‹ L'UniversChapitre 2 sur 121 · I.X'NIVKRS · texte numérisé non relu

I.X'NIVKRS

publié sur r Egypte ancienne (1), et consacré aux doctes élucubrations de M. Champollion-Fiçeac, si dijtiie collègue dans ces études ardues de l’illustre frere dont le inonde savant déplore encore la perte ( 2 ) , le lecteur a d’aliord vu l’organisation païenne, née sur les bords du Nil, y dégrossir les premiers rudiments des institutions civilisatrices, y formuler les croyances primitives, qui, portées par les émigrations diverses des peuples de la vallée égyptienne , se sont avancées progressivement sur les différentes rives de la mer Intérieure, pour de là se répandre sur notre tardive Europe. Çest dans le paganisme de l’antique Égypte que la Syrie, l'Asie Mineure, la Grèce, l’Italie, ont emprunté les ba.ses de leur mythologie polythéiste : c’est dans cette contrée, déjà les précédant vers la civilisation , que les [)cuples des plages encore barbares de la Méditerranée ont puisé leurs principales luis , leurs croyances religieuses, leurs systèmes philosophiques, leurs coutumes, leurs sciences élémentaires et leurs premiers arts.

Dans la seconde partie de cette histoire d’Égypte, comprenant la période de la domination romaine, s’est déroulé le tableau de la réforme chrétienne , s’avançant à son tour sur les traces du paganisme, le faisant reculer pas à pas, et lui présentant partout le combat avec ses apôtres, ses martyrs , ses théologiens de l’eeole d’Alexandrie , ses cénobites du désert de .Scété, et ses rescrits impériaux émanés de la cour de Constantinople.

Le ilamheau pacilique du Christ jette dans ces contrées les splendides lueurs de la civilisation nouvelle, jusques aux temps où les dissensions intestines, les querelles théologiques , les tyrannies de l'intolérance, les spoliations de la cupidité, la faiblesse, l'incurie et l’inhaiiileté des gouvernants livrèrent enfin ce beau pays au glaive des fanatiques sectateurs de Mahomet.

Alors l’islamisme, s’élançant des sables de r.Arabie, jeta .ses armes et son Koran à la fois sur l’Asie et sur l’Afrique, iKoù rinondation musulmane ce-

(I) tgypte nnciennt, par M. r.liampolllon- FiliKic, cnnserv.ati iir des nunuscrils de l.i Bil)liothé(|uc royale, etc.

/IcOtiiiir qnitm mihi

vait , à peine un siècle écoulé, menacer notre Europe elle-même, et s’étendre d’un côté, par la Perse et la Transoxiane scythique, jusque dans les plaines de la Germanie et sur les bords sauvages du Danube, de l’autre, par l’Espagne malgré la barrière des Pyrénées , sur les rives fertiles de la Loire et de la Saône.

Mais , avant de décrire la catastrophe qui, par une révolution nouvelle, soumit derechef à des maîtres étrangers et à une nouvelle religion cette Égypte tant de fois la proie d’invasions étrangères ; avant de développer les pages historiques de cette domination arabe, succédant à la domination romaine, parle même droit qui avait fait succéder les Romains aux rares macédoniennes et celles-ci aux Perses usurpateurs du trône pharaonien, il importe de pré.sentcr l’état du pays et des peuples qui l’habitaient à cette époque mémorable, afin de faire connaître les causes intérieures et extérieures dont l’action et la réaction incessamment combinées, aliénant de plus en plus les sujets/acoiîVesdes gouvernants melchites, ou impériaux, finirent par séparer entièrement la branche égyptienne de l’arbre byzantin, et opérèrent enfin, au profit des Arabes conquérants, une scission complète et irréconciliable entre les provinces du Nil et l'impuissante métropole.

.Si nous voulons apprécier rationnellement ces causes diverses, nous avons besoin de jeter nos regards en arrière, et de tracer rapidement à nos esprits un tableau rétrospectif des révolutions dont la vallée égyptienne a été le théâtre successif, depuis que, cessant d’avoir pour dominateurs ses maîtres naturels, les antiques Pharaons , elle a vu ces races royales, nées dans son sein, disparaître de son sol , écrasées sous le char sanglant des étrangers envahisseurs.

Depuis près de deux siècles les Perses faisaient gémir l’Égypte conquise, sous leur oppression intolérable , lorsque la conquête d’Alexandre, brisant le trône des oppresseurs, remplaça en Égypte le joug aes Perses par le joug macédonien.

Si quelques velléités de bon gouvernement et de bien public .semblent, à de rares époques, éclairer d’une lueur .passagère quelques intervalles de l’admi-

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