CHAPITRE III
Dynastie des Ommyades. — Les khalytes Moaouyati premier du nom. Yezyd premier, Muaauyah II. — Abd-Aliali hcn-^béyr. — Merou.àn premier. — Abd-él-Melek.— An'irouèbnél-\;'Ls rétabli au nouvcnirmenlderÊgypte. — (Jouvemeurs de i'Egypte après lui. — ÀUi.ih. — Aqabali ben-Aamcr. — Moseyiemah. — Saydél-Azdy. — Abd-ér-ralimàn. — Atnl-él-Azyi:ben-Mcrouàn. — Abd-.Ulah ben-Abd-èl-Mclek. — Ëtat de l’Ëglise cophie a celte époque.
Au milieu de tant de troubles, d’in-
( I ) Cette année a commencé te vendredi 7 moi de Tan 001 de Tère chrétienne.
( 2 ) Ceet ce prince que dos écrivains col oomme Monviv p^xwicr.
triées et de débats saaslants , la première dynastie des khalytes successeurs immédiats et lé;;itimes du Prophète venait ainsi de s’ Crouler, après avoir occupé l’empire de l'islamisme pendant trente années (1).
Maître enfin du trône du khalyfat, but si longtemps poursuivi par son ambition, Moaouyan , fils A' Abou-SofyAn, était parvenu, en dépossédant Aly et ses descendants , à régner seul l'an 41 de l’hégire, et à fonder une nouvelle dynastie : l’autorité souveraine des kbalyfes fut dès lors établie sur des bases nouvelles , et l'islamisme vit un changement fondamental altérer dans son essence la puissance des chefs suprêmes auxquels il était soumis. Sous les premiers kbalyfes, cette autorité s’était transmise par la voie d’élection, et non par droit de succession ; on avait même vu l’un de ces princes refuser, en mourant, de laisser inscrire son propre
(I) Noos De conoeiuons qan bien peu (lea monoale» frappées sous oes premiers khalyfes de la dynaslit Ugilime : DUOS eu dooueroiu ici
les empreintes.
Ces monnaies ne sont qu’en cuivre, aucune
IIU qu eu kèUITlVT,
monnaie d'argent üq d^nr n'ayant été frappée per les muâulmans avant le regoe d\4bd él^ Sfckelefu
fils au nombre des candidats éligibles , consacrant par ce refus le principe établi, que la souveraineté appartenait de droit au peuple musulman, électeur de ses chefs, et que le khalyfe élu n'était réellement que primus i/Uer pares, ne tenant son pouvoir spirituel et temporel que du choix de la majorité et de la liberté des suffrages.
Moaouyah, parvenu par la violence au trône, sans avoir été élu, retira au peuple musulman le droit d’élection, et rendit la dignité de khalyfe héréditaire dans sa famille. Les premiers sectateurs de l'islamisme avaient obéi librement à des chefs ; depuis Moaouyah ils furent assujettis par des maîtres.
Cette nouvelledynastie, qui régna sur les musulmans pendant quatre-vingtonze ans , est connue sous le nom ues Ommyades (1), d’après le nom d’Ommyah, bisaïeulde Moaouyah. Le nouveau khalyfe était en effet filsdeAa/taô Abou- Snfyàn, et petit-fils de HeUeb dont Ommyah était le père, et dont l’aïeul Ahd-él-Ctiems était frèrede Hachem, bisaïeul du Prophète; ainsi ^M-êf-.Vena/, père de Hachem et de Abd-él-Chems étant l’ancêtre commun de Moaouyah et de Mahomet (2), l’usurpateur qui fondait sa nouvelle dynastie pouvait couvrir son usurpation violente a’un vernis de légitimité, puisque sa race, comme celle des
Sréc^ents khalyfes , se rattachait à celle e l’apôtre de llslamisme.
Cependant, malgré ses prétentions à cet egard , l’absence de toute décision libre, et les moyens violents employés
Four se saisir de l’autorité , comme aussi hérédité illégalement établie dans cette famille, entaenèrent d’un vice fondamental la dynastie des Ommyades; les dynasties qui lui succédèrent, quoiau’en conservant l’hérédité en faveur de leurs propres descendants, s’accordèrent à traiter les Ommyades d'usurpateurs ; et les historiens arabes les ont souvent flétris du nom de Pharaons ou de tyrans (3).
Quoi qu'il en soit, Moaouyah, sans s’in-
( I ) Beny'Ommyah ( fiU d’Ommyah).
(2 ) Moaouyah tenait auMi du cdté maternel à la famille du Prophète, sa mere Uendah étant lillo d'./<6a/>etpeUle>rilltide Habtah^ ftlsd*.<^6(/él^Cham.
(:t) tt-rayn heny'Ommyah (les Pharaons fil.i irOiuinvah ).
EGYPTE MODERNE
quitter des iiiiirinurcs et du mécontentement général , ne s’occupa qu’à consolider son autorité dans les nouvelles jirovinces qui venaient d’étre soumises a son pouvoir.
L’Égypte était la plus importante de ces nouvelles .acquisitions. Moaoiiyali sentit toute la nécessitcd'y placer, pour gouverneur, un homme sur fa fidélité et le dévouement duquel il pût invariahlement compter : il avait d'ailleurs à récompenser le zèle et l’attachement signalés d’Amrou ébn-él-Aâs, le plus actif de ses affidés, dont le courage lui avjit soumis une grande portion de la Syrie, et a l’habileté duquel il devait le traité frauduleux qui l’avait élevé au trône.
D’après ce double motif, à peine devenu khalvfe, Moaouyah rétablit //mrou ebn-él-Aàs dans ce gouvernement de l’Égypte, dont Otbmân l’avait dépouillé.
Rassuré, par ce choix, sur les provinces occidentales de son empire , Àloaouyahse retira à Koufah, où il Gxa le siège âe sa domination, et s’occupa principalement d’établir son autorité dans les
Îirovinces orientales : il était en effet oin d’étre satisfait des dispositions de ceux qu i en avaient le gouvernement, et son propre irkreZayad, qu’Aly avaitetabli gouverneur de la Perse a Istakhar, avait d’abord refusé de le reconnaître our kfaalyfe ; par des négociations hailement conduites, il obtint enfin les adhésions nécessaires à sa tranquillité.
Mais Amrou ébn-él-Ads ne proGta pas longtemps de sa rentrée à son gouvernement ; à peine un an et quelques mois s’étaient foulés, qu’il y mourut, l’an 43 de l’hégire (1), au moment où il allait enGn Jouir en paix du poste qui avait été le but constant des fatigues de sa vie agitée.
Lekhalyfe, appréciant la pertequ’il faisait d'uii serviteur si dévoue, ne crut pouvoir le remplacer qu’en donnant le gouvernement de l’Égypte à un de ses propresfrères, Atbah, îifseomme lui A'Aoou- Sojiàn. Mais Atbiah n’eut qu’une Jouissance encore plus courte que celle d’Amrou, et mourut, à Fostatt, moins d’une année après sa nomination, l’an 44 de
( I ) Cette année a commencé le samedi I s avril de Ton osa de fcre vulgaire.
l’hégire (I). Il fut remplacé Aqabah , lils de Aamer el-Djehany.
Peu de mois s’etaient écoulés de-
fiuis la nomination de ce gouverneur, or.sqiie le khalvfe, inenoiitent de son administration, et se déliant de ses dispositions, le révoqua de ses fonelions, l’an 45 de l’Iiegire (2), et le remplaça par Moseylemah , fils de Mokhalled êl- Hazrahy^ l’un des principaux personnages de Médine. La vice-royaute de celui-ci dura plus que celle de ses prédécesseurs, et il conserva ses hautes fonctions Jusqu’après la mort du kbalyfe Moaouyah.
Voseulemah se montra digne delà conliance du kbalyfe. L’an 46 de l’hégire (3), des troupes envoyées par lui d’Égvpte , sous la conduite dé Bâcher, fils d'Àrtah, s’avancèrent à l’occident , conquirent une artie des côtes de iM.auritanie, et s’étalirent à Kayrouôn, ville qui remplaçait l’ancienne Cyrèns, qui fut par ses ordres entource de fortilicatioiis.
L’an 50 de l’hégire (4 ) , Moaouyah, se voyant bien affermi dans son autorité, songea a poursuivre activement son dessein de rendre le khalyfat héréditaire dans sa famille : dans ce but, il lit prêter d’avance serment de fidélité à son fils Yezyd, qu’il déclara son successeur. La crainte força les uns à ce serment, les autres furent gagnés par des faveurs et des largesses; mais quatre des principaux personnages parmi les musulmans se signalèrent par une opposition généreuse et inébranlable, en persistant au refus d’un serment subversif de l'ancienne institntion politique de l’islamisme. Ces réfractaires opiniâtres furent trois fils des précédents kbalyfes, Hotseyn, fils d’Aly, etdontlefrere Hcussânétzil mort empoisonné, à Médine, l’annécprécédente, Ahd er-Rahman, filsd’Abou-Beker, et Abd~ Aüah, fils d’Ü(nar; le quatrième opposant, non moins considéré parni les musulmans, était Abd-Altah, lils de Zobeyr, qui par la suite devint klialyfe a son tour.
( I ) Cette année a commencé le Jeudi 4 avril de l’an est de l’éro vulgaire.
( 2 ) Celte année a commencé le lundi mars de l'an eas de l’ére vulgaire.
(3) Celle année a commencé le vendredi 13 mars de l'an eec de l'ere clirélieune.
i « ) Cette ann«' a commencé le mardi 29 janvier de l’an C7U de fcre ctiretieuue.
L’UiMVERS.
L'an 58 de l’hégire ( I ) fut remarquable par la mort du patriarche jacobite d'Alexandrie AgaOtos : il fut remplacé cette même année par le patriarche Yohanna (Jean). Celui-ci signala son patriarcat par son zèle et pur sa bienfaisance. C'est lui qui fit construire à ses frais, en trois ans, à Alexandrie, l'église de Saint-Marc l’évangéliste , nommée él-Qamchà, qui fut détruite cinq siècles et demi plus tard par le sultan ayoubite Melek él-Adel, iW&d'Ayoub et frère de Saladin. De son temps une grande famine affligea l’Égypte pendant trois ans. Le patriarche Jean adoucit le sort des malheureux par d'abondantes aumônes, et emporta en mourant l'affection générale et les regrets universels.
L’an 60 de l’irégire (2) fut à son tour signalée par la mort du klialyfe Moaouyah; ce prince mourut à Damas .à l'âge de soixante-dix-huit ans (3), aucommencement du mois de Regeb, après un règne de dix-neuf ans, trois mois et cinq jours.
Yezyd, fils de Moaouy ah (4), fut proclamé khalyfe le Jour même de la mort de son père.
Ce prince, en faveur duquel son père avait abrogé les anciens droits électifs des musulmans, se montra peu digue de la position élevée où l'avait place le hasard de la naissance.
Adonné à tous les vices, e( surtout à une honteuse ivrognerie, il avait résisté aux efforts tentés par son père pour le corriger (5). Avant d’être monté sur le trône, il avait annoncé quelque activité et quelque courage; par les ordres de son père, il avait porté la guerre sur le territoire de l’empereur grec, et, après plusieurs victoires, il avail même osé attaquer Constantinople.
( I ) Celte année a commencé le mardi 3 novembre de l’an 077 de l’érc vulgaire.
( 2 1 Celle année a commencé le Jeudi 13 octobre de l'an 678 de Père vulgaire.
( 3 ) Suivant quelques hi»torieji.s, il n'élait dgé que de soixanlo-treuc ans; suivani d'autres, il elalt dan» sa quatre-vingl-cinquiéme année.
( 1) Ytzyd ben Moaouyah. Nos historien» le nomment Ÿerld premier du nom.
(S) Él-Makyn cite deux vers de ce prince adressé» par lui à son père; en voici la traduction littérale : « Est-ce parce que Je boit l'eau I, de la vigne que tu es Irrité contre moi? L’I- « vre»»e fait me» délices : Je boirai encore , soi» « encore irrité : et le vin et ta colère sont un a double plaisir pour mon oa'ur. »
Devenu khalyfe, il ne songea qu’àsclivrer aux délices de la mollesse et aux orgies les plus avilissantes ; eteependant, tandis qu'il négligeait ainsi les soins de son empire, lesurages grondaient autour de lui.
A son avènement, llosseun, fils du khalyfe Aly, et Abd- Allait, fils de Zobéyr, avaient renouvelé leur protestation contre l'usurpation du khalvfat. Yezyd donna l'ordre à Oualid, fils deson oncle Atbah, gouverneur de Médine , de saisir ces opposants dangereux; mais ils avaient pris la fuite , et trouvant des partisans à Koufah, ils avaient fait déclarer en leur faveur presque toute la population de Medine. Une armée .se rassemblait déjà pour les soutenir, lorsque Obeyd-Allah et Omar ben-Saad, généraux de Yezyd, surprirent llosscyn peu accompagné, et le massacrèrent avec toute son escorte ; la tête de Hosseyn, apportée à Yezyd , fut lâchement outragée par son vainqueur; mais il restait à la victime un vengeur redoutable.
Tandis que Yezyd célébrait dans de nouvelles orgies la’victoire de ses généraux , Abd- Allah hen-Zohéyr se déclarait contre le khalyfe, à la Mekke, et, rassemblant de nombreux partisans, menaçait de tirer de terribles représailles du meurtre du fils d’Aly.
L’inaction où la prudence retenait son rival, tranquillisait le khalyfe au milieu de sa cour corrompue; d'ailleurs tandis que le cœur de l’empire était menacé par son concurrent , ses armées lancées aux extrémités de l’Orient en achevaient la conquête, et chaque Jour il recevait l'annonce de nouvelles victoires. Sclym ben-Zayad, qu’il avait nommé gouverneur du Khorassan, s'était rendu maître deNyehâbour, de la province dcKhouarezm et de Bokhara ; il s’était avancé
E'à Samarqand, dont le roi s’estima :ux de racheter ses États au prix de ses trésors.
L’Égypte d'ailleurs était tranquille, son gouverneur Moseylemah venait de mourir, l'an 62 de l’hégire (1), et le khalyfe l’avait remplacé par un de ses plus intimes affidés, Saydrél-Azdy, qui maintint ce pays dans l’obéissance jusqu’à la mort de son maitre.
( 1 ) Oltiî année a rornmencé le vtîndredi 20 hupleml»re de Tan ü»i de IVre >ulgaire.
fcGYPTE MODER?iE.
Mais, (lucôtédeMàlineetdelaMekke, la situation était loin d'étre aussi rassu‘rante-, malgré la présence à Médine des Ommyadesctde leurs adhérents, au nombre de plus de mille , le peuple s’était assemblé l'an 63 de l’hé^ire (I) et avait déposé Yez,yd du khalyfiit, comme indigne usurpateur. Les partisans de la famille d’Ommyah avaient été expulsés de la viHe : le knal5’fe se hâta d’y envoyer une armée de douzemille hommes, commandée par Mounlyrn, fds ^'Oqbah il- Marsy, avec l’ordre de livrer la ville du Proplièteà la fureurdes soldats, pendant trois jours, si elle ne se soumettait volontairement.
L’ordre fut exécuté dans toute sa barbarie; .Médine fut mise à feu et à sang, livrée au pillage, et les seuls habitants qui furent épargnés furent vendus comme esclaves.
Mais l'insurrection était loin d’étre éteinte par ce premier succès : Abd-Allah, fils de Zobéyr, était maître de la Mekke, qui l’avait reconnu pour klialyfe. T/année suivante, 64 de l’hégire (2), Yczyd fut obligé d’y envoyer "Uosseyn ben'-Thennyr, l'un de ses meilleurs généraux : le siège de la ville sainte lut poussé avec acharnement , et le temple de la Kaabah avait été incendié, lorsque la nouvelle de la mort du klialyfe Yezyd vint mettre un terme à ces désastres.
Ce prince venait en effet de mourir, le quatrième jour du mois de Raby-éllloiiel,à Ilourayndans le territoire d’Hémesse; il n’avait régné que trois ans et neuf mois moins quelques jours, et n’avait que trente-neuf ans, ou trente-huit seulement suivant quelques écrivains ; mais sa santé était altérée, et sa vie fut abrégée par les excès de ses débauches.
Lelilsd’Yezyd prit possession du khalyfat le jour de la mort de son père : il se nommait .VoaowyaA (3), comme son aïeul, et nos historiens l’ont appelé Moavie second du nom. Il ne vécut après son avènement que quarante-cinq jours, ou même que vingt jours, suivant d’.autres écrivains (4). Il n’avait que vingt ans, et
( I ) Otle année a commeno' le mercredi lu teplemlirc de l’an os2 de l'ere vulgaire.
( 2 ) Cette année a commencé le dimanche ao août de l’an «sa de l’én- vulgaire.
( 3 ) Moaotnja/i hvn~ Ve-yd.
i a ) Il V a oepemlanl i|ni'li|ues historiens qui lui allrili’uciil qnalrv mois de règne.
mourut sans enfants. En lui s’éteignit la postérité directe de Moaouyah premier, qui avait sacrifié sa vie entière a fonder line dynastie, dont ses collatéraux seuls devaient recueillir les avantages.
On assure que le jeune prince, se sentant hors de force pour lutter avec un adversaire aussi redoutable <im' Àbd- Allah ben-Zobéyr, avait abdiqué l’empire, lejoiirméme où il fut placé sur le trône. Son abdication et sa mort précoce semblaient lui avoir été depuis longtemps présagées par la devise qu’il avait choisie pour son cachet ; on y lisait gravés ces mots : • le monde n’est qu’une dé- •< ception ■ {id-dounyd gharour).
Après un court interrègne, Abd-AUah, fils Je Zobéyr, fut généralement reconnu pour khalyfc, le 9 du mois de Régeb de cette même année.
De tous les Arabes qui, dans le l'' siècle de l’hégire, aspirèrent au khalyfat, nul, à l’exception d’Aly , ne s’était présenté avec des titres plus imposants f\\i'Ahd- Allah ben-Zobeyr; nul n’avait possédé à un plus haut point les qualités qui devaient mériter les suffrages de tous les musulmans.
Aucun d’eux ne pouvait faire valoir une origine plus illustre ; du côté paternel, comme du côté maternel, sa famille tenait par de nombreux liens de parenté avec celle du Prophète, ou avec celle des principaux compagnons de son apostolat(l).
Bien jeune encore , Abd-AUah s’etait trouvé, avec son père, au combat rf’Yarwon/, dans lequel les Grecs furent entièrement défaits.
Lorsque les musulmans entrèrent en Égypte sous la conduite d'Amrou ibn él-Aâs, Abd-AUah faisait partie de l’armée , ainsi que son père, Zobéîjr, et son frère Mohammed.
( 1) .Le père d’.Alkt-All.ih , Zobèyr, avait pour uadri.sali'ul Qoiidali, dont Harheni, hisaleiil e Mahomet « était le Il Tut lul-métno
un des ap<^lre« du Propiiéle, et Pun des dix aux* quels il avait promis formellement l’entrée du
Paradis; il avait été, apri*s la mort de Mahomet, un électeurs qui nommèrent le premier khalyfp. L’aïeule maternelle d’A.l>d-Allah était SajitiU^ WXWd'Abd'él’.'^Iotateh et tante du Prophète; sa mère //«md était lille d’./6oM-BeA:er él-Sadya. La tante pnlernelle de son père était Khadffijahy la première femme de 5fahomet : la scpurde sa mère était .dychah^ épouse chérie du Prophète, qui clIe-mémechérissaUAIid.Allah, se recardail comme sa mère, et prit soin de son éducation, le dést;:niint même pour sou héritier.
L’UNIVKRS.
Tous trois signèrent comme témoins le traité (le capitulation conclu avec les Coplites, et parle(juel ce peuple se soumetiait aux vaim|ueurs, s’engageant à payer une contribution annuelle.
I.orsque des troupes furent envoyées par le klialyfe ütlimün, sous les ordres iV .-tbd-JUâh ben-Saad, gouverneur de ri'igypte, pour faire la conquête des côtes de Mauritanie, .-ibd-AUah ben-Zobéyr fut mis parce prince à la tête d’un corps nombreux qu'il expédiait pour maintenir les communications, et ce corps décida la défaite des Grecs.
Après la mortd’Aly, lorsque Moaouyah se fut emparé du klialyfat, Jbd- Allah, contraint d'ajourner les projets de son ambition, sut employer ses moments d’i* nactiou à ac(|uérir de nouveaux titres de gloire: l’Afri(iue, qui avait été le théâtre de ses premiers exploits, le vit encore en de nouveaux combats s'illustrer et étendre la domination de l’islamisme.
Nous avons déjà vu la fermeté de son opposition à l’usurpation de Moaouyah et de Ye/yd (I); il était bloqué dans la Mekke, lorstiu’il apprit la mort du khalyfe ï'ezyd, son persécuteur : à celte nouvelle, l'armé.e qui l’assiégeait reprit le chemin de la Syrie, et rentra
sans opposition en possession de Médine, de tout l'iiedjâz et de l’Yémen, où il fut reconnu pour chef de l’islamisme, et dont il expulsa le reste des partisans des Ommyacües. Considérant combien la rossession de l’Égypte importait à l’afèrraissement de son pouvoir, il s’empressa d’envoyer dans cette province Abd-ér-raÂmanben-Alabah (2), qui s’y rendit aussitôt, et il le chargea d’y faire reconnaître son autorité ; mais Sayd él- Azdy, qui commandait encoreen Égypte au nom des Ommyades, rendit pres()ue inutiles les efforts û' Abd-ér-rahman , qui ne put entraîner dans le parti d’Abd- Allah qu’une portion de la population.
Cependant jusqu’alors Abd-AUah n’avait pas osé prendre publiquement le
(1)11 a caractérisé lai-mémc la perllnaellé (le son caracléiv! par ces paroles que rapporte un historien arabe : » Je suis fait iTun Iiois dont « les souches sont Inébranlahles au milieu du « choc des vents et des tempêtes; l’effort des ■I orages (léchalni'S dans ratmospliére ne me "• fera nas même plier un doist. »
(îl Quelques auteurs le nonmient a tort ffftii- ; rar Ujahdam était, non son pere, mais son aïeul.
titre de khalyfe, quoiqu'il en exerçât le pouvoir et en remplit les fonctions.
Mais, après la mort de Hoaouyah ben Vesytf,, voyant rangés sous son obéissance, non-seulement la Mekke et Médine, avec le liedjâz et l'Yémen, mais encore Koufah, Basrah, Moussoul, l’Iraq entier et une partie de l’Égypte, il ne crut pas qu'on pilt lui opposer désormais un concurrent dont il eût à redouter les droits et le courage , et il prit alors ouvertement le titre de khalyfe.
Le nouveau prince, voulant faire en Égypte un acte éclatant de souveraineté, nomma officiellement au gouvernement de cette importante province Abd-ér-rahman ben-Atahah, qu’il y aval t d'abord envoyé comme agent : celuici vint prendre (lossessiondesongoiivernement , et réussit à en expulser entièrement faneien gouverneur, Sayd ben Azdy, avec tout le reste des partisans des Ommyades.
Cependant des événements de la plus grande importance se passaient en Syrie. Après la mort de Moaouyah ben-Yezyd, les Syriens élurent à Damas pour klialyfe Merouàn ben-êl-Ilakem, d’une des branches collatérales de la famille des Ominyades.
I.es' troupes qu'Abd-Allah envoya sous la cunduite de DdJter, pour combattre son compétiteur, s’avancèrent jusque près de Damas ; mais elles furent arrêtées à Merdj-rahet, à quelques milles de cette ville, par la plus sanglante défaite.
Encouragé par ce brillant succès , Merouân, qui avait dtqà envoyé son fils Abd él-Azyz à la tête d’un corps de troupes, avec ordre de se rendre à Eytah, pour entrer de là en Égypte , se mit lui-même en marche avec toutes ses forces, afin de conquérir cette province importante.
Abd-ér-rahman, qui la gouvernait au nom A' Abd- Allah ben-Zobéyr, ayant appris l’arrivée prochaiuede son ennemi, se disposa à repousser cette invasion , et lit creuser, dans l'espace d’un mois, un fossé profond qui environnait la ville de Fostatt.
Merotiân vint camper près de Aynél-chems ( Héliopolis ), au lieu même qui, douze siècles plus tard, devait s'illustrer parla victoire de Kléber; Abd- Cr-rahman, de son côté, sortit pour le combattre : les deux partis en vinrent
ÉGYPTE MODERNR.
aux mains et luttèrent pendant deux jours avec un grand courage, quoique sans aucun succès décisif; mais, tandis que les deux armées étaient aux prises, Amrou ben-Sayd, par une manœuvre, imitée depuis par les troupes du grand vizir contre les Français, se mit 51a tète d’un fort détachement des troupes de Merouân, tourna le camp ennemi, et arriva devant Fostatt, dont il sc rendit maître.
Abd-ér-rahman chercha alors son salut dans la fuite.
îMerouftn, étant entré dans la capitale de l’Égypte, Tan 65 de l’hégire (1), destitua Abd ér-rahman ; mais il ne se crut assez sdr d’aucun de ses partisans pour leur confier un gouvernement aussi im- |iortant, et en nomma gouverneur un de ses propres fils, Abd-él- Azyz, qui garda entre ses mains l'administration de cette belle province pendant plus de vingt années.
Merouân commença l’exercice de sa puissance par s’emparer du trésor et supprimer les distributions d'argent qui s’étalent faites jusqu’alors. Il reçut le serment de fidélité de tous les habitants, et prit toutes les mesures nécessaires pour ne laisser à son départ de TËgypte aucun O pposant à son autorité.
Des A.rabesde la tribu de MaA/er, au nombre d’environ cent, avaient refusé de se soumettre et de renoncer au parti A' Abd-Âllahben-Zobéyr. Merouân les fit attaquer, les vainquit et leur fit trancher la tête. Il fit encore décapiter Okaydar ben-Hammâm, le principal chef de la tribu de Ijxkhm , qui avait été un des meurtriers du khalyfe Othmân.
Ces exécutions remplirent TÉgypte de terreur, et forcèrent à la soumission ceux qui conservaient encore contre Merouân des sentiments hostiles.
Le jour même de l’entrée de Merouân dans la capitale de l’Égypte , mourut AM-Allah, fils du conquérant de cette contrée, Amrou ébn-él-Aâs, qui s’était retiré depuis longtemps à Fostatt, et y menait une vie tranquille, sans prendre part aux affaires ; le désordre et le trouble auxquels tous les quartiers de la ville étaient en proie furent tels, qu'on n’osa pas porter son corps au cimetière et
( I ) Celle «année a commencé le jeudi 18 août de l’ao Mt de Tere vulK.-iire.
lui faire des funérailles publiques. Ses amis et ses parents furent obligés de l’enterrer dans sa propre maison.
Après avoir installé son fils Abd-élcomme gouverneur de TÉgypte, et lui avoir conféré tout à la fois Tautorité civile et financière, Merouân reprit le chemin de la Syrie; mais, avant son départ, il donna à son fils les avis les plus sages, et lui recommanda de traiter les Égyptiens avec une extrême douceur.
La guerre continua entre les partisans de Merouân et ceux A' Abd-Àllah ben- Zobéyr avec des succès variés.
Cependant le khalyfe «Mérouân , après un règne de dix mois seulement , mourut presque subitement de la peste en Syrie dans le mois de Ramaddân de cette même année 65 de Thégire, et son fils Abd-Al-\fetek ben- Merouân ( 1) fut reconnu pour son successeur par les habitants delà Syrie, de TÉgypte et des autres provinces qui étalent soumises à l'empire des Ommv.ndes.
Ce prince, dont les écrivains grecs de l’Histoire Byzantine ont altéré le nom en celui A' Abimelech , était alors âgé de trente-neuf ans. Il continua vivement la guerre qu’avaitsoutenueson père contre son compétiteur au khalyfat, Abd- Allah ben-Zohéyr. Outre les moyens militaires employés contre son ennemi, le khalyfe de Damas sentit qu'il devait chercher par une politique adroite à anéantir, oudu moins affaiolir l'influence religieuse quepouvaientdonneràson adversaire dans l’esprit des musulmans son séjour à la Mekke et la possession de la sainte Kaabah. Chaque année le pèlerinage prescrit par leKoran y attirait les fidèles de toutes les contrées soumises à l’islamisme, et le khalyfe qui régnait à la Mekke devait paraître aux yeux des dévots zélés ne pouvoir être que le khalyfe véritable, et le seul dont l'autorité fut légale. Dans le but d’éloigner les fervents musulmans de son antagoniste, Abd-él-Melek conçut un projet hardi et qu'il vit couronner de quelque succès. JNous avons vu que Tapôtre des musulmans av.ait d'abord choisi Jérusalem pour la ville sainte, et que ce ne fut que postérieurement qu’il attribua à la Mekke le titre de ville du pèlerinage.
(I) Surnommé .Ihnn-Oualyd et, suivant d’nn- Irè», .iOou-M<rvu(in.
•Ti
Abil-él-Melek, dès la première année de son rèpnc, rétablit pourses partisans Jérusalem dans ses anciennes prérogatives ; il déclara hérétique le pèlerinage de la Mekke, et ordonna que dorénavant les cérémonies qui s’exécutaient auprès de la Kaabah auraient lieu dans Jérusalem à la inosquéeéA^Æsa, qu’il fit reconstruire avec la plus grande magnificence: dès lors l’Égypte cessa d’envoyer annuellement à.la Mekke les riches tapis qui, suivant les ordres A’ Abd-Allah ben-Zobéyr , yétaientfabriqués,pour revêtir la maison sainte ; les caravanes de cette contrée et de la Mauritanie furent dirigées vers la nouveller/We du ptHerinage, ^oute espece de contact fut interrompue entre les peuples de Syrie et ceux de l’Yémen. Abd-Allabeut inoinsd’occasions de recruter des partisans ; de plus en plus resserré par JJedjadJ, général des troupes de son adversaire, il se vit assiégé pendant plus de sept mois dans la Mekke, où enfin il fut tué le IH de Gemady él- AoueJ de l’an 71 de l’hégire (1).
Cette catastrophe mit fin au schisme qui, pendantdix années, partageant l’empire de l’islamisme, l’avait divisé entre denx khalyfes, régnant simultanément l’un à Dainas et l'autre à la Mekke, et les vastes contrées soumises aux musulmans ne reconnurent plus qu’un seul maître.
l)epuis()ue l’Égypte, répudiant la cause A' -Ibd-.ltluh bell-y.übcyr, avait reconnu l’autorité des Ommyades, elle était restée fidèle à ses nouveaux engagements , toujours tranquille et soumise, entre les mains A’ . lbd-(l-. lzyz ben-Meroudn, frère du khalyfe. Elle avait même fourni à Abd-fl-)felek, non-seulement de riches suhsidesetd’abondantes provisions, mais encore une partie considérable des trou- I>es qu’il avait envoyées contre son rival.
Cet attachement des habitants de l’Égypte ponr leur nouveau maître était dd princi()alement àla douceurct à lasagessede l’administration d’Ahdél-Azyz :
il s’occupait avec soin de tout ce "qui pouvait concourir au bien-être de cette contrée; cette même année (71 de l’hégire), il visita presque toutes les provinces de l’Egypte, et, arrivé à Alexandrie, il y Ut construire le pont sur le
( I I ou* ,ni>n“i- a Commença’ le mercredi 15 Juin (le l’.aii ODo (le 1er»! vulgaire.
canal, dont il reconnut l’utilité pour les communications de la ville et de son territoire.
Jouissant en paix de la liberté religieuse, que leur avaient assurée les souverains musulmans, les Cophtes, au lieu de s’occuper des querelles et des débats de leurs maîtres , ne songeaient qu'à se maintenirdans l'état detranquiliite qu’ils avaient obtenu, parle payement exact des impôts et les fournitures d’hommes et de denrées qui.leur étaient demandées dans les circonstances pressantes; aussi les seuls événements remarquables de l’Égypte sous le règne d’Abd-él-Melek sont les suivants :
L’an GO de l’hégire (1), les chrétiens Jacobites élurent pour patriarche d’Alexandrie Isaac, qui, après avoir occupé son siège près de trois ans, mourut le second jour du molsdellatourdel'an 404 de l’ère des Cophtes ( 2 ), correspondant a l'an 69 de l’hégire ( 3 ).
Le clergé cophte ne lui donne d’autres titres à la mémoire historique qu’un décret, d’après lequel « le patriarche ne « peut être inauguré qu’un diraan- « che. »
Isaac fut remplacé par Simon le Syrien : celui-ci est regardé comme un saint par l’Églisecophte, et il a, dit-on, ressuscité des morts; néanmoins il mourut lui-même du poison qui lui fut versé à l'autel par un de ses envieux, le 24 du mois d’ Abyl) de l’an 4IGde Dioclétien (4).
Les historiens arabes racontent que des députés vinrent de l’Inde demander un évêque et des prêtres à Simon. Ce patriarche refusa d’obtempérerà leur désir, mais Abd-él- Azyz, gouverneur de l’Égypte, trouvantque cette relation avecl’inde
ouvait servir les intérêts politiques du
halyfe, donna des ordres à d’autres évêques qui se montrèrent plus dociles.
Après la mort de Simon, le siège patriarcal fut vacant pendant trois ans : l’an 84 de l’hégire (.■>), le jour de la fête de saint iMarc, 3üdu mois de Rarmoudéh de
( 1 ) Cette année a commencé le mardi 8 août de l’aq 685 de l’ere chrélienne.
( 2 ) Celle ère, appelt-e aussi Père <tex martyrt, date de. IVpocpie du régne de Dioelélien.
(a) Celte année, a commencé le lundis Juillet de l'an 6SH (le Pere clirétienne.
(* J (à>rrej,|K>ndant à Pan si de l’hégire, 70o de Père vulgaire.
(5 ) Celte ’anni’C a eommenei'* le mercredi 24 Janvier de Pan 7nl de Pere vulgaire.
Ui;.i r,' i/ftUf- rzi;/rjop
Goog[e
=i Mvnv
;*h;iV>1V . r- 1,1 m'.i vm n h ' w
ÉGYPTE MODERNE
ran420(le l’ère de Dioclétien, les Coplites y nommèrent Alexandre, qui conserva ses fonctions pendant vingt ans et quelques mois (1). Les écrivains cophtes de l'histoire de ce patriarche témoignent leur mécontentement du gouverneur Abd-él- Jzyz , et voici à quelle occasion : les moines et les autres membres du clergé s’étaient multipliés en ^ypte et prétendaient être exempts d'impôts : Abd-éldont la redevance annuelle était lixée, trouva injuste de tout faire payer a la classe la plus pauvre du peuple, en laissant exempts et privilégies les prêtres et lesévêquesavecle patriarche, tous regorgeant de richesses : il Ht donc faire le recensement des moines, les taxa à une imposition personnelle d'un dynar ( 3 } et exigea du patriarche le payement annuel de trois mille dy nars ( 3 ). Cette justice rigoureuse excita dans le clergé des murmures, niais qui furent bientôt comprimés et n’eurent aucune suite.
Après avoir administré avec bonheur l'Éuypte pendant vingt années et huit mois, au moment même où, se livrant encore à de longues espérances, il venait de terminer la construction d'un magnifique palais , nommé él-DAr él-modalutMih (la maison dorée), dans le quartier nommé Souq êl-hammAm (le marché aux pigeons) , Jbd-étrAzyz ben-Merouàn mourut à Fostatt (4), l’an 86 de riiégire (5). Le khalyfe Abd-tl-Melek .sentit vivement la perte de ce frère, dont il appréciait lemérite, et qu’il avait désigné pour son successeur a l’empire.
Il nomma pour son héritier au khalifat Uualyd oen-Abd-él-Afelek, son HIs aîné, et remplaça Abd-él-Azyt ben-Jtferouàn dans le gouvernement de l’Égypte par son second fils Abdrallah ben
(I) Solvant qaelqon aoteore, pemlaot S& ans. (Sj Environ quinze francs de noire monnaie. i,x) Environ quarante-cinq miiie francs.
(4) Les écrivains cophtes, qui n'avaient pu oublier ieur rancune contre ies imposiUona ex iaées du clergé parce prince, ont cru noircir sa mémoire en attribuant sa mort à un miracle : voici ce qu’on lit dans l'bistoire des patriarches d'Alexandrie ;
« ^bd-H-A:y- entra un jour dans l’église s d'Hélou.Xn et y cracha sur une statue de la •• Vierge tenant son tiis entre ses bras. La nuit « même il vit en songe la Vierge et Jésus irrités > qui le falsaieot percer de lances, lise réveilla « malade et mourut le même Jour i son lils
•• mourut quarante Jours après lui »
(&' telle année a commencé le veiidnsli ’J Janvier de l’an 7oa de t’ere vulgaire.
3' Livraison. (Ér.vpTE MODi.R’vr
Abd-él-Melek. Les Cophtes crurent pouvoir obtenir du nouveau gouverneur l’abrogation de l’ordonnance A'Abd-él- Azyz, qui soumettait le clergé à une contribution annuelle; mais Abd-allah ne crut pas juste de leur accorder ce privilège, au détriment du reste de la population de l’Égypte ; aussi les moines qui ont écrit l'histoire des patriarches ont-ils peint Abd-aUah de couleurs encore plus noires que son prédécesseur.
Au reste , Abd-aUah ne conserva ce gouvernement que jusqu'à la mort de son père, c’est-à-dire quelques mois seulement.
En effet, Abd-él-Helek mourut cette même année 86 de l'hégire dans le milieu du mois de Chaouâl, à l’âge de soixante ans ( 1 ), après avoir régné vingt et un ans et quinze jours. Son règne fut long et signalé par de nombreuses victoires .
non-seulement il réussit à réunir entre ses mains toutes les provinces de l’empire musulman , mais encore il s’apprêtait à en conquérir de nouvelles. Car ce fut sous sçn règne que Mo/iammtd, fils d'Abou-Édris, Ut une première descente en Sicile et y porta le ravage et la désolation (2).
Non-seulement-46d-ê/-jWeteA resta sur le trône pendant plus d’années qu’aucun de ses prédécesseurs; mais encore la destinée lui accorda cette faveur singulière, que, tandis que Uoaouyah, fondateur de la dynastie des Ommyades , n’avait eu que deux successeurs en ligne directe, dont le règne avait été court et la postérité éteinte au bout de quatre ans, Abd-él-Melek devait compter quatre de ses fils et trois de ses petits-lils au nombre de ses successeurs; aussi les écrivains orientaux lui donnent -ils le titre magnifique de Khalyféh Abou-i- Kholejd ( khcUyJe père des khalyfes).
Une autre particularité remarquable du règne de ce prince , c'est que ce fut parsesordresquefut frappée la première monnaie dC argent des Musulmans, qui depuis les premiers khalyfes se servaient
II)' A l'ise de chiqoante-Mpt ana leiilement, solvant quelques auteurs.
(2) Nous verrons plus tard les Mnsulmans èlablir leur domination d’une manière stable non-seulement sur la Sicile , mais encore dans rilalie méridionale. Voyez sur les monuments de leur réjtne qui subsistent encore, Itss planches 'JO, 27, 2«, 2U, ;lo, 31, 32 , 33.
s-t L’UNIVERS.
(les monnaies d’or et d'argent des Perses et des Grecs, et n'avaient encore monnoyé que des pièces de cuivre avec des légendes arabes (1).