‹ L'UniversChapitre 7 sur 121 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Suite des khalyfes ommyades. — Ouslyd I*'. — bouleymiln.'— Omar 11. — Yeryil 11. — Hécliaui. — Uualyd II. — Yeiyd III. — Ibrahym. — Merouàii II. dernier kliahle ummyade. — Gouverneurs de l’Ëgyple sous o^s princes. — Moussa ben-Nouayr'. — Qorrah. — ktal-ei- Melek.— Assamab — Ayoub.— Bâcher.— .Uendalalh. — Mohammed. — llafas. — Oualyd.

— Abd-Or-Rahman; — Yssa. — Hiissan. — Ebn - Sobayl. — Ahd-allah ben ei-Moghayrali. — Abd-«l-Melek, fils de Moussa, dernier gouverneur de l'£gy pte sous les khalyles omniyades.

Oualyd ben-dbd-él-Melek fut le sixième khalyfe de la race des Ommyades ; il était sntnomméylbou-l-jtbbas. Son inauguration au khalyfat se céléitra le jour même de la mort de son père Abâ-ei-Melekben-Ideroudn ; les affaires de l'islamisme prospérèrent entre ses mains : son régi^ fut illustré par de brillantes victoires , tant contre les princes du Turkestan, de la Perse et de l’Inde, que («ntre l’empereur grec de Constantinople. Un de ces faits d'armes les plus remarquables fut la conquête de Candie (l'ancienne Crète), operée par son général Abou-Ommyah : c'est aussi à ses armes que l'islamisme dut la plus importante de ses acquisitions dans l’Occident; ce fut en effet sous son règne , l’an 93 de l'hégire (3), qu'eut lieu la conquête de Tolède ( Talytalah ) et de l’Espagne méridionale par le célèbre Tarykh (3) , qui , en faisant hommage de cette nou-

H) Monnaie ({'Abd-ét-Mcleh, de Tan 70 de riiégire (69» de noire ère) .

(3) Celle année a cnmmencf^ loJaodîIO oclobre de Tan 7i r de rèrecbrdienne.

(3) C’est du nom de ce célébré général qae la raoDtagne escarpée située sur la céCe méridionale de l’Espagne «lélé nommée par les Arabes Cwvbel‘Tai^hh (montagne de Tarykh) :

nous avons fait de ces mois le nom de UtbraUur.

velle possession au khalyfe, préparait d’avance , par une singulière destinée , l’asile où le dernier de ses descendants devait, avant un demi-siècle, trouver une retraite et fonder un nouvel empire.

Pendant que Tislainisme acquérait ainsi de nouveaux domaines , l’intérieur de l’empire pacifié prospérait et s'embellissait par les soins du khalyfe : Damas, sa capitale, voyait dans son sein s’élever de nouveaux monuments; Oualyd y faisait construire des maisons de retraite pour les pauvres, les malades et les étrangers; il y créait le magnifique hôpital nommé BimaristAn, qui depuis servit de modèle à la création du Mürislan du Kaire. Oualyd y fit commencer aussi la grande mosquee appelée Itfesguid én-i\aby (la mosquée du Prophète), qu’il éleva sur les ruines de l'église cou sacrée par les chrétiens à MAr-Yokannà ( saint Jean ); mais le khalyfe ne vit pas l’achèvement de ce temple splendide, qui ne fut terminé que par son frère Souleymân ben-Abdrél-Melek, et dontia dépenseépiiisn,s’il faiiten croire les historiens arabes , quatre cents coffres contenant chacun quatorze mille dynars (I).

L’aii 90 de l’hégire (2), Abd-aUak frère du khalyfe, mourut à Fostatt après avoir administré l’Égvpte pendant deux ans : Oualyd ben-Aod-él-Melek, pour succéder à son frère dans le gouvernement de cetle province, nomma d’abord Moussa-ben-Mouayr, puis presqueaussitôt après il remplaça ce gouverneur par Qorrah l^-Cheryk.hes historiens coplites représentent ce dernier comme encore plus tyrannique et plus impie que ses prédécesseurs : ils l’accusent d'clre ciitredansl’cs^lise patriarcale de Fostatt, entouré de ses favoris débauchés et de baladins, et d’avoir siégé avec eux dans le sanctuaire, pendant qu’on y célébrait l’office religieux.

Qorrah ne jouit que six ans de ses hautes fonctions, et 'ne signala son administration que par la construction de la mosquée nommée él-Djamè él-Atyq

(I) En tont cinq millions six cent milledyna», environ quatre-v inqt-(|uatre millions de' notre monnaie. On avait place, dlt-«n, dans cette mosquée six cents lampes d'or suspeodues par des chaînes du même métal; on peut juger par ce seul fait des aiiires détails de sa magnincence.

(î) Celle année a commencé le mardi ‘JO novembre de l'aii TUS de rércclirelieane.

ÉGYPTE MODERNE. 35

( la vieille mosquée), qu'il fit élever l’an 03 de l’hégire. II mourut l’an 06 de cetteère(l) à Fostatt,et futremjilacé par Abd-él-Mekh ben-IHfah, qui ne conserva son çoiivemement que trois mois, c'est-à-dire jusqu’à la mort du klialyfc qui venait de le nommer.

En effet, le khalyfe Oualtfd ben-Abdél-Metek mourut lui-méme a Damas, au milieu du mois de Gemady-él-Tany de cette même année , à l’âge de quarantehuit ans, ayant régné neuf ans et environ huit mois (2).

Souleymàn ben-Abd-él- Melek, surnommé Abou-Agoub, succéda àson frère Oualyd le jour même de la mort de ce prince.

Le nouveau khalyfe poursuivit avec activité l’exécution (les projets qu’avait formés son frère pour l’extension de la religion du Prophète. Dès la première année de son règne, il fit la conquête du Tabaristân et de la Géorgie, et envoya un de ses frères, MousUtnah-ben-Abd-él- Melek , assiéger de nouveau la ville de Constantinople.

En montant sur le trône, Souleymàn confia l’administration de l'Egypte à Assamàh ben-Yezyd, non avec le titre de gouverneur ( oualy ), mais avec celui A' Aamel-il-kherad} , c’est-à-dire, intendant général des finances. Suivant leur formule accoutumée, les historiens cophtes, d'accord cette fois avec les historiens musulmans, dépeignent cet administrateur comme ayant été pire encore oue ses prédécesseurs ; ils l’accusent nos confiscations les plus iniques et des massacres les plus barbares. Mais ce qu’ils présentent comme le plus grave de leurs reproches , c’est qu'ayant fait rassembler tous les moines , non-seulement il leur déclara qu’il maintenait les

(I) Cette année a commencé te dimanche 16 septembre de l’an 714 de notre ère.

<'2} Monnaie de Onatijd 1”', de t'an 93 de 1*00-

anciennes ordonnances rendues par Abdêl'Azyz, d’après lesquelles on exigeait d’eux un tribut annuel d’un dynar, mais encore il les soumit à recevoir de ses agents, chaque année, en payant leur contribution personnelle, un anneau de fer sur lequel étaient gravés leur nom et la date de l’exercice financier. Il leur enjoignit de porter toujours <%t anneau au doigt, condamnant à avoir la main coupée tous ceux qui seraient saisis sans cette singulière espèce de quittance :

plusieurs moines qui tentèrent d’éluder cet ordre sévère, furent mutilés impitoyablement; un grand nombre dns réfractaires se refusant à payer l'impôt , et à recevoir l’anneau en échange de leur payement, s’étaient retirés dans les monastères, croyant ainsi pouvoir frauder sans danger les droits du fisc; mais Assamah envoya des soldats faire la visite deces retraites , et tous les moines qui furent trouvés sans anneau furent ou décapités ou mis à mort par la bastonnade.

Se montrant aussi soigneux sur tout ce qui avait rapport aux revenus de l’Égypte, Assamah faisait entretenir avec soin les divers nilomètres, qui dans les provinces de l’Égypte servaient de cadastre pour la répartition de l’impôt territorial. L’an 96 de l’hégire, il apprit que le nilomètre établi à Helouân, un peu au-dessus de Fostatt, venait de s’écrouler, et il se hâta d’en faire son rapport au khalyfe : d’après les ordres de ce prince, il abandonna le nilomètre ruiné, et en fitconstruire un tout à neuf à la pointe méridionale de l’île , placée entre Fostatt et Gyzih et qu’on nomme maintenant Haouddah (jardin). Ce nilomètre, fondé l’an 97 de lnégire(l),est celui dont on se sert encore de nos jours et qui est connu sous le nom de Méqyas (2).

Mais de toutes les opérations financières qui froissèrent le plus les populations de l’Égypte, celle qui méntAh Assamah des haines plus violentes et plus implacables, ce fut l’ordonnance par laquelle il soumit les habitants qui montaient ou descendaient le Nil à se pourvoir de passeports taxés chacun à dix dvnars (S). La

;l) Cette année a commencé le fend! 6 septembre de l'an 7l<> de l'ère chrétienne.

(•2) Vnvci la planche la.

(3 ) de' 130 à tau francs de notre monnaie.

l>ereeption de ce droit exorbitant se fit avec une rigueur réellement abusive et barbare : les écrivains orientaux ont cité entre autres le trait suivant :

Une pauvre veuve voyageait sur le Nil avec son ftls, ayant un passe-port bien en règle, dont le pavement avait épuisé presque tout ce qu’elle possédait : le jeune bomme s'étant penché le long de la barque , pour boire de l’eau du fleuve, fut saisi par un crocodile et dévoré avec le passe-port qu’il portait dans son sein ; les ofliciers du fisc exigèrent de la malheureuse veuve qu'elle en prit un nouveau, et vendirent, pour le payementdela taxe, jusqu’eux vêtements dont était couverte eette mère infortunée, qui fut réduite à la mendicité.

Tant d’exactions et tant d’excès intolérables finirent par exaspérer les populations indignées de l’Égypte ; les mécontents se rassemblèrent, et une révolte énérale allait éclater, lorsque la nouvelle e la mort du khalyfe Souleymàn ben- .'/M-éZ-Afe/eA arrêta l’explosion, en donnant l’espérance d’obtenir justice de son successeur.

I.a mort du khalyfe Souleymàn arriva le 21 du mois de Safar l’an 99 de l’hégire ( 1 ), tandis qu’il était occupé à la construction de la ville de Ramléh en Palestine, dont il venait défaire jeter les fondements (2); il n’avait régnéque deux ans, huit mois et cinq jours, et était âgé de quaranteH:inq ans.

Souleymàn n'eut pas comme son prédécesseur pour successeur un de ses frères; apres lui le khalyfat passa à son cousin Omar, surnommé Mbou4-llafas, fils à'Abd-tl-4zyz-ben-MeroHàn , qui avait été gouverneur de l’Égypte; le khalyfe avait d’abord désigné son propre fils , Ayoub ben-Souleymàn , pour son successeur; mais ce jeune prince étant mortpenaprès, ilavaittransmis lesdroits d’hérédité à Omar, fils de son oncle paternel, petit-fils comme lui du khalyfe Merouàn, et dont l’aieul maternel était Omar ébn-ét-Kkettàb , le deuxième des successeurs du Prophète.

Omar ben-Abd-à-Azyz monta sur le trône le jour même de la mort de Sou-

( O Cette année a commencé le samedi 14 août de l’an 717 de gère chrétienne.

(Si Ramléh fut fondée l’an va de l'hésire 7I« de l’ere vulgaire.

leymân : dès les premiers actes de son autorité , le nouveau khalyfe annonça un grand amour pour la justice, et il s’empressa d’accueillir favorablement les réclamations des peuples de l’Égypte contre les exactions d'Assamah. Il destitua aussitôt ce gouverneur, et le remplaça par Ayoub ben- Sarhabyl, qui s’efforça de faire oublier,

{>ar la douceur de son administration, a tyrannie de son prédécesseur. Bien plus Ayoub, d’après les ordres qu’il avait reçus du khalyfe , fit arrêter Ansamah , lui enferma le cou dans un collier de fer, et les pieds ainsi que les mains dans des entraves de bois ; ainsi torturé, Assamah fut traîné au lieu de son dernier supplice, mais il expira en chemin.

Omar ben-Abd-él-Azyz eut un règne encore moins long que celui de son prédécesseur , et mourut le 2.5 du mois de Regeb de l’an 101 de l’b^ire (1), à l’âge de trente-sept ans, après avoir occupe le trône seulement pendant deux ans , cinq mois et quatorze jours.

Après la mort à'Omar ben-Abdrél- Azyz, la postérité d’Abd-êl-Melek se remit en possession du trône ; car Souleymân, endésignantd’avancesoncxiusin Omar ben-Abd-61-Avjz pour son successeur immédiat, lui avait imposé l’obligation d’appeler lui-même à sa succession son frère Yezyd-ben-Abd-él-Melek.

Yezyd fut le troisième fils d’AIxi-êl- Melek qui occupa le trône du khalyfat, et if fut proclamé le jour même où la mort de son cousin laissa le sié.ge vacant. Les historiens grecs l’ont appelle Azid, et nos écrivains l’ont désigné par le nom d’Yezid, deuxième du nom.

Ayoub ben-Sarhabyl fut, cette même année , déposé par le nouveau khalyfe , des fonctions de gouverneur de l’Égypte ue lui avait confiées le khalyfe Oniar : ’après les ordres d’ Yezyd , il remit le gouvernement de l’Égÿpte entre les mains de Bâcher ben - Safouàn, surnommé él-Kelby. Bientôt après Bâcher eut l’ordre de passer en Afrique, et l’É^typte reçut pour gouverneur le frère de Bâcher, liendalah ben Safouàn; celui-ci fut encore révoqué à son tour, l’an

( I ) Cette année a commencé le lundi 14 JuU tel (le l’an 71» de l’ère etarétlenne.

ÉGYPTK MODERNE.

!04 de l’hégire ( 1 ) , et ftit remplacé par l’un des frères du khalyfe, Mohammed ben - Jb(l-él-Melek. Les Cophtes se plaignent également de son gouvernement et de celui de son prédécesseur; ils assurent que, pendant tout le règne de Yezÿd hen-Abd-él Melek, les chrétiens furent persécutés, les croix renversées, les églises détruites.

Mohammed ben-abd-él-Melek ne conserva ce gouvernement que jusqu’à la mort du khalvfe son frère , arrivée le 25 du mois de Cliaabân de l’an 105 de l’hégire (2).

Yezÿd ben- Abd-él- Melek mourut à Ilarran après un règne de quatre ans et un mois , à l’âge de trente-trois ans , ou, selon quelques écrivains, de vingtneuf ans seulement.

I-e successeur d’Yezyd fut son frère Héchém, surnommé Abou-l-Oualyd: ce fut le quatrième des Gis d’Abd-él-Melek qui occupèrent le trône de l'islamisme.

Yezÿd l’ayant désigné pour son successeur, il entra en possession du khalyfat le jour même de la mort de son frère.

Il rappela son frère Mohammed ben Abd-él-Melek du gouvernement de l’Égyple, et l’y reniplaça par son cousin Ùasian (3) ben-Youtouj ; mais Hassan ne resta que trois ans environ dans ces fonctions , il s’en démit volontairement l’an 108 de l’hégire (4) , et le khalyfe UécJiâm le remplaça paiHa/at ben-Oual^d, surnommé êl-Hadramy : un an apr^ , celui-ci fut déposé, et l’an 109 de l’hégire (5), le khalvfe nomma gouverneur en sa place AÔd-ibMelek ben-Rifah, que nous avons déjà vu administrer l’Êi^pte, sous le khalyfat de Omtyd ben- Abd-él-Melek. Ce gouverneur ne Jouit pas un an entier de ce rappel à ses anciennes fonctions : il mourut la même année , et eut pour successeur son frère Oualyd ben-Rifah.

L’an 118 de l’hégire (6) Oualyd

(I) Cette année a commencé le dimanche si jaiii de l’an 73a de l’éie ebréUenue.

(3) Cette année a commencé le Jeudi lo Juin de l’an 73.7 de l'ète chrétienne.

( 3 ) On trouve aussi sou nom écrit il-Hair ben- Youtouf.

(41 Cette année a commencé le mercredi 8 mai de l'an 73a de l’ère chrétienne.

(5) Cette année a commencé le lundi 38 avril de l’an 737 de l'ère chrétienne.

(8) Cette année a commencé le vendredi 3u Janvier de i’an 738 de notre ère.

b«n-Rifali, après avoir conservé le gouvernement de l’Égypte pendant neufans> mourut à Fostatt, et le khalyfe nomma^ pour le remplacer, Abd-ér-rahman ben-Khaled-él Pahàmy : moins d’une annéeaprès AbdAr-rahman mourut luimême, et en sa place fut rappelé /lendatah ben - .Safouân -61- Kethy , déjà antérieurement gouverneur de l’Egypte, sous le khalyfe Yezÿd Ijen-Abd-ébMetek.

fl gouverna encore cette province pendant six ans , et, suivant les historiens chrétiens de l’Orient, il suivit dans son administration le même système d’intolérance et de tyrannie qu’il avait déjà adopté, quand il avait gouverné l’Égypte pour la première fois sous le khalyfat de Yezÿd.

Loin de se conformer aux intentions sages et bienveillantes du khalyfe Héchàm, qui lui avait enjoint de ménager ses sujets et de traiter favorablement les chrétiens, il les accabla de vexations et d’actes tyranniques; il doubla les impositions , assujettit par un recensement général non-seulement les hommes, mais encore les animaux, à des redevances , fit timbrer les quittances de ces nouveaux droits de l'empreinte d’un lion , et faisait couper la main à tous les chrétiens qui étaient rencontrés sans avoir sur eux une de ces cédules.

Instruit de ces abus, l’an 124 de l’hégire (Ij, le khalyfe lui ôta l’administration de l’É^pte, et le Gt passer au gouvernement de la Mauritanie, lui donnant four successeur Hafas ben-Oualyd avait déjà gouverné l’Égypte seize ans auparavant, et qui y avait laissé de meilleurs souvenirs. Hafas ne garda son gouvernement que moins d’un an , et en fut rappelé, à la mort du khalyfe Uechdm ben-Abd- él-Melek, arrivée le G du moisdeRaby-él-Akherde l’an 125 de l'hégire (2).

Hechâm était alors âgé de cinquantesix ans, ou, suivant quelques historiens, de cinquante-trois ans seulement ; il en avait régné dix-neuf, sept mois et onze jours. Son règne futillustréparplus d’une victoire remportée sur les Grecs; dans une de ces batailles, livrée l’an 113 de

(l)OUeannéeaoomaieocé le mercredi isnovembrede l’ao 741 de notre ère.

(3) Celte année a commencé le dimanche 4 novembre de l’an 743 de notre ère.

L’UMVERS.

l’liégirc(l), Constantin Copronyine, Gis (le I,éon l'Isauricn, empereur de Constantinople, fut lui-même fait prisonnier ()ar les musulmans (2).

Aucun fait iniportant ne se passa en Égypte sous le long règne de Heclulin ; les seuls événements dont les annalistes elirêtiens de ce pays rendent compte n’ont rapport qu’a leur histoire ecclésiastique, ce sont les suivants :

I/aii 108 de l'hégire (3) fut l’époque de la mort d’Alexandre , quarante-troisième patriarche cophte d’Alexandrie.

Depuis l’époque de la conciuéte de l’Égypte par le khalyfe Omar ébn-il-Khettao, c’est-à-dire pendant quatre-vingtdix ans environ, le patriarchatd’Alexandrie avait été entre les mains des jacobites , tous les évêques de l’Égypte étaient de cette secte , et ils avaient établi des évêques jaeohites même dans la Nubie, qu’ils avaient convertie à leur religion.

Kosmas fut élu comme patriarche par les orthodoxes. A cette époque les hérétiques d’Égypte s’étaient emparés de toutes les éghse.s, et il ne restait plus au patriarche orthodoxe que celle de Mùr-Sabà (.Saint-.Sabas).

Kosmas se rendit à Damas , auprès du khalyfe /lêcham, et par ses sollicitations en obtint l’ordre pour l’administrateur des finances (lu khalyfe en Égypte, .-/bd-altah ben-ét-Sekarij , de faire rendre aux orthodoxes toutes les églises qui leur appartenaient.

Kosmas, après avoir occupé le siège patriarcal pendant quinze mois .seulement, mourut le dernier Jour du mois de llaounéh de l’année suivante.

1,’an 109 de l’hégire, correspondant

(I) OMtf annee a commencé ie Jeudi 16 mars de Tan Til nuire ère.

(*J) Monnaie de thrkdm^ de l’an 107 de l’hégirc (726 de nuire ère.)

(3) Cormpondaat à l’an 442 de l’ere do Caipli- U'e.

à l’an 443 de l’ère des Cophtes, le patriarche Théodore succéda à Kosmas.

Il siégea pendant onze années, et quitta la vie le septième jour du mois d’Amchyr de l’an 454 de l’ere des Cophtes ; son patriarcat fut une époque de paix et de tranquillité pour l’Église d’Alexandrie, où cessèrent momentanément les querelles des inelchites et des jaeohites.

Sa mort fut suivie d’une vacance de six années, après lariuelle, l’an 127 de l’hégire, leTdu moisdeThot de l’an 460 de l’ère de Dioclétien , Ebn-KheUyl (I) fut promu aux fonctions de patriarche, et conserva ses fonctions pendant vingttrois ans.

Oualijd ben- Yezyd, surnommé Abonl-Abbas, désigné par les historiens occidentaux sous le nom de Walid , deuxième du nom, succéda à son onde lléclu'lm; il était fils du khalylé Yezyd, deuxième du nom, qui , en laissant le khalyfatà//éc/(dm, en avait reçu le serment de le remettre après lui à son fils Oualyd. Il fut en conséquence reconnu comme khalyfe, le jour même de la mort d’IlécliAm, c’est-à-dire le 6 du mois de Rahy-êl-Akher de l’an 125 de l’hégire.

Il avait déjà plus de quarante ans, tandis que les quatre Gis li’ A bd-il-Melek , son père et ses oncles, étaient tous parvenus nu khalyfat avant cet âge.

Un de scs premiers actes fut d’ôter le gouvernement de l’Égvple a Hafasben-Oitalyd, malgré la bonté de son administration, dont la sagesse et la modération lui avaient acquis l’affection des provinces qui lui étaient soumises.

Il nomma à sa place ï'ssa ben-Aby- Altâ, qui Gt bientôt vivement regretter son prédécesseur, et dont les mesures administratives réveillèrent bientôt tous les mécontentements que Jfa/as ben- Vualyd avait su calmer.

Cet acte impolitique ne fut pas le seul dontlenouveau khalyfe signala les commencements de son règne : à tous les vices d’un particulier, il joignait toutes les mauvaises qualités qui peuvent déshonorer un souverain (2); n’écoutant

(I) Nommé par quelques-uns Khayl, ou.Uicftrt.

( 2 ) Si J'un un croit le» iiiitlorieiiâ arabes , ce khalyfe poussa a un point bieu étonnant Timpudfoce de scs vices et le scandale «Je st» dé* iMUcbes, dont U semblait se vanter Bans pu* (leur. lU citent des vers composes par lui « parmi lesquels on remarque les deux suivants :

jOf.-» ...

EGYPTE MODERNE

que ses caprices et les conseils intéressés (les flatteurs qui l'entouraient, il aliéna bientôt les coeurs de tous les musulmans. LespopulationsdeSyriesesoulevèrent.et déclarèrent qu’elles cessaient de le reconnaître pour khalyfe; le soulèvement se propagea bientôt dans les autres provinces, et les insurgés appelèrent au klialyfat le cousin de Oualyd, Yeztjd, llls du khalyfe Oualyd P'. En accei)tant le trône offert, le nouveau klialyfe, impatient d’être délivré d’un rival qui lui semblait encore redoutable, mit U prix la tête du khalyfe déposé, et promit cent mille dynars (1 ) à celui qui lui apporterait sa tête.

Ees troupes de Oualyd furent battues à Baharah près Damas, l’an ) 26 de l’hégire (2), et Oualyd y fut tué en combattant; ses meurtriers lui coupèrent les mains et la tête : ces hideux trophées furent portés à Damas , promenés dans la ville, et exposés sur une de ses portes.

Oualyd ben-Yezyd était alors âgé de quarante-deux ans, et il n’avait régné qu’un an , deux mois et vin^-deux jours. Le mépris et la haine générale qu’avait mérites ce khalyfe par son abrutissement et sa tyrannie, retombèrent sur le khalyfat lui-même, et furent sansdoute les premières causes qui, six ans plus tard, amenèrent la chute définitive de la dynastie des Ommyades.

Yezyd ben-Omlyd, surnommé Âbou- Hhaled, comptait parmi ses aïeux trois khalyfes, Oualyd son père, Abd-êl- Melék, son aïeul , et Merouân, son bisaïeul : par sa mère, Chahferand, il descendait des anciens rois de Perse , et était arrière-petit-HIs de Yezdedjerd ben-Chahryar. 11 fut inauguré au trône du khalyfat le vingt-huit du mois de Gemady-él-Akher (le l’an 126 de l’hégire.

.Mais l’avénement du nouveau khalyfe fut loin de calmer les troubles qui agitaient toutes les provinces musulmanes, et qui présageaient la dissolution de l’empire. Les babitants de Uémesse re-

« Je me livre àl’tvresse du vin : Je partage tous •I les penchants des bétes brutes :

U .Souillé de tnhs les exigés, n'en suis-je pas n moins le ciief de la religion et de l'eniplre ? » (l) Environ l,suO,OOU Irancs de notre monnaie.

( 2 ) Cette année a commencé le vendredi 25 octobre de l’an 7*a de i’ere chrétienne.

fusèrent de le reconnaître, et demandèrent vengeance du meurtre de Oualyd ; Souleymân, fils du khalyfe liéchâm' et cousin de Yezyd, s’échappa de la prison où il était retenu à Naamân, rassembla des forces et marcha sur Damas : les Itabitants du la Palestine et des rives du Jourdain massacrèrent leur gouverneur; Merouân ben - Mohammed -él- Ilimar arbora en Arménie l’étendard de la révolte, se présentant comme un des vendeurs du khalyfe Oualyd. Son armée était déjà nombreuse, et [| marchait contre Yezyd, lorsque celui-ci arrêta son adversaireà/Zarrdnpardesnégociations, et acheta sa soumission par l’abandon des provincesdela Mésopotamie, de l’Arménie et de l’Aderbidjân.

A peine délivré de ce terrible ennemi, le khalyfe Yezyd mourut de la peste , à l'âge de quarante ans, n’ayant régné que cinq mois et dix jours.

I-e jour même de la mort de Yezyd, son frère Ibrahym, fils comme lui du khalyfe Oualyd P', mais d’une autre mère, fut élevé au khalyfat ; il n’accepta qu’à regret ces hautes fonctions , dans des circonstances aussi défavorables; en effet, iferouânben-Mohammed, délié de ses engagements par la mort du khalyfe Yezyd, accouraitavec une armée de quatre-vingt mille hommes a Keunesseryn, proclamant à Hémesse son refus de reconnaître l’autorité du nouveau khalyfe , et ses propres prétentions au trône de l’islamisme.

Ibrahym ben- Oualyd se hâta de rassembler ses troupes ; mais son armée , dont il avait confié le commandement à Souleymân^ fils du khalyfe liéchâm, fut mise en déroute, quoiiju’elle fût forte de cent vingt mille hommes.

L’un des motifs qu’avait mis en avant Merouân pour justifier son attaque contre le khalyfe Ibrahym avait été la délivrance des deux filsdu khalyfe Oi/a/yd//, étrHakem et Othman, qui étaient retenus en prison à Damas. Avant la kitaille, Merouân avait fait offrir à l’armée de Souleymân de renoncer lui-même a ses prétentions au khalyfat, si ellè voulait se réunir à lui pour déposer Ibrahym , et élever .sur le trône l’un des deux fils ic Oualyd II. Ces prop()sitions n’ayant pas été agréées, la bataille avait été sanglante et décisive en faveur de Merouân.

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L’UNIVEBS.

Jbrahym et son général Souleymàn s’enfuirent à Damas, s'emparèrent du trésor, et firent massacrer les deux jeunes prisonniers, qu'ils regardaient comme les plus dangereux de leurs ennemis, et comme le seul motif légitime de l'agression de Meroudn. Mais ce double meurtre fut loin d’être profitable au khalyfe Ibrahym : Merouân, indigné, déclara le prince meurtrier déchu de l'autorité suprême, et se proclama lui-même l'héritier des deux victimes aux droits du klialyfat.

Merouân fit son entrée à Damas, dans le second mois de l'an 127 de l'hégire (1) : il y prit possession du titre de khalyfe, et vit son autorité reconnue, même 'par le khalyfe déposé, qui obtint la vie pour prix de cet acte de soumission :

Ibrahym n’avait occupé le trône que soixante-neuf Jours, et il vécut encore environ six ans après son abdication forcée.

Merouàn bm- Mohammed avait à la fois trois surnoms : celui A'Àboxi- Abd-fl-Melek, qu'il prit à la naissance de son premier fils; c/eXvXABélrDjady, qu’il tenait de son oncle maternel êU hjad ben-Derhem ; et enfin celui de êf- Himar, sous lequel il fut le plus connu. Ce dernier surnom, qui signifie àne sauvage , lui avait été mérité par sa bravoure et par sa fermeté inébranlable; car, suivant les Arabes, « l'âne sauvage « ne sait pas fuir. > Nos écrivains l'ont nommé Merouân, deuxième du nom.

Toutes les provinces de l'empire le reconnurent bientôt pour khalyfe, et l’Égypte suivit sans hésitation le mouvement général.

L’an 127 de l’hégire , Merouân donna le gouvernement de cette province b Hassan ben-.Ibahyah; mais, seize jours.après, il le révoqua de ses fonctions, et le rempla^ par Hafas ben-Oualyd, ^ui avait déjà gouverné ces contrées a deux époques différentes, sous le klialyfat de Héchàm, et qui était plus capable qu'aucun autre de maintenir sa province dans l'obéissance du khalyfe.

Toutefois, l’année suivante, 128 de l’hégire (2), Merouân crut devoir le rap-

( I ) Celte année a nommencé le mardi 13 octobre de ran 7t4 de l’ére chrétienne.

(a ) Celle année a commencé le dimanche 3 Ofit'bte de l'an 7»Sde l’érc vulgaire.

peler de soir gouvernement , et le remplaça par DJaouyruh' ben-Sokayl, surnomme (bAglany.

Un an et demi était a peine écoulé, que le khalyfe , révoquant Djaoityrah, nomma à sa place gouverneur de l’Égypte Abd-allah benAl-Moghayrah, qui commença ses fonctions l’an 131 de l’hégire ( 1 ), mais qui mourut peu de temps après et fut remplacé par Abdél-Melek, fils de Moussa et petit-fils de Nasr, qui fut le dernier gouverneur de l’Égypte nommé par les khalyfesommyades.

Cependant le reste de l’empire était loin d’être tranquille : de tous côtés se déclaraient de nouveaux prétendants à ce trône, qu’on voyait devenu le prix de la violence, sans que lesdroitsd'hérédité, substitués par les Ommyades à ceux de l'élection, fussent plus respectés que les premiers abolis par eux. Aucun lien ne semblait plus capable de retenir les peuples et les projets hardis des ambitieux. Hémesse, qui avait été l'une des premières villes où Merouàn avait été accueilli, se révolta contre lui. En vain Merouân, accourant pour la punir, condamna-t-il au dernier supplice six cents de ses principaux habitants, la ville de Damas, sans être effrayée par ce terrible exemple , expulsait le gouverneur que lui avait donné le khalyfe. Souleymdn, fils du khalyfe Héchàm, se faisait proclamer lui-même khalyfe à Basrah, et s’avançait jusqu'à Kennesseryn; battu

fiar Merouân, qui lui tua trente mille lommes, il se jetait dans Hémesse et s’y fortifiait. Tandis que Merouân allait l’y assiéger, Abd-allah ben-Moaouyah , descendant d’.</éoa-7'afc'6, père du khalyfe , était aussi proclamé khalyfe à Koufah.

Les victoires remportées par Merouân sur ces divers compétiteurs ne purent assurer le sort de sa dynastie ; un ennemi plus puissant, Abou-l-Abbas, surnommé depuis él-Saffah , descendant de Hachem, uisaïeul du Prophète, se leva contre lui du fond des provinces les plus orientales de l'empire musulman.

Le Khorassân s’était déjà déclaré

fwuT Abou-l-Abbas, par les menées habies d'Abd-ér - ra/iman abou-Mouslim ,

{ I ) Cette année a onmmeneé le samedi 3l août de l'année 7»8 de l’i rc vulgaire.

ÉGYPTK MOüKllNK.

qi; il y avait envoyé comme agent malgré sa grande jeunesse.

Abou-Mousfim n'avait que dix-ueuf ans; mais il déploya une activité, une adresse et une fermeté bien au-dessus de son âge. Il réu.ssit à gagner les esprits, à réunir des forces nombreuses, a battre celles de .yasr ben-Sayar, que Merouân avait chargé du gouvernement de cette province reculée. Bientôt maître de la ville rovale de Merou et do Nichabour, il se jette en Géorgie, et, s'avançant jusqu'à Koufah, fait reconnaître'dans toutes ces contrées l'autorité A' 4bou-l-.lbbas.

Après plusieurs défaites successives, le khalyfe âlerouân, battu encore auprès de Moüssoul, y vit enfin périr ses dernières ressources. Ne se croyant pas assez en sûreté à Damas, il traversa dans sa fuite rapide toute la Syrie, qui se déclarait pour son rival vainqueur, et chercha un refuge en Égypte, où jusqu’alors son autorité n'avait pas été méconnue.

Cependant Abou-l-Abbas, exerçant déjà à Koufah toutes les fonctions de la souveraineté , nommait les nouveaux gouverneurs des provinces , recevait les serments de fidelité des populations de la Syrie, et fondait ainsi la dynastie des Abhassides sur les débris decelledes Ommyades, qu’il venait de renverser.

Pour assurer son triomphe, i|fit rassembler tous ceux qui par le sang faisaient partie de cette famillequ’il venaitde proscrire; quatre-vingts personnes, de tout sexe et de tout âge, furent ainsi saisies par ses ordres , et tous furent massacrés impitoyablement. Cette exécution barbare vaiuta Abou-l-Abbas lesurnomd’ef- Sajfah ( le verseur de sang ).

Un jeuneprincedecette lamlile, Abdér-rahman , petit-fils du khalyfe Héchâm, parvint seul a échapper au massacre général, et, retiré en Espagne, y fonda une nouvelle dynastie des Ommyades.

Merouân parvint à gagner l’Égypte, sans être arrêté sur sa route. Mais Abdallah , oncle paternel. A! Abou-l-Abbas.

envoya à sa poursuite son frère .Saleh hen-Aly, avec ordre de saisir à tout prix le malheureux vaincu. Saleh atteignit Merouân au village nommé Aboussyr- Kourydes, dans la haute Égypte, et le fit tuer sous scs yeux le dimanche 'ïl du

mois de Gcmady-cl-Akher de l’an 132 de l’hégire (I).

La tete de Merouân ben-JUohammed fut envoyée à Abou-l-Abbas-fl-Saffah.

Ainsi périt misérablement, à l'âge de cinquante-six ans, ou, selon d’autres auteurs , de cinquante-neuf ans , après un règne de cinq ans et un mois, le dernier khalyfe de la maison A'Ommtjah , qui avait eu entre les mains pendant quatre-vingt-onze ans la souveraineté de l’islamisme, dépouillée par la famille A' Abou-l-Abbas, qui prit d’après le nom du trisaïeul de son fondateur, celui de dynastie des Abbassides.

' Le mouvement d’impulsion et d’envahissement , donné par les quatre premiers khalyfes aucolossede l'islamisme, avait été loin de se ralentir, tandis que la dynastie des Ommyades tenait les rênes de l’empire : aux premières conquêtes d’ Abou- Beker, A'OmarelA'Othman, de nouvelles conquêtes avaient été ajoutées par les princes de la maison AîOmmyak.

Sous le règne de cette dynastie, l’empire grec, à qui les généraux de l’islamisme venaient d’arracher l’Arménie, avait TU sa capitale, Constantinople , assiégée par eux pendant six mois , et s’était laissé dépouiller de tout ce que les précédentes défaites lui avaient encore permis de posséder en Afrique : Syracuse, Pergame, Antioche de Pisidie, Césaréede Cappadoce, avaient été prises et pillées, la SicQe et l’Asie Mineure dévastées, Carthage détruite, l’Espagne envahie.

L’empire de l’islamisme, largement établi dans trois parties du monde, s'étendait depuis l'extrémité des Indes jusques au cœur même de notre France.

Déjà maîtresde Narbonne, deToulouse, de la Provence, du Languedoc et de l’Aquitaine, portant partout le pillage et l'incendie, les Arabes, partis de Tolède, avaient poussé leurs ravages dans le Poitou et jusqu'à Tournus en Bourgogne; rien ne semblait pouvoir arrêter leur invasion dans nos contrées occidentales. L’Europe entière allait devenir mu.sulmane, lorsque Charles Martel, s’élançant au-devant du torrent dévastateu r, le

(I) 8 février 760. L'anoae de l’Iiégire 132 avait ooiDmcncâ le mercredi 30 août de t'an 7ta de notre ère.

gic

L’UNIVEKS.

rencontra dans les plaines entre Tours et Poitiers , et le refoula au delà des Pyrénées; décidant le sort des États chrétiens par une victoire sanglante, dans laquelle, s’il faut en croire les historiens, trois cent soixante-quatre mille musulmans périrent. L’exagération du chiffre est ici évidente; mais un fait qui ne l’est pas moins , c’est que la victoire décisive de Charles Martel sauva le continent européen de la domination musulmane.

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