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Karak, exil ordinaire des sultans déchus, et au mois de Moharrem de l’aniUMde l’hégire ( 1 ) se lit proclamer sultan, sous le lilK A' 6l-Métek-él- Miel (le roi équitable) , titre qui avait déjà été porté par l’un de ses prédécesseurs , Salûmech , fils de Beybars l" du nom. Fakhr-dddyn, l’ancien vizir du sultan Qalâoun, devint le premier ministre de l’usurpateur qui venait de chasser du trône le fils de son ancien maître.
I/usurpation de Ketboghd sur le trône de l'Égypte fut comme le signal donné à tous les llcaiix, pour fondre sur cette malheureuse contrée. La peste, puis la famine, en décimaient les populations, et la guerre vint mettre le comble à ces dé’sastres ; l’avénement deCAûiMln-A'/ifin à l’empiredel’ Asieréveillaitles haine.sdcs Tartires et les rappelait aux hostilités.
Chazdn-Khdn, lils A' Àrghoun-Khàn, en prenant possession rie la couronne de son père, après les règnes de son oncle, Kaykhtou-Khdn, et de Baydou-Khân , jeta ses regards sur la Syrie, dont il convoitait la conquête. Il accusa Keiboghd, sur un prétexte peu fondé, d’avoir enfreint les traités, et envoya contre lui une armée commandée par Aoulloitk.
Forcé à la guerre, Ketboghd leva des troupes de son côté , et, craignant do s’absenter du Kaire, en donna le commandement à un de ses lieutenants.
Les musulmans ne purent tenir devant le torrent tartare; leur armée fut taillée en pièces, la Syrie entière dévastée : dix mille familles , échappées avec peine au fer et à l'incendie, vinrent se réfugier onï)gypte, ayantàleurtcle leur gouverneur, Pemir Itossam-dd-dyn- Ldgijn, dont l’arrivée fut plus fatale à Ketboghd que la défaite de scs troupes et la perte de scs provinces.
Ijdgyn, surnommé dl- Maiisoury , comme Ketboghd et par la même raison, fut à peine au Kaire, que, de concert avec Qara-Sonnor, il convoqua les émirs en grand aivan, et l’on y arrêta spontanément qu’un sultan qui nevoulait passe mettre lui-même à la tête de scs armées, était indigne du trône.
Au mois de Ramaddân de l’an 696 de l’hégire (2), après environ deux ans de
(1) Cdti* année a commencé le dimanche novfinhn» de Pan 129 J delVreclirèlii’iim*.
(2) 0‘Ue aiiiKt* n ruimnuiicu le luaidi 30 oc* bre de l'aii 1296 de nuire cre.
L'UMVERS.
règne, él-Mélek-d-Adel-Kelboghà fut déclaré déchu du sultanat, et Jlossam- M dyn-Làgyn-él- Mansoury , inauguré on sa place, prit le titre A'él-Mélehd-Man$our(\e roi victorieux), comme le prince dont il avait été l'esclave. On permit à KetboghA de se retirer à Serkhad en Syrie.
Le règne de ce second usurpateur ne fut pas plus long que celui du premier : deux ans après, le onzièmejour du mois de Rabv-él-Tlidny de l’an 698 de l’hégire (2) {l-Hlélek-él-Majisour-Làgyn, après un règne de deux ans et trois mois, fut poignardé par un de ses Mamiouks.
Le trône était vacant; il y eut un iaîerrègnede quarante et un jours, pendant lequel l’émir Seyf-éd-dyn-Taadjy se fit proclamer sultan par queloues partisans, sous le titre de d-Mélek-éï-Qaher, qu’avait déjà porté avant lui Vusurpateur BeydarA. Ce nom leur fut également fatal : comme Beydarâ, Seyf-M-dyn- Taadjy ne régna qu’un jour, et, comme lui, fut massacré par les Mamiouks.
Enfin les émirs procédèrent à l’élection d’un sultan, et le jeune é/-3/é/eA-é/- Nasser, fils de Qa/àoun, alors âgé d’environ quinze ans, fut rappelé à la possession de l’héritage paternel.
Les émirs députèrent plusieurs d’entre eux à Karak, pour ramener ce prince au Kaire : sa mère , qui était auprès de lui , effrayée , et craignant que cette mission ne cachât quelque projet funeste à son fils, refusait de le laisser partir; elle ne fut rassurée qu’en voyant les émirs se prosterner devant lui et le proclamer sultan d’Égypte.
Quelques opposants au rappel de él- Métek-il-Nasser tentèrent ae prendre tas armes ; mais ils furent bientôt forcés à la soumission.
Un danger plus réel vint menacer le sultan. Les Tartares, sous la conduite de ChàzAn-Khân, étaient de nouveau rentrés en Syrie, et l’avaient rapidement conquise : élrMélek-él-Nasser rassembla ses forces, et courut aux Tartares, l’an 700 de l’hégire (2). Les deux armées se rencoutrèrenl à Hémesse; les musulmans furent battus, et prirent la fuite jusqu’en Égypte; mais le sultan les rallia,
<l) Celle année a commencé )e jeudi o octobre de i'nn 139H de noire ère.
f2)CeUe année a commencé le vendredi iô H’ptembredc l'ao 1300 de rère cbréticuoe.
leur joignit des renforts considérables et marcha de nouveau aux Tartares.
Ceux-ci, se croyant définitivement maîtres de la Syrie, avaient levé des contributions considérables et y avaient organisé des gouvernements : suivant l’expression de l’écrivain arabe Gemaléd-dyn-ben-Toghry-Bardy , « ils couc vraient les villes et les campagnes « comme les nuées d’une nuit orageuse. >
Les deux armées se livrèrent bataille dans la plaine A’d-Safer, auprès de Damas: lesEgyptiensplièrentd'abord; mais, revenant à la charge, ils reprirent un tel avantage, que les Tartares furent taillés en pièces; peu d’entre eux échappèrent au cimeterre des soldats de él-Melek-ét- Nasser.
Le sultan vainqueur rentra en triomphe au Kaire , par la porte de la Victoire {Bâb-drNasr)^ et des fêtes magnifiques célébrèrent son heureux succès.
N’ayant plus rien à redouter du côté de la Syrie, il employa ses troupes, l’an 701 de Yhégire (I), à soumettre les tribus arabes de la haute Égypte; l’expéditionfutégalementheureiise: les Arabes- Bedouins furent rejetés dans les déserts, et la victoire mit au pouvoir des troupes égyptiennes, s’il fauten croire un auteur contemporain, cinq mille chevaux, cent mille moutons, trente mille têtes de gros bétail , boeufs ou bufOes , et des armes innombrables. Les femmes et les enfants pris aux ennemis furent vendus au Kaire.
L’an 702 de l'hégire (2) fut une année désastreuse pour les contrées orientales; un violent tremblement de terre répandit la désolation en Égypte et en Syrie; les maisons furent renversées, les eaux des puits élevées jusque hors de leurs margelles; la mer abandonna ses rivages, qu’elle inonda ensuite de nouveau arec furie, renversant les habitations et noyant les habitants.
Le désordre des éléments semblait s’être communiqué aux sociétés humaines. Les émirs s’étaient séparés en partis ennemis les uns des autres; bientôt cea fractions, divisées par la haine et tes intérêts , se réunirent dans un sentiment commun d’hostilité envers le sultan qu’ils avaient deux fois placé sur le trône.
(I) Cette année a commencé le mercredi 6 septembre de fan 1301 de notre ère.
Ci) OUe annee n cmnmenco le dimanche août de Tan 1302 de notre ère.
ÉGYPTE MODERNE
Redoutant leur violence, fl-Melck-tl- Nasser se déteniiiaa à s'j' soustraire avant l’explosion.
Il feignit d’entreprendre un jièlerinage à la \lekke, et, partant sous ce prétexte du Kaire, avec une nombreuse escorte, sur la Qdélité de laquelle il pouvait coinpter, il se rendit à Karak : il s'y fortifia, y fit saisir le trésor (jui y était renfermé, et qui contenait t!7,0U0 dynars (environ 450,000 francs) et 1,700,000 dirlieins ( pre.s de 2,000,000 de francs); puis, renvoyant au Kaire les insignes de la royauté”, il écrivit aux Mamiouks qu’ii abdiquait, et qu’ils pouvaient nommer qui ils voudraient pour occuper le trône en sa place.
A la réception de cette missive, le 2> du mois de RamaddAn de l’auTOS de l'hégire (1), les Mamiouks proclamèrent sultan d'Égvpte, sous le titre d' êi-Mélek el-Mazzaïïer (le roi triomphant), l'émir Rokn-éd-dyn-Beuhars , second du nom, et surnommé a-l)jachmqtjr , comme le fondateur de la dynastie îles Rahariies.
Cette nomination déplut u él-Mélek êl-^'iasxer ;\\ se repentit d’avoir, parson abdication, laissé asseoir sur le trône de son père un de ses anciens esclaves (2).
Au mois de ChaabAn de l’an 709 de l’hégire (3), il partit de AaroA, dont il laissa
(I) Celte année a commencé le vendredi 21 Juin de l'an I3CH de Cère cliréUenne.
i'i) Hi^yhnrs second du nom avait été en effet acheté par le kultan H-Mttek-tl-Mammir-Seiff- Id-dyn-qalôoun , coniine le prouve le douhie surnom rt'é/ .Wiiimu/rv «I iS'dl-St^ypj, joint aux noms ■yiazzüjfer-lîrybars'ét-lija-
chcnqyrf daus le double écusson suivant.
Ces deux écussons sont gravés sur la lame d'un sabre, qui parait avoir appartenaausultan Bnbart, second du nom, et que j'ai rapporté d’Egypte.
(3) Cette année a commencé le mcrcreil tr juin de l’in |300 de l’ére ebréUenne.
le gouvernement à Arghoun, son Mamlouk favori , arriva à Damas , s’y fit reconnaître pour souverain par les émirs, puis se mit en marche pour l’Égypte.
Il y fut joint par de nombreux partisans; rémir Berlak, l’un des principaux chefs des Mamiouks, se rangea avec ses troupes sous ses drapeaux ; alors, sûr du succès , il s’avança sur le Kaire.
Beybars II s’y trouvait sans moyens de résistance. La défection de l'émir Berlak avait entièrement perdu son parti ; il ne crut donc pas devoir attendre son compétiteur au trône; se hâtant d’en descendre, il abdiqua dans la première nuit du mois de Chaouâl, prit dans le trésor 300.000 dynars (4,000,000 et demi), les meilleurs chameaux et les plus beaux chevaux des écuries royales; puis chercha à gagner en fuyant la haute Égypte : à son départ de la ville, U fut arrête par la populace , qui l'assaillit d’invectives et de pierres.
Il ne put se débarrasser de ces groupes acharnés qu’en faisant répandre a pleines mains sur eux l'argent qu’il em|M>rtait. Arrivéà Akhmym, il fut forcé de s’y arrêter.
Il était temps pour Beybars II d'évacuer la citadelle du Kaire; le lendemain même de son départ , jour de la fête du petit Beyram (I), élrMélek-él-Nasser y faisait son entrée et ressaisissait pour la troisième fois l'héritage de son père Çaldoun.
Aussitôt il envoya à la poursuite des fugitifs, leur reprit tout ce qu’ils avaient emporté, et condamna Beybars à être étranglé.
El-Mélek-él- Nasser avait alors atteint sa vingt-cinquième année. Instruit par les seize années de révolutions si contraires qui l'avaient ballotté, il prit, cette fois , des mesures pour rester plus longtemps sur le trône qu'il n’avait pu le faire Jusqu'alors ; et cette fois il réussit à s’y maintenir jusqu’à sa mort, c’est-àdire pendant trente-trois apnées encore.
Ces années furent des années de paix, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur ; Jes seules expéditions qu’entreprit él-Mikk él-Nasser pendant cette longue période, furent deux pèlerinages à la Mekke; et
(I) Celle fêle est célébrée par les musulmans le dixième Juur de Dou-l-Hagéh , dernier mois de leur année lunaire ; ce jour correspuud au 13 mai do l'au I3iu de noire ère.
la seulo relation importante qu'il eut avec les Tartares, fut son mariage, conclu, avec la Hile l’an 720
de l’hégire (1).
Cette tranquillité lui permit de s'occuper d’améliorer le sort de l’Egypte; le Kaire lui doit un grand nombre” d’établissements utiles, la réparation du canal appelé de son nom fl-Khahjg-el- Nassery , qu’il fit recreuser et reconstruire ran 724 de l’hégire (2); sept ponts élevés l’année suivante; un observatoire érigé au Meydàn l’an 729 (3), la reconstruction d’un nouveau palais sur les ruines de celui A'él-Mélek-él-Àchraf, achevée l’an 734 (4) , les ponts de cheybeyn bâtis l’an 735 (5), une belle mosquée appelée de son nom él-Nasseriéh; un palais de justice {Dâr-él-Âdel)\ plusieurs fontaines, plusieurs collèges ou écoles publiques ; enfin le magnifique hôpital du â/oWs/d», commencé par son père Çalâotm, mais agrandi et presque entièrement reconstruit par êl-Mélek-êl-Nasser, qui le dota de revenus considérables (6).
Ses dernières années ne furent troublées que par les intrigues des ministres, qui se disputèrent le vizirat, et qui forcèrent enfin le sultan àabolircc haut emploi.
l'eu après, l’an 738 de l’hégire (7), él-Mclek-fl-Nasscr perdit le plus chéri de scs fils , l’émir Ànouq. Le chagrin qu’il en éprouva lui fit contracter une maladie, dont il mourut le jeudi 21 du mois de Dou-l-llagéh de la 741' année de l’hégire (8), dans la cinquante-septième année de son âge, après un règne de quarante - quatre ans et quelques mois; règne plus long qu’aucun de ceux
(r) CettP anni^'f» a commencé le manll 12 février de l’an i:i20 ilcnolreére.
(2/ Celle année u ronmieiicé le vendredi 30 décembre de l’an 1323 de noire ère.
(3) Cette annee a commencé le samedi 5 novembre de Pau 132)^ de notre érc.
(4) Cette année a coroiiiencé le dimanche I3 septembre de Tab 1333 d<' noire ère.
(5) Celle année a commencé le Jeudi l" septembre de Tan 1334 de notre ère.
(0) 1^ nom de cet bùpital est d’origine persane, et lui a été donné a l'imitallon au grand bdpilal de Damas, connu sou* le nom de BimûrUtdtt^ qui en {M'r^an signilie haUUilion des vutladcs. Vove.2, planche II, la vue de la mosquitî qui fait* partie de ce magniliqiie hospice. Vovez aussi a-des-sus la note 3 de la page l«7.
O’itc année a commencé le mercredi 30 Juillet de l’an 1337 de noire ère.
(8l 0*tle année a commencé le mardi 27 juin de l’an l:llo de nolreère; le 2| du moisde ffonl-fUtgrh rorresnoiidail au muai de Tan 1311 de noire ère.
ui l’avaient précédé ou qui lui sucoéèrent (I).
A’/- .Vé/eÂr-é/- AoMcr laissa en mourant huit fils, quitous montèrent successivement apres lui sur le trône d’Egypte ; mais leur règne fut éphémère, sans éclat, leur avènement voisin immédiat de leur catastroplie : l’histoire n’a guère enregistré que ces deux dernières circonst.inces de leur vie politique. Avec él- Mélek-êl-Nasser mourut le tronc vivace de la famille de Qalâoun. Ses rejetons sans force allaient, en peu d’années, dépérir et disparaître , pour faire place à une nouvelle dynastied'une sève plus active et d’une végétation plus vigoureuse.
Les élections de ces monarques éphémères, ainsi que leurs dépositions successives, semhlaicnt avoir rendu le trône d’Égypte un véritable jouet entre les mains des divers partis qui y appelaient ou eu renversaient ces princes; et il est à remarquer que la priorité de l’âge ne fut aucunement un titre de préférence dans la succession des liuit frères à l’Iiéritage paternel, qui devait leur échapper tour à tour.
L’aîné des fils A'fl-yfékk-dl-Nasser, Segf-fd dyn-Abou-beker, fut le premier qui subit cet arrêt rigoureux de la destinée. A peine quarante jours s'étaient écoulés depuis qu'il avait été ceint du sabre des sultans , sous le titre de lek-(l-Maiuour, quatrième du nom , et déjà il était déposé, exilé à Çous d.ms la haute Egypte, où il mourut a la fin du mois de Safar, l’an 742 de l’hégire (2). Lejour de son expulsion du trône, le harem de son père fut viole et pillé par les Mamiouks.
Son plusjcune frère, Jlâ-vd^yn, surnomme Aom/cAouA: (c'est-à-dire le petit en langue turke), âgé de six ans seulement, fut inaugure après lui, sous le titre de ÉUMilek-il-AchraJ, U* du nom.
(Il Monnaie en cuivre du sultan êl-UêlcIt-eil^Hssir-^bn Qaldoun.
JV B
liiiii de l'iin lail derereclirClîennc.
liCYWE MODERNE.
Cinq mo’is après, au mois de Ramaddftn de la nicme année, ce jeune prince fut déposé comme son frère , et renfermé à la citadelle, du Kaire, où il mourut.
CAaAa6-èrf-rfÿn-.V^wifrf, troisième fils A'fl-Mékk él-Nasser, ramené de Karak par les soins du vizir Taqij-i'd-dijn et l’entremise duklialyfe, y lut renvoyé le 1 2 du mois de .Mo’harretn de l'an 743 de riié^ire (1), moins de trois mois après avoir été salué, comme sultan d’E"ypte, du titre d'el-Mciek-él-yasser, deuxieme du nom.
Son frère, Emad-éd-dyn-Ismâyl, qui fut ensuite inauguré, sous le titre de él-Mélck-él-Saléh, conserva le trône un peu plus longteinpsqueses trois frères : il s’y maintint pendant trois ans, deux mois et quelifues jours. L.e retaiilissement du viziral, l’an 744 de l'hégire (2), l’assassinat de Chahab-id-dijn-.tkmed, son frère et son prédécesseur, l’an 745 de l’hégire (3), sont les seuls événements remarquables de son régne, qui setermina par sa mort, l’année suivante, le 4 du mois de Raby-él-Thâny de Tan 746 de l’hégire (4).
Après sa mort, lesémirsproelamèrent le cinquième des fils A’il-Métek-fd-yasser, Zeynr(d-dyn-Chaabàn,sou^\t\\UeA'él- Mclek-él-Kaniel{[e roi accompli). Ce fut un despote cruel , qui s’attira la haine universelle : un poète contemporain , Sefady, jouant sur son nom A'êl-Kamel, fit contre lui les deux vers suivants :
n Avec quelle rapiditédcplorable s’est « éclipsé le bonheur qui accompagnait « la famille de Ça/doun.'
« l..e malheur de l’Egypte voit son ac- •• compUsseme/U dans le règne du roi « accompli. »
Ce règne tyrannique dura un an et nuelques inoîs : (l-Mélek-él-Kamel fut déposé dans le mois de Gemady-êl-Aouel de l’an 747 de l’hégire (5 ).
Son frère, nommé comme lui Zeynéd-dyn et distingué par lé surnom de /May, leremplaça, sous le titre AcH-Mélek-Él-MozzajJcT, troisièmedu nom. Plus
( I ) Celte année a commencé le jeudi e Juin de l'an i.aé'i de notre ère.
(2) Celle année ,i commencé le lundi 2& mai de l’an 1343 de notre ère.
(3) Cette année a commencé le samedi Is mal de l'an 1.1*4 de notre ère.
(4) Cette année a commencé le mercredi 4 mai de l'an 1.146 de notre ère.
(6) Celte année a comraencii le lOudi 24 avril de l'au 1340 de l'ere cliretieiiue.
cruel encore que son prédécesseur, il ne régna comme lui (|u’un an et trois mois, et fut massacré le 12 du mois de Ramadddn de l'au 748 de riiégire(l).
Leseptième lits AeAl-.t/c/ek-él-iXasser, nommé Sasxer-êd-dyn- Hassan, fut, apres le meurtre deson {rérellagy, inauguré ù son tour, sous letitredeé/-.Méie/i:êl-i\asser, troisième du nom. Sa fortune eut quelque analogie avec celle du sultan son père et son homonyme : comme lui il descendit du trône pour y remonter ensuite : il s’y soutint d’abord pendant trois ans et dix mois, grôce ù l’habileté de l’émir .-///cmycA, son régent: mais au commencement du mois de Régeb de l’an 7.'j2 de l’hégire ( 2 ) il fut déposé et emprisonné à la citadelle du Kaire.
.Son dernier frère, huitième üls ded/- .Vélek-^l-yasser , et nommé Saléh-.Salà/i-f’d-dyn, lui succéda avec le titre d’dé- Mélek-tH-.'ialé/i, deuxieme du nom. Il eut pour régent l’émir Cheykhoun, et il resta sur le trône pendant trois ans, trois mois et quatorze jours.
L’annee 754 de lliégirc (3) fut signalée, parune peste cruelle, qui ravagea l’Égypte entière, et emporta l’imàm él-Hakem 6e-fi«ir-///oA, deuxième du nom, alors titulaire du khniyfat; il fut remplacé parson oncle él-.Moladded-b- Il/nh. I.a discorde déchira ensuite le ministère; les intrigues dedéux renégats cophtes, Mouaffyqéd-dyn et Élm-id-dyn, qui chercliaient mutuellement à se supplanter dans le vizirat, mettant enjeu les différents partis, finirent par entraîner le renversement du sultan lui-méme. FA- Mêle k-él-Salèkl liai déposé le 22 du mois de Chaouôl de l’an 755 de l’hégire (4). Cette déposition du sultan fut faite au profit de son prédécesseur, il-Mclek-fl-Sasscr-Hassan, qui, de concert avec l’émir Tag-éd-dyn , avait tramé cette révolution du fond de sa prTson , et réussit à en sortir, pour s’y faire remplacer par son frère.
Remonté ainsi sur le trône, è/-A/èfcAél-Nasser-Hassan s’y maintint pendant six ans, sept mo'is et quelques jours, par lessoinsde l’émir Tagé-d<lyn,q\i'\\ avait
(Il Cette année a commencé te vendredi 13 avril de l’an 1347 de notre ère.
(2) Cette année a commencé le lundi 28 février de fan 1351 de notre ère.
(3) Cette année a commencé le mercredi 0 février de fan 1353 de l'èrc chrétienne.
(4) Celte annie a commencé le di.Tianchc 20 Janvier de l’au 1354 de notre ère.
LUNIVERS.
récompensé en le choisissant pour son vizir; mais le 9 du mois de Gemady-él- Aouel de l’an 7G3 de l'hégire (i), il périt victime d'un complot des principaux émirs (2).
C'est à ce prince que le Kaire doit la plus magnifique de ses mosquées , celle qui décore la placedeRoumelyéh, en face de la citadelle, et qui est connue sous le nom de él-Gâmè-él-Ilassaiiyéh,ou de mosquée du sultan Hassan (3).
L’assassinat du sultan ét-Mélek-él-Nasser-Hassan valut le trône à son neveu Mohammed, fils du sultan él-Méleh~Él~ Mozza//er-Hagy , et qui était alors âgé de quatorze ans.
Il prit à son inauguration le titre d’él- Mélek-ét-Mansour (cinquième du nom ) ; mais, deux ans environ après, au milieu du mois de Chaabân de l’an 764 de l'hégire (4), il fut obligé de remettre le sabre royal et les autres insignes du sultanat (h) à son cousin Chaabân-ben- Housseyn, arrière-petit-fils du sultan Qalâounifi) : celui-ci, âgé de dix ans
^1) OWc iinnëc a commenré le mercredi il novenilm* de Tmi notre err.
f 2 J Monnaie eu or (lu .suUaii él-Afétek~él* fhtssan.
<3> Voyez pour cette mosquée les plancbes 8, 0, 10 et 14.
(4^ Cette année a^mmencé te vendredi 21 octobre Tan I5S2 de notre ère.
(b) On sait que les cérémonies du oouronnement , dans (^Orient, consistent à ceindre solennellemeot le sabre royal.
^6) Depuis Ka déposition ce prince vécut dans la retraite et l'obscurité ]usqu*à Téee de plus de cinquante ans : il ne mmirat que ran 801 de l'hêitire (1308 de l'ére chrétienne).
Moiinaieenordii sultan ét-Mèlfh-ét^féamour^ Mohamed, frappé au Kaire, l'an 784 de l*béqire ( 1302 de l'err diréiieune).
seulement, reçut à son investiture le titre de êl-Méiek-él-AchraJ , troisième du nom.
Le règne de ce sultan se prolongea pendant quatorze ans, deux mois et quelques jours. Les onze premières années furent assez paisibles (1>; mais le reste de son règne ne fut qu’une suite non interrompue de désordre», de troubles et de catastrophes sanglantes.
Yl-Boghà-êî-Amry, principal émirdes Mamioiiks, avait été nommé régent ; l'an 776 de l’hégire ( 2 ), il fut assassiné dans son propre palais et coupé en morceaux par ses Mamiouks eux-mémes, ayant à leur tête l’émir Jssendivier :
de là la tourbe furieuse osa aller attaquer le sultan lui-inéme : leur agression fut repoussée après un violent combat, et leur chef périt dans la mêlée.
El-Gay-él-Youssoufy devint alorsirégent: cachant avec adresse ses visées ambitieuses, il capta la faveur de son maître, et parvint même à èn épouser la mère.
Devenu par ce mariage maître de trésors considérables et se croyant dèe lors en état de se placer lui-même sur le trône, il leva audacieusement le mas-
3ue, poignarda l’épouse qu’il venait 'obtenir, se mit à la tête des meurtriers A'YirBoghd, et courut avec eux assaillir le sultan, qu’il espérait surprendre sans défense; mais celui-ci se tenait sur ses gardes : les conspirateurs et leur chef furent repou.ssés aveeperte, et poursuivis jusqu’au Nil, où tous se noyèrent.
(I) Il y «ut pourUDl, U troisième année du règne de oearince, une grande famine en Egy pté et en Syrie. Les habilanis, an rapport des historiens, mangèrent tes charognes , tes chiens, quelques-uns même leurs propres enfauts : Il y eut des localités où la dlsetle dora trois années ; mais ce fléau n'amena aucun trouble politique.
{ i) OUe année a commencé le londl 13 Juin do i'an Itri de uotrecre.
E O IPTO
Mcïquita (le; Sukj.n lUson !a.pccrta
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ÉGYPTE MODERNE
D'autres complots se succédèrent encore : él-Mélek-él-Achraf III était parti pour le saint pèlerinage de la Mekke ; les émirs le guettèrent sur la route, et lui dressèrent une embuscade dans les gorges A'Oqbah.
L’escorte du prince fut entièrement massacrée et lui-méme réputé au nombre des morts.
Les assassins revinrent au Kaire, et offrirent lacouronne vacante au klialyfe ét-Motomkket^aUi-Allah, ^ui, l’an 763 de l’hégire (1), avait succède à êl-Motadded-b-lUah. Le khalyfe se garda bien d’accepter un présent aussi dangereux.
« Choisissez qui vous voudrez, dit-il, je • lui as.sure d'avance ma sanction. »
Mais les émirs apprirent bientôt que leur royale victime avait heureusement échappé à leurs coups et que, rentrée secrètement au Kaire, elle s’y tenait cachée chez quelques amis fidèles : ét-Mélek-él-Achraf-Chtmbàh fut recherché, mis à prix , découvert , arraché de sou asile, et impitoyablement étranglé, le 15 du mois de Dou-I-Qadéh de l’an 778 de l’hégire ( 2 ).
Le jeune fils A'él-Mélek-êl-Achraf III, nommé Aly, et âgé de sept ans, fut placé par les meurtriers sur le trône ensanglanté de son père : son bas âge lui laissait ignorer que ce trône était la tombe paternelle , et devait bientôt devenir la sienne. On décora le roi enfant du titre de él-Métek-él-Mansour ( sixième du nom) , titre déjà si fatal à quatre de ses prédécesseurs. L’émir Layn-Beyk lui fut donné pour régent.
Layn-Oeyk fut bientôt remplacé par l’émir Qarlay, puis par l’émir Barqouq : Barqouq prédestiné à anéantir cette dynastie, et a devenir lui-méme la tige d’une nouvelle. Cependant le régent, ajournant ses plans, quels qu’ils fussent,
(I) Cette année a conunencé le dimanche SI octobre de l’an 1381 de notre ere.
(-i) Otte année a commencé te mercredi SI mai de t'an 1378 de l'êre chrétienne.
Monnaie du aultan il - Milek - él • Achraf • Chaabdn.
gouverna pour et au nom de il-Mélek-él Mansour-Aly jusqu’à la mort du jeune prince, arrivée au mois de Raby-él-Aouel de l’an 783 de l’hégire (1), après un règne de quatre ans et quatre mois.
Son frère Hâgy , second fils A'él-Mi~ Uk-él-Achrc{f-ChaabAn, âgé de six ans seulement , fut proclamé comme son successeur, sous le titre d ’él-Métek-él-Saléh, troisièmedu nom. A peineavait-il occupé le trône dix-huit mois et demi, t^ue Barqouq, ne déguisant plus ses projets d’usurpation, le fit déposer et exiler, le 18 du mois de Ramaddàn de l’an 784 de l’hégire (2), et s’empara lui-même du pouvoir.
Avec l’autorité de ce dernier rejeton de la famille du sultan QaULoun, seteignit la domination de la première dynastie des Mamlouks , dite des Baharites ou Twkomans, qui avait occupé le trône d’Égypte pendant l’espace de cent trente-six années.
Elle périt par les mêmes causes qui avaient amené le renversement de la dynastie des Ayoubites; tant il est vrai ^ue les exemples des catastrophes antérieures sont inefficaces pour l’instruction des générations qui les suivent , malgré cet axiome si sage du khalvfe Aly-benaby-Taleb : « Heureux celui qui s’ins- < truit par le malheur d’autrui, et qui par « les catastrophes passées apprend à ne « pas fournir à ceux qui le suivront • l’exemple de ses propres infortunes. >