‹ L'UniversChapitre 112 sur 121 · FO Y? T T MT Î-I · texte numérisé non relu

FO Y? T T MT Î-I

Digilized by Cobglê

ÉGYPTE MODERNE. 183

splendeur; elle portait des traces nombreuses des ravajçes de Cambyse; Strabon rappelle deserte; il y cherchait déjà en vain le collège des prêtres au milieudesquels Platon et Eudoxe étaient venus étudier Tastronomie; personne ne savait où était ce collège.

En quittant le Caire pour remonter le Nil jusqu’à Assouan on trouve sur les deux rives du fleuve les localités dont nous allons donner une description sommaire (1).

(I) La navigation du Mil se fait sur des bar quet appelées congés et dahabiefa. Ces dernières, tres-cunfortableuient disposées pour les voyageurs, se Joueul de2,oooÀ 4,onu piastres par mois. l^*s ranges, beaucoup plus petites, se louent de 90ü a 1,300 piastres par mois t Wilkinson, Modem Rgypt^ (. 1, p. Slu).

Les malelols traînent la barque avec une désespérante lenteur; quelquefois Us se servent, pour faire avancer la oarque. de longs Itàtuns qu'ils appuient sur un lond de sable et de roclier, comme on le voit dans les anciennes peintures égypUennes; l'indolence de leur attitude irrite l'impatience du voyageur. Les mains derrière le dos, ils semblent des promeneurs peu pressés qui flAnent sur le Lord du Mil. Cependant ces Jours de retard ont eux-mèmes leur charme. Il y a plaisir à se sentir ^tisser sur ce vaste et paisible Üeuve, sous un ciel immense et calme, comme dans une gondole sur une lagune. I/&speet des bords du Mil est peu varié. La rive Ubyque offre une plaine basse, qui se prolonge a droite (en remontant le fleuve), tandis qu’à gauche s’élèvent , comme un rempart iilanciiàire, les montagnes de la chaîne Arabique , percées de grottes funèbres et de vastes carrières, d’oû est sortie Memphis. Cependant le regard rêveur trouve toujours quelque objet qui l’arrête : c’est une file de chameaux qui se dessinent sur l’Iiorizoo ; c’est uo couvent copte dans la solitude; ce sont quelques barques qui descendent ou traversent le Mil; c’est un i^ysan (fellah) assis sur le rivage et su^nt, comme ses ancêtres, des tiges d’une graminée; c'est un village, marqué par un bouquet de palmiers qui, s^élevaot sur une butte autour de laqoeile gisent les huttes des fellahs, semblent tantés sur les toits des maisons. Auprès des ultes en terre et en rosi'aux sont les lombes des habitants, pauvres tombes de boue desséchée. Celle misère est craellcment éclairée

Par un splendide coucher de soleil- Quand astre dUparall de l’horizon, le ciel a une couleur safrance , comme la robe de l'aurore dans Homère, xpoxéiccicXoc. Au nord et au midi, la feinte du firmament est verdâtre, et lllacè<» a l’orient ; bieotâl une légère brise fait onduler l’eau; puis la Doit tombé brosquement. — Le MlUdusanscril nifcs, bleu foncé?) en s'abais* sanl, s’éloigne de plus en pias de la surface du sol qu’il doil féconder. Pour l’amener a une hauteur convenable on emploie deux moyens. Le plus simple et le plus imparfait est le travail de deux hommes abaissant de concert un levier qui se relève par reffet d’un contrepoids place à Tune de ses extrémités; a Tau-

Mitrahenng, surlarivegaiiclie, occupe une partie de remplacement de Memphis, dont onaperçoit les ruines à moitié chemin entre le village de Sakkara et le Nil. Du temps d’AbouIféda , au milieu du quatorzième siècle, les ruines deMemphis , en copte Ma-nofre ( place du bien ) étaient encore fort considérables (1); aujourd’hui il n'en reste qu’une statue colossale, renversée, de Ahamsès II, et quelques entablements de granit.

Cette statue est probablement l’une de celles qui étaient placées devant le temple de Vuicain ou de Plhah (2). Elle est malheureusement brisée aux pieds , et il manque une partie de la tête : sa hauteur totale peut être évaluée à quarante-deux pieds huit pouces (anglais) sans le piédestal. La face, d’une grande beauté, est parfaitement conservée. La pierre est un calcaire siliceux blanc, très-compacte, et susceptible de recevoir le poli. Au cou du roi (que la statue représente) est .'>uspendue une espèce d’amulette, semblable aux urim et thummim des Hébreux ; on y lit le prénom royal, porté d’un côté

ar Phthah, et de l’autre par Pasbt (Bu-

astis ). Au centre et an côté de la ceinture sont les noms et prénoms de RJiamsès ; il tient dans sa main un rouleau où se voit inscrit le nom d'Amfun-inai- Remeses. A côté du roi est figurée l'une de ses filles, petite statue qui atteint à peine aux genoux de la grande. Pendant l’inondation, cette statue colossale est presque submergée , et il est impossible d'pxainiuer toutes les parties de l'antre bout ni un seau de oair, qui tour k tour ee remplit dam le fleuve et le verse dans une rigole. C« buœmes sont souvent presque nus. Le mouvement régulier et silenacnx de leur corps bronzé arrête l'œil du voyageur. Ce pronidé, qui Hait déjk connu des anciens Egyptiens, est bien imparrall; beaucoup de force est dépensé sans un grand résuliat : l'eau s'échappe en partie du seau de cuir, souvent troué, line telle - raaebioe s'appelle chadon/. Une autre machine, un peu meilleure, et que les uiicien.. connaissaient égaleioriil, porte le nom Anakyeh, ou roue a pois. Elle est mise en mouvement par des bœufs; un long «tiapelet de vases aliscbes à une corde ou roue à auges vont chercher l'eau, et l'élèvent a la surface du aol; la elle est déversée par l'inclinaisoo des vases ou des auges. (H. Ampère, Htcherchti eu Egypte, dans la Revue des deux mondes, année IM7. )

(1) Rayez Champollion aîné, Èyypte ancienne ( Univers pittoresque), p. 587.

(2) Uerodut., II, 1 10 ; Diodor., I, Ml, 07,

Page 1