière aux Égyptiens, Gt naître souvent des contestations entre eux et les gouvernants. Vers la Qn du règne des sultans mameluks , ou fît fermer leurs écoles ; il ne fut plus permis d’enseigner la langue <^te.
Telle était l’administration agricole en Égypte, lorsqu’elle passa en 1S19 sous la domination des Ottomans. Selim I*', qui voulait abaisser la noblesse, prit pour base de ses règlements sur l'admiuistration, que les terres originairement concédées par les princes appartiendraient désormais au souverain, ce qui changeait la condition de propriétaire en celle d’usufruitier; aussi à la mort de ce dernier ses terres tombaient entre les mains du Gsc; mais il était d’usage que les héritiers les rachetassent, en payant un droit, toujours Uxé arbitrairement. Soliman II connrma ces dispositions; il Gt plus encore : il conOa Vadministration à un defterdar qui tenait registre de la totalité des terres , sous l'inspection d'un pacha qu'il établit au Caire. Quant au propriétaire du Gsc , ce gouverneur munissait provisoirement le nouveau propriétaire d'un Grman qui faisait son titre. Toutes ces institutions étaient adaptées aux circonstances. Depuis oette époque, aucune modifîcation n’était apportée à ces lois, quoiqu’elles fussent tombées en désuétude parla faiblesse des sultans et la puissance des beys mameluks. Ceux-ci, habitués h gouverner avec lu sabre, déclinèrent l'autorité de la Porte ; tout se réglait
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