SOLE
Le canton de Soleure est presque entouré par celui de Berne, car, au sud, il confine aux bailliages de Wan-
f;en , Burgdorf et Fraubrunnen ; à 'ouest , à celui de Nidau ; au nord , aux bailliages du Jura -, pour le reste de son territoire, il touche au canton de Bille, et du côté de l’est à l’Argovie. C’est de tous les cantons de la Suisse celui dont la forme est la plus irrégulière : elle ressemble à une croix dont les branches seraient mal ajustées; il y a des villages entiers qui se trouvent enclavés dans d’autres territoires, tels sont la vallée de Leimen , interceptée entre les possessions de Bille , de Berne et de la France, et Lucelle, dont la position est b peu près semblable. La route de Soleure à Rodersdorf par le Passavant traverse deux fois le canton de Berne, une fois Bille-campagne, et les frontièresde France. La plus grande longueur, de Messenà Dornach, est de treize lieues ; la plus grande largeur, de Schnottwyl à Erlisbach,de onze lieues et demie, mais il y a des endroits où la largeur n’est que de trois quarts de lieue.
La chaîne du Jura s’aligne majestueusement au-dessus de Soleure; elle fait face aux A Ipes comme une longue galerie qui s’étend du nord au pays de Vaud et à Genève, laissant entre elle et les glaciers lointains une plaine fertile et des lacs immenses, tels que le Léman, et celui deNeufchâtel. Le Jura semble s'élever brusquement en pentes praticables; ce sont des superpositions géologiques dans lesquelles les âges seuisont pu ouvrirquelque accès b la culture. Cette chaîne se montre b peu près comme à leur revers oriental les Vosges, ou comme les Alpes eu Lombardie,
blîons pas la perte récente que cette république a faite dans la personne de l’ovover de Mullinen, aristocrate inébranlable au milieu de la tempête, savant profond littérateur distingué, qui avait acquis par lui-méme autant de gloire que tous ses aïeux en avaient accumulé depuis le treizième siècle.
c’est-à-dire comme un rempart tranché b pic, dont les détails, vus de près, oftrent bien quelques ondulations, mais qui de loin, et surtout à la tombée de la nuit, semblent une noire muraille sans aucune gradation intermédiaire.
Au haut de cette ligne majestueuse, il est deux points qui sont comme des belvéders b la disposition des voyageurs : le Hasemnatt ou prairie des lièvres, et le Weissenstein ou roche blanche. A quatre lieues de Soleure et à trois mille cent quatre-vingt-douze pieds au-dessus de l’Aar, la montagne appelée. Hasemnatt forme un triangle avec le Rigi et le Molesson au pays de Gruyère, et comme eux il est visité par les amateurs de points de vue. On y admire d’une part les Vosgeset les monts de la Souabe; b l'oppositr la suitedu Jura s’abaissant vers le Jorat et prolongeant les lacs de Bicnne et de ÎS'eufchâtel; l’Aar parcourant la plaine et se déroulant comme un long serpent d’argent, tandis que sous les feux du soleil une brise légère agite les ondes resplendissantes de Bienne, de Neufohâteï et de Morat; en face, soixante lieues de glaciers, et plus près, dans la même direction, Aarberg et la tour de Saint- Vincent, cathédrale de Berne; enfin, aux pieds de l’observateur, et quoique sur le premier plan , Soleure apparait petite et resserrée entre ses murailles et l’Aar, tandis que le regard plonge sur tous ses toits, pénètre dans toutes ses rues. Chaque satson varie ce tableau magnifique et produit des phénomènes nouveaux. Le 3 octobre 1826 , le professeur Ilugi fut témoin d’un sin- • gulier effet de réfraction : vers le soir, deux couches de nuages s'étaient groupées autour de ce sommet; le temps
était mauvais, l’ouragan sifflait avec fureur; les nuages inférieurs se dispersèrent, mais , à travers la déchirure occasionnée par le vent, on vit se refléter dans la région supérieure, comme dans une glace, l’Aar, le Buchegberg, Lommeswyl , ses prairies et ses maisons : plus au nord se montraient d’autres reverbérations non moins belles.
A trois cents pieds plus bas , près d’une déchirureduroc,on voit les ruines d’un vieux château appelé encore Schauenbourg : un sentier conduit vers Moutiers, un autre vers le W'eissenstein, d’où l’on jouit d'une vue presque aussi belle, mais plus recherchée encore par les étrangers, à cause des bains et de l’excellente auberge qui s’v est établie depuis peu. Le Weissenstein est le rival du Rigi : une longue pelouse s’étend à *la lisière de la forêt et conserve ses neiges plus longtemps que les prairies de la plaine; mais, au tort de l’été, il n’y a pas de plus agréable position que la pointe de rochers qui la termine au nord. Le docteur Relier a fait une carte appelée Panorama du Weissenstein; ce lieu a été décrit aussi par d’autres auteurs. Ce fut la ville de Soleure qui , en 1826, fit bâtir l’auberge : c’est la plus belle construction qui soit si haut placée; les bains sont, dit-on, d’un effet merveilleux. Le Weissenstein est moins élevé que le Hasenmatt de quatre cent soixante et treize pieds.
Les parties basses du canton sont marécageuses; faute de pente, l’Aars’écoule lentement à travers mille détours, sans que les ruisseaux oui s’y précipitent parviennent à lui donner aucune impulsion. Les eaux stagnantes et les marais nuisent à la fertilité du pays; aussi entreprend-on de creuser un nouveau lit à l’Aar, à la Thiele et à l’Emme : ce sont de grands travaux qui exigent l’abaissement de plusieurs collines. Les cantons de Berne et Fribourg y contribuent activement; mais il faut combiner la rectification du cours des rivières avec le dessèchement des marais, de peur d’augmenter le mai au lieu d’y remédier. L’Aar cause quelquefois dés dégâts considérables • dans la ville , qu’elle coupe en deux por-
tions inégales; la rupture des glaces menace les deux ponts, et les pluies trop abondantes produisent des inondations.
La population du canton, d’après le dernier recensement fait en 1829, est de cinquante mille cent vingt-deux habitants des deux cultes. Il y avait en 1 827 onze mille deux cent quatre-vingtdix-huit maisons et bâtiments accessoires , dont six mille neuf couverts en tuiles; on comptait quatre mille six cent soixante et onze chevaux, vingtsept mille sept cent soixante et treize taureaux, bœufs, vaches ou veaux, treize mille neuf cent quarante-neuf moutons, cinq mille neuf cent quarantedeux chèvres, seize mille quatre cents porcs. Cependant l’élève du bétail n’y prospère pas : malgré les prohibitions et les encouragements de l’autorité, les métayers du Jura préfèrent vendre leurs veaux pour acheter des sujets de l’Oberland. Le territoire est divisé en trente-six mille trois cent vingt-deux arpents de terres labourables et trois cent vingt-cinq de vignes; les prairies, jardins et vergers, couvrent trentesept mille cinq cent quatre-vingt-trois arpents, les pâturages treize mille quatre cent cinquante-huit; enfin les forêts peuvent être évaluées à cent cinquante mille ; elles sont fort biep administrées. Dans les derniers temps, on a fait d'heureux essais de culture dès vers à soie. Les fonderies et les forges sont la principale industrie. Les revenus cantonaux ne dépassent point trois cent soixante mille francs de Suisse.
Le canton est divisé en neuf bailliages. Ce fut en 1481 , à la réunion de Stanz, qu’il fut admis dans la confédération , où il occupe le dixième rang. Soleure fut longtemps la résidence des ambassadeurs français, qui attiraient au service de leur roi neaucoup de jeunes gens de bonne famille , et répandaient en même temps le goût du luxe et de la dépense.
Voici quelle était, avant 1830, la constitution du pays : le grand conseil avait non-seulement le droit de voter les propositions faites par le petit conseil , il pouvait sommer celui-ci de pré-
SUISSE
senter des projets de loi sur les sujets qu'il lui signalait; au grand conseil seul appartenait le vote de l'impôt et la disposition des biens de l’Etat. .. Il recevait les comptes, nommait les députés àla diète, leurdonuaitdesinstructions, et jugeait la manière dont ils accomplissaient leur mandat; les traités, les capitulationsétaient dans ses attributions; enfin il avait le droitdegrâce sur les condamnés à mort, mais il nel’exerçaitqu’à l'époque de ses réunions, au printemps et en automne. Le grand conseil , avant la réforme de la constitution , nommait lui-même ses membres, en partie par l’élection immédiate, en partie sur de triples présentations ; il choisissait dans son sein les membres du petit conseil, ceux du tribunal d’appel et du tribunal de canton; il désignait aussi parmi les membres du petit conseil les deux avoyers.
Les élections se faisaient à la majorité absolue et au scrutin secret. Chacune des onze tribus de Soleure comptait quatre membres dans le grand conseil ; les autres bailliages en avaient chacun quatre , trois ou seulement deux ; outre cela, il y avait trente-cinq places «à l'élection libre du grand conseil, sans l'intermédiaire d’aucune présentation; mais il fallait que, sur ce nombre, vingt-quatre fussent pris dans la ville même. Dans les bailliages, le sort désignait quinze électeurs par tribu.
Pour être présenté au grand conseil, il fallait avoir vingt-quatre ans, une fortune de deux mille francs, et être domicilié depuis dix ans sur le territoire du collège électoral. Le petit conseil n’avait que vingt et un membres.
Quatorze juges pris dans le grand conseil, sous in présidence de l’ancien avoyer, formaient la courd’appel. Quand il pouvait être prononcé une peine de mort, on adjoignait à ce tribunal quatre membres du petit conseil. Toutcela fut modifié à la réunion de Ballstall, le 22 décembre 1830. Là fut proclamée la souveraineté du peuple : ses représentants siègent au grand conseil au nombre de cent neuf; ils sont nommés par les collèges électoraux et par le conseil lui-même. Le petit conseil ou conseil
administratif est composé de dix-sept membres et d’un président, et quand il s’agit de nommer à des emplois qui ne sont pas au choix de la grande assemblée, dix membres de ce grand conseil prennent part à la délibération.
Le système judiciaire a aussi subi quelques modifications. Les conseils et les tribunaux se renouvellent par tiers tous les deux ans.
Dans les temps les plus reculés, la
fiartie du canton située à gauche de ’Aar faisait partie de l’évêché de Lausanne et ae celui de Bâle, qui, tous deux, relevaient de l'archevêché de Besançon, tandis que les pays a droite de l'Aar appartenaient au diocèse de Constance. La révolution et les guerres qui en furent la suite avaient changé toutes ces circonscriptions.
Aujourd'hui il s’est formé un nouvel évêché à la place de celui de Bâle, et Soleure en est le chef-lieu ; il comprend les cantons de Berne, Bâle, Zug, Lucerne, l’Argovie. Le chapitre est de vingtet un chanoines. L’église de Saint- Ours est fort remarquable : on y arrive par un triple perron dont chaque étage compte onze degrés. La nef a deux coupoles surmontées par une plus grande; la tour a deux cents pieds d’élévation; à la façade sont de belles fontaines. Le tout est d’un stvle moderne, car la cathédrale n’a été achevée qu’en 1773.
La ville est fort jolie, mais elle a peu de monuments antiques. L’église des jésuites est dans le genre italien; celle des franciscains possède un tableau qui passe pour être de Raphaël. D’une architecture irrégulière, l'hôtel de ville est remarquable cependant par deuxbeaux salons. L’arsenal a la plus belle collection d’armes de toute la Suisse; mais la tente de Charles le Téméraire, au lieu d’y être conservée, a été découpée eh chasubles qui servent au culte dans la cathédrale, ainsi qu’un manteau de pourpre provenant de Louis XVI. Du reste, les drapeaux de Morat, Dornach et Bruderholz, sont à l'arsenal. La bibliothèque renferme des livres précieux sur l’histoire de Suisse, Robert Glutz - Blotzheim , qui était l’un des meilleurs historiens de sa pa-
trie , ayant pris soin de l’enrichir.
Ce canton est riche encore en antiquités romaines : près du village d'.Altreu, l’élévation ou sol et les restes d’un ancien pavé révèlent la direction de la voie militaire d’Aventicum à Salodurum (nom romain de Soleure'.
Altrcu s'appelait Alta-Kipa, et c’est là que la voie franchissait l’Aar, car, à
fiartir de ce point, on la retrouve sur a rive droite. Une singularité, c’est que le droit de récolter le gazon qui croît sur ses vestiges, c’est-à-dire sur une étendue d’environ une demi-lieue de long et vingt pieds de large, appartenait au valet de ville.de la commune de Grenchen. Dans le voisinage des bains d’AttishoItz , il y a des vestiges d’aqueduc, romain ; quelques mosaïques ont paru rà et là; enfin il y a beaucoup de restes (le constructions’ à Olten. Les antiquaires atnbitieuv prétendent même attribuer aux Romains les murailles de la ville. L’enceinte de Soleure, à l’ouest, porte sur des fondations ouvrai;- le ce grand peuple, et dans la rue dite du Lion est un mur appelé Heidenmauer ou mur des païens; il n’y a peut-être nul endroit où l’on puisse mieux décomposer le ciment pour en bien étudier les éléments. Sur la colline dite de Hermann, ou a déterré deux colonnes de marbre de huit pieds d'élévation sur un diamètre d'un demipied; on les a placées près de l'église de Saint-Ours, mais elles sont enveloppées de lames de cuivre, en sorte qu'il est impossible à l’observateur de les voir à travers cet étui. Depuis une vingtaine d'années, on a découvert beaucoup de tombeaux romains à Grenchen , à Haegendorf , à Metzerlen , à Wetterswyl : la plupart étaient dans les hauts lieux, et ressemblaient assez aux sépultures que les antiquaires allemands désignent par le nom de hunengrxber; mais d'autres caractères, ainsi que la présence de médailles romaines, ne permettaient pas cette supposition.
Près du bois appelé Attisholtz, une magnifique statue de Vénus a été retirée du sol; elle appartient maintenant à la famille de iiezenval; elle
est en marbre de Carrare. Deux inscriptions romaines sont exposées à la vue des passants au pont d’OIten ; elles paraissent avoir rouvert des tombes.
Il y en a un grand nombre d’autres dans le vestibule de l'hôtel de ville, à Soleure, et toutes proviennent des fouilles opérées pour rebâtir l’église de Saint-Ours : l’une est d’un Scverionus à sa fille Mimorina; il y en a d’indéchiffrables. Les dieux Mânes ont leur dédicaces. Quelques noms célèbres sont ici reproduits, par exemple Corbulou; plus loin, c’est la tournante plainte d'une mère qui aperdu son fils. Parmi les divinités honorées, on rencontre A ludion et F.pona :cettedernièreinscription a été tracée parunsoldatdela22e,cgion, et Salodurum y est qualifié de vicia.
Ce fait se rapporte au deuxième consulat d’Antonm Élognbale, en l'an de Rome 972, de notre cre 129; enfin audessus de la ville, à l'église Sainte- Catherine , prés de l’ossuaire , il v a une inscription érigée par Statilius Paternus et Maiugcneia Marccllina a leur fils Statilius Apronius.
Dans l'ancienne église deSaint-Ours, il y avait d’autres monuments qui ont péri sans qu’on sache ce qu'ils sont devenus, par exemple une inscription à Mercure. En I7!M, on voyait encore sur un des glacis de la ville' une pierre milliaire du temps de Trajan.
Le costume des paysannes de Soleure est fort joli : les femmes portent un jupon noir, les filles un jupon rouge; leur corset est surmonte d’une pièce d’estomac; souvent ces vêtements sont bariolés de Ileurs; un bonnet recouvert d’un chapeau de paille, un fichu blanc avec une ccharpe noire, telle est la simplicité d’une mise qui doit beaucoup de charme à la propreté et surtout à la nature, car les Soleuroises sont presque toutes jolies; souvent les cheveux retombent .sur les épaules en double tresse. Olten a son costume particulier: la chaussure est rehaussée par de larges talons; au bas du corset, une sorte de ceinture portée en sautoir donne prise au danseur mais tout cela disparaît devant le fatal niveau des inodes françaises ; toutefois il y a
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encore un caractère local dans les vêtements de femmes, et le bandeau d’argent qui brille aux jours de fête sur le front des jeunes filles leur sied fort bien.
Olten est PUItinum des Romains.
Non loin de là sont quelques vieux châteaux du moyen âge, par exemple celui de Graders,* riche en traditions merveilleuses, celui de Salis, autrefois appelé Oberwartburg : une pièce de canon toujours chargée avertit le pays tout entier dès qu'un incendie éclate, et le nombre de coups fait connaître si le feu a pris dans le lointain ou dans le voisinage; les habitants accourent au pied du roc, où le gardien leur dit à travers un porte-voix quel est le lieu qui a besoin de secours. Ce château était, dit-on, la propriété des comtes deFrobourg; il était comme le poste avancé de celui qui porte encore leur nom. Il ne faut pas chercher bien loin l’étymologie de Salis; elle n’a rien de commun avec l’illustre famille de ce nom : ce château n’est ainsi appelé que parce que Sali , l’un de ses gardiens, eut pendant quinze ans une soif si ardente, qu’il vidait chaque nuit une tonne d’eau, outre ce qu’il buvait dans la journée.
On jouit ici d’une vue superbe sur Zoflngen; sur Olten, sur Aanbourg, sur les Alpes lointaines, sur le Jura voisin. Non loin de là se réunissent les routes de Neufchàtel à Aarau , et de Bâle en Italie par Lucerne.
Entre les broussailles, sur un roc qui domine Trimbach, s’élèvent encore les mélancoliques débris du château de Frobourg. La tradition, pour donner une idée de la richesse des comtes, rapporte que, quand on amenait la dîme , le premier chariot entrait déjà dans son enceinte, quand le dernier n’avait point encore dépassé la porte d’ülten. La Birse entoure le pied de la montagne et lui fait un fossé naturel. Derrière le sentier qui gravit l’escarpement , on ne découvre que forêts et rochers, et la famille des com-
tes autrefois si puissants s’est éteinte, comme si le tremblement de terre qui renversa l’édifice n’avait été que l’accomplisseiuent d’tme destruction déjà commencée par la mort.
A une demi-lieue de Soleure, vers le nord, est le petit village de Saint- Nicolas avec un château à tourelles pointues, à double rang de créneaux, appartenant à la noble famille de Besenval. Il v a de très-beaux tableaux.
Non loin de l’église du village s’ouvre une espèce d’autre ou crevasse de rochers entourée d’une belle végétation qui en cache les abords. Au fond de cette retraite est un ermitage taillé dans la pierre; seulement quelques constructions en forment la modeste façade; la chapelle est en face : on monte à l’un et à l’autre par plusieurs degrés. Un petit torrent, tantôt bruissant au milieu des cailloux, tantât mugissant et brisant son écume impétueuse, descend le long du sentier. Un jour, excité par Satan, ce torrent menaça d’engloutir sainte Verène , dont la chasteté irritait le malin ; mais la sainte se cramponna an roc. Autrefois il n’y avait pas de chemin ; cependant les habitants de Soleure venaient chaque année le vendredi saint pour y prier. Le baron de Breteuil, émigre lrançais, établit le sentier qui existe aujourd’hui.
Au pied d’un rocher couvert de mousse est une pierre sépulcrale environnée de cyprès : c’est un monument à Robert Glutz-Blotzheim , qui mourut à Munich, en 1818, à l’âge de trente-deux ans; il avait commencé par quelques essais historiques insérés dans les journaux. En 1806, il imprima un écrit très - marquant intitule: De l’intérêt actuel de ta Suisse. Enfin, il entreprit la suite du bel ouvrage de Jean de Muller. Il ne fut pas trop inférieur à son modèle, au jugement de Zschokke.
Glntz-Blotzbeim a poussé plus loin que Millier, l’exactitude et l’amour de la vérité, mérite qui rachète beaucoup de défauts.
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