‹ L'UniversChapitre 36 sur 45 · GENÈVE · texte numérisé non relu

GENÈVE

Ce canton est borné, au nord, par le canton de Vaud; à l'est et au midi, par la Savoie (province de Cnyouge), et à l’ouest, par la France, pays de Gex, département de l'Ain. Il est long de cinq lieues et demie, large de deux et demie. Le sol pierreux, resserré entre le Jura et le Salève, doit sa fertilité plutôt à l'art qu'à la nature. Les prés, les champs, les vignobles sont entrecoupés d'une multitude de jolies maisons ue campagne. Le lac , le Rhône et l’Arve, divisent le canton en trois parties à peu prés égales, dont la ville occupe le centre. La population totale est , d’après les derniers recensements , de cinquante-six mille six cent cinquante-cinq âmes; la ville en renferme à elle seule vingt-sept mille cent soixante et dix-sept. Les protestants composent les deux tiers de la population, et il n’y a guère de catholiques que dans les communes acquises par les traités de 1815. Le français est la langue de ce pays, où l'on est en général studieux, actif, instruit etléclairé. L’orfèvrerie et la bijouterie remportent de beaucoup sur l'agriculture et l’élève du bétail; il y a aussi beaucoup de fabriques de toile et de tissus de tout genre. En 1810, Genève obtint sur la Savoie Carougc et quelques autres communes, et sur la France une partie du petit pays de Gex. Néanmoins il n'y a pas de plus petit canton, et il n'occupe dans la fédération que le vingt-deuxième rang.

La constitution actuelle est bien differente de l’ancienne. Il n’y a de privilège de lieux, de naissance ni ae famille : tous les citoyens jouissent de droits égaux. Le pouvoir législatif est confié au conseil des représentants; il est compose , y compris quatre syndics qui le président tour à tour, dê deux cent soixante et dix-huit membres, lesquels doiv ent avoir atteint leur trentième année, et leur vingt-septième s’ils sont mariés. Tous les ans on en remplace trente, qui ne sont rééligibles qu’un an après leur sortie. Il ne peut pas y avoir plus de cinq membres de

la meme famille au conseil représentatif. Les syndics exercent l’initiative; le conseirvote l’impôt, le modifie, le diminue, et il délibère également sur toutes les dépenses extraordinaires, lorsqu’elles dépassent six mille cinq cents francs de Suisse. Lui seul peut conclure des traités et des capitulations, sur la présentation du conseil d’jytat; lui seul crée les emplois ' les tribunaux, dispose de farinée et des fortifications, et nomme les députes à la dicte, en leur donnant des instructions. On ne peut toucher à la constitution que du consentement des deux tiers des voix dans chaque conseil. Le conseil représentatif se réunit régulièrement le premier lundi de mai ou en décembre : chaque session dure trois semaines, à moins que le conseil d'État ne la prolonge. Il peut aussi convoquer des réunions extraordinaires dont il fixe la durée. Les membres du conseil représentatif sont élus par un college électoral , dans lequel votent tous les Genevois habitant le canton qui ont atteint leur vingt -cinquième année, et qui payent par eux-memes, leurs femmes où leurs enfants, au moins vingtcinq florins de contributions directes, environ douze francs de France. On en excepte les domestiques, les interdits, les faillis, les insolvables dont l’état est constaté par jugement, ceux qui reçoivent des seeours’des établissements de bienfaisance sans les restituer, et ceux qui ont subi un jugement infamant.

Le conseil d'État est composé de vfngt-huit membres du conseil représentatif qui ont atteint leur trentecinquième année. On comprend dans ce nombre les quatre syndics, le lieutenant, le trésorier, les deux secrétaires d’État qui ont voix délibérative, et les cinq conseillers d'État qui siègent dans le tribunal civil et dans le tribunal supérieur. Il ne peut y siéger que deux personnes de la même famille et du meme nom, encore ne faut-il pas que ce soient père et fils, beau-

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père et gendre. Le eonseil d’Etat jouit ae l'initiative des lois et de toutes les mesures à soumettre au conseil représentatif; à lui seul le soin des relations extérieures, l’exereice de- la police et du pouvoir exécutif, et la suneillance des cultes. Il dirige l'instruction publique, nomme à tous les emplois, pour lesquels ce droit n'appartient pas au conseil représentatif ou à d'autres autorités; c'est lui aussi qui prend soin des finances et qui organise une chambre des comptes, laquelle procède, sous sa surveillance, à 1 examen de toute la comptabilité. Cette chambre peut se donner des adjoints qui n'ont que voix consultative; elle est en même temps le conseil municipal de la ville; outre le syndic, il y entre trois conseillers d’Etat, trois députés du consril représentatif, et le conseil d’Etat y ajoute encore quatre conseillers municipaux âgés de vingt-sept ans au moins. I.a chambre des comptes prononce sur le contentieux administratif, sauf appel au conseil d'Etat. Celui-ci connaît en dernier ressort des contestations dont l'importance n'excède pas mille francs de Suisse. Si le taux est plus élevé, il a recours au tribunal supérieur. Le conseil d’Etat a le droit de faire arrêter et mettre en prison les personnes prévenues de crime, mais il faut que dans les vingt-quatre heures il les renvoie devant l'autorité compétente. Il surveille toutes les tutelles, l'examen et la nomination des avocats et notaires, les exercices du tir et de la navigation, etc. , etc. Le traitement des conseillers d’Etat est de six cent cinquante francs de Suisse; celui des syndics est double. Le tribunal d'au- 'dience est composé d'un lieutenant nommé pour un an, de six auditeurs et de deux secrétaires; il juge en premier et dernier ressort les affaires de police. Chaque district a d’ailleurs son administrateur élu pour quatre ans; il juge les affaires civiles et de police correctionnelle. Le tribunal civil a sept membres , dont le président et le premier juge sont pris dans le conseil d’Etat. Ces places sont conférées à vie. Le tribunal connaît en dernier ressort

de ce que le tribunal d’audience et les administrateurs de justice ont jugé en première instance; i| connaît aussi des affaires correctionnelles de toute la république, excepté de celles qui sont attribuées aux juridictions que nous venons de nommer. L’appel de ses décisions n'est pas suspensif. Le tribunal supérieur a un président civil et un président criminel, huit juges et cinq suppléants; il décide en appel des affaires civiles et de commerce, des affaires correctionnelles, et prononce souverainement sur toutes les causes criminelles avec réserve du recours. Le tribunal de recours se compose d’un svndic, de cinq conseillers d Etat, des deux plus anciens membres du tribunal d'audience, du tribunal de commerce et de vingt-quatre membres du conseil représentatif; il juge les recours ou les demandes en grâce en cas de peines afflictives et infamantes, sans pouvoir les aggraver; il apprécie aussi les nullités de procédure. Ix: procureur d’Etat, choisi dans le sein du conseil représentatif, veille à la sûreté des biens des mineurs et de ceux de l'État; il est en même temps accusateur public.

En cette année 1838, de nouveaux projets de lois sont présentés au conseil représentatif pour donner à la justice criminelle une autre organisation : un homme distingué par ses vastes connaissances et son patriotisme , M. Auguste Cramer, conseiller d’Etat et rapporteur, a publié récemment ce travail législatif digue de l’approbation des philosophes. L’un de ces projets remplace le tribunal de recours par un tribunal de cassation et un conseil des grâces , dont les membres seront élus pour huit ans par le conseil représentatif. Le conseil de grâce se composera de trois conseillers d'Etat et douze membres du eonseil représentatif. Après ces lois d’organisation vient un projet complet de code d’instruction criminelle. L’idée religieuse a présidé à quelques améliorations; on reçoit le serment des témoins, des experts et de l’interprète sur les saintes Écritures; il y a dp sages dispositions sur les extraditions;

mais on n’admet pas le jury : dans une république, dit le rapport, les juges sont élus par la nation ou par les corps qui la représentent : aucune récompense n’est offerte au dévouement du juge , que la satisfaction d'avoir accompli son devoir. On nie que, dans les agitations politiques , le jury puisse être une garantie; les jures désignés par le sort dans la nation ne représentent trop souvent que la passion et I agitation qui fermentent dans les masses. Le même rapport donne à la magistrature une grande supériorité sur le jury pour la découverte de la vérité , pour les lumières , pour l’inuependance , etc. On maintient donc Ja cour criminelle. Ce projet peut blesser les idées reçues, mais on ne saurait nier que ce ne soit l’un des meilleurs documents législatifs que bous connaissions.

Le conseil de guerre est soumis au conseil d’Ltat; il fait exécuter les lois et les règlements militaires, dirige la milice, les arsenaux, entretient les fortifications, etc. I.e pays compte trentesept mairies, chacune composée de plusieurs communes et hameaux administrés par un maire et un adjoint.

Genève fournit huit eent quatre-vingts hommes au rontingent fédéral et vingtdeux mille francs de Suisse. Tout Genevois âgé de vingt ans est soumis h l’obligation de se taire inscrire dans la milice. Le clergé réformé est sous la direction d’un synode, et, par un bref de 1819, le clergé catholique a été placé sous l’autorité de l’évêque de Lausanne qui réside à Fribourg. Il y a en tout vingt et un curés catholiques dirigés par trois nrchiprêtres qui résident à Genève, à Carotige et a Chêne. Les établissements d’instruction publique sont excellents, ainsi que ceux de bienfaisance. D’après les derniers calculs, il y a dans le canton cinq mille six cent cinquante-six bêtes à cornes, et l'élève du bétail fait de grands progrès. Les propriétés bâties sont assurées pour environ quarante-cinq millions de francs suisses. Genève administre parfaitement ses finances; elle a pour environ cinq cent trente mille francs de dé-

penses , et ses revenus sont de six cent mille francs, produit de divers impôts directs et indirects.

La ville ne se montre dans toute sa beauté que du côté du lac et vers l’entrée par la porte de Savoie. Il n’v a pas longtemps encore qu'elle a fait construire un quoi magnifique, en dégageant la rive des maisons assez laides qui encombraient le port : elles ont été remplacées par de très-beaux édifices.

Ici le Rhône, qui a disparu au Boverct, et dont on ne revoit point de trace dans tout le lac, reparaît tout à coup avec impétuosité, et, comme pour se dédommager, il se fraye deux routes à la fois; sa course est tellement rapide que l’on prend une sorte de vertige à le regarder (lu haut du pont. Les rues basses, celles qui sont parallèles au port, sont étroites et laides; elles ont inspiré aux vovageurs des descriptions très-défavorables ; cependant il y a de l’injustic.e dans ces critiques, car elles ont du moins un aspect très-original :

de longs piliers de bois s’élèvent du sol jusqu’à des toits tellement avancés qu’ils constituent une galerie couverte , mais couverte de si haut qu’il n’y a aucune idée de proportion. Ce qui restreint encore ces rues, c’est qu’elles sont encombrées d’une double rangée de boutiques qui les partage comme en trois avenues , dont les côtés sont trèspopuleux, tandis que les chars et les voitures roulent au centre. Cette triple répartition disparaît au premier étage, et, comme les maisons ont beaucoup d’élévation, leur alignement prend du contraste même quelque chose d’original et de bizarre. Il doit résulter de ces énormes avant-toits supportés par degréles piliers, quelque obscuritédans les appartements. Le reste de la ville" est sur une colline élevée de cent pieds au-dessus du lac, et les rues qui en descendent invitent plutôt à la course qu’à la marche, tantelles sont rapides.

Genèvoest une ville magnifique dans la partie haute, et quiconque a vu la Corraterie. la Treille et la promenade Saint-Antoine, ne peut sc lasser de l’admirer. Le beau quartier entoure la ville; ses promenades et ses rues sont

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comme l'arc dont les rues basses sont la corde. Il n’est pas une promenade d'où l’on ne jouisse d'une vue délicieuse. Du haut de la place Saint- Maurice ou promenade Saint -Antoine , on voit à ses pieds le lac s’élargir en s’éloignant, et sur ses rives fertiles des villes, des villages et de riches maisons de campagne; à droite, à travers l’ouverture qui sépare le Salèveet lesVoirons, la grande et imposante masse du Môle, et, dans le fond, les glaciers de la Savoie. A la Treille, on jouit d’une autre vue: ce sont des jardins et des avenues qui s’abaissent par terrasses; l’Arve et le Rhône joignent leurs ondes au pied des collines de Saint-Jean et de la Bâtie.

Le paysage, enrichi de jolies maisons de campagne en partie cachées par les bosquets, est resserré d’une part par le Jura et par les flancs escarpés duSalève; quand on parcourt les remparts, on voit la pelouse du Mail, Plein-Palais, l'allée des grands Philosophes, et, dans le lointain, Carouge. La ville ne le cède en rien aux plus belles sous le rapport de l’architecture; il y a peu d’hôtels qui puissent le disputer à ceux de MM. Evnard, de Saussure et Saladin, peu d’ëdilices qui l’emportent sur le musée Rath; c'est à peine si l’on fait attention aux fortifications que les gazons et les jardins ont envahies sur plusieurs points : on les traverse pour aller visiter un beau pont de fil de fer qui conduit à la campagne.

L'île du Rhône a sept cent quatrevingts pieds de long sur cent trente de large. Le quartier de la rive droite s'appelle Saint-Gervais; ce n’était autrefois qu’un faubourg; il est réuni à la ville par deux ponts en bois : les étrangers en vont admirer deux autres en fil de fer dont l’un joint la promenade Saint- Antoine à la place d'armes, et conduit sur les tranchées et aux villages de Malagnou, Florissant et Chainpel ; l’autre va de la rue du Cendrier aux Paquis. Il y a dans Genève de très-beaux édifices : la façade moderne de Saint-Pierre est construite d’après le modèle du péristyle du Panthéon à Rome ; on y montre les tom-

beaux d’Agrinpa d’Aubigné, l’ami de Henri IV, et de Henri, duc de Rohan, gendre de Sully et chef du parti protestant. L’hôtel de ville offre cette singularité que l’on peut monter en char jusqu'aux étages les plus élevés; une machine hydraulique y entretient un réservoir qui reçoit les eaux du Rhône pour les cas d’incendie et pour l’usage de la ville. Le théâtre, l’observatoire, le musée, la porte neuve attirent tour à tour les regards des étrangers. Le jardin botanique, fondé par M. Evnard, est fort riche en végétaux exotiques.

Tous ces lieux sont animés de la présence des étrangers; mais il n’en est pas ici comme des villes où les promenades, abandonnées par les habitants , ne semblent avoir été faites que pour y conduire les voyageurs : une sortie de spectacle, un but commun vers lequel on se presse ne remplissent pas nos boulevards d’une foule plus considérable que celle qui , par une belle soirée d’été, peuple la Treille et la Corraterie. Il n’y manque pas non plus d’équipages ; c’est à peine si l’on peut se persuader qu’il n’y ait pas même trente mille âmes (le population à Genève. Le musée Rath a été fondé en vertu des dernières volontés du lieutenant général de ce nom, mort au service de Russie : il avait légué l’usufruit de sa fortune à ses deux sœurs; mais elles firent surle-champ construire le musée sous la direction de M. Samuel Vaucher. La maison pénitentiaire devrait servir de modèle a toutes les prisons de l’Europe : quatre ailes en forme d’éventail partent du corps de logis principal dans lequel est placée l’administration; à travers d’imperceptibles ouvertures, on voit tout ce qui se passe dans les salles de travail. La peine des détenus n’est pas définitivement fixée; l’espérance leur inspire une bonne conduite:

une commission de recours a droit de réduire la durée de leur détention.

L’hôpital a reçu une excellente organisation ; l’academie a douze professeurs ; elle est très-fréquentée; la bibliothèque a trente mille deux cent quatre-vingts volumes et des manuscrits précieux, tels que des lettres de Calvin et des

réformateurs suisses, puis un Quinte- Curce pris à Granson, dans la tente de Charles le ïéineraire, et des eumptes de Philippe-Auguste écrits sur bois avec un style. Le musée d'histoire naturelle et celui d'antiquités sont fort beaux. Les journaux littéraires de l'Europe entière viennent se placer sur le tapis vert de la société de lecture, qui a déjà une bibliothèque de dix-huit mille volumes. On fabrique à Genève plus de soixante et dix mille montres par an ; il y a des manufactures de tout genre, et, indépendamment de ce commerce, il se fuit un transit considérable entre la France, la Suisse et l'Italie.

De Genève, les voyageurs font de nombreuses excursions dans la vallée de Chuinouny ; le Mont-Blanc est le roi de ces contrées; chacun veut présenter à ce souverain altier des montagnes le tribut de son hommage. On accourt de toutes les parties de l'Europe, on le contemple avec un respect mêlé de crainte; on l'admire de Servoz, ou l’observe de Chamouny; mais l'audace s’affaiblit à mesure qu'on approche du but. On cite, on retient les noms des voyageurs hardis qui ont osé s'aventurer sur ces «bimesde glace. L’intérêt de la science y a conduit les Saussure, les Bourrit, etc., etc. Les voyageurs ordinaires, ceux qui n'ont pas de progrès à faire faire aux connaissances humaines, se contentent de l’ascension du Mon tan vert : pour eux, c'est assez d’avoir visité la mer de glace , et franchi les crevasses qui la sillonnent; ils vont jusqu'au jardin et s'en reviennent effrayés. On cueille des fraises sur les bords même de cet Océan de vagues cristalisées. Il semblerait, avoir cette mer, qu'elle ait été prise d’une gelce subite pendant la tempête. On sert des rafraîchissements dans le Temple de ta nature, à l’aventureux piéton, qui, sans le secours d'aucun miracle, a parcouru, uouveau saint Pierre, la surface de flots ,qui, jusqu'au dernier jour du monde resteront immobiles, au milieu des belles aiguilles d’Argentières, de Charmuz et du Dru. En quittant la Savoie, on regagne le Valais par le col de

Balme, ou par la Tête-Noire, ou bien l’on rentre à Genève par Sallenche, Saint-Martin, Cluse et la Bonneville.

Carouge, qui n’était encore qu’un cbetif village en 1780, compte trois mille six cents habitants : ce bourg n’a de remarquable qu’un beau pont de pierre sur l’Arvc; il a été cène à Geflève en 18J0. Versoix avait été bâti sous Louis XV, dans la vue de faire concurrence au commerce de Genève:

les derniers traités lui ont donné cette ville, en éloignant la France du lac. Nous ne parlerons point de F’erney, parce qu'il n'est pas sur le territoire suisse.

Si on ôtait aux sciences et aux arts ce qu'ils doivent à Genève , ils en souffriraient d'irréparables pertes. Le grand nom de Rousseau domine toutes les réputations; madame de Staël vient se placer à côte de lui. C’est aussi la patrie des Saussure, des Candole, des Tronchin, des Jurieu, des Odier. Que d’autres noms encore à citer ! Comment oublier Sismondi, Picot, Pictet et leurs travaux historiques? Casaubon, à travers plusieurs siècles, inspire toujours le même respect aux philologues, ét Burlamaqui aux publicistes. On n>n finirait pas, si l’on voulait seulement énumérer toutes les institutions d’utilité publiqiiedontGencveaconçu l'heureuse pensée. La France naguère l’avait absorbée en clic-même, et réellement l’on ne peut voir dans ce pats, Si français par les arts et le génie, qu’une parcelle de notre grande patrie vivant sous un autre régime, avec une plus entière liberté; mais toutes ses gloires nous appartiennent, toutes les nôtres l’enorgueillissent. Rousseau est notre plus grand prosateur, comme nos écrivains sont les modèles qu’eludie la jeunesse de Gencve, et c'est par la description d’une ville presque française que nous avons terminé ce tableau général de la Suisse. Puisse cette fédération être aussi florissante dans l’avenirqu’ellefut grande dans le passé!

puisse-t-elle conserver sa religion, ses lois , ses mœurs , et ne subir l'influence du temps que pour les progrès et la prospérité.

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