CHAPITRE V
Dynaxtiedes Abbassidps. — I.«ikhaIyfrsAbna- 1-Abba», Al-Mnnsüur , Ël-Maliadv, f:bHâdy , H.1roun-èl-Racliyd , i;i-Aiiiyn, Àl-Mâmoua.
— Gouverneur:* de l’Kgvptesous ces princes.
— Sâleh. — AbAniin. — Mou.*sa beii-Kaid).
— Mohammed beu-.A.ssaod . — Hamvd. — Yeryd. — Abd-atlah lM*n-.AlKi-«*r-rahm<1ii. —
— Moliammed ben-AlKl-ér-Raliinan. — Mous.*a ben-Aly. — Mohammed ben-Souleymdn. — Yssa ben Loqm.lii. — Ouadeh. — Mansour. — Yahya. — Ismavl Alwu-Kolayfah. — Ibrahvm. —Moussa l’ien-Xl.issaab. ^ Fnüiiel. — Aly. — Müu>sa l>eii-Ys.sa. — Mouslimnh. — Mohammed Ixmj-Zm'Urt. — ÜrtOiid. — AmtT. — Abd-adali hpn-ZAluT.
— Ishak. — Harlharaah. — Ahd-él-Mplek.
— Oboyd-Allah Iwn-Mohadv. — Ismay) ben
SAléh. — Kl-Leylh. — Ahmefi. — Abdallah lieii-Mohammed. — fci-Ha.ssân ben- Djemyl. - Melek. — Iwn-él-
r.ihlfjh. - Hâlem. — DJAtwr. — Moltaleb.
— ■ Kl-Abbaa. — fcl Sorry. — Moliammed Abou-Na&r. — Abdallah ben-fel-Sorrv. — Ayàd. — Yssa beii-Yezyd — Isl-Motassem.
Le philosophe observateur remarquera iciune singulière coïncidenceentre lies événements semblables , qui signalent à la même époque l’histoire de deux peuples, non moins éloignés l’un de ! l’antre par les distances de leur position géographique que par leur origine, leurs mœurs , leurs lois , leurs croyances et leurs institutions religieuses.
En effet , les mêmes années qui virent les Abbassides , dans l'Orient, renverser du trône de l'islamisme les Ommyades, et saisir à leur place les rênes de l’empire des Arabes, virent aussi dans l’Occident la première race des rois français, celle des Mérovingiens, dépossédée de la pourpre royale par la famille de Charles iMartel, devenue la souche d’une seconde race appelée celle des Carlovingiens (1);
(I) Pépin le Bref fut appelé nu Inine des Françali l’an 7ûl de noire ère; aiinde e”.nlemeril remarquablepar la première apparilion eu Francs de la |>etite vérole, ori;;inairo de l’Egypte.
ainsi, presque aux deux extrémités du monde alors connu, deux familles royales échangeaient en même temps, contre
I avilissement et l’oubli, les honneurs et le pouvoir arrachés de leurs mains par des usurpateurs plus heureux ; et pour rendre encore celte coïncidence plus parfaite, les deux plus illustres princes des deux nouvelles dynasties, Charlemagne tl llàroun él-liackud , devaient Wvre contemporains, et les deux contrées devaient également voir les sucRtesseurs de ces princes, héritiers d’empires vastes et florissants, bientôt, énervés et mépri- Mbles, sanctionner par leur faiblesse le démembrement de leurs domaines et les usurpations de leurs grands vassaux sur leur pouvoir souverain.
Aboii-l-Abbas, surnotnméd/-Aa/ÿ’a/i, qui fut le premier khalyfe de la dynastie des Abbassides, était üls de Mohammed et petit-fils d’.-//y. Celui-ci, lils à’Ahd-al- /a/i, avait pouraîeuldMMhw, fils d'Abdél Motalcb, fils de llachcm et aïeul du Prophète. Ainsi la famille des Abbassides était une branche collatérale de celle de Mahomet et d’Aly , et ses droits de successibilité au khalyfat étaient plus rapprochés que ceux d'e la dynastie déchue ; d'ailleurs la force des armes et la victoire, en faisant pencher la balance en leur faveur, avaient ejonné force et valeur à ces droits de légitimité, méconnus pendant plus d'un siècle.
Abou-l-Jbbas avait d’abord porté le nom d'abd-atlah : il fut inauguré dans les fonctions de khalyfe le 13 du mois de Rahy-êl-Aouel de l’an 132 de l’hégire. Les premiers actes de son gouvernement furent la révocation de tous les gouverneurs des provinces, et leur remplacement par quelques-uns de ses parents ou de ses partisans.
II confia le gouvernement de l’Éeypte à son oncle paternel , Salèh ben Jltji mais celui-ci n’alla pas administrer cette contrée, ets’y fit représenterpar Abàoun- Abd-êl-Melek ben-Yezijd, qu’il vinstitua comme vice-gouverneur.
Les fonctions de patriliarche d’Axandrieétaient alors remplies par Mikhahjl,
( Michel ) , appelé vugairement par les Cophtes A hayl, dont nous avons vu l’élévation au patriarcat l’an 4C0 de l’crc des Martyrs (1 ). Ce patriarche était de la (O 12* Je 1 liégir* et 744 de l’èro cbrétlcD oe
EGYPTE l\10DERx>C.
sectejacobiteetquaraiitecioquième successeur de saint Marc ; il siégea encore environ trois ans , et mourut le 17 mars de l’an 468 des Cophtcs (I). Il fut remplacé au mois d’avril de la même année par le patriarche Myna , natif de Semenlioud (l’ancienne Sebennytus).
L’an 136 de l’hégire (2), Abou-l-Abbas mourut à Hachemyah le 13 du mois de Dou-l-Hagéh, apres un règne de quatre ans huit mois et vingt-six jours, à l’âge de trente-deux ans et demi; il fut le premier des khalyfes qui prit un vizir, car les khalyfes omniyades n’avaient eu pour leur administration que des secrétaires.
Le successeur A' Jbou-l-Abbas-fl^Saffak fut son frère Al-Mansour beii-Mo- Aammerf, surnommé Ahou-Djafar: il fut inauguré à Hachemyah l’an 137 de l’hégire (3). Trois ans après son avènement, l’an 140 de l’hégire (4), il ôta le gouvernement de rïlgypte à son oncle Salék ben-Aty, et nomma à sa place Abâoun- Abd-it-Melek 6eu-l'eiyr/,qui y remplissait les fonctions de vice-gouverneur.
Mais à peine une année était écoulée qu’il révoqua à son tour Abàoun, et le remplaça, l’an 141, de l’hégire (5), par Moussa ben-Kaab : celui-ci ne conserva lui-même ses fonctions qu’environ une année, et eut pour successeur, l’an 142 de l’hégire (6), Mohammed ben-Assaad qui, l’an 143 de l’hégire (7 ), fut rem-
Flacé par Ha/nyd ben-Qahtabah : enlin, an 144 de l’hégire (8;, Yezyd ben-Uatem-M-Makalehy fut nommé à la place de f/amyd.
Ainsi en moins de sept années l’Égypte avait pa.ssé succe.ssivement entre les mains de six gouverneurs différents.
Ces changements avaient pour motif l'humeur déliante du khalyfe, qui croyait voir partout des traîtres et des conspi-
( I ) 1 35 de rhéslrc , 752 de l’ère chrétienne.
(Il Celte année a commencé le samedi 7 Juillet de l’an 751 de l’érectirélienne.
(3) Celte année n commencé le Jeudi ï7 Juin de l'an 754 de notre ère.
(4) Cette année a commencé la mercredi 25 mai de l’an 757 de noire ère.
(5) Otte année a commencé le dimanche I* mai de l'an 7i>8 de notre ere.
(6) Cette année a commencé le vendredi 4 mai de l'an 759 de notre ère.
(7| Cette année a commencé le mardi 22 avril de l’an 7#o de notre ère.
(8) Celle année a commencé le samedi II avril de l’au 751 de notre ère.
rateurs; déposant sur le moindre soupçon ses serviteurs lespliis dévoués, dont quelques-uns furent mis à mort par ses ordres, et entreautres cet . Ibou-Moiisliin à qui la famille des Abbassides avait dil son élévation au khalyfat, et qui depuis l’avait servie avec tant de zèle. Le khalyfe, oubliant ses services et son dévouement, le fit tuer, sur un vague soupçon qu'il conservait un penchant secret pour la famille d’Aly. Ce fut par suite de cette inquiétude méfiante que le khalyfe Al- Mansour se décida à quitter la ville de Hachemyah, qui Jusqu’alors avait été le siège de la domination des Abbassides; l’an 14.S de l’hégire ( 1 ), il Ct Jeter les fondements d’une nouvelle ville qu’il iioniina Medymf-H-Seldm (la ville de la paix), et qui depuis son règne fut, sous le nom de Baghdad, la capitale des khalyfes ses successeurs. Cette inéliance mettait dans tous ses actes un caractère d’indécision et d'instabilité; il avait désigné pour ses successeurs, d’abord son neveu Yssa ben- Moussa , puis son iropre 111$, puis de nouveau Yssa comme e successeur futur de son lils, sans qu’aucune de ses résolutions fût fixe et immuable.
Yezyd ben-Hatem gouvernait l’Égypte depuis huit ans, et le khalyfe l’avait décoré du titre de prince W Égypte ( F.myr-Mesr), que portèrent depuis lui ses successeurs. Il mourut l’an 152 de l’hégire (2), et Al-Mansour nomma pour son successeur dans ces fonctions Abdallah ben-Abdrér-Hahman.
Celui-ci ne gouverna l’Égvpte qii'environ trois ans, et mourut l’an 13-î de l’hégire (3). Il fut remplacé d’abord par son frère Mohammed ben-Abd-ér-rahmân, qui mourut en l’an I56de l’hégire, puis par Moussa ben-Aly-fl-lÂigmy. Celui-ci conserva ses fonctions jusqu'à la mort du khalyfe Al-Mansour.
Les mutations continuelles qui avaient eu lieu dans la haute administration de l’Égypte , avaient été bien loin d’étre avantageuses à la prospérité et au bienêtre des habitants. Chaque gouverneur, stlr d’étre bientôt destitué et remplacé,
(1) Celte année a commencé le Jeudi 2 avril do l’an 782 ilo notre ère.
(2) Celte année acuuimencé le samedi 14 Janvier de l'an 761).
(3) Celte année a commencé le Jeudi 13 décembre de l'an 771 de notre ère.
s’occupait, non de cc qui pouvait être utile au pays, mais de ce qui pouvait être protitableà lui-même, et ne cherchait qu’a acquérir par toutes les voies pos- .sibles, pendant sa courte jouissance, des richesses qui pussent le dédommager d'unerévocation prochaine. Aussi chacun d’eux augmentait-il de nouvelles surcharges les impôts qu’il trouvait établis par son prédécesseur; ils eu étaient venus à un tel point de rapacité, qu'il n’y avait plus aucun état, aucune industrie, qu’ils ne soumissent à des redevances sans cesse accrues ; l’ouvrier mouleur de briques, le fellah vendeur de légumes, leconducteur de chameaux, le fossoyeur, toutes les professions, même celle de meudiant, étaient forcés à payer une taxe ; la misèredeviiit extrême, et le bas peuple était réduit à manger Jusau’à des chiens et des cadavres humains. L'Égypte ne pouvant supporter une oppression aussil désastreuse, était sur le point de se soulever, lorsqu’on y reçut la nouvelle de la mort d'Al-Mansour.
Ce klialyfe mourut à Byr-Maymoun, à quelques milles de distancede la Mckke, où il se rendait en pèlerinage, le 6 du mois de Dou-I-Hagéh de l'an 1.58 de l’hégire (I). Il était âgé de soixante-trois ans, ou, suivant quelques-uns, de soixante-huit, et avait régné vingt-deux ans moins sept Jours (2).
Mohammed-fl-Mahady , fils d’Al- Mansour, succéda à son père, et fut le troisième khalyfe de la maison d’Abbas.
Il était à Baghdad, lorsque son père expirait auprès de la Mekke, et il fut proclamé aussitôt comme khalyfe malgré son absence.
Kl-Mahady montra dans ses actes et dans ses choix la même versatilité qui avait signalé le khalyfat de son père
Al-Mansour. Il donna, l’an 159 de l’hcgire(l), legouvemementderÈgypte à un Syrien nommé Mohammed ben-SouIeymün; maisil le révoqua presque aussit^, et rappela pour le remplacer Moussa ben-Aly : puis celui-ci fut destitué de nouveau l'année suivante ICO de l'hégire (2), et le khalyfe nomma au gouvernement de l’Égypte Yssa ben-Loqmân, surnommé fl-ÙjemdJemy.
Déposé l’an 162 de l’hégire (3), celui-ci eut pour successeurs, d’abord Ouar/eâ, affranchi du khalyfe précédent ; puis Mansour ben-Yezyd, surnomme fl- Bagheby, déposés l’un et l'autre l’an 163 de l'hégire (4), puis enfin ia/iya, surnommé Abou-Sulèh , fils A’ Abd-allah ét-Ojaounany.
L’an 164 de l’hégire (5), ce dernier gouverneur fut destitué à son tour, et remplacé gailsmayt, surnommé Abou- Ytayfah, déposé de même l’année suivante-165 de l'hégire (6).
Le gouvernement de l’Égypte passa alors entre les mains du fils du premier gouverneur de l’Égypte sous les Abbassides, Ibrahym bèn-Saléh, descendant d'Abbas, qui, l’an 167 de l’hégire (7), eut pour successeur Moussa ben-Massaab.
Celui-ci fut tué au mois de Cliaouâl de l’an 168 de l’hégire (8), et l’administration de l’Égypte resta provisoirement confiée à son lieutenant Amer ben- Omar, Jusqu’à l’arrivée du gouverneur nommé par le khalyfe, Faddelben-Salèh, frère de l’ancien gouverneur Ibrahym,
Au reste, ces destitutions et ces nominations si fréquemment multipliées n’étaient peut-être dans ce khalyfe que l'effet de hautes vues politiques; peutêtre apercevait-il déjà la tendance, qu'avait chacune de ces provinces à se séparer de la métropole de l’islamisme ;
(1) Cette année a commencé le vendredi 11 novembre de l'an 774 de l'ere chrétienne.
(2) Monnaie d’/r<-Afar«oiir de l’an 146 de l'hégire (74Ü de l’ére chrétienne)
(1) Celte année acommencé le mardi 3I oelnbre de l’an 775 de l’ère chrétienne.
(2) Cette année a commencé le samedi 19 octobre de l’an 776 de notre ère.
(3) Cette année a commencé le lundi 28 septembre de l’an 778 de notre ère.
(4) Cette année a commencé le'vendredi I7 septembre de l’an 779 de notre ère.
(5) Cette année a commencé le mercredi o septembre de l’an 78o de notre èni.
(6) Otte année a commencé le dimanche -iB août de l'an 7ki de notre ere.
(7) Celle année a nmimeiici’ le martti 5 aoiit de l'an 7H3 de notre ère.
fR) Cette année aeommeneé le saraeili 21 jiiit- Ici de l'an 781 de notre ere.
F.GYPTK MODERNE.
pwt-étre prévoyait-il dès lors ces scissions qui devaient démembrer l’empire, un demi-siècle environaprès lui. Etalors sa prudence clairvoyante et préventive cherchait , en ne laissant que peu de temps le pouvoir aux gouverneurs , ses grands vassaux , à leur ôter les moyens de s'affermir assez dans leurs provinces, pour s’y rendre indépendants du khalyfat.
L'Égypte resta tranquille et soumise sous ces mutations continuelles de son administration : la Syrie et les autres provinces voisines suivirent son exemple , et le khalyfe él-Mahady profita de cet état de sécurité, pourporter la guerre au dehors' et attaquer vivement l’empereur des Grecs. Son second fils Hàroun fut chargé de la suite de cette guerre : le ieune prince y déploya une telle habileté et un telcourage, qu’il obtint les succès les plus brillants, et ne revint à Raglidad qu’après avoir pris plusieurs villes des Grecs, battu leurs généraux Nicétas et Damsanos, et forcé Constantinople à un tribut annuel de soixantedix mille dynars (I).
Le khalyfe él-Mahady récompensa liâroun en le désignant par un acte solennel pour successeur iiitur de son fils nînc,A/oussa-d/-//a(fy,qu’il venait définitivement d’instituer héritier du trône après lui , en annulant l’acte par lequel il avait d’abord désigné Yssa ben- Moussa.
Peu après cette décision , le khalyfe (IMahady mourut, le 22 du mois de Moharrem de l’an tC9 (2) de l’hégire, à l'.àge de quarante-deux ans, après avoir régné dix ans et deux mois et demi (3).
Moussa él-Uady, fils ainé du khalyfe
r I ) Environ an million de notre inonnnip. (31 Cette année a commencé ie Jeudi |4 juillet de l’an 7#5 de notre ère.
(.V) Monnaie A'il-Stnhady, de l'an 163 de l’hégire (779 de l’ére clin-tienne .
él-Mahady, succéda à ce prince, et fut te quatrième khalyfe de la race des Abbassides.
En montant sur le trône l’an 1 69 de l’hégire , él-Hady rappela du gouvernement de l’Égypte Faddel ben-Salèh, et nomma à sa plane /tly ben-Sotdeym&n , également descendant d'Abbas.
L’année suivante, él-Hady voulut dépouiller son frère Hàroun des droits dont son père , le khalyfe él-Mahady, l’avait revetu en le désignant pour successeur d’él-Uady, et résolut d’abroger l’acte même qui établissait cet ordre de succession.
Il destinait à son fils unique Djafar, encore enfant, cet héritage dont il voulait priver son frère. Mais l’exécution de ses projets injustes fut arrêtée par sa mort. Le Khalyfe Moussa-él-Hady mourut le vendredi 14 du mois de Raby-él-Aouel de cette même année (170 de l’hégire, (1), à l’âge de vingt-quatre ans, ou de vingt-cinq suivant quelques historiens , après avoir régné seulement uii an , un mois et vingt-deux Jours.
Dès le commencement de la première année de son règne ( 169 de l'hégrre , SOI de l’ère de.s Martyrs), mourut aussi lepatriarchecophteK.hayl,qui fut remplacé, le 16 du mois cojihte de Toubéh, par le patriarche Youhannà {Jean); celui-ci, après avoir gouverné son église pendant treize ans, mourut le seizième jour du mois de Toubéh de l’an 515 des Martyrs (2) , double anniversaire de sa naissance et de son élévation au siège patriarcal.
Ce patriarclie se distingua par ses vertus éminentes, par son humanité et sa charité bienfaisante; aussi l'église cophte fut heureuse et tranquille entre ses mains, mal^ une cruelle disette qui vint à cette époque affliger l’Égypte.
Mais le patriarche Jean répandit d'abondantes aumônes, et parvint par les
filus grands sacrifices à subvenir à tous es besoins des pauvres.
Les lettres synodiques que reçut ce patriarche, des patriarches d’Antioche Gergis ( Georges ) et Kyriacos , et les répoiisesqu’il leur adressa, prouventqu’à cette époque il y avait unité de croyance
(I) Celte année a commencé le lundi 3 Juillet de l’an 7S6 de notre ere.
( 2 ) isa de l’Iiégirc-i-l W9 de l'ère chrétienne.
L’UNIVEHS.
«t communion de foi entre cette église et celle d'Alexandrie.
T>e cinquième khalyfe de la maison à'H-Abbas fut le célèbre Ilâroun-él- RarhyiL Son règne fut l'époque la plus brillante de t'empire de l'islamisme, et sa gloire s'est répandue des extrémités de l'Ürient jusque dans nos contrées occidentales , ou son nom est encore célèbre à juste titre. Mais, parvenu à son apogée, l'astre de l'islamisinc ne tarda pas a décliner sous le.s successeurs de Hâroun, et, suivant la destinée de toutes les choses terrestres, à subir des révolutions qui amenèrent enfin son éclipse totale.
/lâroun-ül-Hachyd était fils du khalyfe él-Muhady et frère du khalyfe é/fhidy. Il fut inauguré comme khalyfe l'an 170 de fhégire, le jour même où la mort de son frère fut connue , et au moment même où il devenait père de son fils aîné .dbd allali, qui, sous le surnom iV.ll-Mainoim, devait être son second successeur.
Udroun parait avoir été guidé par la même politique qui avait porté son père êl-Mahady et son aïeul At-ilansour à craindre de laisser les provinces trop longtemps entre les mains de leurs gouverneurs : il sembla même les surpasser danscesmesuresdepréeautiou. L’an 171 de l’hégire (l), il révoqua .ily ben- Sou/eymân, et donna le gouvernement de l'Egypte à Moussa ben- i'ssa, descendant dû khalyfe Aly.
La même année. Moussa hen-Yssa fut rappelé, et remplacé par .I/ouiV/wiaA ben- Yahya; mais alors le khalyfe sépara des attributions du gouverneur l’administration financière, qu’il confia à Amer ben-Mahràn. Mouslimah, bientôt après déposé à son tour , fut remplacé par Mohammed ben - Zaher, auquel succéda, l’an 173 de l’hégire (2), Yezydben-Uatem, presque assitôt remplacé lui -même par son fils Daoud ben-Yezyd; celui-ci conserva son gouvernement un peu plus longtemps que ses prédécesseurs; il y fut maintenu pendant près de deux ans, et ne fut révoque qu’en fan de l’hégire 175 (3).
(n Celte .innï-e a commencé le vendredi 22 juin de l'an 7S7 de noire ere.
(2) oitc année a commencé le dimanche 31 mal de l’an 789 de notre ère.
Cette année a commencé le mardi 10 mai de l’an 791 de notre ère.
Cette anntie, le khalyfe rendit le gouvernement de l’Egypte à Moussa-ben-Yssa, qu’il en avait cléjà revêtu quelques années auparavant.
Cette même année, Uâroun institua pour son successeur immédiat son second fils Mohammed, qui prit depuis le nom A'é'.-Amytij quoiqu’il n’edt encore atteint que sa cinquième année, et que son frère Abd-aUah, depuis nommé àl- Mamoun, fût son aîné d’environ six mois. il/oÂamniei/ était filsde Zobeydéh, cousine et épouse chérie du khalyfe, tandis que n’était filsqued’une
femme d’un rang inférieur, nommée Moradjel, et étrangère au sang de la famille d’Abbas.
Il parait que cette considération, jointe aux instances de Zobeydéh, détermina le khalyfe à cette décision ; mais il substitua en même temps son fils aîné Abd-allah pour successeur du trône après son frère Mohammed.
Le gouvernement de l’Egypte fut, en l’an 17G de fhégire (1), retiré pour la seconde fois des mains de Moussa ben- Yssa.et le khalyfe //tirottn nomma pour lui succéder Ibrahym hen-Saléh, qui avait déjà gouverné l’Égypte sous le khalyfe é/ 3/an.so«r, et que Hàroun rappela enl’an 177de l’hégire (2). Ille remplaça par Amer ben-Mahrdn ; celui-ci ne garda pas le gouvernement de l’Égvpte plus d’un mois ; déposé à son tour, il fut remplacé par /6ra/wn6«i-.'ia/c/i, nommé pour la troisième fois à ces fonctions.
Ibrahym ben-Saléh mourut presue aussitôt' après; il eut poursuccesseurs 'abord, Abd-aUah ben- Zaher, frère de l’ancien gouverneur Mohammed ben Zaher; puis Ishak ben-Souleymân, descendant de //acA«n, et enfin, l’an 178 de l’hégire (3), Harthamah ben-Ayan, que quelques écrivains nomment//aay//ia/*.
Le khalyfe ne laissa pas longtemps Harthamah à ces fonctions : le faisant passer au gouvernement d’Afrique, il envoya en sa place en Égypte .4bd êl- Melek ben-.Salèh, frère de fancien gouverneur Ibrahym. Cependant retranchant au nouveau gouverneur deux de
(I ) Celle année a commencé le lamedl 28 avril de Tan 792 de nolrt? ^re.
(2j Celle nimée a commencé le J^di 19 avril de Pan 793 de notre ère.
{ni Celle 3nm'*e a commencé le lundi 7 avril de l’an 794 de noire ère.
i oy ÜOOglc
ÉGYPTE MODERNE
ses priocipale.s attributions, le khalife lui donna iMurlieutenant AM-allah ben- Mousnabbeb , chargeant spécialement celui-ci du soin de présider aux prières publiques et d’administrer les linances.
En l’an 179 de l’hégire (i), l'Egypte vit de nouvelles mutations dans ses gouverneurs. Abd-él-Melek ben-Satéh y fut remplacé par le frère du kbalyfe', Obeijd-atlah ben-Mahady , et celui-ci céda bientôt la place à Motissaben- Yssa, qui y rentra pour la troisième fois.
F..'annèe suivante 180 de l'hégire (2), A/oiMa ben-Yssa fut de nouveaudéposé, et le khalyfe rappela au gouvernement de rflgypte son frère Obeyd-allah benilahady.
L’historien Sayd bm-liatryk rapporte h cette époque l’anecdote suivante ;
« Tandis qn'06cÿ(/-a//<i/* ben-Mahady gouvernait I Égypte, il envoya en présent a son frère le khalyfe Haro'un une jeune esclave cophte de la plus grande l>eauté. L’odalisqueégj'ptienneeharma le khalyfe, qui en devintepcrdilment amoureux; niais tout à coup la favorite tomba malade, sans qu’aucun des méilecins de la cour du khalyfe parvînt à guérir 1a maladie, ni môme à la connaître. La malade as- .sura qu’étant Égyptienne, elle ne pouvait être guérieque par un médecin égyptien.
« Aussitôt le khalyfe e.xpédia* à son frère l'ordre de lui envoyer sur-le-champ le médecin le plus habile de l’Égypte.
Olui qui .se trouva reconnu comme tel fut le patriarche des melcbites, car les prêtres cophtes d’alors pratiquaient la médecine et cultivaient les autres sciences.
< Le patriarche-médecin partit pour Baghdad, guérit la favorite, et obtint pour récompense du khalyfe un diplôme impérial , rétablissant les melchites orthodoxes dans tous les droits dont ils avaient été dépouillés par les hérétiques jacobites, depuis leur accord avec le conquérant Amrou éhn-él-Aâx. »
Certes, si l’bistoriette est véritable, on ne pourra v voir qu’une intrigue habilement ourdie par le clergé autrefois dominant, et h qui tous les moyens, meme l'offrande d’une concubine au khalyfe ,
(1) 0(t< Année a rommcncé le veodredl Q7 iDArs de t'aii 795 de noire ère.
(2) Otle année a commencé lo mercmli IC mars de l'an 79C de notre ère.
paraissaient bons et légitimes, pour ressaisir leur suprématie et humilier leurs adversaires.
L’an 181 de l’hégire (I), le khalyfe remplaça son frère Obeyd-allah ben- Mahady par Isniayl ben-Saléh, frère d’Ibrahym , de Faddcl et d’Abd-êl-Melek, anciens gouverneurs.
L’an 182 de l’hégire (2), Ismayl ben- Saleh céda la place à Ü-Leylh ben-Faddel, Uls d’un alfranchi du khalyfe; celui-ci conserva son gouvernement pendant environ cinq ans, et, l’an 187 de l’hégire (3), il fut remplacé Ahmed, fils A' Isniayl ben-Saléh, (pii avait été gouverneur de l’Égypte avant lui.
Deux ans après, l’an 189 de l’hégire (4), Ahmed hen- Ismayl eut pour successeur Abd-allah ben- Mohammed-él-Abhassy, surnommé.i’bn-y.eneybah, (lui fut destitué la môme année et remplacé par él- J/assan ben-él-Ojemyl-él-Azdy. I/amiée suivante, 190 de l’hégire (5), le khalyfe détacha des fonctions du gouverneur l’administratinn linancière, qu’il remit entre les mains de Khassyb Iten-Abdél-Hamyd; mais cette organisation ne fut conservée que pendant une année :
l’an 191 de l'hegire(G), Khassybtut révoqué,et ô/-//n.s.s(r« fut de nouveau chargé à la fois du commandement militaire et de l'.administration des linances de l’Égypte.
Cependant, un an après avoir reçu cette double marque de la confiance (fu khalyfe, él-Hassan ben êl-Djémil fut rappelé, et il fut remplacé par Melek ben- Dathem, l’an 192 de l’hégire (7). Enfin, l’an 19.3(8), Melek eutpoursucccsseur él- IJassan ben-éltTahlah, qui conserva le gouvernement de l’Égypte jusqu’à la fin du règne du khalyfe ! Idroun-tl-Iiachyd.