‹ L'UniversChapitre 13 sur 27 · PRODUCTIONS. — DIVISION PO- LITIQUE · texte numérisé non relu

PRODUCTIONS. — DIVISION PO- LITIQUE

Considérée au point de vue purement géographique , l’immense contrée connue autrefois sous le nom général de Pérou forme trois divisions naturelles : bat Pérou, haut Pérou et Pérou intérieur. « Les Andes, qui traversent le Pérou du sud au nord, forment généralement deux chaînes à peu près parallèles; l’une, la grande Cordillère des Andes, constitue le noyau central du Pérou ; l’autre, beaucoup plus basse, est appelée Cordillère de la côte. Entre celle-ci et la mer, se prolonge le bas Pérou, formant un plan incliné large de dix à vingt lieues, et connu dans le pays sous le nom de Vallès. Il est composé en partie de déserts sablonneux , dépourvus de végétation et d'habitants. Cette stérilité provient de l’aridité naturelle du sol et du manque absolu de pluies; car jamais , en aucune saison , il ne pleut ni ne tonne dans cette nartie du Pérou; il n’y a de fertile que le bord des rivières et les terrains susceptibles d’être arrosés artificiellement, ou bien les endroits humectés par des eaux souterraines (*), résultat des brouillards et des fortes rosées. Dans ces lieux privilégiés, la terre ne cesse de se revêtir de la parure réunie du printemps et de l’automne. Le climat se fait encore remarquer par la douceur constante de la température. Jamais , à Lima , on n’a observé le thermomètre de Fahrenheit, à midi, au-dessous de 60 degrés (**), et rarement il s’élève, dans l'été, au-dessus de 86° (***). La plus grande chaleur qu’on ait jamais

(*) Viagero universal, XIV, 106.

(**) i5°56 centigrades.

(***) 3o° centigrades.

éprouvée à Lima fit monter le thermomètre à 96 degrés (*). La fraîcheur qui règne presque toute l’année le long de la côte, du Pérou , sous le tropique , n’est nullement un effet du voisinage des montagnes couvertes de neige ; elle eÉt due plutôt à ce brouillard (yarua) qui voile le disque du soleil , et à ce courant très-froid d’eau de mer, qui porte avec impétuosité vers le nord , depuis le détroit de Magellan jusqu’au cap Parinna. Sur la côte de Lima, la température du grand Océan est à I2°5, tandis que sous le même parallèle, mais hors du courant, elle est à 21" (**).

« Le pays compris entre les deux cordillères est appelé la Sierra. Ce ne sont que des montagnes et des rochers nus, entrecoupés de quelques vallées fertiles et cultivées. Mais ces montagnes renferment les plus riches mines d’argent que l’on connaisse, et les veines les plus abondantes se trouvent ordinairement dans les montagnes les plus arides. Le climat de la Sierra est l’un des plus salubres qui existent , si l’on peut en juger par la longévité de ses habitants. Quelques écrivains distinguent de la Sierra la plus haute chaîne des Andes, ou la région des neiges éternelles; nous pensons qu’il vaut mieux les comprendre l’une et l’autre sous le nom de haut Pérou.

« Derrière la chaîne principale des Andes s’étend, vers les bords de l’Ucayale et du Maranon, une immense plaine inclinée à l’est, traversée par plusieurs chaînes de montagnes détachées, qu’on appelle au Pérou la Montana real. Sous un ciel pluvieux, souvent sillonné d’éclairs, l’éternelle verdure des forêts primordiales charme

(*) 35°56 centigrades.

(**) Humboldt , Tableaux de la nature, I, ia6.

les yeux du voyageur, tandis que les inondations, les maraià, les serpents énormes et d’innombrables insectes arrêtent sa marche. Cette région peut s’appeler le Pérou iklériéur. Les communications avec la région intérieure sont plus difficiles qu’avec le bas Pérou (*). »

Au nord la république de l’Équateur, à l’est l’empire du Brésil et les anciennes provinces 4e 1® vice-royauté de Buénos-Ayres , au sud le Chili , à l’ouest l’Océan pacifique , telles sont les limites naturelles du Pérou , considéré dans toute son étendue et abstraction faite de sa division politique.

Les Andes forment le trait physique le plus remarquable de cette contrée, aussi bien que du Chili et du Mexique. Quoique cette immense cordillère soit la même dans ces trois pays , elle offre dans sa charpente ou sa construction des différences qui .lui donnent un caractère et un aspect particuliers, suivant qu’on l’observe au nord ou au sud de l’équateur. « Dans l’hémisphère austral , dit M. de Humboldt, la cordillère est partout déchirée et interrompue par des crevasses qui ressemblent à des filons ouverts et non remplis de substances hétérogènes. S’il y existedes plaines élevées de 2,700 à 3,000 mètres , comme dans le royaume de Quito , et plus au nord dans la province de Los Pastos , elles ne sont pas comparables en étendue à à celles de la Nouvelle-Espagne. Ce sont plutôt des vallées longitudinales limitées par-deux branches de la grande cordillère des Andes. Au Mexique, au contraire , c’est le dos même des montagnes qui forme le plateau ; c’est la direction du plateau qui désigne pour ainsi dire celle de toute la chaîne. Au Pérou , les cimes les plus élevées constituent la crête des Andes; au Mexique , ces mêmes cimes , moins colossales il est vrai, mais toutefois hautes de 4,900 è 5,400 mètres, sont ou dispersées sur le plateau ou rangées d’après des lignes qui n’ont aucun rap-

{*) Malte-Brün, t. VI, p. a68, édit. de 184t.

port de parallélisme avec J’axe principal de la cordillère. Le Pérou et le royaumedelaNouvelle-Grenadeoffrent des vallées transversales dont la profondeut perpendiculaire est quelquefois de 1,400 mètres. C’est l’existence de ces vallées qui empêche les habitants de voyager autrement qu’à cheval , à pied , ou portés sur le dos d’indiens appelés cargadores. Dans le royaume de la Nouvelle-Espagne, au contraire , les voitures roulent depuis la capitale de Mexico jusqu’à Santa- Fé, dans la province du Nouveau- Mexique, sut une longueur de plus de 2,200 kilomètres ou 500 lieues communes. Sur toute cette route, l’art n’a pas eu à surmonter de difficultés considérables (*). »

Pour donner une idée exafcte de la variété de paysages qu’offre la double cordillère du Pérou, nous extrairons du voyage de M. Alcide d’Orbigny quelques passages qui nous paraissent rendre avec bonheur le caractère de la nature américaine dans les montagnes de l’hémisphère austral. Les fragments que l’on va lire se rapportent exclusivement au hatlt Pérou oii république de Bolivie.

« Je traversai, ^'t 'e savant voya-.

geur, trois petits affluents du Rio d’Ancomarca, dont les bords escarpés sont formés de trachytes, et contre lesquels S’appuient çà et là quelques huttes abandonnées, ainsi que des enceintes en pierres sèches où les Indiens renferment leurs troupeaux. Rien de plus triste au monde que cette partie du plateau; son sol blanchâtre, sablonneux, montre à peine de distancé en distance de rares plaques d’diie verdure sombre et grisâtre. La nature semble entièrement inanimée; on n’y voit plus planer le majestueux condor; les oiseaux ont fui; le montagnard avec ses troupeaux y manque entièrement ; un morne silence n’y est interrompu que par la marche pesante des mules chargées, dont l’écho seul répété le bruit. La désolante unifor- (*) Essai politique sur le royaume de la Nouvelle-Espagne, t. I, p. asî , édit, de i8a5.

PÉROU ET BOLIVIE. S3l

mité du sol n’est pas même variée par un nuage passager qui, momentanément, jetterait un peu d’ombre sur la campagne. Un ciel d'un bleu foncé, sans la moindre petite tache, s’étend aussi loin que l’horizon.» Nous étions seul, et aucun être humain ne s’apercevait dans le lointain. On ne saurait exprimer la sensation que produisent ces grandes solitudes du nouveau monde, où l’on est, des journées entières, isolé, perdu au milieu de plaines sans bornes, de forêts vierges ou de montagnes désertes... Bientôt en marchant sur les irachytes blancs et sans végétation, j’arrivai aux bords du Rio-Maure, le plus grand des cours d’eau de la chaîné. On s’étonne de trouver tout à coup au milieu de ces terrains presque horizontaux , upe vaste fente, profonde de quelques centaines de métrés, au fond de laquelle la rivière coule majestueusement comme dans un gouffre. Les bords en sont coupés presque à pic et forment comme deux murailles. Au premier moment, on se demande, en la mesurant de l’œil, comment on pourra parvenir jusqu’au lit de la rivière; mais bientôt le muletier vous fait découvrir un petit sentier h peine de la largeur d’une mule, et taillé dans Ite traehytc blanchâtre. Vous y devez entrer pour suivre ensuite mille détours, suspendu sur l'abîme , en dessus ou en dessous de masses de porphyre et de trachytes superposées, a moitié en équilibré, qui menacent de se détacher sous vos pas ou de vous écraser.

On descend ainsi, non sans être obligé plusieurs fois d’abandonner la mule et de se lier à ses jambes plutôt qu’à celles de sa monture, et l’on arrive avec peine jusqu’au fond. Des eaux majestueuses , de trente à quarante mètres de largeur, mais peu profondes, y coulent avec rapidité sur un lit de galets. Quelques plantes graminées ÿ viennent former de petits rubans verts flottant au gré des eaux et au milieu desquels se jouent de petits poissons.

Après avoir aperçu quelques

cabanes d’Aymaras, continue M. D’Orbigny, j’arrivai au sommet de la chaîne

du Delingull. 1,8, j’éprouvai Un sentiment d’admiration que déterminaient la vaste étendue qui se déployait solià mes yeux et la grande variété d’objets que la vue pouv ait saisir à la fois. Il y a sans doute bien des points plus gracieux dans les Pyrénées et dans les Alpes; mais jamais un aspect aussi grandiose et aussi majestueux ne s’y est offert à moi. À mes pieds le plateau bolivien, de plus de trente lieues de large, s’étendant à perte de vue, à droite et à auche, montrant seulement au milieu e cette , vaste plaine quelques petites chaînes parallèles mollement ondulées, comme les houles de la mer, sur ce bassin gigantesque, dont le lointain, au nord-ouest et au sud-est, me cachait les limites; tandis qu’au nord, toujours sur le plateau, je voyais briller par-dessus les hautes collines qui le circonscrivent, quelques parties des eaux limpides du fameux lac de Titicaca, berceau mystérieux des fils du soleil. Au delà de cet ensemble imposant, un cadre sévère formé par le vaste rideau des Andes (*), découpées en pics coniques représentant tout à fait une Sierra. Au milieu de ces sommités s’élèvent le fiuainà- Potosi (**), l’Ilimani (***) avec ses deux pointes, et PAncumani (****), ou le

(*) On a bien souvent abuse du niot ondes, en l’employant comme synonyme de cordillères et en l'appliquant à toutes les chaînes américaines. C’est une faille de géographie aussi grave que si l’on disait les Pyrénées de Colombie ou les Aljics dit Chili. Andes est un mot corrompu d'antis qui, chez les Incas, 11e signifiail pas cordillère , mais bien les montagnes boisées situées à l’est de la cordillère occidentale, témoin la province d' Antisuyo. Les anciens Espagnols l’ont si bien senti , que , dans les cartes d’Herrera , on trouve la chaîne occidentale sous le nom de Cordillère/ , et la chaîne orientale sous celui d'Andes. Je crois, en conséquence, que là chaîne orientale doit seule conserver cette dernière dénomination. (Note de M. d’Orbigny.) (**) Le nouveau PolosL (***) L’Ilimani est élevé de 7,3iSmclres au-dessus du niveati de la mer.

(*««•) ç’eS( )e Sorata, dernière déuomina-

vieux blanchi par les ans, comme le nomment poétiquement les indigènes , montrant son cône oblique, écrasé, les trois géants des monts américains, dont les éblouissantes neiges se dessinent au-dessus des nuaes sur le bleu foncé du ciel le plus eau et le plus pur du monde. »

Dans les environs de la Paz, et en s’acheminant vers la province de Yungas, M. d’Orbigny contemple des paysages d’une autre nature : « J’étais , dit-il , entouré de montagnes sèches, dont la roche se cachait par endroits soit sous quelques lambeaux de pelouse, soit sous les neiges éternelles. Un silence solennel régnait de tous côtés , ces régions sauvages et glacées n’étant pas même fréquentées par le

Passereau voyageur. Le guanaco ou agile cerf des Andes, l’isoard ou le chamois de ces contrées , parcourent seuls les montagnes voisines , que le pasteur montagnard craint quelquefois

d’aborder Arrivé au sommet des

Andes, l’admiration l’emporta sur la souffrance que me causait le froid piquant dont j'étais saisi , et me fit oublier les effets si pénibles de la raréfaction de l’air. J’étais tellement ébloui par la majesté du tableau, que je n’en vis d’abord que l’immense étendue, sans pouvoir en distinguer les détails... Ce n’etait plus une montagne neigeuse que je croyais saisir, ce n’était plus ce vaste plateau sans nuages comme sans végétation active. Tout ici était différent : en me retournant du côté de la Paz, j’apercevais encore des montagnes arides et ce ciel toujours si pur , caractéristique des plateaux. Au niveau où je me trouvais , partout des sommités couvertes de neige et de glace ; mais vers Yungas , quel contraste ! Jusqu’à cinq où six cents mètres au-dessous de moi , des monta-

lion appliquée par le voisinage de la ville de ce nom au pic de la montagne appelée Ancumani par les Indiens. Cetle montagne est la plus haute de l’Amérique méridionale , d’après M. Pentland ; elle est plus élevée que l’Ilimani . puisqu'elle a 7,696 métrés au-dessus de l’Océan.

gnes couvertes d’un riche tapis vert de pelouse , sous un ciel pur et serein !

A ce niveau , un rideau de nuages blanchâtres , représentant comme une vaste mer qui battait les flancs des montagnes , et sur lesquels les pics les plus élevés venaient se détacher et représenter des Ilots. Au-dessous de cette zone, dernière limite de la végétation active (*) , lorsque les nuages s’entr’ouvraient , j’apercevais à une rofondeur incommensurable le vert leuâtre foncé des forêts vierges qui revêtent toutes les parties du sol le plus accidenté du monde. »

Arrivé au pied d’une chute d’eau , sur la montagne de Quiliquila , le savant observateur fait le parallèle suivant :

* La composition géologique des montagnes a la plus grande influence sur l’aspect pittoresque des localités.

Lorsqu'on parcourt les Pyrénées et

(*) L’ensemble des montagnes , par cette latitude, offre trois climats tout différents, déterminés par les vents régnants et les barrières que leur opposent les diverses chaînes; i° dans la province de Tungas et sur tout le versant oriental des Andes, les nuages existent toujours, ou même, pendant neuf mois de l’année, ne franchissent pas une limite déterminée , arrêtés qu’ils sont parles montagnes; il en résulte des pluies continuelles et la plus belle végétation du monde ; 2° sur les plateaux , neuf mois de l’année , aucun nuage ne se montre à l’horizon; mais à l’instant de l’été les nuages du versant s’élèvent un peu, quelques-uns franchissent les montagnes et passent sur les plateaux; alors des orages fréquents, resqne journaliers , et pour ainsi dire à eure fixe, y versent (vers trois heures) des torrents de pluie ou de grêle , et font naître une végétation maigre et rabougrie ; 3° ces nuages sont arrêtés par la cordillère occidentale, et il en résulte qu’aucun ne passe sur le versant ouest , où par suite du manque continuel de pluie , il n’existe plus qu’une végétation artificielle. Ainsi le versant occidental, où jamais on ne voit de pluie; les plateaux où il pleut trois mois de l’année ; le versant oriental où il pleut toujours; telles sont les trois zones tranchées qu’on trouve sous les tropiques eu Bolivia et au Pérou. ( Note de M. d'Orbigny.)

PÉROU ET BOLIVIE

les Alpes , or» rencontre à chaque pas des cascades magnifiques qui se précipitent d’une grande hauteur. J’avais été étonné de ne rien trouver de semblable dans les Cordillères et les Andes , où les torrents mêmes , tout en descendant par des pentes rapides, n’offrent jamais les accidents si remarquables qu’on admire de Cauteretz au lac de Gob , dans les Pyrénées.

Quand, plus tard, je me demandai l’explication de ce fait , la géologie m’en donna la raison. Dans les Alpes et dans les Pyrénées, la cascade du Giessbach en Suisse , celles du lac d’O, de Baguéres-de-Luchon et de Gavarnie dans les Pyrénées , proviennent de la dureté des roches, dont les dislocations ont formé d’immenses saillies en gradins , que les eaux ne détruisent pas depuis des siècles, le granit ou la craie durcie résistant à leur choc le plus impétueux. Dans les Cordillères, le manque d’eau sur le versant occidental , où les roches ignées pourraient aussi produire des cascades, empêche sans doute qu’il s’eu forme; mais sur le versant oriental des Andes , où les eaux sont des plus abondantes, c’est au contraire la nature des couches qui s’y oppose. Le granit y est partout en décomposition ; les schistes qui le recouvrent sont le plus souvent friables. Il en résulte que les torrents se creusent un lit incliné, et qu’ils ne sont arrêtés que par quelques petits blocs plus durs que le reste, qui n’offrent ni cet appareil de résistance, ni ces hautes saillies, causes des grandes chutes d’eau des montagnes d’Europe. Cette différence de dureté des roches influe encore beaucoup sur l'aspect du pays. Les chaînes ae montagnes, sur le versant oriental des Andes, sont des plus abruptes; chacune y forme le plus souvent une crête presque aiguë; mais la roche se décomposant facilement à l'air, ne saurait présenter nulle part de ces pics aigus, de ces rochers escarpés des Alpes et des Pyrénées ; aussi les montagnes offrent-elles partout des croupes légèrement ondulées, et nullement heurtées ni déchirées. »

On nous saura gré, nous l’espérons, d’avoir cité ces passages d’un livre qui fait merveilleusement connaître à l’Europe une bonne partie du Pérou. En pareille matière , un résumé ne remplace jamais une citation faite a propos.

Nous ne voulons pas omettre ici des détails que nous trouvons dans le Mercurio Péruano, et qui termineront ce que nous avons à dire sur la cordillère du Pérou :

La chaîne la plus rapprochée de la mer, et qu’on nomme Cordillère de t Ouest, est la moins interrompue et la moins élevée des deux; l’autre, qui borde le plateau à l’est et qu’on appelle Cordillère des Andes , offre de plus grandes élévations, mais aussi des ouvertures plus nombreuses, par lesquelles s'écoulent vers le bassin de l’Amazone les rivières qui naissent dans les vallées, dans les plaines ou sur les montagnes intermédiaires du plateau. Cette chaîne avait reçu des anciens Péruviens le nom de Riiisuyo, c’est-à-dire bande de neige.

Les aspects variés de ces montagnes ont donné naissance à des termes particuliers : ainsi, les sommets nus et arides s’appellent dans le pays paramos ; on nomme québradas' ces crevasses taillées presque à pic, profondes de plusieurs milliers de pieds , et qui ouvrent entre les diverses vallées e* les terrasses de la chaîne des routes de communication si effrayantes, qu'elles épouvanteraient le plus intrépide habitant des Alpes ou des Pyrénées. Les endroits où les fleuves, resserrés par des rochers , coulent avec rapidité, sont connus sous la dénomination depongos; ces endroits sont souvent précédés d’une espèce de baie qu’on désigne par le nom de ports.

Entre les fleuves Ucayale et Huallaga , dont nous parlerons un peu plus loin, par les 10' et 11' degrés de latitude méridionale , s’étend une contrée hérissée de montagnes. On y remarque le Grand Payonal, groupe de montagnes couvert d’une belle végétation et surtout de riches pâturages. La Sierra de San-Carlos en cons-

titue la pointe septentrionale. Le groupe entier a 30 milles de l’est à l’ouest sur 24 du nord au midi. Il se réunit aux Andes par une chaîne nommée Cerro del Sal , c’est-à-dire montagne du sel. Au nord du Cerro del Sal s’élève la petite Cordillère qui suit les rivages du Huallaga.

Au nord et au nord-est de ces régions montagneuses, entre le Huai- 'laga , l’Ucaÿale et l'Amazone , s’étend la grande plaine péninsulaire nommée par les Espagnols du Pérou la Pampa del Sacramento. Cette plaine a 120 lieues de long sur une largeur qui varie entre 20 et 60 lieues; on en a évalué, par approximation , la superficie totale à 4,000 lieues carrées.

Un autre trait physique qui, dans le Pérou, frappe , au premier abord , les regards du géographe, c'est l’inégalé répartition des grands cours d’eau entre les deux parties du pays qui séparent les Andes. Tandis que dans la portion comprise entre la cordillère et l’océan Pacifique, les rivières sont rares et de trop petite dimension pour être navigables, à l’est des montagnes , les grands fleuves abondent et se croisent dans tous les sens, alimentés par ries affluents, qui eux-mêmes roulent des eaux profondes et favorables à la navigation. Au nord le Laurièocha ou le Maragnon du Père Fritz, le Huallaga etl’Apurlmac considéré comme la souche de l’Amazone , et qui reçoit l’Ynabari , le Mantaro ou Jauja , le Perène, lePachitea. Les rivières réunies à l’Apurimac forment le Grand- Para , c’est-à-dire, la grande eau ou Ucayale (confluent des eaux). Depuis le 9' degré de latitude , ce beau fleuve, libre de toute entrave, débarrassé des bas-fonds et des rochers qui encombraient ou resserraient son lit, coule à travers des forêts immenses et des plaines qu’il inoilde parfois dans une étendue de plusieurs lieues. Vis-à-vis de la ville de San Joaquim d’Omaguas, il se réunit au Lauricocha ou Tunguragna, Ou Faux-Maragnon , à qui il fait changer de direction. Le Huallaga , qui prend sa source sous le il" degré de latitude sud , coule , sous le

nom de Hüanaco , entre des précipices affreux, dont le resserrement double sa rapidité. Devenu navigable , il se dirige au nord , ayant à droite une chaîne assez étroite de montagnes escarpées, et à gauche, les vallées qui descendent de la cordillère des Andes, et qui forment lès provinces de Pastos et de Los-Lamas. A 7 degrés et demi de latitude, i| entre dans la région des plaines , et se joint , deux degrés plus bas, au Faux-Maragnon.

A cct endroit , sa largeur de 560 mètres, et sa profondeur de 56, en font une superbe rivière. Ses bords offrent les sites les plus pittoresques ; ses eaux sont peuplées d’innombrables poissons, qui servent de nourriture à des caïmans, destinés eux -mêmes à tomber sous la dent meurtrière des jaguars ou tigres d’Amérique. Le paysage est animé par la présence d’un grand nombre de bateaux , les uns chargés de denrées et marchant à la voile; les autres attendant au mouillage leur cargaison de cacao et de cire.

Indépendamment des rivières que nous venons de désigner, on remarque, à l’est , la Madera , au sud-est le Mamore et la rivière de Santa-Magdalena ; du sud le Rio Pilcomayo et la Tarija; enfin d’autres cours d’eau, qui n’existent pas sur la plupart des cartes du Pérou, mais que M. d’Orbigny a découverts et qui figurent sur sa Carte de la Bolivie, si habilement reproduite et gravée par M. Bouffard. Toutes ces grandes artères forment un réseau de voies naturelles de communication qui n’a peut-être pas son analogue dans le monde entier. La direction de quelues-unes de ces rivières a même onné lieu au projet formulé par M. de Humboldt, d’établir une jonction entre les deux océans à travers le Pérou. En effet, « sous les 10«‘ de latitude australe, à deux ou trois journées de Lima, on arrive aux bonis de la Guallaga (ou Huallaga), par laquelle, sans doubler le cap Horn, on peut se rendre aux côtes du Grand-Para dans le Brésil. Les sources du Rio Huanaco, qui se jette dans le Guallaga, sont

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éloignées, près de Chinche, de quatre à cinq lieues des sources du Rio Huaura, qui débouche dans l'océan Pacifique. Même le Rio Xauxa, affluent de l’Apurimae ou Ucavale, prend son origine près de Jauli, a peu de distance des sources du Rio Rimac, qui traverse la ville de Lima. La hauteur de la cordillère péruvienne et la nature <ju terrain y rendent impossible l'exécution d’un canal; mais la construction d’une route commode, tracée de la capitale du Pérou au Rio de Huanaco, faciliterait le transport des marchandises en Europe. Les grandes rivières de l’Ucayale et du Guailaga porteraient en cinq ou six semaines les productions du Pérou à l'embouchure de l’Amazone et aux côtes les plus voisines de l’Europe, tandis qu’il faut un trajet de quatre mois pour faire parvenir ces mêmes marchandises au même point, en doublant le cap Ilorn (*). »

Malgré ce que plusieurs géographes, Malte-Brun entre autres! disent du peu de fertilité du Pérou et de l’éternelle pauvreté à laquelle ce pays serait, d’après eux, condamne par la nature, on peut affirmer que , sous un gouvernement habile et actif, cette vaste contrée arriverait promptement à un état de prospérité digne de faire envie aux peuples les mieux dotés.

L’extrême variété du climat et de la température y fait croître les végétaux les plus divers et y favorise toutes les cultures. Le tabac, le sucre, le coton, le cacao, le café, la coca (*’), le blé, l’anis, la vanille, la cannelle, le piment, la cochenille, le riz, le chanvre, la vigne, les olives, le maïs, telles sont les principales productions du Pérou.

Certes, peu de contrées peuvent présenter un aussi magnifique inventaire.

Voici les renseignements que nous

(*) Essai politique sur le royaume de la Nouvelle-Espagne, 1. 1, p. 238, édit, de i Sa5.

(**) Feuille d’un arbuste que les Indiens des montagnes mâchent constamment, et qui apaise si bien la laim et la soif, que ceux qui en fout usage peuvent se passer de nourriture pendant plusieurs jours.

trouvons à ce sujet dans le Votjaqe de la rénus, par l’amiral du Petit- Thouars, qui a visité le Pérou en 1837: « Le sucre se travaille au Pérou par les procédés les plus défectueux; le planteur, en suivant la vieille routine en usage, éprouve des pertes immenses qu’il ne songe même pas à éviter, parce que toute amélioration lui paraît impossible ou impraticable; mais qu’un homme intelligent et entreprenant introduise au Pérou les perfectionnements connus en Europe, et le commerce des sucres de ce pays pourra lutter avec avantage avec celui des marchés d’outre-mer, parce qu’au Pérou, sur la côte, la canne à sucre vient naturellement, qu’elle n’a pas d’ennemi, qu’aueuiv insecte ne lui est préjudiciable; il n’y a pas de sol dans la bande maritime, qui ne la produise en abondance. Elle croît et mdrit avec rapidité et donne du sucre d’une qualité supérieure en quelques endroits, et partout assez bonne. — Le coton , nouvellement exploité, est destiné à prendre le premier rang parmi les productions du littoral péruvien; la qualité en est belle et comparable à celle des beaux cotons de Fernambouc. La récolte a, dans ce pays, quelque chose d’incroyable et de surprenant : aux États-Unis, ainsi que dans les colonies des Antilles, au Brésil et sur tous les autres points du continent américain, la végétation a un temps d’arrêt : la saison des pluies et ensuite la sécheresse nuisent aux plantes et détruisent quelquefois les récoltes; on est souvent obligé de replanter, et le produit d’un pied de coton n’est évalué qu’à 4 ou 500 grammes, tandis qu’au Pérou il est des localités où chaque plante donne de 10 à 12 kilogrammes, et que la moyenne générale est évaluée à 6 kilogrammes de coton par pied. Les récoltes s’y succèdent sans interruption. Des cotons semés dans de bonne terre produisent au bout de 7 à 8 mois, et, dès la seconde année, les plantes avant poussé de plus profondes racines, donnent les résultats les plus satisfaisants. C’est à la douceur de la température , c’est à cet état presque

uniforme de l'atmosphère , dont les variations se renferment entre il et 23 degrés Réaumnr, que l’on doit attribuer l’excès de fertilité du littoral du Pérou. La la végétation ne s’arrête jamais; les récoltes de toute espèce se suivent sans intervalle, la terre semble infatigable; et, partout où se trouve une goutte d’eau pour lui donner la vie, surgit une végétation abondante, qui ne demande au cultivateur qu’un peu d’intelligence et de soin pour lui donner les plus grands profits (*). »

On voit que l’assertion de Malte- Brun , au sujet de la stérilité absolue du Pérou maritime, est fort exagérée.

Ajoutons qu’au delà de la Cordillère la végétation est beaucoup plus active; que dans les montagnes même on récolte le quinquina, plusieurs espèces de baumes, de gommes, de résines, et quantité de plantes médicinales; enfin u’à l’est de la Cordillère on trouve es forêts immenses , qui donnent des bois précieux d’ébénisterie et de construction. Il ne faut pas oublier, parmi les produits du Pérou, ceux qu’on tire du lama, de la vigogne et du chinchilla.

Du reste, les métaux dont le sol du Pérou est partout mêlé, suffiraient seuls , peut-être , pour assurer la prospérité de ce pays, s’il était sagement et pacifiquement gouverné. Tout le monde sait que le territoire péruvien n’est, si l’on peut parler ainsi, qu’une vaste mine, ou l’or et l’argent se trouvent en filons innombrables.

Le Mercurio Péruano nous apprend qu’il existait , en 1791 , dans la vice-royauté du Pérou , sans y comprendre ni la province de Quito, ni celle de Buénos-Ayres, ni même le riche département de Potosi , un nombre prodigieux de mines, soit en cours d’exploitation , soit abandonnées. En voici le détail, d’après les renseignements consignés dans ce recueil :

Dans l’intendance de Lima , il y a 4 mines d’or, 181 d’argent, 1 de mercure, et 4 de cuivre, toutes exploitées.

(*) Voyage de la t'émis, t. J, p. a-s, 27a.

Par différentes raisons, 70 mines d’argent ont été abandonnées.

Dans l’intendance de Tarma et les provinces de Pasco et Huallanca , qui en font partie, 227 mines d’argent sont en exploitation , et 22 sont abandonnées. Il y a , en outre, 2 mines de plomb, d’ou l’on tire une quantité immense de ce métal.

Dans l’intendance de Truxillo , y compris le district de Chota, 3 mines d’or et 134 mines d’argent sont exploitées; 161 de ce dernier métal sont abandonnées.

Dans l’intendance de' Huamanca , y compris le district de Lucanos , 60 mines d’or, 102 mines d’argent et 1 de mercure sont en activité; 3 mines d’or et 63 d’argent ont été abandonnées.

Dans l’intendance de Cuzco, et le district de Curahuasi , on n’a trouvé jusqu’à présent que des mines d’argent. Leur nombre s’élève à 19, et elles sont toutes exploitées avec le plus grand succès.

Dans l’intendance d’Aréquipa, 1 mine d’or et 71 mines d’argent sont en exploitation; 4 mines du premier métal et 28 du second sont abandonnées.

Dans l’intendance de Guantayava, avec le district de Tacna , 1 mine d’or et 20 mines d’argent sont exploitées ; il n’y a cependant pas moins de 19 mines du premier métal abandonnées, et 30 mines d’argent sont dans le même état.

Dans l’intendance de Huancavélica, 1 mine d’or, 80 d’argent, 2 de mercure et 10 de plomb sont exploitées; 2 mines d’or et 215 mines d’argent sont abandonnées. La grande quantité de mines d’argent délaissées provient des inondations dont on n’a pu les garantir.

Il résulte de cette curieuse énumération que, dans les huit intendances u i composaient l’ancienne vice-royauté u Pérou, 70 mines d’or, 834 mines d’argent, 4 mines de mercure, 4 mines de cuivre et 12 de plomb étaient exploitées en 1791; et qu’à cette même époque, 28 mines d’or et 591 mines

PÉROU ET BOLIVIE

nés d’argent étaient abandonnées.

Depuis le commencement de l’année 1780 jusqu’à la fin de 1789, c’est-àdire, dans un intervalle de dix ans, les mines qu’on vient de mentionner produisirent 35,359 marcs d’or à 22 carats, et 3,739,763 marcs d’argent. Le prix du marc d’or étant de 125 piastres, et celui du marc d’argent étant de 8 piastres , tout le produit de ces mines s’éleva, pendant les dix ans en question , à plus de 184,000,000 de francs.

En 1790, les mines d’argent produisirent. 412,1 17 marcs, ce qui donne un excédant de 38,147 marcs, au delà de la moyenne des années précédentes.

En énonçant ces résultats, nous rappellerons ce que nous avons fait observer tout d’abord , savoir : qu’on n’a compris dans ces chiffres ni les mines de Buénos-Ayres, ni celles de Quito, ni même celles de Potosi. Les mines de ce dernier département produisirent, de 1574 à 1637, malgré l’exploitation la plus défectueuse , plus de 450 millions d’écus espagnols, ou 2,457,000,000 de francs. « Cette somme , ajoute Alonzo Barba , suffirait pour couvrir 60 milles espagnols carrés, en comptant 25 écus par aune, et 500 aunes par mille (*). »

Il y a quatre-vingts ans, dit M.

Helms(**), une montagne, peu éloignée de la ville de la Paz , s’écroula en partie. Il s’y trouva à découvert des morceaux d’or massif de 50 livres pesant. Encore en 1787, les pluies y mettaient souvent à découvert des morceaux de 2 onces, et au delà. Le même statisticien pense que les cordillères fourniraient à des mineurs, même médiocrement instruits , une masse de métaux qui , mise en circulation , bouleverserait tout notre système industriel et commercial, en rendant l’argent aussi commun que le cuivre et le fer.

On peut se faire une idée, d'après

(*) Pour de ‘pins ample» détails sur Potosi , nous renvoyons le lecteur à la description de la capitale de ce département.

(**) Journal d'un voyage de Buenos- Ayres a Potosi, par Helms.

cela, du parti que pourrait tirer d’un pareil pays un gouvernement bien organisé et intelligent. Et cependant la situation des mines du Pérou est loin de favoriser l’extraction des métaux.

« Les mines d’argent les plus considérables , celles de Potosi , de Pasco et de Chota, se trouvent à d’immenses élévations, très-près de la limite des neiges éternelles. Pour les exploiter, il faut amener de loin les hommes, les vivres et les bestiaux.

Des villes situées sur des plateaux où l’eau gèle pendant toute l’année , et où les arbres ne peuvent végéter, ne sont pas faites pour offrir un séjour attrayant. Il n’y a que l’espoir de s’enrichir qui peut déterminer l’homme libre à abandonner le climat délicieux des vallées, pour s’isoler sur le dos des Andes du Pérou. Au Mexique, au contraire , les filons d’argent les plus riches, ceux de Guanaxuato , de Zacatecas, de Tasco et de Real del Monte, se trouvent à des hauteurs moyennes de 1,700 à 2,000 mètres. Les mines y sont entourées de champs labourés, de villes et de villages ; des forêts couronnent les cimes voisines; tout y facilite l’exploitation des richesses souterraines (*). >> Malgré les désavantages départis par la nature au Pérou, pour l’extraction des minéraux , l’industrie humaine en a tiré des trésors incalculables; elle en tirerait encore des masses d’argent et d’or capables de faire envie à tous les Crésus de la terre.

Du temps des Incas, les émeraudes étaient communes sur le littoral de Monta et dans la province d’Atacama; on assure que dans ce dernier district il y a des mines dont les Indiens cachent avec soin le gisement, de peur d’être employés à des travaux qu’ils considèrent avec raison comme funestes à leur santé et même à leur existence. Enfin, parmi les minéraux utiles que renferme le sol péruvien, il faut citer , outre le sel , la pierre de Galinazo , espèce de verre volcanique

(*) Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, t. I, p. 376, 377.

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de couleur noire, et dont on se sert en guise de miroirs. Cette pierre partage ce privilège avec celle dite des Incas.

Sans donner de plus amples et inutiles développements à cet aperçu général du Pérou , nous indiquerons ici les différentes divisions politiques que ce pays a subies depuis les premiers temps connus de son histoire jusqu'à nos jours.

la dénomination de Pérou , dont l’étymologie est incertaine (*), s’est successivement appliquée à des territoires de diverses grandeurs. L’ancien empire des Incas, au moment de sa destruction, avait pour capitale Cuzco, et comprenait la province de Quito, conquise par les souverains du Pérou.

Quand les Européens eurent envahi cette contrée, le Pérou constitua une vice-royauté qui embrassait la totalité des possessions espagnoles au sud de l’istnme de Panama. Un démembrement eut lieu en 1718 : les royaumes de Terre-Ferme, de Nouvelle-Grenade et de Quito, formèrent une vice-royauté distincte, dont le siège fut étafcli à Santa-Fé de Bogota. Nouveau démembrement en 1778 : à cette époque , les riches districts de la Paz, Potosi , Charcaset Santa-Cruz, ainsi que les provinces orientales de Rio de la Plata, Paraguay et Tucuman , furent détachés et placés sous l’autorité d’un vice-roi établi à Buénos-Ayres. Ajoutons que le titre de vice-royauté était particulier à quatre gouvernements, savoir : Mexique, Pérou, Nouvelle- Grenade et Rio de la Plata. Quant au Guatemala et aux provinces dé Vénézuela, Caracas, Cumanas et Chili, elles étaient désignées par la simple dénomination de capitaineries générales.

(*) Quelques auteurs disent que Birou était le nom d'un cacique qui gouvernait un district maritime ; d’autres font dériver le nom de Pérou de celui d’une cerlaine rivière Béroa , que Pizarre aurait traversée quelques instants après son débarquement ; d’autres enfin pensent qu’un promontoire Péiou pourrait bien avoir transmis son nom au pays tout entier.

La révolution péruvienne, comme on le verra plus loin , a changé cette division politique et les noms qu’elle avait enfantés. L’empire des Incas , sauf Quito , dès longtemps perdu pour le Pérou, a d’abord été partagé en deux États qui sont le haut Pérou ou Bolivie , et le Pérou proprement dit.

Puis une nouvelle organisation créa une confédération qui se composait de trois États distincts : Pérou au nord , Pérou du sud et Bolivie. On est enfin revenu à la précédente division : Bolivie et Pérou.

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