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dre de deux frégates de soixante cauons, huit bricks et une corvette. Les soldats mexicains prirent l’initiative des hostilités en blessant, le 25 juillet, devant Tampico, quelques hommes de l'Éclipse , au moment où le brick français s’opposait au passage d’une goélette ennemie qui essayait d'échapper à la vigilance des croiseurs.
Le blocus continuait depuis plusieurs mois sans d’autres résultats que d’appauvrir les douanes mexicaines, de gêner le commerce des neutres et d'exposer les bâtiments français à la funeste infiueriltë du climat. Pendant tout ce temps la lièvre jaune ne cessa de sévir. La faiblesse de la division française l’empêchait de rien entreprendre d’important, surtout contre Saint- Jean d’Ulloa. Un conseil tenu à bord du commandant décida que l’attaque de cette forteresse serait prématurée.
Ce fut alors que le brick le Cuirassier ramena en France le baron Deffaudis, le ministre de France , et nu'immédiatement après le retour de ce diplomate, le cabinet des Tuileries résolut d’envoyer au Mexique une nouvelle expédition, dont il confia le commandement au contre-amiral Charles Baudin, avec ordre d’adresser une dernière sommation au gouvernement mexicain, et, sur son refus de faire droit aux réclamations de la France, d’attaquer Saint-Jean d’Ulloa et de s’emparer à tout prix de cette formidable position.
Le 31 août 1838, la rade de Brest présentait lin spectacle animé : la frégate la Néréide, de cinquante canons , commandée par M. Turpin, capitaine de vaisseau; la corvette la Créole , de vingt-quatre canons, sous les ordres du prince de Joinville; les bricks le Cuirassier et le Phaéton , achevaient les préparatifs du départ. On embarquait trois cents artilleurs de marine, vingt-cinq soldats du génie, et tout ce que nécessite un armement de guerre. Le 9 septembre cette division relâchait à Cadix, où elle ralliait les frégates la Gloire , la Médée , quelques bricks et un bâtiment à vapeur ; et dans les derniers jours d’octobre , elle se trouvait
devant la Vera-Crux , réunie aux batiments du commandant Bazoche, et toute prête à la guerre. Toutefois, avant d’attaquer, l’amiral Baudin, conformément à ses instructions , envoya le capitaine Leray à Mexico , pour tenter encore la voie des négociations.
Cette mission délicate, résultat d'une politique claire, prudente et ferme, ne pouvait être en meilleures mains ; mais, pour quiconque connaissait l’orgueil du cabinet mexicain , et son espoir dans les bons offices de l’Angleterre, il était facile de piédire qu’elle serait sans succès. M. fieray donna trois jours au ministre des affaires étrangères, Cuevas, pour avoir une réponse catégorique. A l’expiration de ce délai, il n’en obtint qu’une lettre pour l’amiral, et des protestations personnelles d’un vif désir du maintien de la paix. Nous verrons bientôt ce même ministre aux conférences de Jalapa, et là nous aurons sa véritable pensee, et la mesure de son attachement à la France.
Dans la prévision d’une rupture , l’amiral jugea convenable défaire reconnaître le banc de la Gallega, qui s’étend au nord de Saint-Jean d’Ulloa, et dont les cartes donnaient un tracé qu’on avait lieu de croire inexact. Un bon relevé de cette plage devenait indispensable. C'était de ce côté qu’on se proposait d’opérer un débarquement ; c’était le seul point où l’assaut pût être tenté; il fallait encore s’assurer de la distance à laquelle les bateaux à vapeur trouveraient assez d’eau pour s’approcher des glacis de la forteresse. Le prince de Joinville fut chargévie cette opération diflicile , et s’en ac-
?uitta avec un rare courage et le sangroid d’un vieux marin. Le canot lit presque entièrement le tour du fort; puis le prince, suivi de ses officiers, avança dans l'eau jusqu'au pied des glacis. La reconnaissance était terminée , lorqu’une sentinelle les aperçut et donna l’alarme; une trentaine *de soldats débouchèrent par le chemin couvert, et les poursuivirent pendant quelques instants , en inquiétant leur mouvement de retraite ; puis ils s’arrê-
tèrent, craignant sans doute une embuscade. Une semblable audace pouvait y faire croire, et le retour du prince se lit sans empêchement. L'arrivée du commandant Leray à bord de la Néréide fut une véritable fête. Il ne dissimula pas que les probabilités étaient pour la guerre. A cette nouvelle la joie la plus vive brilla sur les visages de ces jeunes officiers avides de combats et de gloire; le prince de Joinville, surtout, ne pouvait dissimuler la sienne; il voulait se venger à Vera - Crux d’être arrivé trop tard à Constantine.
La dépêche du ministre des affaires étrangères gardait le silence sur le fond de la question, et se bornait à proposer d’ouvrir des conférences pour terminer à l’amiable les différends entre les deux pays. Bien que l’amiral ne vît ici qu’un moyen de gagner du temps, il s’empressa d’accepter ces ouvertures, et de donner ainsi une preuve nouvelle de la longanimité de la France. Il se rendit à Jalapa , lieu indiqué par M. Cuevas. Là', ces deux plénipotentiaires firent un échange de notes , de contre-notes , de projets, de contre-projets, et la question 11e fit pas un pas. La France prenait pour base l 'ultimatum du 21 mars précédent, que le Mexique combattait par les arguments qu’il avait déjà fait valoir. S'il consentait à payer six cent mille piastres , comme indemnité des pertes éprouvées par les Français , il prenait le délai de six mois sans donner de garanties. Il n’accordait rien relativement à la liberté du commerce de détail; il regardait comme un droit, d’imposer des emprunts forcés sur les étrangers, tout en déclarant qu’il n’était pas dans son intention d’user de ce droit à l’avenir. L’amiral comprit bien vite qu’il n’y avait aucun arrangement possible , et que sa place , à lui, était à sonbord. Il quitta Jalapa le 21 novembre. Cependant, pour mettre tous les torts du côté de son adversaire, et probablement aussi pour se mieux préparer au combat, il annonça que les hostilités ne commenceraient que le 27 à midi. Ce 27 novembre 1838
MEXIQUE
est un jour glorieux dans les fastes de la marine française. Ce jour, où toutes les incertitudes allaient cesser , le soleil se leva dans un ciel sans nuages ; l’air était brûlant; la mer calme, unie et transparente. La rade de la Vera-Crux était sillonnée par des embarcations qui la parcouraient dans tous les sens, et portaient des ordres sur tous les points; les bateaux à vapeur chauffaient; les bombardes s’embossaient au nord de la forteresse; tout était en mouvement, et l’œil le moins exercé reconnaissait les apprêts d’un combat.
Jetons un coup a’oeil sur le champ de bataille. Noussommesdevant Saint- Jean d’Ulloa, le but de tous ces préparatifs.
Cette forteresse , l’orgueil du Mexique , est assise sur un îlot à un demimille nord-est de la Vera-Crux; le banc de la Gallega , bordé de rochers au nord, quelquefois à sec dans les grandes marées , et ordinairement caché sous l’eau, vient mourir à ses pieds. Elle déborde l’îlot dont elle couvre l’étendue, et ses murailles d'une médiocre hauteur, hérissées d’embrasures, semblent sortir du sein des flots. Elles offrent ce luxe de solidité que les Espagnols avaient déployé dans leurs constructions civiles et militaires du nouveau monde. Elles sont en madrépores, à l’exception du côté qui domine la ville, et renferment de vastes magasins et d’immenses citernes , qui fournissent à la garnison une eau beaucoup plus salubre que celle que les habitants de la Vera-Crux vont puiser dans les mares stagnantes dont leur ville est cernée. Saint -Jean d’Ulloa se montre sous la forme d’un parallélogramme légèrement irrégulier, dont chaque angle est flanqué d’un bastion; sur l’un d’eux s’élève le phare, prisme cylindrique ; un autre est dominé par le Cavalier (Caballero) , haute tour carrée, surmontée d’un belvédère, d’où l’on signale les vaisseaux, et sur lequel flotte le pavillon national. Ce léger belvédère , cette haute tour , de quatre-vingt-dix pieds, éblouissante de blancheur, contraste d’une manière pittoresque avec le phare, masse rou-
geâtre, qui semble appartenir au sol dont elle a la couleur. Un large fossé, presque comblé par les alluvions, et n’ayant d’eau qu’à la marée haute; au delà, deux batteries basses, l’une dans le nord-ouest, l’autre dans le sud-est; enlin une demi - lune et deux réduits de place d’armes rentrantes complètent les ouvrages défensifs de ce fort dont la réputation était colossale dans toute l'Amérique espagnole , et qui passait pour une de ces merveilles de l’art , contre laquelle toutes les flottes de l’Europe s’acharneraient en vain.
Dans la prévision du siège, les Mexicains s’élaient empressés de réparer les outrages que le temps et les guerres dernières avec l’Espagne avaient fait subir à leur Gibraltar, nom qu’ils se plaisent à donnera Saint-Jean d'Ulloa.
De son côté, l’amiral français avait choisi son point d’attaque de manière à battre le plus grand espace possible, et à n’essuyer le feu que du plus petit nombre de canons. Les trois frégates se placèrent au nord- est de la forteresse , à quatre ou cinq encablures de distance; également au nord, les deux bombardes étaient embossées dans un étroit chenal. Trois corvettes se tenaient hors de la portée du canon pour observer la direction des boulets , et faire , à l’aide de signaux convenus, rectifier le pointage ; la Créole se tenait sous voile, tandis que quelques bricks croisaient entre les récifs de Pajaros et les frégates embossées. Il était onze heures et demie, et le délai expirait à midi, lorsqu’on vit s’avancer, du môle de la Vera-Crux , un canot portant pavillon parlementaire ; c’était encore des dépêches de M. Cuevas qu’on venait remettre à l’amiral.
Il reçut les envoyés avec politesse, lut les dépêches avec rapidité; et comme elles ne renfermaient aucune proposition nouvelle, qu’elles se bornaient à discuter ce qui l’avait été tant de fois , et sans résultats, il répondit sur-lechamp au ministre, que le délai qu’il avait accordé, venant d’expirer sans qu’aucune satisfaction eût été donnée à la France , sa mission de paix était
terminée, et sa mission de guerre commençait.
Les parlementaires congédiés, le signal d’ouvrir le feu ne se fit pas attendre. Cent pièces de canon , tirant de volée, y répondirent en envoyant une grêle de boulets sur le fort que les bombardes foudroyaient aussi. Lui, riposta vivement, et disparut sous une épaisse fumée qui enveloppait tous les bâtiments français. La brise, un peu paresseuse, la laissait stationner autour de leurs mâts et de leurs flancs.
Plusieurs fois l’amiral donna l’ordre de suspendre le feu pendant quelques minutes pour rectifier le pointage ; mais telle était l’ardeur des canonniers, qu’on pouvait en obtenir difficilement ce repos d’un moment. Le combat durait depuis une heure. La Créole, cette légère corvette du prince de Joinville, y prenait une part active et dirigeait un feu bien nourri sur les batteries basses du sud-est. L’effroyable canonnade, ré-
fiétée par les échos, ressemblait au rouement du tonnerre. Tout à coup une détonation terrible, dominant le bruit du canon, se fait entendre : le magasin à poudre et le parc à bombes venaient de sauter, et puis , quelques moments plus tard , une trombe de feu , de fumée, de pierres, de canons, d’affdts et de lambeaux sanglants de corps humains, s’éleva dans les airs; c'était la tour du Cavalier, frappée par les bombes , oui sautait aussi avec son léger belvédère et une multitude d’artilleurs et de soldats. Seul, le pavillon national n’avait pas bougé : le pan de muraille qui le portait restait encore debout. Cette double explosion porta le découragement chez les Mexicains.
Leur feu se ralentissait par degrés.
Celui des frégates françaises, bien que criblées de boulets, se soutenait toujours aussi vif, aussi meurtrier. Les ravages de leur artillerie étaient écrits sur les murailles de St-Jean d’Ulloa.
La nuit mit un terme à cette oeuvre de destruction. Vainqueurs et vaincus, chacun put alors compter ses pertes ; celles des Mexicains étaient immenses ; les vaisseaux français avaient souffert, mais pas assez pour les empêcher de
recommencer le lendemain. Ils s’y préparaient. A l’activité du jour succéda l’activité de la nuit. Les batteries étaient bruyantes et animées. En ce moment un" canot accosta la Néréide; au cri de qui vive de la sentinelle on répondit : Parlementaire , et bientôt on vit monter sur le pont deux officiers supérieurs mexicains : ils venaient de Saint-Jean d’Ulloa pour remettre à l’amiral une note du général Gaona. Celui-ci demandait une cessation d’hostilités, sous lé prétexte de retirer les blessés et les morts de dessous les décombres. Il ne fallait voir dans celte démarche qu’un moyen d'entrer en correspondance, qu’un préliminaire de capitulation. L’ainiral français ne s’v méprit pas, et, tout d’abord", il offrit cette capitulation, et l’offrit honorable, ajoutant que si le lendemain au point du jour les conditions n’en étaient pas acceptées , il achèverait la destruction de la forteresse. Elles le furent après quelques heures de négociations et après un premier refus du brave et loyal gouverneur. La placé ne pouvait être secourue et sa défense prolongée avec la moindre chance de succès. Dans plusieurs batteries les pièces étaient démontées ou manquaient de munitions depuis l’explosion des poudrières. Il ne restait pas six cents hommes mal aguerris et fort mal disposés, pour reousscr un assaut et soutenir une eure seulement le feu de l’ennemi.
Les différents conseils de guerre tenus dans la forteresse reconnurent l’obligation de se rendre. Le général Gaona avait été long à se décider; il lui paraissait dur de remettre le fort à l’ennemi après un seul combat; mais le combat avait été décisif, et, malgré tous ses regrets, il fut obligé de signer la capitulation, qui accordait à la garnison les honneurs de la guerre, tout en lui imposant l’obligation de ne point servir contre la France avant le terme de huit mois.
Ce grand succès ressemblait à un coup de foudre par sa soudaineté.
Vingt-quatre heures après le premier coup de canort tiré contre le Gibraltar
MEXIQUE
mexicain , le pavillon français flottait sur les murailles et recevait le salut de la petite escadre victorieuse. L'amiral voulut voir par lui-méme ce que ses canons et ses bombes avaient fait en si peu de temps. Il se rendit au fort et put se convaincre, par les embrasures démolies, par les amas de décombres, par les cadavres des artilleurs couchés autour des pièces qu’ils avaient servies, que la place n’était plus tenable et qu’il avait eu affaire à des gens braves et dévoués.
La chute de Saint-Jean d’Ulloa entraînait nécessairement celle de la Yera-Crux; l’amiral pouvait la foudroyer en quelques heures, l’occuper et y arborer son drapeau; il n’en fit rien : la politique et l’humanité lui dictèrent une conduite tout opposée. Dès le 28, au moment de l’occupation de la forteresse, il se hâta de prouver au monde qu’aucune idée de conquête ne s'attachait à cette guerre. La convention de ce jour, entre lui et le général Rincon, laissait la Vera-Grux toute mexicaine; elle conservait son gouverneur, ses fonctionnaires publics, ses lois; seulement, sa garnison était réduite à mille hommes , sans pouvoir dépasser ce nombre , bien suffisant pour maintenir l'ordre. Son port était ouvert à tous les pavillons étrangers ; on lui rendait, à l’instant même, sa vie et son commerce; enfin, la garnison de Saint-Jean d’Ulloa avait droit d’aller s’y approvisionner de vivres frais. La remise de cette forteresse à la paix était encore stipulée dans cette convention très - honorable pour le Mexique , très-généreuse de la part de la France.
Les membres du congrès de Mexico n’en jugèrent point ainsi. Ils refusèrent de la ratifier. La vanité nationale blessée se mit à crier à la trahison, et, pour faire croire qu’on avait été attaqué à l’improviste, qu'on n’était point encore en guerre avec la France, on la lui déclara trois jours après la chute de Saint-Jean d’Ulloa. Misérable jonglerie, qui ne trompa personne, car personne n’ignorait l’époque du délai accordé par l’amiral Baudin, et sa dé-
claration de commencer la guerre à l’expiration de ce délai. Mais si tout cela n'était que ridicule, ce qui suivit fut barbare. Le gouvernement mexicain se vengea de sa défaite sur les malheureux Français établis dans le pays. Il leur enjoignit, par son décret du ter décembre, de quitter le territoire de la république dans le délai de quinze jours ; ils n’en avaient que trois pour sortir des villes. Il fut question de les diriger sur Acapulco, c’est-à-dire de leur faire parcourir la route la plus dangereuse et des contrées habitées par des Indiens farouches et insoumis, pour arriver sur le point le plus malsain du globe, là où des fièvres mortelles régnent en tout temps. Cette mesure sauvage souleva d’indignation les ministres étrangers accrédités au Mexique, et, sur leurs vives réclamations, le délai de quinze jours fut prolongé à soixante, et le port d’embarquement changé. Il fut permis aux bannis de se retirer sur l’escadre de blocus.
Pendant que ces choses se passaient, d’autres événements vinrent compliquer la situation déjà fort difficile du gouvernement de Mexico. Les deux partis politiques entre lesquels se partage le pays, centralistes et fédéralistes , se trouvèrent encore une fois aux prises : les premiers ayant le pouvoir en main, les autres épiant le moment de le saisir, et croyant l’avoir rencontré dans la lutte engagée avec la France. Une grande agitation régnait dans la provincedeTamaulipas; Tampico était en pleine insurrection, et Santa-Anna, qui n’était pas le moindre des embarras du gouvernement, reparaissait sur la scène politique. Cet homme, qui semblait l’avoir abandonnée pour toujours depuis la honteuse campagne du Texas, vivait solitaire sur Son habitation de Manga de Clavo. Il n’eut pas plutôt entendu le canon de l’escadre française, qu’il jugea le moment opportun pour sortir de sa retraite et reconquérir quelque chose de son ancienne popularité. 11 se rendit en toute hâte à la Vera-Crux et sê mit à la disposition du général Rincon. Le
gouvernement se serait fort bien passé de ses services; toutefois, après la convention du 28, plus mal reçue encore que la capitulation de Saint-Jean d’UIloa , et dans ce moment d'effervescence où l’on entendit même sur les bancs du congrès ces cris sauvages :
Meurent les Français! meurent les étrangers ! Santa- A rma fut choisi pour remplacer le général Rincon, disgracié, et commander quelques bataillons réunis dans le voisinage de la Vera-Crux et qui prenaient le nom pompeux d'armée d'avant-garde. Ce fut comme général de cette armée qu’il notifia à l'amiral Baudin le refus du président Bustamente d’approuver la convention dont nous venons de parler. La Vera- Crux redevenait donc une ville ennemie. Elle pouvait être détruite en peu d’instants; mais cette vengeance barbare, qui aurait puni toute une population innocente des erreurs de son gouvernement, ne convenait point à la France; le parti que prit l'amiral était le seul digne d’elle. Il résolut de désarmer la Vera-Crux et de mettre les canons et les forts hors d'état de nuire. C’était l’entreprise la plus audacieuse de cette campagne. Parfaitement conçue , elle fut admirablement exécutée. ‘Une partie des marins de l’escadre, les soldats de marine, les artilleurs et les mineurs, divisés en trois colonnes, partirent par une brume épaisse qui protégeait les embarcations. Chacune de ces colonnes avait sa mission : l’une devait désarmer le fort de l’est, l’autre celui de l’ouest; tout cela fut fait. Les soldats mexicains prirent la fuite, les canons furent encloués et jetés par-dessus les murailles et les affûts brisés à coups de hache.
La colonne du centre, commandée par Je prince de Joinville, aborda le môle et pénétra dans la ville après en avoir fait sauter la porte à l’aide d’un pétard préparé à la hâte et s’être emparé d’une pièce d’artillerie qui en défendait l’entrée; elle dispersa ce qui tentait de résister, et parvint enfin à la maison habitée par les généraux Santa-Anna et Arista, jadis ennemis, mais combattant alors sous le même drapeau. Le
premier, au bruit du pétard, avait pris la fuite; le second, moins bien avisé, était resté dans son lit à sommeiller, s’imaginant que ce bruit n’était autre que le coup de canon de diane tiré chaque matin à bord de l’escadre française.
11 fut bientôt désabusé par la fusillade des assaillants et du corps de garde mexicain qui essayait vainement de les arrêter. La colonne française pénétra vivement, sous une grêle de balles, dans l’appartement du général qui fut saisi par le second maître de la Créole, puis conduit devant le prince de Joinville et envoyé à bord du Cuirassier. Cette capture faite, la colonne alla désarmer les petits fortins qui s’élèvent du côté du sud, et les mit en peu de moments hors d’état de nuire. Ce fut dans cette marche que des soldats mexicains, poursuivis, se réfugièrent dans un hôpital; les Français allaient y pénétrer avec eux, lorsque les malacles se levant de leur lit comme des spectres, se jetèrent aux pieds du jeune prince de Joinville qui , n'écoutant que la voix de l’humanité, ordonna de respecter cet asile de la douleur.
Cependant tous les petits corps épars , chassés de leurs positions sur les murailles, s'étaient ralliés dans la vaste caserne de la Merced. C’est un édifice à deux étages, surmontés d’une terrasse, à plusieurs entrées par la ville et par la campagne , et dont la porte principale tait face à l’une des plus grandes rues de la ville (la Calle de las Damas). Cette porte fut barricadée. Les différentes colonnes devaient nécessairement, en faisant le tour des remparts, se réunir sur ce point. La colonne du centre arriva la première , elle fut reçue par une vive fusillade ; les Mexicains , bien postés, tiraient à coup sûr; les assaillants avec un obusier de campagne faisaient quelques trous à la porte sans l’enfoncer : ils eurent des morts et de nombreux blessés. L’arrivée de l’amiral mit fin à ce combat sans but. N’ayant ni les moyens ni le projet d’occuper la ville, il donna l’ordre de la retraite, qui se fit avec calme
et sans empêchement. L’obusier fut rembarqué; on plaça à l’extrémité du môle une pièce mexicaine de huit chargée à mitraille pour protéger rembarquement. Ce fut alors que les Mexicains, qui n’avaient osé bouger de leur forteresse improvisée depuis la retraite des Français, apprenant leurs préparatifs de départ, se portèrent en masse sur la jetée. L’amiral donna l’ordre de les laisser approcher, puis, après avoir pointé lui-même la pièce de huit, commanda de faire feu. L’effet en fut terrible sur cette troupe serrée, qui ne reprit courage qu’en voyant ses ennemis entrer dans leur* chaloupes. Celles-ci ouvrirent sur-lechamp un feu de caronades chargées à mitraille; et cette fois encore, ces nouvelles décharges firent de nombreuses victimes, parmi lesquelles il faut compter Santa-Anna, qui se montrait enfin , et qu’on reconnaissait à son cheval blanc et à son éclatant zarape.
Un biscaïen lui fracassa la jambe gauche, un autre la main du même côté, son cheval fut tué sous lui. Le feu des Mexicains, dirigé sur les chaloupe* beaucoup trop chargées et qu’il était difficile de mettre à flot, fut également meurtrier. Il y eut du côté des Français huit hommes de tués et une soixantaine de blessés. Les pertes des Mexicains furent infiniment plus nombreuses, et sans une brume épaisse, Français et Mexicains se seraient fait beaucoup plus de mal encore. A peine les derniers canots de l’amiral Baudin furent-ils arrivés à leur destination, que cette brume, chassée par un vent léger du sud-est, se dissipa en quelques minutes, et le soleil brilla de tout son éclat. L’occasion parut belle pour en finir avec cette caserne de la Vera- Crux, facile à transformer en véritable forteresse et fort incommode alors en cas de nouvelle attaque. Pendant deux heures, les batteries de Saint- Jean d’Ulloa et celles de la Créole, du f 'oltigeur, du Cuirassier et de C Eclair firent pleuvoir une grêle de boulets sur ce grand bfttimeut ; ce fut le coup de griice. La ville n’était plus tenable. Les Mexicains s’empressèrent de l’a-
bandonner et d'aller camper à deux lieues de là, au milieu des collines de sable qui bordent la plage au sudouest.
Ainsi se termina cette affaire de la Vera-Crux honorable pour l’eseadre française , et si étrangement défigurée dans le rapport de Santa-Anna, misérable rodomontade digne du héros de San - Jacinto. Ce document , faux de tout point, n’en fut pas moins lacnrdé, dans toutes les rues de lexico, par ordre du gouvernement.
Le général mexicain y accusait l’amiral d'avoir envahi la ville au moment où l’on négociait encore ; il s’attribuait tout l’honneur du triomphe ; il traitait de lâches ces F'rançais qu’il avait, disait-il , poursuivis l’épée dans les reins et forcés à se rembarquer; il n’oubliait pas la prise de la pièce de huit qu’il faisait passer pour un canon français. Il déclarait, enfin, que s’il n’avàit pas respecté le parlementaire de l’ennemi, c’est que cet ennemi ne méritait aucun des égards dus aux nations civilisées. Jamais plus insolent langage n’avait été employé au service de la calomnie et de là mauvaise foi.
On pouvait regarder de ce moment la guerre active comme terminée. La possession de Saint-Jean d’Ulloa , le désarmement de la Vera-Crux, l’éloinementdes troupes mexicaines, gages e sécurité pour la France, lui permettaient d’attendre à l’aise l’issue des négociations que la vanité blessée du congrès devait retarder longtemps encore. Le président, à l’ouverture de la session de 1839, se montra très-empressé de caresser ce ridicule, dont il n’était probablement pas plus exempt ue les autres. Dans un discours long, iffus, déclamatoire, il répétait une partie des mensonges officiels , il appelait cette guerre la plus scandaleuse des temps modernes; puis il flattait les neutres par des paroles de bienveillance , l’Angleterre surtout, dans laquelle il semblait mettre toute sa confiance. L’arrivée récente de M. Packenham, ministre de S. M. B. à Mexico, l’augmentait encore. Ce diplo-
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mate, venu seul sur la frégate la Pl-
£ue, avait l’ordre dé proposer ses ans offices à l’amiral pour fa reprise des négociations, et cette offre, faite avec beaucoup de modération et de réserve et dans les termes les plus convenables, avait été acceptée. Mais quelques jours après, Survint une flotte anglaise de onze vaisseaux, dont deux desoixante-quatorze. Cette escadre, beaucoup plus forte que l’escadre française, semblait donner à la mission de l’envoyé anglais une couleur presque hostile. Les offres de cet envoyé, toutes bienveillantes et loyales, étaient donc devenues inacceptables par cet incident. Aussi l’amiral s'empressa-til de lui signifier qu’il ne pouvait porter la parole en son nom auprès du gouvernement de Mexico, avant que les deux escadres fussent sur un pied parfait d’égalité, et qu’il eût par conséquent à faire éloigner les deux vaisseaux de ligne qui rendaient les forces anglaises supérieures. Cette demande était juste, M. Packenham ÿ fit droit aussitôt, et les deux vaisseaux s'éloignèrent. L’honneur de la France ne emaudait pas autre chose. Quand elle refusait au commencement de la guerre la médiation de l’Angleterre, elle faisait acte d’énergie et d’indépendance ; il lui fallait alors prouver les armes à la main sa force et son bon droit.
Mais après la victoire, alors que son drapeau flottait sur la principale forteresse du Mexique, qu’ellè tenait l’armce ennemie à distance et la Vera- Çrux sous son caiion , elle pouvait très-bien, sans faiblesse et conséquente avec elle-même, accepter les bons offices de l’Angleterre. Un vainqueur a toujours bonne grâce, lorsqu’il se prête à tout ce qui peut accélérer la paix.
M. Packenham se mit donc à l’oetivre, et les négociations recommencèrent.
Pour se faire une idée des obstacles qu’on eut à vaincre, il faut se transporter à Mexico au milieu des passions politiques qui fermentaient dans Cette capitale, et des mouvements révolutionnaires dont elle était le théâtre.
Les fédéralistes des provinces du nord âvaient sanctionné leurs princi-
pes par une victoire. Les fédéralistes de Mexico y répondirent par un redoublement d’hostilité, contre le gouvernement. Eux combattaient la plume à la main, ils faisaient des articles de journaux, des pamphlets, des accusations, comme en savent faire les partis vaincus ; ils travaillaient l'opinion des masses, ils les préparaient à une émeute. Us firent si bien, que Bustamente, pour transiger avec eux, se crut obligé de renvoyer son ministère et d’en former un nouveau, où l’on vit entrer Pedraza, l’ancien président, l’âme des partisans du fédéralisme.
Cette concession en augmenta le nombre. Le peuple manifesta toute sa sympathie pour les réformes que l’administration nouvelle allait proclamer.
Sous une telle influence, l’insurrection devait prompte:. . ut s’organiser. Elle éclata, le 12 décembre, aux cris de Vive la fédération! vive la liberté!
vive la constitution sans tache! vive lachartede 1824! Meurent Ips centralistes. Toutes les cloches de la cathédrale sonnaient. Une immense multitude parcourait les rues , et finit par se porter à l’hôtel de la Présidence; ce qui n’effraya pas médiocrement Bustamente, qui se mit à crier aussi du haut de son balcon : «Vive la fédération ! Vous aurez la fédération. »La foule satisfaite l’abandonna pour aller au couvent de Santo-Domingo mettre en liberté Gômez Farias, l’ancien mi- , nistre, l’ardent démocrate, qui y était J emprisonné depuis trois mois. Farias ne sortit pas seul, il se fit accompagner du citoyen José Maria Alpuche e infante, autre démocrate, prisonnier comme lui; et tous deux montés dans une voiture, après avoir couru le risque d’être étouffés par leurs amis, se virent l’objet d’une de ces ovations populaires, la petite pièce des conspirations triomphantes. Ceci fut de courte durée. Les troupes étaient restées fidèles au gouvernement, et c’était là un fait de haute importance. Les intrigues du parti prêtre firent avorter cette insurrection. Toutefois, il fallut entrer dans la voie des concessions.
Le pouvoir fut confié à des libéraux;
MEXIQUE
M. Gorostiza eut les affaires étranères, Cortina les finances, et Larija, l’intérieur. Ce nouveau ministère mit en liberté les détenus politiques, et déclara nulles les enquêtes commencées contre eux. Malgré ces mesures conciliatrices, les partisans de la constitution de 1824 dirigeaient de fréquentes et sérieuses attaques contre le président. Les autres partis plus habiles en profitèrent pour l’éloigner des affaires, et l’homme qui avait su faire oublier la malencontreuse expédition du Texas, en flattant la vanité mexicaine, fut choisi pour le remplacer. Santa-Anna, s’appuyant sur le parti prêtre dont il était le drapeau, jouissant dans ce moment d’une popularité bruyante, devait exercer une grande influence sur la marche des négociations. Sa position était délicate; il avait à ménager tout à la fois ce que les Mexicains appellent le décorum, et les antipathies des ultra-démocrates.
Il n’est pas douteux que le besoin de disposer de toute l’armée contre les fédéralistes ne servit puissamment à abréger les longueurs et les temporisations de la diplomatie mexicaine. Le cabinet montra d’abord quelque répugnance à traiter avec l’amiral, sous le prétexte qu'en faisant la guerre il semblait avoir renoncé à son caractère pacifique. Il lui reprochait ses relations avec les fédéralistes et sa correspondance avec le général Urrea, dans laquelle les hommes qui occupaient le pouvoir étaient sévèrement jugés (*).
On savait que pas un mot de cette correspondance ne serait rétracté; il fallut l’habileté de M. Packenbam, et Surtout le besoin de la paix, pour triompher des vanités blessées. Le ton de la presse officielle était encore un obstacle; lés journaux continuaient de van-
,, (*) Ces relations n’avaient aucun caractère hostile au gouvernement établi. Les fédéralistes ne partageaient point à la vérité les antipathies de leurs adversaires contre la France, et nul doute que s’ils eussent été au pouvoir, la guerre n’eùt point éclaté, et les différends entre les deux pays se seraient facilement arrangés.
ter le prétendu triomphe de Saint-Jean d’Ulloa, et d’injurier grossièrement la France. L’amiral, fatigué de cet ignoble langage et de ces plates calomnies, menaça de rompre toute négociation. Bien convaincu que ce n’était point là une menace vaine, le gouvernement imposa silence à ces maladroits agents, et les négociations commencèrent. Deux plénipotentiaires, le ministre Gorostiza et le général Guadalupe Victoria, étaient chargés des intérêts du Mexique. I, 'amiral Baudin représentait la France. On se réunit à la Vera-Crqx que les Mexicains n’occupaient que par permission de ce dernier. Dedx jours suffirent pour tout régler; le troisième, on fit les copies; et le soir du même jour, le ministre des affaires étrangères, porteur du traité, se rendit à Mexico pour le soumettre à la ratification du congrès. Il le commenta devant les deux chambres, de manière à dissimuler ce qu’il pouvait avoir de fâcheux pour l’orgueil mexicain. Il alla beaucoup trop ioinen expliquant les motifs relatifs aux six cent mille piastres d'indemnité; il prit fort imprudemment l’engagement de protester contre le sens qu’on pouvait attacher au mot payer. « Le gouvernement, disait-il, ne prend ce mot que dans le sens de remettre , sans aucune reconnaissance de la justice ou de l’injustice des réclamations de la France. » Une telle interprétation ne pouvait être admise; l’amiral le signifia aussitôt qu’il en eut connaissance; il déclara qu’il ne regarderait la ratification comme régulière qu’autant qu’il aurait reçu un acte en bonne forme, par lequef le gouvernement mexicain renoncerait à toutes protestations, restrictions ou réserves, soit publiques ou secrètes, qui pussent atténuer le sens littéral du traité et en empêcher l’effet, soit pour le présent, soit pour l’avenir. Ce langage ferme et loyal fut entendu, et courrier pour courrier, cinq jours après cette difficulté imprévue, arrivèrent la ratification pure et simple et le désistement à toute protestation, dans les termes mêmes que l’amiral avait dictés.
L’UN IV K R b.
Telle fut la fin de cette guerre entreprise pour venger les Français des avanies sauvages et des procédés révolutionnaires du Mexique ; guerre ue l’aveuglement et la présomption u gouvernement de cette république soutinrent sans aucune chance de succès, qui paralysa son commerce, et qui l’aurait complètement anéanti, si cette lutte inégale s’était prolongée, si la France n’avait mis autant d’énergie à frapper un coup décisif, que de modération après la victoire (*).
Nous allons laisser le Mexique tourner contre lui-même les forces qu’il venaitd'employer contre l’étranger, et décider par les armes qui, des deux grands partis entre lesquels se partage le pays, aura le pouvoir. Cette guerre civile dure depuis trois années avec des fortunes diverses; il est à craindre qu’elle n’ait d’autre résultat que de donner plus d’influence à l’armée et de rendre un gouvernement durable impossible. Quoi qu'il en soit, les événements qui se sont succédé au Mexique dans ces derniers temps n’appartiennent pas encore à l’histoire (**).
(*) Voyez, sur les événements de cette campagne, la relation publiée par MM. Blanchard et Dauzats, sous ce titre .-San Juan de Ulua on relation de l'expédition française au Mexique, sous les ordres de M. le contre-amiral Baudin , par MM. Blanchard et üauzats, suivie de notes et documents et d’un aperçu général sur l’état actuel du Texas , par M. E. Maissin , lieutenant de vaisseau , aide de camp de l’amiral Baudin , publié par ordre du roi , sous les auspices de M. le baron Tupinier, alors ministre de la marine. Paris, Gide, éditeur, i vol. grand iu-8°, avec de nombreuses vignettes.
J’ai souvent mis à contribution cet ouvrage rempli de faits curieux et de documents officiels.
(**) Nous avons consulté , pour cette histoire du Mexique , les ouvrages suivants :
Barcia, Historiadores primitivos, 3 vol, in-fol.
Gomara, Cronica délia Nueva Es pana , i554.
Sahagun , Hist. de l’ancien Mexique (en
espagnol), dans les 5e et 7® vol. de la collection d’Aglio.
Torquemada, Monarchia indiana, 3 vol.
in-f.
Cortez , caria a , 3 et 4 de relation trabiada a sua sacra magestad del Emperador nuostio senor, por cl capitan general de lu Nueva Espaüa , don Fernando Cortez ( dans le i*r vol. des Historiad. prim. de Barcia. )
Les mêmes lettres, publiées en 1790, avec des notes et additions , par l'archevêque Lorenzana , sous le litre de Historia de Nueva Espaüa, etc., etc.; 1 vol. in-f®. J.e commentaire de Lorenzana a été vivement critiqué par Clavigero, et avec raison.
Herrera, hist. gener. de los Echos de las Castil , en las illas y tierra firme del mar Oceano , 4 vol. in-f°.
Bernai Diaz del Castillo, Historia verdadera de la conquesta de la Nueva Espaüa, in-f°.
Las Casas , Brevissima relacion de la dcatruyeiou de las Indias, i55a, in-l®.
Garcia, ürigen de losludios del Nuevo Mondo, 1 vol. in-f , 1739.
Horne , De originibus Americanis, 1 55a in-8°.
Ixtlilxocbitl , Histoire des chichîmèqties ou des anciens rois de Texcuco , traduit sur le manuscrit espagnol, par H. Ternaux- Compans, 2 vol. in-8°.
Le même, Cruautés horribles des conquérants du Mexique, etc., publié en espagnol, par Ch. M. Buslimente, et traduit par H. Ternaux , 1 vol. in-8°.
Ternaux - Compatis , Recueil de pièces relatives à la conquête du Mexique , 1 vol. iu-8°.
Le même , second recueil de pièces sur le Mexique , 1 vol. in-8®.
Sobs , Historia délia conquista de Mexico, 1 vol. in-f°, 1704.
Boturini , Idca de una nueva historia délia America septentrional , z vol. in-4° ,
Z74fi.
Clavigero, Storia antiqua del Messico,
4 vol. in-4°, 1780 (le meilleur travail sur l’ancien Mexique).
Al. de Humboldt , Vues des Cordillièret et mouumenls des peuples indigènes de l’Amérique , 1 vol. grand in-f®.
Baradère, Warden, etc., etc., Antiquités mexicaines, comprenant la relation des trois expéditions du capitaine Dupaix en i8o5, 1806 et 1807 , etc., etc., Paris, 1834 et années suiv., a vol. in-f®.
MEXIQUE
Ncln I , Voyage pittoresque et archéologique dans le Mexique, i83S, 1 vol. in-f°.
Ica/.a c Gondra , Collcccion de las antiquedades mexicnnas que ecsisten en el inuseo national. Litogralidas par F. Waldeck , in-f°, 18x7, r835.
Augustine Aglio , Antiquities of Mexico, etc., 7 vol. impérial in-1®, tond., 1839.
Ce splendide ouvrage, publié aux frais de lord Kingsborough , réunit toutes les peintures hiéroglyphiques mexicaines conservées dans les bibliothèques de Paris , de Berlin, de Dresde, de Vienne, du Vatican , de Bologne , d 'Oxford , du musée Borgia, ainsi que les collectious de Dupaix et les monuments de l'Amérique de M. de Humboldt. La collection de Mendoza, dont Purchas et Thévenot avaient donné une partie, s’y trouve reproduite avec un certain nomhre de planches nouvelles, entre autres, celles relatives aux tribus que Lorenzana avait déjà publiées , mais trèsinexactement. L’exécution de toutes ces peintures est admirable et hors de toute comparaison avec les anciens dessins connus. Elles sont accompagnées des savantes remarques de M. de Humboldt , des commentaires de Dupaix , et d’un grand nombre de notes et d’analyses détaillées. On trouve dans le 5' volume la partie de l’histoire de Sahagun , qui traite de la rhétorique, de la philosophie, de la morale et de la religion des Mexicains. Le surplus de l’histoire du savant franciscain est imprimé dans le 7» volume. Le 6e renferme un très-long mémoire de lord Kingsborough tendant à établir que les Juifs, dans les pins anciens temps , ont colonisé l'Amérique.
( Cette opinion avait déjà été mise en avant par Thomas Tborowgood , dans un ouvrage publié à Londres en i65o , sons ce titre : jews in Americæ or probabilities tiiat 1 lie Américains, are of that race, a' édition ang., 1660.)
Gage , New survey of the west , Indies , 1618 et i655, in-f", et 1677, in-8°.
Robertson , History of America , nouv.
édit., 1800 ou 181a, 4 vol. in-8°.
Humboldt, Essai politique sur le royaume de la Nouvelle-Espagne, a* édit., Paris,
Mexico and Guatemala, a vol. in- 18 for-
mant les il», ta*, i3* et 14” parties du Modem Travcller.
Bullock , le Mexique en <8a3, ou relation d’nn voyage dans la Nouvelle-Espagne, trad. de l’anglais, a vol. in-8« et atlas, iSa',.
Bellrami, le Mexique, a vol. iu-8° , Paris, z83o.
Lyon, Journal of a résidence and Tourin, the republic of Mexico, Loudou, i8a8, a vol. in-8°.
H. G. Ward, Mexico during the years, i8a5, i8a6,and partof 18x7, second edit. enlarged, a vol. iu-8°, fig.
Puinsett, Notes ou Mexico hy a citizen « of United States, r vol. in-8°, 1824.
Robinson , Memoirs of (lie Mexican révolution, a vol. in-S”.
Bustamente , Cuadro historico de la révolution de Mexico, in-8°.
Mendibil , resinnen historico, etc., London, i8a8. (C.’est un extrait du précédent.)
El Espanol, Loiid., 1810, i8i5, 8 v. in-8'.
Mémoires autographes de don Augustin Iturbide, ex - empereur du Mexique, tiad. de l’anglais de M. J. Quin , par Parisot , Paris, iSa4, 1 vol. iu-8°.
Michel Chevalier, lettres sur le Mexique, publiées dans le Journal des Débats, u°* des ao juillet, Ier, 7 eti5 août 1837. Ces lettres, écrites sur les lieux, en i$35, par un de nos plus profonds publicistes, savant aussi distingué qu’excellent observateur, nous montrent cette graude contrée aux différentes époques de son histoire. Les résultats de la conquête et l’œuvre de la colonisation espagnole y sont envisagés sous im jour nouveau ; et l’état du pays, tel que la révolution l’a fait , y parait sous l’aspect le plus triste et malheureusement le plus vrai.
A visil to Texas, New-York, 1834.
Texas, observations hist. and geog. during a visil to austin’s colony in the autiinm, x 83 ( , Baltimore, i833.
Frédéric Leclerc, le Texas et sa révolution, < vol. in-8°, Paris, 1840. Excellent ouvrage plein de recherches curieuses et d’apperçus nouveaux.
Henri Fournel , coup d’œil historique et statistique sur le Texas, Paris, 1841, t vol. in-S”.
W. Kennedy , the rise progrès» and prospect of the republic of Texas , Loud., 184 r.