ÜYPTE MODFJIAE
rence, n’eut pas les suites fâcheuses qu’oii pouvait on attendre, et fut au contraire favorahle aux vues du paclia. Kn effet, o.oiiduils par un chef incapable, à qui le fanatisme avait seul donné un caractère, manipiant d'enseinlile , et marchant sans but déterminé, les révoltés perdirent, en divers cnp!apements , rès d'un tiers de leurs forces, et furent icntôt obligés de, rentrer dans l’ordre, pour subir, apres leur défaite, un joug plus pesant encore.
Une insurrection bien autrement importante, et qui men,a(;ait d’enlever à l’empire ottoman une de ses plus belles provinces, vitit révélera Méhémet-Ali l'étendue de son pouvoir. Favori.sé par lessympathies de l'Europe civilisée, l’affranchissement de la Grèce faisait ciiaque jour des progrès alarmants. Le sultan , effrayé , tenta de lui susciter un adversaire plus terrible que ceux qu'elle avait eu jusqu’alors à combattre. Espérant peut-être aussi porter un coup a la puis.sance toujours croissante du pacha d'I-igypte, qui avait alors vingt-quatre mille iiommes de troupes réglées, il lui ordonna de marcher contre les rebelles, et réclama l’appui de l'armée et de la Motte de son vassal, lui donnant ainsi la mesure de sa propre impuissance.
Trop faible encore pour imiter les Grecs, et comprenant fort bien qu’il se rendrait odieux parmi les musulmans s'il refusait de mettre une partie de scs forces à la disposition du sultan, iMéliémel-Ali s’cmpres.sa d’obéir; il comptait, d’ailleurs, par cet acte de soumission faire prendre le change à la Sublime-Porte sur les idées d’indépendance dont il se berçait déjà.
Vei-s le milieu de juillet 1824, dixsept mille hommes, huit cents chevaux, quatre compagnies de sapeurs , et l’art illerie desiégeet decampngne partaient d’Alexandriesurl’escadrediipaclia,fürte de soixante-trois vaiss(Mu.x et de cent bâtimentsde transport de toutes nations.
L’expédition était commandée par Ibrahim-l’acha. Ce chef, eu ((ui le déveioppeinent de véritable.s talents militaires u'avait point étouffé les instincts cruels, viola en maintes occasions toutes les lois (le, la guerre, l'.n peu de temps , la Cmdie fut pacifiée, et la Morée fut, sinon soumise, au moins momentané.
ment réduite .à l’impuis.sance par les massacres (lu'on y fit et le iiomure des esclaves qu'on envoya eu Égypte.
Le sucTcs de cette expédition avait fait comprendre à Méliémet-Ali tout ce qu’il pouvait attendre de ses troupes, et ses projets s’en étaient considérablement agraiidi.s. Il pensait déjà à s’emparer de la Syrie, lorsque la bataille de Navarin vint, du imbue coup, anéantir sa Motte et celle de la Tiinpiie, et le. forcer d'ajourner l’exécution de ses plans de conquête.
On attribue h Hlf'hémet-Ali , au sujet de la coopération de la Kranee à la victoire de Navarin, nn propos dont nous n'avons pu vérilierrautlicntlcité, et que par conséquent nous ne voulons pa« garantir, mais (jue nous ne pouvons i.éanmoiiis passer sous silence, parce qu'il exprime aussi notre pen.see sur l.i conduite insensée du goiiveruement français dans cette circonstance. Quand le vice-roi apprit le grand désastre auquel il particijiait d'une façon funeste, il se borna, dit-on, pour toute plaiiiie, à prououcer ces mots : Je ne compreMs pas quelesainons Jra lirais aient tiré contre leurs vaisseau.r! rèMcxion aussi profondément judicieuse qu’elle a dd être amère, et qui prend dans notre pen.sèe le même caractère de censure et de regret que nous pouvons lui supposer (iaiis celle du pacha, car nous sommes convaincu qu’il nous était facile d’obtenir et d’assurer i'Indépeudauce de la Grèce sans coup ferir; mais nous avons été dupes , dans cette affaire et dans celles qui sont survenues depuis, des vues égoïstes de la diplomatie astucieuse de l’Angleterre et de la lUi.ssie. Comme auparavant nous avions travaillé aveuglément [lour ces deux puissances envaln.>.sautcs, nous les avons encore servies deniièremeut en Syrie et dans l’Asie Mineure : Ulehémet a perdu une Motte d'abord, puis son importance politique; mais nous, combien u’.ivons-nous pas perdu , la par notre assistance, ici par notre inaction, ég.alemcnt maladroites et fatales.’ A l’égard du célèlire carnage dont 011 s’est si ridieulemeiit glorifié dans notre pays, le motif d’une persécution de la part des Turcs ne saurait être accueilli, car la destruction de l’armée iiiusuimniic fut résolue par les trois
Digitizeo
KGYPTE MODEANE.
Un grand divan extraordinaire de tous les membres du gouvernement fut convoqué au Caire pour délibérer sur les expédients eapables de réparer ou d'atténuer les conséquences ruineuses d'une guerre soutenue pour les interets de l'empire ottoman.
Le conseil, composé d'hommes ignorant les véritables intérêts du pays, ou trop craintifs et serviles pour donner leur opinion, se borna ù introduire <|uelques réformes sans valeur dans l'adiniyiistration et dans l'armée; décision insigniGante ctqui nepoiivait rien changer au sort de la population arabe. Unesculc délibération importante, eut lieu dans ee conseil : on résolut d'abandonner dorénavant aux spéculateurs européens l’exportation des produits nationaux, mesure bien tardive, mais incontestablement sage, qui rendit au commerce une immense activité, et apporta quelque amélioration dans les finances du pacha.
Mébémet-Ali, puissant et redouté au dehors, séciire et opulent au dedans, chercha dans l’exécution des projets que son ambition avait conçus depuis longtemps un nouveau moyen d’étendre sa domination.
Ses veux se tournèrent encore une fois vers la Syrie, dont bien des raisons lui conseillaient la conquête. \ l’époque de l’expédition en Morée, le divan avait promis de lui abandonner cette province, qui, par sa position géographique, devait couvrir, comme un rempart inexpugnable, les frontières de l’Egypte, et fournir au commerce et à ■'industrie de cette contrée une foule de productions qui lui manquent. Le territoire de la Syrie possède des bois , des mines de fer, des houillères, et une population nombreuse.
Quelques différends avec Abd-Allah, paclia d’Acre, suffirent à Méhémet-Ali pour justifier une agression contre la Syrie.
Abd Allah était le successeur de Soleyman. Les sollicitations pressantes des autres pachas de la Syrie l’avaient engagé dans une révolte contre le sultan Mahmoud, qui, par ses réformes religieuses et sociales, excitait alors un grand mécontentement dans l'armée et dans la population turques. Méhémet-
Ali , saisissant avec empressement l’occasion d’avoirunallié en Syrie,' avait réconcilié le rebelle avec Mahmoud ; il lui avait en outre prêté une somme de onze mille bourses (I).
Une fois le danger passé. Abd-Allah, oubliant le service que lui avait rendu Méhémet-Ali , refusa de rembourser la somme prêtée et de renvoyer de son pachalik les nombreux fellahs, qui venaient se placer sous sa protection. Bien loin de. s’y opposer, il favorisait au contraire l’émigration , et disait hautement que les Egyptiens étaient avant tout les sujets de la Sublime-Porte, et non les esclaves du vice-roi Méhémet-Ali. Bien que ce langage public allégiuU une raison spécieii.se, au fond , le véritable motif d’Abd-Allad était le devoir de ne jamais trahir ni livrer ses botes, coutume antique, révérée et religieusement pratiquée dans tout l’Orient. Mais cette émigration devenait contagieuse, car, malgré des postes nombreux de Bédouins établis dans le désert pour la prévenir, dix-huit mille hommes, tant soldats que fellahs, avaient déjà passé en Syrie à l’époque de l’expédition qui en lit la conquête. Il était urgent de prendre des mesures efficaces pour arrêter les fuyards et empêcher l’Egypte de se dépeupler.
Irrité de l’ingratitude d’AIid-Allflh , et trouvant dans le désir d’en tirer vengeance un nouvel argument en faveur de la guerre préméditée dans son esprit, Mélii'inet-Ali écrivit au pacha déloyal
?|u'il irait reprendre ses dix-huit mille ellahs , et qu'avec eux il prendrait «n homme de plus. Puis il lit toutes les dispositions utiles pour hâter le départ de son armée. L’état d’épuisement auquel le traité d’Andrinople avait réduit la Turquie était d’ailleurs une circonstance trop favorable à ses projets d’agrandissement pour qu’il n'en profitât pas. Les préparatifs de la guerre , interrompus quelque temps par le choléra, furent poussés avec une nouvelle vigueur
(1) 1,376,000 franc*. I.a bourse contleni 5ou
fiiastres, qui valent I-J6 francs environ. La vapur de la pi.vstre avant varié fréqueminent , it est impossible de donner une réduclion eiactemeni conforme aux rapports existants , selon les diverses époques; noos avons adopfé partout ie tarif acluel, dans lequel la piastre équivaut a -36 centimes.
00 ay VjOOgle
I/OSVKUS.
après la cessation du néan. An comiiienccmciit de noveiidirc 18SI , vin^tualre liomii)e.sd‘iitfanterieet plus equalre-viii>;ls houcliesa feu seinirent eu route pour la Syrie.
Une partiede rarinée prit la route du désert; l’autre, conipostle de (iuel(]ues troupes d'élite, à la tête desquelles .se trouvaient Ibraliini et son etat-major, partit d’Alexandrie, et fut débarquée a a Jaffa par la flotte.
Abd-Allab, n'ayant que trois mille, hommes à opposer aux É"ypiicns , ne songea pas b défendre la Palestine, et se retira dans Saint-Jean-d'Acre, surnommée la pucelle ilepuis les tentatives infructueuses de l’a nuée française. Le plan d’ Abd-.Allali était de ménager ses troujH’s pour lesoppo.ser, toutes fraîches et pleines d’ardeur, b l’armée drqb fatiguée de son ennemi ; il pensait avec raison que le général égyptien devait graduellement diminuer ses forces en laissant des garnisons dans les villes conquises, et qtie, par conséquent, plus la rencontre des deux armées serait reculée, plus elle serait favorable aux Syriens. 11 envoya donc seulement en campagne un corps de cav.derie, moins pour combattre (pie pour observer les mouvements d’ibraliiin.
Gaza, Jaffa, Caïffa tombèrent rapidement au pouvoir du généralissime; mais il n’en fut pas de nièmede Sainl- Jeand’Acre, contre la(|uelle avaient déjà échoue toutes les savantes combinaisons de Bonaparte (1). Ihraliiin, qui s’é-
(1) Il est asseï curieux île noler ici que lor» du ile Sauil'JuHn d’Acre par Bonaparle la pl.’icu IJH fut pas (Ji'fcniliu* par tlu» Ttinv», mais par deux émigré.^ fraiiçab ; l’un, natif de Uourfies» se nommait PhelipixMux ; Paiilre se naniinail I rumelin. Kn inenUoiinatd ici ta pre^enre coupable de deux d»^ nu-H cumpalriules un milieu de nos ennemis et ses roiL'éi|uenr»*s, nous sommes conduit a nimiler rc’lU*xion-s
sur cerUine» causes Muxt|weile& ii faut peul-éiro aUribiier aussi les re>uMüls de noire rnlrepnse contre cetle vilK* : si des KranÇais transfuuesont,
fuir l’emploi voPmlairemenl liosllle de leurs uinicn's cl de leur coura;;e, conlrilmé puisfcaininunl à rinsut’cCs de no> armes, d'nuires, dont le (lévoiienienl .1 leur |)a>a demeure irrèpnK’liahlCt n’oiil pas èlû, par les fausses Indications de 1x1 maladresse , de rignomnee de la partialité , des inslrmneiits moins réel» et moins actifs de ex* revers. A Texamen coinparaiif des ouvrages de Sav.iry , de \ oiney, et des voya;tenrs qui ont ultérieurement expli»r«rorluiitfOnesl étonné des diffcmic^es capiUlesqui
mit Vxinlé trôtropIiH îietiretix (|up \e héros français, se dirigea sur celle place
exUtenl dtansles relal Ions, dans la manière devoir de.c**s divers ê<’n vains» et des nombreuses , des {CMvi-s rectiüe.dion.squele* plusreceid.'iontcu a faireatix nolions données par leursdevanciers ; de ctUtu etude éclairée ressort surtout une conclusion surpreminle» et qui mérile d'èlrr sipnalëe» e’iixl que» entre les deux célébrés ailleurs ciles, relui qui se montre le moins digne de créance n’est twis le romaneMfue et poélèpie Savary , si souvent accusé de menson^fi et si souvent aussi n-liabilile par l’oliservalion jiidirieuse et attentive» mais MeuVolney, le piiilo-'-oplie sévère et trnncbaiil, au carnclére duquel est dtjcerite si généralement une réputation lie veracilé iuilexibic» quoique st*s allures, en xipparerirc véridiques, encourent fréquemment pinil-ctrR, à meilleur liiro, la quallUcatioii de Uiulades dxi mauvuisi* humeur, de parti pris de criliquecaustique et morose : l'uii et i’aiitre sont inexacts , sans doute» dans leur« tableaux de l’Orient; mais quel voyageur peut se vanter d'avoir toujours scrupuleusement proscrit ta tiriion, d'élre eiempl de toute InexaclÜuile dans fies rmis? Du moins hantes descriptions, les dmiraüons enchanteresses de Suvary sont Iraccx-s <ivec la Nviuie foi de i'endtousi.i-^ine; aucune de seserreurs ne proci>dH il’uiie intention tnaligne, et elles ont eh* peu dnngemi.'-es; ccdles de Volney , xiu contraire, qui, de son aveu meme, seinhlent iii- Iroduiles dans son livre par suile d'un plao prémédité de rontnuliclion , ixmcernenl des chosis d'un tout autie onln*, et devieiun nt des ach's d’une haute imporUmee : son système de dénigrement , de depHTiation injuste «les Orientaux a pu xivoir une inllut-nce tun(*ste sur les événeimiits poiiliuues et ndiîtairi's qui ont décidé du M^rl actuel du monde. Qui sait si des moyens plus pins.'«atits, (xnivenablmnenl prépares et combinés A pi4)pos, n'auraient pu assurera Bonaparte la prise île Sniut-Jeaii d'.\cre, et quelles possibilités maanilique.s, tlullaiil alors sur les vagues de raveuir, sont venues s’anéanlir sans retour sur le rivn^^e lata! ou, pour la première fuis, a fait naufrage la forhmu du vainqueur de ritalie et de TEgv pie? Mais on av(dl lu dans la narration du con^deneieux Vohiey, publiée en 17N5, le passage suivaut, que nous exlravons lextueiteiuenl du voyage en Syrie el en Eyvple.lome 11. pa<:es89 etOü; n Acre, que UaluT voulait linhlter, n'offrait « aucune defense; reiiiiend ptvuvnil le surpren- € dre par terre et par mer : il résolut d'y pour- « voir. De* l'on , mmis prélexie de se faire M- A tir une maisoti, il conbtruisit à l'angle du A nord, sur la mer. un pabxls qu'il munit de i canons. Puis, pour protéger le port, il bâtit « quelques tours; enfin, il ferma la ville, du « cote de terre, par u»> mur auquel il ne laissa
• que deux portes. Tout cela passa chez les A 'l urks pour des uuvrafji-s; mais parmi nous A on en rirait. l.e palais de Daher. avi’C
A murs hauts et minces, si)n fossé étroit et st*s A tours antiques, est Incapnhitt de reslsUnce *
« quatre piix;*^ de campagne renverseraient,
A en deux voU*es, et 1rs murs et les m.iuvais
• canons que l'on a gulmlos dessus .i rinqiiatite A pieds de hauteur. Le intir de la ville e>l cii- < core plus faillie; il est s ois fossé, sans reiam part, et n’a pas frois pied.s de profondeur.
ÉGYPTE MOÜERNE.
avec CO bouches à feu et un équipage de siège assez considérable, tandis qu’une escadre, composée de cinq vaisseaux de ligne et de plusieurs frégates, arrivait d'un autre côté pour seconder les opérations de l’armee de terre.
Sans se laisser terrifier par l'importance de ces forces, les assiégés se défendirent avec opiniôtreté.
Beaucoup de sang fut versé dans les deuxcamps; unas.sautdé.sespéré, bravement repoussé par les Syriens, était bientôt suivi d’une sortie reçue courageusement par les Égyptiens. Les boulets et les bombes pleuvaient nuit et jour. Assiégés et assiégeants lançaient sans cesse des fusées à la congrève, qui dévoraient les tentes et les édilices. Les mines et les contremines ébranlaient et labouraient le terrain ; et les deux partis n'oubliaient aucun des moyens de destruction que la science a mis à la portée de la tactique moderne. Après un siège de trois moi.s la place tenait comme aux premiers Jours. Abd-Allali, riant derrière ses murs des efforts des Égyptiens , attendait tranquillement l'armée ottomane, qui s'avançait pour les chasser de la Syrie.
De son côté, au lieu de sc fatiguer d'une aussi longue résistance, Ibrahim s'obstinait de plus en plus à cette conquête difiicile. Il voulait absolument s’emi)arerdclaforteresse,quiavaitbravé les efforts de Napoléon, et mettait tout en CEuvre [)our exciter l'ardeur de ses soldats.
« Dans toute celte partie <le l’Asie on ne cnn- • naftni lia.sUuDS, ni lij^ne de défense , ni clie- •' iiiins coiiverla, ni reiiiparls; rien en un mot “ de la forliticalion moderne. Une fn'gale, « montée de trente canons, Immharderaii « toute ta côte flans difticultë; mais, comme « l’iRnorance e«t commune aux aflsaillint.i et c aux Aftsaiilifl, la balance reste éRale. ■ Pleine decoiiiiancc dan» ce* a?sertion». la /uria Friinivm nlla Becner témérairement et se briser contre «*lle ville Sun» mHparLi, <ju‘elle nttar|ua avec de» piccts de cnr;i/air/;ie; les tour» auliques, que deux volcet ilevaieni faire crouler, sont re»l«ri Inebr.xiil.dilcs, et le»
«le In place ont eiialoiiti au pied de tes hmlium félilc de no.» léKiun» viclurieuser. Tclli« ont etc les dcploralili'S suites de rinadvertance ou
des l raver» d’esprit d'un itommee»timé.sérieiix*'l capalile. De pareil» éuaremenl» lie sauraient CIro trop riqoiireuseiiient Môm(«. Déjà, au sujet de» inéuie» faits, M. Marcel avait émis, sur les effet» de.» renseignement» erronés, line opinion que nous parugi'oii» et dont non» reproduisons eu partie le» leniics dans ce» lignis.
Cependant les Égyptiens conimençaifiit à croire qu’ils avaient trop préjugé de leurs (orées; les rigueurs de l'Iiivcr, les fatigues du siège, et les privations de tout genre, avaientoccasionné un grand nombre de maladies parmi les troupes d'Ibraliim ; les Nubiens surtout «avaient peine, à résistera l’inlluence d’un climat si différent du leur. Craignant que le découragement des siens ne devînt un trop piiissniit auxiliaire pour Abd-Allah, le lils de Mcliéinot- Ali avait ordonné un assaut général , lorsqu’il apprit que le paclia d’Alep marclinit au secours de Saint-Jean d’Acre, à la tête de quatre mille hommes.
Sans attendre d’étre assiégé dans son propre camp , il part aussitôt avec l’élite de ses troupes, atteint d,ins la plaine de Iléreii le pacba d’Alep, auquel les pachas de Kaisserie etde Maadé venaient de se joindre, puis, apres un combat s.mglant, il revient victorieux autour de Saint-Jean d’Acre, et reprend l'offensive avec une nouvelle vigueur, en modifiant ses plans d’att.ique d’après les c.Tnseils d’un oflicirr italien du génie, nommé Romev.
I«cs munitions de guerre et les vivres destinés à ravitailler la place a.ssiégée servirent, au contraire, à augmenter les moyens d'attaque des assiégeants , en même temps que ce succès rapide relevait le courage de l’armee égyptieiioe, et faisait pa.»ser le doute et le'décoiiragement dans les rangs de leurs eunemis. Ayant régularisé les travaux du siège, Ibrabim-pacba prit quelques mesures importantes, ijui augmcnter«’nt les chances de réussite. Ces préparatifs achevés, il donna le signal d’un assaut décisif, dont il lit une fête belliqueuse pour exalter scs soldats. Ce fut au bruit de fanfares éclatantes que l'attaque s’opéra simultanément sur tous les points accessibles de la place ; on .»e b.ittit avec acharnement de part et d’autre ; chacun lit bien son devoir, et la journée entière s’écoula dans une lutte terrible, dont l'issue resta longtemps incertaine, entre les lieux partis; mais Ibrahim, s'étant jeté en avant lui-méme, entraîna ses soldats fatigués , et entra eiilin dans Saint-Jean d’Acre le 27 mai 1832, après six mois de siège.
Abd-Allah, fait prisonnier, fut amené
à Méhéinet-Ali,qui,ou lieu de le traiter avec la rigueurorientale, commcs’y attendait le captif, se contenta de l’accabler de sarcasmes , et de l'envoyer vivre «n simple particulier à Roudah.
Ainsi tomba sous les efforts d’un général semi-barbare une place qui avait résistéau plus grand des généraux modernes des contrées civilisées. Saint-Jeand’Acre n’était plus qu’un amas de ruines. Méhémet-Ali lit restaurer la célèbre forteresse, et même compléter le système de fortification de cette place d 'après les indications que les deux derniers sièges avaient pu fournir; il s'en lit une retraite sûre en cas d’événements malheureux, et ordonna qu’on y entretint de grands approvisionnements de tontes sortes : précautions que la trahison devait rendre inutiles. Mais nous devons suivre pour le moment la marche victorieuse de l'armée du pacha. Maître de ce point , dont la possession éiait pour lui d'un haut intérêt, Ibrahim songea sérieusement à re-
{lousser les troupes ottomanes, qui semilaient avoir pris le parti d'attendre les événements, et de rester en observation.
Il envoya donc un corps d’armée à Tripoli, et marcha lui-même sur Damas, dont il s’empara sans éprouver aucune résistance de la part d’Ali-Pacha, commandant de cette place. Après avoir ainsi abandonné lâchement une ville importante, sur laquelle ils paraissaient s’être repliés pour la défendre , les Osinanlis continuèrent leur mouvement de retraite. Alors Ibrahim, concentrant ses forces, qui se montaient â environ trente mille hommes, se porta sur Uoms, où s'était arrêtée l’armée du sultan, commandée par Méhémet-Pacha et forte de trente à trente-cinq mille combattants.
La bataille se livra le 7 juillet 1832. Les Osmanlis commencèrent l’attaque; mais ils furent bientôt déconcertés par l’ensemble des manœuvres de Soliman- Pacha, et, la peur se mettant dans leurs rangs, ils se retirèrent en désordre, laissant sur le champ de bataille deux mille morts, trois mille prisonniers, et plusieurs pièces de canon. Les Égyptiens n'eurent que deux cents hommes tués, et moins de deux cents blessés.
Ibrahim, sans perdre un moment, poursuivit l'armée vaincue jusqu'à Ilaieh; après l’en avoir chassée, il prit posses-
sion delà ville, l’une des plus considérables de la Svric, et se remit en marche pour rejoindre l’ennemi, qu’il atteignit et combattit à Beylan.
La, le général de l’armée turque entreprit vainement d’arrêter la marche victorieuse des Égyptiens ; espérant profiter de l’avantage delà position, il yr avait établi des batteries, et attendait de pied ferme. Mais la force morale d’Ibrahim était alors immense; après quelques décharges d’artillerie, il forma son armée en colonne, et la lança sur les Osmanlis à la baïonnette. La journée fut encore favorable aux Égyptiens; les Turcs laissèrent deux mille prisonniers et vingt-cinq pièces decanon suricchamp de bataille. Le colonel du 18' régiment osmanli , ébloui par la gloire d'ibrahim , passa dans les rangs du vainqueur. Les soldatsd'.Alich-Éacha imitèrent oet exemple. C’était un spectacle étrange pour l’Orient qu’une armée turque mise en déroute par des soldats égyptiens , par des hommes que les Turcs considéraient comme leurs humbles esclaves depuis trois cents ans ! La conséquence de celte dernière victoire, qui assurait au vainqueur les défilés du Taurus, fut l’occupation d’Adana, de Tarsous, et la conquête de la Syrie entière.
Mahmoud, effrayé des revers successifs de son armée, lit un suprême effort pour s'opposer aux progrès d'un ennemi qui semblait menacer son trône. Une nouvelle armée , forte d'environ cinquante mille hommes, formée en grand partie de troupes régulières, commandée par Reschyd-Pacha , grand-visir de la Porte-Ottomane, et munie d’une artillerie formidable, fut envoyée contre les Égyptiens.
Cependant Ibrahim avait rassemblé son armée a Adana, pour la remettre en état de tenir la campagne lorsque l’occasion le demanderait. Informé des préparatifs formidables du gouvernement turc, il partit, le M octobre, pour reconnaître les défilés du Taurus, et se dirigea sur Koniah. A peine eutil pénétre dans les plaines de I Anatolie, que Smyrne et plusieurs autres villes importantes lui ouvrirent leurs portes , et se déclarèrent en sa faveur ; ce fut donc par une véritable route triomphale qu’il atteignit Koniah , où il trouva