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T II U R

Ce canton, situé dans la Suisse orientale, a pour limites, à l’est, le lac de Constance; au sud , le canton de Saint-Gall; à l'ouest, celui de Zurich; enfin, au nord, le Ltliin le sépare du grand-duché de Baden. Il a de dix à quatorze lieues de long sur une largeur movenne de quatre à cinq lieues. Ses limites sont en général fort pittoresques, et peu de points de vue sont comparables à ceux dont on jouit des hauteurs qui dominent le lac de Radolfszell et la délicieuse ile de Reiehenau. Nulle part l’ccil n'èst fatigué de l’aspect de plaiues monotones : tout le

fiays est partagé en collines et en calées fertiles, où l’ou voit alterner les champs, la vigne, les vergers, les prai-

son de correction de l’Argovie est située dans l’enceinte de la ville. Lorsqu’on descend de Rrugg vers la rive droite de l’Aar, dont le rivage se serre peu à peu contre une colline , on aperçoit à sa gauche sur la hauteur le vieux manoir de l’illustre famille des Habsbourg; puis, quand on pénètre plus avant dans le bois, on se sent comme suffoqué d'une forte odeur sulfureuse qui annonce le voisinage de la source. Schinznacb a de fort beaux établissements; l’auberge est vraiment un palais: aussi voit -on accourir de tous les pays d’Furope ceux qui ont à guérir des maladies cutanées ou des plaies invétérées. C’est à Schinznaeh que fut instituée, en 1760, la Société helvétique; elle fut ensuite transférée à Olten.

Le canton d’Aarau ne renferme qu’un seul lac , celui de Hallwyl , qui a deux lieues de long sur une* demilieue de large : ses bords sont charmants; ils offrent les baies et les rades les plus pittoresques. Le vieux château de l’illustre famille de Hallwvl est situé à la pointe septentrionale du lac, dans une espece d’Ile que forme l’Aabach en sortant du lac. On u’a point oublie que cè fut un Hallwyl qui commanda l’avant-garde à Morat.

ries, et les forêts même ont l’air de petits bosquets. Le climat est trèsdoux. Les rivières principales sont la Thur qui a nommé le canton, la Sitter qui s’y jette a Bischofszell, et la Murg qui baigne Fraueufeld, la capitale du canton. Il y a aussi quelques petits lacs intérieurs, tous fort poissonneux, par exemple celui de Steincgg ou de Hutwyl. Fn 1833, la population était de quatre-vingt-trois mille cinq cent quatre-vingt-quinze âmes, dont soixantecinq mille deux cent quarante-deux réformés, et dix-huit nulle trois cent cinquante- trois catholiques. Lelevedes bestiaux est eu grande prospérité: d'apres les dernières données, la Thurgovie possède deux mille cinq cent ciu»

Dit

SUISSE

S ins , tandis que vers le Valais , la dent e JamantetlesDiablerets d’une part, et, de l’autre, la dent de Morde et celle du Midi, attirent vers les hautes régions du del l'admiration du spectateur; .nu iedde la dent de damant, apparaissent ’evay, Montreux. C’est une délicieuse navigation que celle qui conduit à la tour du Peil, et de cette île à Chillon, à Villeneuve et à l’embouchure du Rhône; mais, si la tempête s'élève, si le lac se gonfle et s'agite, il faut se hâter de regagner le port; l’hirondelle de mer rase la surface de l’onde , et son cri plaintif et perçant est un conseil à ne pas dédaigner.

A venches, en allemand Wiflisbourg, est l’ancien Aventicum , cité qui peutêtre a précédé l’entrée des Romains, et qui fut colonie sous leur règne. Vespasien et Titus l’embellirent ; mais, en l'an 307, elle fut ravagée par les Alemanni ; rebâtie en 355 , elle fut totalement renversée par Attila en 447.

Les vicissitudes qu’elle a subies depuis que les ducs de Bourgogne l’ont rétablie ont beaucoup contribué a la disparition de ses monuments. Néanmoins il y a encore des restes d'amphithéâtres, d'âquedncs, des colonnes, des chapiteaux , des inscriptions. Le vieux cnâteau , élevé en 605 par le comte Vivilo , après avoir été la résidence des baillis jusqu’en 1798, sert aujourd’hui de maison d'aliénés. Les Romains avaient aussi une colonne équestre à N von ou Nion, en allemand Neuss ; elle, s’appelait Noviodunum. On y découvre toujours des antiquités qui , la plupart , sont conservées au musée de Genève. Les anciennes routes dont il reste des vestiges sont communément appelées F.stras. Y verdun est l’fibroduuum des Romains; Vevay s'appelait Viviscum. Cette jolie ville est bien bâtie, dans une situation charmante, sur le lac Léman. Le voyageur Simon a contesté , dans un ouvrage d’ailleurs excellent, la possibilité d’apercevoir Vevay et Clarens du haut des roches de Meillerie; il a, en conséquence, accusé Rousseau d’avoir peu connu les lieux dans lesquels il a fixé le.séjour de Saint-Preux ; mais l’erreur

est au voyageur et non au grand peintre de la nature et du cœur humain. Les" descriptions qu’il nous a données sont aussi vraies que ses sentiments. Clarens est un charmant village au pied du Châtelard , vieux château des sires de Gingins, qui sert encore à l’habitation , et qui appartenait, il y a peu d’années, à de riches particuliers. C’est un délicieux séjour.

Nous avons décrit déjà et Villeneuve et le château de Chillon. Dans la branche méridionale du lac, notre imagination s’arrête à de nobles souvenirs : au château de Coppet reposent les restes de M. Necker et de madame de Staël , noms célèbres à jamais , dont l’un rappelle l’aurore de la révolution française, si pure encore de nuages, dont l’autre, surpassant de beaucoup la gloire paternelle, semble avoir accompli la mission de conquérir, à force de génie, et d’attribuer a son sexe le premier rang pour les productions intellectuelles. Bayle avait autrefois habité ce même château. Celui de Prangins fut naguère la retraite du comte de Survilliers, roi d’Espagne. Dans le dernier siècle, il avait été habité par Voltaire.

Les salines de Bex sont visitées souvent par des voyageurs qui se revêtent de la chemise au mineur. La galerie percée dans le roc vif est longue d’environ quatre miile pieds; une roue de trente-six pieds de diamètre fait agir les pompes destinées à extraire l’eau salée de puits tirs-profonds , et à l’élever au niveau de rigoles qui la conduisent au dehors. Un escalier de près de quatre cents marches taillées dans le roc communique avec la galerie, dite du fondement d’en haut , qui débouche dans un vallon étroit et sauvage.

On trouve sur les plages solitaires du lac des loutres qui pèsent jusqu’à vingt livres, et des rats d’eau. Les oiseaux aquatiques sont nombreux :

on y voit le balbuzard ou aigle de mer, le martin-pêcheur ou merle bleu , et la cigogne qui se promène sur les bords marécageux de Villeneuve. Parmi les poissons du lac , on recherche beaucoup le féra. La légende veut qu’un

évêque de Lausanne ait autrefois banni toutes les anguilles, et les plus vieux pêcheurs affirment n’enavoir jamais vu.

Beaucoup d'hommes marquants sont issus de ce canton : le cardinal Duperron , les réformateurs Viret et Farel , Bochat et Struve , le générai Reynier, le pasteur Bridel, enfin le

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