‹ L'UniversChapitre 35 sur 45 · N E LT F C · texte numérisé non relu

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Les limites de son territoire sont, à l’est , le canton de Berne et le lac de Neufchâtel ; nu sud, le canton de Vaud; à l'ouest, la France (département du Doubs); au nord, encore le canton de Berne. Il a huit à neuf lieues de long et quatre à cinq de large; la superficie est de seize milles d’Allemagne carrés ou deux cent cinquante-six mille arpents. La plus grande partie de son sol s'enfonce dans les vallées du Jura, et le climat y est fort varié : froid dans les montagnes, il est doux vers le lac. Les monticules qui le bordent sont chargés de vignobles; les vallées produisent des céréales, et les sommets des pâturages. Les montagnes sont calcaires; on y exploite des mines de vpse, de fer et des houillères. Il y a ans celles du Locle des pyrites renfermant des parcelles d’or. Les herboristes recueillent sur le Jura des plantes aromatiques qui entrent dans la composition du thé suisse. Le canton est arrosé par la Thiele, la Broyé, la Reuse et le Seyon. Le pays renferme cinquante-cinq mille deux cent dix-neuf habitants, la plupart de la religion réformée : il n’y a que deux mille catholiques dans les communes de Landeron, deCressier et de Neufchâtel. Les curés sont nommés le premier par le canton

par toise. Elle eompte neuf maisons de refuge, vingt-deux ponts et dix galeries percées dans le roc. Napoléon u'edt-il fait exécuter que ce monument, sa mémoire serait éternelle; car il suftirait pour immortaliser tout autre homme. Les Valaisannes sont , en général, fort bien; elles portent un petit chapeau de paille à bords relevés; on l'orne de rubans , de pièces de brocart, de dentelles: on y emploie le drap d’or et le drap d’argent ; mais la paille et la forme ne varient pas , et les dames les mieux mises soumettent rarement leur coiffure à l'empire de la mode. Malheureusement, quand la fraîcheur du ruban l'emporte sur celle du visage, rien ne va plus mal que le joli chapeau valaisan.

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de Berne, le second par le roi de Prusse, le troisième par le canton même. La langue du pays est le français. Il y a beaucoup d'activité et d’esprit inventif chez les Neufchâtellais , qui réussissent à tous les arts et à tous les métiers.

L’horlogerie , la fabrication des dentelles, l'impression sur toile, la pèche, la navigation sont les principales branches de travail. Les denrées s’exportent avec beaucoup de succès, et notamment un excellent vin rouge que donnent les vignes plantées dans les terrains les plus pierreux. Le Locle et la Chaux-de-Fond expédient des montres jusqu'en Amérique. Il en est de même de la bijouterie. Il y a dans ce canton deux mille sept cent quarante et un chevaux ou mulets, quatre-vingtun ânes, deux mille cinq cent trentesix boeufs, onze mille sept cent trente vaches. Les maisons, au nombre de sept mille neuf cent soixante-six, sont assurées pour dix-huit millions cinq cent quarante-trois mille huit cents francs. Dans la fédération, où il fut reçu en 1815, le canton de Neufchâtel occupe le vingt et unième rang: mais il n’a pas cessé d’être principauté soumise au roi de Prusse, dont la monarchie est temperée par le pouvoir des états. Les dîmes et les redevances

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n’y sont pas rachetables comme dans te reste de la Suisse. Les états se composent des dix plus anciens membres du conseil d’Etat, (je tons les presidents de district, dont le nombre ne doit pas dépasser vingt-quatre, et de trente membres élus par les divers districts. En cas de maladie ou d’absence, ils sont remplacés par des suppléants. Voici comme se fait l’élection : tous les citoyens qui ont atteint leur vingt-deuxième année, excepté les faillis et les repris de justice, nomment à la ma jorité des suffrages deux candidats par chaque placé, et les assesseurs de ustiee choisissent parmi ceux-ci les rente députés ; les autres sont de droit suppléants. Pour être éligible, il faut avoir vingt-cinq ans accomplis, et posséder dans le canton un bien libre de la valeur d'au moins mille livres tourrtois; il faut de plus être né sujet. Les quatre députés de la ville sont nommés par les quatre ininistrals (grands et petits conseils de îfeufchAtef ) , sous la présidence du maire. La députation aux états est conférée à vie, mais les conseillers d’Etat et antres fonctionnaires ne restent députés qu’autant qu’ils conservent les fonctions qui leur en confèrent la qualité. Le gouverneur de la principauté rassemble les états autant de fois qu’il le juge nécessaire, mais il ne doit pas s’écouler plus de deux ans entre la clôture d'une session et l’ouverture de l’autre. Avant ronvertirre de chacune, les députés prêtent serment, entre les mains du gouverneur, de voter conformément au bien de l'Etat, de lie faire partie d’aucune association dans laquelle on pourrait méditer une atteinte quelconque aux droits du roi de Prusse ou de ses successeurs, de soutenir, par tous les moyens possibles, l’honneur et le bien-être de fa confédération suisse, enfin de n’acrepter, ni pour eux ni pour les leurs, aucune pension de l'étranger. Quand le gouverneur, après avoir prononcé un discours, déclare la session ouverte, le procureur général expose les sujets qui doivent être mis en délibération. C’est le gouverneur qui recueille les voix, ou, en son absence,

le chancelier, et les résolutions sont rédigées par un secrétaire du conseil d’Etat ou par une commission spéciale. Aucune loi ne peut être promulguée, modifiée ni abrogée, sans la délibération des états. Ils votent l’impôt, et veillent au maintien de la constitution du 14 juin 1814. D'autre part, nulle résolution des états ne peut être mise à exécution sans la sanction rovale.

Le roi s’est engagé à laisser à .\eufehétel tous ses privilèges, à ne le point conférer en fief ni en apanage a aucun prince de sa famille, à maintenir le libre exercice des deux cultes. Le clergé protestant se réunit en synode fous les ans , dans' fa capitale , sons la présidence d’un doyen qu'il élit. Le synode nomme et destitue les pasteurs, excepté celui de iScufchâtel. Les catholiques sont sous l'autorité de l'évêque de Fribourg. Tout citoyen peut émigrer sans perdre sa qualité; il peut même prendre du service militaire, pourvu que le pays qu’il va servir ne soit pas en guerre contre le roi de Prusse, en sa qualité de prince de Neufchâtel et Valangin. Tous sont admissibles à tous les emplois, moins celui de gouverneur. Sous le rapport de l’administration et du droit, on a maintenu le statu qut> de I8f5. Aucun sujet de la principauté ne peut être arrêté sans un jugement des quatre ininistrals, et dans les antres cercles sans un jugement signé d’an moins cinq juges du lieu du délit. L'arréstation provisoire ne peut durer au delà de trois jours sans une décision sur l’ instruction. Tous les habitants de dixhuit ans à cinquante sont obligés nu service militaire, mais on ne peut les y appeler une pour la défense des frontières ou de l’ordre intérieur, ott pour le maintien des traités avec la confédération suisse. Les troupes sont sous le commandement du roi, qui se réserve le droit de lever un Corps de quatre OÙ cinq cents hommes pour s'a garde, où ils doivent jouir dés mêmes privilèges. Le Sermeut dil roi, qui promet d’observer les lois et de conserver les libertés des N’eufchûtellais, précède celui que chaque souverain nouveau a

droit d’exiger d’eux à son avènement.

Au roi appartient le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire: c'est lui qui nomme le gouverneur, le chancelier et le conseil d'État composé de vingt et un membres. Le canton est divise en vingt et une châtellenies, dont les châtelains et les maires sont également nommés par le roi. Les contestations judiciaires de quelque importance sont portées devant les cours d’appel qui siègent à Neufchdtel et à Valangin.

Les revenus royaux consistent en rentes foncières, dîmes, péages, etc.; ils montent à cent cinquante mille francs de Suisse. Neufchâtel fournit au contingent fédéral neuf cent soixante hommes et dix-neuf mille deux cents francs de Suisse.

Nous avons vu , dans le cours de cette histoire , le roi de Prusse prendre l’initiative des réformes désirées par ses sujets, et la révolte comprimée après avoir été victorieuse. Le parti de la souveraineté du peuple se plaint toujours encore de ne pas voir le gouvernement de Neufchâtel reposer sur les mêmes bases que ceux de toute la république fédérative. Cet état mixte, cette dépendance envers un roi, cette association avec un peuple libre ont quelque chose d’étrange que l’esprit saisit difficilement, et qui serait tout à fait intolérable sans l’éloignement de la Prusse: heureusement pource canton la France permettrait difficilement' d’envoyer assez de forces surses frontières o'ur menacerou son territoire ou la lierté suisse. Sous l’empire , le maréchal Berthier fut prince de Neufchâtel et de Valangin, en vertu d’une cession faite par la Prusse en 1806. La terrasse du vieux château est ombragée de magnifiques tilleuls, dont l'un a dix-huit pieds de circonférence. La ville est bien bâtie; elle a une belle promenade au bord du lac; l’on y aperçoit les glaciers d’ii ri et de Schwytz, le Titlis du canton d’Unterwald, et le mont Pilate de celui de Lucerne. Dans les belles soirées d’eté, c’est un magnifique spectacle; il termine au loin l’horizon, tandis que l’œil se repose doucement sur la belle onde du lac,

sur les coteaux riants où sont les villages de Peseux et Bolle, la petite ville de Boudry et le château de Beauregard. Dans l’hôtel de ville, à côté de plusieurs portraits de rois de Prusse, est celui de David Pury, qui légua à sa patrie une somme dé cinq millions.

Il avait amassé ses richesses en Angleterre et en Portugal , et mourut à Lisbonne en 1786. Selon ses intentions, la somme fut employée à améliorer l’instruction publique et à construire cet hôtel de ville. L'hôpital des orphelins, qui est un des plus beaux édifices, fut fondé, en 1810, par M. Pourtalès qui y dépensa sept cent mille francs; il est desservi par les sœurs rises. L’église renferme les tombes es anciens comtes de Neufchâtel avec seize statues de grandeur naturelle.

Il s'est conservé un usage bien singulier, la fête des armuuritis. Le jour qui précède la foire d’automne en novembre , vingt-cinq à trente bourgeois , armés et cuirassés comme les chevaliers, vont, sous le commandement d’un membre du gouvernement, de l’hôtel de ville au château , au bruit des tambours et des fifres : le gouverneur les attend a la porte, et le conseil d’Êtat les reçoit; le chef fait un discours dans lequel il remercie le prince de la bonne administration du pays, et on lui promet ordinairement de faire mettre sa harangue sous les yeux du roi.

Après avoir accepté des rafraîchissements, le cortège reprend le chemin de l’hôtel de ville, et la cérémonie finit par un banquet et un bal.

De Saint -Biaise à Y Verdun, le lac a neuf lieues de long; et de Neufchâtel à Cudrelin , deux de large. 11 est de cent quatre-vingt-dix pieds plus élevé que le Léman. La Thiele le traverse et le réunit ensuite à celui de Bienne; il reçoit aussi la Brove, la Reuse, l’Orbe et le Seyon. Dans la haute antiquité, les deux lacs de Bienne et de Neufchâtel n’en faisaient qu’un seul. L’isthme qui les sépare entre le Tessenberg et le Joliment n’a que deux lieues et demie. Lorsque le vent d'ouest agite la surface de fonde , les flots sont très-dangereux. En 1795 et en

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1830, le lac gela tout entier. Le fond est parsemé de troncs d'arbres que l’on croit reconnaître pour des marronniers et des châtaigners , et qui sont noirs comme l’ébène; on recherche beaucoup ces bois pour les ébénistes.

Motiers-Travers est un joli bourg de six à sept cents habitants, dans la vallée de la Reuse , avec des points de vue les plus variés ; Rousseau y trouva un asile quand il fut expulsé d'Yverdun par les Rémois. C’est là qu’il rédigea ses lettres de la Montagne; ses ennemis ameutèrent la populace contre lui ; une nuit on lança des pierres dans sa maison , et jusqu’à son lit. Il céda aux conseils de ses protecteurs, et partit pour Bienne.

Des Anglais ont acheté tous les meubles de la chambre qu'il occupait.

Non loin du sentier qui conduit à la Brévine, sur le Jura, est une glacière naturelle , cachée par des broussailles. On y descend au moyen d’une écheHe. Le fond est une vaste couche de glace d’où s’élèvent plusieurs belles colonnes. Le canton de Neufchâtel offre encore d’autres bizarreries de la nature ; par exemple , le Temple des Fées , grotte de la vallée de Verrières , dans laquelle on ne pénètre qu’en se baissant, mais qui bientôt se relève, s’élargit , se partage en trois galeries ; l’une d’elles, celle du centre, a plus de deux cents pieds de long sur six de large. A l’extrémité, on jouit d’un beau coup d’œil sur L vallée de Sainte- Croix du district d’Yverdun. Le val du Loele, baigné par la Bied, était autrefois très-marécageux , parce que cette rivière y laissait des eaux stagnantes. On eut l’audace de percer un roc sur une longueur de mille pieds :

l'eau se précipite maintenant avec fracas à travers cette galerie souterraine ; les marais sont devenus des prairies, et trois moulins presque superposés les uns aux autres assourdissent de leurs battements quiconque vient visiter ce chef-d’œuvre de l’art humain ,

gui est dd à l'esprit entreprenant des frères Robert , bourgeois du Locle. H est peu de voyageurs qui ne visitent le saut du Doubs, près du village des Brennets; on s’v rend dans une petite barque. La rivière, comme entravée par un obstacle inconnu , s'élargit malgré la profondeur de son lit , ses rives se dégagent de végétation , puis l’onde se jette brusquement en colonne écumeuse du haut d’un rocher de quatre-vingts pieds d'élévation. Ce bassin est animé. On y voit beaucoup d’ecluses et de canaux , des moulins et un haut marteau. C’est la frontière de France. Il y a près de là une grotte vantée pour son bel écho : la nature y a placé des bancs et une table en rocher. A quelque distance des Brennets est le superbe bourg de la Chauxde-Fond , qui a près de six mille habitants; on y voit six moulins souterrains, construits par Perret Gentil.

L’église , de forme ovale , est élevée sur une éminence ; elle offre un plafond voûté d’une construction ingénieuse.

Les célèbres mécaniciens Jacques Droz, père et fils, étaient de ce bourg.

Valangin , situé au val de Ruz , n’a guère que quatre cents habitants ; il est situe dans un gouffre sauvage. Le château qu’on voit au lmrd du Seyon était la résidence d’une branche de la maison de Neufchâtel ; et le comté de ce nom fut vendu , en 1579, à la principauté. Telle est la raison qui fit prendre aux rois de Prusse, et, pendant quelques années, au maréchal Berthier, le titre de princes de Neufchâtel et de Valangin. Nous avons déjà parlé de David de Pury ; il était né à Neufchâtel en 1708, et il avait fondé à la Caroline la colonie de Purybourg. On cite comme s’étant distingué le théologien Osterwald, qui fut pasteur à Râle et publia un catéchisme, et Louis Bourguet, auteur d’un traité sur la formation des cristaux , savant que Leibnitz estimait beaucoup, etc. A la différence des autres cantons , Neufchâtel n’a point de costume national.

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