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déjà assez considérable à cette époque.
Eric XIV et Jean III firent dresser plusieurs plans de canalisation entre ces lacs , mais les troubles et les malheurs de leurs règnes en empêchèrent l’exécution. Charles IX , troisième (ils de Gustave , s’occupa surtout de la communication entre le lac Wenern et la mer du Nord. Dans ce but, il lit creuser le canal de Carlsgraf, qui forme encore une partie essentielle de cette communication, et lit biitir les villes de Mariestad et de Carlstad, sur des bords du Wenern.
Son (ils, le grand Gustave- Adolphe, malgré les guerres continuelles où il se trouva engagé, ne perdit jamais de vue les immenses avantages que cette entreprise promettait à la Suède.
Son projet était de conduire la ligne decommunication directement à Stockholm, et en 1631, pendant la guerre u’il soutenait en Allemagne, il oronna l’exécution d'une jonction des lacs HjelmarnetMalarn, d’après un pllh qu’il avait trace lui-même. Cet ouvrage, appelé depuis canal d’Arboga,dif nom d’une petite ville située sur le Màiarn, fut a cnevé , avec scs douze écluses , pendant la minorité de la reine Christine, et en 1635, des études furent entreprises sur la possibilité d’une jonction des lacs Wenern et VVcttern.
Les ingénieurs, chargés de cet examen, indiquèrent à peu près la ligne le long de laquelle le canal traverse maintenant la partie la plus élevée du pavs.
Èn 1640, quelques députés hollandais présentèrent au gouvernement le projet d’une cartalisation à établir à travers tout le pays; mais on craignit de s’engager dans’ une entreprise trop gigantesque pour pouvoir être conduite à bien. A cette epoque néanmoins, une écluse fut construite à Lilla-Kdet, à cinq lieues de Gotliembonrg, ce qui prolongeait de deux milles la partie praticable du (leuve de Gothie.
En 1691, Charles XI fit reconstruire d’une manière plus solide le canal d’Arboga, déjà fort délabré; il voulut aussi établir une communica-
tion directe du Hjelmarn au Wenern, mais des etudes réitérées démontrèrent l’impossibilité de ce projet.
Son fils Otaries XII , bien qu’engagé presque constamment dans des guerres étrangères, apprécia plus vivement encore que ses prédécesseurs l’utilité que la Suède pouvait retirer d'une navigation intérieure. Son célèbre ingénieur Polhem lui présenta un projet pour rendre navigables les cataractes Ile Trollhâtta et pour ouvrir une communication, non-seulement du Trollhatta au Wenern, mais encore de ce lac âNorkôping par le Wettern, le Boren et le Uoxen. On devait donner à ce canal les dimensions nécessaires pour le passage des grands bâtiments de commerce. Les difficultés n’arrétèrent jamais le génie entreprenant de Charles XII; aussi le projet de Polhem fut-il adopté aussitôt que présenté, et mis immédiatement à exécution. Ce plan cependant annonce moins une profonde et véritable appréciation des travaux à exécuter, qu'un esprit hardi et entreprenant. Le plan de Polhem était, quant au Trolltiàlta, d’arrêter, au moyen de digues, les nombreuses eliutes du Meuve, et de former ainsi un bassin pour la navigation entre les trois écluses qu’il proposait de percer dans la montagne granitique et de creuser à un abaissement de cent quatorze pieds.
D’après le traité que Polhem signa en 1718 avec le gouvernement, le canal de la mer du Nord à la Baltique devait être achevé en cinq ans; mais, cette même année, le roi fut tué, et l’entreprise abandonnée jusqu’en 1748.
Elle fut alors reprise; mais il fut résolu cette fois de conduire le canal au Wenern, puis de ce lac au Wettern, et de celui-ci à la ville de Soderkôping , en conservant le plan de Polhem pour les travaux à exécuter entre la mer du Nord et le Wenern. Les principales écluses étaient achevées en 1755, et l une d’entre elles , nommée l’écluse de Polhem, ayant cinquante-six pieds et demi de profondeur, a été percée dans le roc granitique, sur une longueur de huit eeut soixante pieds, tout près
des cataractes. Mais le plus étonnant de tous ces travaux, une digue transversale destinée à faire monter le fleuve entier de trente-quatre pieds, pour former un bassin entre l’écluse de Polhem et l’écluse voisine, dont l’abaissement est aussi de trente-quatre pieds, se brisa en septembre 1755, mettant à sec les trois écluses , anéantissant en un instant l’ouvrage de plusieurs années, et prouvant ainsi que l’intrépide génie de Polhem s’était trompé dans ses calculs sur les résistances. Ce désastre produisit l’effet ordinaire des accidents de ce genre : la méliance et le découragement. L'entreprise fut longtemps abandonnée, et il était réservé au grand ingénieur Daniel Thunberg de lui faire reprendre faveur.
Les docks de Carlscrona et les admirables écluses de Brinkebergskulle, par lesquelles, dès 1768, il avait remplacé les anciennes digues du canal de Carlsgraf, lui avaient acquis la confiance du gouvernement etde la nation.
En 1776, un canal fut creusé et une écluse construite au-dessous des cataractes de Troilhâtta , à Akerstrrim, où la navigation sur le fleuve de Gothie est interrompue par une chute.
Dès 1757, Thunberg avait proposé le plan d’un canal qui devait passer à côté des cataractes de Troilhâtta , projet qui fut exécuté cinquante ans plus tard. Dans les années 1781-1784, il entreprit et acheva des études complètes sur la possibilité d’une jonction des deux mers , traçant dès lors , à peu d’exceptions près, la ligne qui a été suivie depuis. Thunberg voulait conduire à travers le pays un canal de dimensions beaucoup plus considérables que celui qui vientd’etre achevé; mais, au moment où il achevait son travail, la Suède se trouva dans des conjonctures qui ne permirent pas d’en entreprendre l’execution pendant le reste au règne de Gustave III.
Ainsi, durant un espace de trois siècles, la pensée de cette communication a occupé la nation et ses rois, excitant souvent d’énergiques efforts, mais plus souvent contrariée par des
revers. Les lumières , le commerce et la prospérité générale, ne s’étaient pas encore assez développés pour qu’une pareille entreprise put réussir, et l’expérience atteste que les grands ouvrages entrepris dans des vues d'utilité publique bien calculées, mais devançant le temps, commencent toujours par échouer.
Sous la régence du duc de Sudermanie, depuis Charles XIII, l'avantage immense et même l’urgent besoin d’une navigation intérieure de la Baltique à la mer du Nord était généralement compris et senti vivement. En 1793, une compagnie particulière se forma pour l’exécution du canal de Troilhâtta d’après le plan de Thunberg, mais sur une échelle réduite. On voulait par là achever toute la communication deGothembourgau lac Wenern.
Ces travaux furent commencés en 1795 et achevés en 1800.
En 1808, le grand projet de Thunbfrg fut ressuscité par le baron de Platen, alors capitaine de vaisseau, plus tard amiral, conseiller d’Etat, comte et gouverneur général de la Norwége, où il est mort en 1829. Dès 1806, il avait publié un traité sur l’utilité et la possibilité de cette entreprise. Le gouvernement ordonna des études approfondies qui furent dirigées par Platen, auquel on adjoignit un ingénieur anglais très-distingué, Christophe Tclford, appelé en Suède pour ce travail. Platen adopta , à très-peu de chose près, Tes plans de feu Thunberg, et son rapport au roi éclaircit parfaitement toutes les opérations locales de.
cette grande entreprise.
En 1809, le nouveau plan fut présenté à la diète. La Suède sortait alors d'une révolution et se trouvait encore engagée dans une guerre malheureuse, et cependant les états généraux votèrent l’exécution de ce canal.
L’espace nous manque pour entrer ici dans tous les détails scientifiques des travaux gigantesques qu’il a lallu exécuter pour mener à bien une pareille entreprise (*). Disons seulement
(*) Ceux de nos lecteurs que de pareils
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que pour son exécution il a fallu surmonter tous les obstacles, toutes les difficultés d’un terrain escarpé ou inégal, ouvrir par la mine des montagnes ae granit et franchir des torrents impétueux. Les travaux ont été exécutés, a la manière des Romains, par les troupes suédoises, et dirigés d’après les meilleures méthodes usitées en Angleterre. On a apporté un soin extrême au choix des matériaux et à tous les détails de construction, afin d’assurer la solidité et la durée d’un monument consacré à la postérité. Les travaux dirigés par l’amiral Platen furent continués après sa mort par le baron de Sparre, général du génie, et le 26 septembre 1832 le canal fut ouvert à la navigation, en présence du roi Charles XIV.
L’étranger qui connaît les faibles ressources de la Suède reste frappé d’étonnement à la vue de ce grand monument national. Certes , il a fallu tout le dévouement qu’inspire le patriotisme pour entreprendre des travaux aussi dispendieux (*), et dont on ne pourra être indemnisé que dans un avenir éloigné. Du reste, dès à présent, la Suède en retire des avantages immenses. Par là , elle active son commerce intérieur, elle affranchit son pavillon marchand des dangers, des lenteurs et des frais de l’ancienne route, ainsi que du péage du Sund, et elle s’assure le transit du commerce de la Russie avecl’AngleterreetrAmérique. D’un autre côté, elle facilite sa défense intérieure, et, à cet égard, il suffira de dire que Charles XIV a basé sur cette communication un vaste système défensif, qu’une grande forteresse centrale s’élève à Warnâs , point central de la ligne, et que désormais une route inaccessible aux flottes ennemies est ouverte à l’escadre de Stockholm
détails intéresseraient, pourront consulter la Notice sur Us canaux de Troliliàtta et de Gothie, publiée à Stockholm en i834.
(**) H* ont coûté dix - huit millions de francs , somme très-considérable pour la ®“éde ; douze millions ont été fournis par l’Etat et six par les actionnaires.
allant renforcer celle de Gothembourg dans la mer du ISord, comme à l’escadre de Gothembourg allant se réunir à celle de Stockholm dans la mer Baltique.
Le 26 septembre 1832, jour de l’ouverture du canal, des batiments de guerre venus de ces deux extrémités se sont rencontrés à Meut, et, en présence du roi, les salves de leur artillerie ont célébré la jonction des deux mers.
Il nous reste à parler d’un monument qui doit aussi avoir pour la Suède d’importants résultats, en ce qu'il facilite les communications des provinces méridionales des deux royaumes unis. Il s’agit de la route qui, traversant les Alpes norwégieimes du côté du Jëmtland, conduit de Stockholm à Drontheim. Cette route magnifique, l'un des travaux les plus remarquables en ce genre, se prolonge dans une étendue de dix lieues à travers des précipices, des torrents et des gorges sinueuses , triomphant de tous les obstacles qu’opposait à l’industrie humaine une nature aussi sauvage que gigantesque. C’est le 30 août 1835, lors de son second voyage en Nor wége , que Charles XIV a fait, au milieu des cris d’allégresse et de reconnaissance de toute la population, l’ouverture de cette route, dont les travaux ont été dirigés par l’intendant des ponts et chaussées Krogli, et par le capitaine du génie Tônder, qui, avec la permission du roi , ont donné à cet admirable monument le nom du souverain éclairé qui en a ordonné l’exécution; et ce nom , Kong Carl-Johant kleiv (montagne du roi Charles- Jean), gravé en lettres d’or sur le rocher, rappellera sans cesse à la postérité le nom du monarque dévoué auquel elle est redevable de ce bienfait.
nUTiTCTioas mfdicalfs. — noriTAUX. — secours rum.ics.
Au milieu des soins nombreux d'un gouvernement dont le but est constamment le bien général , Charles XIV n’a négligé aucune des mesures pro-
près à assnrer la santé publique , et la Suède lui doit en ce genre de nombreux établissements.
Un institut médical et chirurgical , fondé en 1815, à Stockholm, sous le nom d’institut 'Carolin , a reçu, en 1822 , une nouvelle extension. En 1833 , le roi lui a alloué un supplément de fonds pour achats de livres , d'instruments et de diverses collections.
Dès l’année 1819, des mesures ont été prises pour former des chirurgiens habiles , etdes fonds ont été faits pour leur donner la possibilité d’aller étudier leur art dans les pays étrangers.
En 1827, de nouvelles instructions ont été publiées pour les médecins des pauvres et pour les médecins municipaux de la capitale.
Dans quelques districts du royaume les secours de la science médicale ayant été jugés insuffisants, le roi a nommé, en 1829, dix médecins extraordinaires , qui devront résider à Helsingborg, à Sôlvitsborg, à Wârnamo, en Smnland , à Alingsas, dans la paroisse de Wingaker en Sudermanie ,à Sigtuna, à Ljusdal,& Helsingland, et à Hernôsand , pour se porter de ces différents points sur tous ceux où leur présence sera nécessaire. Celte mesure a été étendue depuis à presque tous les gouvernements.
Une société de pharmacie a été instituée dans la capitale en 1831 , le roi en a réglé les statuts.
Des i’année lHifi, le défaut de ressources pharmaceutiques s’étant fait sentir dans les paroisses rurales , et les curés qui , depuis le commencement du siecle, s’appliquent à l’étude de la médecine pendant leur séjour à l’université, manquaient des drogues nécessaires pour soigner leurs paroissiens malades. Le gouvernement , afin d’encourager la formation de dépôts de médicaments dans les paroisses , a fait publier un manuel pharmaceutique.
Un nouvel hôpital général a été, par ordre du roi , fondé à Stockholm, dans le faubourg <tu Sud. La même decision prescrit l’agrandissement de l'hôpital
de Kungsholmen , où trois cents malades peuvent être reçus désormais.
En 1832, un nouvel hôpital a été fondé dans la ville de Spderhamn, et le roi a fixé la somme nécessaire pour l’entretien de cet établissement.
F,n 1815 , un hôpital destiné à recevoir les individus atteints de la maladie vénérienne a été organisé à Stockholm , et le roi a décidé que de semblables maisons seraient ouvertes dans les provinces qui n’en ont point encore.
Avant 1825 , il n’existait pas d’etahlissementsspéciaux pour le traitement des maladies mentales. Le roi ordonna à cette époque que des maisons centrales, destinées a recevoir les aliénés, seraient ouvertes à Malmô, à Vadstena et à Upsal. En 1833, une. maison de ce genre a été établie dans le voiginagede la tMpitale.De semblables établissements existent aujourd'hui à Vexiô, Nykôping , Gothemhourg, Westeras, Faiun, Gefle, Hernosand et Wisbv.
En !8t7,des fonds ont été assignés au collège de sauté pour être employés en cas crépidémie.
i.e choiera n’a pas épargné la Suède.
Après avoir sévi en Angleterre , en France, en Allemagne, il envahit la péninsule Scandinave en 1834 , et y exerça de cruels ravages. Dans la petite ville, de Jünkôping le fléau emporta un habitant sur sept. Le roi ne négligea rien pour atténuer les effets de ce terrible fléau, ou |Kiur adoucir les malheurs qu’il avait causés. Des fonds considérables furent faits pour venir au secours des nécessiteux. Les orphelins ont été recueillis , l'État s'est chargé de leur entretien et des dispositions ont été prises pour qu’il soit pourvu à l’éducation de tous ceux que les paroisses ne pourraient soutenir.
En 1812, un système régulier de vaccination a été établi dans chaque paroisse , et dix grands dépôts de vaccin oui été formés sur différents points du royaume. Une ordonnance de 181 G a prescrit que des récompenses seraient décernées à l’avenir aux médecins vaccinateurs qui présenter aïeul les résultats les plus nombreux.
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En 1812 , l’hospice des enfants trouvés de Stockholm a reçu une nouvelle organisation , et en 1825, d’importantes ameliorations ont été apportées à cet établissement.
11 existe à Stockholm deux maisons ' d’accouchement pour les femmes peu aisées ou pour celles qui désirent rester inconnues. Une école de sages femmes est attachée à chacun de ces établissements.
Le nombre des sages-femmes , successivement augmenté, s’élevait, à la fin de 1833, à plus de huit cents: une active surveillance est exercée sur leurs études et sur l’examen qui précède leur nomination. La plupart de ces matrones sont habiles a faire des ovations pour lesquelles on ne s’en rapportait précédemment qu’au talent des chirurgiens.
Kn 1827, fondation , à Stockholm, d’une société pour secourir les mères pauvres qui veillent à la saule et à l’éducation morale de leurs enfants.
La récolte ayant été mauvaise en 1825, le roi a fait remettre aux gouverneurs des provinces où la disette s’était fait ressentir, des sommes considérables, avec ordre de les employer en achats de grains destinés aux plus nécessiteux. Quatre années de suite avant été mauvaises dans plusieurs provinces , et notamment dans les provinces occidentales, Charles XIV leur a fait distribuer des secours qui s’élevaient, en 1833, à plus de un million cinq cent quatre-vingt mille rixdalers.
Cependant, ayant reconnu que les secours en argent accordés dans les années de disette, ne pouvaient remédier que tardivement a ce fléau , il jugea qu’il était plus prudent de le prévenir en formant des réserves de grains sur tous les pojntsoù la disette peut être à craindre. Cette mesure, mise à exécution depuis quelques années , présentait pour résultat , en 1834 , neuf cent quatre-vingt-neuf magasins , renfermant environ cent soixante-quatre mille cenl soixante-trois tonneaux de grains, et pouvant d isposer en outre d’une somme de soixante-
sept mille six cent quarante-huit rixdalers pour augmenter au besoin ces approvisionnements.
iKSTucc-riox rauque.
En Suède, l’enseignement est libre; quiconque fournit à l’autorité du lieu des garanties morales , peut , à son gré, former un établissement pour l’éducation de la jeunesse.
La Suède est l’un des pays de l’Europe où l’instruction élémentaire est le plus répandue. Depuis un siècle, on n’y rencontre plus un seul individu qui ne sache lire, et presque tous les Suédois savent écrire et compter. Cet avantage est dd à deux lois, l’une de Jean III (1574), qui décréta que tout gentilhomme qui ne saurait pas lire perdrait sa noblesse, et l’autre de Charles XI (1584), qui ne permet aux curés d’admettre les enfants à la première communion que lorsqu’ils savent parfaitement lire, et que par conséquent iis sont en état de bien comprendre ie catéchisme. Cesdeux ordonnances, dont la dernière est encore en vigueur, expliquent peut-être pourquoi la noblesse suédoise acquit une si grande réputatioridans le seizième et le dix-septième siècle, et pourquoi les paysans suédois sont les [lins éclaires et les plus religieux de l’Europe.
1° Enseignement primaire. I,e comité d’instruction publique, constitué eu 1825 par ordre de Charles XIV, a arrêté les principes suivants, relativement à renseignement primaire :
Dans toutes les paroisses , autant que les circonstances le permettront , des écoles populaires seront établies.
On y enseignera la lecture , l’écriture , Ja grammaire suédoise , le catéchisme , l’histoire sainte, le chant religieux , la gymnastique, la natation. Les élèves y apprendront en outre, d’une maniéré succincte, l’histoire nationale, la géographie , et particulièrement celle de la Suède; il leur sera fait un exposé sommaire des constitutions qui régissent les deux royaumes de Suède et de Norvège, de la situation des deux pays , de leurs productions naturelles.
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Ces principes ont été mis sur-le-champ en pratique ; et il n’est guère de paroisse aujourd’hui qui n’ait une école exactement fréquentée par tous les enfants du lieu , et où les différentes branchesd’enseignement indiquées plus haut ne soient en vigueur. Dans quelques-unes même, ou donne en outre aux élèves des notions de dessin linéaire.
Si l’on excepte les paroisses qui ont des fondations particulières pour l’entretien de leur école, ou qui s'imposent à cet effet, le salaire du maître dans les écoles paroissiales consiste en contributions volontaires , ou autres gratifications accidentelles. Les maîtres sont en général nommés par l’évêque du diocèse; quelquefois aussi ils le sont par les paroissiens ou par les fondateurs des écoles.
Aucune méthode spéciale n’est prescrite pour ces établissements; seulement l’enseignement mutuel a été plus
fiarticulièrement encouragé que tous es autres ; et une école normale , avant pour but de propager ce mode d’enseignement , a été fondée à Stockholm.
Toutes les écoles qui ne sont pas sous l’inspection des paroisses , par exemple celles des mines, des forges, des manufactures, sont tenues de suivre la direction donnée par le consistoire ou par le curé.
2° Instruction secondaire. L’organisation de l’instruction secondaire est à peu près la même en Suède qu’en Allemagne. Les établissements où la jeunesse reçoit cette instruction sont les écoles préparatoires (apologiste sholor) , qui préparent les entants aux professions industrielles; les écoles supérieures (laerdomssfwlor), qu’on peut comparer à nos collèges communaux, et enfin les gymnases, qui répondent à peu près à nos colleges d'externes.
Dans les écoles supérieures et dans les gymnases, l'enseignement est ainsi divise :
I. Connaissances positives : 1° catéchisme , histoire sacrée et théologie; 2° géographie , histoire générale et statistique; 3° géométrie ; 4° éléments .
de physique, de chimie et d'histoire naturelle.
II. Philologie : 5° langue suédoise , son histoire et sa littérature ; 6° latin ; 7° grec ; 8° hébreu ; 9° français ; 10° allemand; 11° anglais.
III. Arts. 12° calligraphie; 13° dessin ; 14° exercices gymnastiques; 15° chant religieux et musique.
16° Philosophie, éléments d'anthropologie et de logique ; notions de grammaire générale et d’histoire littéraire.
Les gymnases ont ordinairement six à sept professeurs ; les écoles supérieures , de trois à six , subordonnés dans ces deux genres d’établissements à un recteur. Quelques-uns de ces établissements sont richement dotés par des particuliers ou par l’État. Des bourses y sont distribuées annuellement aux élèves qui se distinguent.
Le montant des appointements des professeurs dépend en général du prix des grains qui est fixé chaque année.
Chaque évêque , en qualité d 'éphore, a l'inspection des écoles supérieures de son diocèse.
Il existe aussi en Suède quelques institutions particulières. Stockholm en possède plusieurs bien organisées.
3° Enseignement supérieur. Universités. Des deux universités suédoises, celle d’Upsal et celle de Lund, la première est incontestablement la plus importante, puisque sa population est à celle de la seconde dans le rapport de cinq à deux.
L’université d’Upsal est la plus célèbre de tout le Nord; elle doit son origine à Sten-Sture, l'ancien régent ou administrateur du royaume, qui la fonda en 1476, à l'imitation de l’université de Paris, alors très-célebre (*J. Dissoute en 1583 par suite de l’influence des jésuites qui firent créer une nouvelle académie à Stockholm, elle fut rétablie en 1598. Gustave Wasa, qui y avait reçu son éducation , lui accorda des privilèges et des encouragements de toute espèce, et Gustave-Adolphe la reconstitua et la dota de tous les biens patrimoniaux
(*) Yoyez p. 3ç> , coL l.
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des Wasa. C’est surtout depuis cette époque qu’elle a jeté un si grand éclat dans le monde savant. Christine se montra très-favorable à l’université suédoise et en prit un soin particulier; mais les constitutions qui servent de règle à cet établissement, et qui constatent ses immunités et ses prérogatives , ne datent que de 1656 : c'est dire qu’elle les dut à Charles-Gustave.
Un chancelier est à la tête de l’université. Le prince royal est revêtu de cette éminente fonction, dont l’étendue de ses connaissances le rend parfaitement digne. La nomination du chancelier est faite par le roi. L’archevêque d’Upsal est de droit vice-chancelier.
L’enseignement se partage entre vingt-quatre professeurs, dont :
Cinq pour la faculté de théologie;
Deux pour la jurisprudence : l’un pour la jurisprudence civile et commerciale, et l’autre pour le droit romain et national ;
Cinq pour la médecine, dont trois pour la médecine théorique et pratique, un pour l’anatomie chirurgicale, et un pour la botanique démonstrative;
Quatorze professeurs de la faculté de philosophie, savoir : éloquence, histoire, littérature, mathématiques, économie politique, chimie, botanique, logique, métaphysique, langue grecque et langues orientales.
Cbaque'professeur doit donner quatre leçons d’une heure par semaine, excepté pendant le temps des vacances, qui durent en tout quatre mois et demi, savoir : six semaines d’hiver et trois mois d’été.
Parmi les professeurs actuels les plus célèbres à l’étranger, sont Afzelius , Wahlenberg, Svanberg, Gejer, Fries et iVilsson.
Les professeurs sont nommés par le roi, sur une liste de trois candidats remise au chancelier par le consistoire de l’université, apres un concours préalable.
Les honoraires des professeurs, quoique peu considérables en apparence , sont' cependant fort avantageux ;
leurs traitements fixes ne dépassent guère trois mille francs, mais ils donnent des leçons particulières à la plupart de leurs élèves, et les rétributions qu’ils en reçoivent contribuent à leur assurer une existence très-honorable.
Le professeur d’économie politique, Olof Kolmodin, est le seul qui jouisse du logement gratuit. Cette faveur lui est accordée par suite d’un legs institué par Skytte, sénateur et chancelier de l’université, que l’on suppose avoir été frère naturel de Gustave-Adolphe.
Lorsque les professeurs ont rempli leurs fonctions pendant un certain nombre d’années, iis sont admis à jouir d’une pension de retraite qui, après trente ans d’exercice, est égale à leur traitement intégral.
A chaque faculté sont attachés un certain nombre d 'adjoints, nommés par le chancelier sur la présentation de la faculté. Ils ont le droit de faire des cours particuliers, qu’on appelle collèges , et remplacent les professeurs en cas de maladie ou d’absence. Ils doivent aussi s’occuper des élèves nouvellement inscrits qui ne sont point encore en état de suivre les cours publics.
Indépendamment des professeurs et des adjoints, le corps enseignant de l’université comprend encore un certain nombre de maîtres qui, sous le nom de docentes, ont la permission de donner des leçons , et de se préparer ainsi des titres à une position plus élevée. Ils doivent, avant d’être revêtus de ce titre, soutenir une thèse de leur composition.
L’université possède encore deux maîtres de langues, l’un pour le franais, l’autre pour l’allemand ; un maître e dessin, et un maître de musique. En outre, elle a sa bibliothèque et son imprimerie particulières, son libraire, un manège, une salle d’armes et une salle de danse.
Tous les étudiants , à l’exception de la noblesse qui fait corps à part, sont partagés en différentes nations, qui portent les noms des provinces d'ou ils viennent. Chacune de ces nations a un inspecteur qui , choisi par elle entre les
Îirofesseurs, veille sur les mœurs et es études de ses subordonnés, et les exerce de temps à autre a discuter sous sa direction. Chaque nation a en outre son curateur et ses anciens , chargés de maintenir l’ordre et de diriger les études.
Le nombre des élèves a toujours été croissant. Sous Gustave-Adolphe, il n'etait que de cent cinquante; en 1780, il s’était élevé a trois cents; en 1800, à cinq cents; il était, en 1830, de quatorze cent cinquante-trois, dont huit cent quarante-quatre présents. Les étudiants vivent séparément chez les habitants, où ils se mettent en pension, ou bien ils prennent leurs repas à des espèces de tables d’hôte. Le soir, ils se rassemblent dans des clubs composés généralement des etudiants de la même province.
Pour être admis à l’université, il faut, au sortir du gymnase, subir un examen qui, depuis 1831 , a été rendu beaucoup plus sévère; aussi, depuis cette époque, le nombre des étudiants a-t-il sensiblement diminué.
Les classes opulentes de la noblesse et de la haute bourgeoisie ne sont [tas les seules qui jouissent des avantages d'une éducation liberale; l’instruction s’est également propagée parmi les classes moyennes, et a pénétre jusqu’à celle des paysans. Sur a peu près quatorze cent cinquante étudiants qui fréquentent l’universited’Upsal, environ cent cinquante appartiennent à la noblesse, trois cent cinquante au clergé, déux cent cinquante a la bourgeoisie, deux cent trente a la classe des paysans, trois cent vingt à celle des employés, et deux cents a cette partie distinguée de la nation (les standspersoner (*), qui , comme les capacités de In France, forment une classe de parias politiques. A l'université de Lund en Scanie, on remarque que le nombre des enfants de cultivateurs est en pro|Hirtion beaucoup plus considérable qu'à Lpsal. Ce qu'il y a de certain, c’est qu'en Suede les diverses classes de la population participent aux bienfaits de l’instrue-
(*) Voyez p. 414, col. a.
tion plus généralement que dans beaucoup de pays de l’Europe plus riches et plus favorisés de la nature. Les étudiants les plus pauvres, et en même temps les plus distingués, reçoivent un secours annuel sous le titre de stipendiutn. Ce secours est prélevé, soit sur les fonds de la couronne, soit sur les revenus de certaines fondations particulières : stipendia magnatum.
L'académie a une garde à elle, distincte de celle de la ville, et qui est cliargée de veiller au maintien de la tranquillité publique.
La police des étudiants appartient exclusivement à l'université, d'après ses antiques privilèges, tés professeurs réunis forment, quand le cas l’exige, une cour dé justice, qui se divise en deux sections, l'une d’instance, l'autre d’appel. La première est présidée par le pro-recteur, l’uutre par le recteur.
Toutes les contestations qui s'élèvent entre les étudiants, et tous les délits qu'ils peuvent commettre, comme, en général, toutes les affaires de l'académie, sont du ressort de ce tribunal, qui prend le titre de consistoire. Le condamné peut en appeler au chancelier , et , dans des cas graves , au roi.
La charge de recteur est ambulatoire. Tous les six mois, il est élu sous les auspices du chancelier de l’université, eu suivant l’ordre des facultés, à commencer par celle de théologie.
Pour être éligible, il faut avoir deux ans d’emploi comme profe>seur. Le recteur est chargé d’une surveillance générale et d’une sorte.de magistrature conciliatrice. Il veille à l'execution des arrêts du consistoire, fait rentrer les amendes , et est dépositaire de l'une des clefs des archives, de la caisse et de la prison. Chargé de soins nombreux et continuels, il est dispensé dé tout enseignement pendant la duree de ses fonctions. Il ne peut s'absenter plus de huit jours dans le cours de l’année scolaire, ni plus de quinze durant les vacances. Il est alors suppléé par le pro-recteur. La personne du recteur est sacrée et inviolable.
Son installation se fait dans l'cgiise cathédrale, avec une grande solennité,
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