‹ L'UniversChapitre 113 sur 121 · IS · texte numérisé non relu

IS

cienne Menipliis. Il ne faut donc visiter Mitrabenny que vers le mois d’octobre , c’est-à-dire au moment des eaux basses. . Le beau colosse dont nous venons de parler, fut découvert par Caviglia et Sloane, qui le destinèrent au Musée britannique; ■nais le gouvernement anglaisa Jusqu’à présent reculé devant les dépenses du transport. Tout près du colosse gît une petite statue en granit rouge ; les poignets eu sont brisés. Un peu au sud se voit un bloc de marbre sur lequel est sculpté le dieu Nil; un peu plus loin sont deux statues de granit rouge : l’une est entièrement détériorée par l’injure du temps, Tautre tient une longue stele, surmontée du buste d’un roi , portant un collier de cornes avec un globe et deux plumes d’autruclie. Sur la stèle est une colonne d’hiéroglyphes contenant le nom de Rhamses le Grand , avec le titre de « Seigneur des assemblées , semblable à son père Phthah. » Voilà a peu près tout ce qui nous reste aujourd'hui des ruines de Memphis (I). Il est probable que l’emplacement de Memphis s'étend en grande partie Jusqu’à Bedreschnyn et Sahkara.

J'oura ou HlasarahOa presse) marque remplacement du Trofcus pagus , qui , au rapport de Strabon et Diudore (2) , fut fondé par des prisonniers troyens.

La montagne qu’on voit à l’est est sans doute le T^uixov £pc; de Ptolémée; elle fournit les pierres avec lesquelles fut en partie construite la seconde pyramide (3). Ses carrières sont tres-vastes; elles sont exploitées dès les temps les plus anciens, comme l'indiquent les tablettes hiéroglyphi(|ues qu'on y voit et les noms des rois qui y sont inscrits. Celles du nord, où conduit un chemin de fer récemment construit par le viceroi, s’appellent plus particulièrement les « carrières de Toura ; > tandis que celles du sud portent le nom de • carrières de Masuram » Dans les premières on lit les noms d’Ainunoph II et 111, et de Néco ; dans les dermeres , ceux d’Ainès , Amyrtæus , Acoris, Ptolémée Pbiladelphe et Arsinoé. On y voit aussi les ligures de quelques divinités, telles que Athor, Thotb, Amun, Mautet Khenso.

Sur l’une des tablettes , dans les carriè-

(I) Wilkiiuon, Modem Égypt, vol. I, p. 371.

(1) SIrab., XVII , p. SM; Biud., t, se.

(3) Uérod., tl, 124.

res de Masarah , est représenté Ames on Amosis, le chef de la dix-huitième dynastie (1375 avant J. C.), conduisant un char de pierres traîné par six bœufs.

L’inscription hiéroglyphique, placée audessus , est fort endommagée. Dans la partie la mieux conservée, M. Wilkinson a lu les titres du roi et de la reine , • aimés de Ptliab et d’Atmoudans la vingtdeuxième année de sa majesté chérie, le roi , fils du soleil , Ames , auquel la vie

fut donnée, et ouvert la porte les

chambres pierre libre (pierre calcaire) bonne et dure pour bâtir la

voûte d'assemblée qui est le temple

de Phthah, le temple de Dieu et le temple d’Ainun à Thèbes.. Il a produit.... avec des bœufs.... du roi qui vit.... (1) • Dans une autre carrière , au sud , on voit une tablette plus grande ; elle représente le roi Amyrtæus offrant des sacrifices à Thoth.a la déesse Nébiméou et à Horus.

Au-dessus du roi est une petite figure représentant un homme qui taille des pierres. Outre les cartouches hiéroglyphiques des rois, on y lit plusieurs noms et inscriptions en langue vulgaire ; on y voit différents nombres et des marques indiquant la grosseur des pierres.

Ces carrières sont non-seulement intéressantes par leur étendue et pour avoir fourni des matériaux de construction à plusieurs monuments remarquables, mais encore parce qu'elles montrent les méthodes dont se servaient les maçons égyptiens pour tailler les pierres. — La montagne de Masarah continue à fournir des matériaux de construction, non plus à .Memphis, mais au Caire.

L’aspect de la plaine du Nil et des pyramides sur les collines basses de la Libye produisent un très bel effet. En portant les regards du côté du village de Masarah. on aperçoit sur la gauche une chaussée ou route inclinée, qui aboutit au fleuve.

Iæ village de Helwan, situé sur la rive orientale, est connu pour le premier iiilomètre que les Arabes y aient construit, vers l'anTOO, sous le califat d’Abdel-Mélek. Mais plus tard ce nilométre fut, par le successeur d'Abd-el-Mélek, transporté à l’ile de Hbudah, en lace du vieux Caire , où il se trouve encore.

(1) Wtikiufion, Modem Égypt, \o\.\t p. Il '■

jï Coogle

ÉGYPTE MOÜERAE. 185

Abouiféüa dépeint Ilelnaii (qui siftoiGe doux) comme un eudroit charmant.

Presque en face d'Helwan, à une petite distance de la rive gauche, est le village de Bedreschayu, tout voisin de Mitrahenny, dont nous venons de parler.

A quatre milles plus loin, en remontant le Nil, on passe devant Scliubuk et les pyramides de Dashour. A deux milles a l’ouest de Masghoun est situé el-Kafr, petit village, d’où l’une des principales routes conduit au Fayouin, a travers le désert (I).

(I) Le Fayoum était célèbre dans Paollquité

Cir «et vignra. le lac Morris M le labyriothe.

n ruines du fameux labyrinthe viennent d’è> tre retrouvées par M. l^epsiiis. Ce savant y a découvert le nom d'Aineiimetié 111. qui est le Mreris des Grecs, et non Thoutmosis lit. comme Tavalt peosé Charopollion. M. Linant a recooDu IVmplacement du lac Mœris. Avant lui 00 s*ob»tinalt a chercher un lac dans un lac, le Morris dans le Birkelel-Rorn des modernes. C’était pourtant chose facile A aimprendre que pour que le lac MœrU püt déverser ses eaux dans la plaine gui l>orde le Mil. il ne devait pas être enterré dans un fond, mais situé sur un terrain plus élevé que celle plaine. M.'Unanta reconnu etsulvl les contours de la digue qui entourait le réservoir gigantesque, alimenté par un long canal ( fiabr-el-Youssef) dont U reste des vestiges ; après avoir re> consUtiié en esprit ce grand ouvrage, il a conçu la pensif hardie de le rélabiir. Il a proposé a Ménémet-AII de refaire i’eruvre des Pharaons; malt Méhémet-All veut atteindre un but t>eoi> blable par le barrage du Mil. — Le lac de Birkft-el-Korn (lac de la corne) a environ trente-cinq milles de long, sur sept de large dans sa plus grande étendue; il doit ton nom à sa forme encroissanl. Au milieu de ce lac est une Ile, appelée Djc/Irrl-el-Korn , qui ne presenle d’autres ruines que quelques briques. M. Wilkinson y a trouvé, a sa grande sorprise, des serpents à cornes, et U assure en avoir tué un. l.e laça, au maximum, vingt-neuf pieds de profondeur. environs de Birket of* frenl. suivant M. Wilkinson, les rf^stes les plus étendus de fanliquilé (Me nuttt exlentivt rtmuin» of txniiquUy's; particulierrment A Kom-WeshinA IV&t, a Dimay ou Nerbaau nord, et Kasr-el-Kharoun au sud-ouest. Il y a dans le Fayoum les plus grandes espèce» dé cyperut; peut-être y retrouverait-on le typeras papyrtu. L'emplacement du I.abvrlnlhe est marque par la pyramide de Hovvara. Cette pyramide est dans un état fort délabré, par suite des pierres qu’on en a retirées pour bAtir en partie les maisons de Medlneb. Suivant les observations de M. Perring, elle recouvre on rocher qui s'élève a environ quarante pieds dans l’inlérleur de la pyramide. Li*s ^e.^tea du I-abyrinthe consisteni dans quelques fragments de colonnes en granit ronge, et en blocs de cal- <aire compact Sur l’un de ces blocs, prés de l’angle occidental de la pyramide deHowara, L’Uote trouva le fragment d’une inschplion grecque que M. Letroune a ainsi rétablie :

FJ-Kafr est la résidence d'un chef îndi)îcue, très-riche, qui porte le titre de khebir, grand, et offre à tous les voyageurs une généreuse hospitalité.

Dans le voisinage se trouvait la ville à'Àcanthus etunteinpled'Osiris(l).Les collines près d'El-Kair renferment quel* (jues petits tombeaux.

Sur la même rive, et près de Aa/r-e/- Iijai f à Textrémité d'une grande courbure du fleuve, se trouvent, d'après M. Wilkinson, les traces de la digue de Menés. On se rappelle que, selon Hérodote, le Nil coulait jadis sous les montagnes de la Libye , et que Ménès, fondateur de Menipnis, détourna le fleuve , à cent stades environ au-dessus de cette ville ; la digue , qui devait empêcher le fleuve de rentrer dans son ancien lit et d’inonder Memphis, fut soigneusement surveillée par les roisjusqu^ Tépoque des Perses (2). Cette surveillance devint plus tard inutile, par suite des terres alluviales qui s’accuraulèrentdans cet endroit. Les alluvions ont exhaussé la rive , aux environs de Kafr-el-Iyat, au point où le fleuve se courbe fortement à l’est.

On aperçoit de là les deux pyramides ruinées de Lisht, bâties en fragments de calcaire.

A trois milles au nord-ouest est une colline de forme conique, semblable à une pyramide. C’est un simple rocher, sans traces de maçonnerie. Dans cette partie de la basse chaîne Libyque ou rencontre de nombreuses coquilles fossiles. Un peu plus loin, la vallée d’El- Ghomer vient aboutir au Nil, à la iiauteurd’Af-Aw/sur la rive orientale. Celte vallée est traversée par la route la plus méridionale, conduisant à l’isthme de Suez (3). A Mfeh ( qu’il ne faut pas con-

« A la reine Cléopâtre, déesse Pbiloinélor, bopuret femme do roi. »

( I } Diod.. 1, 97 ; Strab., XYll, 5M.

(3i Hérod., II, 99.

(5) Plosicurs routes ronduiseot des bords du Nil A Suez; les prindpalMi, en partant du nord, sont celle de Belbals, celle du Caire (desservie par desdiligences), et celle de WaJi-rl-Ghomer, entre le Caire et Benlsouef. On y reuconlre uii grand nombre de ces pélrifications siliceuses qui ont attiré i’atteoüon de tous lea vovageurs. La contrée comprise entre le Nil et kurz est généralement deserte; U végétation n*y e^l guère représentée que par quelques buissons rabougris (acacias et palmiers, plusieurs espèces de colocynthis, à^/nyonhi, de periploca spar^ lium). Les scrpewU y sont Ircs-conimuns, ainsi

fondre avec Atfeh dans le Delta) se trouvent les ruines ù'JphroditopoUs, ou de la cité d’Athor, la Vénus Égyptienne, dont le nom copte est ï'peA.

On y vénérait, suivant Straboii, une vache blanche, emblème de la déesse.

Au sud-ouest du petit village de liigga, sur la rive opposée, se voit une pyramide, que les Arabes appellent /iaram-el-Haddab f fausse pyramide, supposant qu'elle a pour base un rocher ( 1). Son architecture diffère de celle

que dans tous TUthme; mais, chose remarquable , on n*eo trouve presque plus au sud de Wadl Àsker, ou à 29* So', c'esl-a-dire vers (a limite où commencent les roches primitives (granit, syêuite, porphyre, etc) La route des pèlerins ( lierb-el'Hadh se coDfund avec œilo de Suez Jusqu’à £l-Ma\taia et Agerouü; laies deux routes se divisent, en prenant deux directions différentes. La distance directe du Caire a Suez est de soixante-treize milles. Olte branche de communication avec IMnde lit la fortune des republiques marchandes du moyen dge; elle fut négligée depuis que Portugais eurent doublé le cap de Mone- Espérance; aujourd'hui. elle parait reprendre une nouvelle aclivitc. Un service de paquebots est établi entre Suez et Bombay ; le tralet est de dix-huit Jours, si le veut est favorable. Les environs de Suez sont tristes et stériles. La ville est petite et insigniliaule; mais elle a quelque intérêt historique : l(*8 Israélites y passèrent la mer Rouge |Murse rendre dans la presqu’île du Sinal {Exod. XIV, SI). M. VVilkmson suppose que ce pa^^sage a eu lieu un peu a Test de la ville actuelle de Suez, prob.*ibleineiil à Pendroit guéable que truverseol les chameaux pour aller à la source de Ghurkudali. Il parait que Jadis le niveau de IVau était beaucoup plus élevé qu’il ne l’est aujourd’hui . coimne l’attestent les coquilles qui Jonchent les plaines environnantes. Le nom de DJebcl-AUaka (montagne de la Délivrance ) fait, dit-oo, allusion a la sortie des Israélites de t'Egypte; Ageroud ra^ pelierail les cliars de Pharaon ( agelout signilie char, en hébreu). Ilakiala est sans doute le Migdot de l’Ecriture. Le nom de KoUim ou Kolzoum, qui parait être une corruption de celui de Ciysma, s’applhiue tout h la fuis à la rangée de collines au sud de Suez , et à la mer Rouge. Le ciysma des Grecs écluse? )

parait avoir été une forteresse ou une ville. C’est la peut-être qne stationnaient tes troupes préposées à la garde des écluses du canal. La ville de Kolziin a probablement succédé a Arsinoé, fondée par Ptolémée Phlladelpbe , et elle a été à son tour remplacée par Suez. « A l’extrémité du golfe, dit ADOuIféua, entre Tor et le territoire de l’Egypte, était située la ville de Kolzim.... Près de là est l’endroH ou Pharaon fut noyé. » Le golfe de Suez portait autrefois le nom de golfe de Kolzim ou Kolzoum.

(I) Cette pyramide présente de loin l’aspect d’un rocher taillé. Elle ne mérite pas l’epi* Ihète de/(iM«e, que les Aralw's lui ont donnée. C’est une vraie pyramide à dcgris. M. Lepsius la cite R l'appui de son opinion , à savoir que les pyramides n'ont pas clé élevées tout

des deux grandes pyramides de Giseh. A Maydoun , sur le canal , en face de la fausse pyramide , sont les ruines d'une ancienne ville; età l'oppositede Zowveh, à l'angle nord des basses collines qui dominent le Kil, est situé Broumbel, où se voient les ruines probablement de l'ancienne j4ncyropolis, qui devait son nom aux pierres d ancre, taillées dans les carrières du voisinage.

Zowyeh paraltétre la citéd'Isis, Iseum {Naési, en copte), situé près du canal qui allait à MIopolis ou Pousiri. Ce canal formait avec le Nil et une partie du lîahr-Youssef niedu nome Hèracléopolite, dont le chef-lieu était Héraclcopolis.

Le village de Zaytoun a succédé à l'ancienne ville copte de Phannigot; son uom signifie olive. Strabon parle déjà des nombreux oliviers qui croissent dans cet endroit (I). Dallas, à un demimille au sud-oiiest de Z.iytouu , est probablement le Ttog des coptes ; et à Schenowili , près de Bouseli, sont les ruines d'une ancienne ville inconnue. Bouseh est une ville de Quelque importance; ses habitants sont des chrétiens coptes. Il y a beaucoup de moines qui coinniuniguent avec les couvents de Saint-Antoine et de Saint-Paul, dans le désert de l'est. Pococke suppose que c’est l’ancienne Plolémals.

Le monastère de Saint-Antoine est à environ soixante-seize milles de la rire orientale du Nil. I,.a route qui y conduit ne présente rien de remarquable. Ce monastère est habité par des Coptes, qui vivent des contributions volontaires de leurs frères d’Égypte. Leur principal saint est saint George de Cappadoce; mais leur patron est saint Antoine de la Thébaïde. C’était l'ami de Mar-Bolos ou saint Paul, ermite qui fonda le monastère Dayr-Bolos,à quatorze milles de là, au sud-est, et à neuf milles des bords de la mer Rouge. Le monastère de Saint-Antoine est le principal monastère de l’Égypte. .Son importance s’est accrue depuis qu'il est oevenu le siégé

d'une pièce du bas Jusqu’en haut, mais qu’un, pyramide plus pelile a élé enveloppée par des revétPmeiiU 8ucc4*ssiri«, a {>eu prai comme le cône du Vésuve s’est forme par uo euveiopprment de laves luperpasoes.

(I) Strabon, XVll, p. 6M.

:iy '^ooglc

ÉGYPTE

de l'élection du patriarche. Il e.st situé au-dessous des montagnes calcaires de Kalalla , qui bornent au sud le Wadi-el- Arraba. Cette vallée, assez large, a reçu son nom des chars (arraba) sur lesquels on conduisait autrefois les provisions aux deux monastères.

Dans cette partie du désert de l’est toutes les montagnes sont caicniies, semblables à celles qui bordent la vallée du Nil depuis le Caire jusqu’aux grès de Hagar Silsili. Dans l’intérieur du dé- .sert , vers 28° 40' latitude , commence une chaîne de montagnes primitives, qui s’étenddelà Jusqu’en Abyssinie, danstine direction presque parallèle à la mer. Cette chaîne s’élarnit vers le sud, et au-dessous de la latitude de Kosséir elle envoie une branche à l’ouest, et traverse le Nil dans le voisinage d’Assouan. Les principales roches primitives du désert de Maazy sont les fameux porphyres d’Égypte, et différentes espèces de granit , de serpentine , etc. ; dans l’Abadeh , on rencontre différentes espèces de schistes micacés, talqueux, et la brèche verte. Le long de la côte, à une assez petite distance de la mer, se trouve une chaîne basse de collines calcaires, qui borde à l’est la chaîne primitive ; des pics de «anit s’y élèvent semblables à des vertèbres sur le dos d’un animal. L’un de ces pics, nommé Ghareb,a deux mille mètres audessus du niveau de la mer.

La même formation se présente sur la côte opposée de la mer Rouge, dans la péninsule du mont Sinaï, où au calcaire succède le grès qui le sépare du granit. La jonction du calcaire et du grès dans le désert de Maazy a lieu au sud de Dayr-Bolos , vers 28° 42* , et les roches primitives commencent à se montrer un peu plus bas. C’est à la hauteur de Manfalout, à trente-sept milles de la mer Rouge , qu’on trouve les célèbres carrières de porphyre de Djebelel-Dokhan (montagne delà fumée), qui ont fourni bien des matériaux aux monuments de Rome. On y trouve, entre autres, les ruines d’un temple, dans le style ionien , de l’époque de Trajan ; il est resté inachevé. Plusieurs routes viennent y aboutir : l'une conduit à Keneh , sur le Nil, l’autre à Myos-lJormos , sur la mer Rouge. Sur les ruines de Myos-Hormos a été bôti un village

entouré d'un fossé et défendu par quelques tours. Le port, qui est au nord , est en partie ensablé. Au pied des collines qu’on voit à l’est, est \t FonsTadnos, mentionné par Pline. Du temps deStrabon, Myos-Uormos (nort de Vénus) était le principal port uc la mer Rouge. Tout près de la côte il y u deux routes anciennes, allant l'une au nord à Ahou- Durrag et Suez, l'autre au midi, à Souakin.

Non loin de Fons Trajanus, à peu près sous le latitude de Gow ( Antæopohs), sont les carrières de granit du mont Claudien, aujourd'hui Djebel-el-Fatireh. Cescarrieres, à vingt-quatre milles sud-est de celles de porphyre , sont tresconsidérables; elles fournis’sentunepierre à fond blanc, taché de noir. Elles étaient en pleine activité au siècle de Trajan et d'Adrien. On a trouvé parmi les ruines de Fons Trajanus plusieurs inscriptions grecques, publiées par M. Letronne.

Au vieux Kosséir, sur la mer Rouge, se voient les vestiges de la ville et du port de Philotera. C’est le nom d’une sœur de Ptolémée Plûladelphe, qui fut donné à la ville Jusque alors appelée Ænnum. Philotera ou Ænnum ainsi qu’Arsinoé étaient probablement les seuls ports delà mer Rouge à l’époque des Pharaons.

C’est par là que se Élisait alors le commerce avec le sud de l’Arabie et l’Inde. Les mudi portas , dont parle Pline , étaient sans doute des petites baies où les navires de cabotage venaient se réfugier pendant la nuit ou quand la mer était houleuse. La fondation de Bérénice , Nechesia et Leucos Portus, est postérieure à celle de Philotera. Le commerce avec le nord de l’Arabie, la Syrie et d’autres parties de l'Asie, se faisait par des caravanes qui entraient en Égypte par l’isthme de Suez. C’est avec une de ces caravannes que les Ismaélites amenèrent Joseph en Égypte (Genèse, XXXVII, 25, 28 ). Les Pharaons n’encourageaient point la navigation sur la mer Méditerranée. La déliaiice des Plgyptiens à l'égard des étrangers peut être ici comparée à celle des Chinois. Ils nepermettaientauxmarchandsd’aborder l’Égypte que par une seule embouchure duNil , la branche Canopique. Naucratis était alors ce que C intou est aujour-

oogle

LX’MVEdS.

d’hui pour les Européens qui trafiquent avec la Chine.

La ville moderne de Kosséir est située sur une petite baie de la mer Bouge, à environ cinq milles au sud du vieux Kosseir. Elle est défendue par un petit fort, muni de quelques pièces de canon rouillées. C’est plutôt un village qu’iine ville. Les habitants s’appellent Embavjieh, parce qu'ils sont venus originairement de Emba ( Yambo), sur la côte de l’Arabie.

Dans le Wadi-Gasous, entre Kosséir et Ras-Saffadjih est une station trèsancienne, où l’on voit un petit temple et une table d’hiéroglyphes , portant le nom d’OsirtasenlI etdeson prédécesseur Aman-Gori II. Le l)jebel-ez-Zayt ( montagne d’huile ) , situé tout près de la mer, entre 27* 50' et 28° 3 , abonde en huile de naphthe; de là son nom. A E’-Gimsheh e.st une langue de terre où se trouvaient des mines de soufre e.vploitées par les anciens.

La route de Coptos à Philotera était divisée en huit stations ou hydreumas (aiguadrs), marquées par des citernes.

La distance de ces stations entre elles était de six , huit à douze milles. La première, dontles vestiges sont difficiles a reconnaître, était à neuf milles environ de Coptos; elle n’est point Indiquée sur les listes de Pline et de l’Itinéraire d’ Antonio. Tout près de là sont les carrières de brèche verte d’où l’on a tiré des matériaux pour de magnifiques sarcophages et d’autres objets d’art de l’époque pliaraonique et romaine. La vallée où sont ces carrières s’appelle Wadi-Fokhier (de fnkhar, poterie ). On y voit un assez grand nombre d’inscriptions très-ancietmes , tant hiéroglyphiques que grecques. La triade du lieu était Khem, Ûorus et Isis.

M. Wilkinson a récemment parcouru l’ancienne route de Coptos à Bérénice , et il s’est assuré que la aistance indiquée par Pline et l’Itinéraire d’Antonin est parfaitement exacte. A l’hydreuma de l’Aphrodite il trouva une inscription latine, mais dont la date était effacée. Il s’est assuré que le Eicus ÀpolUnU était distinct de cette station, et qu’il se trouve dans une autre partie de la vallée.

Bérénice ou Bérénice Trogtodytlca était située au fond d'une petite baie , à

l’extrémité d’un golfe profond, le Porli/s Immundus des anciens (1). Ce port était formé par la Lepte extrema, pointe de terre appelée aujourd’hui Ras-el-Unf ( cap du Nez ), qui est à tort indiquée sur quelques cartes comme une lie. Cette pointe de terre ou presqu’île estsiétroite nue l'on y faisait passerdes navires ( Uio- (lore, III, 39). Du sommet du cap on aperçoit le pic de Saint-Jean ou l’iled'Ëineraude (DJeziret-Semergid), qui parait être rtle Ophiodès de Diodore. L’ancien port de Bérénice est aujourd’hui presque entièrement comblé de sable ; à la marée basse son entrée est barrée par un banc de sable. La différence du flux et du reflux y estd’environ un pied.

La ville de Bérénice, aujourd’hui Sakayt-el-Kobti (Sakayt méridional), fut fondée par Ptolémée Philadelpbe, qui lui donna le nom desa mère. Elle était beaucoup plus grande que sa rivale, Alyos- Ilormos, qui avait l’étendue d’un fiydreuma. Les maisons de Bérénice étaient construites avec des matériaux grossiers, des madrépores, etc. , ramassés sur la côte. An centre de la ville on voit les ruines d’un temple, dédié à Sérapis, avec les noms hiéroglyphiques de Tibère et de Tr.ajan , et quelques inscriptions grecques. Une route ancienne conduit de Bérénice à la montagne de basalte, aujourd’hui Om-Kerrebeh, à travers quelques ruines de stations et de villages. Un peu plus h l’orient est le Mans Pentedaclylits, aujourd’hui Djebel-Fera'id , remarquable par ses cinq pics coniques, qu’on aperçoit de Bérénice. M. Wilkinson a fixé la position de .VecàMiaet det-eucos Portus, sur la côte, entre Bérénice et Philotera : le premier endroit correspond à Wadi-e’-Nukkari, et le dernier à El-Scbouna (magasin). Nechesia présente les ruines d’un temple et une citadelle en pierres de taille. Leucos Portus est dans un état dedégradation extrême ; les maisons sont construites avec des fragments de madrépores.

T,es fameuses mines d’émeraude sont moins intéressantes qu’on ne le suppose; on les trouve àDjebel-Zabara et à Wadi-

<!^ Comparer, oe que noos avons dit à ce solet dan» les Iles de la mer Ürifthrépy dans le volume de VUnivers pittore$(iue qui contient les Iles africaine$,

(3) Ptolémée , Géor^., IV, 5.

S.-ika}’t; files sont maintenant abandonnées. Dans le gros village de Sakayt, presque exclusivement habité par des ouvriers mineurs, on voit quelques inscriptions grecques. Sur la route de Contra-//poWnopo/is, aux mines d’émeraude, sont trois stations, qui n’offrent rien de bien remarquable. Après cette excursion sur la côte de la mer Rouge (1) et dans le désert d’Ababdeh. Revenons sur les rives du Nil.

Benisouef est le chef-lieu d’un beylik et la résidence d’un gouverneur. Méhémet-Ali y a fait construire, en 1826, une manufacture de soie et de colon. Du temps de Léon l’Africain il y avait des i.'iliriques de toiles de lin très-célèbres, qui vendaient leurs produits aux princinales villes du littoral. Il s’y tient toutes les semaines un marché. Benisouef présente le même tableau que les autres villes un peu considérables situées sur le Nil : de nombreux bateaux, attaché.s au rivage , ou sillonnant le fleuve ; des femmes venant , soir et matin , puiser de l'eau ; des mendiants importuns demandant l'aumône ou {sou:ab ) aux fidèles et bakshish ( présent ) aux chrétiens. Ces mendiants, qui se croiraient souillés du contact d'un chrétien, appellent tousles Européens ôawJat/yf, marchands. A Benisouef est la principale route du Fayoum. Au nord-est on aper-

Îoit au loin la pyramide de briques de llahoun. Sur la riveopposée est la vallée Wadi-Byad, qui conduit aux monastères de Saint-Antoine et de Saint-Paul.

Le village de Dayr-Byad, dans une lie vis-à-vis de Benisouef, est habité par des descendants de la tribu arabe des Beni-\yasel ; leur chef, cheik Ibrahim, était, il y a une vingtaine d’années, un des hommes les plus riches de la vallée du Nil. Quelques monceaux de ruines, désignés par les noms de Tet-e'-Nas- Sara et Tel-e’-Tine, sur le côté méridional de nie, marquent l’emplacement d’anciens villages; sur la rive opposée on voit des décombres plus considéra -

(I) D’après une analyse de M. Dre, l'eau de la mer Rouge est plus salée que celle de l'Océan ; dans mille parties d’eau elle contient quarantetrois parties de sei (chlorure de sodium, de magnésium, de calcium, sulfate de soude et de magnésie'/,sa densité est de 1,035. l.’eau de l'Océan renferme 30 millièmes de matières saiines ; sa densité est 1,028.

bifs, vestiges d’antiques cités inconnues.

Isment, à deux milles de Benisouef, rappelle l’ancienne Ismendes; on n’y trouve pas de ruines. A l’ouest, dans l’intérieur des terres, est situé Anasieh ou Om-el-Kiman ( la mer des remparts), l’ancienne cité d'Hercule, ou HeracleopolU. C’est là que richneumon, l’ennemi du crocodile, recevait un culte particulier. Du temps de la domination romaine il y eut souvent des conflits sanglants entre les Héracléopolitains et leurs voisins du nome Crocodilopolite , qui vénéraient le crocodile. Cest a ces guerres qu'il faut peut-être attribuer, en partie, la destruction du fameux labyrinthe.

A Tansen, Bran^eh, Bitbeh, Sits, on voit les murs d’anciennes cités. Brangeh est, suivant Pococke, le Cynopo/ts d’autrefois. A Bitbeh, les musulmans vont adorer, dans une église chrétienne, le tombeau d’un .santon.

Sur la rive orientale, derrière l'ile située entre Feshn et Feut, se trouve El- Haybih,où l’on voitl’eniplacementd’une ville fort ancienne {Jlyif), qui parait remonter au règne de Thotiiines III ( 1490 avant J. C. ). Il y a quelques murs en briques et des débris de maisons.

Au nord de la est une vaste bâtisse assise sur un rocher, et qui parait être d’une date plus récente. Derrière cette masure est un enclos carré, qu’entoure un mur en briques non cuites; au centre est une caverne taillée dans le roc, où l’on a trouvé des tombeaux. Ces briques sont sans inscriptions hiéroglyphiques , tandis que celles qui formaient le mur de la ville offrent des cartouches où se lisent les noms du roi Totlimès III et du grand-prêtre Amun.

Près de Malatieh, à l'angle sud-ouest du Djebel-Cheik-Eii. barak se voient les vestiges d’une ville depuis longtemps abandonnée. Djebel-Cheik-Embarak est une montagne assez élevée, à laquelle succèdent des collines basses jusqu’à DJebel-e’-Tayr. Un peu au-dessus d'El- Meragha, sur la même rive, est le }lagar-e-Salam ( pierre de salut); c’est un rocher qui s’avance dans le fleuve, et auquel les bateliers du NM attachent des croyances superstitieuses. A partir de ce point la chaîne des montagnes s’éloigne un peu du Nil, en se dirigeant

■oa Dy u-oo^lc

l'JO L’UNIVERS.

vers l’est. A Sharona sont les vestiges d’une ancienne ville, peut-être de Pseneros. A quelques millesau delà, sur la rive orientale, est situé Kom-Ahmar ( le boulevard rouge ) ; peut-être remplacement de Musa. On y voit des débris de briques et de maçonnerie et quelques cavernes.

Abou-Girgeh est une petite ville fellahe, située dans une riche plaine, à deux milles du Nil. Il existe aux environs des traces nombreuses de villes anciennes. A l'ouest, dans l’intérieur, se trouve nehnpsa, qui occupe la place de la cité Oxyrhinchus. C’est là qu’était vénéré le poisson « au nez pointu , > ou \' oxyrhinchus {Mormyrus oxyrhinchus, G. ), qui parait être le mizzeh des habitants actuels. Rehnesa est un des points de la vallée du Nil qui ont eu le plus à souffrir de l'envahissement des sables du désert. Au sud de cette ville on voit des monceaux do ruines , couverts de sable. Ces ruines n'ont pas encore été bien explorées. Behnesa est la résidence d’un gouverneur; c’était une place importante du temps des mameluks; elle était autrefois traversée par le Bahr- Yoiissef, ancien canal , restauré par le calife Youssef Salahedin (Saladin ) (I).

Ce canal, qui aboutit à Behnesa , a environ trente ou quarante pieds de largeur. Pour visiter Behnesa on quitte le Nil à Abou-Girgeh, et on se dirige à l'ouest, à travers des champs bien cultivés , dans une étendue de près de onze milles. C’est à Behnesa aue se termine la rangée des collines sanlonneuses , au delà desquelles , à l'ouest , il n’y a plus aucune apparence de végétation.

C’est de Behnesa qu'on se rend , dans trois journées, à la petite oasis, ou Ouahel- Behnesa {oasis Parca des Romains; de ouah , mot égyptien , vient le grec oasis). Cette route'est fort monotone ; elle passe sur un plateau de sable à peine accidenté par quelques stériles vallées creusées par des torrents éphémères. Une autre route part duFayouni; sa première station est Rayan. Les conducteurs sont des Arabes Bédouins , arec leurs chameaux et des outres d’eau. A quinze

(I) Un cfaroniqarur arat>e,Mohainmed.el-Mokkari, raconte que ce canal avait été creusC par Joseph, au service de Pharaon , dont parle la Bible.

lieues environ ausud-est de Wadi-Rayan est la vallée de Moileh, remarquable par les ruines d'un couvent chrétien. On y voit deux ^lises,où se trouvent tes Ggures des apôtres et de plusieurs saints. Il y a aussi des inscriptions coptes. L’oasis est située dans un enfoncement bordé de rochers et de collines. On y trouve des villages entourés de jardins , de champs cultivés et de plantations de palmiers. Le sol , mélangé de sable et a'argile , doit sa fertilité aux sources qui l’arrosent. L’argile empêchç l’eau de se perdre dans la terre. Cette oasis, ainsi que les autres, ressemble à quelque portion de la vallée du Nil. Il y a plusieurs sources chaudes, dont on refroidit l'eau dans des vases poreux. Les plus remarquables sont à Bowilti et £l-Kasr; leur température est d’environ 27» R. L’eau s'échauffant moins que l’air, ces sources paraissent chaudes la nuit, et froides le jour. C’est ainsi qu’il faut entendre ce que Quinte- Curce( lib. IV) ditdelafontainedu Soleil dans l’oasis d’Ammon : Suh lucis ortum Upida manat; media die.Jrigida eadem finit -, inclinata in vesperam , calescit ; media nocte feroida xstuat. Les seules ruines qu'on trouve dans la petite oasis sont près de Zubbo et d'El-Kasr ( le palais), où était un édiGce romain construit dans le style dorique. Les dattes sont la principale richesse des habitants ; l'espèce saydib, qu’on exporte dans de petits paniers, est fort estimée. Ils aiment oeaucoup le vin de palmier, qu'ils obtiennent en coupant les jeunes pousses et recueillant le Jus qui en découle ; ils le sucrent avec du miel. Après la fermentation alcoolique, ce vin , qui a à peu près le goût du meilleur cidre, est fort enivrant.

Les principaux Jardins sont aux environs d'El-Kasr ; ils sont riches en abricotiers , grenadiers, orangers, vignes, oliviers, ügiiicrs, bananiers, jujubiers, nebeks {rhamnus nabeca ). On y trouve même quelques pruniers, pommiers et poiriers.

Bien que les habitants delà petite oasis soient moins industrieux que les fellahs d’Égypte, ils soignent beaucoup la culturelle leurs champs. Ils payent un impôt annuel d’environ 16,000 francs. Pendant l’été et l’automne, ils ont beaucoup à souffrir des fièvres pernicieuses et intermittentes qu’occasionnent des lacs d’eau stagnante. 1 1 est donc prudent de ne

Dy VjOOglc

ÉGYPTE MODERNE. 131

visiter les oasis que pendant l'hiver. La population est , d'après l’évaluation la plus récente, de 7,200 âmes. L’Ouali uu petite oasis est , selon M. Wilkinson , à 200 pieds au-dessus du niveau du Nil, sous la latitude deBeuisouef. L’eau vient du Nil ; arrêtée par une couche d'areile , elleyindltre sous des collines de sable , et vient à la surface du sol dans les vallées argileuses du Natron et de la petite oasis.

A une petite journée au sud de cette oasis se trouve El-ilayz, qui en est une dépendance. Il y a quelques champs fertiles , arrosés par des sources d'eau vive qui appartiennent aux habitants d’El- Kasr et Bowitti. On y voit les ruines d’un monastère.

A trois journées, au sud d’El-Hayz, est l’oasis et le village de Farafreh , contenant environ soixante à soixante-dix habitants mâles. Farafreh s’appelait autrefois Trinytheos Oasis. Il n’y a pas de ruines antiques. Une espèce de citadelle protège les habitants contre les attaques des Bédouins. Les productions sont à peu près les mêmes que celles des autres oasis. Les olives de Farafreh sont trèsrenommées. A six journées à l’ouest de Farafreh est une autre oasis, appelée Ouadi-Zerzoura, de l’etendue de la petite oasis. Elle fut découverte, il y a environ vingt-cinq ans, par un Arabe. Plus à l’ouest, dans la direction d’Augila, il y a Gebabo , Tazerbo et d'autres oasis, nabitées par des Nègres, oasis sur lesquelles on a des renseignements plus certains.

Au-dessus de Girgeh est situé Et-Kays, sur l’emplacement d’une ancienne cité, peut-être deCynopolis (ville des Chiens). Ce (|ui viendrait à l’appui de cette opinion, c'est que sur la rive opposée, près de Hamatha, on trouve un des caveaux les plus riches en momies de chiens.

Dans les collines, sur la rive orientale , derrière Cheik-Hassan , sont de vastes carrières de calcaire. Près de là on voit des fragments de briques non cuites et de poterie. 11 y a une inscription chrétienne dans Tune des niches pratiquées dans le rocher. Près de l’entrée au Wadi e’ Serarieh le fleuve présente une grande courbure à l’ouest; il y a deux lies, avec des vestiges d’anciennes

constructions. A l’angle nord-ouest de la rangée de collines, et à l’embouchure du Wadi-e’-Dayr, sont quelques carrières où l'on remarque deux grottes peintes : l’une a été malheureusement détruite par les Turcs, l'autre a perdu son portique et menace de crouier. Elle est trrapetite , car elle n’a que sept pas de profondeur sur quatre de large; mais elle offre de l’intérêt à cause des objets qu’elle renferme. Son portique avec deux colonnes lui a valu le nom de Dabayn (les deux portes). Les objets qu’on y voit consistent en offrandes à diverses divinités ; quelques hiéroglyphes sont inachevés. Au fond de la grotte est un groupe de trois statues en relief, représentant le roi Pthamhen , Cls de Uhamsès le Grand, entouré d’Athor et d’un autre dieu. Sur le mur latéral, à droite en entrant, le roi présente des offrandes ,à Phthab, Athor et Anubis, et à gauche, il présente des offrandes à Aminon , Athor et àuneautredivinilé. A l'entrée sont Osiris et Ao ou Gem, l’Hercule égyptien. A l’angle du rocher, en dehors de la grotte, Rhamsès 111 est représenté avec le dieu Savak a tête de crocodile; un sujet analogue se trouve sur les rocs de Tehneh ou Acoris.

Ici la chaîne arabique touche au fleuve. Sur la rive occidentale , presque en face de El-Serareh , est la ville de Samaloud, que l’on considère comme un chef-d’œuvre d'architecture fellahe. On y voit, sur le sommet du Djebel-el-Tayr ( montagne des Oiseaux ),le couvent de Sainte-Marie, habité par des moines coptes. D'après une tradition du pays, les oiseaux migrateurs s’assemblent tous les ans sur cette montagne pour se rendre, sous la conduite de quelques guides, dans l’intérieur de l’Afrique (I).

A trois ou quatre milles au sud du couvent on voit les vestiges de Gisr-elyigoux ( chaussée du vieux ). Cette chaussée ou digue traverse la vallée de même nom; elle était sans doute destinée à protéger la vallée du Nil contre quelque irruption dangereuse.

A Gisr-el-Agous on voit les vestiges d'un village abandonné; à quelques

(1)11. Afop^re vit, vers le mois de janvier, des myriades d^oiseâux sur la ciwe du Djebelel-Iayr.

'^Oügle

milles |ilus loin est l'emplacement d'une ville anrientie ( Acoris '(), qu'on appelle aujourd'hui Tehneh ou Mehneh. Des monceaux de décombres occupent l’entrée du Wadi-Tchneh. Tout près de là, au sud de la ville, on voit, gravée sur un rocher, cette inscription grecque :

ii;ùp pamXiu; ItrcXipaicu

8tcà È^tiçoiwu; (ii-jiXo’j Eùxaptareu

Àxùpt; Epiu;IiiiJi Ao>x‘ai^> auTtipx (1).

Au-dessous de cette inscription se voit, d'un côté la ligure d’une déesse, et de l'autre celle d’un dieu, probablement Osiris.

Sur la rive opposée, à quelque distance du fleuve, est Taha ou Tahe-el- Amouc-dayn , qui du temps de Mourad- Bey était ' une place importante et la résidence d'un cheik puissant. Taha parait occuper remplacement de raiicienne ville copte de Théodosioun

Minieh (Meniet; de mo/i/>,mansio), sur la rive occidentale, est la résidence d’un nazir ou sous-gouverneur. Tous les dimanches il y a un marché. Il y a aussi une poste aux lettres. Les établissements de bains sont de construction arabe. Le palais où réside le nazir fut bâti par les mameluks et réparé par Abdin-Kaschif. Léon l’Africain parle de la prospérité de cette ville et de son commerce avec le Soudan. On y trouve quelques débris d’architecture gréco-romaine. M. Wilkinson n'y a vu aucune trace du temple d’Anubis dont parlent quelques voyageurs. Tout près du fleuve est le tom^u d'un cheik vénéré, qu’ombrage un beau sycomore. Les habitants de Minieh ont conservé dans leurs cérémonies funèbres quelques rits de l'antique Egypte. A certains jours de l'année, ils vont visiter leur nécropole. A côté de chaque tombe est une petite chambre, surmontée d’un dôme, qui rappelle les chambres funéraires creusées dans le roc. En quittant Minieh on approche d’un endroit périlleux pour les navigateurs; c'est la montagne d’Aboufeda. Le Nil y présente des contours et des courants capricieux.

(I) Pour le salut du roi Plolémee, le Dieu Epiplianes, le araiid Kiirhariatea, Acoris, tils d’Krtce, à Isls l.ochias .sauveur, /-'oyez Letronne, hmeriptiont ynequet dt t'EgypW, ïuU I, p. a77.

Souadieh est une bourgade de quelque importance ; on trouve aux environs des plantations de canne à sucre. Le viceroi y a fait construire une distillerie de rhum. A deux milles au-dessus de Souadieh il y a des carrières anciennes de grès calcaire. A Kom-Akmar ( butte rouge ) se voient les vestiges d'une antique cité, peut-être A'Alabattron. Ce qui vient à l’appui de cette opinion , c'est l’énorme quantité de fragments d’albâtre travaillé qui partout couvrent le sol.

Tout près de là sont les collines de Metahara qui renferment quelques grottes sépulcrales peu connues.

Près de Ueni-Hassen , sur la rive orientale, sont les riches catacombes taillées dans les rochers qui font saillie sur la vallée. Tout ce qui sy trouve d’intéressant a été copié par Champollion,et plus tard parM. Wilkinson. Les colonnes à seize pans cannelés qui soutiennent les portiques de ces hypogées représentent rarcuétype du style dorique.

Beni-Ilass'eu paraît être la limite septentrionale que les crocodiles dépassent rarement. Les habitants de tous les villages, depuis Beni-Hassen jusqu’à Manfoulah, passent pour des voleurs incorrigibles. A un mille environ du premier village est le5/>eos Artemidos {gtoUn de Diane) qu’on appelle aujourd’hui S(lab Antar.

A quatre milles des tombeaux de Cheik-Timay, qui ne présentent rien de remarquable, sont les ruines d’Antinoé ou A’ Anlinoopolis ^ fondée par Adrien près de l’endroit ou le favori de cet empereur s’était noyé dans le Nil.

Cheik- Abadeh est le nom moderne de le ville d'Antinoiis. On y trouve les vestiges d’un tlié.ôtre romain et plusieurs colonnes, sur l'une desquelles on lit une inscription grecque votive ( à-f»8f Tuxji ), portant la date de la quatorzième année du règne de Marcus Aurelius Severus Alexander. Cette inscription est en partie effacée. « On cherche vainement, dit L’Hôte, dans les montagnes de Cheik- Abadeh les grottes sépulcrales des anciens habitants de Besa et d'Antinoé. Les immenses travaux d’excavation dont ces montagnes sont cribices, sur un espace d’environ deux lieues , ne sont que les vastes carrières d’où est sortie la ville romaine, avec quelques grottes et puits

ÉGYPTE MODERNE

funéraires sans importance. On peut croire, d'après cela, que les habitants d'Antinoé étaient inhumés, non pas dans la montagne , mais dans cette partie de la plaine qui s’étend vers le sud-est, entre l’ancien hippodrome et le pied de la chaîne arabique, espace que couvrent aujourd'hui les toral^aux musulmans.

« Malgré leur étendue , les carrières d’Antin^ n’approchent pas de ce qu’on voit en ce genre derrière les villages de Deyr, situés à trois lieues au sud de Cheik-Abadeh. Il n’y a qu’une ville trèsgrande et très-ancienne qui ait pu, après une longue suite de siècles, laisser de pareilles traces d'exploitation. Ces carrières occupent deux gorges profondes de la montagne arabique ; les plus septentrionales n’ont de remarquable que leur nombre et leur étendue; mais les autres, auxquelles on arrive après avoir traversé trois quarts de lieue de plaine et le vaste cimetière chrétien de Deyr Naçaarah, sont plus intéressantes; on y trouve une stèle portant la date de l’an "XXXll du pharaon Thoutmosis IV ( Mœris) (1). »

Oschounayn occupe l’emplacement tV Hermopolis magna (Schmoûn en copte ) , ville célèbre par le culte de Hernies ou Thotli. Dans les tombeaux qui sont au pied de la chaîne Libyque on trouve beaucoup de momies d’ibis , parfaitement bien conservées. Tout près de ces tombeaux est une stèle remarouable, sculptée sur un rocher du Djebel- Touna : elle représente le roi Atin-re- Bakhan avec sa femme , adorant le Soleil, qui darde des rayons terminées par des mains d’homme.

Mellawieh a le rang d’une ville ( Bender): il s’y tient un marché tous les dimanches. C’est la résidence d’un gouverneur. Un peu plus au sud sont les ruines deTel-el-.-tmama , qu’on suppose occuper l'emplacement de Psinaula. Ces ruines sont dispersées dans une grande plaine; les catacombes des environs contiennent plusieurs inscriptions grecques.

Les monticules de Tanouf marquent la place de Tanis siiperior. A deux milles plus loin est Darout-el-ChériJ, qui, suivant .M. Wilkinson, représente Thebatca Phylace. A quelque distance de là

(I) I.'HAte, LtUret, p. 4S.

est l’embouchuredu Bahr-Youssef. Sur la riveopposée on aperçoit, dans les champs, les premiers palmiers thébains (rfoum).

Ces arbres ne croissent pas dans l’Égypte inférieure, excepté dans les jardins.

Leur fruit mûr et sec a exactement la couleur du pain d’épice; il contient un noyau cartilagineux , que les Éthiopiens mangent avant sa maturité. Ce palmier {cuci/era thebaica., Delisl.) est remarquable en ce que sa tige se divise supérieurement en deux branches, qui, à leur tour, présentent la division dichotomique.

Dayr-el-Kosséir, habité par des chrétiens , se trouve , d'après Hainiltou, sur remplacement de Pescla, ville mentionnée dans vulnéraire d’Antonin.

Man/atoul est la résidence d'un kaschef. C'est une petite ville intéressante; elle est entourée de beaux jardins.

Aboulféda la décrit comme étant située sur le bord du Nil , tandis que Pococke la trouve déjà à un mille du fleuve.

Beni-Àdi, à l'angle du désert libyque , a été le quartier général du nizam ou milice régulière du vice-roi. C'est le point de départ pour l’oasis de Dakhleh.

La position de VOuah-el- Dakhleh ou Gharbi (oasis intérieur), indiquée par des écrivains arabes, était inconnue jusqu'en 1819, époque où cette oasis fut visitée par Edmondstoneet Drovetti.

Les débris de briques, vestiges de villes ou de villages, prouvent qu’elle était jadis très-peuplée. £I-Kasr etKalamoun sont les principaux lieux habités de cette oasis ; le premier contient douze cents à quinze cents habitants, et le dernier environ mille. Les cheiks d’El- Kasr se disent de la noble tribu des K-oraïschites. A cinq milles sud-ouest d’EI-K.asr est un temple romain, où se lisent les noms de Néron et Titus , et quelques sujets astronomiques. On y voit aussi la triade de Thèbes , Amun , Maout et Kbonso. A dix milles environ à l’est de Kalamoun est le village d’Isment, où M. Wilkinson vit parmi les ruines une tête d’Athor ou Isis. A dix milles plus à l’est est Ballat, village de huit cents habitants. Sur la route d’Isment à Ballat sont les ruines d’une cité considérable , appelée Isment-el-Kharab (Isment ruiné). On y voit quelques restes d'édifices en briques de l’époque

IZ’ Livraison. (Éc.ypte moderivf..)

L’UNnTns.

romaine. L’Ouah-cl-Dakhleli est ri(Jie en olives, en riz et en (lattes. Les liabitants, au nombre de six mille deux cent cinquante, sont plus hospitaliers que ceux de la petite oasis. A quatre journées au nor(i est située l’oasis d’EI- F'flrnfrBh.

A trois journées à l’est de Ouah-el- Dekhleh on rencontre la grande oasis ou Ouah-el-Khargeh , ou Menamoun.

Sur cette route on trouve un petit temple et une source , appelée Ain- Amour, et entourée d’une enceinte de briques non cuites. Kneph, Amun et Maout en sont les priucipales divinités. Le premier objet qui frappe en entrant dans l'oasis d'ËI-Khargeh est un columbarium. ou chambre arquée, contenant de nombreuses urnes cinéraires. A un mille au sud est Kasr-ain-cs-Sout ( palais de la Fontaine d’Acacia), ainsi appelé à cjuse d’une source voisine. Il se compose d’une trentaine d’appartements ou corridors; des corniches de style égj’ptien décorent l’extérieur, et les inatefiâux sont en briques crues. Il paraît remonter à l'époque romaine. Le temple d'El- Rhargeh est le monument le plus intéressant des oasis. Il était dédie à Amun ou Amunre. Les figures du sanctuaire, représentant des sujets fort extraordinaires , ne sont pas antérieures aux Ptolémées. On y trouve des inscriptions grecques portant la date de la première année du règne deGalba.Tout le temple a cent quarante-deux piedsde longueur sur soixante-trois de large et trente pieds de haut. Près de là était l’ancienne ville d’Ibis ou Hebi, capitale de la grande oasis. Au nord est une nécropole , ornée de pilastres et de corniches. On y voit représentés différents objets de l’époque

chrétienne; le tau sacré symbole hiéroglyphique de la vie, y a été adopté par les chrétiens comme symbole de la foi. Beaucoup d’autres ruines se trouvent dans le voisinage d’El-Kha^eh. A trois heures de marche de Davris est le temple de Doush, dédié à Serapis et à Isis. On y lit les noms de Doraitien et d’Adrien. Sur le pylône est une inscription grecque, portut la date de la neuvième année de Trajan. Le nom de l’ancienne ville était Cysit.

Page 1