‹ L'UniversChapitre 50 sur 121 · OY )''I'K M •!. H I- .N K · texte numérisé non relu

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des ouvriers et des outils de tout genre; il faisait prendre à Rome l'imprimerie grecque et l’imprimerie arabe de la Propagande, avec des proies et des imprimeurs ; il formait une collection complète d’instruments de chimie, de physique, de mathématiques; enûn, il associait à son entreprise les hommes les plus illustres dont la France pût alors s’enorgueillir, soit dans les sciences, soit dans les arts, et organisait cette commission célèbre dont les travaux devaient, non moins que l'héroïsme de nos soldats, immortaliser l’expédition d’Égypte. Guerriers , savants , artistes, toiis nrûlaient du désir de s’attacher à la fortune du jeune général. Où iraiton avec lui? on ne s’en doutait pas, mais on était prêt à l’accompagner au bout du monde...

Bonaparte, nous l’avons dit, avait reçu l'autorisation de conduire quarante mille combattants sur les bords du Nil. Il composa principalement son armée de fantassins, et n’y incorpora que deux mille cinq cents hommes de cavalerie , que mille à douze cents hommes des arnaes de l’artillerie et du génie. L’opinion de Bonaparte, opinion qu’il a consignée dans tous ses écrits militaires, était cependant que la cavalerie doit, en thèse générale, entrer pour un quart ou au moins pour un cinquième dans la composition d’une armée. S’il dérogea volontairement, en cette circonstance, è une règle qu’il a toujours suivie, c’est sans doute qu’il méditait déjà sur la tactique à employer pour vaincre la pétulante cavalerie des mameluks, seuls adversaires redoutables qu’il dût rencontrer en Égypte , et que d'avance il songeait à leur opposer d’immobiles carrés d’infanterie , des citadelles vivantes de baïonnettes....

Les trente-sept mille et quelques cents fantassins que compta l’armée expéditionnaire lui furent fournis par quatre demi-brigades d’infanterie légère, et par dix brigades d’infanterie de ligne, ou , comme on disait alors, d’infanterie de bataille.

Les quatre demi-brigades d’infanterie légère étaient la 2*, la 4', la 21 • et la 22*; les dix demi-brigades d’infanterie de bataille étaient la 9*, la 18*, la 18*. la 2S*, laîî*, la61',la C9',la 75', laSS'et la 88'.

Les deux mille cinq cents cavaliers, tous hommes d'élite, provenaient du 23' régiment de chasseurs, du 7' bis dehu.',-sards, et des 8*, 4', IS*, 18' et 20" de dragons.

L’armée comprenait en outre un escadron de guides à cheval et un bataillon de guidfes à pied , deux compagnies de mineurs et un bataillon de sapeurs, un bataillon d’artillerie à cheval et quatre bataillons d'artillerie à pied.

Les sept régiments de cavalerie , en V ajoutant les guides et les artilleurs à cheval , donnaient un personnel d'environ trois mille hommes. Bonaparte lit mettre à bord de la flotte beaucoup de selles et de harnais; mais il ne voulut embarquer que trois cents chevaux , afin d’avoir en arrivant quelques cavaliers montés et quelques pièces attelées.

Quant au reste de sa cavalerie et de son artillerie, il se proposait de l’équiper aux dépens des mameluks.

Parmi les officiera généraux qu’emmenait Bonaparte , citons d’abord Kléber, Desaix, Caffarelli-Dufalga, qui n’avaient pas encore servi sous ses ordres, mais qui avaient suffisamment fait leurs preuves à l’armée du Rhin. Nommons ensuite Berthier, Reynier, Bon, Menou, Murat, Dommartiu, Andréossy, Dugua, Vaubois , Baraguay-d’Hilliers , Alexandre Dumas, Lannes, Vavoust, Rampon, Leclerc, Lanusse, Verdier, Vial, Donzelot, Lagrange, Belliard, Friant, qui déjà l’avaient si bien secondé en Italie.

Berthier était le chef de l’état-major général de l’armée. Desaix, Kléber, Reynier, Bon, Menou, commandaient les'cinqprincipalesdivisionsd’infanterie.

Murat commandait la cavalerie. Le brave et savant Caffarelli-Dufalga , amputé d’une jambe depuis 1793, dirigeait le génie; Dommartin, l’artillerie; Andréossy , les équipages de pont.

A tous ces noms, déjà célébrés, nous pourrions joindre ceux de beaucoup d’officiers qui allaient partir dans des grades inférieurs, mais qu’une grande fortune attendait aussi. Mentionnons seulement Savary , plus tard duc de Rovigo , Marmont, plus tard duc de Raguse, Brssières, plus tard duc d'Istrie , et ce Bertrand, plus tard... compagnonsi dévoué du captif de Sainte-Uélène. Tous les quatre, ils devaient un jour devenir ma-

rér.haux ou lieutenants généraux ; mais ils n’étaient alors, le premier que caitaine, les trois autres que chefs de rigade , c’est-à-dire colonels. Tous les quatre devaient se voir un jour investis des plus hauts commandements; mais en 1798, lorsqu’ils s’embarquaient pour l’Égvpte, Savary n’était qu’aide de camp du général Desaix ; Marniont ne commandait qu’une demi-brigade d’infanterie légère; Bessières, qui par la suite commanda la cavalerie de la fameuse vieille garde, ne commandait que le bataillon et l’escadron des guides; Bertrand lui-inéme, le plus distingué peut-être de tous les officiers du génie qui ont fait les guerres de l’empire , ne commaodaitque le bataillon desapeurs.

Au nombre des aides de camp de Bonaparte, Gguraient encore des noms à citer. C'était son frère Louis; c’était son beau-GIs, Eugène Beauharnais; c’était Merlin , Gis du directeur de ce nom ; c'étaient Julien, Guibert, Sulkowski, Lavalette, Junot, Duroc.

Rappelons enGn que le citoyen Sucy était commissaire ordonnateur en chef de l'armée d’Égypte, et que quand sa mauvaise santé le força de retourner en France il eut le citoyen Daure pour successeur ; que le citoyen Poussielgue était contrôleur en chef des dépenses , et qu’il devint ensuite administrateur en chef des finances de la colonie ; que le payeur en chef était le citoyen Estève; que le médecin en chef était Desgenettes, et le chirurgien en chef Larrey.

Telle était, dans ses principaux détails, la composition de farmée de terre.

Quant à l’armée navale , quant à la flotte qui allait transporter Bonaparte et ses compagnons en Égypte , elle comptait treize vaisseaux de ligne, dont un,fOrient, de cent vingt canons, deux de quatre-vingts, et dix de soixante-quatorze ; elle comptait encore huit frégates, les unes de quarante, les autres de trente-six, et deux bricks; elle comptait de plus deux vaisseaux de soixante-quatre et six fr^ates, lesquels avaient été pris aux Vénitiens et étaient armés en flûtes; enfln, elle comptait soixante et douze cutters, avisos , nonibardes et autres petits bâtiments de guerre. Cette flotte, une des plus nombreuses qui aient Jamais sillonné les vagues, puisqu’elle comptait

cent et quelques voiles et qu’elle allait escorter quatre cents et quelques navires de transport, était commandée par le vice-amiral Brueys, qui avait sous ses ordres les contre-amiraux Villeneuve, Blanquet-Duchayla , Decrès , et pour chef d’état-major le chef de division Ganteaume. Ou évaluait à environ dix mille hommes le total des gens de mer.

La commission scientiGque et artistique qu’avait organisée Bonaparte, et qui allait le suivre, comptait au delà de cent membres. Elle avait des sections de géométrie, d'astronomie, de mécanique, de chimie, de minéralogie, de zoologie, de botanique, de chirurgie, de médecine et d’â»nomie politique. Elle comprenait, en outre, des littérateurs, des ingénieurs-géographes , des antiquaires, des architectes , des peintres et des dessinateurs. Elle avait enfln un ingénieurmécanicien hydraulique, un sculpteur, un graveur et des musiciens.

Dans la section de géométrie, on remarquait Monge, Fourrier, Costaz, Malus; dans la section d’astronomie, Beauchamp, Nouet, Quesnot;daos la section de mécanique. Conté, Coutelle, Ha.ssenfratz, l’Homont; dans la section de chimie, Berthollet, Descostils, Champy père et Champy fils; dans la section de minéralogie , Dolomieu , Cordier, Rozières; dans la section de botanique, Nectoun et Delille; dans la section de zoologie, Geoffroy-Saint-Hilaire et Savigoy; dans la section de chirurgie, Larrey, Dubois père et Dubois Gis; dans la section de médecine, Desgenettes, Laberte et Lacipière; dans la section d’économie politique, Fauvelet- Bourienne, Regnault-Saint-Jean-d’An-

n, Gloutier et Tallien.

armi les littérateurs, figuraient Arnault et Parceval - Grand’maison ; parmi les ingenieurs-géographes, Jomard atné, Testevuide, Simonel, Jacotin, l.educ,Coraboeuf; parmi les antiquaires , Ripault et Panuzen ; parmi les architectes, Lepère, Norry , Demoulin ; parmi les peintres. Redouté, Rigolo; parmi les dessinateurs, Denon, Dutertre. Portai.

L’ingénieur- mécanicien hydraulique était Cécile ; le sculpteur, Casteix ; le graveur. Fouquet. Les musiciens-chefs étaient Villoteau et Rigel.

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ÉGYPTE FRAKÇAISE. 15

A la tête de rimprimerie était Marcel, Constantinople. Selon d'autres , il allait le même qui pendant tout l'empire di- dans la mer Noire restituer à la Porte I igea l'Imprimerie impériale. la Crimée, sur laquelle la Russie avait

Au nombre des interprètes étaient naguèremislamain.Selond'autresen- Ventureet AmédéeJauben. eore, il allait dans l'Inde prêter secours

Enfin, l'école Polytechnique, fondée au sultan Tippou-Sabeb contre les Andepuis quatre ans, avait, sur la demande glais. Quelques-uns , approchant davanexprcsse de Bonaparte, qui plus tard tage du véritable but, soutenaient que l'appelaitsapou/eauxaru/s <f or, fourni Bonaparte et ses compagnons allaient sept de ses élèves pour accompagner percer l’isthme de Suez , ou bien dé-

l'expédition. C’étaient les nommes Ca- narquer sur les bords de l’isthme , se ristie,Duchanoy, Pottier, iomard jeune, rembarquer dans la mer Rouge et ga-

Vincent, Viard'et Alibert. gner ainsi l'Inde. Quelques autres, tou-

Chose merveilleuse : au 20 avril, c'est- chant le but même, prétendaient que la à-dire six ou sept semaines seulement réunion des savants et des artistes qui après le Jour où Bonaparte avaitarraché devaient accompagner Bonaparte indiau Directoire la permission départir quait, à ne pouvoir s'y méprendre, pour l’Égypte, tout était prêt pour le qu'il était question d’un vaste établisdépart. Tous les navires de commerce semeiit colonial, et que Bonaparte irait que la flotte devait convoyer étaient en Égypte. Mais vainement les jourréunis aux quatre points fixés pour naux, en France même, soulevaient-ils leur réunion; toutes les troupes expé- uncoindurideau mystérieux, vainement ditionnaires étaient rendues aux mêmes prônaient-ils les avantages que la répupoints, et n’avaient plus qu’à monter blique retirerait de la possession de a bord ; tout le matériel, tous les appro- l’É^pte , on s’obstinait a méconnaître visionnements, étaientembarqués. Ami- ces indices et à ne regarder les préparaux et généraux, matelots et soldats , ratifs décolonisation que comme une savants et artistes, tous étaient à leur feinte. Les habiles imaginaient un plan poste. bien autrement profond. Suivant eux.

Chose plus merveilleuse encore ; tout cet attirail, qui semblait décéler un malgré le grand nombre d’agents siipé- projet de colonie, n’était qu’une ruse, rieurs et secondaires qui avaient con- qu’une fausse démonstration à l'effet couru aux préparatifs, le secret, si né- de tenir les Anglais dans l’incertitude cesxaire au succès de l’entreprise, n’avait et de les forcer a disséminer leurs forété pénétré par personne. On peut dire ces navales sur plusieurs points. Boiia-

âuedeleur côté Bonaparte et les cinq parte voulait simplement, avec l’escadre irecteurs l’avaient gardé religieuse- de la Méditerranée , franchir le détroit ment. Ils n'avaient mis qu’un seul indi- de Gibraltar, venir attaquer l’amiral vidu, que le ministre des affaires étran- lord Saint-Vincent, qui bloquait Cadix, gères , dans leur confidence ; encore le contraindre à s’eloimer, débloquer était-ce pour obtenir du citoyen Talley- ainsi l’escadre espagnole et la conduire rand , dont l’babileté diplomatique était à Brest, enfin obtenir par cette joncdéjà célèbre, qu’il se diargeât d’aller à tion des deux plus puissantes marines Constantinople faire agrâr au divan du continent une force navale suftil’invasion de l’Égypte. santé pour protéger et le trajet et le

Depuis six semaines, les nationaux et débarquement de rarmée française qui les étrangers, témoins des apprêts extra- se préparait à assaillir les lies britanniordinaires qui se faisaient à Toulon et ques. Le centre et l’aile droite de cette dans les autres ports de la Méditerra- armée, c’étaient les cent -cinquante née, formaient des suppositions detoute millehommesqui garnissaient les camps sorte. — Où va le général Bonaparte? nombreux formés sur l’Escaut, sur les se demandait-on en France et en Eu- côtes du Pas-de-Calais , sur celles de la rope. Où conduit-il ces marins , ces Normandie et de la Bretagne. L’expéguerriers, ces savants? — Il va, di- dition de la Méditerranée n’était réellesaient les uns, envahir le Brésil. Il ment que l’aile gauche de Tannée ifyfnva, disaient les autres, s’emparer de g/eferre/ainsis'appelait-elleàjustetitrc.

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