LU MYERS
me Tell et Stauflacher prirent part à sonne contre l’infanterie; il s’était eneette expédition ; neuf cents suer- touré de jeunes gens des tribus des ricrs passèrent" le Bruunig et descen- tanneurs et des bouchers. Ou sont-ils , dirent dans les délicieuses vallées que s’écria-t-il , ou sont-ils ces joyeux coinbaignent les lacs de Brientz et de paynons, toujours parésdejleurs, tou- Thoun. Connue Erlach délibérait sur la jours prêts a la danse. A eux at/jour manière de combattre : Sur-le-champ, d'hui l'honneur , le salut de berne. Ici s’écrièrent-ils, et jusqu'à la demicre la bannière , c'est ici qu'est Erlach. goutte de sang. Soleil re se montra Aussitôt iis accoururent, criant: i\ous fidèle à Berne , quoique menacée elle- voici; c'esl près de vous que nous comniéme par les Autrichiens. Le 20 juin, battrons.
à minuit, le signal de la marche fut D’abord les frondeurs coururent à donne. Jean Basehvind , prêtre, avait l’ennemi, lancèrent chacun trois pierharangué les guerriers ; L’ennemi, res, rompirent leurs rangs et se retirè- , est fier du nombre, mais Dieu rent, ensuite on précipita des chars humilie l'orgueil et bénit la valeur; de fer dans ces lignes élira idées. Les quiconque meurt pour la patrie ga- guerriers qui les montaient ne pouane le ciel ; quiconque survit au corn- vaient rétrograder : il y eut un instant bat est réservé par Dieu même a ta d'hésitation : le retour des frondeurs gloire , à la liberté. Saint l incent et trompa ceux qui n’avaient point d’exsaint Ours ont conquis te royaume périence, et ils s’enfuirent dans le bois; des cieux en sacrifiant leur vie pour ce que voyant, Erlach s’écria avec l'acune juste cause. ' cent de là joie : « Amis, In victoire est
Outre les neuf cents auxiliaires des à nous, les lâches nous abandonnent. * cantons , l’armée se composait de trois Puis, saisissant la bannière, il exécuta cents hommes du Hassli , de trois cents une charge impétueuse sur l’infanterie; du Siebenthal, de quatre mille Bernois, le terrain ne permettait pas à l'ennemi de quatre-vingts casques de Solcure. de se déployer. Là périt Fulistorff en Le prêtre liaselwind ouvrait la marche laissant échapper la bannière de Friet portait le saint- sacrement. Il était bourg; là tombèrent beaucoup de bramiuuit; mais la lune éclairait la mar- ves. Bien ne déconcertait la jeunesse che. Du haut des murs, les femmes, bernoise; elle mit en fuite ces bandes les enfants jetèrent un dernier regard nombreuses; la déroute fut eomplète. sur leurs époux, sur leurs pères; et D'abord les Suisses étaient accables par bientôt la forêt déroba res braves à la cavalerie; mais eux-méines parvinleur vue. Alors le schultheissRubenberg rent à la vaincre : selon leur usage, et les anciens du sénat restèrent en ils avaient serré leurs rangs et fait un permanence pour attendre des nouvel- si bon usage de la fronde que beaufes, pour vpiller à la sdretéde la ville, coup de chevaux en furent blessés; alors Les églises étaient remplies d’une tnul- la confusion se mitdnnsces escadrons, titude de femmes, d’enfants, de vieil- Rodolphe deXidau et le comte Gérard lards; tous étaient prosternes devant périrent non loin l’un de l’autre. Tel les saints autels, tous désiraient et fut aussi le sort de Jean de Savoie, que craignaient a la fois le résultat de la son père avait envoyé pour tnéd.atcur, journée. et dont il espéra vainement le retour.
Erlach arriva en bon ordre : vers II resta sur le champ de bataille trois midi, il se posta sur le Bramberg, comtes de Gruyère et on7.e autres comauprès de Laupen; une forêt couvrait tes; il mourut une innombrable quanses derrières. Les cavaliers couru- tité de fuvards. Quand le baron de Blurent de côté et d’autre, provoquant menberg Vapprit : Dieu préserve Ulul’enncmi par leurs sarcasmes. Les menberg. secria-t-il, de survivre à cantons, Olterhasli , Siebenthal et So- de pareils hommes! et il se précipita lrure demandèrent à soutenir le choc au milieu des Suisses, qui le tuèrent, de la cavalerie. Erlach marcha eB per- Toute la contrée était couverte d’ar-