‹ L'UniversChapitre 3 sur 121 · é .nn.^lc · texte numérisé non relu

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iii.stration des Lagides, l’égoisnie cupide, lu lerocité tyrannique, les crimes et les débats sanglants de la plupart de ces princes , n’avaient pu qu'augmenter les inalhetirs de l'Égypte, et envenimer plus profondément la haine pour les dominateurs imposés par la force des armesl

Les Romains, accueillis comme libérateurs, loin de penser au bien-être de leurs nouveaux sujets , n'avaient fait de l'antique royaume égyptien qu'une province de leur grand empire, et ne tardèrent pas à la livrer aux exactions tyranniques des préfets, que leur capitale y envoyait successivement s'y gorger du sang'et des richesses des infortunés habitants.

Dans le premier siècle de la domination romaine, le siècle des Césars, le gouvernement de la province d’Égypte parut d'abord posé sur des bases a la lois fermes et politiques , quoique le mécontentement higyptien fdt de temps en temps réveillé par quelques abus de pouvoir promptement réprimés et réparés.

Dans le deuxième siècle, celui des Antonins, cette administration fut plus politique encore et plus paternelle , malgré les obstacles qu'opposaient à la constante bienveillance deserapereursdecette epoque les Égyptiens eux-méines, aigris par une longue servitude et par le ressentiment de leur nationalité anéantie.

Le troisième siècle, qui fut celui des usurpations, dut nécessairement ne donner a l’Égypte qu’une administration timide, incertaine, orageuse, tantôt mullejusqu’à la faiblesse, tantôt dure et acerbe jusqu’à la tyrannie. De là des séditions perpétuelles et des révoltes étouffées par des massacres ; de là incrudescence d'une haine irréconciliable entre les gouvernés et les gouvernants.

Le quatrième siècle vit le partage déünitil du grand empire romain entre les deux tils deThéodose(l)etsascission en deux empires, celui d'Occident et celui d'Orient. Cette séparation impolitique, mais que nécessitait peut-être l’impuissance des successeurs dégénérés des Césars à retenir entre leurs mains les rênes de gouvernements si éloigné.s du centre de leur pouvoir, fut également fatale aux deux nouveaux empires (I) ArcadiuseuOricot, Honori'.is rnücciJiat.

et aux provinces morcelées dont ils s'arrogèrent et se disputèrent les lots.

Avant qu'un siccle se fdt entièrement écoule depuis ce partagent; , Rome, restée la capitalede l’empire d’Occident, avait été trois fois la proie des barbares; les Goths, les Vandales et les Hérules, après l’avoir prise et saccagée, s’y étaient successivement établis eu maitres; cet empire lui-même, après avoir passé de mains faibles en des mains plus débiles encore et plus indignes , ravagé par des guerres intestines, déchiré par des séditions et des révoltes , demendtré par des tyrans usurjialcurs, sans force contre l'invasion des barbares, avait vu les derniers lambeaux de la pourpre césarienne disparaitreet s'anéantir, foulés aux pieds des Alains, des Ostrogotlis, des Huns et des Lombards, qui s'en disputaient les dépouilles ; et la puissance romaine fondée par Uomulus , devenue l'empire du momie sous le sceptre d'Auguste, s'était écroulée sans retour avec le trône avili d'un dernier empereur, qui, par un concours singulier, véritable sarcasme de la destinée, réunissait à la fois les deux noms de Romulus et d’Auguste (2).

Dans le partage des provinces que nécessita la .seission en deux parties uistinctes de l’empire romain, l’Égypte, suivant le sortde toute l'Afrique , passa de la domination de l'ancienne Rome à celle de Goustantinople. la Rome nouvelle.

La durée de l'empire d’Orient ne fut pas aussi éphémère que celle de l’empire (l'Italie, et les provinces qui lui échurent durent d’aboru regarder comme un bonheur la distribution qui les rangeait sous son domaine ; et, en effet, dans ce quatrième siècle, celui de Omstantin et de Théodüse , les derniers empereurs qui aient porté le nom de grand, un gouvernement plus ferme, plus concentré, plus politiquement ordonné, fut d’abord établi dans la province égyptienne ; mais ces formes gouvernementales ne furent instituées que pour un temps seulement et d’après un système de régul.arisation qui, sage sur beaucoup de points, était incontestablement vicieux sur le plus grand nombre.

(n Ouatre-vingt» an» seulcmrnt.

Au;;u.slulusd^lr6uc par Odoacn, roi (ies Utruk'b.

Au cinquième siècle , siècle des invasions des barbares se ruant sur le colosse affaibli de l'empire , sous les règnes d’Areadius, de Théodose le jeune, de Marcien , de Léon , de Zenon , d'Anastase, l’adininistralion de l’Egypte fut fiscale, oppressive, ruineuse, tiraillée misérablement par les partis mesquins et méprisables qui s'agitaient à la cour de Constantinople : et cette Contrée, où déjà fermentait le levain de tant de mécontentements antérieurs ne manqua pas d'occasions pour manifester par des soulèvements le malaise de ses populations et leur impatience du joug de plus en plus intolérable qui pesait sur elles.

Dans toutes ces révoltes successives , il semble qu’on voie un plan suivi, une marche depuis longtemps concertée, que se léguaient de génération en génération le mécontentement des peuples et le désir incessant de ressaisir une nationalité pour toujours enlevée.

Rien, en effet, de plus manifeste dans tous ces événements que la tentative persévérante des Égyptiens de se soustraire à la domination du grand empire; ou est étonné, après tant d’efforts successivement essayés, de voir l’e.xécution de ce plan ajournée à plus d'un siècle encore , tant était grande et longue dans son action cette mlluence passive des mœurs orientales. Pour arracher enfin l’Égypte à Constantinople d’une manière irrévocable, i I fallait une révolution complète dans ces contrées elles- mêmes, c’est-à-dire que le peuple le plus belliqueux qu’elles eussent jamais produit, sortît de ses déserts, pour envahir par ses armes et ses croyances une partie du monde entier.

Au sixième siècle, siècle de Justinien, le gouvernement de l’f^ypte, devenu en quelque sorte précaire, ne fut plusdirigé que par des lois impuissantes ou de fausses mesures de circonstance, dictées soit par les intrigues de cour, soit par la rapacité des gouverneurs auxipiels la province égyptienne était jetée en proie.

Enfin, dans le septième siècle, qui commence par le règne de Phocas, et se Jterinine, pour la domination impériale en Egypte, au règne d'Uéradius son successeur, on ne retrouve plus en Egypte, comme dans toutes les autres provin-

ces de l’empire , qu’un gouvernement épuisé, sans forcce pour le présent, sans prévoyance et satis ressources pour l’avenir , llottant au gré des intrigues , des cabales et des factions; forcé, en un mot , de recourir lui-même à des moyens qui devaient accélérer sa perte.

Précisons davantage l'état de l’empire de Constantinople et celui de l’Égypte en particulier, à l'époque où cette antique contrée changea son titr c de province romaine pour celui de province du vaste empire des khalyfes.

Les contemporains de ce grand événement, et les historiens postérieurs, copiant les rapports intéressés des premiers, ont accusé de révolte et de désertion les peuples de l’Égypte, se soumettant volontiers aux Arabes; de trahison et presque d'apostasie, les personnages influents de la nation cophtequi coopérèrent à cette soumission. Peut-être , en examinant impartialement et pesant mûrement les motifs présents et les causes éloignées qui amenèrent cette, séparation spontanée du tronc de l’ancien empire romain, la jugera-t-on l’effet nécessaire qui devait résulter de l'état de.s choses et des esprits; peut-être alors accusera-t-on de cette scission , non les peuples qui l'ont opérée, mais les gouvernants eux-mêmes , dont elle a blessé les intérêts, mais qui l'avaient de longue main préparée par leurs fautes politiques , leur mauvaiseadmiiiistratiou et leurs vexations intolérables.

Survivant au trône d’Occident, déjà anéanti par les hordes des Ostrogoths , des Huns , des Alaiiis et des Lombards , l’empire d'Orient, qui avait conservé le titre d'empire romain, avait vu régner à Constantinople quelques empereurs qui ne furent pas tout à fait sans gloire : entre autres J ustinien,dont les généraux, Narsèsen Italie, et Bélisaire en Afrique, firent respecter les aigles romaines aux barbares, et leur arraclièrent quelquesunes des provinces qu’ils avaient envahies.

Mais déjà s’ébranlaient les hordes de la haute Asie septentrionale, s’apprêtant à fondre sur les provinces qu’arrose le Danube : les Perses menaçaient les frontières orientales de l’empire ; les peuplades de la Mauritanie, moins domptées qu'irritées par la défaite de leur roi

EGYPTE MODERNE

Gélimer, n’attendaient qu’une occasion jiour secouer le joug imposé nar tes légions impériales, et, du haut de l'Atlas, elles offraient un aspect hostile aux établissements romains disséminée sur la côte.

Au milieu deces symptômes alarmants, les paisibles successeurs de .lustinien , entourés de ITatteurs et de vils favoris, semblaient ignorer complètement l’apparition des météores destructeurs qui venaient leur annoncer une catastrophe imminente.

Livrés à toute l’incurie de la mollesse imprévoyante, enfermés dans leurs palais délicieux du Bosphore , ils n’en sortaient que pour présider des conciles tumultueux, ou pour assister aux frivoles Jeux du cirque.

La grande affaire de l’empire, les seules préoccupations des habitants de Constantinople, des courtisans , des ministres, de l’empereurlui-méme, c’étaient le triomphe du parti bleu sur le parti rert, les querelles et les intrigues intérieures de lacour, lesdiscnssiorminterminables d’une théologie inintelligible; et, quand les armes des envahisseurs de l’empire étincelaient déjà autour de Constantinople, cesempereurs efféminés et ascétiques ne signalaient leur puissance qu’en signant des rescripts contre les ariens ou contre les catholiques, suivant l’influence que l’un des deux partis obtenait auprès d’eux par ses intrigues.

Cependant , des frontières de la Chine accouraient déjà ces peuplades turques, qui , après avoir inondé l'Asie entière et les rives du Pont-Euxin, devaient quelques siècles plus tard renverser l’empire (le la croix , et faire leur capitale de la ville de Constantin.

Mais un fléau plus imminent menaijait le cœur môme de l’empire d’Occident.

Mahomet venait de paraître (t), et préparant une révolution dont les effets se font encore sentir dans pres(iue toutes les contres de l’ancien inonde , jetait déjà chez les Arabes les fondements d’un empire, qui devait devenir plus vaste que l’empire romain , et s’étendre des rives de l’Océan Atlantique aux extrémités de la mer des Indes, des rochers bnllants de

(I) Mabovet (.WoAAnmmfd) naiiuil il la Mekke vpr* r.vn 5#9 de l'ère clirélieiine. Il appnrtriialt par sa naissance k la tribu (les Kureychitti.

l’Etliîopie aux plateaux glacés delà Tartarie.

L’Arabie faisait, comme la Syrie, la Palestine et l’Egypte, partie de l'empire d’Orient ; mais tandis que la Syrie et la Palestine se peuplaient de colonies romaines et grecques, tandis que l’Égypte entièrement conquise avait vu les légions romaines la parcourir jusiiu’aux dernières cataractes , et établir leurs postes militaires le long du Mil , ainsi que dans toutes les villes importantes, l’Arabie était plutôt contenue qu’assujettie : les Romains , sous les Césars , n’avaient pu pénétrer dans l’intérieur, et s’étaient bornés à occuper les villes frontières avec quelques postes maritimes. Leurs garnisons ne réussissaient qu'à prélever quelques impositions souvent refusées, (|tielquefois arrachées par la violence; mais elles n’auraient osé pénétrer dans l’intérieur du pays indompté sans être certainesd’une pêrteinévitable. Retranchées au milieu de leurs sables et de leurs roclwrs, les tribus arabes vivaient indépendantes, isolées, sous le gouvernement de chefs , tantôt électifs et tantôt héréditaires (I), livrés entre eux à des guerres continuelles, mais se réunissant et se secourant fraternellement au moindre signe d’attaque des Romains.

Celte possession précaire fut loin d’acquérir quelque intensité sous les faibles successeurs de Théodose, et l’autorité nominale des empereurs d’Orient avait même cessé d’exister en Arabie , d’où les dissensions intérieures de l’empire avaient fait rappeler les garnisons militaires.

L’état religieux de cette contrée était aussi peu homogène que son état politique : parmi les nombreuses tribus qui composaient la nation arabe , les unes adoraient encore les idoles , objets du en Ite de leurs ancêtres (2); d’autres avaient conservé le système religieux des .Sabéens , et reconnaissaient pour divinités le soleil ou la lune , ou quelques-unes

(I) Dès l'èpiKiiie la plus recuK'e, les parlles habitables île PArable étalent partagées entre diirèreiites familles lie petits prinees, dont le gouvernement était tout à fait patriarcal L'histoire, ou plutôt les traditions postérieures des Arabes, ne nous donnent nue fa liste de leurs noms, sans aucune chronologie précisi*, et açcompagnée de quelque* anecdotes souvent trèsfabuleuses,

(3t La tribu de Thaqyf était idolâtre

fi

(les nombreuses constell.ilions de leur ciel (1). Quelques tribus professaient le Judaïsme (2) : chez un petit nombre le christianisme avait trouvédes prosélytes.

Au milieu de ces éléments discords, de ce chaos de populations se lieurtant l'une l'autre, un homme apparut, destiné à changer de fa('e son pays natal et à lui donner la plus formidable inlluence, non-seulement sur les contrées environnantes, mais encore sur les régions les plus éloignées, dont les noms mêmes étaient alors presque entièrement inconnus aux Arabes.

Son but était de réunir en un faisceau les populations divisées de l'Arabie, de les soustraire au.x ferments de discorde et de haine qu'y faisaient naître les différences de religions et de croyances, d'éteindre et de laire converger en un sentiment commun d'esprit national, toutes ces inimitiés particulières qui déchiraient sa patrie, de peuiiladcs à peuplades, de tribus à tribus, (le familles a familles, de guerriers à guerriers ; de former de tous ces éléments hétérogènes, un tout compacte et lié, qui pilt à la fois entre ses mains résister à l'attaque étrangère, ou prendre l’agressive a son tour.

Scs moyens furent, une religion nouvelle, l’abolition de l’idolStrie et du polythéisme, le dogme de l'unité de Dieu, de l’immortalité de Tâme, des peines et des récompenses dans une autre vie; dogmes qu’il proclamait au nom du ciel , comme ayant été révélés par l’ange Gahriel, pour le bien de tous , à lui seul , prophète et apôtre chargé d’en établir et d\n propager la croyance.

Tels furent le plan et les moyens qu’osa concevoir un homme illettré, mais profond dans ses pensées , hardi et inébranlable dans ses desseins.

(1) Abou'l^Faradj nous apprend que les tribus diverses des Aralies adoraient quelqu'uu des astres, suit soit planéiaires.

La tribu de Hvmyar .'idorail le soleil ; celle

Kendnêh, la lune; Celle de Mfjsuim, roill du Taureau celles de Lakham et de

DjcddnXt Jupiter {él Mechtery) : rêtoile de Caiiopc recevait un culte chez les

descendants de Tdy; Sjrlus {él-Charà (l- Oubour), cliez les lifHy-Qâys; Mercure (.V^/dred) chez les Ilenxj‘A»ad^ ou etc-

(2) Le Judaïsme était professé dans la tribu des Bcny'JSaddyr, à Kfuiybar^ etc.

Cet homme était. Majiomet, rils(T.-/W-

Al/ah (I).

L’épée de ses partisans lui (wnquit de nombreux prosélytes; inai.s ses premiers disciples lui furent donnés par la persuasion et par l’éloquence, et la persécution se chargea d'en augmenter le nombre. t

Son Koran (2), ce premier et véritableinent seul instrumeut de sa puissance, fut alors , et est encore à présent , regardé unanimement par les Orientaux comme un chef-d’œuvre et de style, et de poésie; les Arabes préUrndent même qu'il n'existe dans leur langue aucun ouvrage mieux écrit ; et nous ne pouvons douter que le fils A’Abd-ÀUak fut redevable de la plupart de ses étonnants succès, moins aux glaives de ses prosélytes, qu'aux cent quatorze sourates ou chapitres qu'il sut faire successivement descendre du ciel, pendant vingt-trois ans , suivant les circonstances, pour électrisera propos les esprits grossiers de ses compatriotes.

Le Koran, comme laBible, l’Èvangile, etlesVèdes de l’Inde, renferme des préceptes d’une murale pure ; mais ils y sont entremêlés de lictions assez ri dicules, sur lesquelles la philu.sophie ne pourrait jeter qu’un regard de pitié , si elle ne considérait en même temps que c’est justemeut ce mélangé combiné de vérités et de rêveries qui assura les triomphes de i apôtre de Dieu (3), dont la politique, éclairée parl’étudeduc(cur liiimain et par la connaissance du caractère de ses contemporains , vit bien qu'il fallait parler le langage obscur et inintelligible des prophètes à ceux qui se montraient sourds à sa voix, lorsque, leur prêchant des vérités trop simples pour eux, il leur criait :

« N’adorez que le moteur suprême de « cet univers. Sa toute-puissance a créé « tous les êtres (4) , et sa bonté a pré- « paré pour conserver leur existence, « tout ce qui est sur la terre (5). •

(1) !dohhaviTnc(i ibn-Al>d- Allah : i) fui surnuuiiné Abon-l-Qas.’icm, du nom d'uu liU qui mourut a^nnt lui.

(2) 1a* mot Koran^ ou Qordn, signifie !p livre

par cxecUence , commet les mois Miqra des Hébreux, et ta des Grecs.

'«(3) Résout' Allah.

(4; Koran, sourate II, Jr 51. ^ Sourate

LXIV, t I,

It») Sourate II, > 22, 29.

EGYPTE MODERNE

n II répand également ses bienfoils sur « le fidèle et sur l’inlidèle (1). »

« Ce Dieu est unique , éternel , sans « égal , sans associé; il n’est ni père ni « fils d’aucun être (2). •

< L’homme de tons les cultes, soit € musulman, soit juif, soit chrétien, « soit sabéen, lui est agréable, et lui « paraît digne de ses récompenses, lors- « qu’il est juste, vertueux, et qu’il prati- « que la bienfaisance (3). »

Le style du Koran est différent, suivant les divers objets qu’il traite; tantôt, s'il dépeint le bonheur destiné aux fidèles, c’est une richesse d’images, une magnificence d'expressions qui éblouit par sa variété; tantôt, s’il s'adresse aux ennemis de l’islamisme , c'est un feu terrible qui embrase, un foudre qui pulvérise tous les obstacles.

Du reste, il se ressent du génie de sa langue; ses phrases pourraient peut-être nous sembler un peu trop brusquement coupées, trop dépourvues de transitions. Il est rempli de métaphores que nous pourrions trouver outrées , hyperboliques , et qui ne sont que hardies [lour les Arabes.

Mais il est réellement sublime lorsqu'il parlé de la Divinité, lorsqu’il l’invoque, lorsqu’il lui adresse des prières, toujours exprimées d’une manière noble et éloignée de toute affectation superstitieuse ou invstique.

Tel fut le nouveau prophète, telle fut la nouvelle religion : quoiqu’elle prétendit n’étre autre chose que le rétablissement de l’ancien culte du patriarche Abraham, père des Arabes, et qu’en conséquence elle eût consacré avec adresse l’adoption d’anciennes pratiques religieuses établies en Arabie depuis un temps immémorial, telles que le culte de la Kaabah et le pèlerinage annuel de la Mekkc, elle trouva d’abord, et dans la famille même de Mahomet , de violents contradicteurs.

Mais bientôt de ses plus fougueux adversaires il parvint à faire ses plus zélés prosélytes.

Uiassé de la Mekke, sa patrie, par la tribudes Koreijchites (4), sa propre tribu^

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