‹ L'UniversChapitre 10 sur 45 · BUIS · texte numérisé non relu

BUIS

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mes, de cadavres; on y remarqua vingtsept bannières.

Quand les guerriers revinrent de la poursuite, toute l’armée se mit a genoux pour rendre grâces ri Dieu d'avoir béni la valeur des troupes et le rommandement d’Krlach. Le général remercia les alliés. « Quand nos descendants apprendront cette victoire, dit-il, ils en estimeront davantage le prix de l’alliance; ils n’oublieront pas quels furent leurs aïeux. » On passa la nuit rur le champ de bataille. Le lendemain , ce fut encore le prêtre Baselxv n.t qui ouvrit la marche; après lui venaient les bannières conquises, les armes et les cuirasses. De retour à Berne, F.rlach déposa le commandement , satisfait d'avoir, comme son père, sauvé la république. Berne et les cantons se jurèrent une éternelle amitié; les guerriers reçurent une indemnité pour les dommages qu'ils avaient soufferts. On voua une procession annuelle et des distributions aux pauvres en commémoration de ce grand événement.

dépendant la guerre continuait. Le seigneur de Burgistein, qui avait reçu la finisse nouvelle de la défaite des Bernois, en avait témoigné sa joie. Ils prirent son château et le tuèrent. Les amis du seigneur voulurent affamer Berne; ils sc livraient à des pillages, contre lesquels il fallût toujours se tenir en garde. La jeunesse s'accoutumait ainsi aux expéditions militaires.

On cite, comme preuve de son ardeur, la prise de Hutvvvl, qui np artenait atr Kvlxmrg, et que les cavaliers emportèrent sans mi me attendre l’arrivée de l'infanterie. Laupen, ayant fait une expédition contre Fribourg, (verdit vingt-deux hommes. F.rlach sortit de Berne à la tête de tr< is bannières, sans dire quel était son projet. Arrivé près de Fribourg, il cacha une embuscade sur le Schocnenherg , ordonnant de ne bouger que quand il brandirait son épi e. Aussitôt, il s’avança vers la ville, se lit attaquer et poursuivre, et donna ensuite le signal. L’ennemi fut trompé; pris en queue, U (verdit plus de quatre cents hommes , et uu grand nombre de

fuyards se précipita dans la Sane. En rette circonstance, Erlaeh rétablit la discipline par un juste exemple de sévérité : quelques homme*, avides de pillage, avaient quitté trop tôt l'embuscade pour prendre des clievaux ; quand ils furent cernés, il ne permit pas qu’on les secourût. Qu'ils demeurent la proie de l'ennemi, dit-il, puisou' a notre salut ils ont proféré te butin.

Beu de jours après, les Bernois reparurent encore devant Frilvourg; ils mirent le feu au pont, et il s’en fallut de peu que toute la ville, qui était bâtie en bois, ne périt dans cet incendie.

Lcir vengeance atteignit les ennemis de la république dans les lieux les plus retires, les plus foruvdahles. Il s’établit un adage portant : Dieu s'est fait bourgeois de berne. Pendant que la jeunesse entreprenait lesiegedeTlioun, Ellerbach parut subitement sous les murs de Berne. Les vieillards firent alors comme les anciens dp Lacédémone apres le désastre de Lr ne très , ils armèrent leurs membres affaiblis, et, quand la jeunesse accourut, l'ennemi était déjà vaincu. Enfin les seigneurs, Fribourg, vtTla reine Agnès elle-même, desirerent h paix. Elle fut conelue-en 1341 , à Uberstorf. lin bel hommage fut rendu a la vertu d'Erlach : la maison de VufeluUH n’était pas assez puissante pour se charger de la tutelle des fils de Rodolphe de Nidau ; elle fut confiée au vainmieiirde Laupen, et cette confiance ne fut pas trompée.

Berne, e'Ie-même, s’engagea, comme elle l'avait promis avant la guerre, à ne recevoir au droit de bourgeoisie aucun des vassaux de Nidau. I,a paix ne fut interrompue qu’envers les comtes de Gruyère, qui, de concert avec Ips sires de Raron et de la Tour de Châtillon, attaquèrent Jean de Weissemhnurg. A cette occasion , Pierre Wendschatz portait dans un combat la bannière de Meme ; s’étant engagédans un défilé, il fut battu ; mais il n'abandonna point sa bannière ; quoique blessé à mort, il réunit ses forces, et la lança par-dessus les ennemis ; cette action eut lieu dans le Siebenthai. Les

Rémois attaquèrent et démolirent le château de Gruningen ; et comme I’ierre de Gruyère le voulait secourir, ils le mirent en grand danger. Alors Clarembold et Ulrich au bras de 1er, dont la mémoire s’est conservée à Villars-sous-Mont , le couvrirent de leur corps, et lui donnèrent le temps d’attaquer l’ennemi en flanc. Les Bernois Curent forcés à la retraite.

Malgré la peste noire qui enlevait plus du tiers ue la population , les Bernois résolurent de venger la mortdeleur banneret Wendschatz, qui avait péri au défilé de Lnubeck. C’était un temps de deuil et d’horreur : la seule ville de Râle vit mourir douze mille de ses habitants. Les cimetières ne suffisaient plus, les fossoyeurs manquaient aux morts. Dans un esprit de pénitence, il se formait des troupes de flagellants; les juifs étaient impitoyablement mis à mort; et pendant que’ la terreur dictait aux uns des actes d’expiation , la su|»erstition des actes de barbarie, d’autres, par un système contraire, se livraient à toutes les débauchés, pour jouir promptement d’une vie qui leur échappait. Les guerriers bernois se moquèrent des penitents; ils dansèrent avec les Allés du Siebentha! , donnèrent l’assaut, et détruisirent le château de Laubeck. Pierre de Gruyère obtint la paix par la destruction du château fort de Vanel, dans le pays de la Sane. Ses hautes et robustes murailles, chargées d'antiques sapins, font encore aujourd’hui l’admiration du voyageur.

Charles IV confirma les privilèges de Berne; et en moins de onze ans depuis la bataille de Laupen, Fribourg, soleure, B ieune, A venelles, Paverne, sollicitèrent le droit de bourgeoisie :

elle se fit arbitre entre A venelles et la maison de Neufehâtel, entre Paverne et Fribourg; mais elle n’accrut ses domaines que du seul village de Thorberg

3u’elle acheta. Il est triste d’être obligé e lui reprocher de l’ingratitude. Jean de Bubenberg eut ie soit de tant de grands hommes des républiques anciennes. Son ca'ictcre était élevé; il ne savait pas s'abaisser à d'humbles haLitudes de popularité; on l’accusa

d'affecter les airs hautains des princes , de s’enrichir de présents, de vendre la justice, et Bubenberg, après avoir gouverné l'État dans les temps les plus difficiles, fut condamné, ainsi que plusieurs de ses amis , à un exil perpétuel.

Sjuatorze ans après, lorsqu’on proposa e le rappeler, le greffier prétendit ne pouvoir trouver certain passage des statuts que l’on invoquait en sa laveur: alors un bourgeois lui jeta à la figure une poignée de cerises. Le greffier ayant laissé tomber le livre, le bourgeois fit lui-méme la lecture du passage qu’il invoquait; le rappel fut prononcé, et l’on alla chercher Bubenberg et ses fils, qui rentrèrent en ville bannière déployée, au milieu des acclamations du peuple. Jean de Bubenberg, le fils, fut proclamé schultheiss.

Erlach eut une fin bien tragique ; ce héros périt victime d’un parricide.

Depuis longtemps il habitait Richenbacli, sur les bords de l’Aar, non loin de Berne. Il se livrait uniquement aux soins de l’agricu'ture; connaissant la versatilité populaire, il avait vécu loin des emplois, au milieu de sa famille, composée de deux fils et d’une fille.

Celle-ci était mariée à Jobst Rudcnz d’Unterwaldcn, qui vint un jour dans la solitude de son beau-père, pour l’entretenir d’une contestation d’intérêt.

Sa mauvaise conduite lui attira de sévères reproches de la part d’Erlach.

L’épée de Laupen était suspendue à la muraille : enflammé décoléré, Rudenz s’en empara et tua le vieux héros. Les chiens alors le poursuivirent jusque dans ia forêt voisine. Tous les Bernois, nobles et bourgeois, se mirent à la recherche du meurtrier; mais on ne put le découvrir, et l’on ignore comment il finit ses jours.

Nous avons vu les Bernois devant Zurich, où ils marchaient contre leur gré, mais pour obéir à une faible obligation résultant d’anciens traités avec l’ Autriche. Les députes de Schwytz, d’Uri, d’Unterwalden, se réunirent dans Lucerne, où vinrent aussi les Bernois. Là fut jurée l’ahiance, et Berne prit rang après Züricli. Peu de temps après, Gersau, qui s’était formée

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d’une réunion de pâtres du Rigi, fut admise dans la ligue. Brientz haïssait le seigneur de Ringenberg, son maître.

Ses vassaux envoyèrent demander du secours à Unterwalden. Les anciens déclarèrent qu'il ne fallait soustraire aucun serf a son maître; que Rintjenberg étant bourgeois de Berne, ils eussent a l'accuser devant cette cité.

Mais la jeunesse l’emporta : on admit Brientz a la eombourgeoisic, et cette imprudente décision faillit allumer la guerre. Ce différend dura quinze ans, pendant lesquels les Bernois firent plus d’une expédition contre Brientz.

Jean de Vienne, évêque de Bâle, ordonna à ses sujets de Bienne de renoncer à leur alliance avec Berne. Les bourgeois résistèrent , et l’évêque fit

J'eter les principaux citoyens dans Ira ers. Bienne implora lé secours de Berne, qui , avec son contingent, envoya neuf cents hommes des Waldstetten. Quand ils arrivèrent, Bienne était déjà en cendres; ses habitants étaient exposés à toutes les rigueurs de l’hiver. Les confédérés rasèrent le château épiscopal; mais ils ne purent rien contre la Neuve- Ville ou s’était retiré l’évêque, et, après un siège de dix jours, ils furent obligés de renoncera leur entreprise, faute de machines de guerre.

Dès que l’hiver s’adoucit, ils reparurent dans l’Arguel , au val Saint-Imier. L'évêque avait un poste sur le rocher de Pierre-Pertuis et ses troupes éta ient concentrées à Mouticr. LesBcrnois forcèrent le passage, et les troupes de Soleure arrivèrent sur Moutier par un sentier escarpé. D’abord le combat ne leur fut point favorable; mais, à l’arrivée des Bernois, Jean de Vienne fut obligé de prendre la fuite. Néanmoins, il nourrissait des idées de vengeance, et il annonça qu'il abattrait la forêt de Bremgarten, voisine de Berne. Pour effectuer cette menace, il s’avança jusqu’à Oltcn, où il fut arrêté par un débordement de l’Aar; d’ailleurs, le comte Rodolphe de Nidau , son vassal , l’empêcha d’aller plus loin , prévoyant les funestes suites que pourrait avoir pour ses terres une aussi folle entreprise. Des médiateurs intervinrent.

Berne fut condamnée, par des arbitres, à une restitution de trente mille florins, elle qui n’avait alors que, tout au plus, deux mille livres pesant de revenu; mais on soupçonna l’aristocratie d’avoir elle-même inspiré cet arrangement pour humilier la basse classe. L’ancienne constitution était ébranlée : elle voulait que tous les ans , à Pâques , on adjoignît au schultheiss et au sénat deux cents bourgeois, et que les affaires d’un intérêt général fussent portées devant toute la commune. Il s’était établi des divisions dans la noblesse, et chez les bourgeois des associations particulières. Quant Bubenberg fut exilé, le gouvernement organisa un véritable ostracisme. L’exil pour cinq ans était prononcé sur de simples sou|içoiis; les membres du gouvernement’ juraient de révéler au schultheiss et aux conseillers tout ce qui weudrait à leur connaissance. I,a terreur inspirée par ces associations était si grande, qu’on éloignait pour un mois quiconque était sorti , mirés le couvre-feu, sans lumière. Il fut défendu de paraître cuirasse dans la ville. En cas de sédition, le schultheiss était, par le fait, investi du pouvoir dictatorial. Les choses étaient en cet état quand Bubenberg fut rappelé.

La décision des arbitres ne fit qu’exaspérer le peuple. Les réunions se multiplièrent. Le conseil s’assembla avec ce qu’il avait de partisans dans les deux cents, et fit occuper l'hôpital voisin par des hommes en armes. Il fallait effrayer : on imagina une conspiration , et l’on fit saisir le garde de la tour de Saint-Vincent, qui, disaiton, devait sonner le tocsin a un signal convenu. On le mit à la question, et il avoua; puis, conduit au supplice, il jura , par ce Dieu devant lequel il allait paraître, que les tourments avaient seuls pu lui arracher cet aveu mensonger. Il y eut à ce sujet beaucoup d’arrestations, et beaucoup de citoyens quittèrent volontairement leur patrie.

Si la constitution de Berne ne tomba point aux mains des tribus, connue à Züricli, ce fut grâce à l’existence du grand conseil , qui protégeait les bour-

Îçeois contre l’oligarchie du sénat, et e sénat con' re la démocratie. A la suite des troubles dont nous avons retracé l'esquisse, l’évêque Jean de Vienne n’obtint que le dixième de l’indemnité demandée. Le gouvernement lui représenta que l’on craignait le peuple, et il fallut bien qu'il s’en contentât. Ce fut aussi l’occasion de lois somptuaires; les mœurs étaient d’ailleurs fort sévères : on interdit les eux, on mit des bornes au luxe des repas funèbres; l’irréligion, le doute meme étaient sévèrement réprimés.

Sur la dénonciation de l’official de Lausanne , un habitant de Itremgarten , nommé Lecfler, fut brillé vif. On voulait , à cet esprit fort . donner un avantgoût des flammes éternelles : en arrivant nu lieu du supplice, il dit au bourreau, sans s’émouvoir: Mon ami, il n'y a pan assez de bais, et mourut presque avec indifférence. L’aspect de Berne était tout militaire; la ville était dans un pays ouvert, au milieu de seigneurs hostiles. A Zurich, au contraire, les arts de la paix, le développement intellectuel étaient plus favorisés.

Lucerne languissait encore sons la puissance îles Habsbourg, qui était un obstacle à l’etablissement d’une véritable libellé. Zug et fîlams supportaient patiemment cette puissance, dont ils n’avaient plus tant a redouter l’excès. Les cantons, fidèles à leur vie pastorale, étaient toujours prêts à combattre pour la liberté et |Kiur leurs alliés. Tel était l’etat de la Suisse à l’époque de la paix de Thorljerg.

Saint-Gall était entouré de pays autrefois déserts, aujourd’hui florissants; ils ne s’accommodaient plus de l’autorité absolue de l’abbé. La ville, sauf quelques prestations en argent, relevait de l'empire. Les montagnards,

P' tmr tout ce qui ne dépendait pas de ablié, obéissaient à I Iricli de Kônigse k et à Albert de Werdenberg, auxquels Louis de Bavière avait conféré la prévôté impériale. Le château dedans,

firès d’Appenzell , était gaidé pour ’abbé, celui de Rosenlterg appartenait aux barons de R oschaeh. Trois frères, leurs créanciers, le surprirent;

mais, quelques temps après, le commandant les tua tous, et les jeta pardessus les murailles. Anrès les malheurs des régnes précédents, Saint- Gall se reposait sous l’administration bienfaisante de Hermann de Bonstet* ten; il était justect désintéressé; surtout il secondait toutes les entreprises utiles: ainsi iljiermit à Appenzell de conclure un traité avec Scnwvtz et Glarus; ainsi il accorda des libertés à la ville de Saint-Gall, et fut modéré dans ses demandes. Mais il eut un mauvais successeur; Georges de Wildenslein revint sur tout ce qu'il avait tait, obtint de Charles IV l’interdiction, à Appenzell, de se liguer av e Sehwytz, et la défense , a Saint-Gall , de soutenir les religieux contre l’ahlié. Gette rigoureuse administrati >n fit entrer Saint-Gall, App*nzell, Hundxvyl, Tuffen et Urnâsi-h dans une ligue que quelques princes et trente-deux villes avaient formée contre tout pouvoir illégitime ou oppresseur. I.es petits pays dépendants de Saint-Gall nommaient annuellement treize magistrats, qui veillaient aux droits du peuple et répart issaient l’impôt. Lesquereles continuèrent avec Limon de Slaulïen, abbé, qui succéda h Wildenstein, lequel s'était rangé exclusivement sous la protection de la maison d’ Vutriche. La ligue des villes mit un freina ses prétentions, et l’obligea de confirmer les droits qu’elieavait reconnus à Saint-Gall.

Dans les Grisons, Rodolphe de Werdenlierg, seigneur de Sarerms , et successeur du cruel Donat de Vaz, faisait la guerre au baron de llæztinz son parent, pour la succession des Freyberg. Le combat eut beu à Toiniliasca.

Ræ/.unz tomba en son pouvoir, mais le frère de Werdenberg fut pris ainsi

Îpi’un autre deses allies. L'abbé de lJfefers fut médiateur, et Raezunz garda la succession. Dans cc pays, la puissance des évêques de Loire allait toujours croissant. Le même Rodolphe de AVerdentierg , dans une guerre contre les sir.-s de Relmont, fut arrêté dans le pays de I. lignez par une troupe de femmes qui le battirent. Relmont, à la faveur de cet exploit, eut le temps de

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