I.e règnede Haroun, qui dura vingt-trois
(I) année a commencé te dimanche h mars de Tan 797 de noire ère.
(2 ] CüUe ano^ a commencé le Jeudi 22 février de l'an 798 de outre ere.
(3) O’tte année a commencé le vendredi 30 décetnlire de l'an de notre ère.
(il Cetto annéo a cummenee le dimanche 8 d<^ cembre de Pan 80l de notre t-re.
(îij Celte année a commencé le Jeudi 27 novembre de Pan HOâ de notre ere.
(8) Cette année a commencé le mardi 17 novembre de Pan 806 de notre ère.
(7) Cette anmr a commencé le samedi 6 novembre de -Pan 807 de notre ère.
(8) Cette année n comrrH'ncé le mercredi 26 octobre du Pan 808 du notre cru.
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L’UMVERS.
ans, un mois et dix-neuf jours, fut un des plus célèbres et des plus reniarquables( 1 ). illustré par de brillantes victoires remportées sur les empereurs ^recs, et par des conquêtes importantes, il tiraunnouvel éclat de la pro tection q u’i I accorda aux lettres et aux sciences, et de ses efforts pour reudre heureux les peuples qui vivaient sous ses lois. La mémoire des hommes a consacré par le surnom dVf- AacÂÿd(le droiturier) son amour constant pour la justice etl’équité, et sesactes de bienfaisance sont plus souvent racontés dans l’Orient que ses plus éclatants faits d’armes. L'est presque le seul prince ilonl le peuple y ait gardé ta mémoire ; c’est pour les Orientaux le khalyjé par excellence ; et maintenant encore quand un de leurs récits dit : « Ceci s'est passé « du temps du khalyfe >> , cela signiUe du temps de Hdroun-éIrHachyd.
Une des circonstances remarquables de son régne est l’ambassade qu’il envoya à l’empereur Charlemagne. Nos historiens rapportent que les ambassadeurs excitèrent l’étonnement des chevaliers de la cour de France , en déployant devant eux toutes les richesses de l’art de l’Orient, et qu’un des principaux présents qu’ils olfrirent fut la première horloge qu'on eût vuedans l’Occident (2).
Ce prince mourut à Tous, âgé de quarante sept ans, ou, suivant d’autres, de quarante-huit, te samedi 3 du mois de Cemady-cl-Akher de l’an 193 de l’hégire.
Mohammed-ét-.dmyn succéda à son père le khalyfe ilarowu. Quelque favo-
(I) Monnaie de tlâronn ûl-Hachydt de L'an I9l de n>q?ire (.806 de Tere cbréUe.une ).
(SJ On conservait antrefois dans le trésor de
I eglue cathédrale de Chartres un vase de verre, oro* d’une Inscription kouûque, qu'on prétendait avoir été offert à Chariemaitne par les* ambassadeurs du khalyte. Ce vase est mainte-,, oant b» des principaux ornemenla du musée' de Chartres, ou Je Pal vu et dessillé raot-Qiénie
II y a i|uelqiirs années.
riséque et-Amyneül été par son père, qui l'avait désigné pour son successeur immédiat au préjudice de son atné Abd~ oUak-àl-Mâmoun, il ne put voir sans jalousie les dispositions du testament paternel qui accordaient à celui-ci quelques dédommagements. En effet, Haroun avait légué, avant de mourir, son mobilier, ses armes et son trésor partitulier à Al-Mamoun ; il avait ordonné que la province du Khorassan, ainsi que les troupes qu’elle contenait, lui appartinssent à titre de souveraineté indépendante du khalyfe él-Amyn. Maigre ces dispositions solennelles, el- Amyn commença par refuser à son frère la délivrance de son legs particulier ; puis il üt ramener à Baglidad par Faddel ben-ltaby les troupes qui devaient rester sous les ordres de son Irère Al-Mamoun.
L>ès lors la mésintelligence éclata entre les deux frères, et, l'année suivante, 194 de riiégire (I), êl-Amyn mit le comble à scs mauvais procédés , en prétendant annuler l’acte par lequel son père, en lui laissant lekhalyfat,substituaitaprès lui Al-Mamoun; il lit brûler cet acte, et déclara son fils Moussa pour son heritier au trône. En conséquence aucune réconciliation ne fut plus possible entre les deux frères. Mais leur conduite fut bien différente; tandis que abusait ainsi de sa puissance, et s’abandonnait aux délices de son harem et de sa cour corrompue , Al-Mamoun rassemblait des forces , se rendait peu à peu maitre de toute la province que son père lui avait léguée, et il s’y faisait cliérir par sa bienfaisance autant que par son équité ; ses partisans s’augmentaient, et Harthamah ben-Ayân , ancien gouverneur de l’Égypte, qui avait un commandement dans une province voisine , se déclara ouvertement en sa faveur.
El-Amyn essaya vainement de rattaclier HarUiamah betv-Ayàn à son parti en donnant, l’an 194 de l’hégire, à son fils Hatem hen-UaTlhamaJi le gouvernement de l’Égypte.
L’année suivante, 195 de l’hégirc (2), él-Amyn envoya une année de quarante mille lioinmes attaquer son frère dans le
(0 Celle année a cnmmracé le lundi la octobre de l’an 80« de notre ère.
(2) Cette aooée a commencé le vendredi 4 octobre de l'an SIO de notre ère.
ÉGYPTE MÜDEUNE.
Khorassan. Celtia armée fut battue par Taher ben-Hoiissayn, fjénéral A'.-il-Mamoun, et oe prince lut alors soleniiellcinent proclamé khalyfc.
El-.lmyn, voyant que la nomination (lu fils A'Harthamah, n’avait pu faire abandonner à celui-ci les intérêts A'.H- Mamoun, destitua cette même année Uatem ben-Harthamah et le remplaça dans le gouvernement de l’Égypte par Djàber ben-il-.-tchaab.
A cet acte politiiiue se joignirent de nouveaux préparatifs militaires, et l’année suivante, 190 de l’hégire (1), une nouvelle armée de quarante mille hommes fut encore envoyée par él-Amyn contre son frère : il le fit attaquer d’un autre côté par un corps de vingt mille liomraes. commandes par ,ibd-aJlah, fils de Hnmid ben-Qahiabah , qui avait été gouverneur de l'Égypte sous le khalyfe .■4bou-l-.4bbas.
Taher ben-Uoussayn battit ces différents corps, et s’avança jusque dans les provinces de êl-Ahouaz, de Ouaset et de Madayn , tandis que d'un autre c(5té Ilartiiamah s’emparait de HnulouAn et des contrées environnantes, où il faisait reconnaître l’autorité A' .H-Mavioiai.
Profitant des échecs multipliés qu'éprouvait le khalyfe. un parti
puissant s'élevait contre lui dans la capitale elle-même. Ce parti , ayant à sa tete un des principaux personnages de l’empire, Hassan ben-dhj . déposa du kha- Ivfat él- imyn, le 1 1 (lu mois de Itegeb de l’an )9(i de l'hégire, et fit prêter par la population de lîaghdad le serment de fidélité à son frère Al-Mainoun.
Le khalyfe déposé Tut d’abord chargé de chaînes avec sa mexeZobetjdéh ; mais la division se mit entre les conjurés, et el-Jnvjn en profita pour sortir de prison et remonter -sur le tnine, en redevenant maître de sa capitale. Cependant l’autorité A'Al-Anujn n'était plus reconnue que dans la ville de Bagbdad et dans son territoire ; les antres grandes provinces, l’Hedjaz, rYemen, la Syrie et l'Egypte avaient proclamé pour khalyfe Al-Mamoun : ce prince rendit le gouvernement de cette dernière province à Ilatem , fils de son général [tarthamah ben-Ayân, y envoyant provi.soircment
(IJ Celte année .1 commenci' le manli M septembre de l’an hi i de notre erc.
A' Livraison. (ÉfivrrF. MonKioi:
comme vice-gouverneur Ayail bni-Mohammed.
Bagbdad fut assiégée l’an 197 de l’bégire (I) par Taher hen-Houssayn et //arthamah ben-Ayân : le siège dura près d’une année, et réduisit les habitants à de telles extrémités (lu’ils voulurent v mettre fin, l’an 198 de l'hégire (2), en déposant une seconde fois él-Amyn; celui-ci prit la fuite et fut quelque temps apres massacré par les soldats de Taher. Sa tête, son anneau , son manteau etson sceptre, insignes du khalyfat, furent apportés à Al-Mamoun.
El-Amyn n’était alors âgé que de vingt-neuf ans, trois mois et quelques jours; son règne avait été de quatre ans, huit mois et dix-huit jours. Sa mort mit fin à la guerre qui déchirait l’empire musulman, et Abd-allah-Al-Mamouu fut inauguré définitivement comme khalyfe, le 2ô du mois de Moharrem de l’an 198 de l’hégire, jour du meurtre de son frère él- Amyn.
Cette même année, Al-Mamoun rappela Ayadben-Mohammed, qui exerçait les fonctions de vice-gouverneur en Égypte , et confia l’administration de celte province à él-Mottaleb ben-Abdallah. él-Djeray; celui-ci ne garda que quel(|ues mois ses fonctions, et fut remplacé dans la même année par él-Abbas, fils de Moussa hen-Yssa, qui avait été à trois époques différentes gouverneur de cette province sous le khalyfe Hârounét-Rachyd.
El-.Ibbas ben-Moussa quitta le gouvernement de l'Écypte l’année suivante, 199 ■de l’hégire (3); le khalyfe y renvoya d’abord comme gouverneur é'i-Moltaleb bcn-. lbdatlah , prédécesseur A' él-Abbas ; mais il le déposa de nouveau la même année, et le remplaça par él-Sorry ben-él- Hakem.
A celte époque la tranquillité dont commençait a jouir l’empire musulman fut troublée par divers prétendants au trône; les descendants d’Aly, gendre du Prophète, semblaient former le parti le plus redoutable. Ils réclamaient le khalyfat pour Aly ben-Moussa, qui recon-
(I) Cette ann((e a commencé le dimanche n srptemi>re de l’an SI2 de notre ère.
(a) Cette année a commencé le Jeudi I" septembre (te l’an sia de notre ère.
(3) Cette années commencé le mardi 22 août de r.in su de notre ère-
LUKIVEUS.
ÔO
naissait le khalyfu Aly pour son quadri* saïeul. Écoutant les conseils de son vizir Fad-del ben-Raby, AI-.\Ianioun crut désarmer ce parti, en désignant par un acte solennel pour son successeur cet Aiy qui prétendait à le remplacer; en conséquence, le khalyfe quitta et üt quitter n ses ofllciers la couleur noire, insigne des Abbassides, et arbora lacouleur verte, consacrée à la famille A'My.
Ces mesures d'une politique maladroite augmentèrent les troubles , bien loin de les diminuer : les Abbassides témoignèrent hautement leur opposition à une décision qui dépouillait du klialyfat leur famille en faveur de la maison A'Aly : Baghdad se révolta, et nomma, l'an 203 de i’bégire (1), un nouveau klialyfe, Ibrahym ben-ét-.)tahady, oncle du khalyfe Al-Mamoun. nouveau souverain n'étendit pas son autorité éphémère au delà de la capitale. Son caractère sans énergie , et la faiblesse du parti qui l'avait élevé a ce poste dangereux, ne purent même l'y conserver plus d'un an et quelques mois ; il se hâta d'abdiquer et de prendre la fuite, l’an 203 de l'hégire (2), lorsqu'il apprit que Al-Mamoun, débarrassé d'autres attaques plus redoutables, se rendait lui-même à Raghdad.
L'an 304 de l’hégire (3), le khalyfe AliWamoun rentra dans sa capitale;'il était a son entrée revêtu des couleurs vertes des Alydes, mais à peine v eut-il passé une semaine, qu'il reprit lui-même avec tous ses soldats les couleurs noires des Abbassides.
Cette année fut signalée en Égypte par la mort de deux des principaux personnages de cette contrée. Le premier fut l’imàm Mohammed ben-Edrys, surnommé H-Chaféy; cet illustre docteur est le fondateur d'une des quatre sectes orthodoxes que reconnaît la religion musulmane, et ses sectateurs sont appelés Chaféytes, d’après le surnom de i'imâm leur chef. L’imâm H-Chaféy mourut à Fostatt, n’ayant encore atteint
3 lie l'âge de cinquante-quatre ans : ses ogmes sont plus particulièrement sui-
(0 OUe année a commencé le Inndlse Jolllet de. l'an 817 de noire ère.
f'J) Celle année n commencé le vendredi 9 Jniliet de l'an h|8 de notre ère.
pij Celte année a rammcncé le mardi 28 Juin de ransiodu nuire ère.
vis en Égypte, et sa secte y est représentée et présidée maintenant encore par un des quatre imàms placés à la tête de la mosquée célèbre nommée Camé él-4zhar, c'est-à-dire, • la Mosquée des Heurs (1). »
Le second personnage que la mort enleva cette année en Égypte fut le gouverneur, él-Sorry ben-Hahem, qui fut remplacé par son fils Mohammed- Abou-Hasr. Ce dernier mourut aussi l'an 306 de l’hégire (2), et eut pour successeur son frere Abd-aUah ben -él- Sorry, que les troupes proclamèrent comme prince de l'Égypte, sans attendre les ordres du khalyfe.
L’an 207 de l’hégire (3), le général auquel Al-Mamouna\a\l dd presque toutes ses victoires , Taher ben-él-Hossayn mourut à Merou, capitale du Khorassan, dont le khalyfe lui avait donné le gouvernement.
Son fils, Abd- Allah ben-Taher, passa en Égypte l'an 310(4) et s’établit à Belbeys.
L’éloignement où l'Égypte se trouvait de Baghdad, siège du khalyfat, était cause à cette époque que les'ordres du khalyfe y restaient sans exécution , et en plus d'une occasion son autorité y avait été méconnue ; c'est ainsi que l'administration de l'Égypte était depuis près de cinq ans entre les mains de Abd- Allah ben-él-Sorry, nommé gouverneur
ar les soldats , mais non conurmé par le
balyfe.
\lanm[S),Abd-AUahben-Taher, qui s’était fortifié à Belbeys par un grand nombre de partisans,' et s’y arrogeait presque lesdroits de souveraineté, quitta cette ville , entra dans Fostatt au mois de Raby-êl- Aouel, y destitua Abd- Allait ben-êl-Sorry et nomma gouverneur à sa place Ayad ben-Ibrahvm, qu’il remplaça, l'année 313 de fhégire (6), par F.ïsa ben-Yezyd, surnommé él-Djeloiidy.
(I) Voynz pour ce monument la planche n* 3.
(ai Cette année a commencé le Jeudi 6 Juin de rannai de notre ère.
(3^ Cette année a commencé le mardi 27 mai de iSn 823 de Tère chrétienne.
(4) Cette année a commencé le lundi 34 avril de Pan 825 de notre ère.
(5) Cette année a commencé 4e vendrodl 13 avril de l'an 826 de notre ère.
(6) Cette année a commencé le mardi 3 avril de l’an 827 de notre ère.
KGYPTK
EGYPTE MüUEUiM;.
Mais l'an 213 (I) , .il-Mamom intima l'ordre à Abd-attak ben-Taher de cesser les fniictluDs <|u'il S'était arrogées en Égypte, et donna ce gouvernement avec celui de la Syrie et cin^ cent mille dyiiars (2) à son propre frère ét-Motassêm.
En même temps, pour dédommager j4bd-allah, ben-Tahcr du pouvoir dont il le dépouillait , il ordonna qu'oii lui comptât une somme pareille à celle qu'il accordait à él-Motassem. Les écrivains arabes remarquent que Gis du
khalyfe , ayant aussi reçu le même jour de sa muniGcence une pareille somme, il sortit du trésor en une seule journée une somme de quinze cent mille dynnrs ( plus de vingt-deux millions de notre monnaie). • Jamais, disent-ils, on u'a- « vait vu une libéralité pareille. •
El-Motassein nomma Kemly comme vice-gouverneur de l’Égypte en son nom , et suivit le khalyfe son frère dans ses expéditions contre les Grecs.
A son retour de cette guerre, le kha- I vfe Al-Mamoun crut sa présence nécessaire en Égypte, pour y rétablir partout l'ordre, et réduire à l'obéissance quelques peuplades dépendantes de cette l'ontrée, qui refusaient de se soumettre ; il arriva donc à Fo.statt le vendredi 9 de Mobarrem de l'an 217 de l’hégire (3) et Gt aussitôt attaqser les BimaUes, peuplades inquiètes et turbulentes, qui depuis quelque temps avaient commis sur le territoire de l’Égypte des désordres que les gouverneurs n’avaient pu réprimer. Après les avoir battus en plusieurs rencontres 'et leur avoir fait un grand nombre de prisonniers , il quitta l’Égypte à la fin du mois de Safar de cetté même année et retourna à Damas.
Mais pendant son séjour de quelques mois en É^pte, le khalyfe s’était aussi occupe de régler les divers détails de l'administration et les améliorations dont elle était susceptible. Cest alors qu’il donna les ordres pour la réparation entière du Meqyûs, qu’Assaman avait construit dans rtlede Raoudah, et il voulut qu’une mosquée fit partie de l’édifice qui
(I) Otte année n commencé le dimanche 72 man de Tan de noire ère.
{2) Environ 7,ouo.uoode notre monnaie.
(3) Celle année a commencé le mercredi 7 février de l'an 832 de notre ère : lo 1; Moharrem correspondait au lu février.
renfermait le nilomètre (I). La colonne iiilométrique, qui existe encore de nos jours, et le bassin qui l’entoure, sont encore les mêmes qui ont été élevés par le khalyfe Al-Mamoun, et on y lit encore les belles^ inscriptions kouQques que ce prince y lit sculpter en relief.
Deux ans après, le khalyfe Al-Mamoun mourut d’une lièvre aiguë, auprès du neuve Bedendoun en Cilicie , le 19 du mois de Regeb de l’an 218 de l’hégire (2) : il était âgé de quarante-huit ans et quelques mois et avait régné vingt ans, cinq mois et treize jours (3).
La mémoire d’ Al-Mamoun sera toujours chère aux sciences et aux lettres, qu’il aima et cultiva lui-même, et qu'il protégea d’une manière efficace, favorisant leurs progrès et leur avancement par tout son pouvoir et par des dépenses extraordinaires.
C’est à lui que les Arabes durent la connaissance des meilleurs auteurs hébreux, syriaques, grecs et latins, dont il fit traduire les écrits en arabe, et dont il répandit et encouragea ia lecture et l’étude. C’est à lui aussi que les savants d’Europe ont dû la conservation de divers ouvrages et fragments d’écrivains anciens grecs et latins, qui, n’existant plus dans leur langue originale , se retrouvent dans les traductions aralKs.
Non content d’avoir fait passer dans sa langue les richesses des autres nations, Al-Mamoun voulut aussi appeler autour de lui tous les savants quMI put réunir, non-seulement chez les peuples soumis à son empire, mais encore parmi les juifs , les chrétiens , lœ Grecs , les Persans , jusque parmi les mages , les
(I) Voyez la plaocbe n* is.
(S)Cetle année a commencé le lundis? Janvier de l'an 83Z de l'ère chréUenne.
(3) Monnaie i'/tl-ilamouH, de l'an SIS de riiémre ( 833 de l'ère chr^nne ) , et frappée par lesordrea de son OU Èl-Abiat.
r.UNIVERS.
G uèbres etIesIndiens.QuellequefûtIeup secte ou leur religion, il leur partageait également ses faveurs ; il se plaisait à leur société, et aimait surtout a assister à leurs discussions littéraires.
C’est sous son règne que fleurirent, parmi les astronomes, Ilabech él-Merouzy, auteur de trois livres de tables astronomiques; Ahmed ben-Kotheyr , surnommé él-Ferghâny, que nous connaissons sous le nom d'Al-Fragan; Àhd- Allah ben-Sahel, Mohammedben-Moussa, Md-chû-allah él-Yehoudy, Yahya ben-nby-l-Mansour , par lesquels il fit faire un grand nombre d’observations astronomiques. Devenu bonastronomeluiméme, il partageait leurs travaux soit à l’observatoire de Chamaasyéh , qu’il fit construire près de Baghdad, soit à celui qu’il lit élever sur le mont Qassyoun près de Damas. Enfin, c’est à ce prince ■qu’on doit le premier mesurage qui ait été e.xécuté d’un arc du méridien terrestre.
Parmi les savants médecins qu’il réunit à sa cour, on distingue Sahel beii- Sabour, Gebrayl, qui a traité des maladies ophtlialmiques, YoannA-ben-élliatlryq, auquel on donna le surnom d'êl-Terdjmàn (le traducteur), parce qu'il traduisit en arabe les auteurs grecs qui ont écrit sur la médecine.
C’est sous Al-yfamoun et sous son |)ère IMroun él-Rachyd que l’empire de l'tsiamisme avait atteint son plus haut degré de splendeur; heurtant à l’orient les frontières de la Chine, maître de l’Inde, refoulant jusqiies aux cotes glaciales de la mer du Nord les hordes de l’immense nation turke, les empereurs grecs jusqu’au Bosphore, et. Jusqu’aux montagnes impraticables de la haute Ethiopie, les tribus barbares du midi de l’Afrique; à f occident, soit dans la Mauritanie africaine , soit dans la péninsule européenne, il ne reconnaissait de bornes que les flots de l'océan atlantique.
Mais , déjè des symptômes certains annonçaient son prochain dépérissement, et le colosse rccélait en lui les germes destructeurs qui devaient le miner sourdement et amener sa chute.
Déjà, à l’extrémité occidentale, les Algarves et l’Andalousie s’étaient séparés du grand empire, reconnaissant une
nouvelle dynastie ommyade et un khalyfe scissionnaire, dont la capitale était Ôorikobah (Cordoue). Les montagnes de Mauritanie voyaient déjà des tribus, suivant cet exemple, cherchera établir leur indépendance sous des princes qui, peu à peiî renforcés, devaient plus tard faire valoir des prétentions semblables au khalyfat et enlever l’Égypte aux Abbassides ; à l’extrémité orientale de l’empire, Taher ben-f/oussayn, qu'Al- Mamoun, avait cru suffisamment récompenser de ses importants services en lut donnant le Khorassan, d’abord comme gouvernement, puis comme lief à titre de grand vassal, Taher, non encore satisfait, avait cessé de reconnaître la suzeraineté du khalyfe; déclarant sa principauté indépendante, il en avait laissé la souveraineté à ses descendants, qui formèrent la dynastie des Taheriens : exemple dangereux pour les autres provinces, pù chaque gouverneur semblait iiftpatient de fonder à son tour une nouvelle dynastie.
L’Égypte, également inféodée à f.l-Molassem par Al-.Mamoun, ne restait unie à l’empire que parce que le feudataire, frère du khalyfe, en était le successeur présomptif au trône musulman.
Telle était la situation de l’islamisme, lorsque la mort d’Al-Mamoun en fit passer les rênes aux mains A'él-Motassem.